17 septembre 2026 |

Ecrit par le 17 septembre 2026

Vue aérienne : Quand le Vaucluse devient flou

Si le droit à l’image existe dans certains cas pour les individus, on ne peut pas faire n’importe quoi non plus en matière de vue aérienne et d’image satellite. En effet, en France il existe des Zicad (Zones interdites à la captation aérienne des données). Elles figurent dans une liste fixant les lieux des zones interdites aux prises de vue aérienne. Sur les 561 que compte notre pays plusieurs se situent en Vaucluse.

Les utilisateurs de Google Earth, Google maps, Mappy mais aussi ceux de Géoportail, le site de cartographie l’IGN, ou tout simplement les amateurs de vues aériennes y sont habitués : des zones floutées où l’on ne peut pas voir le détail de ce qui s’y trouve. En France, ces sites sont définis par un arrêté du 17 novembre 2025 fixant la liste des zones interdites à la captation et au traitement des données recueillies depuis un aéronef.

La sécurité avant tout
Ce texte, rédigé en 2017 et amendé 8 fois depuis, dresse la liste des Zones interdites à la captation aérienne des données (Zicad) recensées en France et en Outre-Mer. Ainsi, au total, on dénombre 561 Zicad (pour une superficie de l’ordre de 50km2) sur l’ensemble du territoire national.

Sur Google, le centre pénitentiaire du Pontet a été flouté à la demande du ministère de la Justice. Crédit : Google maps

Ces sites sont principalement floutés pour des raisons sécuritaires. Des secteurs sensibles comme les bases militaires (211 sites), les prisons (234) ou bien encore les centrales nucléaires (36). Selon nos confrères des Echos, des bâtiments officiels (36), des sites industriels (29), des data center (4) et même les imprimeries de la Banque de France complètent cette liste d’images floutées ou largement dégradées.
Si l’atoll de Mururoa et le site spatial de Kourou en Guyane constituent les deux Zicad françaises les plus étendues, c’est la base aérienne d’Istres qui dispose du site ‘flouté’ le plus grand de Métropole.

3 sites liés à la défense, 2 à la Justice
En Vaucluse, on dénombre 5 sites concernées par cette réglementation. Trois le sont à la demande du ministère de la Défense : la base aérienne 115 d’Orange-Caritat, les cantonnements du 2e Régiment étranger du génie à Saint-Cristol ainsi que le site industriel d’explosifs et d’additifs carburants d’Eurenco à Sorgues.
Côté ministère de la Justice, le centre pénitentiaire du Pontet mais aussi le chantier de la future prison d’Entraigues-sur-la-Sorgue dont la construction devrait s’achever d’ici la fin de l’année complète ce Vaucluse pixelisé.

Sur Mappy, plutôt que le floutage comme sur Google, on a choisi l’option de la pixélisation pour ‘dégrader’ l’image de la BA 115 à Orange. Crédit : Mappy

Ne pas oublier le nucléaire
A cela, s’ajoute le site nucléaire de Tricastin recensé par l’Etat dans les sites Drômois mais dont une partie se situe en Vaucluse et plus particulièrement sur la commune de Bollène. Le plus grand site industriel nucléaire d’Europe y est référencé par le ministère chargé de l’Energie. Ce dernier a aussi demandé le floutage d’autres installations nucléaires limitrophes au Vaucluse : Marcoule sur la commune de Chusclan, en face de Piolenc, et le centre du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) à Cadarache, à quelques encablures de Mirabeau dans le Luberon.


Vue aérienne : Quand le Vaucluse devient flou

Arrivé il y a presque 2 ans le 12 septembre 2024, Hugues Fouquet quitte la base le coeur lourd. C’est le second départ de l’été après celui du Général de Brigade Aérienne Jean-Luc Daroux, mi-juillet.

Le Colonel Fouquet, pilote de chasse formé à l’École de l’Air et de l’Espace de Salon-de-Provence, était déjà passé par Orange entre 2010 et 2014 avant d’y revenir comme commandant. En quelques mois, il avait participé aux travaux pharaoniques de rénovation des infrastructures de la base aérienne entamés par son prédécesseur, le Colonel Guillaume Deschamps, à la fin du Mirage 2000 et à l’arrivée du Rafale. 174M€ pour le chantier du Raf 5, nouvelle version du fleuron de l’Armée de l’Air, piste allongée de décollage-atterrissage, mess des officiers flambant-neuf, simulateur de vol, nouvelle zone d’alerte avec avion prêt à décoller pour exercer sa mission de police du ciel 24h/24, local de maintenance des réacteurs, construction en cours d’une nouvelle tour de contrôle avec équipements de radars, liaisons, systèmes de contrôle aérien high-tech. Mais la BA 115, ce ne sont pas que les Rafale, c’est aussi l’Escadre Alpilles d’hélicoptères Fennec et le commando de parachutistes de l’air.

Toujours soucieux de bonnes relations avec les élus, les entrepreneurs, les riverains de la BA 115, Hugues Fouquet expliquait régulièrement le travail et les missions de la base. Il avait également organisé fin juin 2025 deux défilés aériens avec notamment la Patrouille de France qui avaient été une vraie fête populaire et gratuite de l’aviation et qui avait attiré près de 50 000 spectateurs.

La passation de témoin

Mercredi en fin d’après-midi, lors de la passation de témoin avec le colonel Soidet en présence du Chef d’État-major de l’Armée de l’Air et de l’Espace le général Jérôme Bellanger, les honneurs au drapeau, une revue des troupes a tenu place pour remettre des décorations à des militaires qui se sont distingués dans leur carrière. La médaille d’Officier de la Légion d’Honneur pour les Généraux de Brigade Julien Fourneret, Olivier Kaladjian et François Tricot, qui ont participé à des Opex (opérations extérieures) au Tchad, Mali, Arabie Saoudite, Ouganda, Afghanistan, Jordanie ou Tadjikistan. Médaille militaire décernée également à l’adjudant-chef Omar Bamba, sans oublier la Médaille de l’Aéronautique au Lieutenant-Colonel Julien, ancien leader de la Patrouille de France en 2024 qui a notamment participé à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques et paralympiques à Paris en 2024 aux commandes d’un Alphajet.

En fin de cérémonie, le Colonel Fourquet a remis le commandement de la 65e Escadre d’Hélicoptères à la lieutenant-colonel Chloé Rouger. Avec sa femme — pilote de chasse — et ses quatre enfants, le général quitte à contre-coeur la Provence pour rallier à Paris le prestigieux CHEM (Centre des hautes études militaires). Bon vent, général !


Vue aérienne : Quand le Vaucluse devient flou

Toute une vie au service de la Nation. C’est celle de ce toulousain, fils de militaire, entré dans l’Armée de l’Air en 1992 qui, comme pilote de chasse a tenu le manche de Mirage 2 000, F 16 et Rafale pendant 3 500 heures de vol.

Ce jeudi 16 juillet, à la fraîche (relative) à 19h, le Général de Brigade Aérienne Jean-Luc Daroux était au coeur d’une cérémonie sur le tarmac brûlant de la BA 115 d’Orange-Caritat, en présence notamment du Général**** de Corps Aérien Dominique Tardif et du Colonel Hugues Fouquet, Commandant du site. Avant de lui rendre hommage, plusieurs militaires ont été promus Chevaliers dans l’Ordre de la Légion d’Honneur et l’Ordre National du Mérite. Pour des raisons de sécurité on n’a cité que leur prénom, Lionel, David, Raphaël, et parlé de leur participation à des Opex, missions hors-frontières, en Afghanistan, au Tchad, en Jordanie, au Tadjikistan, au Niger, au Mali ou en Lituanie. On évoque le nombre de sauts comme parachutiste (534 pour l’un d’eux, 130 pour l’autre) au sein des Forces Spéciales Air.

« Vous avez la reconnaissance de la Nation, vous avez été à la hauteur », a dit le Général Tardif lors de son discours à l’ombre d’un des hangars de la BA 115 et à l’attention des récipiendaires décorés. « Vous êtes venus en famille, avec vos femmes, enfants, parents. Un aviateur n’est pas seul, il a besoin du soutien de tous, de sa hiérarchie comme de ses proches, lui qui se bat pour la France. » Le n°2 de l’Armée de l’Air française l’a confirmé : « Nous avons changé d’époque, d’ère. En Irak, en Afghanistan, c’était contre le terrorisme. En Ukraine, au Moyen-Orient c’est un monde de compétition, de conflits à haute intensité, une grande bascule s’est opérée, nous devons nous adapter à de nouvelles formes de combats ». Dans une interview récente, il avait d’ailleurs annoncé : « Nous allons prochainement déployer des drones tueurs de drones. »

S’adressant alors personnellement au Général de Brigade Aérienne Daroux, également Délégué Militaire Départemental de Vaucluse, il a insisté sur son courage, son audace, sa ténacité. « Cher Jean-Luc, depuis l’École de Guerre et l’École de l’Air, vous êtes plus guerrier que militaire, vous êtes pétri de talent. Vous conjuguez humilité et excellence. À la tête de la BFSA (Brigade des Forces Spéciales Air), vous personnifiez le triptyque ‘Protéger – Combattre – Sauver’. Vous êtes un modèle d’engagement, de loyauté, de dynamisme, une boussole pour les jeunes générations. Que les ailes vous portent », a-t-il conclu, sous les applaudissements nourris de l’auditoire, militaires, civils, élus dont le maire d’Orange Jean-Dominique Artaud et la députée Marie-France Lorho.

Ému, le Général Daroux, qui lors de la cérémonie du 8 mai 45 au pied du Palais des Papes à Avignon avait été promu Commandeur dans l’Ordre National du Mérite en présence de sa maman et de son épouse, a alors pris la parole brièvement. « Au bout de 34 ans de missions, je vais m’éloigner du service actif, mais je suis confiant. » Il va repartir à la mi-août sur ses terres à Toulouse. « Et la Garonne est là, juste devant ma maison. » Autre départ regretté cet été, celui du patron de la BA 115, le Colonel Hugues Fouquet, arrivé le 12 septembre 2024. Il a géré avec succès la montée en puissance de l’Escadron de l’avion de chasse Rafale, l’activité des hélicoptères Fennec et le développement du commando parachutiste de l’air.


Vue aérienne : Quand le Vaucluse devient flou

« Ce mercredi 21 janvier, vers 19h, un hélicoptère AS555 Fennec de l’escadron 1/65 ‘Alpilles’ de la base aérienne 115 d’Orange-Caritat a été victime d’une perte de contrôle lors d’une mission d’entrainement », explique le Ministère des Armées dans un communiqué.
Dans ces circonstances les pilotes de l’appareil ont réalisé ‘un posé d’urgence’ au niveau d’une zone non habitée à proximité de l’aérodrome d’Uzès. Une manœuvre particulièrement délicate en raison de la nuit.

Une mission de recherche et de sauvetage a aussitôt été lancée pour localiser l’appareil et récupérer ses occupants. « Les trois membres composant l’équipage sont indemnes. La situation est sous contrôle », indique le ministère qui n’a pas précisé dans quel état se trouvait l’appareil.
Dans la foulée, le BEA-É (Bureau enquêtes accidents pour la sécurité de l’aéronautique d’État) a ouvert une enquête pour établir les circonstances et les causes de cet incident. Dans le même temps, une enquête de commandement ainsi qu’une judiciaire ont été aussi ouvertes.

L’escadron a célébré ses 50 ans en 2025
Créé à Boufarik en Algérie en 1955, l’escadron d’hélicoptères Alpilles a été rapatrié en France en 1964. Sa naissance officielle remonte à 1975 quand il a été installé à Istres avant de rejoindre la base aérienne 115 d’Orange-Caritat en 2011. L’escadron assure, grâce à ses hélicoptères Fennec, des missions de police de l’air, d’assistance sauvetage de jour comme de nuit ainsi que d’entraînement. Il est notamment intervenu pour la protection aérienne de la coupe du monde de rugby en 2023, des jeux olympiques et paralympiques Paris 2024 ou bien encore du sommet l’Otan à Copenhague l’an dernier.
L’escadron, qui monte en puissance dans sa lutte contre les drones, sera doté d’ici quelques années du futur H160 Guépard d’Airbus-helicopters. D’ici là, il opère toujours avec ses hélicoptère bimoteur léger Fennec que l’armée de l’Air & de l’Espace possède depuis les années 1990.

Le dernier incident sur Fennec remonte à 2023
Selon notre confrère Laurent Lagneau du site opex360.com « le dernier incident ayant impliqué un Fennec remontait au 25 août 2023, en Guyane, lors d’une patrouille serrée de deux appareils de ce type. Selon le rapport d’enquête du BEA-É, ‘l’événement’ avait été causé par une ‘perte de portance en courte finale d’un hélicoptère Fennec, au cours d’une présentation en patrouille serrée, ayant provoqué un atterrissage dur de l’équipier’. »

Par ailleurs, en Vaucluse c’est en novembre dernier qu’un hélicoptère militaire allemand s’était crashé dans un champs désert à proximité de la commune de Viens. L’appareil de combat, un modèle Tigre qui participait à un exercice mené avec la base école du 2e Régiment d’hélicoptère de combat (RHC) du Luc dans le Var, avait percuté une ligne à très haute tension avant de se poser en catastrophe. Les deux pilotes s’en étaient sortis indemne.

L.G.


Vue aérienne : Quand le Vaucluse devient flou

La Base aérienne d’Orange est à l’honneur. Après le succès de ses journées portes-ouvertes les 28 et 29 juin derniers, se sont les militaires de la BA 115 qui vont maintenant défiler sur les Champ- Elysées lors des cérémonies du 14 juillet.
Au total, ils seront 77 aviateurs à fouler les pavés parisiens à l’occasion de la fête nationale en présence du Président de la République notamment.
Pour préparer cet événement, les militaires vauclusiens se sont entrainés 2 fois par semaine pendant 2 mois afin de se synchroniser au plus près de leurs frères d’armes. Tous devant être impeccablement aligné : tenue, port de tête, cadence de leurs pas… Quatre soldats supplémentaires ont participé aux répétions afin d’être en mesure de remplacer d’éventuelles absences imprévues jusqu’au dernier moment.

Crédit : S.Bettewy-Armée de l’air et de l’espace

Avant cela, se sont membre de l’Escadrille air jeunesse (EAJ) de la BA115 qui viennent d’avoir l’honneur de participer à la cérémonie du ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe, en hommage au Soldat Inconnu (voir photo ci-dessus).
« Un moment fort en émotions et riche de sens pour ces jeunes passionnés d’aéronautique, actuellement à Paris pour l’animation finale du 14 Juillet », explique la BA 115.

L.G.


Vue aérienne : Quand le Vaucluse devient flou

Un monde fou attendu en deux jours, plus de 50 000 fans d’acrobaties et de prouesses d’as de l’aviation pour ces portes ouvertes sur la BA 115 d’Orange-Caritat les samedi 28 et dimanche 29 juin.

« Une soixantaine d’aéronefs sont attendus, dont 40 en vol, précise le Colonel Hugues Fouquet, pilote de chasse et patron de la base. Il y aura une exposition statique au sol avec des avions de légende et une série de démonstrations de voltige dans le ciel avec des avions mythiques et des hélicoptères qui ont fait la légende des armées de l’air. »

Vedette incontestée, évidemment la Patrouille de France et ses 8 Alfajet tricolores qui enchaînent, à plus de 1000km/h des figures à couper le souffle avec dans leur sillage, un panache bleu-blanc-rouge. Mais aussi les « Rafale », le fleuron de l’Armée de l’Air, vendu dans le monde entier. Cet avion de combat polyvalent est équipé d’obus, de missiles et de bombes guidées par laser. Il est capable de missions de détection, de défense et de tir à Mach 1,8 et de frapper des cibles à plus de 8 000km.

Les spectateurs verront des Morane-Saulieu bleus, la patrouille Mustang X-Ray, des Douglas DC-3, des Bronco US, utilisés lors de la Guerre du Vietnam. Aux dires du colonel Fouquet, « il ne faut pas rater une  prestation particulièrement rare et inédite, celle des pilotes de la Patrouille Royale de Jordanie. »

Lors de ce défilé aérien, se succèderont des hélicoptères comme le Fennec, basé à Orange, des Caracal conçus par Airbus Helicopters à Marignane, mais aussi les avions de détection Awacs, reconnaissables à leur radôme au-dessus du fuselage, des Tracker de la Sécurité Civile, ces bombardiers d’eau qui luttent chaque été contre les incendies et sont désormais installés à Nîmes-Garons. Volera également l’imposant Airbus A 400M, avec sa soute de 92m2, un avion de transport militaire capable d’emporter 37 tonnes de frêt à 4 5000 km de distance. Autre démonstration, celle des parachutistes Phénix.

Ce spectacle des chevaliers du ciel sera gratuit mais attention il est obligatoire de s’inscrire sur internet. « Nous souhaitons réserver un excellent accueil à nos invités, mais la sécurité de chacun est une priorité pour nous, insiste le Colonel Fouquet. Pour cela, des parkings seront fléchés, des zones interdites, notamment en ville et au-dessous des avions en démonstration. Nous ferons tout avec le service d’ordre pour que la circulation soit fluide et sécure. »

Inscription en ligne.


Vue aérienne : Quand le Vaucluse devient flou

C’est confirmé, la patrouille de France vient tout juste de dévoiler officiellement sa carte des meetings pour cette année 2025. Et à cette occasion, elle fera son grand retour au-dessus du tarmac de la BA 115 d’Orange-Caritat lors de ses journées portes-ouvertes qui se tiendront les samedi 28 et dimanche 29 juin prochains. La PAF se produira le samedi et le dimanche à 15h25. Cette dernière avait suspendu ces présentations suite à une collision en plein vol entre deux avions le 24 mars à Saint-Dizier. Les aéronefs s’étaient crashés au sol sans faire de victimes et les pilotes avaient pu s’éjecter sans encombre.
La dernière fois que les Alpha Jet tricolores avaient été vus dans le ciel de la cité des princes, c’était en mai 2024 à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle piste de la BA 115 qui a accueilli depuis ses nouveaux pensionnaires en juillet dernier : les Rafale de l’Escadron de Chasse 1/5 Vendée.
Près de 50 000 spectateurs sont attendus durant ces deux jours pour assister aux nombreux meetings aériens gratuits. Pour cela, il est cependant impératif de s’inscrire sur ce lien : https://paa.ge/journeesportesouvertesba115/fr

Un Rafale de l’Escadron de Chasse 1/5 Vendée de la BA 115. Crédit :S. Bettewy-Armée de l’air et de l’espace

Le programme
Outre la patrouille de France, le programme* de ses deux jours de festivités est également constitué de nombreuses autres présentations aériennes.
Au menu : équipe de voltige de l’Armée de l’air et de l’espace en solo, Morane-Saulnier MS733, Patrouille Mustang X-Ray, Douglas DC-3, Bronco, Nanchang CJ6, Rafale solo display, équipe de parachutistes ‘Phénix’, équipe de voltige de l’Armée de l’air et de l’espace en synchrornisée, Fennec recherche et sauvetage, Caracal et CPA30, appui feu, posture permanente de sûreté aérienne (PPS-A), passage Awacs, Rafale et patrouille de France, patrouille ‘DELTA 2’, Baron 55, Airbus A400M solo display, Raven, Tracker, F86 Sabre, Vautour Bravo…

Les Epsilon TB30 de la patrouille ‘Delta 2’ du Vertical Flight Experience de Montpellier lors de leur entraînement en avril dernier à la Base aérienne 115 d’Orange afin de préparer les journées portes ouvertes des 28 et 29 juin prochains.  Crédit : P. Merkel-Armée de l’air et de l’espace

L.G.

Base aérienne 115. Journées portes ouvertes. 28 et 29 juin. 9h à 18h. Orange-Caritat. Evénement gratuit. Accès sur inscription.

*Le programme est susceptible d’être modifié jusqu’à la dernière minute.


Vue aérienne : Quand le Vaucluse devient flou

La Base aérienne 115 d’Orange-Caritat fête les 50 ans de l’escadron d’hélicoptères Alpilles qui va bientôt recevoir le label ‘Lutte anti-drones’.

Dans l’un des hangars, à l’abri du soleil, étaient exposées des photos d’hélicoptères qui ont écrit la légende de l’Armée de l’Air, Ecureuil, Puma, Super-Puma, et en face, sur le tarmac, ils étaient là en vrai, un Caracal, un Fennec, une Alouette II et un Sikorsky. Avant le défilé aérien au-dessus des personnalités civiles et militaires, des passionnés de ‘L’Espace muséal Caritat’ et des retraités de l’Armée de l’Air, des médailles ont été remises à des militaires pour leur courage, leur dévouement et leur abnégation.

Le ban et l’arrière-ban étaient là, jeudi après-midi à Caritat, Cédric Colardelle, général de brigade aérienne d’assaut et de projection, le préfet de Vaucluse Thierry Suquet et la députée Marie-France Lorho notamment. Crédit : P.Merkel/Armée de l’Air et de l’Espace

Créé à Boufarik en Algérie en août 1955, rapatrié en France en 1964, sa date de naissance officielle remonte à 1975 quand il a été installé à Istres. Enfin, en 2011, l’escadron d’hélicoptères ‘Alpilles’ a pris ses quartiers à Orange. Il assure, grâce aux Fennec des missions de police de l’air et d’assistance sauvetage, de jour comme de nuit. Et le général de brigade aérienne Cédric Colardelle, dans son allocution a souligné l’excellence de la formation prodiguée par le centre d’instruction sur la BA 115. « La simulation massive en réseau est une priorité de l’Armée de l’Air qui permet d’économiser de nombreuses heures de vol et cela continuera à évoluer quand nous mettrons en œuvre le futur hélicoptère H160 Guépard. »

Crédit : L.Dubois/Armée de l’Air et de l’Espace

Il poursuit : « Cet escadron occupe une place à part, il permet d’accélérer la formation, d’innover, de s’adapter aux nouveaux matériels et flottes. Après 50 ans d’évolution, il doit renforcer sa cellule tactique et développer de nouveaux outils numériques. Depuis qu’il est à Orange il a participé à une permanence opérationnelle en Afrique, au Gabon comme en République de Côte d’Ivoire. Le Fennec continue à évoluer avec un fusil brouilleur manipulé par un tireur d’élite, un bras d’armement permettra de développer une capacité de tir air-sol, une nouvelle caméra le rendra encore plus agile, efficace et polyvalent pour lutter contre les nouvelles menaces qui pourraient peser sur notre sûreté. »

Le général de brigade aérienne Cédric Colardelle. Crédit : L.Dubois/Armée de l’Air et de l’Espace

En tout le bilan opérationnel de l’escadron Alpilles est impressionnant : 101 000 heures de vol dont 43 000 en mission, 1 300 personnes évacuées et 130 blessés secourus.
Enfin, le Général Colardelle a salué le succès de la protection aérienne lors de la coupe du monde de rugby en 2023 et des jeux olympiques et paralympiques Paris 2024 et il a fait une annonce. « Nous allons monter en puissance dans la lutte anti-drones et j’ai décidé que l’Escadron Alpilles y jouera un rôle essentiel, c’est la raison pour laquelle je vais lui attribuer le label ‘Lutte anti-drône’ ».


Vue aérienne : Quand le Vaucluse devient flou

La future élite de l’administration et de la haute fonction publique (ex-ENA) était à la base aérienne 115 à Orange pour un bain de cohésion et de souveraineté nationale.

Avant, on parlait d’ENA (École nationale d’administration), mais elle a été supprimée. Désormais, on a l’INSP (Institut national du service public) dont une soixantaine d’élèves ont passé la semaine en Provence en liaison avec le Ministère des Armées et celui de la Haute Fonction Publique. « Une immersion pour sensibiliser ces futurs cadres aux questions de défense nationale, de cohésion et de souveraineté », explique le Colonel Hugues Fouquet, patron de la base aérienne d’Orange-Caritat en les accueillant ce mercredi 23 avril.

Passage dans le Var et dans les Bouches-du-Rhône

Avant le Vaucluse, ils étaient passés par le Canjuers, le camp de 35 000 hectares de l’Armée de Terre dans le Var, le plus grand champ d’entrainement aux tirs en tous genres (missiles, chars, véhicules de l’avant blindés), et avaient aussi assisté à des démonstrations de tirs à Hyères, au 54e Régiment d’Artillerie. Puis place à l’activité de la Marine Nationale à l’Arsenal de Toulon avec visites d’un sous-marin nucléaire d’attaque et d’un bâtiment de surface de la Base aéro-navale de Palyvestre.

Ensuite les futurs « énarques » ont assisté à la présentation des missions, matériels et capacités de la Gendarmerie et des Marins-Pompiers à Marseille avant de se rendre dans les quartiers nord, à l’Hôpital militaire d’instruction des armées ‘Laveran’, puis retour dans le Var, à Brignoles, où est installé le siège de l’UIISC 7 (7e Régiment d’Instruction et d’Intervention de la Sécurité Civile), spécialisé dans l’assistance aux populations en cas de séisme, feux de forêts, tempêtes, inondations et accidents industriels. Et enfin, ils ont passé un jour sur la base aérienne d’Istres et un second à Orange, à côtoyer le Rafale mais aussi les hélicoptères Fennec et des officiers qui leur ont expliqué le fonctionnement des différents services.

Une journée à Orange

À la BA 115, un atelier était consacré au Commandement de l’Espace avec un slogan en latin : « Res non verba », ce qui signifie « Des actes, pas des mots. » Le commandant en second Benoît leur explique qu’il « a été créé en 2019 pour améliorer l’efficacité opérationnelle, la cohérence et la visibilité de la gouvernance du spatial. Avec l’irruption massive de nouvelles technologies, les schémas établis ont été bousculés. Pour renforcer l’autonomie stratégique de la France, nous devons relever le défi de construire une capacité de surveillance et de protection de l’espace avec des satellites, notamment. »

Le commandant en second Benoît du Commandement de l’Espace. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

L’Armée de l’Air et de l’Espace assure 3 missions fondamentales : la protection de l’espace aérien avec des Rafale capables de décoller 24h/24 et 7j/7 et de jouer son rôle de police du ciel en cas d’intrusion  inappropriée d’un aéronef qui contreviendrait aux règles de l’aviation, dissuader et enfin intervenir à tirs réels si les sommations n’ont pas suffi.

Un des jeunes étudiants, Gabriel Bluet, 26 ans fait partie des élèves en ‘immersion’. « Hier, j’étais à bord d’un Airbus A330 MRTT, un avion militaire, pendant 6h et j’ai eu la chance d’assister au ravitaillement en plein vol d’un Rafale, c’était exceptionnel ! Quelle prouesse, quel as du pilotage, ça fait rêver ! » Lui qui est déjà officier réserviste de la Marine Nationale pourrait en faire son métier, qui sait ?

Gabriel Bluet. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

En tout cas, les élèves de l’INSP, grâce à cette semaine au coeur des armées françaises, ont appris, notamment à Orange que plus de 15 dispositifs particuliers avaient été déployés en 2024 pour la protection d’événements sensibles comme l’arrivée de la Flamme Olympique, les 80 ans du Débarquement, les Jeux Olympiques et Paralympiques et enfin le dernier voyage officiel du Pape François le 15 décembre dernier à Ajaccico avec des pilotes de Rafale de la BA 115. 

Contact : www.defense.gouv.fr/air

https://www.echodumardi.com/tag/ba-115/   1/1