Nommé directeur délégué d’Avignon Festival & Compagnies (AF&C) le 3 novembre 2025, Harold David arrive aux commandes d’un Off d’Avignon plus foisonnant que jamais : 1 785 spectacles, 27 000 lever de rideaux, plus de 1,6 million de billets vendus. Ancien artiste, producteur, directeur de salles et fin connaisseur du festival, il hérite d’une machine aux chiffres vertigineux et d’un chantier majeur : préparer le 60ᵉ anniversaire du Off, tout en repensant son modèle avec un regard appuyé sur l’international.Sophie-Anne Lecesne et Laurent Rochut deviennent coprésidents par intérim de l’association Avignon Festival & Compagnies.
Lorsque Harold David a été officiellement nommé directeur délégué d’Avignon Festival & Compagnies (AF&C) lors du Conseil d’administration du 7 octobre 2025, peu de voix se sont étonnées de ce choix. À 49 ans, celui qui a pratiqué le Off sous toutes ses coutures depuis 1999 -artiste, directeur de compagnie, producteur, diffuseur, exploitant de salles- incarne l’une des mémoires vivantes du festival. Un profil rare, presque organiquement lié à Avignon.
Son arrivée se produit à un moment charnière Le Off 2025 vient d’établir de nouveaux records : 1 785 spectacles, 1 405 compagnies, 139 théâtres, plus de 27 000 levers de rideaux et une billetterie qui frôle les 22M€ de recettes, pour 1,6 million de billets vendus. Derrière l’effervescence artistique, le festival affiche aussi des tensions structurelles : explosion des coûts, difficultés économiques des compagnies, concurrence accrue entre les salles et la nécessité d’un soutien renforcé aux artistes.
Copyright MMH
C’est précisément sur ce terrain qu’Harold David est attendu Car l’homme n’est pas un technocrate parachuté : c’est un praticien du spectacle vivant, qui a monté ses spectacles, défendu ses créations, négocié des locations. Ce vécu brut, souvent rude, nourrit sa vision du festival. « Le Off, c’est un écosystème fragile, aussi créatif que vulnérable », confiait-il lorsqu’il était encore coprésident d’AF&C entre 2022 et 2025.
L’homme d’un écosystème Son CV raconte d’ailleurs une ligne directrice : accompagner, structurer, soutenir. Avant Avignon, il a dirigé l’association Prix du Jeune Écrivain à Muret, puis le Théâtre de Die – Scène conventionnée Art en Territoire, ainsi que le Festival Est-Ouest. Autant d’expériences qui ont façonné un professionnel rompu aux dynamiques de territoire, aux politiques culturelles et aux relations avec les collectivités.
Une nomination à l’unanimité Mais sa nomination ne s’est pas faite sans transformations personnelles. Pour garantir une neutralité totale, Harold David a quitté son mandat de gérant de la société Atypik Production-Diffusion, qui exploitait trois salles à Avignon. Un geste symbolique fort dans un milieu où les conflits d’intérêts sont régulièrement pointés du doigt.
Copyright MMH
Sa mission, désormais ? Mettre en œuvre le projet associatif triennal d’AF&C, consolider la structuration de l’organisme et préparer l’horizon 2026, année du 60ᵉ anniversaire du Off. Un défi d’autant plus exigeant que le festival, devenu un mastodonte culturel, réclame une vision d’ensemble à la fois opérationnelle, politique et de plus en plus tournée vers l’international.
Un Off en pleine mutation Les chiffres de l’édition 2025 montrent en effet un Off en pleine mutation : montée en puissance de la billetterie solidaire (290 000 billets vendus via Ticket’Off, +43 %), forte hausse du nombre de Cartes Off (+26 %), et diversification notable avec 490 créations et 181 spectacles jeune public. Ce dynamisme s’accompagne d’une volonté affirmée de renforcer l’écoresponsabilité et l’internationalisation : en 2025, le Brésil était invité d’honneur, avec 11 compagnies accueillies.
Un homme orchestre pour un festival en perpétuelle mutation Dans ce paysage bouillonnant, Harold David apparaît comme un choix stratégique : un homme capable de parler aux artistes, aux directeurs de salles, aux collectivités, comme aux administrateurs des grandes institutions. Sa nomination pourrait bien marquer une nouvelle étape dans la maturation du Off. Mireille Hurlin
Copyright MMH
Harold David, l’homme qui doit réinventer le Off
Mathieu Desmarest est le chef des restaurants Pollen et Bibendum, à Avignon. Pour régaler vos papilles et celles de vos proches, il vous dévoile sa recette de carpaccio de Saint-Jacques avec kiwi, cébette et agrumes.
Recette pour 4 personnes : – 12 noix de Saint-Jacques – 1 kiwi ferme – 2 cébettes – Pulpe de 2 fruits de la passion – 1 orange – 1 citron jaune – 1 citron vert – 2 c. à s. huile d’olive douce – Fleur de sel ou sauce soja légère – Poivre blanc ou timut – Herbes ou jeunes pousses – Zestes d’agrumes – (Option) Sauce verte : herbes mixées avec huile d’olive et eau
Saint-Jacques : les raffermir au congélateur 15 min puis les trancher finement et disposer en rosace. Garniture : couper le kiwi en fines tranches, émincer la cébette. Sauce agrumes-passion : mélanger jus d’agrumes + pulpe de passion + huile d’olive + sel/soja + poivre. Dressage : verser la sauce sur les Saint-Jacques, ajouter kiwi, cébette, herbes, zestes et quelques gouttes de sauce verte. Servir très frais, immédiatement.
DR
Harold David, l’homme qui doit réinventer le Off
Né à Avignon il y a plus de 35 ans, l’IFC est devenu le premier établissement privé d’enseignement supérieur de la cité des papes, avec 1 150 étudiants et des taux de réussite qui dépassent 90% en BTS. Sous l’impulsion d’Éric et Mathieu Dupressoire, père et fils, le groupe s’est imposé comme une référence de l’alternance et de l’employabilité, jusqu’à essaimer dans tout le Sud : Alès, Marseille, Montpellier, Nîmes, Perpignan, Valence, Saint-Étienne, sans oublier Clermont-Ferrand avec l’école Wesford. Une réussite avignonnaise assumée, qui revendique un ancrage territorial fort et un temps d’avance sur les mutations du marché du travail.
En 1990, Avignon voit naître un centre de formation post-bac qui ne compte alors qu’une poignée de filières. Trente-cinq ans plus tard, ce campus historique de l’IFC est devenu la plus importante école privée de la ville, certifiée ISO 9001 et régulièrement auditée, avec plus de 1 150 étudiants de Bac à Bac+5, sur Avignon.
Une entreprise familiale devenue groupe régional. À la tête de cette aventure, un duo intergénérationnel : Éric Dupressoire, 66 ans, qui a racheté l’école il y a quinze ans, et son fils Mathieu, 33 ans, aujourd’hui directeur général du groupe après y avoir été lui-même étudiant, puis salarié à plusieurs postes avant de prendre progressivement les rênes opérationnelles. La structure s’est professionnalisée : IFC est désormais l’un des trois pôles de la holding LMD (Learning Management Developpement), aux côtés de Media School et de l’IPF, déclinaison francilienne centrée sur les BTS.
Un groupe, 9 campus Parti d’Avignon, le groupe fédère aujourd’hui neuf campus d’enseignement supérieur dans le Grand Sud : Avignon, Alès, Marseille, Montpellier, Nîmes, Perpignan, Valence, Saint-Étienne, ainsi que Clermont-Ferrand avec l’école Wesford rachetée en 2023. Au total, près de 3 500 à 3 600 étudiants, au total, une quarantaine de formations réparties dans une douzaine de filières et un chiffre d’affaires avoisinant les 25M€.
Remise des diplômes IFC Copyright MMH
Une école « à taille humaine » aux résultats hors normes Si le campus d’Avignon est le plus important du réseau, il revendique une atmosphère de proximité que les dirigeants résument en une formule : « nos étudiants ne sont pas des numéros ». Cette exigence bienveillante se lit dans les chiffres : plus de 92% de réussite aux examens pour les BTS sur la dernière session, très au-dessus des moyennes académiques, et des taux comparables pour les Bachelors et formations Bac+4/+5.
Le secret ? Un recrutement sélectif mais ouvert : l’IFC accueille de nombreux jeunes à qui l’on avait expliqué qu’ils « ne feraient pas d’études supérieures ». L’école n’est pas pensée comme une « seconde chance » au rabais, mais comme un accélérateur de trajectoires pour des profils motivés, souvent en quête de reconnaissance.
4 grandes familles de formations Quatre grandes familles de formations dominent à Avignon : commerce, communication-marketing, ressources humaines et comptabilité-gestion-finance, de Bac à Bac+5. Ce spectre large permet de répondre aux besoins du territoire tout en offrant de véritables parcours de progression interne.
L’alternance comme voie royale vers l’emploi Au cœur du modèle IFC, l’alternance n’est plus une voie de garage mais une voie royale. Le groupe revendique un réseau de plus de 11 000 entreprises partenaires, auprès desquelles il place ses étudiants en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Dès l’admission, chaque étudiant entre dans un accompagnement individualisé : travail du CV (curriculum vitae), préparation aux entretiens, ‘personal branding’ sur LinkedIn, coaching pour apprendre à se présenter et à valoriser son potentiel. Côté entreprises, pas de diffusion massive de candidatures : les profils sont ciblés en fonction des besoins, du secteur d’activité et de la mobilité géographique.
Mathieu Dupressoire Copyright MMH
Les chargés d’apprentissage Pendant le cursus, des chargés d’apprentissage se rendent physiquement en entreprise pour s’assurer de l’adéquation entre les missions confiées, le référentiel de formation et la réalité du terrain. Ils veillent aussi à l’intégration du jeune dans les équipes. Cette triangulation école–entreprise–étudiant constitue le cœur du ‘contrat pédagogique’ de l’IFC.
Résultats ? Une proportion très significative des alternants est embauchée dans son entreprise d’accueil, parfois en poursuite d’études à un niveau supérieur, parfois en CDI (Contrat à durée indéterminée) à l’issue du diplôme. Dans un contexte national marqué par un recul d’environ 20% des offres d’alternance et 65 000 alternants de moins, le groupe reconnaît être «moins impacté» que ses confrères, grâce à cette réputation de sérieux et de suivi.
Un laboratoire pédagogique tourné vers l’entreprise… et vers l’IA (L’intelligence artificielle) Face à la multiplication d’offres de formation apparemment similaires, la direction d’IFC assume une stratégie : la différence se joue sur le contenu réel des programmes et sur l’expérience proposée aux étudiants.
Des business games Depuis plusieurs années, les campus organisent des business games et projets grandeur nature. En communication, l’IFC pilote ainsi l’une des plus grandes compétitions inter-écoles de France, avec des annonceurs de premier plan – Mondelez International, le Bol d’Or, Heineken France, Lidl France – qui confient leurs problématiques réelles aux étudiants pour une semaine de travail intensif avant soutenance.
Eric Dupressoire Copyright MMH
Filière commerciale et export Même logique en filière commerciale et export : accompagnement d’une jeune marque d’horlogerie en développement, mission de prospection pour une entreprise agroalimentaire valentinoise sur un salon en Belgique… Autant de cas concrets qui rapprochent la salle de cours du terrain.
Faciliter l’agilité des entreprises Conscient que les besoins des entreprises évoluent plus vite que les référentiels officiels, le groupe vient de créer un poste de responsable pédagogique groupe pour « démonter le moteur » de l’ensemble des programmes et les reconstruire autour de trois piliers : des fondamentaux académiques solides (histoire, sciences humaines, culture générale, orthographe) pour nourrir l’esprit critique ; la maîtrise opérationnelle des outils d’intelligence artificielle (ChatGPT, Gemini, Midjourney, Perplexity, etc.) et du ‘prompt’ de qualité ; La capacité stratégique à penser des systèmes, à prendre du recul et à orchestrer ces outils plutôt qu’à les subir.
Un visa temporaire plutôt qu’un passeport Dans cette vision, le diplôme n’est plus un passeport à vie mais un ‘visa temporaire’. L’enjeu est double : rendre les diplômés immédiatement employables et les préparer à se former tout au long de leur carrière. C’est dans cette optique qu’a été lancée Opus Académy, activité de formation continue appelée à se structurer davantage pour répondre aux nombreuses sollicitations d’entreprises.
Une communauté avignonnaise qui fait rayonner l’école Si IFC est aujourd’hui un groupe, sa culture reste profondément avignonnaise. Dans la cité des papes, il est rare de ne pas croiser quelqu’un qui y a étudié, y a travaillé ou y a inscrit un enfant. Près de 30% des salariés sont d’anciens étudiants ; beaucoup reviennent comme formateurs, tuteurs d’alternants ou recruteurs. Le bouche-à-oreille joue à plein dans un bassin de vie décrit par Mathieu Dupressoire comme « un grand village où la réputation se construit sur la durée ».
Remise de diplômes IFC Copyright MMH
Un solide éco-système Cette réputation se nourrit aussi de la fidélité des familles et des entreprises : certains parents confient à l’IFC leurs enfants après y avoir eux-mêmes obtenu un diplôme ; des PME (Petites et moyennes entreprises) et grands groupes sollicitent chaque année de nouveaux alternants, convaincus par la qualité du suivi.
Mouvant environnement réglementaire Dans un environnement réglementaire mouvant, parfois critique à l’égard du privé, la famille Dupressoire défend une conviction simple : l’opposition public/privé est stérile, et ce qui compte, ce sont les résultats pour les jeunes. « On change des vies », répètent-ils, chiffres à l’appui. Trouver une école où l’on croit en vous, tel est leur leitmotiv.
Que dire, alors, aux lycéens qui hésitent encore ? Pour Éric et Mathieu Dupressoire, la réponse tient en quelques principes : choisir une école à taille humaine, où l’on est connu par son prénom, où l’on vous aide à trouver un contrat, où l’on vous prépare à un métier plutôt qu’à un simple diplôme. Avec ses 35 ans d’histoire avignonnaise, ses 9 campus, ses 11 000 entreprises partenaires et ses taux de réussite élevés, l’IFC entend continuer à faire de la formation ‘une expérience de vie réussie’ pour une nouvelle génération de talents du Sud. Mireille Hurlin
Harold David, l’homme qui doit réinventer le Off
Ces samedi 15 et dimanche 16 novembre, le Salon du mariage d’Avignon fait son grand retour au Parc des expositions de la ville. Quelque 80 exposants sont attendus.
L’agence événementielle ID Organisation, basée à Cavaillon, organise une nouvelle édition de son Salon du mariage ce week-end à Avignon. L’occasion pour les futurs mariés de se renseigner et de trouver les prestataires qui les accompagneront lors du plus beau jour de leur vie.
Un thème méditerranéen
Chaque année, le Salon repose sur un thème qui reflète les tendances du moment. Après un hiver féérique en 2023 et une escapade mexicaine en 2024, l’événement tournera cette fois-ci autour de la Dolce Vita. Vespas colorées, citrons et ambiance méditerranéenne seront au programme.
Plus de 80 exposants
Wedding planners, traiteurs, photographes, fleuristes, joaillers, et bien d’autres professions seront représentées parmi les exposants. Les visiteurs pourront se renseigner, prendre des contacts, et commencer (ou continuer) à planifier leur mariage. Des défilés seront organisés à 12h et à 16h30 pour mettre en avant les robes de mariée et les costumes.
Entrée gratuite pour les futurs mariés (réservation obligatoire via la billetterie en ligne). Samedi 15 novembre de 10h à 19h. Dimanche 16 novembre de 10h à 18h. Parc des Expositions. Chemin des Felons. Avignon.
Harold David, l’homme qui doit réinventer le Off
Les tea jazz de l’AJMI
Les tea jazz sont des concerts organisés les dimanches après-midi dans des petites formes. Ils sont l’occasion de partager un moment de convivialité à l’heure du tea time. Ils avaient lieu habituellement les dimanches de janvier. Désormais, ils sont au gré de la programmation mais gardent leurs spécificités intimistes, apaisantes et conviviales. Dès 16h30 petits – à partir de 3 ans – et grands pourront profiter d’un goûter partagé en amont du concert qui démarrera à 17h30.
Le trio T.I.M
Ce tea jazz continue le focus sur la scène norvégienne initié par les deux concerts précédents de septembre. Lauréats du tremplin Jazz With, T.I.M est un trio franco-norvégien dont la musique nous invite à nous connecter à notre enfant intérieur. Le point de départ du projet, au delà de l’envie d’écriture de Sébastien Palis, le pianiste du groupe, est le regard de l’enfant sur le monde extérieur et sa capacité à s’émerveiller. « Je crois que l’idée, c’était de s’adresser aux enfants qui se cachent tous en nous », précise-t-il.
En route vers le grand nord
Ce concert de création comprend à la fois des sons qui relèvent de la musique improvisée et parfois de la musique folklorique. Les morceaux aux sonorités douces et méditatives nous plongent dans la contemplation de paysages inspirés des vallées norvégiennes. Le dialecte norvégien, se mélange au violon Hardinger Fiddle (violon traditionnel de Norvège), à la voix de Karoline Wallace et aux sons plus électroniques du synthétiseur. Le tout formant de joyeuses chimères qui évoquent les terres du grand Nord.
Karoline Wallace : voix Inger Hannisdal : violon Hardinger Fiddle Sébastien Palis : piano et synthétiseurs
Dimanche 16 novembre.17h30. Ouverture des portes et début du goûter à 16h30.Tarif adulte 10€. Tarif enfant 5€. Réservations sur www.ajmi.fr ou sur place à l’ouverture des portes. AJMI Club. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 13 39 07 85.
Harold David, l’homme qui doit réinventer le Off
Un enfant qui se questionne
Alice se questionne, elle ne se sent pas à sa place au sein d’une famille de grands artistes. Cela pourrait être une évidence ue de suivre les traces de ses parents mais elle n’a décidément ni la flamme artistique ni le don.Tiraillée entre sentiment d’appartenance et besoin vital d’émancipation, elle nous livre ses nombreux questionnements.
Le processus de création de Geneviève Kermabon
Après Céleste, Geneviève de Kermabon revient au Théâtre des Halles proposer « Attraper l’ange ». Pour l’écriture de ce spectacle , elle utilise le même processus : s’inspirer de la parole d’autres artistes en réalisant des interviews qu’elle retranscrit et dont elle extrait du verbe brut qui nourrira son inspiration. Pour donner vie au personnage d’Alice, elle a interrogé une trentaine d’artistes quant à leurs expériences sur scène, leurs moments si particuliers où les acteurs se sentent à “leur place”.
Un théâtre à la fois réaliste et onirique
Jongler avec des jambes de mannequin, fabriquer une lingerie surréaliste, découper une peinture pour en faire un masque, danser avec un pantin grandeur humaine … Geneviève de Kermabon fabrique de ses mains et utilise autant d’accessoires et de costumes qui nous entraînent dans un univers onirique. Elle façonne les figures écrasantes qui entourent la jeune Alice en nous donnant à voir un théâtre à la fois réaliste et extravagant.
Interprétation : Geneviève de Kermabon Voix off : Denis Lavant À l’image : Cyril Casméze
Vendredi 14 novembre. 20h. 5 à 23€. Théâtre des Halles. Rue du Roi René. 04 32 76 24 51.
Harold David, l’homme qui doit réinventer le Off
En 1968 à la télé, Les Shadoks « pompaient, pompaient, pompaient. » C’était à l’époque de l’ORTF. Depuis 75 ans, l’entreprise de Montfavet Maurin, elle, pompe et débouche canalisations, fosses septiques et cuves. Cette société familiale créée par Josette et Louis Maurin le jour de la Saint-Valentin, le 14 février 1950, n’a fait qu’évoluer et se développer, non seulement dans le Vaucluse mais bien au-delà, dans les Bouches-du-Rhône, le Gard, voire la Drôme.
Au fil des décennies, c’est Magali Maurin, fille des fondateurs qui s’est retrouvée à la tête de la société en 1982, avec son mari Didier Limongi. Et son frère Marc Maurin, 72 ans, bien que parti à la retraite, continue à venir au bureau tous les matins, pour ouvrir le courrier et saluer le personnel, histoire de toujours prendre des nouvelles des 75 employés qui font quasiment partie de la famille. Comme celui qui est entré après son service militaire et qui est resté jusqu’à la fin de sa vie professionnelle. Quant à la 3e génération, elle est représentée par Karine et Lou, les deux cousines germaines qui travaillent elles aussi à Montfavet.
Maurin, c’est une gamme toujours plus large d’activités liées à l’hygiène, la chasse aux nuisances olfactives, au curage de canalisations, leur vidange. De graisses de garages et de restaurants, de lingettes, papier toilette, tampons qui engorgent les tuyaux, sans parler des tracteurs et engins agricoles à débourber, des racines d’arbres qui perforent certaines canalisations, les obstruent et qu’il faut « éparpiller, façon puzzle » à grands jets. Aussi bien chez les particuliers que dans les hôpitaux, les entrepôts, les écoles, lycées, usines, hôtels, locaux professionnels.
Une entreprise aux nombreux métiers
Mais il y aussi ce que Didier Limongi appelle les « 4D » : dé-sinsectisation de cafards, de punaises, comme de frelons, dé-pollution, dé-pigeonnage et dé-sinfection. « On a créé une société ‘H2Eaux Solutions‘ dédiée à la détection de fuites par caméra infrarouge, vidéo endoscope à fibre optique, écoute électro-acoustique, mesure de pression, gaz traceur et réhabilitation des réseaux. »
Les métiers sont nombreux chez Maurin, égouttier, opérateur en assainissement, chauffeur, administratif, commercial. La flotte d’engins – une cinquantaine de véhicules environ – est diverse également. Avec des tailles différentes, du pick-up de 3,5 tonnes aux camions de 12t, 16t, 19t jusqu’au poids-lourd de 26t pour gros pompages avec citerne et aspiration sous vide. « Dès 1969 a été acquis un combiné hydro-cureur à haute pression. Là aussi, on peut passer de 50 à 450 bars selon le diamètre des canalisations. »
En 75 ans, la législation a évolué. « Nous avons des critères stricts à respecter pour décrocher chaque année l’agrément de la préfecture. Et nous avons une liste précise des installations à vidanger (dans les communes et communautés de communes) et les centres de traitement et stations d’épuration où déverser ce que nous avons pompé. Sans oublier les sites de valorisation comme le SITTEU de Sorgues qui crée du compost ou l’Unité de Méthanisation de Courtine à Avignon. C’est pareil pour transporter les matières qui contiennent des hydrocarbures et des huiles, nous devons recevoir l’ADR (Accord européen relatif au transport des marchandises dangereuses pour la route) pour ce qui est inflammable, explosives ou toxique et nos chauffeurs suivent une formation spéciale. En plus du siège, ici à Montfavet, nous avons une agence à Bagnols/Cèze et des points de vente à Cavaillon et Villeneuve-les-Avignon. » En projet également, un procédé pour réutiliser les eaux usées, les traiter grâce à un camion spécial avec 2 citernes qui isolera les boues sans utiliser ni eau ni matière chimique.
Une entreprise familiale
Aux côtés de Didier Limongi depuis 43 ans, sa femme, Magali Maurin, fille des fondateurs. Elle est présidente mais elle préfère qu’on l’appelle modestement « la patronne. » Discrète, elle insiste : « Nous sommes avant tout une entreprise familiale et l’harmonie doit régner. Nous sommes heureux ensemble, au bureau comme en privé. Et le travail est notre moteur à tous, en veillant à ne surtout pas froisser quiconque. Et mon rôle c’est de perpétuer ce que mes parents nous ont légué à mon frère Marc et à moi et à consolider l’entreprise sur le plan moral et financier. Et quand notre famille, nos salariés et leurs enfants voient nos camions rouges dans les rues, qu’ils en soient fiers. Même si certains ricanent sur ce métier de déboucheur, on en a tous besoin un jour et l’argent n’a pas d’odeur. »
Chez les Maurin, on est également engagé auprès d’associations caritatives comme la SPA et la luttre contre le cancer. Et l’entreprise qui embauche les salariés à + 20% du SMIC pour débuter, les forme tout au long de leur carrière, leur permet d’évoluer et leur verse primes de panier, de salaire et d’intéressement, plus 13ème mois, jusqu’à gagner 4000€ mensuels. Le chiffre d’affaires 2025 est stable, autour de 8,2M€. Et l’adresse porte le nom des aïeux : 5, Impasse Josette et Louis Maurin – 84 140 Montfavet. « C’est Marie-Josée Roig, l’ancienne maire d’Avignon, qui était très proche des entrepreneurs, commerçants et artisans, qui nous avait proposé de le faire, il y a 22 ans », confie en toute discrétion Magali Maurin Limongi. Bel hommage, vraie reconnaissance ! D’ailleurs, aux Trophées des Entrepreneurs Positifs, en octobre dernier, Didier et Lou ont reçu le Prix de la Persévérance pour leur anniversaire, 75 ans de compétence de la société Maurin, au service de tous.
‘Falaise’, un récit choral sur une catastrophe imminente qui interroge notre rapport à la vie.
C’est une histoire qui commence par la fin. On apprend que l’hôtel de la Falaise, fière bâtisse des années 30, vient d’être emportée dans un effondrement. On apprend qu’il y a des survivants, on ne sait pas qui, on ne sait pas combien. Alors on rembobine quelques jours en arrière et on fait la connaissance des vacanciers de cet hôtel et de son personnel. Il y a Zack, 12 ans, qui observe le petit théâtre des adultes qui l’entourent : sa mère Billie, accaparée par son travail malgré un récent divorce ; Mme Rouvroy, veuve inséparable de l’urne de son mari ; Hans, vacancier allemand fasciné par sa voiture, et sa femme Birgit, en quête d’attention ; Mazen et Nina, jeunes parents débordés ; et le gérant, dépassé par ses jumelles espiègles, Camille et Marcelle.
S’émerveiller du monde qui nous entoure
Les enfants regardent les adultes sans cesse préoccupés, se côtoyer sans jamais se voir. Jusqu’au moment ou un événement attire tout ce petit monde sur la plage pour être témoin d’un moment d’émerveillement qui les sauvera (peut-être) de l’effondrement.
La Compagnie belge jeune public Alula
Le Théâtre des Doms accueille des projets en résidence et organise divers événements pour le public et les programmateurs, notamment autour du Théâtre Jeune Public et de la Francophonie. La sortie de résidence de la Compagnie Alula, fondée par Perrine Ledend et Sandrine Basten, est un spectacle bien avancé puisque les prochaines représentations auront lieu en décembre 2025 en Belgique. Spectacle de marionnettes pour Public Jeune à partir de 7 ans.
Jeudi 13 novembre. 19h. Entrée libre. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99.
Harold David, l’homme qui doit réinventer le Off
C’est au pied de ‘L’Astrolabe’, l’œuvre de l’artiste-plasticien Jean-Michel Othoniel, sur le parvis du Palais des Papes, qu’a été célébré le 107e anniversaire de l’Armistice de la 1ère Guerre Mondiale.
Plus de fréquentation que d’habitude, enfants, parents, anciens, peut-être en raison de la célébration des 10 ans des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, au Stade de France, sur les terrasses du restaurant Petit Cambodge et de la brasserie Café Bonne Bière et au Bataclan, qui avaient fait 130 morts et 413 blessés. Un acte de guerre qui a laissé des cicatrices béantes auprès de chacun.
En présence du Préfet de Vaucluse Thierry Suquet, du Délégué Militaire Départemental, le Général de Brigade Aérienne Jean-Luc Daroux, de la Maire d’Avignon, Cécile Helle, du député Raphaël Arnault, du conseiller régional Michel Bissière, du patron des pompiers de Vaucluse le colonel Christophe Richoux et du successeur de Cédric Garence à la tête du Groupement des gendarmes de Vaucluse, le colonel William Mialon.
Plusieurs médailles ont été remises à des militaires de la Base Aérienne 115 d’Orange et du 2e Régiment Etranger de Génie de Saint-Christol d’Albion pour des actes de courage et dévouement en Bosnie, au Tchad, en Jordanise, en Côte d’Ivoire, au Moyen-Orient, dans les Balkans, en Afghanistan.
Et la médaille de ‘La Sécurité intérieure’ décernée à quatre policiers du commissariat de Carpentras : Thierry Oudard, Pierre Nadal, Olivier Maurin et Laurent Perret. Dès septembre 2020, c’est lui qui a remarqué le manège de Dominique Pelicot qui filmait sous les jupes des clientes du supermarché Leclerc. Il l’a arrêté, l’a placé en garde à vue, puis avec ses camarades, il a perquisitionné son domicile. C’est là qu’ils ont découvert 3 800 photos et vidéos du viols de son épouse, Gisèle Pelicot, droguée et inerte. Ce qui a permis d’identifier et d’arrêter 51 accusés qui sont tous passés par la Cour Criminelle d’Avignon, entre le 2 septembre et le 19 décembre 2024, soit 108 jours et qui ont tous été condamnés. Un procès retentissant, cette « Affaire des viols de Mazan » suivie par les journalistes du le monde entier, qui, grâce au courage de Gisèle Pelicot qui a refusé le huis clos, a fait changer la honte de camp.
« Si ces policiers n’avaient pas eu le flair, l’intuition, la persévérance d’aller plus loin, rien ne se serait passé », explique, admiratif, Emmanuel Desjars de Keranrouë, le Directeur Interdépartemental de la Police Nationale 84. « Ils ont décidé d’enquêter, d’aller plus loin, de chercher des preuves et ils ont sorti une affaire désormais connue de la planète entière. »
Le Préfet de Vaucluse a ensuite lu le long message du 11 novembre de la Ministre des Armées et des Anciens Combattants, Catherine Vautrin et de la Ministre Déléguée, Alice Rufo (qui n’est autre que la fille du célèbre pédopsychiatre toulonnais Marcel Rufo).
« Chaque 11 novembre, la France écoute battre son cœur, elle se recueille devant les noms de tous ceux qui ont donné leur vie pour que nous vivions libres. Elle se rassemble pour commémorer la victoire et célébrer la paix. C’était il y a 107 ans. 1 400 000 soldats ont été tués au champ d’honneur, 4 millions ont été blessés, mutilés. La République a donné à chaque combattant mort pour la France, aussi anonyme soit-il, d’être honoré à la place la plus élevée, celle qu’occupe la tombe du Soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe. En lui, s’incarne le sacrifice de tous les morts, en Indochine, en Algérie, dans les Balkans, en Afrique, en Afghanistan, au Levant. Ceux des tirailleurs sénégalais, des harkis, ceux tombés à Verdun, sur les plages de Provence, ceux des francs-tireurs, partisans, résistants. De tous ces combattants venus d’Afrique, du Pacifique, d’Asie. »
La lecture du message continue, par la voix de Thierry Suquet. « Il y a 100 ans, en 1925, était organisée aux Invalides à Paris, le 1er atelier de confection du ‘Bleuet de France’, symbole de la solidarité avec le monde combattant. Cette petite fleur qui poussait dans les tranchées, malgré les tirs d’obus. Elle témoigne de la force d’âme de la nation. Celle qu’ont rappelée les commémorations du Débarquement, de la Libération, de la Victoire dans une époque, la nôtre, où nous réapprenons que la guerre est possible ». L’argent versé aux Bleuets, symbole de mémoire et de solidarité envers les anciens combattants, les mutilés de guerre, leurs veuves, leurs descendants, permet de financer les œuvres sociales, les orphelins, pupilles de la Nation avec pour slogan : « Aider ceux qui restent. »
A la fin de la cérémonie sur la Place du Palais des Papes, les autorités civiles et militaires, les associations d’anciens combattants, les représentants de la Légion d’honneur et de l’Ordre National du Mérite, sont montés au Rocher des Doms pour déposer des gerbes au pied du Monument aux Morts avant que soit ranimée la flamme du souvenir et que soit entonnée La Marseillaise, notamment par les musiciens de l’Orchestre d’Harmonie de Montfavet et par les enfants des écoles d’Avignon.