19 mai 2026 |

Ecrit par le 19 mai 2026

L’Interview, Christine Gord, directrice Vaucluse de la Banque de France   

L’association Soroptimist International Avignon organise une soirée ‘Femmes d’action, femmes d’exception’, qui se déroulera, sur réservation Jeudi 19 septembre 2024 à 18h au Novotel Avignon centreChristine Gord directrice départementale de Vaucluse de la Banque de France fait partie des invitées de la soirée aux côtés du capitaine Lise Trincaretto, du Service départemental d’incendie et de secours de Vaucluse, de Caroline Clausse ingénieure navigante d’essais ; de Céline Lacaux, mathématicienne et chercheure à l’Université d’Avignon et de Géraldine Parodi, scaphandrière et Présidente de Spero Mare qui exerce dans le BTP sous-marin. Réservation ici. L’Echo du mardi vous propose, en avant-première, d’aller à la rencontre de ces femmes d’exception.

Qu’est-ce qui vous a destiné à faire ce métier, une connaissance, un reportage, un lieu, une envie ?
«C’était lors d’un stage étudiant à Lyon, une professeure avait recommandé la Banque de France (BdF)pour ses valeurs de service public, son expertise en matière financière, son vaste réseau d’implantation dans les territoires et ses missions de banque centrale. J’ai été séduite à la fois par les parcours qui étaient possibles de réaliser au sein de l’institution, le niveau de  technicité et l’expertise en matière financière puisque mes études supérieures étaient axées sur la gestion de l’analyse financière. Enfin, j’étais sensible à la diversité des missions sur tout le territoire.»

Comment avez-vous acquis toutes les connaissances requises pour exercer ce métier ?
«Tout d’abord durant mes études avec l’obtention d’un diplôme d’études comptables et financières (DECF). J’ai ensuite passé le concours d’entrée à la Banque de France, évoluant, ensuite, au sein de neuf succursales, dans toute la France, et bénéficié d’un parcours de formation interne technique et managérial.»

Quels ont été les étapes, les événements fondateurs de votre carrière ?
«Le passage à l’Euro fiduciaire –dans les années 2 000- avec un poste totalement différent de mes précédentes fonctions d’analyste financier et de responsable d’études économiques. J’ai ensuite poursuivi mes acquisitions techniques et pris de plus en plus de responsabilités dans le management d’équipe. J’ai également commencé à transmettre les connaissances et l’esprit Banque de France, en tant que vacataire dans l’enseignement supérieur, notamment dans les IEP Lyon (Institut d’études politiques), IUT Reims (Institut universitaire de technologie) et l’Ecole des Mines de Saint-Etienne.»

Quels sont les mentors, les personnalités qui ont forgé votre vocation -que vous les ayez connus ou non-?
«Là, je pense à une collègue actuellement en détachement à New York qui a été actrice de ma réussite à l’accès aux postes de direction. En effet, la Banque de France propose des détachements dans des ambassades ou organismes importants dans différents pays de la Banque centrale européenne. Elle est de celles qui m’ont dit que nous devions être nous-mêmes les actrices du changement, notamment à des postes de direction. Je me suis préparée à conquérir ces postes, notamment lors des épreuves de sélection, avec un coach en développement personnel, proposé par la BdF. Il s’agissait de mettre en avant mes points forts comme l’acquisition de connaissances techniques, le management et le pilotage d’objectifs, la conduite de projet, l’appétence relationnelle.»

Comment avez-vous abordé votre carrière et surmonté les épreuves ?
«Je n’avais pas de plan de carrière précis. Je profitais de toutes les opportunités offertes quelle que soit la localisation des fonctions à exercer. Mon intuition, mon audace me disaient que tout se passerait bien. Ma plus grande chance ? Concilier ma vie personnelle, familiale et professionnelle, ce qui incluait de fréquents déménagements tous les trois ou cinq ans et ce qui n’a pu être possible que grâce à mon époux –qui travaille dans le privé- et à mes enfants.»

Christine Gord, Directrice départementale Vaucluse de la Banque de France

Quelles compétences et qualités sont-elles essentielles dans votre domaine d’activité ?
«Pour moi, ce sont quand même plus l’ouverture d’esprit, les qualités d’écoute et la capacité d’adaptation. Et puis il y a aussi l’engagement, la détermination, quand il faut, par exemple, négocier avec un banquier parce que se présente le cas d’un chef d’entreprise qui pourrait subir une rupture de financement. Là, il est vrai qu’il faut être déterminé, engagé pour défendre des situations difficiles. Il est là question de lire la situation avec discernement, de  déterminer la nature des problèmes et les solutions possibles à y apporter avec le moins de casse possible pour le chef d’entreprise, pour les employés, pour la pérennité de l’entreprise… Il n’est pas non plus question de tomber dans le piège de personnes manipulatrices qui auraient sciemment perverti le système, en cela nous sommes garants de l’équité.»

Quels ont été les obstacles franchis et quels sont ceux qui ne s’effacent pas ?
«Il faut faire une force des difficultés rencontrées, s’adapter et ne rien regretter. Avant, sans doute fallait-il plus s’affirmer, montrer davantage et régulièrement ses compétences. Désormais c’est plus facile mais la vigilance reste de mise. Cette vigilance que les hommes n’ont peut-être pas l’obligation de tenir, mais les femmes oui, cependant il n’y a pas d’obstacles infranchissables.»

Ce qui vous fait tenir dans l’adversité ?
«La confiance en soi, la détermination pour maintenir le cap, et rester optimiste.»

Quels regards les hommes et les femmes portent-ils sur votre métier et la façon dont vous l’exercez ?
«Alors moi, je trouve que j’ai une grande chance parce que la BdF est une institution reconnue et indépendante. C’est encore plus intéressant de nos jours par rapport au pouvoir politique. Donc, on peut se permettre de parler en toute objectivité. Et de ce fait, nos fonctions, notre institution sont respectées. Et puis nous nous sommes ouverts à des publics différents comme le grand public, notamment avec la gestion du surendettement, et les entreprises.»

Quels sont les avantages et les inconvénients à être une femme dans un milieu d’hommes ?
«Les avantages ? Peut-être une anticipation plus grande et une capacité à avancer sur différents sujets en même temps puisque nous menons tambour battant vie de famille et vie professionnelle. Nous avons l’habitude de faire plusieurs choses en même temps. Peut-être également faisons-nous montre d’une humilité souvent plus importante qui permet de mettre de côté son ego et d’avancer ‘l’air de rien’.»

Les inconvénients ?
«Certains comportements toujours un peu machistes nécessitent de garder une vigilance quasi-permanente. Il est nécessaire de veiller à ce que les jeunes générations gardent à l’esprit que l’égalité hommes-femmes a nécessité des combats importants dans les sociétés occidentales et que cette cause est encore un sujet dans le monde dans lequel nous vivons.»

La Banque de France à Agroparc, à Avignon

Auriez-vous une anecdote à nous faire partager ?
«La fierté ressentie par plusieurs femmes d’un certain âge de ma famille, notamment lors de mon premier poste de directrice, alors qu’elles avaient dû se battre pour continuer à travailler à la naissance de leurs enfants ou pour obtenir un compte bancaire joint. Toutes ces femmes  qui ont eu du mal à supporter leur dépendance financière et sociale. Pour rappel ça n’est qu’en juillet 1965 que le Parlement votera une loi autorisant les femmes à ouvrir un compte bancaire à leur nom et à travailler sans le consentement de leur mari.»

Le mot de la fin ?
«La Banque de France permet une évolution de carrière très importante, nous permet d’être au service de l’économie via les banques, les dirigeants, les usagers, les enseignants, les transporteurs de fonds… L’ouverture, l’engagement et le sens des responsabilités dont notre institution fait preuve nous autorisent à nous consacrer pleinement à nos missions en pouvant concilier vie privée et professionnelle.»

Christine Gord
Directrice départementale de Vaucluse depuis la rentrée 2023. Elle fût directrice BdF de la Loire, Directrice régionale adjointe de la région Centre-Val de Loire… En 2022 elle réorganise les missions de la succursale de Saint-Etienne où elle était directrice depuis 2020. En 2002 elle participe au passage à l’euro fiduciaire, en 2 000 elle débute l’enseignement à l’IEP de Lyon (Institut d’études politiques, Sciences Po).

Les partenaires de cette deuxième édition de la soirée Femmes d’action, Femmes d’exception
Le Novotel Avignon centre, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse, l’Agence Chamade d’Avignon, Les Femmes chefs d’entreprises Vaucluse (FCE) et les Femmes Vignes Rhône et l’Echo du mardi.

Le programme de la soirée
18h – 18h30 : Accueil ; 18h30 – 19h : Mot de la présidente – présentation de la bourse Envie d’entreprendre Avignon ; 19h – 21h30 : Interventions des invitées puis échanges avec la salle. 21h30 – 22h30 : Moment convivial et d’échanges autour de planches de charcuterie, fromage et dessert.

Les infos pratiques
Jeudi 19 septembre à partir de 18h. Soirée Femmes d’action, Femmes d’exception 2e édition. Soroptimist International Avignon. Novotel Avignon centre. Inscription obligatoire 25€ ici.

La Banque de France, Agroparc, Avignon


L’Interview, Christine Gord, directrice Vaucluse de la Banque de France   

L’association Soroptimist International Avignon organise une soirée ‘Femmes d’action, femmes d’exception’, qui se déroulera, sur réservation Jeudi 19 septembre 2024 à 18h au Novotel Avignon centreLe capitaine Lise Trincaretto, du Service départemental d’incendie et de secours de Vaucluse fait partie des invitées de la soirée aux côtés de Caroline Clausse ingénieure navigante d’essais ; Christine Gord directrice de la Banque de France de Vaucluse, Céline Lacaux, mathématicienne et chercheure à l’Université d’Avignon et Géraldine Parodi, scaphandrière et Présidente de Spero Mare qui exerce dans le BTP sous-marin. Réservation ici. L’Echo du mardi vous propose, en avant-première, d’aller à la rencontre de ces femmes d’exception.

Lise Trincaretto est capitaine de sapeur-pompier professionnel, responsable du service prévision opérations au Centre de Secours Principal d’Avignon. Si, au début de sa carrière elle s’est épanouie au sein des collectivités territoriales, plus précisément dans le développement territorial et touristique de Maubeuge (59) et de l’intercommunalité de Maubeuge, c’est en tant que capitaine des pompiers professionnels qu’elle a enfin pu donner libre cours à sa vocation. 

«Mes parents étaient tous deux médecins,
maman anesthésiste-réanimateur et papa chirurgien en traumatologie à l’hôpital public… Après les cours j’allais à l’hôpital et attendais mes parents dans le sas -Service d’accès aux soins- des urgences. De là, j’observais le ballet des pompiers. J’étais fascinée par la relation qu’ils entretenaient avec les victimes, le soin qu’ils apportaient à les stabiliser au mieux avant que ceux-ci ne soient pris en charge par une équipe –dont ma mère- qui était le plus souvent affectée aux urgences

«Alors que j’avais grandi avec des médecins
mon père, ma mère et leurs amis, ce sont les pompiers qui m’impressionnaient le plus. Ils étaient en première ligne sur les feux et les accidents. Ce sont eux qui me racontaient, petit à petit, ce qu’ils faisaient. Et, sans que je ne m’en rende vraiment compte, cela m’a forgée et façonnée. Puis j’ai obtenu un bac scientifique et dit à mes parents que je voulais devenir pompier.»

«Là ça a été un refus catégorique.
Ils m’ont demandé de passer un bac +5, comme tout le monde dans la famille. Je suis partie un an à Berlin, c’était 4 ans après la chute du mur. J’avais, au préalable, rencontré dans le Nord où nous vivions, des berlinois lors d’un festival de musique, de théâtre, de rue… que j’avais trouvé très sympas. J’ai adoré cette ville cosmopolite où j’ai été professeure defrançais, où j’ai travaillé sur des chantiers… Lorsque je suis rentrée, j’étais parfaitement bilingue allemand et anglais.»

«Du coup j’ai fait une maîtrise de langues appliquées allemand et anglais
ce qui m’a passionné ? Les matières appliquées européennes comme l’économie, les maths, les statistiques, la compta, la gestion, le marketing, la communication, le Droit civil, public, européen, le droit de douanes. C’était au moment du traité de Maastricht. Alors que mes parents m’avaient opposé le fait de ne pas apprendre un métier, je devenais polyvalente dans tous les secteurs et, finalement, très rapidement employable. Venant d’un bac scientifique, je poursuivais mes études avec facilité et je remarquais que les majors de promo étaient, eux aussi, issus d’un cursus mathématique. Je me disais que les maths ouvraient décidément toutes les portes.»

«Je suis entrée dans une entreprise d’import-export de carrelages à Maubeuge,
tout d’abord comme assistante commerciale puis aux statistiques et j’ai adoré mon métier. C’est là que le maire de Maubeuge est venu me chercher pour me proposer le développement touristique de la Ville via l’Office de tourisme. Il a dit au directeur en place : ‘Il me faut quelqu’un qui ait un peu de trempe, un peu intelligent. Prends là elle, parce qu’elle n’a pas peur de mettre les mains dans le cambouis. C’est là qu’a commencé ma carrière de fonctionnaire et croisé à nouveau les pompiers, très présents sur le Festival de Maubeuge. J’y suis restée 11 ans. Ensuite ? J’ai travaillé dans la formation, notamment en recrutement, puis j’ai postulé à l’Office de tourisme de Vaison-la-Romaine-Ventoux où j’ai travaillé au développement du tourisme du territoire. Là encore ça a été passionnant.»

Lise Trincaretto DR

Puis arrive le Bataclan
«13 novembre 2015, c’est la date des attentats de Daech et du Bataclan. Je suis très patriote et j’adore mon pays. En toute modestie, c’est le plus beau pays du monde. Rien n’égale son système social, sa culture, la diversité de ses paysages, sa gastronomie et ses vins. On y fait de belles et bonnes choses. Alors, l’attaque du Bataclan… Je l’ai très mal vécu et je continue à être ulcérée par la lâcheté des attentats qui tuent des innocents. J’ai été comme stupéfaite, bloquée… mais mes enfants étaient encore trop petits pour que je devienne pompier volontaire. Je me suis rapprochée de l’armée de l’air à Orange qui m’a acceptée dans la réserve citoyenne. Et puis, un jour, mes amis pompiers m’ont dit, ça y est, tes enfants sont grands, fais pompier volontaire. Ce que j’ai fait à Vaison-la-Romaine.»

 «Comment passe-t-on d’un Office du tourisme et du développement économique à) capitaine des pompiers ?
«Je crois que ça a toujours été mon profil car je suis plutôt très dynamique et sportive. Si ma première carrière dans la Fonction publique me correspondait très bien, être pompier était un rêve d’enfant. Je deviens donc pompier volontaire à Vaison-la-Romaine et d’un seul coup je me sens légère. Comme si l’on m’avait ôté un immense poids, peut-être celui de la frustration ? Je pouvais enfin faire ce que je désirais depuis le tout début de ma vie.»

Comment avez-vous acquis toutes les connaissances requises pour exercer ce métier ?
«Mon meilleur ami était adjudant-chef chez les pompiers à Carpentras. Pour des raisons règlementaires dues à une réforme, il devait passer le concours de lieutenant. Moi j’étais pompier volontaire depuis un an. Il me dit : puisque je passe le concours de lieutenant tu passes le concours de capitaine. Il a eu son concours de lieutenant et moi j’ai raté mon concours de capitaine que j’ai réussi la seconde fois. Ma faille ? Si je possédais la culture générale et territoriale, je n’avais pas encore assez acquis la culture pompier. Egalement, je n’aurais jamais réussi ce concours si je n’étais pas passée par le volontariat. Et je dois beaucoup aux officiers du Sdis 84 (Service départemental d’incendie et de secours du Vaucluse) qui m’ont aidée à acquérir les attendus du concours.»

«J’ai été recrutée au bout de deux ans au Sdis 84, à Avignon,qui est la meilleure école qui soit, parce que c’est le centre principal de secours qui régule une importante activité opérationnelle. Je m’y occupe de la prévision des opérations : c’est toute la préparation en amont de l’intervention. Des exemples ? C’est vérifier que l’eau arrive bien aux poteaux, leur implantation et leur accessibilité depuis nos engins. C’est aussi la vérification des bâtiments avec les accès de secours, les normes évacuation, les terrasses en ville, le déroulement de manifestations de toutes sortes en milieu urbain ou rural…»

«Il y a les opérations
qui préparent à l’intervention humaine, l’utilisation des matériels, les manœuvres d’entrainement qui permettent de prendre connaissance des moyens dont nous disposons sur place, et comment agir pour, par exemple, pour éviter la propagation d’un feu, découvrir et comprendre la conformations de sites, la prévention des risques. L’un des bâtiments exemplaires, en matière de sécurité, est par exemple l’Ikéa de Sorgues. Egalement, cet été, nous nous sommes entrainés sur le site du Palais des papes. Je m’occupe de tout ce qui est statistiques, de la gestion du matériel technique dans son utilisation. Ce que j’apprécie le plus ? Que l’on soit très en lien les uns avec les autres, tous s’entraidant. Le Sdis 84 procède au recrutement pour de grands dispositifs, via la création d’équipes en fonction des disponibilités, pour envoyer des renforts en Corse et, en ce moment, en Grèce.»

Lise Trincaretto entourée de ses collègues lors d’un exercice, cet été, au Palais des papes

Bientôt
«J’ai passé, cette année, tous les diplômes de chef d’agrès (engins : ambulance et CFM camion de feu de forêt, feu urbains et secours routiers) avant de bientôt intégrer l’Ecole nationale supérieure des officiers de sapeurs pompiers –L’ENSOSP– . Ces formations m’ont vraiment permis d’entrer dans l’opérationnel. Ainsi j’exercerai, au terme de ma formation d’un an, en tant que chef de groupe, sur les interventions dimensionnantes, ce sont des opérations comportant plusieurs agrès déjà disposés à entrer en action. Mon métier sera de m’assurer d’une mise en œuvre cohérente et de prendre en charge la radio et les contacts avec les élus. Là ? Je m’apprête, dès novembre, à intégrer la formation de lieutenant.»

«Comment j’ai surmonté les épreuves ?J’ai du caractère et je suis pugnace, en cela, si l’on ne m’ouvre pas la porte, je suis capable de passer par la fenêtre ou le toit s’il le faut. J’ai tendance à être très ‘rentre-dedans’. Il a fallu que j’apprenne à être plus modérée et patiente, ce qui ne sont pas mes premières vertus. Je suis passée du temps long, administratif lorsque je travaillais pour les Collectivités territoriales avec une échelle hiérarchique et une attente de la décision au Sdis 84 où la réactivité est extrêmement forte avec une résolution des problèmes, obstacles presque instantanée. Résultat ? Je suis heureuse. A la caserne on m’apostrophe en disant : ‘Tiens, la plus heureuse !»

Les compétences et les qualités requises pour exercer mon métier ?
«J’ai envie de dire écouter et entendre car écouter c’est bien mais entendre c’est mieux. Voilà pour la base. Après ? Pratiquer les trois essentiels comme posséder un bon esprit d’analyse et de synthèse et savoir être disponible tant pour le service qu’entre collègues parce que je suis dans l’opérationnel et que lorsque les gars partent, il leur faut donc des réponses rapides.»

Mentor, épreuves, quel a été mon cheminement ?
«Je remercie vraiment mon chef de salle qui est une personne extraordinaire et qui sera, sans doute, un de mes mentors pour toute ma carrière. Il m’avait prévenue : C’est simple, tu arrives, t’es pas pompier, t’es une femme et tu n’es plus toute jeune (48 ans), donc tu vas te faire tester et c’est normal. Ce que je veux que tu travailles ? Ton intégration parce que si tu n’es pas intégrée tu vas vivre un enfer. Il faut que tu t’intègres.»

«Un an après je suis intégrée.
Quand il m’arrive de faire des bourdes, mes collègues m’aident, me donnent les ficelles du métier. Ils le font avec beaucoup de diplomatie et de bienveillance. Il ne me disent pas : ‘Lise t’es en train de faire de la ‘mouise’. Ils me disent : ‘tu vois, par expérience, tu y arriveras mieux en faisant comme ça…’ Puis ils continuent : ‘Tu sais il y a des gens tu leur dis et ils n’en n’ont rien à fiche mais toi tu nous écoutes et tu tiens compte de ce qu’on te dit’. Alors je leur réponds qu’ils sont là depuis le début et qu’ils me soutiennent, alors c’est normal. Moi je viens du monde du management et eux du commandement. Ici on obéit à ton N+1 et point barre.»

Lise Trincaretto Copyright Service communication SDIS 84

Les obstacles qui ne s’effacent pas ?
«Je suis assez perfectionniste sinon, devant l’adversité ? C’est simple, je serre les dents et je regarde toujours devant. Est-ce que le regard des autres est important ? Pas du tout. C’est la sagesse de l’âge. Et, justement, je suis à cet âge où je donne le meilleur de moi-même dans ce que je fais au quotidien. Je fais tout à 2000% ou je ne fais pas. Après, on ne peut pas plaire à tout le monde.»

«Quels sont les avantages et les inconvénients à être une femme dans un milieu d’hommes ?
Chez les pompiers il n’y a ni hommes ni femmes mais… des pompiers. C’est vraiment ce que je ressens. Il y a bien des hommes chevaleresques et bienveillants qui vont saisir à ma place ce qui est lourd. Mais si je suis pompier c’est que je suis aussi capable de soulever ce qui est lourd.»

Le mot de la fin ?
«Aucun regret et encore de belles aventures à venir, je pense, au sein des sapeurs-pompiers. Chaque jour qui passe, je me dis que j’ai bien fait et même si j’ai adoré ma carrière d’avant, je continue à regarder devant, à apprendre et c’est super. Si je devais donner un conseil à une personne souhaitant entrer dans le métier ? Travaille et ne lâche rien.»

Les partenaires de cette deuxième édition de la soirée Femmes d’action, femmes d’exception
Le Novotel Avignon centre, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse, l’Agence Chamade d’Avignon, Les Femmes chefs d’entreprises Vaucluse (FCE) et les Femmes Vignes Rhône et l’Echo du mardi.

Le programme de la soirée
18h – 18h30 : Accueil ; 18h30 – 19h : Mot de la présidente – présentation de la bourse Envie d’entreprendre Avignon ; 19h – 21h30 : Interventions des invitées puis échanges avec la salle. 21h30 – 22h30 : Moment convivial et d’échanges autour de planches de charcuterie, fromage et dessert.

Les infos pratiques
Jeudi 19 septembre à partir de 18h. Soirée Femmes d’action, Femmes d’exception 2e édition. Soroptimist International Avignon. Novotel Avignon centre. Inscription obligatoire 25€ ici.


L’Interview, Christine Gord, directrice Vaucluse de la Banque de France   

La 29ᵉ édition du Ban des Vendanges aura lieu ce samedi 31 août à Avignon, capitale des Côtes du Rhône. Au programme : de la gastronomie, une messe provençale, un défilé des confréries, ainsi qu’une soirée tout en musique.

« L’an dernier, on était 10 000, martèle David Bérard, le président des Compagnons des Côtes du Rhône. Samedi, les 72 membres de notre association, vont mettre le paquet pour cette fête populaire avec notamment un marché gourmand XXL et une quinzaine de stands charcuterie, huîtres, seiches, brouillade de truffes, pâtisseries, glaces, burgers, tartes aux légumes. »

Dino Tornati, au nom du Syndicat des Bouchers de Vaucluse, était déjà là en 1992. « À l’époque, c’est la regrettée Marie-Josée Roig qui avait initié cette fête et on avait fait griller 453 kg de viande. Là, samedi prochain, nous aurons sur la broche quatre cuisses de bœuf de race limousine et elles seront servies avec de la ratatouille. »

Dino Tornati, ancien boucher de la Place Saint-Didier, qui tiendra le stand de bœuf à la broche.

En amont, dès 17h, le défilé des confréries bachiques partira de l’Église Saint-Agricol, montera jusqu’à la Place de l’Horloge et ralliera la Métropole des Doms où sera célébrée une messe vigneronne en provençal. Le Ban des Vendanges sera proclamé à 19h pour lancer la récolte 2024. Le bar à vins proposera les trois couleurs (blanc, rouge, rosé) de l’AOC Sablet, invitée d’honneur cette année. « Le raisin est à maturité, avec la pluie de ces derniers jours, les grains ont grossi, la vendange devrait être bonne, explique Loïc Alazard du Domaine Les Sibu. Mais tant que toutes les grappes ne sont pas rentrées dans la cave, on est toujours un peu stressé, c’est le travail de toute une année (bourgeonnage, attachage, effeuillage, travail au sol) qui peut être réduit à néant à cause de la météo. On est fier et heureux de venir à Avignon, la capitale des Côtes du Rhône. Tout le monde ne connaît pas notre petit village, entre Gigondas et Vaison. Pourtant, il est renommé. On a 50% de production en bio, ce sera l’occasion de mettre en valeur le travail de tous les vignerons de notre appellation. »

Loïc Alazard du Domaine Les Sibu

Justement, pour cette soirée, environ 5 500 bouteilles seront proposées au public. Une cuvée 2024 servie dans un écrin de verre, la bouteille ‘Avenio’, créée par l’entreprise de Sorgues Rossi Emballages. « Avec la Vigne du Clos des Papes, les remparts, le Pont d’Avignon et le Palais des Papes sérigraphiés sur le verre » ajoute Serge Thierry Rossi, le patron de cette entreprise lancée en 1957 et installée au Village ERO à Sorgues. « Pour diminuer notre impact environnemental, nous avons supprimé les cartons de bouteille, les palettes en bois et les capsules au profit des palox en plastique pour mieux rémunérer les vignerons », ajoute David Bérard. 

De 17h30 à minuit, ambiance bon enfant et musique avec le concert du groupe Les Invendables d’Henri Deluy, saxophones, trompettes et trombone et sa compil’ Rythm & Blues des années 70.


L’Interview, Christine Gord, directrice Vaucluse de la Banque de France   

Jusqu’au 22 septembre, pas moins d’une quinzaine d’énormes engins de chantier sont en action, en face de la sortie de l’Autoroute A7 à Avignon Sud – Bonpas. « Nous avons en tout 8 semaines, quand les eaux de la Durance sont au plus bas, pour travailler », explique Bertrand Jacopin, le directeur Etudes & Travaux au Syndicat Mixte d’Aménagement de la Vallée de la Durance.

Cette digue « palière » est destinée à assurer la sécurité de la population (100 000 personnes) et des entreprises (100 000 emplois) dans cette zone inondable, sur une quinzaine de kilomètres entre Caumont et la Gare TGV d’Avignon en Courtine. Un projet entre la Communauté d’Agglomération du Grand Avignon, le SMAVD compétent depuis 2016 pour l’entretien des digues et la Ville d’Avignon.

En déambulant le long de berges de la Durance, sous les ponts de l’Autoroute A7 et de la Nationale 7, on voit l’étendue des travaux. « En 1994, il y a eu 2 crues de 3 000m3 / seconde, c’est énorme », explique Bertrand Jacopin à Joël Guin, le président du Grand Avignon, à Sabine Roussely, n°2 de la Préfecture de Vaucluse et à Christian Mounier pour le Conseil Départemental. « Sur le Rhône, c’est plus lent, mais sur la Durance, les eaux montent vite, il nous faut donc anticiper, ralentir le flux. C’est pourquoi, nous posons des blocs de pierres de 3 tonnes chacun à 6 mètres de profondeur grâce à des pelles équipées d’écrans et d’un laser 3 D qui permettent d’aligner ces pierres au cordeau tout au long de la berge. Après nous ajoutons des couches de galets en contre-bas de l’autoroute, jusqu’à 2 mètres au-dessus du niveau de la rivière. »

L’environnement aussi est pris en compte. Les 40 000 tonnes de déblais et remblais sont triés au fur et à mesure, concassés sur place et réutilisés dans un souci de valorisation, évidemment on met à part l’amiante, les embâcles ont été extraits du lit de la Durance et débités en copeaux de bois.

« Comme c’est une course contre la montre, puisque nous n’avons que deux mois pour tout faire, exceptionnellement les employés travaillent 48h par semaine, 3 000 rotations de camions sont nécessaires pour mener à terme cet enrochement qui doit être finalisé avant les éventuelles crues d’automne », conclut Bertrand Jacopin. Plus de 20 000 véhicules passent par ce carrefour de Bonpas entre l’A7, la RN7 et la départementale 900. Un secteur vital à sécuriser. Sans parler de la biodiversité, des oiseaux, des insectes, des chauves-souris, nombreux dans cette forêt alluviale. 26 000m2 vont être enherbés et 1 200 arbres plantés pour freiner l’érosion. Un chantier de 4M€ hors taxe financé à hauteur de 40% par le Grand Avignon, 40% par l’Etat et le Fonds Barnier et 20% par le Département de Vaucluse.

DR

L’Interview, Christine Gord, directrice Vaucluse de la Banque de France   

Pour la 7e année, Sainte-Catherine est bénéficiaire de l’événement sportif et caritatif « Ventoux contre cancer » qui aura lieu le samedi 31 août prochain. Patrice Sapey, directeur-général administratif de l’institut, a présenté les équipes Runner -marche et course- et cycliste de la structure composée de soignants, de salariés, de patients, d’accompagnants et d’amis. Tous lancent un appel aux dons pour pouvoir prendre le départ, car il ne manque que 2 710€ pour accéder à la ligne de départ, car l’événement est avant tout une collecte de fonds.

Copyright MMH


Le principe ?

Marcher, courir ou faire du vélo au départ de l’hippodrome de Sault jusqu’au sommet du Géant de Provence, le Mont Ventoux, soit 26 km d’ascension. Un défi sportif mais surtout humain et caritatif au profit de la lutte contre le cancer, à destination de structures médicales sélectionnées pour leur excellence à traiter le cancer, sur le territoire.

Près de 388 participants sont inscrits
avec 28 équipes et 15 individuels répartis en 194 marcheurs – 52 coureurs – 142 cyclistes. Les inscriptions sont closes depuis le 15 juillet 2024. Les participants seront accompagnés de 90 bénévoles pour aider les organisateurs ce 31 août.

L’institut Sainte-Catherine, un des bénéficiaires de cette course caritative,
sera présent avec ses deux 2 équipes en lice : Sainte-Catherine Runner –pour la course et la marche- avec 32 inscrits dont 22 salariés de Sainte-Catherine et Sainte-Catherine Cycliste avec 23 inscrits dont 8 salariés de Sainte-Catherine. Des patients, des proches de patients, les familles de salariés, des partenaires (entreprises industriels, associations…) feront également partie de l’aventure.

Le défi maintenant pour les 388 participants,
avant celui de l’ascension, est de collecter au minimum 275€ par adulte -100€ pour les jeunes de 14 à 18 ans- pour être sur la ligne de départ. La totalité des dons collectés par les participants auprès de leurs sponsors : amis, famille, entreprises, clubs de sport… seront reversés à 5 structures médicales bénéficiaires, dont fait partie l’Institut du cancer Sainte-Catherine.

Comment soutenir Sainte-Catherine lors de cet évènement ?
Pour permettre aux collègues de l’équipe « Sainte-Catherine Runner » d’être sur la ligne de départ, entreprises et particuliers sont appelés à faire un don en sélectionnant le profil de leur choix : Sainte Catherine Runner – Ventoux contre cancer 2024 | Alvarum. Les dons sont possibles jusqu’au 30 août 2024, veille du départ. Les dons les plus modestes sont les bienvenus ! 

M. Dourgin, le mari d’une salariée, sa femme, Sylvie Dourgin, Secrétaire médicale à Sainte-Catherine (équipe cycliste) est devant lui ; Marie Delannay, Infirmière de coordination à Sainte-Catherine (équipe cycliste) ; Clément Rucci, co-gérant de la société Elergie, partenaire de Sainte-Catherine ; Marc Alfonsi, Vice-Président de Sainte-Catherine et chef du programme Interception ; Dorothée Amoruso, patiente ; Jeroen Tutein Nolthenius, inscrit en individuel cycliste au profit de Sainte-Catherine ; Clémence Toullec, Oncologue médicale à Sainte-Catherine (équipe Runner) ; Jessica Toustou, Infirmière en pratique avancée à Sainte-Catherine (équipe cycliste) ; Béatrice De Beer, de l’organisation (Association Ventoux contre cancer) qui a pris la parole lors de la conférence (robe bleue) ; Hélène Adrian, Assistante médicale du Dr Clémence Toullec (le binôme va marcher ensemble comme en 2023) ; Mylène Grangeon, stagiaire de Clémence Mugica Casemajor, enseignante en Activité Physique Adaptée ; juste au-dessus de Mylène (chemise bleue ciel) : Eric Navarro, patient et membre de l’association Provence Stomie Contact ; Clémence Mugica Casemajor, enseignante en Activité Physique Adaptée à Sainte-Catherine ET Capitaine de l’équipe « Sainte-Catherine Cycliste » ; Laurent Roubaud, Approvisionneur achats ET Capitaine de l’équipe « Sainte-Catherine Runner » ; Evelyne Rouch, connaissance d’un salarié ; Maryline Perez, amie d’Evelyne Rouch. Copyright MMH

Grâce au soutien financier des particuliers et des entreprises,
les inscrits pourront se présenter sur la ligne de départ, permettant aux contributeurs financiers de participer à la lutte contre le cancer sur le territoire Avignon-Provence, avec, à la clef, une déduction fiscale envoyée dès le don effectué.

Les dons que vous voudrez bien faire sur l’un des inscrits
seront orientés vers le programme de prévention de Sainte Catherine : Interception qui consiste à développer de nouveaux modes de dépistage et de prévention adaptés pour les personnes à risque augmenté de cancer.
Plus d’informations sur Le programme – ICAP (icap84.org)

Les cinq bénéficiaires de Ventoux contre cancer
sont : Sainte-Catherine à Avignon, la Timone à Marseille, le CHU de Montpellier (Centre hospitalier universitaire), le Centre Léon Bérard de Lyon et le Centre hospitalier d’Aix-Pertuis.

Pour mémoire
Les Hollandais, à l’origine de ‘Ventoux contre Cancer’ en 2007, ont ouvert l’événement sportif et caritatif aux français en 2017. L’initiative a collecté plus de 570 000€ en 6 éditions : 2017, 2018, 2019, 2021, 2022 et 2023 à destination des personnes atteintes du cancer dans la région, dont plus de 240 000€ reversés à Sainte-Catherine pour des projets précis en recherche clinique et dans l’amélioration de la qualité de vie des patients.

Patrice Sapey Copyright MMH

Ils ont dit
Patrice Sapey, Directeur-général de sainte Catherine
« Nous avons besoin que les entreprises et les particuliers soutiennent nos équipes pour pouvoir prendre la ligne de départ, car, au total, 117 personnes marcheront, courront, feront du vélo pour Sainte-Catherine. Et ils sont de plus en plus nombreux chaque année. L’année dernière, grâce à vous tous, nous avions collecté 56 410€ dévolus à un projet de guérir le cancer du rectum sans mutilation. »

Laurent Roubaud et Clémence Mugica-Casemajor

Laurent Roubaud, approvisionneur au service achat et logistique de Sainte-Catherine, capitaine de l’équipe ‘Runner’
« En 2023 nous étions 37 inscrits dont 21 salariés de l’Institut Sainte-Catherine. Cette année nous sommes 32 inscrits dont 22 salariés. Je me dis que si chacun de vos lecteurs donne 10€ cela permettrait à tous de prendre le départ mais surtout de faire avancer la lutte contre le cancer et, donc faire reculer la maladie. Monter le Ventoux c’est bien mais c’est surtout à l’humain que l’on pense. Chaque donateur choisit sa structure bénéficiaire qui récoltera l’entièreté du don et reçevra immédiatement le reçu fiscal. »

Clémence Mugica-Casemajor, enseignante en activité physique adaptée à Sainte-Catherine, capitaine de l’équipe ‘cycliste’
« En 2023 nous étions 13 inscrits dont 4 salariés de sainte-Catherine. Cette année nous sommes 23 inscrits dont 8 salariés de l’établissement. Le Ventoux est un sacré défi, alors on s’est préparé en faisant du vélo ensemble et nous sommes arrivés en haut. Nous sommes prêts. Dans notre équipe ? Il y a des manipulateurs en radiothérapie, des assistantes, des médecins… »

Docteur Marc Alfonsi Copyright MMH

Docteur Marc Alfonsi, vice-président de Sainte-Catherine et responsable du programme Interception
« Il s’agit d’un programme de prévention personnalisé des cancers qui pourrait permettre de les détecter plusieurs années avant leur apparition. Ce programme concernerait 40% des cancers, il s’agit donc d’un enjeu global très intéressant. Celui-ci est lancé par une équipe très volontaire et enthousiaste. Celle-ci a accueilli des personnes non-malades lors d’une journée ‘Interception’ pour un bilan médical classique et pour une prise en charge quotidienne afin de sensibiliser ces personnes sur leur mode d’hygiène alimentaire et le développement d’activités physiques. Pour commencer, nous avons pris deux cibles particulières : le cancer du poumon à destination des gros fumeurs, à partir de 45 ans et le cancer du sein pour des personnes au risque génétique avéré. Pour autant, le projet ‘Interception’ concerne d’autres cancers comme les cancers ORL (Otorhinolaryngologie), des intestins, du pancréas… Ce programme d’études s’est développé à l’échelon régional et pourrait devenir national puisqu’il est destiné à s’étendre, sur plusieurs années, sur tout le territoire français. Nous nous orientons de plus en plus sur des pratiques de dépistage et de prévention innovantes, voire d’essais thérapeutiques dans un avenir un peu plus lointain. Objectif ? Eviter que le cancer n’apparaisse. Nous travaillons avec la MSA (Mutuelle sociale agricole) qui nous a déjà indiqués plusieurs personnes. »

Béatrice de Beer Copyright MMH

Béatrice De Beer, de l’association Ventoux contre cancer
« Je représente François de Sommières, le président de Ventoux contre cancer qui n’a pas pu être là et qui a été magnifiquement soigné à Sainte-Catherine. Les perspectives météo, prises auprès des vignerons, pour le jour de l’événement, sont excellentes car il ne fera ni trop chaud ni trop froid. L’année dernière nous avions rassemblé 163 000€. Nous espérons dépasser les 200 000€ cette année. Pour des raisons de sécurité la route sera fermée après la ferme des lavandes jusqu’au chalet Reynard de 8h à 14h. Cependant la route sera ouverte via Bédoin. Les cyclistes partiront en premier et les runner et marcheurs dans un second temps. J’ai intégré l’association parce que des personnes de mon entourage ont souffert du cancer. Je me suis aperçue qu’il y avait également un vrai impact financier pour les personnes touchées par la maladie car l’assurance maladie ne couvre pas tous les coûts. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. »

Dorothée Amoruso, Copyright MMH

Dorothée Amoruso, patiente
« Je suis inscrite dans l’équipe Runner. J’ai été atteinte d’un premier cancer du sein en 2018. J’ai été traitée et suivie ici. J’ai récidivé en 2022, toujours d’un cancer du sein. Je suis encore en chimio et en traitements divers. Je n’ai jamais été une grande sportive mais je faisais de la Zumba deux fois par semaine, même pendant les chimios pour voir du monde et parce que cela me faisait du bien de faire du sport. Je sentais que cela m’aidait à mieux supporter les traitements. Lors de la récidive je me suis dit qu’il fallait que je change encore des choses dans mon mode de vie donc je me suis mise au sport, vraiment. Je fais du Pilate, du vélo et plein de choses. La chimio m’a laissé des séquelles et je ne sens plus le bout de mes doigts. J’ai un gros problème d’ongles -qui tombent-. La sensibilité au bout des doigts et la repousse des ongles sont sensés revenir avec le temps… Les traitements se sont révélés violents pour mon corps. J’ai à un moment perdu 18 kilos et je me suis transformée en squelette ambulant. Même comme cela j’allais courir et faire de la Zumba. Dans mon entourage, des copines de danse ont été aussi touchées par la maladie. Le message que je veut faire passer ? C’est qu’on est belles et qu’on fait des trucs de fou. Le sport, même lors des traitement c’est possible. Je ne dis pas qu’on doit battre des records, mais chacun peut se mettre en mouvement, à son niveau. »

Eric Navarro, Copyright MMH

Eric Navarro, patient et membre de l’association Provence Stomie contact
‘Je suis atteint d’un cancer de l’intestin depuis 2018 mais il s’agit d’un vieux cancer qui a agi à bas bruit, sans que je ne puisse m’en rendre compte. J’ai subi de très nombreuses opérations. Depuis juillet 2024 j’en suis à ma troisième récidive et à ma 25e chimiothérapie. Je suis très sportif et la natation est ma passion. Je nage plusieurs heures par jour en mer Méditerranée. J’ai même eu la chance de nager dans les Caraïbes. Je serai samedi prochain au départ de Ventoux contre cancer, même si ce vendredi j’aurai fait ma 25e chimiothérapie. Cet événement sera une belle rencontre, pleine d’émotion avec un départ aménagé pour nous car la stomie est un handicap, même si l’on peut très bien s’y adapter. Cela dépend du corps de chacun. »

Les infos pratiques
Ventoux contre cancer. Samedi 31 août. 7e édition française. Course caritative pour l’ascension du Mont Ventoux. . Collecte des fonds jusqu’au 31 août 2024 sur www.ventouxcontrecancer.fr Départ depuis l’hippodrome de Sault. Pour des raisons de sécurité la route sera fermée, le jour même, après la ferme des lavandes jusqu’au chalet Reynard de 8h à 14h. Cependant la route sera ouverte via Bédoin. Les inscriptions sont terminées. contact@ventouxcontrecancer.org


L’Interview, Christine Gord, directrice Vaucluse de la Banque de France   

Insufflé par le promoteur immobilier, GM Promotion, un nouveau pole médical verra le jour à la fin de l’année sur la zone d’Agroparc, à Avignon. Ce nouvel espace pluridisciplinaire regroupera un cabinet dentaire, des kinésithérapeutes, des sage-femmes généralistes et potentiellement une future pharmacie. Un projet ambitieux et utile qui servira à tous les membres de la communauté avignonnaise et qui devrait dynamiser le territoire. 

Agroparc n’a pas fini d’être l’une des zones les plus dynamiques du bassin avignonnais. Le pôle technologique, qui compte de nombreuses entreprises et commerces, accueillera d’ici la fin de l’année 2024 une toute nouvelle maison médicale flambante neuve. C’est la société de promotion immobilière GM Promotion qui est à la manœuvre de ce projet dont le chantier a très récemment commencé à quelques pas du Golf de Chateaublanc. 

« Ce projet m’a été proposé par un collectif de médecins qui n’ont pas réussi à être financés auprès des banques.»

Rachid Ghzal, directeur général de GM Promotion

Si c’est bien l’entreprise vauclusienne qui a mis en œuvre les grandes étapes de ce futur pole médical, l’idée a été pensée par des professionnels vauclusiens de la santé comme l’explique Rachid Ghzal, président directeur général de GM Promotion. « Ce projet m’a été proposé par un collectif de médecins qui n’ont pas réussi à être financés auprès des banques. J’ai été immédiatement emballé par l’idée de rassembler des médecins à un seul et même endroit pour qu’ils puissent travailler ensemble et parvenir à l’objectif de centraliser les besoins et les différents secteurs de la santé afin d’offrir une vraie possibilité aux avignonnais. »

Maquette finale du futur pôle médical d’Agroparc.

Deux niveaux et plusieurs corps de métiers médicaux  

1000 mètres carrés divisés en trois niveaux, un cabinet dentaire de 300 mètre carré, un premier niveau entièrement dédié aux kinésithérapeutes qui installeront leurs cabinets et un second niveau qui sera investi par des médecins sage-femmes généralistes. La nouvelle maison médicale d’Agroparc offrira un espace complet qui permettra de répondre à plusieurs besoins de santé et le pole reste ouvert à d’autres arrivées « on envisage fortement d’installer une pharmacie ou un laboratoire, on en discute actuellement avec les futurs acquéreurs. On est ouvert à l’arrivée de nouveaux médecins sur les lots restants et l’idée serait même de calquer ce projet pour le réaliser ailleurs. C’est bien de le faire sur Agroparc en premier lieu car c’est un bassin d’emploi très dynamique et il semblait primordial de centraliser les médecins à un même endroit pour faciliter la vie de tous » explicite Rachid Ghzal. 

« C’est bien de le faire sur Agroparc en premier lieu car c’est un bassin d’emploi très dynamique.»

Rachid Ghzal, directeur général de GM Promotion

Les travaux sont d’ores et déjà lancés sur le terrain et la livraison du chantier devrait aboutir à la fin de l’année 2024. Un aboutissement voire un soulagement pour Rachid Gzal et son entreprise qui ont du passé plusieurs étapes administratives avant de lancer les premiers coups de pelles. « Ca été un an de travail acharné. On a commencé par faire un bilan prévisionnel pour avoir une meilleure visibilité et évaluer si le projet était rentable pour toutes les parties. Ce qui nous a quand même beaucoup facilité le travail c’est que le terrain avait déjà été trouvé par les médecins qui m’ont soumis le projet et qui ont acheté le terrain via un compromis donc on a trouvé un arrangement pour récupérer le permis. Ensuite on a signé directement avec Citadis qui nous a vendu le foncier et les démarches administratives ont suivi. On a récupéré officiellement le terrain pour lancer le chantier au mois de mai avec les premières fondations », détaille le DG de GM Promotion. 

Un projet pensé pour la communauté

GM Promotion, connue pour son expertise et son engagement envers des projets immobiliers d’envergure et utiles, met tout en œuvre pour créer un environnement de travail optimal pour les professionnels de santé et un cadre accueillant pour les patients. « Nous souhaitons créer un endroit qui bénéficie à la communauté locale, en offrant un espace multidisciplinaire où les patients peuvent recevoir des soins complets et coordonnés », ajoute Rachid Ghzal.

Face à la problématique des déserts médicaux rencontrée sur tout le territoire national, ce projet apparait comme novateur que ce soit pour les patients mais également pour les médecins qui vont véritablement pouvoir coordonner leur travail commun. « On crée un vrai dynamisme entre ces professionnels de la santé, un médecin généraliste qui reçoit un patient et qui va détecter une douleur ciblée au dos par exemple pourra envoyer ce patient chez son collègue kiné qui se trouve dans le même bâtiment, c’est donc une vraie synergie de travail et également une synergie économique circulaire », ajoute Rachid Ghzal. 

« Etant moi-même de la fédération du bâtiment, pour moi le plus important c’était de faire travailler des entreprises locales.»

Rachid Ghzal, directeur général de GM Promotion

Très attaché à l’idée de réaliser cette nouvelle maison médicale pour la communauté et par la communauté, Rachid Ghzal a fait appel via sa structure professionnelle à plusieurs entreprises locales qui apportent leur pierre à l’édifice sur ce projet territorial. Un choix fort et assumé pour le directeur général de GM Promotion qui tenait absolument à faire participer des acteurs du bassin avignonnais. « Etant moi-même de la fédération du bâtiment, pour moi le plus important c’était de faire travailler des entreprises locales. Donc on a une entreprise qui s’appelle MK Etanchéité qui est basé à Morières-lès-Avignon qui s’occupe des toitures et de l’étanchéité sur le chantier, on a fait appel aussi à Serti qui est sur Sorgues pour l’installation électrique et Zeyni facades domicilié à Mondragon. C’est un véritable projet collectif pour et par la communauté avignonnaise qui sera bénéfique à tout le territoire » conclut Rachid Ghzal.   


L’Interview, Christine Gord, directrice Vaucluse de la Banque de France   

Raphaël Arnault (La France Insoumise) a emporté le 7 juillet 2024 la première circonscription de Vaucluse (Avignon, Le Pontet et Morières-lès-Avignon) avec 54,98% des voix exprimées contre 45,02% pour sa rivale Catherine Jaouen (Rassemblement National).

Avec 60,44% des voix exprimées, c’est sur Avignon que le candidat Mélenchoniste a réellement bâti sa victoire. Voici, avec ces cartes interactives, le score des deux candidats dans tous les bureaux de vote de la cité des papes.





DP


L’Interview, Christine Gord, directrice Vaucluse de la Banque de France   

Inaugurée en juillet 2024, à la veille d’une élection importante pour notre pays, l’exposition Miss Tic ‘À la vie, à l’amor’ au Palais des Papes rassemble pour la première fois les œuvres d’une femme hors du commun qui nous interpelle au-delà des murailles pour nous insuffler sa rage, ses désirs et son humour.

Nous avons eu l’immense privilège d’être accompagnés pour la visite de presse par la curatrice de l’exposition Camille Lévy Serfati, l’assistant de Miss Tic Maxime Gurriet, ainsi que Charlotte et Antoine Novat, ses ayants droits qui ont pu nous régaler d’anecdotes, de commentaires, de précisions techniques, de souvenirs… Mais pas d’inquiétude : l’exposition se suffit à elle-même, les panneaux sont très explicites, tout est prévu jusqu’au 5 janvier pour rendre cet événement accessible à tous avec visites guidées et pédagogiques, ateliers et même espace participatif. Comme l’exposition précédente de l’été 2023 d’Eva Jospin, elle se déploie dans tout le Palais, est comprise dans le prix d’entrée de la visite, n’est pas circonscrite à La Grande Chapelle comme l’exposition Salgado (2022). C’est utile de le rappeler, car la visite du Palais requiert une bonne forme physique et nécessite de prendre son temps pour lire les centaines d’aphorismes accrochés dans les différents espaces. Un mot d’ordre : prendre son temps, déambuler, rire et s’extasier devant tant de talent, d’humour et d’à-propos, les écrits faisant souvent écho à notre actualité. Malgré les murs imposants du Palais, on retrouve paradoxalement le faste populaire de la rue chère à Miss Tic. 

De l’anonymat à la reconnaissance dans l’espace public

De son vrai nom Radhia Aounallah, épouse Novat, Miss.Tic naît en 1956 à Paris. À l’âge de 10 ans, elle survit à un accident de voiture qui coûtera la vie à sa mère, son frère et sa grand-mère et la marquera à vie d’un handicap de la main droite. « Le voyage est familial, la route nationale, l’accident fatal… Fin des vacances… Disparition définitive de ceux que j’aime. Je n’ai plus rien à perdre, à part moi… Le corps modifié, je traîne ce qui reste de mon enfance avec agacement », Extraits d’un Texte autobiographique écrit par Miss.Tic. Dans les années 80, elle part pour les États-Unis, intègre le milieu punk. De retour à Paris, elle pose son premier pochoir en 1985 et emprunte son pseudonyme au personnage de la sorcière dans les aventures de Picsou qu’elle lisait enfant. 

La revanche posthume d’une pionnière 

Pour cette artiste qui a toujours transgressé l’ordre établi, quelle reconnaissance que d’être exposée au Palais des Papes, symbole de la puissance politique et religieuse au XIVᵉ siècle, devenu depuis le lieu emblématique des grandes expositions d’Art contemporain. 

Femme issue de milieu populaire, fille d’un travailleur immigré tunisien, poétesse, papesse de l’Art urbain, pionnière du street-art, artiste au 1001 pochoirs (pochoiriste)  les qualificatifs ne manquent pas pour cette femme hors du commun que l’on pensait ne pas connaître, mais qui a pourtant accompagné son époque en laissant son empreinte dans la rue, les galeries ou les expositions. Miss Tic coche toutes les cases de l’artiste qui n’a fait aucun compromis au cours de sa courte vie (décédée à 66 ans) si ce n’est en 1999 : celui de décider de demander désormais l’autorisation pour apposer ses pochoirs, lassée d’être toujours arrêtée et condamnée. Autorisation d’apposer certes, mais libre des contenus ! Et quels contenus ! Dessins, affiches et slogans explicites appelés aphorismes ont le mérite de faire mouche, d’être compris par tous et de nous faire rire. 

Vagabondage et expérimentation dans les rues de Paris

Dans les jardins Benoit XII, Pascal Rodrigues, scénographe de l’exposition, a traduit l’univers brut de Miss tic sans artifice : premiers pochoirs dont le premier de 1985 dans le 14ᵉ arrondissement, palissades, poubelle, boîtier électrique, boîte aux lettres comme éléments du décor. Miss Tic avait eu une expérience théâtrale et avait à cœur de toujours travailler la mise en scène de ses œuvres dans la rue. Rien n’était spontané. Tout était pensé pour pouvoir susciter l’étonnement au détour d’une rue, d’une impasse. C’était pour elle une manière de sublimer l’ordinaire et le banal.

Une femme de caractère désormais inscrite dans l’histoire de la typographie

Dans les années 80, sa production littéraire devient importante, la place de l’intime est centrale et petit à petit, elle va préférer les formes brèves, la forme de l’aphorisme, les détournements de slogan publicitaire pour faire passer des messages, provoquer et bousculer avec humour. Elle cherche sa typographie et va devenir créatrice de caractère, avec une nouvelle typographie, reconnaissable entre toutes. Cette idée formidable de créer une signature inscrite résolument Miss Tic dans le monde masculin de la typographie. 

À partir de 2000, elle ne travaille que sur autorisation

En 1999, suite à une condamnation pour « détérioration d’un bien par inscription » elle décide de sortir de l’illégalité et de toujours demander l’autorisation avant d’apposer ses pochoirs. C’est le début d’un travail où l’humour, l’érotisme, le désir et l’amour sont présents dans chaque parcelle de son œuvre qui est dévoilée de la salle du Grand Tinel à la Grande Chapelle. On découvre ainsi la première série créée sur autorisation « Muses et hommes » qui détourne des tableaux de l’histoire de la peinture classique qui avait tendance à représenter les femmes, les muses comme des objets du regard masculin, comme des corps passifs. Miss Tic leur redonne la parole en rajoutant des aphorismes, exemple pour La Joconde « pour sourire, il faut avoir beaucoup pleuré. »

Une femme engagée et subversive

Elle ne se disait pas militante, mais elle a inscrit son travail dans le champ de la poésie civique :  on découvre avec jubilation dans la Grande Chapelle ses slogans savoureux produits à chaque campagne présidentielle jusqu’en 2007. « On n’est ni de droite, ni de gauche, on est dans la merde », « soyons des gueux » ou « le pouvoir ne protège pas, il se protège. »

Une femme qui revendique une sexualité libre

Le désir est son moteur, une rage de vivre que l’on retrouve partout. Elle revendique de pouvoir mettre sur la place publique le corps des femmes, le désir et le plaisir. Elle se réapproprie – au risque de choquer aujourd’hui, mais il faut recontextualiser — la représentation des corps des femmes pour affirmer la « force politique du corps des femmes. » Pour elle, le corps de ces/ses femmes fatales (détournées, calquées de magazine ou de publicités accompagnées toujours d’un aphorisme poétique) a un potentiel subversif très important. « Je revendique la charge érotique de mon travail. »

Son atelier, une immersion dans son travail avant la rue 

Miss Tic passait beaucoup de temps dans son atelier ici reconstitué avec sa radio, ses étagères, ses bombes. « Écriture, recherche iconographique dans des BD, des livres, des affiches. Mais aussi expérimentation et recherche plastique entre tôle, soie, bois.  Elle calquait, transformait, scannait ses calques, vectorisait les dessins à l’aide d’un logiciel, les mettait ensuite à l’échelle, puis les imprimait à l’échelle voulue pour les coller ensuite sur du papier cartonné, les redécouper au cutter. Il y avait tout un processus de mise en jeu du corps », précise son assistant Maxime Gurriet. On pourra admirer plus de 90 matrices de ses pochoirs suspendus dans la Grande Chapelle. 

Son hommage aux femmes de lettres

En 2011, elle crée une série pour rendre hommage aux femmes de lettres qui ont en commun d’être irrévérencieuses, subversives… comme elle. L’idée de cette installation que l’on découvre dans le Grand Tinel est de « replacer Miss Tic comme poétesse, femme de lettres au côté de celles qu’elle célèbre. » Elle a pour cela bombé leurs portraits sur des pages bien précises de leurs ouvrages. On s’amusera ainsi à deviner grâce à des indices littéraires, Virginie Despentes, Patti Smith, Marguerite Duras… 

En fin de visite, l’histoire intime croise la Grande Histoire

Où l’on comprend que Miss Tic se livrait intimement, mais qu’elle était « une véritable philosophe de la rencontre ». On découvre ainsi tout un cabinet de curiosité exposé sur une longue table de travail : pêle-mêle des archives intimes, des lettres, esquisses, la liste – établie par Miss Tic — de ses amours, des collages, photos. Affichée sur fond rouge, son histoire intime rencontre la grande Histoire. C’est ainsi qu’elle se marie en 1998 quand le préfet de Corse Claude Erignac est assassiné, qu’elle passe en correctionnelle en 1999 quand l’Otan déclare la guerre à la Serbie, qu’elle est filmée par Agnès Varda en 2003 pour le tournage de Murs Murs quand la navette spatiale Columbia explose… Une salle passionnante, entièrement consacrée à l’amour, l’amitié et à quatre décennies de combat poétique aux prises avec l’actualité. 

Les visiteurs auront le dernier mot

Après avoir entendu la lettre finale écrite par Miss Tic et lue par Augustin Traquenard sur France Inter pendant le premier confinement, la Chambre des Notaires va permettre à chaque visiteur entre 14h et 17h d’exprimer sa rage ou ses désirs sur des palissades vierges, avec une typographie libre de droits créée spécialement. 

Une œuvre collaborative éphémère que n’aurait pas reniée Miss Tic, elle qui a toujours désiré la libre expression intime et publique et sa transmission.  

Jusqu’au 5 janvier 2025. Miss Tic. À la vie à l’Amor. Du 01/03 au 03/11 : 9h – 19h. Du 04/11 au 20/12 : 10h – 17h. Du 21/12 au 31/12 : 10h – 18h. 5 à 17€. Palais des papes. Avignon. 04 32 74 32 74.


L’Interview, Christine Gord, directrice Vaucluse de la Banque de France   

Mère, maire, grand-mère et catalane. Voilà en quatre mots Marie-Josée Roig, celle à laquelle tout le monde a rendu hommage ce mercredi 14 août à l’Église Saint-Agricol, trop petite pour accueillir la population qui, pour partie, est restée sur le parvis pendant la messe qui a duré plus d’une heure.

En plus des Avignonnais anonymes, le tout Vaucluse de la politique était là : Cécile Helle qui lui a succédé à la mairie en 2014, le préfet de Vaucluse Thierry Suquet, Alain Bompard, ancien président des Verts de l’AS St-Etienne et adjoint aux sports, Jean-Claude Andrieu, ancien maire de Carpentras, Anthony Zilio, 1ᵉʳ magistrat de Bollène, Joël Guin, président du Grand Avignon, Jean-Baptiste Blanc, sénateur, Jean-Marc Roubaud, ancien député-maire de Villeneuve-lez-Avignon. La liste est longue de ceux qui ont tenu à lui rendre hommage : Albert Mansour, Jean-Christophe Ozil, Pascale Bories, Christiane Gontard et son mari Michel Gontard, René Dubuy, Jean-Louis Cros, Christophe Bertrand, Valérie Wagner, Anne-Marie Jouffroy-Bologna, Gérard Facq, Christian Etienne, Vincent Leleu, François Leleu, Didier Auzet, Jean-Louis Cros, Romain Lautier, Jacques Montaignac qui l’ont tous côtoyée comme élus ou collaborateurs lors de ses trois mandats municipaux. Elle qui a aussi été conseillère régionale, puis députée, ensuite présidente de la COGA devenue Grand Avignon et enfin ministre à deux reprises, sous la présidence de son ami Jacques Chirac, en 2004, de ‘La Famille et de l’Enfance’ et en 2005 comme ‘Déléguée à l’Intérieur’ dans le gouvernement Raffarin.

En l’absence de l’archevêque d’Avignon, François Fonlupt, c’est le vicaire général du diocèse, Charles-Bernard Savoldelli qui a célébré l’office. L’amie de Marie-Josée Roig, Véronique Boissy a été la première à lui rendre hommage. « C’était une femme exceptionnelle qui a marqué de son empreinte indélébile notre ville et notre pays. Ce n’était pas qu’une femme publique, c’était une maman et la grand-mère de Jules. Avec elle, Avignon a progressé et prospéré. Elle était fidèle à ses racines, elle la catalane, avec une ténacité à toute épreuve, un tempérament bien affirmé qui l’ont amenée jusqu’à la victoire dans toutes ses campagnes électorales. Mais elle a perdu son dernier combat, celui contre la maladie, elle qui avait une immense chaleur humaine, une présence lumineuse, qui savait si bien écouter et réconforter avec empathie. Elle nous a quittés le 7 août et elle laisse déjà un vide immense. Mais là-haut, parmi les étoiles, elle veille sur ses enfants, sa famille et nous tous, les Avignonnais. Tu nous manques déjà, Marie », a-t-elle conclu avec émotion.

© Andrée Brunetti

Natacha Nicolas qui avait été à la tête de la Commission Culture quand Avignon avait été désignée « Capitale Européenne de la Culture » en 2000, a insisté sur ses derniers souhaits, quand Marie-Josée Roig était à l’hôpital d’Avignon : « Que les soignants, les infirmières aident les plus fragiles, les plus démunis, ceux qui sont en longue maladie ou en fin de vie. Qu’ils soient tous respectés et surtout protégés jusqu’à leur dernier souffle, quoiqu’il en coûte. »

Natacha Nicolas

Son fils, Jean-Christophe Roig, est resté silencieux, mais sa fille, Geneviève, avocate, a pris la parole : « Ce petit bout de femme d’un mètre soixante était la fille unique d’émigrés espagnol et catalan, une maman institutrice qui lui a donné l’amour des livres, des arts et de la culture, et un papa ouvrier. Rien ne la prédestinait à une carrière politique. Elle s’est engagée aux côtés de son ami et mentor, le président Jacques Chirac. Mais ne vous y trompez pas, de tous ses mandats, celui qu’elle a gardé dans son cœur, c’est celui de maire d’Avignon. Elle aimait quand on l’arrêtait dans les rues d’Avignon pour la remercier, c’était son plus grand bonheur. Merci à vous tous d’être là, ce matin, vous la regrettez, comme nous, ses enfants, sa famille. Elle avait une intelligence exceptionnelle, une indiscutable humanité, une force de caractère, mais aussi de l’humour et un sens de la répartie unique. Maman, tu es et resteras inoubliable », a-t-elle lancé avant que l’organiste de la Métropole des Doms n’exécute la pièce ‘Méditation’ sur le 1ᵉʳ Prélude de Bach, enchaîné avec l’Ave Maria de Gounod. Et le vicaire général a conclu « que Marie-Josée Roig goûte enfin les joies de la résurrection », avant que, à la façon des Catalans pour les obsèques de leurs êtres chers, l’assistance n’applaudisse longuement la mémoire de celle qui a été leur maire de 1995 à 2014 et que le cercueil ceint du drapeau tricolore ne quitte l´église pour rejoindre le funérarium d’Avignon.

Geneviève et Jean-Christophe, enfants de Marie-Josée Roig

Seule ombre au tableau : alors qu’Avignon a été proclamée « Capitale Européenne de la Culture » en 2000 et que le monde entier connaît Jean Vilar, Gérard Philipe ou Maria Casares grâce à la Cour d’Honneur du Palais des Papes, à l’exception d’Alain Timar, le directeur du Théâtre des Halles, aucune personnalité du Festival, de l’Opéra, des scènes avignonnaises et autre collection n’est venue accompagner l’ancienne édile avant son dernier voyage. Avec les tombereaux de subventions qu’elle avait fait voter en leur faveur pendant près de 20 ans, quelle ingratitude. À moins que ce ne soit de l’amnésie.

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