1 août 2026 |

Ecrit par le 1 août 2026

(Vidéos) Jonathan Enzer et ses camions-ateliers de carrosserie à domicile, de l’échec au succès

Après avoir vu sa première entreprise s’effondrer sous le poids de plus de 70 000€ de dettes, Jonathan Enzer a refusé la faillite. Dix ans plus tard, son entreprise Hormé Carrosserie Mobile réalise 1,8M€ de chiffre d’affaires, emploie une vingtaine de collaborateurs, dispose d’une flotte de 20 ateliers mobiles et poursuit son expansion d’Aubagne à l’Auvergne-Rhône-Alpes en passant par le Grand Avignon. Une aventure entrepreneuriale où résilience, innovation et management occupent une place centrale.

À la sortie de ses études, Jonathan Enzer lance une entreprise de livraison de produits locaux. Le projet séduit, décroche des concours, bénéficie de soutiens financiers, mais ne trouve jamais son équilibre économique. Au bout du compte, plus de 70 000€ de dettes. Plutôt que d’effacer l’ardoise par une liquidation, il fait un autre choix : rembourser chaque créancier.

Travail de réparation sur les jantes Copyright Hormé

L’homme qui ne voulait rien devoir à personne
Pour cela et pendant plusieurs années, Jonathan Enzer cumulera les emplois. La nuit au marché de gros des fruits et légumes, le jour comme professeur particulier de mathématiques ou de préparation aux concours des écoles de commerce, parfois jardinier, parfois salarié. Il dort seulement quelques heures par jour, travaille sept jours sur sept et rembourse, euro après euro. « Je voulais rembourser tout le monde », résume-t-il simplement. Une philosophie qui permet à ce patron, de construire, jour après jour, une entreprise solide, toujours proche de ses bases.

Une idée née presque par hasard
Le déclic vient d’un cousin installé en région parisienne qui développe un concept encore peu connu : la carrosserie mobile. Jonathan Enzer n’est pourtant pas carrossier. Son parcours est atypique : bac scientifique, BTS Commerce international, école de commerce spécialisée dans le développement des pays émergents, puis expérience dans la gestion financière d’un groupe hôtelier en forte croissance. Mais il comprend rapidement le potentiel du modèle : plutôt que d’immobiliser un véhicule plusieurs jours dans un atelier, pourquoi ne pas déplacer l’atelier jusqu’au client ? L’idée paraît simple. Sa mise en œuvre l’est beaucoup moins.

Réinventer un métier traditionnel
Aujourd’hui, une vingtaine de salariés sillonnent le quart sud-est de la France dans une flotte d’une vingtaine de véhicules entièrement équipés. Chaque camion embarque le matériel nécessaire pour réparer, sur place, les rayures, pare-chocs, petites déformations ou encore les jantes, grâce à un véritable atelier mobile.

Le concept répond à une évolution profonde du marché automobile
Le parc français vieillit, les automobilistes cherchent des réparations rapides et les ateliers traditionnels sont souvent saturés, offrent des délais d’attente allongés tandis que les difficultés de recrutement persistent dans les métiers de la carrosserie. Pour autant, Hormé ne prétend pas remplacer les ateliers classiques. Au contraire, les gros sinistres continuent d’être orientés vers les carrossiers traditionnels. L’entreprise se concentre sur ce qu’elle sait faire rapidement, directement chez le client ou dans les concessions automobiles.

Jonathan Enzer, fondateur de l’entreprise Copyright Hormé

Grandir en conservant son âme
Derrière les chiffres se cache un management en adéquation avec notre temps. Car Jonathan Enzer insiste moins sur la croissance que sur la culture d’entreprise. Chaque technicien travaille seul sur le terrain. Pour maintenir un niveau de qualité homogène, l’entreprise a donc développé ses propres méthodes, ses outils numériques et organise deux séminaires annuels où les salariés participent directement aux décisions stratégiques. Le prochain défi est d’ailleurs déjà identifié : devenir un groupe national tout en conservant un fonctionnement de proximité. Une équation plutôt complexe lorsqu’une entreprise grandit.

Le défi du recrutement
Comme beaucoup d’entreprises artisanales, Hormé se heurte aujourd’hui à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Tous les techniciens sont des carrossiers expérimentés, auxquels l’entreprise enseigne les spécificités de l’intervention mobile. Mais recruter devient plus difficile, alors même que la demande progresse. Alors, à moyen terme, Jonathan Enzer envisage d’ouvrir un premier centre fixe, qui permettra, notamment, d’accueillir davantage d’apprentis et de transmettre le savoir-faire développé depuis dix ans.

Audace et ligne de conduite
Le nom de l’entreprise n’a pas été choisi au hasard. Dans la mythologie grecque, Hormé personnifie l’élan, l’impulsion et le passage à l’action. Un symbole qui résume assez bien le parcours de Jonathan Enzer le fondateur de cette entreprise de carrosserie mobile. Parti d’un échec entrepreneurial, sans formation dans la carrosserie, Jonathan Enzer a construit pas à pas une entreprise qui intervient aujourd’hui sur plusieurs régions françaises, réalise 1,8M€ de chiffre d’affaires et prépare déjà sa prochaine étape de développement. Le cheminement d’un homme, également, qui rappelle qu’en matière d’entrepreneuriat, les plus belles réussites naissent parfois moins d’une idée géniale que de la capacité à rebondir après un revers.

Une croissance bâtie sur la confiance
Hormé Carrosserie Mobile promeut un modèle d’entreprise où la croissance ne se construit pas au détriment des collaborateurs qui la portent. Jonathan Enzer a fait le choix d’impliquer ses collaborateurs dans le projet d’entreprise. Il valorise leur engagement grâce à une rémunération en partie indexée sur les résultats, finance leur mutuelle à 100%, prend en charge leurs déplacements domicile-travail et attribue chaque mois 50€ à l’association choisie par chaque salarié. Deux séminaires annuels complètent ce dispositif en donnant aux équipes l’occasion de participer aux décisions qui façonnent l’avenir de l’entreprise. Une approche managériale qui fait de la confiance, de la responsabilisation et de l’intelligence collective les moteurs de sa croissance. Une philosophie qui accompagne une croissance de plus de 80% entre 2024 et 2025, un doublement des effectifs en un an et un objectif de 25 collaborateurs à court terme. La prochaine étape est déjà en préparation : l’ouverture d’un premier centre automobile fixe, destiné notamment à former des apprentis et à transmettre un savoir-faire que l’entreprise entend désormais déployer à une échelle nationale.

Les infos pratiques
Horme carrosserie. Pour les particuliers : Intervention sur les rayures, les bosses et impacts mineurs. Intervention pour les professionnels : garages, concessions, loueurs. Correction des défauts sur les carrosseries, pare-chocs, jantes avec du matériel professionnel. Engins agricoles et BTP : réparation sur les carrosseries de tracteurs, engins BTP et utilitaires. Jonathan Enzer jonathan@horme-carrosserie.fr & Kémis Ben Aziz 07 72 50 75 58.
Mireille Hurlin

L’équipe d’Hormé Copyright Hormé

(Vidéos) Jonathan Enzer et ses camions-ateliers de carrosserie à domicile, de l’échec au succès

Plus de 2 000m² d’atelier le long de la route de Réalpanier. C’est là, depuis 1992, que s’affairent ses salariés de toutes générations, peintres et mécanos.

Entre démontage, débosselage, pose d’enduit, d’apprêt, de masquage pour les pneus, jantes, enjoliveurs, dépose d’accastillage extérieur (chromes, clignotants, optiques, plaques d’ immatriculation, baguettes, éléments de calendres, essuie-glace), entre cabines de peinture et fours de séchage, que sont garés des dizaines de véhicules accidentés, abîmés, déformés par un choc ou l’usure du temps qui ternit phares et peintures.

Bon pied, bon œil, infatigable au milieu de ses 35 ouvriers, Franc Alesi répond au portable, reçoit un expert ou un client qui vient rechercher sa voiture remise à neuf comme si elle sortait de la concession. Il règne sur cette ruche qui bruisse de coups de marteau, de ponceuse, de disqueuse. Un peu plus loin, un grand espace ‘Careco Auto-Moto Center’ tenu par sa fille Cathy. Une caverne d’Ali Baba avec des milliers de pièces détachées, neuves ou d’occasion et garanties 2 ans, fruit de sa volonté de recycler pour chasser le gaspillage et proposer des articles moins chers. Comme ces moteurs révisés de Porsche 911 de 2008 et de Jaguar XF1 de 2015 ou ce calculateur ABS de Citroën C4.

Maxence, peintre, et Fabien, coloriste. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Rénovation de phares ternis par les UV, restauration de véhicules de collection, remise en état de tôle déformée par la grêle, remplacement de glaces, révision moteur, maintenance de véhicules électriques et hybrides, tout est possible. « Au départ, je choisis des jeunes qui ont envie de travailler, qui sont qualifiés et passionnés, comme moi. Ensuite, ils sont régulièrement formés tout au long de leur vie dans l’atelier pour être au top. Avec l’évolution des voitures, de leurs systèmes de plus en plus complexes, maintenant pour changer une simple ampoule, il faut brancher la valise-ordinateur avec les données du constructeur. »

Une affaire de famille

Franc Alesi, né en Sicile, au Sud-Est de Palerme a inculqué de vraies valeurs  de travail, de respect à ses trois enfants, dont Jean. « Il a travaillé ici, quand il avait 16 ans, il a même passé son CAP de carrossier avant de se lancer dans le sport auto », précise le papa. Pas peu fier d’avoir un fiston qui a débuté par le karting, qui est aujourd’hui directeur du Circuit Paul Ricard au Castellet, après avoir disputé 201 courses de Formule 1, au volant de Ferrari et de Tyrrell, être monté 32 fois sur le podium et avoir remporté le Grand Prix du Canada le 11 juin 1995, le jour de son anniversaire.

Jean Alesi qui a eu 4 enfants, dont Giuliano, 26 ans aujourd’hui, qu’il était allé déclarer à l’état civil de la Mairie d’Avignon, à l’époque de Marie-Josée Roig. Il a suivi ses traces après avoir débuté en monoplace sur le circuit de Ledenon, poursuivi en GP3 Series puis à la Scuderia Ferrari, être passé par la Formule 2 et s’installer en 2021 au Japon, pays natal de sa maman où il porte les couleurs de Toyota-Lexus en Super GT.

« J’aime mon métier, je travaillerai aussi longtemps que je pourrai », confesse Franc Alesi qui n’a pas l’intention de rester enfermé à la maison, sur les hauteurs de Villeneuve-lès-Avignon. « J’adore le travail et la famille. D’ailleurs chaque été, avec ma femme Marcelle, qui a longtemps géré l’atelier à mes côtés, nous partons en Sicile avec tous les petits. J’adore pêcher avec eux, comme ça je les ai autour de moi, pas besoin de les surveiller et ils ne veulent surtout pas que je vende cette maison de famille où ils ont grandi et où nous avons autant de souvenirs ». Longue vie, Monsieur Alesi !


(Vidéos) Jonathan Enzer et ses camions-ateliers de carrosserie à domicile, de l’échec au succès

A l’instar des récompenses attribuées aux meilleurs restaurants et hôtels, Allogarage dévoile pour la 8ème année consécutive sa sélection des meilleurs garages de France 2021.

Cette sélection a été réalisée à partir de critères objectifs à l’aide d’avis clients : minimum 25 avis publiés et vérifiés, une note moyenne supérieure à 4 sur 5 et moins de 5% d’avis négatifs.

Les avis publiés sont conformes à la norme Afnor NF Z 74-501 officialisée le 3 Juillet 2013, et chaque auteur a été identifié en exigeant systématiquement une copie de sa facture de réparation.

En Vaucluse, découvrez les 7 garages plébiscités par les clients :

  • Garage Flavmotor, 04 65 87 05 18, 25 Bis Avenue de Rascassa 84370 Bédarrides
  • Garage des Fontaines, 04 90 66 56 41, 20 Route de l’Isle-sur-Sorgues, 84210 Pernes-les-Fontaines
  • Carrosserie Bressy axial, 04 90 11 78 96, 351 Rue des Pays Bas, 84100 Orange
  • G.C Luberon automobiles, 04 90 74 62 90, Route de Rustrel, 84400 Apt
  • Carrosserie Bollenoise, 04 32 80 30 80, Route de Mondragon, 84500 Bollène
  • Carrosserie Damery, 04 90 40 16 58, 647 Chemin de l’Etang, 84420 Piolenc
  • Carrosserie Foucot, 04 90 31 10 93, 228 Rue de la Petite Verdette, 84130 Le Pontet

L. M.

https://www.echodumardi.com/tag/carrosserie/   1/1