18 mai 2026 |

Ecrit par le 18 mai 2026

(Vidéo) Lire sur la Sorgue, quand le festival épouse sa Venise comtadine

Du 13 au 16 mai 2026, la 6e édition de Lire sur la Sorgue transforme L’Isle-sur-la-Sorgue en scène littéraire à ciel ouvert. Avec près de 50 auteurs invités, plus de 250 écrivains accueillis depuis 2021, 70 bénévoles et plus de 4 000 heures de mobilisation, le festival de la Venise comtadine confirme son ancrage territorial et son ambition : faire de la littérature une expérience vivante, accessible et partagée. Une édition marquée par une programmation exigeante, des formats inédits et une fréquentation estimée à plus de 5 000 visiteurs. Tout le programme ici.

À rebours des salons du livre traditionnels, Lire sur la Sorgue revendique une autre grammaire. Ici, pas de files d’attente interminables ni de dédicaces expéditives : la rencontre précède le livre. Depuis six ans, le festival « tente de penser différemment le festival littéraire ». La littérature s’y déploie hors des cadres habituels : lectures musicales, débats philosophiques, performances artistiques ou encore expériences immersives. Dans les ruelles et le long des canaux, le visiteur circule d’un lieu à l’autre comme on tourne les pages d’un roman. Une scénographie urbaine qui épouse parfaitement la géographie sensible de la Venise comtadine.

Une programmation entre têtes d’affiche et voix singulières
L’édition 2026 réunit des figures majeures de la scène littéraire contemporaine. Parmi elles : David Foenkinos, Virginie Despentes, Douglas Kennedy, Michel Bussi, Aurélie Valognes ; Laetitia Colombani, Rachid Benzine… Mais le festival se distingue aussi par ses pas de côté. Le chef étoilé Glenn Viel ou encore l’homme de spectacle Bartabas viennent brouiller les frontières entre disciplines. Autre moment attendu ?  La présence rayonnante de Mazarine Pingeot, marraine de cette édition, qui anime plusieurs rencontres et débats, notamment la ‘disputatio’ inspirée des joutes médiévales.

Julie Gouazé et Mazarine M. Pingeot (c) Clotilde ARNAUD – LIRE SUR LA SORGUE – 2025.

Pourquoi on a envie de les rencontrer ?
David Foenkinos
Avec lui, la gravité avance masquée, toujours accompagnée d’élégance et d’humour. David Foenkinos a ce talent rare : parler des blessures, des ratés, des fêlures intimes avec une légèreté qui n’efface rien, mais rend tout plus juste. Derrière le romancier à succès de La Délicatesse ou Charlotte se tient un écrivain profondément attentif à ce qui vacille en nous. Une anecdote dit beaucoup de son œuvre : adolescent, une longue hospitalisation l’a conduit vers les livres, presque par nécessité vitale. Depuis, il écrit comme on réapprend à respirer. Le rencontrer, c’est approcher une littérature qui console sans simplifier.

Virginie Despentes
Lire Virginie Despentes, c’est rarement en sortir indemne, et c’est précisément ce qui la rend précieuse. Elle ne cherche ni à séduire ni à rassurer : elle secoue, interroge, déplace. Mais derrière la radicalité, il y a une pensée d’une grande générosité, une volonté farouche de rendre la parole à celles et ceux qu’on entend peu. De King Kong Théorie à ses romans, elle a imposé une voix libre, lucide, intensément politique, sans jamais renoncer à la littérature. La rencontrer, c’est accepter d’être bousculé avec intelligence, et souvent, en ressortir plus vivant.

Douglas Kennedy
Douglas Kennedy possède cet art rare de raconter les existences au moment exact où elles basculent. Chez lui, un choix intime devient toujours une question universelle : que fait-on de sa liberté ? Pourquoi trahit-on ses élans ? comment recommence-t-on une vie ? L’élégance de sa prose, son regard très fin sur les illusions contemporaines et son lien si singulier avec le lectorat français font de chacune de ses rencontres un moment à part. On vient pour le romancier du suspense psychologique ; on reste pour l’observateur aigu de nos contradictions.

(c) Clotilde ARNAUD – LIRE SUR LA SORGUE – 2025.

Michel Bussi
Avec Michel Bussi, la conversation commence souvent comme un jeu et finit en vertige. Maître du faux-semblant, il a l’art de tendre au lecteur des pièges délicieux, de faire du roman un terrain d’enquête où l’intelligence n’exclut jamais le plaisir. Mais derrière le virtuose du suspense, il y a aussi un géographe, un homme attentif aux territoires, aux paysages, à ce qu’ils racontent de nos vies. Le rencontrer, c’est découvrir les coulisses d’un écrivain qui sait mieux que personne transformer une intuition en labyrinthe romanesque.

Laetitia Colombani
Laetitia Colombani relie les destins comme d’autres tissent des étoffes. Avec La Tresse, elle a fait entendre une conviction simple et puissante : des vies très éloignées peuvent se répondre intimement. Son œuvre explore ce qui unit les femmes, les combats silencieux, les solidarités invisibles. Scénariste et réalisatrice autant que romancière, elle apporte à ses rencontres un sens aigu du récit et du regard. La rencontrer, c’est entendre une voix qui croit encore, avec force, à la puissance des liens.

Aurélie Valognes
Aurélie Valognes écrit comme on tend la main. Son immense popularité ne tient pas au hasard : elle touche juste, parce qu’elle regarde les êtres sans les juger. Familles cabossées, solitudes ordinaires, liens qui se réparent, son univers parle à tous sans jamais céder à la facilité. Il y a chez elle une douceur sans mièvrerie, une attention aux fragilités qui fait du bien. La rencontrer, c’est découvrir qu’une littérature accessible peut aussi être fine, sensible, et profondément humaine.

(c) Clotilde ARNAUD – LIRE SUR LA SORGUE – 2025.

Rachid Benzine
Rachid Benzine est de ceux qui éclairent sans jamais asséner. Islamologue, romancier, penseur du dialogue, il sait faire circuler les idées avec une rare clarté. Il parle de transmission, de spiritualité, d’exil, d’identité, sans simplifier la complexité du monde. Son intelligence est une intelligence hospitalière : elle ouvre, relie, nuance. Le rencontrer, c’est faire l’expérience précieuse d’une parole qui apaise non parce qu’elle évite les tensions, mais parce qu’elle les traverse avec rigueur et humanité. Mais le festival se distingue aussi par ses salutaires pas de côté.

Glenn Viel
Chef étoilé, Glenn Viel ne vient pas seulement parler cuisine : il vient rappeler que créer, c’est d’abord une affaire de sensation, de précision et d’audace. En cuisine comme en littérature, tout est affaire de rythme, de mémoire, d’instinct, de composition. Chez lui, la gastronomie devient un langage, presque une écriture. Sa présence ouvre une conversation réjouissante sur ce qui relie le goût, l’émotion et l’imaginaire.

Bartabas
Avec Bartabas, les frontières s’effacent d’emblée : entre art vivant et rituel, entre théâtre et silence, entre l’homme et l’animal. Créateur d’un univers immédiatement reconnaissable, il a fait du cheval non un sujet, mais un partenaire de pensée et de scène. Le rencontrer, c’est entendre une parole rare, exigeante, presque ascétique, sur la beauté, la discipline, le mystère du geste. Une présence magnétique, à la lisière des arts.

(c) Clotilde ARNAUD – LIRE SUR LA SORGUE – 2025

Et puis il y a Mazarine Pingeot, marraine de cette 6e édition
Sa présence a quelque chose de précieux : une intelligence calme, une élégance de pensée, une manière de faire circuler la parole sans jamais l’écraser. Romancière, philosophe, essayiste, Mazarine Pingeot apporte aux débats cette densité rare qui n’exclut ni la nuance ni la chaleur. Sa ‘disputatio’, inspirée des joutes médiévales, promet d’ailleurs bien plus qu’un débat : un art de la confrontation civilisée, où l’on pense ensemble sans renoncer à la vivacité du désaccord. Dans un monde saturé de prises de position immédiates, c’est une proposition presque précieuse : redonner du panache à la pensée.

Des formats qui réinventent la rencontre
C’est là que le festival s’affirme : Lire autrement. Dans la Manufacture Brun de Vian-Tiran, les ‘siestes littéraires’ plongent le public dans une expérience sensorielle inédite, allongé au cœur de la laine, porté par les voix d’auteurs et de musiciens. Partager autrement avec les ‘apéros des auteurs’ ou les petits-déjeuners en chambres d’hôtes offrent une proximité rare : on échange, on débat, on découvre l’auteur autrement que derrière une table. Débattre autrement avec la ‘disputatio’, animée par Mazarine Pingeot, remet au goût du jour l’art du dialogue argumenté, loin des formats médiatiques clivants.

Un festival dans la ville… et toute l’année
Lire sur la Sorgue est un projet culturel structurant, un événement porté par l’association éponyme, composée exclusivement de bénévoles, plus de 70 personnes engagées, cumulant plus de 4 000 heures de travail. Le festival est financé à 70% par le Fonds de dotation Nouveaux Lecteurs, avec le soutien financier de 80 partenaires. Surtout, l’action se prolonge toute l’année via des ateliers d’écriture en milieu scolaire, en milieu hospitalier ou carcéral, accompagnant de 600 personnes en 2026. Ce sont également des actions menées avec la Mission locale et les entreprises. Un engagement qui fait écho à la lecture comme levier d’inclusion sociale et territoriale.

(c) Clotilde ARNAUD – LIRE SUR LA SORGUE – 2025.

Nouveauté : la littérature dès le plus jeune âge
Parmi les innovations de 2026, Lire aux enfants marque un tournant. Véritable ‘festival dans le festival’, ce dispositif accueille les jeunes publics avec ateliers, lectures et rencontres dédiées. Parrainé par Christian Heinrich, créateur des P’tites Poules, il témoigne d’une volonté aussi joyeuse qu’ambitieuse : former les lecteurs de demain au beau, au bon, au bienveillant, à la réflexion, à l’esprit du bien commun et aussi à l’esprit critique.

Les moments à ne pas manquer
Cérémonie d’ouverture : émission littéraire en direct avec de jeunes chroniqueurs issus du territoire ; Clôture exceptionnelle : performance mêlant littérature, musique et street art avec Virginie Despentes et La Rata ; Rencontre avec Michel Bussi : toujours parmi les plus suivies : Les lectures musicales dans la laine ; Débats philosophiques et “disputatio” ; Petit-déjeuner avec un auteur, une expérience rare et intimiste.

Les six lieux les plus importants
Accueil Grenier public 2 place de la Liberté. Campredon art et image 20 rue du docteur Tallet. Manufacture Brun de Vian Tiran 2 cours Victor Hugo. 4rt gallery 15 rue Danton. Lire aux enfants Ecole du centre rue Denfert Rochereau. Jardins de l’hôpital 3 quai Lices Berthelot, à l’Isle sur la Sorgue.

Lire sur la Sorgue en chiffres
6e édition ; Près de 50 auteurs invités ; +250 auteurs accueillis depuis 2021 ;  +5 000 festivaliers attendus ; +70 bénévoles ; 4 000 heures de bénévolat ; 600 personnes accompagnées à l’année  + 80 partenaires.

Grace à eux
Parmi les figures fondatrices, plusieurs personnalités incarnent l’esprit de la manifestation. La libraire -et ingénieure en information-communication- Maria Ferragu, vice-présidente est la co-fondatrice de Lire sur la Sorgue, l’âme de la librairie du Passeur de l’Isle. Elle apporte au festival ce que les grands libraires ont de plus précieux : le goût des textes, le sens des voix, et cette intuition fine des livres qui comptent. À ses côtés, Humbert Mogenet -ancien banquier de la Caixabank-, président du Fonds de dotation Nouveaux Lecteurs, contribue à donner au festival sa structure, son souffle et son ambition, en soutenant un projet qui défend la lecture comme un bien commun. Il est celui qui recherche et collecte avec succès 70% des fonds sonnants et trébuchants qui soutiennent Lire sur la Sorgue. Il y a aussi la dynamique Julie Gouazé vice-présidente de l’association, auteure, documentariste, vidéaste, accompagnatrice de passion littéraire auprès de tous les publics : enfants, ados, adultes ; On n’oublie pas la discrète Séverine Rigo, qui occupe, elle aussi, une place centrale : responsable de la coordination des 80 bénévoles, et, enfin, le président de Lire sur la Sorgue : Marc Leclerc, conseiller auprès des grands groupes sur les risques psycho-sociaux et la RSE, responsabilité sociétale des entreprises. Il est celui qui porte, avec Maria Ferragu l’aura de Lire sur la Sorgue au niveau national. C’est ensemble, chaque année, que ces explorateurs de la pensée, nous font grandir l’âme. Vous souhaitez devenir partenaire de Lire sur la sorgue, merci de contacter : direction@festival-liresurlasorgue.com ; Vous voulez devenir bénévoles c’est ici : benevoles@liresurlasorgue.com ; Vous voulez devenir partenaires de Lire sur la Sorgue : fdd.nouveauxlecteurs@gmail.com ; www.liresurlasorgue.com

En bref
À L’Isle-sur-la-Sorgue, la littérature ne se contente pas de se lire : elle se vit, se partage, se discute. Dans un paysage culturel souvent dominé par l’événementiel, Lire sur la Sorgue trace sa propre voie : celle d’un festival à taille humaine, exigeant sans être élitiste, ancré dans son territoire tout en restant ouvert au monde. Un rendez-vous qui, au fil des éditions, s’impose comme l’un des marqueurs culturels et économiques du Vaucluse.

Les Infos pratiques
Lire sur la Sorgue. 6e édition. Du 13 au 16 mai 2026. Centre-ville de L’Isle-sur-la-Sorgue. Horaires : selon agenda quotidien ; Rencontres en accès libre sans réservation (dans la limite des places disponibles), ateliers et expériences sur réservation. Tout le programme ici.
Mireille Hurlin


(Vidéo) Lire sur la Sorgue, quand le festival épouse sa Venise comtadine

Le centre d’art Campredon ferme ses portes dès ce mois de janvier pour les rouvrir au début du mois d’avril de 2023. Cette fermeture est faite dans le but de réaliser des travaux de rénovation mais aussi de réaménagement.

Des travaux financés par un appel aux dons et par des subventions publiques

L’Hôtel Donadeï aura le droit, tout d’abord, à la restauration de son escalier intérieur par l’entreprise Girard qui est spécialisée dans la restauration de monuments historiques. Les marches de l’escalier seront nettoyées et restaurées afin de permettre une sécurité améliorée et une durabilité de cette partie du monument historique. Autre pièce qui sera restaurée, le portail, ce sera la société Marchal Métallerie, basée à Avignon, qui procédera à sa remise en état.

Ces travaux de restauration s’élèvent à un montant de 63 550 € HT, financés à hauteur de 80% par des subventions publiques qui se partagent entre l’Etat (35%), la Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur (15%) et le département du Vaucluse (30%).

Quant aux 20 % restant du montant des travaux, ils sont à la charge de la commune, propriétaire du centre, qui propose chaque année des expositions d’art moderne et contemporain. Ce sont donc 12 710 € restant que la ville de l’Isle-sur-la-Sorgue souhaiterait atteindre avec l’aide de la campagne de souscription de la Fondation du Patrimoine. A ce jour ce sont 5841 € qui ont été récoltés par don à la fondation qui se donne pour but la préservation du patrimoine dans toute la France.  L’objectif est d’atteindre 100% des derniers 20% du projet. La fondation rappelle qu’une partie des dons versés est déductible des impôts sur le revenu, de l’impôt sur la fortune immobilière et sur l’impôt sur les sociétés.

Les escaliers du centre seront nettoyées et restaurées © DR

Un réaménagement prévu pour améliorer les visites

Cette première phase de gros œuvre sera suivie dès le 20 janvier par des travaux de modernisation ainsi qu’un réaménagement des espaces d’accueil des publics. Le hall du bâtiment datant du XIIIe siècle deviendra une salle d’exposition, l’ancienne banque d’accueil se trouvera aussi dans cette pièce. L’espace sera aussi réaménagé avec un mobilier plus récent et une organisation plus moderne et confortable pour les visiteurs.

M.C.


(Vidéo) Lire sur la Sorgue, quand le festival épouse sa Venise comtadine

Jusqu’au 15 janvier prochain, le Centre d’art Campredon à l’Isle-sur-la-Sorgue accueille une exposition de la célèbre photographe Juliette Agnel. Ses œuvres ont notamment été présentées aux Rencontres photographiques d’Arles, ou encore au Musée du Louvre.

L’exposition ‘Les nuits’ représente près de vingt années de travail pour Juliette Agnel. La photographe nous plonge dans l’obscurité et nous présente les étoiles, la voie lactée, l’ouverture immense du ciel nocturne avant que des présences et des silhouettes ne fassent leur apparition. De l’Afrique à la Corée en passant par l’Islande, le Groenland, la Norvège, l’Espagne, le Maroc, ou encore la Bretagne, le spectateur assiste à un véritable voyage.

Parmi les œuvres exposées, le visiteur pourra admirer la série ‘Les Portes de glace’ avec des photographies d’icebergs réalisées lors d’un voyage au Groenland, ou la série ‘Silex’ montrant des pierres sur fond gris que l’artiste a récolé dans le jardin de sa maison dans l’Yonne, ou bien ‘Les enfants de Bamako’ avec des portraits, particulièrement picturaux, entre apparition et disparition.

À travers cette exposition, le spectateur peut découvrir plusieurs techniques, comme la camera obscura numérique que la photographie a mis au point en 2010, mais aussi le film Super 8, la chambre photographique, le Polaroïd, et les technologies numériques contemporaines.

Les informations pratiques

Pendant toute la durée de l’exposition, de nombreuses visites guidées sont organisées les samedis 5 et 19 novembre, 3 et 17 décembre, et 7 et 14 janvier à 15h. La dernière visite guidée du 14 janvier sera d’ailleurs une visite spéciale réalisée en musique. L’exposition ‘Les nuits’ est ouverte au public du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30. Le Centre d’art Campredon sera fermé les 1er et 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier.

Le tarif d’entrée est de 6,20€ (5,20€ tarif réduit). Les visites guidées, elles, sont au prix de 7,70€ (5,70€ tarif réduit). La billetterie du centre est ouverte jusqu’à 17h.

V.A.

https://www.echodumardi.com/tag/campredon/   1/1