18 mai 2026 |

Ecrit par le 18 mai 2026

Le Festival Off d’Avignon a 60 ans et le fera savoir du 4 au 25 juillet 2026

En 2026, on retiendra une édition stabilisée et structurée quant au nombre de spectacles et au projet associatif d’Avignon Festival et Compagnie (AF&C). L’inquiétude demeure cependant face à la crise du secteur culturel qui fragilise les compagnies et les structures de productions

60 ans, ça se fête et ça se commémore. L’occasion, comme l’a rappelé un des coprésident du Off, Raymond Yana, de relater quelques moments clés : l’acte fondateur du Off posé par le regretté André Benedetto en 1966, un programme et une carte Off initiés dès 1982 par le directeur Alain Léonard, arrive 2003 avec « la grève, l’annulation du festival, le Off qui se débat comme il peut, avec pour la première fois des commerçants qui considèrent que c’est peut-être bien de soutenir le Off aussi. » Puis une crise entre 2004 et 2006 où deux associations coexistent au grand désarroi des compagnies et du public : il y avait en effet deux programmes, deux cartes Off. 

En 2006, sortie de crise avec la création de l ‘association Avignon Festival et Compagnies (AF&C) avec  André Benedetto à la présidence fédératrice, épaulé par le vice-président Greg Germain qui prendra la présidence à la mort soudaine d’André Benedetto le 14 juillet 2009. Depuis 60 ans les statuts de l’association ont évolué, avec un collège des compagnies et un collège des théâtres, « les deux étant indissociables », le projet associatif se renforce et le soutien à la création artistique se structure. Depuis, ce festival n’en finit pas de grossir. De la quarantaine de spectacles dans les années 70, on atteint en 2026  près de 1 780 spectacles portés par 1 432 compagnies dans 141 théâtres de la ville. 

©Michèle Périn / L’Echo du Mardi

Une édition sans surprise mais qui se veut cependant OFFensive

Une édition sans surprise car pour la deuxième année, les dates s’alignent sur le Festival d’Avignon (In),  c’est toujours le premier festival de spectacles vivants en France et le « plus grand théâtre du monde. » Les chiffres donnent le tournis et appellent toujours aux mêmes commentaires quand ce n’est pas à un appel à un contrôle quantitatif et qualitatif mais là aussi, l’édition 2026 se stabilise et le festival atteint un point d’équilibre aux dires des administrateurs et de leur nouveau directeur délégué Harold David. Le festival reste majoritairement francophone tout en renforçant son ouverture à l’international, la diversité géographique des Compagnies est stable, le théâtre occupe toujours avec près de 58% une place prépondérante et la diversité des disciplines ( musique, cirque, danse..) demeure.

Le Village du Off avec près de 400 rencontres prévues s’affirme toujours comme le lieu incontournable de débats et de rencontres. Le Son du Off entame sa 4e édition de musiques actuelles en accueillant pas moins d’une soixantaine d’artistes de 23h30 à 1h du matin pour le bonheur des jeunes pour qui ce sera peut-être le premier pas d’entrée vers le Off.

Le traditionnel invité d’honneur sera cette année La Méditerranée autour du projet « Lumière. » L’affichage restera maîtrisé car encadré, les dispositifs – lutte contre toutes les formes de violences à la prévention des risques, Off les Murs, Off sur de bon rails, Label Off, gestion des déchets – perdurent et se renforcent.

L’affiche créée par l’artiste avignonnais Jérôme Cosh fait sens – on est loin de l’incompréhension des tongs de 2023 ou du poisson de 2024 – avec la volonté de symboliser l’élan , l’audace et la persévérance des artistes et l’optimisme coloré, dans la même dynamique que 2025. La journée du 14 juillet sera exclusivement consacrée à célébrer les 60 ans du festival, celui-ci étant mis à l’honneur pendant trois semaines avec le concours de la Maison Jean Vilar et de la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

L’affiche de l’édition 2026.

Côté artiste, volonté de renforcer le soutien à la création et diffusion

Laurent Domingos lance l’alerte quant au désengagement de l’Etat avec la suppression en janvier 2026, sans concertation, du Fonpeps, un dispositif national qui favorisait l’embauche des artistes en aidant les employeurs à payer les charges des artistes. « Ce dispositif a permis au fil des années à beaucoup de compagnies d’émerger et de proposer des spectacles plus solides,plus pérennes et surtout à payer au juste prix les artistes. Cette soudaine suppression met en péril la liberté de création artistique. »

En solidarité, AF&C, à l’occasion des 60 ans du Festival Off a choisi d’augmenter de 60 000€ son propre fonds ‘Émergence & Création’ afin de pouvoir redistribuer en 2026,  310 000€ soit 10% du budget du Off pour la rémunération des artistes aux spectacles éligibles à ce fonds de soutien.

Un nouveau temps fort : les Assises de la diffusion du spectacle vivant les 7, 9 et 10 juillet

Partant du constat, suite à une rapide enquête que 80% des compagnies ont vendu moins de 5 dates de tournées après leur venue au Off, il s’agit de trouver des solutions, de débloquer cette situation qui n’est pas viable. L’aide à la création et à la production existe mais le bât blesse pour la diffusion.

Pendant trois jours, le Village du Off réunira les acteurs de la filière concernée autour de différents formats : ateliers participatifs débat public et forum participatif afin de réfléchir aux réalités économiques et aux métiers de la diffusion et avec quelles politiques publiques. 

Une commission de médiation renforcée

Face à l’urgence de certaines situations dramatiques vécues par des compagnies ou des théâtres, une commission de médiation  composée de professionnels et de bénévoles se met en place en 2026 afin de rechercher une solution sans attendre les réponses judiciaires. 

La plateforme Ticket’Off

Le co-président Laurent Domingos a rappelé l’importance de commander les places de spectacles sur Ticket’Off car en dehors du côté pratique – acheter dans le même panier la carte de réduction et les billets quels que soient les théâtres – il s’agit de financer indirectement le fonds de soutien ‘Émergence & Création’ grâce aux frais de gestion collectés en ligne.

Ces frais ont d’ailleurs été revus afin d’être proportionnels au prix du panier afin de ne pas pénaliser par exemple les spectacles enfants à 6€ qui étaient impactés de la même commission qu’un billet à 24€. Une nouveauté cette année avec la possibilité de laisser des commentaires et pour les programmateurs  de découvrir les fiches pratiques des compagnies. 

Tadamm , le village des enfants et des familles

Projet cher au co-président Raymond Yana, le Village Tadamm, créé en 2025 et fort de son succès, ouvrira ses portes dès 10h en 2026, toujours rue des Écoles (ancien lieu du Village du Off) avec présentation d’extraits de spectacles, bibliothèque, aire de jeux et de repos, buvette et petite restauration. Les enfants ont aussi une carte Off Tadamm au prix de 6€. Cette carte permet à deux adultes accompagnants de bénéficier d’1€ de réduction . 

En pratique

Festival Off d’Avignon. Du 4 au 25 juillet 2026.

Village du Off. 6 Rue Pourquery de Boisserin – Avignon. Du 4 au 25 juillet, de 9h30 à 2h du matin. Fermeture à 19h30 les mercredis 8, 15, 22 et le 25 juillet.

Village TADAMM ! 1 Rue des Écoles – Avignon. Du 6 au 25 juillet, de 10h à 18h. Fermeture les jeudis 9, 16 et 23 juillet. 

La carte d’abonnement et les supports du festival (dont le programme) seront disponibles dans les points d’accueil et de vente du festival à partir du mois de juillet.


Le Festival Off d’Avignon a 60 ans et le fera savoir du 4 au 25 juillet 2026

Une pièce centrée sur Irène Kalder, dite Majola, veuve d’Amon Göth, le commandant du camp de concentration de Plaszow d’où ont été sauvés les prisonniers de « la liste de Schindler. »

Au début des années 80, dans l’intention d’élaborer un documentaire sur Oskar Schindler, considéré comme l’un des héros de la Seconde Guerre Mondiale, un journaliste américain, ancien combattant, et son jeune cameraman d’origine juive la rencontrent dans un palace de Munich.

Après un an de vie commune avec le « Boucher d’Hitler » et près de quarante années d’anonymat, Majola, avec des accents de sincérité qui ont bien du mal à cacher le déni, va leur livrer sa vérité et les forcer à dévoiler la leur. 

Un chassé-croisé d’affrontements riches d’ambiguïtés et de rebondissements autour d’un fait historique véridique

Est-elle une héroïne ? Une criminelle ? Une victime ? Un monstre ? Comment une femme partagea-t-elle la vie d’un criminel de cette ampleur ? Peut-on l’excuser ou la comprendre ?

Texte et mise en scène : Catherine Darnay
Avec Catherine Darnay, Marc Francesco Duret et Duncan Talhouët.
Compagnie L’Impertinente.

Mardi 5 mai. 20h. 5 à 20€. Durée 1h15. Théâtre Benoît XII . 12, rue des Teinturiers. Avignon. Réservations  et informations : 04 86 81 61 97 – atp.avignon@gmail.com / www.atp-avignon.fr


Le Festival Off d’Avignon a 60 ans et le fera savoir du 4 au 25 juillet 2026

Avec des loyers qui franchissent pour la première fois le seuil des 200M€, un autofinancement en bond de 85% et plus de 415M€ investis en 2025, Grand Delta Habitat confirme sa montée en puissance. Dans un secteur du logement social encore fragilisé, la première coopérative HLM de France revendique un modèle robuste, fondé sur une discipline financière serrée, une stratégie d’acquisitions opportuniste et une relation bancaire érigée en levier de croissance.  

En 2025, la coopérative a porté son chiffre d’affaires à 271,5M€, en progression de 12% sur un an, pour 217,6M€ de loyers hors charges. Un seuil symbolique, presque psychologique, pour un bailleur social qui a longtemps avancé par paliers et franchit désormais un cap : La barre des 200M€ de loyers est tombée ; Celle des 100M€ de marge brute aussi. 

Maisons individuelles GDH en location Copyright MMH

Une coopérative devenue poids lourd
Cette dynamique n’a rien d’anecdotique. Elle consacre la mue d’un acteur régional devenu, en 60 ans, un groupe structurant du logement social dans le quart sud-est. Créée en 1966, la coopérative -première Coop’HLM de France- gère aujourd’hui 42 430 logements, répartis sur trois régions, sept départements et 208 communes. Elle loge plus de 103 000 personnes, avec 15 agences de proximité et un ancrage particulièrement dense en Provence-Alpes-Côte d’Azur, où elle est le premier bailleur social du Vaucluse et le deuxième de la région.  

L’année du basculement
Le millésime 2025 marque un changement d’échelle. Grand Delta Habitat a dégagé 43,6M€ d’autofinancement net HLM, contre 23,6M€ un an plus tôt. Une hausse de 85%, spectaculaire dans un secteur où la moindre marge de manœuvre se conquiert à l’euro près. Rapporté aux produits, cet autofinancement atteint 18,4%, loin au-dessus du seuil d’alerte réglementaire fixé à 3%. 

Une combinaison de paramètres
La progression repose sur plusieurs ressorts conjoints : hausse des loyers portée par l’IRL (Indice de référence des loyers), recul de la Réduction de loyer de solidarité (RLS), ralentissement des coûts de construction, baisse du taux du Livret A et montée en régime des opérations d’accession. À cela s’ajoute un pilotage rigoureux des charges, avec un signal particulièrement scruté par les partenaires financiers : malgré 3 055 logements supplémentaires en deux ans, la masse salariale recule par rapport à 2023. Le mot d’ordre ? Produire davantage mais sans gonfler la structure. 

Batiment GDH réhabilité Copyright MMH

Casser les plafonds
Grand Delta Habitat résume cette séquence en une formule athlétique : casser les plafonds. L’image n’est pas fortuite. En interne, 2025 est présentée comme l’année où la coopérative a ‘franchi le mur’ des 100M€ de marges brutes et ‘cassé le plafond’ des 200M€ de loyers. Une rhétorique de la performance, assumée, qui dit aussi combien la question financière est devenue centrale dans le pilotage du logement social.

Le pari des volumes
La croissance de Grand Delta Habitat ne repose pas uniquement sur la construction neuve. Elle tient, de plus en plus, à une stratégie de diversification des modes de production. En 2025, la coopérative a mis en chantier 871 logements, obtenu 986 agréments, engagé 869 réhabilitations et, surtout, acquis 1 561 logements. Sur deux ans, plus de 3 000 logements ont ainsi été rachetés à d’autres bailleurs sociaux, qui eux souhaitaient surtout refaire leur trésorerie. 

Le temps de la croissance externe
Ce choix est loin d’être marginal. Il reflète une lecture lucide du marché : Dans un environnement où le neuf reste contraint, où les coûts de sortie pèsent encore lourdement sur les bilans et où certains opérateurs arbitrent leur patrimoine, le rachat devient un outil de croissance à part entière. Grand Delta Habitat s’en sert pour maintenir ses volumes, sécuriser ses objectifs et accélérer son changement d’échelle.

Habitat intergénérationnel GDH Copyright MMH

Construction et réhabilitation
Au total, 278M€ ont été engagés dans la construction et la réhabilitation, auxquels s’ajoutent 137M€ consacrés aux acquisitions patrimoniales. Soit plus de 415M€ injectés en 2025 dans l’économie des territoires. À l’échelle d’un bailleur social, l’effort est considérable. À l’échelle locale, il fait de la coopérative un investisseur de premier rang. 

La banque comme infrastructure invisible
C’est tout l’objet du ‘Delt’Apéro Transparence bancaire’, rendez-vous désormais bien installé dans la gouvernance de Grand Delta Habitat, pour faire de la pédagogie financière un outil de crédibilité. Le principe ? Exposer aux banques, sans fard, les résultats, les fragilités, les hypothèses et les arbitrages. Un acte de transparence qui n’est pas un exercice de communication mais un mécanisme de sécurisation ; «Aborder la transparence bancaire, c’est confirmer que la confiance n’est pas un mot mais une action », souligne Michel Gontard, président de Grand Delta Habitat, reprenant : « La confiance réciproque constitue l’élément majeur sans lequel aucun de nos projets ne pourraient aboutir. » 
Dans le logement social, où le temps long impose des montages complexes et des horizons d’amortissement étendus, la relation bancaire est, finalement, une infrastructure invisible qui conditionne la dette, donc la capacité à bâtir, réhabiliter, acquérir et arbitrer. Grand Delta Habitat en a fait un actif stratégique.

Une signature financière solide
Cet équilibre est conforté par un signal rare dans le monde du logement social : La confirmation, en janvier 2026, de la notation S&P Global Ratings à A+ pour le long terme, avec perspective stable, et A1 pour le court terme. Pour un bailleur, cette notation vaut davantage qu’un label. Elle conditionne la qualité de la signature, rassure les financeurs, fluidifie l’accès au crédit et crédibilise les ambitions d’investissement. En clair ? Elle abaisse le coût du capital et élargit les marges de manœuvre.« À quoi s’ajoute la notation de solidité annuelle délivrée par Standard & Poor’s, renouvelée à A+ long terme et A1 court terme, renforcée par une perspective stable», souligne Michel Gontard, qui y voit moins un satisfecit qu’un outil de continuité. 

Quelques-uns des futurs projets GDH

Croître, sans se disperser
Grand Delta Habitat avance avec pour ambition de se développer, oui, mais sans se diluer. La coopérative promeut un développement de proximité, adossé à des outils de diversification ciblés : Bail Réel Solidaire (BRS), PSLA (Prêt social location-accession), accession sociale via sa filiale Axédia, foncière coopérative, redynamisation de centres-villes avec Sud Attractivité. Une galaxie d’outils pensée non pour diversifier l’image, mais pour sécuriser les modèles.  

Le logement locatif en zone tendue
Plus de 3 300 logements locatifs sont déjà en développement, principalement dans le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, là où la pression résidentielle reste la plus forte. Objectif ? Poursuivre la croissance, maintenir le volume, absorber les chocs, sans renoncer à la vocation sociale. En creux ? L’ADN de Grand Delta Habitat : faire d’un bailleur social un opérateur capable d’industrialiser sa croissance sans perdre sa légitimité territoriale. En 2025, la coopérative a démontré qu’elle savait changer d’échelle ; Reste désormais à conserver le rythme.
Mireille Hurlin

Quelques-uns des futurs projets GDH

Le Festival Off d’Avignon a 60 ans et le fera savoir du 4 au 25 juillet 2026

Bandol Copyright Pierre Chavernac

Le 6 juin prochain, l’APCC 6570 remet en circulation son train historique au départ d’Avignon. Si Cassis affiche déjà presque complet, Bandol et Toulon s’imposent comme les véritables promesses de cette escapade maritime : deux destinations encore accessibles, entre plages, patrimoine et douceur méditerranéenne, à bord d’une locomotive des années 70.

À mesure que ses voyages se succèdent, l’association APCC 6570 confirme un engouement grandissant pour ses trains historiques. Après le succès remarqué de ses précédentes escapades, notamment vers Lyon pour la Fête des Lumières, l’association propose une nouvelle parenthèse hors du temps. Le principe séduit par sa simplicité : redonner au train sa dimension d’expérience. Ici, le trajet ne se résume pas à un déplacement, il devient une immersion au gré de ses voitures confortables, de son ambiance feutrée, et, en tête de rame, une locomotive emblématique des années 1970, la BB 25500, soigneusement préservée.

Bandol Copyright Pierre Chavernac

Bandol, l’élégance discrète du littoral
Si Cassis attire les regards, c’est vers Bandol que se dessine l’une des plus belles surprises de ce voyage. Station balnéaire à taille humaine, Bandol offre un équilibre rare entre authenticité et douceur de vivre. Son littoral, bordé de pins et de criques, se prête aussi bien à la flânerie qu’à la baignade. Le sentier du littoral, accessible à tous, déroule ses panoramas jusqu’à la calanque de Port d’Alon, dans une lumière typiquement provençale. Ici, le temps ralentit, entre marchés, terrasses et horizon marin.

Toulon, la renaissance d’une rade
Plus au sud, Toulon dévoile un autre visage de la Méditerranée. Longtemps perçue comme une ville portuaire discrète, la cité varoise a profondément renouvelé son centre et ses quais. La rade, l’une des plus belles d’Europe, offre un spectacle permanent. Le centre-ville, animé, mêle patrimoine, commerces et gastronomie. Entre balade sur le port, découverte des halles ou escapade vers le mont Faron, Toulon compose une journée dense, vivante, tournée vers la mer.

La locomotive de l’escapade du 6 Juin Copyright Pierre Chavernac

Voyager autrement, sans contrainte
Au-delà de ces destinations bleues, c’est bien la promesse d’un voyage apaisé qui séduit. Départ matinal depuis Avignon, retour en soirée, sans embouteillage ni stress. Le train est direct, climatisé, sans correspondance, permettant de profiter pleinement de la journée. Chaque passager choisit librement sa destination. Si Cassis touche à sa limite, preuve du succès de la formule, Bandol et Toulon offrent encore de belles disponibilités, pour ceux qui souhaitent s’offrir une parenthèse estivale avant l’heure.

Une expérience à part entière
Ce voyage s’inscrit dans celle du tourisme lent, où le trajet compte autant que l’arrivée. En remettant en circulation du matériel historique, l’APCC 6570 ne se contente pas de transporter des voyageurs, elle raconte une histoire, celle d’un rail patrimonial remis en mouvement. Et c’est peut-être là, dans cette alliance entre mémoire et paysage, que réside le véritable attrait de ce train pas comme les autres.

Infos pratiques
Train des Calanques, escapade à Bandol et Toulon. Samedi 6 juin 2026. Départ : gare d’Avignon-Centre (départ vers 7h50 – retour vers 20h20). Réservation : obligatoire sur le site dédié (places limitées). Les infos en détail ici. Réservation ici.
Mireille Hurlin

Bandol Copyright Pierre Chavernac

Le Festival Off d’Avignon a 60 ans et le fera savoir du 4 au 25 juillet 2026

L’urban trail La Nocturne des papes revient pour une 7e édition ce samedi 2 mai de 21h à 23h30 dans le centre-ville d’Avignon. Plus de 1 800 participants courront environ 9km dans les rues de la Cité des Papes et passeront par le Boulevard Raspail, la Place Saint-Didier, ou encore le Pont Saint-Bénézet avant d’atteindre l’arrivée sur la Place du Palais des Papes.

Pour le bon déroulé de cet événement sportif devenu incontournable, des perturbations sont à prévoir au niveau de la circulation à partir de 20h30 et lors du passage des compétiteurs sur les rues impactées par le parcours de la course. La mairie d’Avignon conseille donc « d’éviter de circuler dans les secteurs concernés et durant les créneaux horaires de la manifestation. »

Le parcours de la Nocturne des papes.

Le Festival Off d’Avignon a 60 ans et le fera savoir du 4 au 25 juillet 2026

Ces dernières semaines, les étudiant du campus avignonnais de 3iS ont enchaîné plusieurs expériences en conditions réelles afin de se préparer à la réalité du monde du travail qui les attend à la sortie de l’école.

L’école de cinéma et audiovisuel 3iS, implantée à Avignon, comptabilise trois filières : Acting & théâtre, Cinéma & audiovisuel, et Son & musique. Afin de préparer au mieux ses étudiants au monde du travail, l’école propose des cursus basé sur la technique mais aussi sur la pratique.

Des expériences sur le terrain

Au cours du mois d’avril, les jeunes ont pu participer à trois expériences en conditions réelles. Le 9 avril, les étudiants de la filière Acting ont présenté leur travail de fin de cycle sur la scène du théâtre de La Luna, à Avignon. Dirigés par Thomas Rousselot tout au long de l’année, les étudiants ont traversé l’ensemble des étapes d’une production, des premières improvisations jusqu’à la représentation de la pièce En Répétition de Samuel Gallet, devant les spectateurs venus en nombre pour l’occasion.

Du 8 au 12 avril, les étudiants de deuxième année en section Image ont assuré la captation vidéo de la 10e édition du Frames Web Vidéo Festival au Palais des Papes. Six unités de tournage ont été déployées pour filmer conférences et tables rondes. Des étudiants de première année ont aussi participer en assurant les streamings dans trois lieux supplémentaires de la ville.

Enfin, le 12 avril, des étudiants volontaires de première et deuxième année ont participé à la production audiovisuelle de la course solidaire L’Avignonnaise, sur l’Île de la Barthelasse, en partenariat avec M.X Création, agence de production audiovisuelle basée à Orange. « Ce type de partenariat incarne parfaitement l’esprit de 3iS : offrir à nos étudiants une expérience concrète du métier, au contact des exigences du monde professionnel, tout en contribuant à un événement local d’envergure », affirme Isabelle Hostaléry, directrice générale du campus Avignon.


Le Festival Off d’Avignon a 60 ans et le fera savoir du 4 au 25 juillet 2026

La compagnie La parole rouge met en scène Les Justes, l’un des textes les plus forts d’Albert Camus.

Une plongée dans le Moscou de 1905, où des révolutionnaires socialistes préparent un attentat contre le Grand-Duc Serge, membre de la famille royale. Entre idéaux et dilemmes moraux, les personnages principaux incarnent les tensions de la révolution et de la violence politique. 

Une œuvre complexe et radicale écrite en 1949

La pièce explore les thèmes de la violence politique, la révolution, la loyauté et la culpabilité. Camus interroge la justesse des actes de terrorisme et la nécessité de la violence pour atteindre un idéal politique. Les Justes est une œuvre complexe qui invite à la réflexion sur la moralité et les conséquences de l’action politique radicale. Cette pièce est une réflexion puissante sur l’éthique et l’action radicale.

Texte de : Albert Camus
Mise en scène : Loïc Beauché
Avec : Salvatore Franco, Marie Hurault, Valentin Pulicani, Tibor Bricalli, Renaud Gillier, Leonardo de Feo et Baptiste Hernandez 

Le p’tit bistrot du balcon

Les soirées au théâtre commencent plus tôt… et se prolongent après les spectacles ! Une heure avant et après chaque représentation, découvrez le P’tit Bistro du Balcon : l’endroit idéal pour partager un verre, manger un morceau, et échanger sur vos coups de cœur artistiques. Une ambiance chaleureuse et conviviale, pour prolonger votre expérience au théâtre. N’hésitez pas à réserver votre table. Places limitées !

Jeudi 30 avril. 20h. 5 à 23€. Théâtre du Balcon. 38 rue Guillaume Puy. Avignon. 04 90 85 00 80 – contact@theatredubalcon.org

https://www.theatredubalcon.org/wp-content/uploads/2026/03/Les-Justes-teaser.mp4

Le Festival Off d’Avignon a 60 ans et le fera savoir du 4 au 25 juillet 2026

L’autrice Céline Chariot Ninane, bien connue des Avignonnais

Après Marche salope, présenté au Théâtre des Doms lors du Festival Off 2023, Celine Chariot Ninane poursuit son engagement avec Tuons Pamela et installe sa compagnie en résidence au Théâtre des Doms jusqu’au 1er mai. Ce nouveau projet fait de la scène un lieu d’enquête et de réparation, où l’image de la femme-objet est renversée pour devenir une figure de résistance. Derrière le mythe médiatique, il s’agit d’écouter les voix étouffées et de rendre visible la mémoire collective des femmes disparues. 

‘Tuons Pamela’, un titre radical pour interroger l’image de la femme-objet

Pamela Anderson, icône façonnée par le regard masculin, devient dans Tuons Pamela le miroir d’un système de domination millénaire. En partant de l’imagerie hypersexualisée des années 90, deux femmes sur scène s’emparent de ce corps fantasmé pour en révéler la violence sous-jacente. Elles font surgir les voix des absentes : celles des femmes assassinées, effacées, brûlées ou jamais nées.

Une proposition, des échanges

Ces sorties de résidence sont un temps privilégié pour instaurer un dialogue avec le public qui est invité à participer à un « bord plateau » à la fin de la représentation. L’équipe du théâtre  propose ensuite de prolonger la discussion autour d’un verre dans la cour des Doms.

Jeudi 30 avril. 19h. Entrée libre. À partir de 15 ans. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. Réservation : accueil@lesdoms.eu / 04 90 14 07 99.


Le Festival Off d’Avignon a 60 ans et le fera savoir du 4 au 25 juillet 2026

À Avignon, l’artiste Louise Cara investit l’église des Célestins avec une exposition habitée, où le mont Ventoux dialogue avec le mont Fuji. Entre encre japonaise, minimalisme et quête intérieure nourrie par les grandes traditions spirituelles, son œuvre explore un territoire rare : celui où l’art devient passage, révélation et élévation. Ses œuvres, souvent de grand format, réalisées sur papier de mûrier à l’encre japonaise, invitent à discerner l’invisible.

Du 8 au 26 mai, dans l’écrin gothique de l’église des Célestins, à Avignon, Louise Cara propose une exposition ‘Du Mont Ventoux au Mont Fuji, rapprochements inédits’ Une exposition singulière qui nous traverse plus que nous ne la visitons, comme une expérience intérieure, presque initiatique, où la peinture devient le langage visible de l’invisible.

40 oeuvres de mystère
Une quarantaine d’œuvres y mettent en regard deux montagnes que tout semble opposer : le mont Ventoux et le mont Fuji,  et que l’artiste réunit dans un même geste. Toutes deux inscrites au patrimoine mondial, elles deviennent ici les pôles d’un dialogue universel, ‘un rapprochement inédit’ où les cultures d’Orient et d’Occident se rencontrent, se répondent et s’élèvent. Au-delà de leur géographie, Louise Cara voit dans le Ventoux et le Fuji des entités spirituelles. Le premier, enraciné dans la Provence, porte l’empreinte de Pétrarque et d’un humanisme naissant. Le second, volcan sacré du Japon, incarne une tradition où chaque pierre est habitée, où les esprits, les kami, peuplent le monde.

Louise Cara Copyright Louise Cara

Les montagnes miroirs de nous-mêmes
«Les montagnes sont des miroirs de nous-mêmes», confie l’artiste dans l’entretien. Elles condensent des cultures, des récits, des croyances. Le Fuji, montagne sacrée, est au Japon un lieu de pèlerinage, une ascèse. Le Ventoux, lui, se révèle dans ses multiples visages : rude à gravir, doux à contempler, comme une réponse aux états intérieurs de celui qui le regarde.

Quand l’humain fait se déplacer les montagnes
Dans leur rapprochement, il ne s’agit pas de fusionner les cultures, mais de révéler leur fraternité profonde. « Rien ne les oppose, tout les réunit », écrit l’artiste dans ses textes, évoquant un « mariage sacré » entre ces géants. Ce qui frappe d’abord dans le travail de Louise Cara, c’est son dépouillement. L’encre japonaise, qu’elle explore depuis plus de vingt ans, devient son médium privilégié. Noir profond, sépia, blancs poudrés, gris ardoise : une palette réduite pour dire l’essentiel : ce qui est juste. Mais derrière cette apparente sobriété se joue un processus plus mystérieux. L’artiste ne ‘compose’ pas ses œuvres au sens classique. Elle les laisse advenir.

La visite des kamis
Ainsi, lors de la réalisation d’un Mont Fuji, des formes surgissent sans qu’elle les ait préméditées : un ange portant un livre, une figure humaine tout à fait distincte, lisant au cœur de la montagne. Des présences qui apparaissent à son insu, une fois l’œuvre achevée, comme si la peinture révélait ce que l’œil ne voit pas encore. « Je ne suis qu’un canal », dit-elle. Une phrase qui éclaire toute sa démarche.

Sur le coté droit de la montagne, un ange agenouillé, de profil, tend un livre. Louise Cara Copyright MMH

De l’ombre à la lumière
L’un des récits les plus saisissants de sa création raconte une expérience troublante. En peignant, des formes sombres, presque inquiétantes, surgissent de de- dedans elle. L’artiste s’interrompt, déstabilisée, empreinte de quelque chose qui ne lui convient pas et qu’elle bloque sur le champ. Puis, dans un geste simple, elle retourne l’œuvre. Et là, apparaît une autre image, parfaitement intégrée à la montagne : celle d’un ange, paisible, agenouillé, tendant un livre sacré. Ce renversement n’est pas seulement plastique. Il est symbolique. Il dit le passage de l’obscurité à la lumière, du chaos à la révélation. Dans une autre œuvre, un homme se dessine spontanément, au cœur de la montagne, tenant un livre, regardant celui qui le contemple se révélant ou non à lui. Je demande à Louise si ces interventions spontanées ont déjà eu lieu. Elle acquiesce tout en confiant qu’elle-meme fait le choix de révéler ou non ces étranges interventions. J’en ai fait l’expérience, lorsqu’elle révèle la présence de l’ange, sidérée, je ne vois que lui. Je remarque qu’à chaque fois, le motif du livre revient : celui de la transmission, de la parole, de la lecture.

Une spiritualité transversale
Ce livre, omniprésent, n’est jamais nommé. Ou plutôt, il les contient tous. Louise Cara s’inscrit dans une démarche profondément spirituelle, nourrie par l’étude des trois grands textes monothéistes : la Torah, la Bible et le Coran. Cette triple filiation irrigue son œuvre sans jamais l’enfermer dans une religion particulière. Elle évoque notamment l’épisode fondateur de la Révélation dans l’Islam, lorsque l’ange Gabriel ordonne au prophète : « Lis ». Une injonction répétée, insistante, qui devient dans sa peinture un motif universel : celui de l’accès au sens, à la connaissance, à la lumière. Dans ses œuvres, l’ange n’impose pas, il invite. Le livre n’est pas dogme, mais passage. Cette approche confère à son travail une dimension rare : une spiritualité ouverte, transversale, où les traditions dialoguent plutôt qu’elles ne s’opposent.

L’église comme résonance
Egalement, le choix de l’église des Célestins n’est pas anodin. Ce lieu du XIVe siècle, chargé d’histoire et de silence, agit comme une chambre d’écho. La lumière filtrée par la pierre, la verticalité de l’architecture, la mémoire des prières : tout concourt à amplifier la dimension contemplative de l’exposition. Chaque œuvre y devient « icône contemporaine », vibrante et silencieuse, inscrite dans une continuité entre sacré ancien et création actuelle. La scénographie elle-même est pensée comme un parcours d’élévation. Le visiteur chemine, d’une œuvre à l’autre, comme on gravit une montagne.

Au coeur de la montagne, dans de cette oeuvre, un ange assis en tailleur, tient un livre, Louise Cara Copyright MMH

Une œuvre habitée, offerte au regard
Ce qui demeure, au-delà de l’esthétique, c’est cette sensation d’une œuvre habitée. Non pas au sens mystique spectaculaire, mais dans une présence discrète, presque intime, qui se révèle à celui qui prend le temps de regarder. Car chez Louise Cara, voir ne suffit pas. Il faut apprendre à percevoir. Entrer dans la peinture comme dans un paysage intérieur. Accepter de ne pas tout comprendre. Laisser surgir les formes, comme elles sont venues à l’artiste elle-même. Et peut-être, au détour d’un regard, apercevoir à son tour cette silhouette, cet ange, ce livre, signes d’un invisible qui affleure.

Un cheminement inspiré
Ce qui frappe également chez Louise Cara ? Sa prédisposition pour les lieux sacrés : Ainsi ses œuvres nouvelles sont systématiquement conçues au regard de ces phares divins qui les accueilleront comme le furent les Tracés de lumière en 2024 à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon ; Les manteaux des éveillés en 2022 lors du Festival de Fès de la culture soufie ; Le Chateau de Gordes en 2019, L’ancien archeveché d’Avignon en 2016 ; Le Grenier à sel en 2010 ; La Chapelle des Ursulines en 2012…

Infos pratiques
Du mont Ventoux au mont Fuji – Rapprochements inédits. Une exposition de Louise Cara.
Du 8 au 26 mai 2026. De 14h à 20h sauf lundis. A l’Église des Célestins, place des Corps Saints, à Avignon. L’exposition comprendra 40 peintures originales, grand et moyen formats ; Les dessins préparatoires ; Les textes poétiques liés au sujet ; L’installation immersive sonore ou visuelle ; Une vidéo de création. Pendant l’exposition : Regards croisés d’experts en art : L’art japonais et le japonisme occidental ; L’inspiration liée au Mont Ventoux en peinture à travers les siècles ; Lectures avec des auteurs ; Danse buto et Sama/Derviche tourneur.
Mireille Hurlin

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