3 avril 2026 |

Ecrit par le 3 avril 2026

CCI de Vaucluse : les élections auront lieu cet été

Après sa mise sous tutelle, la CCI de Vaucluse va organiser une nouvelle élection afin de se doter d’une nouvelle assemblée générale et d’un nouveau président. Si cette accélération du calendrier électoral consulaire va pouvoir donner une nouvelle gouvernance à la chambre vauclusienne, de nombreux dossiers ‘épineux’ devront être traités prioritairement par la nouvelle équipe.

Jacques Witkowski, le nouveau préfet de Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, vient de signer « l’arrêté portant convocation des électeurs, fixant le déroulement des opérations électorales et relatif au dépôt des candidatures pour l’élection des membres de la chambre de commerce et d’industrie territoriale de Vaucluse » (voir document en fin d’article).

Un vote du 29 juin au 10 juillet
L’élection, organisée exclusivement par correspondance, débutera le lundi 29 juin pour se clôturer le vendredi 10 juillet. A l’issu du scrutin, les nouveaux membres élus de l’assemblée générale de la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse désigneront un nouveau bureau ainsi qu’un nouveau président afin de succéder à Gilbert Marcelli, suite à « l’arrêté préfectoral portant dissolution de l’assemblée générale et du bureau de la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse et nomination d’une commission provisoire du 30 janvier 2026. »

Faire le plus vite possible
Si une grande incertitude régnait sur les éventuelles dates de ces élections (elles pouvaient être potentiellement repoussées jusqu’en 2029 en raison du calendrier électoral national), le souhait de l’Etat de les organiser durant l’été montre sa volonté de ‘régler’ le problème consulaire vauclusien le plus rapidement possible.
Un succès également pour Stéphane Paglia, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles et ordonnateur de la commission de tutelle de la CCI 84, qui s’était engagé à ce que les élections puisse se dérouler le plus rapidement possible.

Le SGAR prêt à relever le défi
Pour autant, cette hâte n’est pas sans risque. En effet, les listes électorales des ressortissants de la CCI de Vaucluse ne sont plus à jour. Si tel est le cas, un simple recours pourrait suffire à faire invalider la future élection. Et de l’aveu même de nombreux observateurs consulaires, cette réactualisation sur un délai aussi court est une véritable gageure.
Un défi que semble pourtant vouloir relever le SGAR (Secrétariat général pour les affaires régionales) de la préfecture de Provence-Alpes-Côte d’Azur qui assure qu’« à compter de la publication de l’arrêté, la commission d’établissement des listes électorales prévue à l’article R.713-1-1 du code de commerce procèdera à la mise à jour des listes électorales établies pour le renouvellement général de 2021 ». Verdict le mardi 14 avril prochain avec la remise des listes électorales définitives à Thierry Suquet, préfet de Vaucluse pour validation.
Cette liste sera alors mise à disposition du public pour information avant que le préfet de Vaucluse installe officiellement la commission d’organisation des élections d’ici le 20 mai prochain.

« Ils ont ‘lâché’ le monde économique vauclusien une fois, ils peuvent donc recommencer demain. »

Une liste unique pour faire table rase du passé ?
En attendant, le meilleur moyen pour se prémunir d’un éventuel recours c’est que le monde patronal vauclusien affiche son unité à l’occasion de cette élection consulaire. C’est ce à quoi s’attellent d’ailleurs en ce moment la CPME de Vaucluse et le Medef 84, les deux principales organisations patronales du département. Des deux côtés, on assure d’ailleurs avoir pleinement pris conscience des enjeux pour l’avenir, voire la survie, de la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse. Oui, mais avec qui ?
Le renaissance du Medef, avec Roland Paul son nouveau président, et la prochaine passation de présidence à la CPME, entre ‘l’historique’ Bernard Vergier et le très probable Denis Duchêne, devraient marquer un inévitable changement de génération se matérialisant très concrètement dans la constitution de la future liste commune.
D’ores et déjà, les deux organisations patronales semblent déjà sûres d’une chose : impossible de reprendre les élus démissionnaires qui ont amené à la mise sous tutelle de la CCI après avoir pourtant réaccorder leur confiance quelques semaines auparavant au président Marcelli.
« Il va falloir partir d’une page blanche, explique un très influent représentant du monde patronal du département. Ils ont ‘lâché’ le monde économique vauclusien une fois, ils peuvent donc recommencer demain. »

« La CCI de Vaucluse est devenue la risée des autres chambres consulaires de France, ceux qui en sont responsables doivent maintenant en assumer les conséquences. »

Même son de cloche dans d’autres cénacles patronaux vauclusiens tout aussi actifs : « C’est inenvisageable de s’appuyer sur ceux qui nous ont mis dans cette situation. La CCI de Vaucluse est devenue la risée des autres chambres consulaires de France, ceux qui en sont responsables doivent maintenant en assumer les conséquences. En termes d’image vis-à-vis des entreprises vauclusienne que nous représentons, il est donc impératif de donner un grand coup de balai. »
L’écosystème patronal vauclusien semble désormais plus que jamais dans les starting-blocks afin de jouer la carte de l’union et travaille déjà activement depuis plusieurs semaines à la constitution de cette liste commune tant attendues par les chefs d’entreprise locaux.

Dépôt de candidature et campagne électorale
Les futurs candidats pourront commencer à déposer leur liste en préfecture à compter du mercredi 20 mai prochain. Ce délais de déclaration sera clos le jeudi 28 mai à partir de 12h.
« Les déclarations de candidatures sont faites par écrit et signées par les candidats, précise le SGAR. Elles peuvent être individuelles ou présentées de manière collective dans le cadre d’un groupement, et déposées soit par les candidats eux-mêmes soit par un mandataire. Dans ce dernier cas, les déclarations sont accompagnées du mandat signé par les mandants et par le mandataire. »
Au plus tard le 3 juin 2026, le préfet de Vaucluse procèdera ensuite à l’affichage de la liste des candidats, dans les conditions prévues par l’article R.713-10 du code de commerce. La campagne électorale débutera alors le jeudi 4 juin 2026 et prendra fin le jeudi 9 juillet 2026 à minuit, veille du dernier jour de scrutin.

Des dossiers prioritaires à traiter en urgence
Suite à ces élections, la CCI de Vaucluse devrait donc retrouver une capacité de gouvernance locale. La nouvelle équipe aura plusieurs dossiers urgent à traiter prioritairement.
Le premier est sans conteste celui du renouvellement de la DSP (Délégation de service public) de l’aéroport d’Avignon-Provence dont la gestion était jusqu’alors confiée par la Région Sud à la CCI de Vaucluse. Une DSP dont le renouvellement arrive à échéance fin 2026.
Gilbert Marcelli, le président sortant, n’avait jamais caché sa volonté que la CCI de Vaucluse garde strictement la main sur ce dossier. La CCIR – Région Provence-Alpes-Côte d’Azur – ne semble pas l’entendre de la même oreille. Si elle avançait ‘masquée’ jusqu’alors, son président Daniel Margot, aussi membre de la tutelle de la CCI 84 (ndlr : à qui nous avons demandé, avec plusieurs confrères, l’organisation d’une conférence de presse sans succès jusqu’à présent), ne s’en cache plus.
Dans les colonnes de nos confrères marseillais des Nouvelles Publications, ce dernier n’hésite pas à évoquer « une mutualisation sans régionalisation », notamment en matière « d’équipements gérés ». Toujours sous la plume de notre confrère Frédéric Delmonte, il enfonce le clou : « Pour les DSP, nous devons répondre de façon plus cohérente, parfois en consortium ou via la société Sealar pour gérer des aéroports intermédiaires. »

Sealar tombe les masques ?
Comme nous l’avions révélé il y a quelques semaines, c’est donc bien cette société qui semble en embuscade afin de rafler la mise de cette DSP tant convoitée. Sealar, pour Société d’exploitation et d’action locale pour les aéroports régionaux, a été créée en 2019 par les CCI d’Aix-Marseille-Provence et du Finistère. Depuis le 25 novembre dernier, CCI France en est devenu le premier actionnaire. Présidée par Jean-Luc Chauvin, également président de la CCI Aix-Marseille-Provence, la structure gère actuellement sept plateformes aéroportuaires régionales (Poitiers, Vannes, Le Havre, Rouen, Deauville, Caen et Morlaix), pour un chiffre d’affaires de 13M€ en 2025.

En haut de la pile des autres dossiers à traiter prioritairement par la nouvelle gouvernance : le restaurant Quai des saveurs, qui malgré ses 600 000€ de chiffres d’affaires annuels affiche une perte équivalente à son CA, et le centre de formation Nextech, dont la situation ne serait pas si inquiétante de l’aveu même de Daniel Margot.
Quid également des pseudos accusations anonymes envoyées début décembre au CSE (Comité social et économique) de la CCI Paca par un ‘collectif de collaborateurs’ de la CCI de Vaucluse afin de dénoncer des faits de ‘harcèlement managérial’ ?
Enfin, les nouveaux élus consulaires vauclusiens auront la lourde tâche de trancher sur l’avenir de Tomas Redondo, directeur actuel de la CCI de Vaucluse.

CCI de Vaucluse : tout est permis
Ayant fait l’objet d’un retrait de permis avec son véhicule de fonction il y a quelques mois, ce dernier n’en a pas informé son employeur tout en continuant de l’utiliser, engageant ainsi la responsabilité de la CCI en cas d’accident. Plus grave encore, durant cette période de rétention, il semblerait que le directeur général de la CCI 84 aurait ‘co-voituré’ d’autres salariés de la chambre qui ignoraient la situation.
Des faits suffisamment sérieux pour que la CCIR Paca lance en début d’année une procédure de « rupture de la relation de travail » pour motif « disciplinaire ». Une démarche dont a été informée CCI France et son président Alain Di Crescenzo.
Sollicité par nos soins, les services de ce dernier n’ont pas encore répondu malgré plusieurs relances. Cependant, selon l’article R711-70 du code du commerce l’absence de retour de la part de CCI France vaut aujourd’hui validation de la sanction. A ce jour pourtant, la CCI Paca semble se réfugier derrière la non-réponse pour geler cette procédure.
Une posture en opposition avec l’article R712-4-1 du code du commerce qui rappelle que « s’il est décidé de ne pas prononcer une sanction disciplinaire, il faut en exposer les motifs dans un rapport qui doit être communiqué au préfet de région et au ministre en charge de la tutelle des chambres de commerce et d’industrie ».
Contacté, le ministère de l’économie et des finances, dont dépendent les CCI de l’Hexagone, souhaite désormais disposer des éléments pour se prononcer.

« La situation est intenable. »

Créer un précédent inédit
Du côté des autres chambres consulaires françaises cette situation est assez mal vécue : « Dans n’importe quelles entreprises de notre pays, une telle faute déboucherait sur un licenciement immédiat. Pas à la CCI de Vaucluse. Nous avons peur que cela créé un précédent chez nos salariés », s’inquiète un président consulaire hors de la région Paca.
Même au sein de la tutelle vauclusienne, deux écoles semblent s’être affrontées : d’un côté les partisans d’une ‘exfiltration’ immédiate et de l’autre ceux qui ont voulu que le problème soit réglé par la future équipe d’élus.
Les premiers voulaient trancher vite, tout en estimant que la CCI 84 pouvait ‘survivre’ quelques temps sans directeur général, notamment en s’appuyant sur le très expérimenté secrétaire général actuel de la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse.
Les seconds, rappelant qu’il est impossible de recruter un DG durant une période de tutelle, ont préféré jouer la montre pour éviter le maximum de remous.
« Il ne faut pas se faire d’illusion, prévient toutefois un élu régional. La situation est intenable. »


CCI de Vaucluse : les élections auront lieu cet été

C’était un secret de polichinelle, la mise sous tutelle de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) de Vaucluse est désormais officiellement actée.

L’arrêté de dissolution (voir pages 100 et 101) a été signé le vendredi 30 janvier par Jacques Witkowski, le nouveau préfet de Région. Il a ensuite été publié ce lundi 2 février au recueil des actes administratifs de l’Etat de la région Paca. Selon cet arrêté, l’assemblée générale de CCI 84 (mais aussi son bureau et sa présidence) n’exercent plus aucune fonction au sein de l’organisme consulaire.  

Cette décision a été prise suite à la démission (entre les 10 décembre et 7 janvier derniers) de 22 des 32 membres de cette assemblée de la CCI 84 élue lors du scrutin consulaire de novembre 2021.
Plus de la moitié des élus étant démissionnaires, le préfet de région s’est donc vu dans l’obligation de procéder à « la dissolution de l’assemblée générale de la chambre, à la mise en place d’une commission provisoire chargée de gérer les affaires courantes et à l’organisation sous six mois de nouvelles élections. »

Mise en place d’une commission de 4 membres
Dans l’attente de l’installation de cette nouvelle assemblée générale et d’un nouveau bureau, le préfet de région a désigné une commission provisoire afin d’expédier les affaires courantes au sein de la chambre vauclusienne. Elle est constituée de 4 membres.

Stéphane Paglia, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles et membre de la CCI région Provence-Alpes-Côte d’Azur, sera le président et l’ordonnateur de cette commission.
Alors que les rapports délétères entre les soutiens à Gilbert Marcelli, le président de la CCI 84, et leurs opposants démissionnaires ont mis une nouvelle fois la Chambre vauclusienne dans une situation ubuesque, Stéphane Paglia semble avoir le profil idéal pour ramener un peu de sérénité au pays des Tuche. Président d’une CCI voisine ayant le même profil que celle de Vaucluse, il affiche déjà une parfaite connaissance d’un territoire économique similaire au sien en de nombreux points.

« La commission rendra des comptes mensuellement aux services de l’Etat. »

Jacques Witkowski, préfet de Région Paca

La commission provisoire est ensuite aussi composée de Daniel Margot, président de la CCI Provence-Alpes-Côte d’Azur, Richard Hemin, ancien membre de la CCI 84, patron du Grand Café Barretta à Avignon et l’un des chefs de file des élus démissionnaires, ainsi que Cédric Ribeiro, ancien membre de l’assemblée.
Ce dernier, véritable expert-comptable au sein du cabinet vauclusien Adezio dont il est gérant associé, est désigné trésorier par le préfet de région. Elu initialement sur la liste UP-Medef 84 avant de rejoindre la majorité actuelle, Cédric Ribeiro est certainement le membre le plus compétent et le plus neutre pour assurer la mission qui lui a été confiée.

Dans tous les cas, si cette « commission provisoire est autorisée à prendre les mesures nécessaires à l’expédition des affaires courantes » elle devra « rendre compte mensuellement aux services de l’Etat » et tout particulièrement à la « Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités », explique le préfet de Région.

Quels dossiers en haut de la pile ?
La tutelle aura plusieurs dossiers sensibles à traiter rapidement. Tout d’abord la reprise de l’école Nextech et le restaurant Quai des saveurs qui ont particulièrement cristallisé la contestation des opposants à l’équipe dirigeante sortante.

Cependant, le sujet le plus brûlant pour la commission provisoire est sans conteste le renouvellement de la DSP (Délégation de service public) de l’aéroport d’Avignon-Provence dont la gestion était jusqu’alors confiée par la Région Sud à la CCI de Vaucluse.
Cette DSP devant être renouvelée avant la fin de l’année, les acteurs économiques locaux (syndicats patronaux et collectivités locales tout particulièrement) s’inquiètent désormais que le Vaucluse perde la main sur cette infrastructure aéroportuaire regroupant près de 400 emplois sur les 180 hectares du site. Nombre d’entre eux annoncent déjà qu’ils seront extrêmement vigilants sur ce dossier et commencent à se mobiliser sur le dossier.

Autre sujet délicat à régler pour l’équipe assurant la tutelle de la CCI 84, la suite de la procédure de licenciement pour raisons disciplinaires entamée par la CCI de région à l’encontre du directeur général actuel de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse.


CCI de Vaucluse : les élections auront lieu cet été

Comme vient de le révéler notre confrère de La Provence, la CCI de Vaucluse devrait être mise sous tutelle d’ici la fin de la semaine. Une situation quasi inédite, dont seul notre département a le secret. S’il est encore difficile de mesurer l’impact de cette nouvelle, les enjeux sont de taille pour notre territoire. Avec les éventuelles perspectives de fusion consulaire à l’horizon 2028, cet épisode marque très probablement la fin de la Chambre de commerce et d’industrie telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Après 2018, la CCI de Vaucluse va donc réussir l’exploit, pour la deuxième fois, d’être la seule chambre de commerce et d’industrie de France à être mise sous tutelle de l’État pour des problèmes de gouvernance. Effectivement, si cette situation n’est pas inhabituelle en cas de difficultés financières, elle est inédite dans ce cas de figure.
De quoi d’ailleurs recevoir à l’époque une volée de bois vert de la part de Bernard Kleynhoff, président de la Commission développement économique de la Région Sud et patron de l’agence de développement économique de Paca Rising Sud : « La CCI de Vaucluse a surtout permis, pour l’instant, de ridiculiser le monde consulaire, tant au niveau régional qu’au niveau national. » Rien ne semble avoir changé depuis.

2026 plus fort qu’en 2018
Il y a huit ans, ce dysfonctionnement de l’institution consulaire avait pour origine un blocage entre deux camps : la CPME 84, dont le président avait été élu dans un premier temps au bénéfice de l’âge en raison d’une égalité lors du scrutin, et l’UP-Medef d’alors qui, en raison de plusieurs désistements dans la majorité, avait pu se retrouver en situation de bloquer le vote du budget. Une obstruction systématique qui mènera finalement la CCI 84 à une mise sous tutelle de près de trois ans…

Cette année, le Vaucluse fait encore plus fort puisqu’il n’y a même plus besoin d’adversaire pour déclencher cette crise de gouvernance. En effet, c’est désormais au sein du même camp que les élus consulaires se déchirent à qui mieux mieux. Ce sont ainsi les dissensions internes dans la liste « Entreprendre pour vous », ayant largement remporté l’élection de la dernière chance en novembre 2021, qui vont mener à la tutelle d’ici la fin de cette semaine. Comment la CCI 84 a-t-elle pu se retrouver à nouveau dans cette situation ubuesque ? Retour en arrière.

De nombreuses réalisations depuis 2021
À l’automne 2021, trois listes sont en lice : celle de la CPME 84, où Bernard Vergier tente de se succéder, celle de l’UP-Medef portée par Nathalie Czimer-Sylvestre et, enfin, celle d’une troisième voie : la liste « Entreprendre pour vous » de Gilbert Marcelli, alors président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie du Vaucluse (UIMM). Cette dernière réalise quasiment un grand chelem (32 élus sur 34) avant d’intégrer les deux élus UP-Medef dans sa majorité. Dans la foulée, Gilbert Marcelli est désigné président de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse.

Commence alors une mandature dont le bilan est dressé dans un document achevé cet été et intitulé États des lieux & perspectives. Il y recense les nombreux événements et initiatives de la CCI de Vaucluse durant cette période comprise entre 2021 et 2026 : Salon de l’entreprise, lancement de l’Académie Vaucluse-Provence, création de la première antenne régionale de l’École supérieure de l’immobilier, développement de nombreuses filières, Nuit de l’orientation, opération Graine de Boss, Ose (mise en avant « au féminin » des entrepreneures), Carrefour de l’entrepreneuriat, Trophée du commerce de proximité, Nuit du commerce, chèques cadeaux, salon des mobilités alternatives Innomoov, Club énergie, Écodéfis, Trophée de la RSE, lancement d’un magazine, coopérations franco-chinoise, franco-italienne et franco-marocaine, actions en faveur de l’industrie, du mécénat, de l’innovation, ainsi qu’auprès des collectivités locales…

Nextech : « L’offre de la CCI 84 apparaît la plus sérieuse. »

Le tribunal judiciaire d’Avignon

Nextech et le Quai des saveurs comme détonateur
En façade, l’ensemble des élus consulaires se presse pour apparaître sur les photos de ce compte rendu de 68 pages tout en revendiquant « un excellent bilan » ayant répondu à la quasi-totalité des engagements de campagne de la liste « Entreprendre pour vous ». En coulisse, deux dossiers spécifiques, pourtant votés à l’unanimité, cristallisent peu à peu les tensions entre les élus de la Chambre : la reprise de l’école Nextech et le restaurant Quai des saveurs. L’établissement de formation Nextech, ancien CFAI (Centre de formation des apprentis de l’industrie) créé en 1997, est alors en redressement judiciaire suite à une mauvaise gestion, épinglée notamment par la Chambre régionale des comptes.

Considérant que la formation est l’une de ses missions principales, la CCI fait une proposition de reprise pour un montant de 3,83 M€. Elle est actée le 12 novembre 2024 par le tribunal judiciaire d’Avignon qui justifie ainsi sa décision : « L’offre de la CCI 84 apparaît la plus sérieuse. » La CCI, dont le projet était soutenu par plus de 80 % des salariés, s’est engagée à reprendre 55 des 57 salariés. L’offre de la CCI « était socialement la plus généreuse et présentait les meilleures garanties financières », insistait Maître Robert-Louis Meynet, administrateur judiciaire de l’API 84, association gestionnaire de Nextech lors du jugement. De quoi assurer la poursuite de la formation des 230 apprentis alors inscrits, sur les sites d’Agroparc à Avignon et de Pertuis, avec des formations allant du CAP au master, en passant par les BTS et licences professionnelles.

L’autre gros dossier ayant encore davantage creusé le fossé entre les élus concerne le Quai des Saveurs, un restaurant ouvert en entrée de ville en décembre 2024 au réaménagement complet du parvis de la gare centre d’Avignon.

SNCF Gares & Connexions, en charge de la commercialisation du lieu, souhaite en faire un espace de restauration. Une cinquantaine de restaurateurs locaux déclinent l’offre. Finalement, Starbucks est en pole position, devant Burger King, pour investir cet espace de 200 m² avec une terrasse attenante de 100 m². Inimaginable pour la Ville d’Avignon, qui a financé 27 % des 20,25 M€ de travaux du chantier. Cécile Helle, maire de la cité des papes, incite alors la CCI à plancher sur le dossier afin d’éviter l’implantation d’enseignes de fast-food en entrée de ville, là où transitent 7 400 voyageurs et 120 trains par jour. Le Quai des Saveurs est sur les rails. « C’est la Ville qui nous a suggéré de nous porter candidat à la gestion de cet espace auprès de la SNCF », rappelait Gilbert Marcelli lors des vœux mutualisés avec le commune en janvier 2024.

Le Quai des saveurs : une concurrence déloyale
Très vite, les opposants dénoncent une concurrence déloyale ainsi que des coûts d’aménagement trop élevés (1,3 M€) pour un site dont la Chambre n’est que locataire. À cela s’ajoute un déficit de 600 000 € pour la première année d’exploitation de ce qui avait été présenté comme « un restaurant d’application constituant une vitrine des savoir-faire de l’EHA (École hôtelière d’Avignon) de la CCI d’Avignon ». Dans les faits, ce sont deux jeunes chefs, Saïd Soumaila et Naël Tamghar, issus de l’EHA qui sont derrière les fourneaux. Ils sont accompagnés en salle par des apprentis de l’école hôtelière. Une aventure encadrée par Patrice Leroy, directeur technique de l’EHA, et Xavier Mathieu, chef étoilé du Phébus à Gordes, également formé à l’École hôtelière de la cité des papes et élu de la CCI de Vaucluse. Malgré le succès du jeune carpentrassien Naël Tamghar au Euroskills 2025, le championnat d’Europe des métiers, les opposants souhaitent arrêter les frais afin de ne pas menacer l’équilibre financier de la Chambre.

Le Quai des saveurs est le principal dossier de discorde entre le président de la CCI 84 et ses opposants. Crédit : Quai des saveurs/DR

« Si cela ne fonctionne pas comme prévu, on rectifie le tir. On se comporte en chef d’entreprise », préconise Gilbert Marcelli, qui rappelle que « les taxes de frais de chambre ont baissé de 8,5 M€ en 2010 à 3,6 M€ aujourd’hui. Il faut donc chercher des profits ailleurs et tenter de créer des structures génératrices de ressources afin de pouvoir apporter davantage de services aux entreprises ». Le message ne passe pas davantage auprès des contestataires.

Alerte sur le bureau
En 2024, une première alerte préfigurait la crise actuelle. Bruno Delorme, qui a notamment fait partie des trois membres de la commission d’administration provisoire de la Chambre lors de la mise sous tutelle en 2018, démissionne de ses fonctions de secrétaire au sein du bureau de la CCI 84, constitué alors de sept membres. Quelques mois plus tard, Thierry Francou, PDG d’Eurenco à Sorgues et trésorier de la Chambre, quitte le bureau pour raisons personnelles. Fort imprudemment, ni l’un ni l’autre ne sont remplacés, alors que le bureau ne peut statutairement compter moins de cinq membres. Très fortuitement, ce sont ensuite le secrétaire adjoint, Nordine Saihi (également président de l’U2P du Vaucluse), et le trésorier adjoint, Richard Hemin, patron du Grand Café Barretta à Avignon, qui démissionnent en plein cœur de l’été, juste avant la fermeture estivale de la Chambre. Suite à ces retraits successifs, la préfecture place, le 20 août dernier, la CCI de Vaucluse sous une tutelle renforcée temporaire « pour assurer l’expédition des affaires courantes jusqu’à l’élection d’un nouveau bureau », prévue le 23 septembre 2025.

Bruno Delorme candidat
Une élection où Bruno Delorme se porte candidat. « Lors du début de notre mandat, j’espérais fortement en notre capacité à travailler en équipe, en collectif », explique-t-il aux élus consulaires présents pour justifier sa démission en février 2024, avant de regretter que, « même si je sais que les textes sont parfaitement respectés, entre le moment où nous étions informés de tel ou tel projet, souvent important, et le moment où il fallait se prononcer, il n’y avait pas assez de temps consacré à la réflexion ».

« Il n’y avait pas assez de temps consacré à la réflexion. »

Bruno Delorme

Le scrutin est finalement remporté à nouveau par le président sortant, qui recueille 21 bulletins sur les 32 élus titulaires de l’assemblée de la CCI de Vaucluse (9 voix pour Bruno Delorme et 2 abstentions). À la tête d’un nouveau bureau, Gilbert Marcelli fait son mea culpa et promet plus de transparence et de collégialité. Ce dernier déplore cependant que « certains élus votent des décisions à l’unanimité pour ensuite les critiquer ». Plus direct, un nouveau membre du bureau s’insurge en aparté : « Les gens ne participent pas aux réunions de travail et ensuite ils viennent donner des leçons. C’est avant qu’il faut parler, pas après. Mis à part Bruno, qui dit quand il n’est pas d’accord, personne ne dit rien. »

Tous les coups sont désormais ‘permis’ contre ‘les Tuche »
Au lieu d’apaiser la situation, la réélection de Gilbert Marcelli n’a finalement fait que raviver les rancœurs. « Dès le soir du vote en faveur du président, des élus de la Chambre étaient déjà en train de voir comment le “dégommer” », reconnaît l’un des opposants qui, du coup, n’a toujours pas compris leur soutien éphémère à la présidence sortante. Commence alors un travail de sape afin de faire tomber l’assemblée consulaire. En effet, lorsque le nombre de membres d’une chambre de commerce et d’industrie se trouve réduit à moins de la moitié du nombre initial, le préfet se retrouve dans l’obligation de constater la situation par arrêté et d’organiser de nouvelles élections pour la totalité des sièges dans un délai de six mois. Pressions sur les élus de la majorité ainsi que sur leurs proches, insinuations mensongères… Tout est bon pour rallier les indécis, y compris les insultes, pour ceux que leurs opposants appellent « les Tuche ». Dans le même temps, le président de la CCI fait l’objet d’une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux. « Bien évidemment, cela n’a rien de personnel », assurent une partie des détracteurs, sans réel leader désigné ouvertement.

Par ailleurs, une dénonciation anonyme est envoyée, début décembre, au CSE (Comité social et économique) de la CCI PACA par un « collectif de collaborateurs » de la CCI 84, dénonçant des faits « particulièrement préoccupants quant au comportement managérial du président et au climat de travail ». Dans le milieu très feutré des observateurs avisés des dorures consulaires, ce courrier laisse cependant dubitatif : « Un président est en contact quasi exclusif avec les élus, pas les salariés. Tout au mieux, il est en lien avec une petite poignée de cadres. Non : l’éventuel harcèlement des salariés, c’est de la responsabilité directe de la direction générale. »

L’Etat dubitatif devant ces revirements incessants
Au final, 22 élus sont aujourd’hui démissionnaires. De quoi pousser le préfet de région à prendre les mesures nécessaires. « Au vu de ces éléments et de la nécessité pour la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse de retrouver une stabilité dans sa gouvernance et son fonctionnement, j’ai décidé de mettre en place des mesures conservatoires jusqu’à l’installation des nouveaux membres élus de la chambre », explique Jacques Witkowski, le nouveau préfet de Région depuis novembre dernier.

Au niveau des services de l’État, on accueille toutefois ces démissions en cascade avec une certaine circonspection. Pourquoi, dans ce cas, avoir réélu le président sortant ? Et si une nouvelle majorité d’élus émerge, pourquoi ne pas simplement voter contre les décisions qui ne leur conviennent pas ? « Parce que nous ne sommes pas d’accord entre nous, avoue l’un des démissionnaires. Nous ne souhaitions pas forcément une mise sous tutelle, mais nous espérions créer un électrochoc afin d’inciter le préfet de Vaucluse à pousser le président à démissionner. » Peine perdue, puisque, estimant que « si c’était lui le problème », Gilbert Marcelli avait déjà proposé, sans succès, sa démission le 10 décembre dernier.

Un duo qui se déchire
Il faut peut-être chercher ailleurs une partie de ces inexplicables crispations, notamment dans les relations de plus en plus tendues entre le président et son directeur général, Tomas Redondo. Le duo, quasi filial, s’est constitué alors que le premier était président de l’UIMM 84 et que le second en est devenu le secrétaire général sous son égide. Une relation de confiance telle qu’au départ de Michel Maridet, l’ancien DG de la CCI de Vaucluse, c’est tout naturellement qu’il est nommé à ce poste début 2023. La situation se complique en début d’année dernière lorsque le DG voit son permis de conduire suspendu trois mois, suite à un grand excès de vitesse. Après avoir maladroitement tenté, sans succès, d’intervenir auprès des services de la préfecture de Vaucluse, il continue d’utiliser sa voiture de fonction. La nouvelle, portée à la connaissance du président seulement il y a quelques semaines, entraîne une demande d’explications auprès des élus consulaires. Mi-décembre, dans un courrier adressé à ses élus, le président s’étonne de « ce comportement » qu’il considère comme « irresponsable » et qui aurait pu « entraîner des conséquences financières pour la CCI » en cas d’accident. Et ce, d’autant plus que plusieurs élus lui auraient indiqué que cette situation « était un secret de polichinelle ». Personne ne se bouscule cependant pour confirmer par écrit qu’il a pu couvrir un délit.

Les opposants estiment qu’il s’agit d’une manœuvre échappatoire afin de détourner l’attention : créer un écran de fumée pour faire porter la responsabilité « à celui qui a permis à tous d’être élus ». Un avis que ne partagent peut-être pas les services de l’État en Vaucluse, particulièrement contrariés par cette désinvolture, d’autant qu’un sérieux contentieux financier et juridique avec l’UIMM PACA, l’ancien employeur du DG de la CCI 84, vient envenimer les choses.

« Il n’y a que des perdants . »

Daniel Margot, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paca

Il semble désormais que la messe soit dite. Côté présidence, « il faut que ce mauvais chapitre du livre de la CCI de Vaucluse se referme, car il n’y a que des perdants », confirme Daniel Margot, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans les colonnes de La Provence ce week-end. « Il faut passer à autre chose et avancer. On ne peut pas continuer comme cela », insiste le patron des CCI de la région, qui prône un apaisement et reste dans les starting-blocks afin que ses équipes participent à la gestion de la CCI 84 dès que le préfet de région en aura signifié officiellement la tutelle.

Lancement d’une procédure de licenciement
Côté direction, « un cadre de la CCI se doit d’afficher un devoir d’exemplarité, surtout un directeur général », tranche sans ménagement un élu consulaire régional. En conséquence, Daniel Margot a lancé début janvier auprès de CCI France une procédure de « rupture de la relation de travail avec le directeur général de la CCI de Vaucluse » pour motif « disciplinaire ». À l’image des ruptures conventionnelles des DG de la CCI de la Drôme il y a quelques semaines, et de la CCI de l’Ardèche il y a quelques mois, CCI France devrait donc valider rapidement la fin du contrat du directeur général de la Chambre vauclusienne. Une démarche d’autant moins coûteuse aujourd’hui que les postes d’encadrement consulaires sont désormais régis par le droit privé, contrairement aux anciens statuts plus avantageux.

Qui va désormais piloter la CCI de Vaucluse ?
Suite à la démission d’une majorité d’élus de la CCI 84, le préfet de région va donc appliquer les articles L.712-9 et L.713-5 du Code du commerce. Dans ce cadre, une commission provisoire sera mise en place afin « d’expédier les affaires courantes jusqu’à l’élection des nouvelles instances ». Toujours selon le Code du commerce, et selon l’article R.712-5, du Code du commerce. Dans ce cadre, une commission provisoire sera mise en place afin « d’expédier les affaires courantes jusqu’à l’élection des nouvelles instances ». Toujours selon le Code du commerce, et selon l’article R.712-5, cette commission doit compter entre 3 et 11 membres, désignés parmi les anciens élus de la CCI de Vaucluse ainsi que ceux de la CCI de région. Celle mise en place en Vaucluse devrait compter 4 à 5 membres. L’un des membres de la commission est désigné, par l’autorité de tutelle, comme ordonnateur, et un autre comme trésorier. Une fois que le préfet de région aura acté la dissolution de l’ancien bureau, « il ne faudra que quelques jours pour installer la nouvelle commission », précise Daniel Margot.

Le président de la commission sera alors tenu de fournir régulièrement au préfet de région, via le préfet de Vaucluse, les informations sur le fonctionnement de l’établissement public et les conditions dans lesquelles sont expédiées les affaires courantes. Ces mêmes informations devront aussi être communiquées à Alain Di Crescenzo, président de CCI France et au président de la CCI Paca.

Et si cela précipitait la fusion avec la CCI d’Arles ?
Le Code du commerce est extrêmement clair : « Une chambre de commerce et d’industrie territoriale dont l’assemblée générale a été dissoute peut être transformée, par décret, en chambre de commerce et d’industrie locale sans que cette transformation ait été préalablement prévue dans le schéma directeur de la chambre de commerce et d’industrie de région, après consultation du président de la chambre de commerce et d’industrie de région à laquelle la chambre est rattachée et du président de CCI France. » Lassés par les atermoiements de la CCI de Vaucluse, qui est une CCIT (pour territoriale), les responsables consulaires régionaux et nationaux pourraient être tentés de siffler la fin de la récréation.
Bernard Kleynoff de transformer la CCI de Vaucluse en CCI locale, c’est-à-dire sans personne morale et rattachée à la CCI régionale, soit, éventuellement, ce qu’appellent certains élus de leurs vœux : fusionner la CCI de Vaucluse avec celle du Pays d’Arles. » Lors de la mise sous tutelle en 2018, Marc Chabaud, élu de la CCI d’Arles, avait intégré la commission d’administration provisoire de la CCI 84. Il y a fort à parier qu’avec les similitudes de profils et la proximité des territoires économiques, un élu de la Chambre du Pays d’Arles puisse, à nouveau, faire partie de l’aventure tutélaire vauclusienne. Peut-être y apportera-t-il un peu de la stabilité de la CCI outre-Durance.

Du provisoire pour combien de temps ?
Selon la réglementation, une fois la commission provisoire installée, le préfet de région dispose de six mois pour procéder à de nouvelles élections afin de renouveler la totalité des 34 sièges de la CCI 84, dont les six membres qui siégeront également à la CCI de région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce dernier espérerait que ce scrutin puisse se tenir avant l’été. Un délai qui semble difficilement tenable aujourd’hui. En effet, le calendrier électoral national (municipales puis sénatoriales) laisse peu de place à la tenue d’une élection en 2026, même consulaire. C’est d’ailleurs pour cette raison que le renouvellement général des membres de l’ensemble des CCI de l’Hexagone, prévu initialement fin 2026, a été reporté à la fin de l’année prochaine (NDLR : la mesure est également valable pour la totalité des Chambres de métiers et de l’artisanat). Autre frein technique : les listes électorales des ressortissants consulaires n’ont pas été réactualisées depuis 2019. Leur mise à jour devrait nécessiter plusieurs mois, suffisamment, en tout cas, pour dépasser largement le délai de six mois prévu par les textes.

« Le gouvernement fait tomber le tabou de la fusion des CCI et des chambres de métiers. »

Pas sûr, d’ailleurs, que des élections consulaires puissent même être organisées en 2027 en raison de la présidentielle, puis de très probables législatives qui suivront. Idem en 2028 avec les départementales et les régionales. Le calendrier électoral laisse ainsi peu de place, et ce d’autant plus qu’à cela s’ajoute l’éventuelle fusion entre les CCI et les Chambres de métiers. Ce vieux serpent de mer n’est plus un sujet tabou aujourd’hui. Dans une note adressée il y a quelques jours seulement par le Premier ministre Sébastien Lecornu à une vingtaine de ministres, le gouvernement envisage très sérieusement la création de chambres économiques. L’idée, qui fait partie d’une feuille de route regroupant 70 mesures destinées à rendre l’action publique plus simple et efficace, souligne la convergence croissante des missions confiées aux Chambres de commerce et d’industrie et aux Chambres de métiers et de l’artisanat.

Le but ? Aller vers un guichet unique pour les TPE-PME dans un secteur où les différences de compétences opérationnelles entre les réseaux consulaires ne sont pas toujours très lisibles. Autre objectif de la mesure : mutualiser les moyens et rationaliser les implantations afin de réaliser des économies budgétaires, à l’heure où l’État a tendance à ponctionner allègrement les moyens alloués aux chambres consulaires.

Une mise en sommeil de 30 mois déjà
Bref, plus le scrutin en Vaucluse se rapprochera, dans le temps, de l’élection générale de l’ensemble des CCI de France, moins les services de l’État dans le département seront enclins à organiser une consultation dont le coût est de l’ordre de 100 000 €.

De toute façon, la CCI de Vaucluse a déjà connu des périodes de « glaciation » bien plus longues que les six mois initialement annoncés. Ainsi, de 2018 à 2020, entre mise sous tutelle renforcée et report des élections successifs par Pierre Dartout, alors préfet de région, la Chambre vauclusienne aura été mise en sommeil pendant près de 30 mois !

Paralysie décisionnelle : l’aéroport d’Avignon et le port du Pontet en première ligne
Une paralysie décisionnelle qui tombe mal, car, en dehors des affaires courantes, la CCI de Vaucluse a plusieurs dossiers majeurs en cours pour le territoire. En premier lieu, l’aéroport d’Avignon, dont la DSP (délégation de service public) doit normalement être renouvelée fin 2026. L’infrastructure aéroportuaire, regroupant près de 400 emplois sur les 180 hectares du site, semble aiguiser les appétits, notamment ceux de Sealar (Société d’exploitation et d’action locale pour les aéroports régionaux). Créée en 2019 par les CCI d’Aix-Marseille-Provence et du Finistère, la structure gère actuellement sept plateformes aéroportuaires régionales (Poitiers, Vannes, Le Havre, Rouen, Deauville, Caen et Morlaix), pour un chiffre d’affaires de 13 M€ en 2025.

La gestion de l’aéroport d’Avignon par la CCI de Vaucluse sera l’un des enjeux majeurs de la gouvernance provisoire qui va se mettre en place. Crédit : DR/CCI84

Depuis le 25 novembre, avec 46,5% du capital CCI France est devenu le premier actionnaire de Sealar dont le président est Jean-Luc Chauvin, également président de la CCI Aix-Marseille-Provence.
« Nous nous appuierons vraisemblablement sur une candidature conjointe entre CCI France et la CCI 84 afin que le Vaucluse garde la DSP de cet aéroport », confirme Daniel Margot dans son entretien avec La Provence. Cette régionalisation à pas feutré inquiète toutefois plusieurs collectivités vauclusiennes qui scrutent avec attention à qui sera attribuée la DSP de cet équipement structurant aujourd’hui piloté par la Saap (Société aéroport Avignon Provence), une Société par actions simplifiée unipersonnelle (Sasu) détenue à 100% par la CCI 84

Exploité par la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse depuis 1961, le port du Pontet craint aussi cette mise entre parenthèse. S’il n’y a pas d’inquiétude quant à la gestion confié par la CNR (Compagnie nationale du Rhône) jusqu’à fin 2040, l’aménagement des 12 hectares (dont 4,7 ha appartiennent à la CCI) de l’ensemble de la zone fait l’objet d’une étude devant déboucher sur un appel à projet début 2027. La mise au point mort de ces projets constituerait sans nul doute un coup dur pour l’économie vauclusienne qui s’en passerait bien.

« On se demande si les Chambres consulaires servent vraiment à quelque chose. »

Le risque que les intérêts de la région passent avant ceux du Vaucluse
« La mise sous tutelle ne veut pas dire que les sujets majeurs ne seraient pas traités, assure un élu de la CCI région. Si le préfet l’autorise, les dossiers exceptionnels pourront être traités. » Pour cela, c’est le préfet de Vaucluse qui aura la main afin d’autoriser, ou non, d’aller plus loin. Le risque étant qu’ils soient ensuite prioritairement traités dans l’intérêt de la région plutôt que ceux du Vaucluse.
Au final, ces nouvelles péripéties consulaires donnent à nouveau un visage déplorable du monde économique vauclusien.
« Cela donne également une très mauvaise image des autres chambres de commerce », confirme agacée une élue d’une des CCI voisines.
Du côté de certains élus démissionnaires on commence à comprendre les conséquences de la politique de la chaise vide et on regrette déjà d’avoir abandonné son siège. Parmi eux, on voudrait revenir sur sa décision : trop tard…
« Quand on voit comment cela se passe, on se demande si les Chambres consulaires servent vraiment à quelque chose », expliquent-ils. Les 125 collaborateurs de la CCI de Vaucluse apprécieront. Avec des taux de participation de 20,60% en 2010, 16,80% 2016, 8,57% en 2020 et enfin 7,27% en 2021 comment leur donner tort cependant…

Laurent Garcia

Déontologie : juge et partie ?
Un temps en lien avec la CCI de Vaucluse, l’actionnaire principal de L’Echo du mardi a été en pourparlers pour une reprise de notre média par la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse.
Pour être menée à bien, cette éventuelle opération inédite entre un corps intermédiaire constitué par un établissement public comme la CCI 84 et un média comme le nôtre, devait recevoir de nombreuses autorisations administratives. Ce qui fut fait avec l’aval successif de la DDFIP (Direction départementale des finances publiques) de Vaucluse, de celle de la Direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d’Azur, des services de la préfecture de Vaucluse et de ceux de la Région Paca, le SGAR (Secrétariat général pour les affaires régionales) chargé du contrôle de légalité du processus ainsi que pour finir le préfet de région.
Pour l’Echo du mardi, l’intérêt de l’opération aurait résidé dans la possibilité de conserver l’indépendance et l’enracinement dans son territoire du dernier journal d’annonce légale vauclusien dans un secteur en phase ‘d’ubérisation’ tout à l’adossant à une structure solide.
Pour la CCI 84, l’accès au marché des annonces légales via son centre de formalités des entreprises de la Chambre territorial vauclusienne, puis ceux de la CCIR Paca et potentiellement de CCI France aurait constitué un formidable levier de revenu à l’heure où les budgets consulaires se réduisent comme ‘peau de chagrin’.
Finalement, l’opération n’aura pas lieu en raison de désaccords techniques et financiers. De quoi assurer, une pleine liberté rédactionnelle à l’Echo du mardi qui, déontologiquement, a fait preuve de distance concernant certains éléments de l’actualité non factuelle de la CCI 84.
Ces circonstances nous ont toutefois permis d’observer ‘la machinerie’ CCI depuis l’intérieur. De quoi constater que cette potentielle acquisition a été votée à l’unanimité en juin dernier par certains élus consulaires trouvant que « cette opération constituait une formidable opportunité pour la CCI » tout en étant capables de dire exactement l’inverse quelques dizaines de minutes plus tard à d’autres interlocuteurs.


CCI de Vaucluse : les élections auront lieu cet été

Devant un parterre de personnalités politiques et économiques, au Château Saint-Laurent de Morières acquis il y a quelques mois par Tony Parker, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse, Gilbert Marcelli, comme à son habitude, a été direct et convaincant.

Dans un monde concurrencé par internet, une pèriode de mutations urbaines, une perte d’attractivité des centres-villes, il a voulu faire de cette 3e Nuit du Commerce, après celles de Lacoste et Uchaux, un moment de prise de conscience collective et d’espoir, en présence, notamment du Président National des Chambres de Commerce, Alain Di Crescenzo et de la Présidente du Conseil départemental de Vaucluse, Dominique Santoni.

De gauche à droite, Jérome Pelletier, consultant en communication; Gilbert Marcelli, Président de la CCI de Vaucluse; Renaud Sore-Larregain, Président de l’Observatoire des Centres-Villes; Pierre Alzingre; Foudil Meddahi, gérant de Hypnotik.fr; Alain Di Crescenzo, Président de CCI France; Sabine Roussely, secrétaire générale de la préfecture de Vaucluse; Nordine Saihi, Président de l’U2P Vaucluse, Dominique Santoni, Présidente du Conseil départemental de Vaucluse, Tomas Redondo, directeur général de la CCI de Vaucluse et Eric Ferrières, directeur général de la CCI Provence-Alpes-Côte d’Azur. CCI84/Najim Barika

« Nous sommes ici pour parler du rôle-clé du commerce de proximité, le défendre en innovant, mettre en avant un commerce humain, engagé, moderne. Ce n’est pas qu’une activité économique, c’est un lieu social, la marque d’une identité locale, d’une tendance vivante dans nos rues, nos marchés, nos places de villes et de villages. Gilbert Marcelli poursuit : « Le commerce de proximité compte, il peut devenir un lieu majeur de transformation économique et sociale. Nous ne devons pas être des spectateurs mais des acteurs de l’économie. D’ailleurs, chaque année nous accompagnons 2 à 3 000 commerçants dans la création de leur entreprise, de leur magasin, dans la transition numérique. Nous avons créé les Eco-défis pour les encourager à une consommation responsable, durable, locale. Nous publions des analyses de terrain, des cartes sur les flux. Le commerce est en constante transformation. Elle ne se décrète pas mais elle doit être soutenue dans son évolution sans perdre son âme ».

©CCI84/Najim Barika

A ce moment-là, face aux 300 invités, le président de la CCI fait une annonce majeure : « En 2026, nous allons ouvrir le HUB. Un lieu totalement nouveau, pensé pour vous et surtout avec vous, les commerçants! Ce ne sera ni une salle de réunion supplémentaire, ni un Nième bureau administratif mais un espace novateur qui réunira l’ensemble de l’écosystème nécessaire à l’entreprenariat et à l’innovation avec des espaces créatifs, numériques, de design. Il sera en lien avec notre Pôle Industriel d’Agroparc qui accueilera un Centre de Recherche et de Développement pour un prototype plus abouti (usinage, métallurgie, électronique), un incubateur, il soutiendra les start-up avec des spécialistes de levées de fonds. Bref, il répondra aux enjeux urgents de la réindustrialisation de la France ».

©CCI84/Najim Barika

Pour Gilbert Marcelli, il s’agira « D’un véritable laboratoire de commerce vivant, accessible. D’une fabrique d’adaptation continue avec expérimentation de concepts, ateliers collaboratifs, coaching adapté, kits pratiques, tout ce qu’il faut pour passer à l’action. Un lieu d’intelligence collective puisque la CCI 84 souhaite ardemment que le Vaucluse devienne une terre d’expérimentation nationale pour la revitalisation des centres-villes, un laboratoire vivant de solutions pour le commerce de demain. Si nous ne voulons pas subir l’avenir, écrivons-le, faisons-le tous ensemble! ».

« Tout concourt à faire du Vaucluse un catalyseur pour des solutions innovantes. »

Alain Di Crescenzo, Président de CCI France

De son côté, l’invité d’honneur de cette « 3ème Nuit du Commerce », le président national de CCI France, Alain Di Crescenzo a salué le ton responsable du président vauclusien, comme les solutions qu’il propose. « Tout concourt à faire du Vaucluse un catalyseur pour des solutions innovantes ». Effectivement, le commerce peut vivre encore demain, mais autrement. Et comme « Le Vaucluse a du talent », il peut inspirer le reste de l’hexagone.


CCI de Vaucluse : les élections auront lieu cet été

Vendredi 16 juin, la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Provence-Alpes-Côte d’Azur et celle de métiers et de l’artisanat (CMA) ont signé une convention de coopération.

Renforcer la collaboration opérationnelle sur des enjeux stratégiques, détecter les synergies efficientes et déployer plus d’actions communes ? C’est l’objet de la convention liant pour 4 ans les deux chambres régionales dont les réseaux se mobilisent auprès de 550 000 entrepreneurs dans les territoires : artisans, commerçants, industriels, indépendants… Les objectifs de cette convention sont d’accentuer la coordination CCI/CMA, d’initier des actions communes et de poursuivre la contribution au sein du club de la conjoncture et du collectif des acteurs économiques.

« Avant même cette convention, la coopération était déjà concrète pour les équipes CMA et CCI en Provence-Alpes-Côte d’Azur : des actions menées conjointement sur les territoires pour redynamiser les centres-villes, faciliter les transitions, soutenir chaque étape de l’entrepreneuriat, accompagner face aux difficultés, a déclaré Philippe Renaudi, président de la CCI de Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’objectif aujourd’hui et à l’horizon 2026 est de travailler de concert sur des enjeux comme l’international, l’apprentissage, le foncier économique… Ce rapprochement se fait en cohérence, en conservant les spécificités de nos chambres consulaires. »

« La volonté commune est bien de maintenir des relations de proximité privilégiées avec les entreprises pour les soutenir et les accompagner tout au long de leur vie, a poursuivi Yannick Mazette, président de la CMA de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Très impliqué sur les problématiques environnementales comme la formation des jeunes et l’emploi, l’objectif à l’horizon 2026, comme précisé par le Président Renaudi est bien de travailler de concert sur les enjeux majeurs pour le développement de notre région, de nos entreprises, de notre jeunesse qui représente notre avenir. »

Yannick Mazette (à gauche) et Philippe Renaudi (à droite) signent la convention de coopération © DR

J.R.


CCI de Vaucluse : les élections auront lieu cet été

Philippe Renaudi, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Provence-Alpes-Côte d’Azur, et Benoit Tabaka, secrétaire général de Google France, viennent de signer une convention de partenariat afin d’aider les entreprises régionales dans leur transition numérique, au bénéfice de leur activité et leur cybersécurité.

À partir de ce partenariat, un programme de 20 ateliers en webinaire sans frais a été établi. Il débutera le lundi 19 septembre. Le but est de rassembler 1000 participants d’ici avril prochain. L’objectif principal de ces ateliers est d’aider concrètement les TPE-PME, notamment les commerces de proximité, acteurs du tourisme et des services, professionnels de l’événementiel, à relever les enjeux actuels de transitions. « Sur le levier de la transition numérique, les 7 CCI territoriales de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont sensibilisé plus de 10 000 entrepreneurs et accompagné plus de 1 700 d’entre eux l’an dernier, explique Philippe Renaudi. Accélérer la digitalisation de nos entreprises est indispensable, il allait de soi que notre réseau CCI déploie ce programme Google Ateliers Numériques. »

Les 20 webinaires de 90 minutes auront lieu les lundis du 19 septembre au 28 novembre 2022, et du 6 février au 17 avril 2023. Ils permettront aux entreprises de mieux maîtriser les outils web et les indicateurs utiles, de se familiariser avec les réseaux sociaux, de décrypter les opportunités de YouTube, de devenir incollables sur le parcours-client en ligne, ou encore de se prémunir des cyberattaques.

Pour découvrir les webinaires et s’inscrire à l’un ou plusieurs d’entre eux, cliquez ici.

V.A.

https://www.echodumardi.com/tag/cci-paca/   1/1