Jon Irabagon Quartet, des musiciens d’exception au club de jazz avignonnais
L’Amérique sur un plateau
Autour de Jon Irabagon sont réunies trois figures majeures de l’avant-garde new-yorkaise. Ce quartet d’exception nous propose un road trip musical qui va nous emmener dans les immenses paysages de l’Ouest américain. La traversée sera également musicale , dans la plus pure tradition jazzique, avec un voyage à travers l’histoire du jazz depuis 1960. Du bebop à la soul, les formes musicales se mélangent tout en nous réconciliant avec le jazz contemporain.
Rising sun, le soleil se lève
Avec ce titre Jon Irabagon nous promet une musique positive et énergique et nous offre du rêve à domicile. Il est prudent de réserver.
Jon Irabagon : saxophone ténor Matt Mitchell : piano, fender rhodes Chris Lightcap : bass Sam Ospovat : batterie
Jeudi 19 mars. 20h30. 5 à 18€. AJMI Club. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 13 39 07 85.
Jon Irabagon Quartet, des musiciens d’exception au club de jazz avignonnais
Ulysse toujours recommencé au Théâtre du Balcon
Et si Ulysse n’avait jamais cessé de voyager ? Serait-il heureux aujourd’hui ?
Si le titre « Le syndrome d’ Ulysse » peut laisser envisager une quelconque proximité avec le voyage d’Ulysse et L’Odyssée d’Homère, la création d’Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia va bien au-delà de ces questions et se garde bien de nous donner une réponse unique.
Bien sûr elle s’appuie sur l’épopée d’Ulysse et nos souvenirs de lycéens découvrant ce héros de la mythologie grecque. Mais en évoquant le « syndrome d’Ulysse » – syndrome ainsi dénommé par le psychiatre espagnol Joseba Achotegui pour définir le traumatisme des exilés n’arrivant pas à s’adapter à l’endroit où ils sont arrivés sans la possibilité de retourner d’où ils viennent – Serge Barbuscia choisit de s’intéresser aussi à ceux, qui comme lui fils d’exilés siciliens, peuvent se retrouvent dans une espèce de dépression avec une perte de leur identité.
Tel un arbre sans racine
Par le récit choral des cinq comédiens, Ulysse est ici multiple. Il incarne le courage du départ mais aussi le traumatisme de la fin du voyage, quelle qu’en soit l’issue. S’il y a ceux qui migrent parce qu’ils le veulent, il y aussi ceux qui y sont contraints. Tel le poète argentin Juan Gelman qui évoque le déracinement comme un arbre sans racine, la pièce rappelle fort opportunément qu’il y a des migrations choisies mais aussi contraintes ou imposées par la force. Sont évoquées ainsi ( peut être un peu rapidement) les enlèvements d’enfants réunionnais entre les années 60 et 80 pour repeupler la Creuse. Les traumatismes, causes du départ ou subis à l’arrivée – viols, famine, errances, humiliations et désillusions de tous les exilés et exilées – nous seront rappelés avec une précision journalistique, chiffres à l’appui, car rien ne sert d’édulcorer une réalité effroyable.
À l’abordage
Serge Barbuscia a choisi de ne pas partir seul pour sa dernière création. Écrit à quatre mains avec Ali Babar Kenjah, il a constitué son équipage tout au long de son périple de création pour affronter nos démons contemporains : le racisme, l’inhospitalité, le rejet et/ou la peur de l’Autre, les tracas administratifs, les frontières réelles ou symboliques. Il ne boude pas son plaisir de revenir sur scène pour incarner ce voyageur contemporain. Fort de cette formidable équipe, il nous livre ici un magnifique traité d’humanité, et crée dans son théâtre un espace hospitalier qui efface les blessures de l’exil et nous réconcilie avec l’humanité.
Un parti pris formidable, celui de choisir la joie malgré tout
Serge Barbuscia a choisi son camp.Il a choisi de parler de ceux qui restent, pas de ceux qui retournent. La mise en scène a opté pour la couleur des costumes, des lumières et non pour la grisaille. A la douleur transperce aussi la joie dans les visages. La musique formidablement crée et dirigée par Jérémy Bourges vient à bon escient rappeler son langage universel et son indispensable présence dans nos rituels quotidiens et défie le silence. Les langues ne font plus qu’une et qu’importe si on ne comprend pas le perse, l’espagnol ou l’arabe, leur mélange nous comble. Les femmes se réapproprient l’espace et leurs chants sont puissants. Il n’y a pas de récit linéaire, mais de très beaux tableaux, vivants, car vivre malgré et envers tout, est bien le message.
Briser le « quatrième mur » … et les frontières
En brisant le « quatrième mur », cette joyeuse troupe de saltimbanques abolit symboliquement toutes les frontières et par un aller retour constant entre rêve et réalité, en choisissant la poésie plutôt que le pamphlet, l’espoir plutôt que la résignation, nous entraîne dans une nécessaire réflexion universelle sur l’exil et notre propre identité.
Texte : Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia Mise en scène : Serge Barbuscia Interprétation : Serge Barbuscia, Jérémy Bourges, Théodora Carla, Bass Dhem, Aïni Iften Direction musicale : Jérémy Bourges Vocal : Théodora Carla Lumière : Sébastien Lebert Costumes : Annick Serret.
En 1987, l’année de sa mort, Jean Anouilh, un des auteurs les plus célèbres et les plus prolifiques de sa génération, publie La Vicomtesse d’Éristal n’a pas reçu son balai mécanique. Avec ce recueil, sous-titré Souvenirs d’un jeune homme, il jette un regard tendre et amusé sur ses débuts d’auteur sans le sou et plonge le lecteur dans un monde de publicitaires à la recherche de slogans et d’appareils ménagers ! Étonnament l’auteur d’Antigone et d’Eurydice avait commencé sa carrière au rayon quincaillerie d’un grand magasin ! Puis viennent la guerre, le cinéma, et enfin, bien sûr, le théâtre.
Un spectacle tendre et poétique
Dans ce spectacle, sous forme d’une confession libre et joyeuse, Anouilh nous livre sa jeunesse – une jeunesse jalonnée de rencontres loufoques, où chaque anecdote devient sujet de comédie. Deux talentueux comédiens, Gaspard Cuillé et Benjamin Romieux, se glissent tour à tour dans la peau du célèbre dramaturge.
Spectacle imaginé et interprété par Gaspard Cuillé et Benjamin Romieux Mise en scène : Emmanuel Gaury Théâtre de Poche et Compagnie du Colimaçon
Mercredi 18 mars. 20h. 5 à 20€. Durée 1h05. Amis du Théâtre Populaire. Salle Benoit XII. 12 rue des Teinturiers. Avignon. 04 86 81 61 97 – atp.avignon@gmail.com
Jon Irabagon Quartet, des musiciens d’exception au club de jazz avignonnais
À l’issue du premier tour des élections municipales ce dimanche 15 mars, le candidat DVD Olivier Galzi se place en tête avec 27,04% des votes. Il devance donc Anne-Sophie Rigault (RN – 25,52%). Derrière, le socialiste David Fournier (19,89%), et la LFI Mathilde Louvain (19,03%) sont dans un mouchoir. Stephan Fiori (DVD) ne sera pas au second tour puisqu’il ne franchit pas la barre des 10% en réalisant 7,39%. Enfin, Stéphane Geslin (EXG) dépasse les 1% avec 1,14%.
Jon Irabagon Quartet, des musiciens d’exception au club de jazz avignonnais
L’association avignonnaise des cadres en transition professionnelle Force Cadres souhaite organiser de nouveaux Speed Networkings dans l’année afin de favoriser davantage le retour à l’emploi des cadres sur le territoire départemental.
Depuis 20 ans, Force Cadres organise son événement phare, le Speed Networking, chaque mois de décembre à l’Hôtel de Ville d’Avignon. Lors de chaque édition, recruteurs et cadres en recherche d’emploi se rencontrent pour des entretiens de 7 minutes chrono. L’objectif de ces courts entretiens est de les multiplier pour permettre aux cadres de rencontrer un maximum de recruteurs et inversement.
Pour 2026, l’association affiche de nouvelles ambitions, dont celle d’accélérer le retour à l’emploi des cadres dans le Vaucluse. Pour ce faire, son mythique Speed Networking se déclinera désormais en trois sessions par an. Ainsi, en plus de celui d’Avignon en décembre, un nouveau Speed Networking va voir le jour en juin sur Carpentras et un en octobre à Cavaillon. Ce dispositif bénéficiera donc à 150 cadres chaque année contre 50 jusqu’à présent.
En plus de cette initiative, l’association Force Cadres, qui est implantée au sein de Créativa, la pépinière d’entreprises du Grand Avignon, depuis 2025, s’est structurée et s’appuie désormais sur une coordinatrice générale, Mélissa Garcia-Arcas, qui assure la pérennisation des actions « dans une association qui a vocation à un turn-over élevé de ses adhérents. »
Jon Irabagon Quartet, des musiciens d’exception au club de jazz avignonnais
Le Campus Belmont d’Avignon a accueilli les qualifications départementales de la 37 édition du concours national Les Négociales au début du mois de mars. Une centaine de candidats vauclusiens ont participé.
108 étudiants issus de l’IFC d’Avignon, du campus avignonnais du Groupe Belmont, du Campus Vincent de Paul, du CFA du Bâtiment et du Groupe Alternance, ont participé aux qualifications départementales des Négociales, le concours de négociation commerciale sur le Campus Belmont.
Les candidats se sont confrontés à deux cas de négociation, élaborés en partenariat avec Epson et Lyreco. Après un temps de préparation, ils ont eu 10 minutes face à un jury professionnel pour convaincre, argumenter et conclure en conditions réelles. « Au-delà de la compétition, Les Négociales constituent un véritable carrefour entre formation et entreprises, affirme le Groupe Belmont. Ce concours favorise la rencontre directe entre étudiants et professionnels du territoire et représente une opportunité concrète de décrocher une alternance, un stage ou un emploi. »
Au cours de cette journée, 16 étudiants avignonnais ont su tirer leur épingle du jeu et ont été qualifiés pour la finale nationale qui se tiendra à Nancy les 1er et 2 avril prochains.
Les étudiants qualifiés en Vaucluse • Mathis Degrelle (IFC Avignon) • Justine Felix (Groupe Belmont) • Camille Odin (Campus Vincent de Paul) • Lolita Viret-Mione (Campus Vincent de Paul) • Luna Pasquier-Masson (IFC Avignon) • Luka Revis (Groupe Belmont) • Célia Le Stir (CFA du Bâtiment) • Tristan Bonnard (Groupe Belmont) • Elisa Gachon (Groupe Belmont) • Massimo Andreozzi (IFC Avignon) • Margot Giraud (Groupe Alternance) • Andréa Toppin (Groupe Belmont) • Louis Bonfil (Groupe Belmont) • Aliénor Joseph (Campus Vincent de Paul) • Noé Couillet (Groupe Belmont) • Iris Laborie (IFC Avignon)
Jon Irabagon Quartet, des musiciens d’exception au club de jazz avignonnais
Le Grand Avignon, en partenariat avec l’établissement d’enseignement Académie Vaucluse Provence, organise, du lundi 16 au samedi 21 mars, une semaine de sensibilisation à des usages du numérique plus responsables. Un vaste programme (au propre comme au figuré) avec des collectes, des ateliers, des conférences, des tables rondes…
Véritable révolution industrielle et sociétale, le numérique est aujourd’hui présent partout dans notre vie. Si son développement crée de nouvelles opportunités sa généralisation n’est pas sans impact sur notre environnement. On estime ainsi qu’en 2026, le numérique sera responsable de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Une part qui va grandissante avec le développement de l’IA, la multiplication des data center et le renouvellement constant de nos équipements numériques. Ainsi, en France, un smartphone est remplacé tous les 2,5 ans en moyenne. Face à ce constat à l’initiative du Grand Avignon, avec le soutien actif de nombreux partenaires privés et publics, une série d’actions et d’événements de sensibilisation sont organisés pendant la semaine mondiale du « Digital Clean ». Un moyen d’aller plus loin.
Parmi les différents événements proposés (voir encadré) deux manifestations sont à noter :
Lundi 16 mars – 18h30 | Ciné-Conférence « Cohabiter avec l’IA de façon éclairée » au Cinéma Pathé Cap Sud, Avignon Projection du film Her, film d’anticipation de Spike Jonze (2013) sur la relation entre un écrivain public et une IA, suivie d’une conférence de Laurence Vanin, Philosophe de l’Ethique au Centre de Recherche de la Gendarmerie Nationale (CRGN). Gratuit, ouvert à tous, places limitées, inscription obligatoire : Ciné-Conférence Pathé Cap Sud.
Jeudi 19 mars – 18h | Table ronde organisations : « Numérique Responsable : le territoire se mobilise » État des lieux sur le Numérique et son impact, retours d’expérience concrets d’organisations engagées dans une Transition.Avec les interventions de Sébastien Touquet, fondateur Shakpa, animateur de Fresques, ambassadeur Pro MyCO2 de Carbone 4, de Pierre-Hubert Martin, délégué territorial La Poste en Vaucluse et délégué au développement du numérique sur la région Sud Paca, de Lionel Jarmasson, directeur & designer conseil, agence Canopée, expert Accompagnateur Cèdre et Praticien FSSD et de Rafael Torres, ingénieur & ambassadeur IA du plan national « Osez l’IA », Cogérant et pilote des activités IA au LICA – Laboratoire d’Intelligence Collective et Artificielle. Places limitées, inscription obligatoire : Table-Ronde Agroparc.
Les autres événements de la semaine du numérique responsable
Des collectes : – Téléphones portables et chargeurs dans les GSM Box installées sur plusieurs sites : campus CCI, l’Éveilleur, établissement du Grand Avignon (siège, Opéra, conservatoire, pépinière Créativa), Insercall, université d’Avignon. – Matériel informatiques d’entreprises , EVA : village des métiers, 25 rue des joncs des bois, cellule 35 à Avignon. Dépôt volontaire sur RDV 09 70 66 94 38
Des ateliers : – Nettoyage de ses données numériques. Pour les acteurs de l’économie sociale, le lundi 16 mars de 8h45 à 12h15 à Insercall, 10 rue Léon Honoré à Avignon. Pour les entreprises et acteurs publics, le mercredi 18 mars, de 8h45 à 12h15, à l’espace Créativa, 81-85 rue du traité de Rome à Avignon – Atelier éco-geste à destination des adolescents le samedi 21 mars de 15 à 16h00 à l’Éveilleur, 14 impasse Baroni à Avignon. Inscription equipe@leveilleur-scop.fr ou 06 31 80 80 70
Des conférences / tables rondes : – « Numérique responsable, mobilisons-nous », le jeudi 19 mars, à partir de 18h00 amphithéâtre de la CCI, allée des fenaisons à Avignon. Réservé aux entreprises et acteurs publics – « Dépollution et souveraineté numérique : nettoyer vos données et passez à l’Open Source », le samedi 21 mars de 14 à 19H00 à l’Éveilleur, 14 impasse Baroni à Avignon. Ouvert à tous
Les partenaires de la semaine du numérique responsable : – Grand Avignon – Avignon Université – Académie Vaucluse Provence – Les nouveaux Sténopés – Bivouac Digital – Esperluette & Podcast – EVA – Provence écotransition – Shakpa – Hey Agroparc ! – Insercall – Pathé – Avignu
Jon Irabagon Quartet, des musiciens d’exception au club de jazz avignonnais
Depuis le 1er mars 2026, la Maison médicale de garde d’Avignon n’est plus accessible sans régulation préalable : les patients doivent appeler le 15 avant de s’y rendre. Derrière cette évolution organisationnelle ? La difficulté à obtenir un rendez-vous médical ou à trouver un médecin traitant pousse de plus en plus d’habitants vers les urgences et les structures de soins non programmés. La régulation vise désormais à mieux orienter les patients dans un système de santé soumis à de fortes tensions.
Depuis le 1er mars 2026, l’accès à la Maison médicale de garde (MMG) d’Avignon, située rue Raoul-Follereau à proximité du centre hospitalier Henri-Duffaut, est soumis à une régulation médicale préalable. Concrètement, il n’est plus possible de s’y présenter directement : les patients doivent d’abord appeler le 15.
Le 15, grand régulateur de la santé Un médecin régulateur du Samu (Service d’aide médicale urgente) analyse la situation et oriente ensuite vers la prise en charge la plus adaptée : Consultation à la maison médicale de garde ; Orientation vers un professionnel de santé disponible ; Ou transfert vers les urgences hospitalières si la situation l’exige. Pour l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, cette organisation doit permettre de réserver ces consultations aux urgences médicales qui ne peuvent attendre l’ouverture des cabinets et d’éviter des déplacements inutiles.
Un territoire confronté à la raréfaction des médecins Cette décision intervient dans un contexte de tension croissante sur l’offre de soins de proximité. Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) et de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), la densité de médecins généralistes en Vaucluse se situe autour de 135 à 140 médecins pour 100 000 habitants, un niveau inférieur à la moyenne nationale et en recul depuis plusieurs années.
De plus en plus d’habitants sans médecin traitant et la moitié des médecins vauclusiens ont plus de 55 ans Le phénomène se ressent directement pour les habitants. En France, plus de six millions de personnes n’ont pas de médecin traitant, dont près de 700 000 souffrant d’une affection longue durée, selon l’Assurance maladie. Les départements semi-ruraux ou périurbains, ce qui caractérise le Vaucluse, sont particulièrement concernés. À cela s’ajoute une évolution démographique marquée : près de la moitié des médecins généralistes ont plus de 55 ans, de nombreux départs à la retraite sont attendus dans les prochaines années, tandis que les jeunes médecins privilégient davantage l’exercice regroupé ou salarié, souvent en zone urbaine, et alors que la population est vieillissante.
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Des zones du Vaucluse particulièrement fragiles Dans le département, certaines communes ou intercommunalités apparaissent plus vulnérables que d’autres. Les territoires ruraux du nord Vaucluse et du Haut-Vaucluse, mais aussi certaines zones périurbaines, figurent parmi les secteurs identifiés comme zones d’intervention prioritaire (ZIP) par l’ARS. Ces zones bénéficient de dispositifs d’incitation financière pour favoriser l’installation de médecins : aides à l’installation, contrats d’engagement de service public ou encore accompagnement des maisons de santé pluriprofessionnelles. Malgré ces efforts, la réalité quotidienne reste difficile pour de nombreux habitants : délais de rendez-vous allongés, cabinets saturés, médecins ne prenant plus de nouveaux patients.
Les urgences d’Avignon en première ligne Cette difficulté d’accès aux soins de ville se répercute directement sur les hôpitaux. Au centre hospitalier d’Avignon Henri-Duffaut, plus de 127 000 passages aux urgences ont été enregistrés en 2024, soit près de 350 patients par jour. Une proportion importante de ces consultations concerne des pathologies bénignes qui pourraient être traitées en médecine générale. Faute d’alternative rapide, la maison médicale de garde est souvent devenue une porte d’entrée spontanée pour les patients, contribuant à la saturation du dispositif. La régulation préalable vise donc à rééquilibrer les flux de patients et à orienter chacun vers la solution la plus pertinente.
Les zones d’intervention prioritaires en Vaucluse En Vaucluse, certaines communes sont classées par l’Agence régionale de santé (ARS) en zones d’intervention prioritaire (ZIP), c’est-à-dire des territoires où l’offre de médecins généralistes est insuffisante et où l’accès aux soins est jugé fragile. Ces zones ouvrent droit à des aides pour favoriser l’installation de praticiens. Dans le détail ? Le classement concerne principalement le sud Luberon, notamment les communes de Cadenet, Cucuron, Lauris, Lourmarin, Puyvert, Vaugines et Villelaure, appartenant à l’intercommunalité Sud Luberon (Cotelub). D’autres secteurs du département, comme le Comtat Venaissin, le Pays d’Apt ou certaines zones du Haut-Vaucluse, sont également considérés comme territoires en tension, avec une démographie médicale fragile liée au vieillissement des médecins et à la difficulté d’attirer de nouveaux praticiens.
Mieux utiliser les ressources médicales disponibles Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est de mieux utiliser les ressources médicales disponibles, réserver les urgences hospitalières aux cas les plus graves, garantir une réponse médicale rapide pour tous. Mais pour les habitants du Vaucluse, cette nouvelle organisation rappelle aussi une réalité persistante : l’accès au médecin traitant demeure l’un des défis majeurs de la santé publique locale. Mireille Hurlin
Jon Irabagon Quartet, des musiciens d’exception au club de jazz avignonnais
Jusqu’au 13 mars, l’École supérieure d’art d’Avignon déploie la cinquième édition de Passe-Murailles dans plusieurs sites emblématiques de la ville. Expositions, conférences, performances, projections et chantiers visibles par le public composent une manifestation anniversaire qui célèbre les 225 ans de l’établissement tout en donnant à voir sa singularité : articuler création contemporaine, conservation-restauration, recherche et médiation culturelle. Gratuit, l’événement confirme aussi la place grandissante de l’ESAA dans le paysage artistique avignonnais.
Pendant près de deux semaines, l’école investit l’Église des Célestins, la chapelle Saint-Michel, le Palais des Papes, la Collection Lambert, le Grenier à Sel, l’Utopia, l’Espace YIIIIIIIY ou encore la bibliothèque Ceccano. Ce déploiement urbain n’a rien d’anecdotique : il affirme qu’une école d’art ne se réduit pas à un site d’enseignement, mais agit comme un opérateur culturel à part entière, capable de faire dialoguer patrimoine, expérimentation et débat public.
Une école qui sort de ses murs pour mieux dire ce qu’elle est Cette édition 2026 revêt, en outre, une portée symbolique particulière. L’école avignonnaise, dont l’histoire remonte à 1801, célèbre cette année ses 225 ans. Devenue Etablissement public de coopération culturelle -EPCC- en 2010, sous double tutelle de la Ville d’Avignon et du ministère de la Culture, elle occupe aujourd’hui une place singulière dans l’enseignement supérieur artistique, à la croisée de la création et des politiques patrimoniales.
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Une singularité rare dans le paysage français L’ESAA prépare aux diplômes nationaux valant grades de Licence et de Master, avec deux mentions, Création et Conservation-Restauration des biens culturels. Ce second cursus fait partie des quatre formations nationales habilitées par la Direction des musées de France, ce qui confère à l’établissement avignonnais une reconnaissance particulière, y compris à l’international. Cette double compétence irrigue l’ensemble de Passe-Murailles : ici, l’œuvre ne se pense pas seulement dans son apparition, mais aussi dans sa durée, sa fragilité, ses usages et ses transformations.
Mise au jour des méthodes de travail C’est sans doute là que la manifestation trouve son relief le plus convaincant. Au lieu d’aligner des accrochages étudiants comme le ferait une simple vitrine de fin d’année, elle met en scène une méthode de travail. Au Palais des Papes, par exemple, le public peut découvrir l’étude et la restauration d’une maquette du monument figurant le site vers 1450, réalisée à la fin du XIXe siècle : une manière très concrète de montrer ce que recouvre le mot “conservation-restauration”, au-delà des discours académiques.
Montrer l’art, mais aussi ses conditions d’existence L’un des axes les plus intéressants de cette édition tient au cycle de cours-conférences consacré à “La vie d’artiste”. L’intitulé paraît simple ; il touche pourtant à une question devenue centrale dans les écoles d’art : comment former des artistes sans entretenir les mythologies de la vocation pure, en taisant la précarité, la pluriactivité, la difficulté d’insertion et les réalités statutaires ? Ce souci de lucidité rejoint des préoccupations bien plus larges. Le ministère de la Culture rappelait fin 2025 que près de 350 000 artistes-auteurs avaient perçu des revenus artistiques en 2023, dans un univers professionnel particulièrement fragmenté ; de son côté, la documentation rassemblée par le Cnap -Centre national des arts plastiques- souligne que l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur Culture demeure un enjeu stratégique majeur.
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Producteurs d’images et d’objets En choisissant de faire entrer ces questions dans le programme même de Passe-Murailles, l’ESAA déclare qu’elle forme non seulement des producteurs d’images ou d’objets, mais aussi des praticiens capables de penser les conditions matérielles, économiques et institutionnelles de leur travail. Dans le contexte actuel, cette franchise est moins un supplément critique qu’une nécessité pédagogique.
D’Avignon au monde, au fil du territoire L’autre force de Passe-Murailles réside dans sa capacité à conjuguer ancrage local et ouverture internationale. Le programme fait voisiner des projets liés à la ville et à ses institutions culturelles avec des recherches menées à l’étranger : Amazonie(s), nourri de rencontres avec des représentants de peuples autochtones ; Turn Decay Into Wonder, autour de la requalification de l’ancienne mine de charbon de Wumuchong en Chine ; ou encore Riken no Ken, en lien avec l’université d’art de Musashino à Tokyo, accueilli au Grenier à Sel. Loin d’un internationalisme décoratif, ces propositions prolongent les orientations de recherche de l’école autour de la restauration entendue au sens large : restauration des œuvres, des milieux, des mémoires et parfois des liens sociaux eux-mêmes.
La Collection Lambert et la Maison paisible Cette même logique se retrouve dans les collaborations locales, notamment avec la Collection Lambert et le projet de la Maison paisible, qui interroge les échanges entre création, architecture, soin et lien intergénérationnel. La programmation au cinéma Utopia, avec une soirée consacrée à Clément Cogitore le 11 mars, prolonge encore ce jeu d’échelles, entre école, ville et scène artistique contemporaine.
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Une édition anniversaire qui ressemble à un manifeste À travers cette cinquième édition, l’ESAA ne se contente donc pas de célébrer un anniversaire. Elle expose une certaine idée de l’école d’art : une institution publique qui travaille avec la ville, prend au sérieux les questions sociales et patrimoniales, et cherche des formes de médiation capables d’élargir ses publics. La gratuité de l’événement, tout comme les visites proposées à destination des scolaires, associations et structures du champ médico-social, va dans le même sens : faire de l’art non un entre-soi, mais un espace de circulation. Passe-Murailles rappelle qu’Avignon, en plus de son exceptionnel patrimoine et témoignage de l’histoire est aussi un laboratoire. Et qu’une école de 225 ans peut encore choisir l’insolence féconde du présent.
Les infos pratiques Passe-Murailles 2026 ‘On n’est pas sérieux quand on a 225 ans’. Jusqu’au13 mars 2026. Gratuit. Divers sites à Avignon, dont l’École supérieure d’art d’Avignon, 500 chemin de Baigne-Pieds), l’Église des Célestins, la chapelle Saint-Michel, le Palais des Papes, la Collection Lambert, le Grenier à Sel, la bibliothèque Ceccano, l’Espace YIIIIIIIY et le cinéma Utopia. Mireille Hurlin