9 juillet 2026 |

Ecrit par le 9 juillet 2026

Musée des Bains Pommer, ou comment l’on vivait les thermes en 1890

Fondés en 1890, par Auguste-Claude Pommer, les Bains éponymes, situés 25 rue du Four de la Terre à Avignon, s’étendent sur 520m2. Ils ont été fermés en 1972 après que 4 générations successives y aient travaillé et vécu. Désormais ouverts sous forme muséale, ils deviennent, après plus de deux ans de réhabilitation, le 6e musée ouvert et gratuit d’Avignon.

Le bâtiment, classé aux monuments historiques en 1992, s’ouvre sur une halle éclairée par une verrière, desservant des cabines de douches et de bains intactes, en carreaux de ciment octogonaux blancs rythmés de cabochons noir, au rez-de-chaussée comme à l’étage, le long de la coursive desservie par un grand escalier en noyer. Près de 50 cabines occupent les deux étages qui ont fonctionné de 1891 à 1972. On y est propulsé dans un décor mythique : pouf ovale en bois, escalier central, potiches bleu turquoise de Vallauris, pendule provençale, carrelage, verrière et tentures.

La visite commence
La visite commence par l’histoire des bains et la partie technique de l’équipement d’hydrothérapie avec les douches thérapeutiques et bains médicamenteux. Le parcours se poursuit par les appartements de la famille Pommer où, au quotidien, activités familiales et professionnelles s’entrecroisaient. L’on découvre également les coulisses des soins comme la gestion de la propreté du linge, ainsi que le jardin et la boutique avant que n’ouvre le salon de thé, en cours d’aménagement.

© Grégory Quittard / Ville d’Avignon

Une vie à entretenir et conserver le lieu
Elisabeth Pommer a entretenu seule, pendant plus de 40 ans, l’ancien établissement familial de prestige dont elle a hérité, inauguré en 1890 par son arrière-grand-père Auguste-Claude Pommer, expert en chaudronnerie. « Il a tout conçu, les plans, la plomberie, l’étendage sur le toit… En reconnaissance de mes aïeux, j’ai consacré ma vie ici, en un sacrifice moral, financier et physique qui aura permis de faire perdurer les bains Pommer,» a-t-elle confié lors de l’inauguration en présence du maire Cécile Helle, le 20 juin dernier.

Un joyau ‘Belle époque’ remarquable
Joyau architectural au style Belle Époque remarquable, l’établissement des Bains Pommer a été construit par l’entrepreneur avignonnais François Daruty. Cet ancien établissement d’hydrothérapie devenu des bains publics dans les années 1970 -année de naissance de la salle d’eau ou de bain chez les particuliers- a su résister à l’épreuve du temps grâce au dévouement d’Élisabeth Pommer. L’établissement a ainsi conservé sa verrière, constituée de 210 carreaux de verre, ainsi que les baignoires, les chaudières, le mobilier et autres objets de toilette d’origine de la Belle Époque.

Comment tout a commencé
Élisabeth Pommer a légué les Bains Pommer en 2017 à la Ville d’Avignon pour 1,5M€. Un ambitieux projet de restauration est alors élaboré afin de transformer les lieux en espace muséal. Une réhabilitation de grande envergure est lancée fin 2022 : restauration des façades, de la verrière et des carreaux de faïence, aménagement d’un accès pour les personnes à mobilité réduite, mise aux normes des installations électriques, du chauffage et de la ventilation et renforcement des structures et l’assainissement du vide sanitaire. En parallèle, 11 logements mitoyens, également acquis par la Ville sont réhabilités : 5 grands logements ont été créés à destination de familles primo-accédantes.

© Grégory Quittard / Ville d’Avignon

Combien ça coûte ?
La réhabilitation des Bains Pommer a coûté 6,7M€ de travaux TTC dont 65% financés par la Ville, le reste étant complété par des subventions. La Direction régionale des Affaires culturelles –Drac- est intervenue à hauteur de 531 788€ sur les parties classées. Le Département de Vaucluse est intervenu à hauteur de 510 915€ au titre du Contrat départemental solidarité territorial 2020-2022 ; 500 000€ via le fonds national d’aménagement et de développement du territoire et, enfin, 60 500€ au titre de plan concerté avec la Région Sud.

Les infos pratiques
Les Bains Pommer, ancien centre d’hydrothérapie puis bains publics est fermé en 1972. L’établissement est transformé en musée et inauguré en juin 2025. Les lieux sont ouverts aux visites du 1er avril au 31 octobre. Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Du 1er novembre au 31 mars. Les mardi, mercredi et vendredi de 10h à 21h, jusqu’au 31 décembre. Les samedis et dimanches de 10h à 18h. 25, rue du Four de la Terre à Avignon. Réservation auprès de la mairie d’Avignon reservation.bainspommer@mairie-Avignon.com 04 13 60 54 22. Gratuit.

Les 6 musées gratuits d’Avignon
Six musées sont ouverts au public et gratuits : Petit Palais – Louvre en Avignon, Calvet, Requien, Lapidaire, Palais du Roure, Bains Pommer et un musée éphémère : le musée des Curiosités offrent à voir plusieurs milliers d’œuvres d’art : objets, documents, tableaux, sculptures, répartis dans les plus beaux édifices d’Avignon. 

© Grégory Quittard / Ville d’Avignon

Musée des Bains Pommer, ou comment l’on vivait les thermes en 1890

La plateforme de transport Blablacar vient de dévoiler le palmarès 2025 des villes les plus covoiturées en Provence-Alpes-Côte d’Azur*. Dans la 7e région la plus visitée de France sur BlaBlaCar cet été, l’essentiel des villes de Vaucluse sont en recul dans ce classement établit pour la 6e année. A l’inverse, le Gard est plutôt en hausse ainsi qu’Arles.

Cet été, les conducteurs vont proposer plus de 1,5 millions de places de covoiturage sur l’ensemble du territoire sur la plateforme de transport Blablacar. Parmi elles, 132 246 places sont à destination de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. De quoi apparaître en 7e position des régions françaises derrière le trio de tête inchangé par rapport à 2024 constitué d’Auvergne-Rhône-Alpes, d’Occitanie et de la Nouvelle-Aquitaine.

Les régions plus covoiturées de France. Crédit : Blablacar

Avignon, Orange et Sorgues dans le top 10 régional
Dans le détail, cette 6e édition du palmarès des destinations estivales 2025 de la plateforme faisant la promotion d’une offre de mobilité « à la fois économiques et écologiques » place Marseille en tête des villes de la Région Sud en matière de covoiture. La cité phocéenne gagne 3 places, pour se situer au 11e rang national, et détrône Aix-en-Provence (-1 place, 12e au niveau national). Arrivent ensuite Nice (26e, -4 places), Toulon (46e, +2 places) et Avignon (49e, -7 places).
Orange (61e, -3 places), Gap (74e, -13 places), Sorgues (80e, +2 places), Fréjus (87e, +1 places) et Salon-de-Provence (92e, -15 places) complètent le top 10 régional.
Au total, la cité des papes propose de 4 500 places de covoiturage cet été, 2 000 à Orange et 1 100 pour Sorgues. Bollène (97e, -3 places) et Pertuis (527e, -45 places) sont les autres communes vauclusiennes à figurer dans ce classement avec respectivement 965 et 683 places de covoiturage estival.
Malgré leur recul au plan hexagonal, la présence de 3 destinations vauclusiennes dans le top 10 régional confirme le rôle de carrefour de ce territoire et notamment des pivots de mobilités que représentent les autoroutes A7 et A9.

Classement des 10 premières villes de la Région Sud. Crédit : Blablacar

L’offre gardoise en hausse, idem à Arles
Dans le Gard, avec 7 300 places Nîmes occupe la 23e place (+4 places par rapport à 2024) et devance Alès (151e, +2 places, 1 700 places de covoiturage). Remoulins (considérée parfois comme la sortie d’autoroute ‘d’Avignon-Ouest’ bondit de 25 places au classement pour atteindre la 571e place dans le classement. A l’inverse, Bagnols-sur-Cèze chute de 91 places pour se situer en 580e position.

Crédit : Blablacar

Toujours dans le très grand bassin de vie d’Avignon, Arles gagne 4 places en proposant près de 1 300 places de covoiturage cet été. De quoi figurer en 107e position de ce classement national dominé par Paris, Lyon et Rennes (voir tableau ci-dessous). Un top 10 respectivement complété par Toulouse, Montpellier, Bordeaux, Nantes, Angers, Lille et Clermont-Ferrand.

L.G.

538M€ et 2,5 millions de tonnes de CO2 économisé
« Blablacar permet chaque année à 29 millions de ses membres de partager un trajet dans 21 pays, explique l’application. La plateforme s’appuie sur la technologie pour mettre en relation des conducteurs ayant des places libres avec des passagers se rendant dans la même direction, afin qu’ils puissent partager les frais du trajet. En 2024, la communauté de BlaBlaCar a connecté 2,6 millions de points de rencontre dans le monde et a permis 119 millions de rencontres entre les voyageurs. Les conducteurs ont économisé 538M€ en covoiturant, et tous les services de mobilité de Blablacar ont contribué à éviter l’émission de 2,5 millions de tonnes de CO2. »

*Méthodologie : Ces classements sont établis d’après le nombre de places réservées sur BlaBlaCar pour des voyages, entre le 1er et le 30 juin 2025, comparé à la même période en 2024. Avec 300 000 points de rencontre de covoiturage desservis chaque année, la densité du réseau BlaBlaCar permet d’étudier précisément les tendances de déplacement des Français.


Musée des Bains Pommer, ou comment l’on vivait les thermes en 1890

Nachos, l’enseigne de restauration rapide créée en 2013 qui propose de la nourriture mexicaine et qui possède une trentaine de restaurants en France, s’installe sur la Place Pie à Avignon, en lieu et place de l’ancien Columbus Café.

Amis depuis leurs années d’études à l’université d’Avignon, Melvin Taillandier et Corentin Bonnefoy Cartier ont décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat en devenant franchisés de l’enseigne de restauration rapide Nachos. « On a tous les deux beaucoup travaillé en restauration à côté de nos études, que ce soit en restauration traditionnelle ou restauration rapide, donc l’idée de faire quelque chose à deux avait déjà commencé à germer pendant nos premières années d’université », explique Corentin.

Si Corentin est devenu contrôleur de gestion, Melvin, lui, est devenu directeur de restaurant. Aujourd’hui, presque 10 ans après leur rencontre, ils joignent leurs connaissances et expériences pour entreprendre ensemble et se lancer dans l’aventure de la franchise. Nachos Avignon, le premier restaurant de l’enseigne en Vaucluse, ouvrira ses portes le mardi 22 juillet au 16 Place Pie.

La Place Pie, un emplacement stratégique

Le restaurant avignonnais dispose de 24 places assises en salle et 12 en terrasse. « Il y aura aussi la possibilité d’emporter et de se faire livrer évidemment », précise Corentin. Installé en lieu et place de l’ancien Columbus Café, Nachos Avignon semble situé idéalement, tout près des Halles d’Avignon et sur une des places les plus vivantes de l’intra-muros.

« C’est un emplacement parfait pour nous, et pour la clientèle qu’on cible. »

Corentin Bonnefoy Cartier

Pour Corentin, la chance a été de leur côté. « Dans le centre-ville d’Avignon, c’était la seule place qui nous paraissait intéressante en termes de population, affirme-t-il. Autour, il y a les lycées, mais aussi l’université, et c’est sans oublier les bars de la place, qui accueillent toutes les soirées étudiantes. »

Un fast food, ou plutôt un fast good

Nachos Avignon propose de la cuisine mexicaine. Tacos, empanadas, quesadillas, nachos, guacamole et bien d’autres spécialités sont affichées au menu. Mais la promesse de l’enseigne, c’est surtout de proposer de la nourriture saine qui s’adapte à tous les goûts et à tous les régimes alimentaires : piquant ou pas, végétarien, sans gluten, sans lactose…

« Les Avignonnais doivent s’attendre à trouver des produits frais, des produits de qualité et des produits faits maison, explique Corentin. C’est ce qui nous a conquis et a appuyé notre volonté d’ouvrir cette franchise et d’importer le concept à Avignon. »

Avignon, seulement une première étape ?

Avec cette ouverture au cœur de la Cité des papes, Corentin et Melvin visent plus loin et souhaiteraient potentiellement étendre le concept au reste du Vaucluse en ouvrant d’autres Nachos. Bollène, Orange, Pertuis, Cavaillon… Ce ne sont pas les options qui manquent. « C’est un projet auquel on a un peu pensé déjà, on en parle en tout cas », ajoute Corentin.

Mais avant cela, il faut consolider le restaurant d’Avignon, qui a permis la création de cinq emplois locaux, et qui ouvrira ses portes et attendra les Avignonnais en nombre le mardi 22 juillet. Vamos !


Musée des Bains Pommer, ou comment l’on vivait les thermes en 1890

Depuis 1982, dans la Rue des Teinturiers, sa calade et ses roues à aubes qui tournent grâce au courant de l’un des bras de la Sorgue, ils en ont accueilli des grands noms du théâtre les Vantaggioli au Théâtre du Chien qui fume. Annie Girardot, Michaël Lonsdale, Rufus, Jean-Louis-Trintignant, Michel Vitold, Andrea Ferréol, Alain Mottet, Jean-Roger Caussimon.

Jusqu’au 26 juillet, pas moins de 14 propositions entre Le Chien qui Fume et Le Petit Chien, à quelques mètres, 76 Rue Guillaume Puy. Avec des représentations qui se succèdent toutes les deux heures, à partir de 10h du matin jusqu’au soir dans les deux théâtres. 

Le Chien qui fume

À commencer par ‘Du charbon dans les veines’ de Jean-Philippe Daguerre, des gueules noires de Noeux-les-Mines qui creusent la mine, élèvent des pigeons-voyageurs et jouent de l’accordéon. Auréolés par 5 Molières, les 7 acteurs sont ravis de revenir à Avignon où tout a commencé, il y a un an. « Et même si nous nous avons joué plus de 160 représentations, ce sont les 20 qu’on a données ici sont les plus marquantes », insiste Jean-Pierre Daguerre, l’auteur et metteur-en-scène.

Toujours dans une production du Grenier de Babouchka, ‘Marius’ de Pagnol qui résonne dans un décor portuaire et industriel du Marseille des années 60. Au programme également ‘À l’avenir’ de Didier Caron avec un pitch excentrique : Lucas, un jeune homme a une obsession, devenir président des Etats-Unis. Et une question : jusqu’où peut-on suivre ses rêves?

‘Les valises bleues’ écrites et mises en scène par le patron des lieux,  Gérard Vantaggioli. Une évocation du couple, du temps qui passe, de la lassitude du quotidien et d’une relation qui, à la longue, peut devenir toxique. Après la passion, la jalousie, la cruauté, la séparation. Avec Stéphanie Lanier et Jean-Marc Catella.

A l’affiche également ‘Still’ créé à New-York, adapté par Christian Siméon avec Florence Pernel et Bernard Malaka, un couple qui après avoir rompu il y a 30 ans, décide de se revoir. Les masques tombent face aux choix qu’ils n’ont pas fait à l’époque. Enfin, toujours au Chien qui Fume, ‘Vieilles chansons maléfiques’ avec Tom Novembre et Nicolas Verdier. A Vienne, en 1986 quand Kurt Waldheim (malgré son passé nazi) devient président. Derrière les valses, la capitale de la musique dissimule mal son passé sufureux et intolérant.

Le Petit Chien

Côté Petit Chien, ‘Un chaperon louche’. Une ode à la fraternité, la tolérance, la solidarité où l’autre, différent de nous, n’est pas forcément un ennemi. ‘À la lumière des misérables’ avec la même troupe (Premier acte) et le même auteur (Sarkis Tcheumlekdjian). Où comment en 1915, une jeune réfugiée rencontre Gavroche et de cette rencontre improbable naît une lueur d’espoir pour défier le destin, chacun tentant de sauver l’autre.

‘Son odeur après la pluie’, d’après le livre de Cédric Sapin-Dufour, vendu à 700 000 exemplaires, traduit en 20 langues. Une histoire d’amour entre un homme et son chien, un lien indéfectible entre bipède et quatre pattes. Ceux qui aiment les animaux, et ils sont nombreux, vont adorer ! 

Place à l’humoriste Jean-Jacques Vanier, ancien chroniqueur à France Inter, avec ‘À la recherche de la recherche’. Il a obtenu le Prix SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) de l’Humour 2025. Et revient à Avignon pour un moment doux-amer, tendre et nostalgique.

‘Elia, généalogie d’un faussaire’ de Jean-Loup Horwitz avec Gabrielle Lazure évoque un homme qui peint un faux Chagall et écrit une lettre d’excuse au peintre. A cet instant, tout peut arriver. Autre moment avec ‘L’homme et le pêcheur’, une réflexion poétique, un voyage en absurdland avec deux italiens déjantés, Ciro Cesarano et Paolo Crocco, une pépite.

Au programme également ‘Cache-cache’ de Vanessa Aiffe-Ceccaldi, un spectacle dont Alexandra Lamy est la marraine. L’histoire d’une petite fille dont la vie s’est arrêtée quand elle avait 11 Ans et qui la reconstruit grâce à la résilience. Dernier spectacle à l’affiche : ‘Quelque chose a disparu, mais quoi ?’ écrit par Michel Bellier et joué par Joëlle Catino. Une fin du monde apocalyptique sur l’inaction de ceux qui ont le pouvoir et n’en font rien pour améliorer la vie des autres, notamment au sommet de l’Etat.

Contact : 04 84 51 07 48


Musée des Bains Pommer, ou comment l’on vivait les thermes en 1890

Disons le d’emblée, l’accueil n’a pas été unanime, mais on ne va pas bouder son plaisir d’être aux Carrières de Boulbon, avec des températures enfin supportables et d’écouter plus de vingt chansons de Jacques Brel. On aime à priori Anne Teresa De Keersmaeker, habituée du Festival d’Avignon, accueillie triomphalement en 2023 avec son Exit Above et déjà avec le danseur Soal Mariotte que l’on retrouve ce soir. Savoir si on aime Brel ne se pose pas pour les spectateurs présents.

Peut on danser sur les chansons de Brel ?

L’infirmière qui soignait Brel à la fin de sa vie, lui avait dit ne pas aimer ses chansons car on ne pouvait pas danser dessus. Pour Anne Teresa De Keersmaker danser sur divers styles musicaux n’est pas nouveau et en tant que belge flamande Jacques Brel fait parti de son histoire. Tout était réuni pour lui rendre un bel hommage.  

Les parois de Boulbon se souviendront longtemps des paroles projetées…..moins des gestes ?

La chanson d’ouverture n’est pas choisie au hasard. Le Diable fait son entrée avec « ça va », projetée en lettres grasses sur la roche. Ecrite en 1954, interdite un certain temps en Belgique elle  pose sur le monde un regard sans concession et nous annonce la face engagée de Brel. On est surpris par l’apparition d’ Anne Teresa De Keersmaeker costume trop grand qui accentue sa frêle silhouette et gestuelle minimaliste hors du halo de lumière, dans le noir, comme un échauffement, Ce qui peut être vu comme un immense respect pour Brel de ne pas occuper la scène à sa place, en restant hors du cercle, devient une attente flottante elle aussi. Le magnifique breakdanseur Solal Mariotte fait son entrée « au premier temps de la valse » avec fougue et puissance mais on a déjà choisi de suivre le fil des souvenirs, yeux fermés à presque fredonner et non celui de l’hommage présent pourtant sincère.

Déçu par une danse trop narrative

La chorégraphie est presque un mime sans paroles, qui colle trop aux paroles des chansons. On se tient par la main pour les vieux, on valse au premier temps de la valse, on pleure, on se tord de douleur. On virevolte beaucoup. On perd l’émotion du « plat pays » dans une vidéo déconcertante. Brel était toujours en mouvement sur scène comme lors de ses innombrables voyages mais les déplacements proposés par Anne Teresa De Keersmaeker sont répétitifs et monotones. Il était maladroit dans son corps et cet aspect est parfaitement évoqué mais au fil des Flamandes, de Bruxelle ou des Bourgeois on ne retrouve pas la fougue, l’impertinence, la puissance et les tripes de Brel sur le plateau.

Brel. Jusqu’au 20 juillet. 22h. Carrière de Boulbon.


Musée des Bains Pommer, ou comment l’on vivait les thermes en 1890

Bon spectacle!

Avec cette carte interactive, retrouvez du 5 au 26 juillet tous les articles de L’Echo du Mardi sur l’édition 2025 du Festival d’Avignon.




Musée des Bains Pommer, ou comment l’on vivait les thermes en 1890

Pour certains la Nuit de trop, pour d’autres une véritable expérience de catharsis collective

S’il est bien une leçon à retenir pour ce premier spectacle dans la Cour d’Honneur — offert pour la première fois la veille de la première à la population avignonnaise — c’est qu’il ne faut se fier ni aux critiques, ni aux avis amicaux, ni aux personnes qui essayaient de revendre leur billet dans la cour du Cloître Saint Louis. Le spectacle de la cap verdienne Marlene Monteiro Freitas, s’il a pu déconcerter et faire fuir quelques spectateurs au bout de quelques minutes a pourtant trouvé sa juste place sur le plateau de la Cour d’Honneur si souvent difficilement occupée. 

Loin du narratif

Il ne fallait pas s’attendre à ce qu’on nous raconte des histoires, ni découvrir les Contes des Mille et une Nuit qui comme toute tradition orale permet une libre adaptation. Au minimum savoir que les Contes de Mille et une Nuit sont tout sauf de tout repos : c’est l’histoire d’un combat pour survivre, à la vie à la mort, avec un foisonnement de personnages et d’espaces. Cette posture acceptée, il suffisait de se laisser mener par la libre interprétation de Marlene Monteiro Freitas qui  nous propose un voyage vertigineux dans un fouillis, de masques, de sons, de tissus.

Opéra baroque, carnaval grotesque, performance puissante

Porté par une bande son puissante qui va des Noces de Stravinsky à Nick Cave, embarqué par les caisses claires, désarçonné par les propositions chorégraphiques qui surgissent là où on ne les attend pas, infusé par l’énergie des danseurs et interprètes, le spectateur reste en alerte tout au long de cette nuit de tous les dangers jusqu’à l’explosion finale. 


Musée des Bains Pommer, ou comment l’on vivait les thermes en 1890

Algérien pour toujours, Français tous les jours

Mohamed Adi donne le ton, ou plutôt le clap de son spectacle qui nous emmène d’Alger à Marseille. Il va en effet dérouler le film de sa vie, seul en scène, et tout en confidences.Son enfance franco-algérienne est passée au crible de ses souvenirs. Il n’hésite pas également à les modeler à son goût en  créant sa propre république, démocratique et populaire du Sénéné. Normal quand on ne sait pas bien à quel pays on appartient.

Alger et Marseille en miroir

Dans cette recherche d’identité, se dessine la ville de Marseille comme on n’en parle peu, surtout en ce moment. Une ville tendresse avec ses métiers oubliés tels le chiffonnier, le remouleur ou la marchande d’escargots. Mohamed Adi aborde avec pudeur tous ses atermoiements qui le chavirent entre l’Algérie et la France. Il y a l’impossibilité de choisir mais  pas celle de se taire. Sa parole libérée ouvre le chemin de la réconciliation. 

Un spectacle d’une belle générosité loin de tous ressentiments.

Jusqu’au 26 juillet. 20h30. Relâche 15 et 22. 12 à 18€. Isle 80. 18 place des trois Pilats. 06 42 69 00 26.


Musée des Bains Pommer, ou comment l’on vivait les thermes en 1890

Nous avons assisté à ‘Johnny libre dans ma tête’ le nouveau spectacle de Didier Gustin sur une mise en scène d’Eric Bouvron. Résultat ? Une salle debout restée à ovationner l’artiste et ses musiciens pendant un long moment. ‘Johnny libre dans ma tête’ a tout d’un grand spectacle : D’abord on apprend des informations inédites et vérifiées sur la vie de Johnny ; Didier Gustin, qui possède à son répertoire plus de 400 voix- en offre bien 50 sur scène ; Les musiciens sont ‘rock’ à souhait et montent sons et  vibrations comme en concert. Enfin, la pièce écrite sur une idée de Didier Gustin avec Eric Bouvron est bourrée d’humour, de talent et de rythme. Ensemble, hier soir, ils ont mis le feu au Petit Louvre, et le public a adoré.

Didier Gustin Copyright MMH

L’histoire ? Johnny est mort et s’ennuie au Paradis, alors il s’échappe pour entrer dans la tête de Didier Gustin H 24. Objectif ? Faire le stade de France, une dernière fois, avec tous ses potes chanteurs : entre autres : Eddy Mitchell, Charles Aznavour, Patrick Bruel, Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Maxime Le Forestier… Mais pas Fabrice Luchini.

L’Art de convaincre
Didier Gustin va devoir convaincre l’entourage proche du Taulier depuis l’appel improbable de Jean-Claude Camus, le célèbre producteur de Johnny, qui lui propose de remettre le couvert. C’est ainsi que Didier Gustin et ses musiciens : Hugo Dessauge aux claviers, Jeremy Lainé aux percussions et Elie Gaulin à la guitare embarquent le public dans le road movie de la vie de Johnny. Au programme : des instants de vie du grand crooner, des informations touchantes sur sa vie, beaucoup de musique, et d’imitations. Le tout livre une comédie bien ficelée et surtout toutes les mélodies qui ont marqué nos vies. Un grand moment du Off.

Didier Gustin, Copyright MMH

L’interview
«L’idée d’un Johnny qui s’évade du paradis pour entrer dans ma tête et organiser un spectacle au Stade de France est née peu après la mort de Johnny, relate Didier Gustin. Mais je ne savais pas quoi faire de cette idée. J’ai alors contacté Eric Bouvron pour lui demander son avis. Il m’a dit : C’est une super idée, je n’ai pas le temps mais on va le faire. L’écriture et la fabrication du spectacle ont pris 18 mois.»

Vous évoquez beaucoup ce mot ‘Has been’, c’est compliqué pour un artiste, de vieillir ?
«Ça dépend. Si vous avez 60 ans et que vos chansons passent toujours à la radio, tout va bien. Si comme moi vous êtes imitateur et que vous êtes beaucoup passé à la télé et la radio et que l’on vous demande moins parce que vous êtes vieux, ‘passé de mode’, ‘obsolète’ –C’est ce qu’on dit pendant le spectacle- on vous considère comme un ‘has been’ et on vous le dit carrément, dans le métier, sans prendre de gant. J’ai raconté cela à Eric et il m’a dit ok : Ce sera le sujet du spectacle ! Pourquoi ? Parce que ça parle à tout le monde, puisque l’on sera tous confrontés à cela. On sera tous le ‘Has been’ de quelqu’un. C’est vrai dans tous les métiers et au quotidien.»

Didier Gustin et ses musiciens Copyright MMH

Est-ce que ce spectacle va vous permettre de rebondir sur la scène nationale ?
«Je ne sais pas. Avec Eric –Bouvron-, On fait ce que l’on aime. On a écrit ce spectacle, on va travailler sur un autre, après, parce qu’on aime bien bosser ensemble. L’important ? C’est de faire l’artiste, c’est-à-dire de créer, d’être fiers de ce que l’on fait et de faire rêver le public. D’ailleurs, ce spectacle est totalement transposable à la télévision. Il pourrait être transformé en émission où les artistes cités pourraient intervenir. Nous sommes d’ailleurs en train d’en faire une adaptation cinématographique. Pour l’heure ? On aimerait faire tourner le spectacle jusqu’à l’anniversaire des 10 ans de la mort de Johnny, en 2027, puis sortir le film.»

Vous étiez fan de Johnny ?
«Non, par particulièrement. On a énormément planché sur l’homme et l’artiste, Eric et moi, cherchant des failles que l’on n’a pas trouvées parce que le personnage était particulièrement gentil, travailleur, et blagueur… Un type délicieux, extrêmement généreux.» Et aussi très sensible… Comme vous ? «Oui, c’est vrai.» Vous partagez beaucoup avec vos musiciens, ils ont une place bien à eux. «Oui, c’est l’école Eric Bouvron. Les gens sur scène jouent, même s’ils ne sont pas comédiens. Tout le monde joue.»

Standing ovation pour le spectacle de Didier Gustin, copyright MMH

Les p’tites infos
«Avec Eric Bouvron, on se connaît depuis toujours. Lorsqu’il est arrivé d’Afrique du Sud, en France, le premier spectacle qu’il a vu était le mien. Ça date d’il y a 30 ans. J’ai également travaillé avec Sophie forte, son épouse, ce qui a maintenu le lien.» «Jeune, j’ai fait un BEP de compta informatique, puis je suis parti à l’armée, et enfin, directement des Vosges pour tenter ma chance à Paris. Je n’ai jamais pris de cours ni de chant, ni d’impro. Qui m’a aidé à Paris ? Des directeurs de théâtre, des metteurs en scène, des auteurs … Hubert Drac, Jean Fabre et son théâtre le Tourtour, Le très important producteur de spectacles Pascal Guillaume. C’est d’ailleurs ensemble, que nous avions quitté les Vosges, pour la capitale.»

Les infos pratiques
‘Johnny, libre dans ma tête’ de Didier Gustin, mise en scène d’Eric Bouvron avec Hugo Dessauge aux claviers, Jeremy Lainé aux percussions et Elie Gaulin à la guitare. Pièce musicale d’humour. 21h. Le petit Louvre. Chapelle des Templiers. 3, rue Félix Gras à Avignon. Jusqu’au 26 juillet. Relâches les 13, 16, 18, 20 et 23 juillet 2025. A partir de 7 ans. Durée 1h20. Réservations ici. 04 32 76 02 79.

https://www.echodumardi.com/tag/avignon/page/52/   1/1