16 août 2026 |

Ecrit par le 16 août 2026

CCI de Vaucluse : le patronat vauclusien veut tourner la page

Après l’épisode rocambolesque ‘des Tuche, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse va se doter d’une nouvelle gouvernance suite à sa mise sous tutelle par les services de l’Etat en début d’année. Conscient des enjeux existentiels de cette élection pour l’avenir de la CCI 84, le patronat vauclusien entend afficher son unité lors de ce scrutin où une seule liste sera en lice : celle d’Anne Benedetti qui portera les couleurs du Medef, soutenu par l’U2P, afin de devenir la première femme à la tête de l’établissement consulaire départemental. Le tout avec le soutien de la CPME 84, pour l’instant…

« Je veux mener une liste d’union et rassembler l’ensemble des entreprises pour redonner à la CCI de Vaucluse la place qui doit être la sienne. C’est pourquoi, je suis fière d’être tête de liste du Medef Vaucluse, soutenue par l’U2P 84, » insiste Anne Benedetti qui conduira une liste unique lors de ce scrutin consulaire qui débute ce lundi 29 juin jusqu’au vendredi 10 juillet prochain.

« Ma liste est composée de 34 chefs d’entreprise, de petites, moyennes et ETI, de grandes entreprises, qui sont implantées sur tout le territoire de Vaucluse, poursuit celle qui est à la tête de l’entreprise avignonnaise éponyme. Des personnes engagées et intergénérationnelles. Des chefs d’entreprise formidables : compétents et experts qui connaissent le terrain » (retrouvez ici le détail de la liste d’Anne Benedetti).

De gauche à droite : Nordine Saihi, président de l’U2P 84, Anne Benedetti, tête de liste, et Roland Paul, président du Medef 84. Crédit : Echo du mardi

« Il faut fédérer. »

Anne Benedetti

Les raisons d’une candidature
« C’est surtout pour défendre l’intérêt collectif du tissu économique vauclusien », précise la tête de liste pour justifier sa candidature avant de marteler : « Il faut fédérer. Il faut être entouré de toutes les entreprises du Vaucluse pour agir au bénéfice de la CCI 84. Car la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse est un acteur stratégique solide et incontournable au développement économique et social local. »

« Je crois que l’enjeu pour le Vaucluse est à l’image d’une entreprise, complète Roland Paul, président du Medef 84 également présent sur la liste. Pour qu’une entreprise fonctionne bien, pour qu’un écosystème économique fonctionne bien, il faut que tout le monde travaille dans le même sens. C’est pour cela que nous avons travaillé avec toutes les organisations patronales à la constitution de cette liste d’union. »

Une unité patronale inédite
Sur la ligne de départ de cette élection consulaire, le Medef de Vaucluse (ndlr : qui a entamé son renouveau sous la présidence de Roland Paul, président de GSE, une des pépites de l’économie du département basée à Avignon) s’est positionné très tôt sur sa volonté de briguer la présidence de la CCI 84. Conscient des enjeux d’apaisements indispensables à un retour de la bonne marche dans la gouvernance de la chambre vauclusienne, le choix de la très consensuelle mais affirmée Anne Benedetti, ancienne présidente du Medef en 2018 (voir encadré ‘Portrait : Qui est Anne Bendetti ?’) est apparu comme une évidence. Suffisamment en tout cas pour que l’U2P 84 (Union des entreprises de proximité) rejoigne la dynamique avec une petite dizaine de candidats sur les 34 membres de la liste d’Anne Benedetti.

La première présidente de la CCI de Vaucluse depuis près de 130 ans !
Si Anne Benedetti est élue, elle sera la première femme à exercer la fonction de présidente de la CCI de Vaucluse depuis la création des chambres en 1898. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, elle sera la seconde à occuper ce siège après Nicole Peloux dans les Alpes de Haute-Provence entre 2010 et 2016. Anne Benedetti devrait être la 15e présidente d’une CCI en France.

De son côté, la CPME de Vaucluse n’a pas souhaité présenter de candidat sur cette liste. En effet, la première organisation patronale du département était dans une phase de transition lors de la constitution de la liste après le départ de Bernard Vergier, son président historique, et l’arrivée de son successeur, Denis Duchêne. De plus, l’organisation patronale qui vient de changer de nom au niveau national en devenant ‘Les entrepreneurs’ n’a pas forcément vu l’intérêt de participer à une mandature d’une durée aussi courte. Pour autant, la CPME 84 a décidé de jouer collectif et, même si elle n’est pas ‘dedans’, la confédération vauclusienne a annoncé soutenir la candidature d’Anne Benedetti.

« La garantie : c’est l’honnêteté. »

Nordine Saihi, président de l’U2P 84

« C’est historique qu’en Vaucluse les organisations professionnelles officialisent leur union, se félicite Nordine Saihi, président de l’U2P 84. A terme, il faut espérer que la CPME nous rejoigne car nous avons tous à y gagner », insiste celui qui, avec William Baud, fait figure de rescapé de la précédente mandature.
« Aujourd’hui, nous n’avons plus d’étiquette. Nous sommes là pour l’intérêt général », poursuit le président de l’U2P de Vaucluse.

Interrogé sur le fait que ses représentants ont auparavant démissionné deux fois, entraînant chaque fois la mise sous tutelle de la CCI84, suite à des décisions pourtant votées en assemblée générale, Nordine Saihi se justifie lorsqu’on lui demande s’il y aura une troisième fois : « La garantie : c’est l’honnêteté. Si je n’étais pas sorti, cela voulu dire que je serais resté malgré moi, malgré mes convictions, malgré mon intégrité. Et à partir de là, j’aurais été dans de l’hypocrisie. Je reste persuadé qu’en ayant agi de la sorte je suis honnête avec moi-même et honnête avec les personnes qui nous ont donné mandat et qui, effectivement, se sont retrouvées dans une histoire qui n’était pas digne d’être une histoire commune. »

Une élection, mais pour quoi faire ?
« Cette mandature sera très courte rappelle Roland Paul. Cela devrait durer environ un an avant qu’il y ait de nouvelles élections générales (ndlr : prévue officieusement à ce jour pour l’automne 2027). Nous serons donc essentiellement là pour gérer les affaires courantes, apprendre à se connaître, et puis travailler sur la feuille de route de la mandature suivante avec la CPME si elle le souhaite. »
Plusieurs dossiers nécessiteront cependant d’être traités prioritairement, à commencer par le restaurant bistronomique le Quai des saveurs placé en redressement judiciaire le 7 mai dernier et fermé depuis le début du mois.
« Actuellement, il y a une commission d’administration provisoire qui a décidé d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire, précise Anne Benedetti. Une nouvelle audience aura lieu en juillet pour savoir s’il y a d’éventuels repreneurs sur les rangs. »

Quid de Nextech et de la DSP de l’aéroport ?
Si le sujet du Quai des saveurs semble en cours de règlement, d’autres dossiers qui avaient cristallisés les désaccords lors de la précédente mandature de Gilbert Marcelli sont toujours sur la table : la reprise de l’école Nextech et la DSP (Délégation de service publique) de l’aéroport d’Avignon.
Pour Nextech, l’établissement de formation industrielle de la CCI basé dans la zone d’Agroparc, Anne Benedetti est catégorique : « La mission d’une CCI, c’est aussi former nos jeunes. Après l’éducation nationale, les CCI sont le deuxième formateur en France. Nous avons plus de 1 000 apprenants actuellement. Donc Nextech, cela fait partie de notre rôle. »

« Concernant la DSP de l’aéroport, il y aura un choix, mais ça ne sera pas la CCI Vaucluse. »

Roland Paul, président du Medef 84

« Concernant la DSP de l’aéroport, j’aurais bien aimé que ça reste ici, regrette le patron du Medef local. Les dés sont un petit peu jetés avant que l’on arrive puisqu’il y a eu un appel d’offres où la CCI Vaucluse n’est pas en première ligne. »
« Elle aurait pu, mais elle n’y sera pas, insiste Roland Paul. Il y a deux structures qui ont répondu. Il y aura un choix, mais ça ne sera pas la CCI Vaucluse. »
Pas si sûr cependant, car la Région Sud, propriétaire de l’aéroport de la cité des papes qui en délègue la gestion, a retiré quelques jours avant son terme l’accès à la consultation de cette DSP sur Sud Marchés publics, sa plateforme d’appels d’offre. Une irrégularité (volontaire ?) qui offre cependant la possibilité d’entraîner la nullité de la procédure en cas de recours.

Portrait : Qui est Anne Benedetti ?
« Les gens me connaissent, ils savent que je suis très attachée au Vaucluse », rappelle Anne Benedetti, dirigeante de la société avignonnaise familiale de BTP Benedetti SA spécialisée dans les façades. En effet, faute de liste concurrente, celle qui devrait être sans coup férir la future présidente de la CCI de Vaucluse est très impliquée dans la vie locale. Anne Benedetti est, entre autres, administratrice de la Fédération du bâtiment de Vaucluse depuis 2010, marraine de la fondation ‘Un avenir ensemble’ de la grande chancellerie de la légion d’honneur en Vaucluse, administratrice de la zone d’activité de Fontcouverte à Avignon depuis 2014, administratrice et trésorière du Geiq BTP 84 depuis 2013, membre du CESER Paca depuis 2023… En décembre dernier, elle a reçu le prix de dirigeante de l’année pour les actions RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) menées dans le cadre du club des entreprises qui s’engagent en partenariat avec Face Vaucluse et les services de la préfecture de Vaucluse.
Au niveau national, Anne Benedetti est aussi administratrice à la SMABTP-vie depuis 2018 ainsi qu’à l’assurance l’Auxiliaire depuis 2019.

Le défi de la transmission d’entreprise à relever
Durant ce court mandat, la future présidente entend aussi mettre immédiatement l’accent sur la problématique de la transmission des entreprises.
« A l’heure actuelle, 56% des chefs d’entreprises de la région ont plus de 60 ans alors que la moyenne nationale est de seulement 41%, indique Anne Benedetti. Dans les 10 ans cela va devenir un sujet majeur, particulièrement dans le Vaucluse. Il y a des personnes formidables au sein des services de la CCI qui ont le rôle d’appuyer et d’accompagner les entreprises dans ces démarches de transmission. Encore faut-il que les entrepreneurs aient conscience qu’ils arrivent à un âge où ils doivent se préparer à passer la main. »

« Les problèmes, je les règle les uns après les autres. »

Anne Benedetti

Des problèmes internes à régler également
Au-delà de cette actualité, la nouvelle gouvernance devra gérer quelques autres sujets épineux concernant le fonctionnement interne propre à la CCI de Vaucluse. Des accusations de harcèlement et même de racisme, des dénonciations anonymes auprès du Comité social et économique de la CCI Paca, des procédures disciplinaires pour fautes lourdes en suspens…
« La justice fera ce qu’elle a à faire et nous prendrons acte de ce qui sera indiqué », précise sobrement Anne Benedetti.

Peu favorable à un audit externe, Roland Paul prône plutôt un bilan interne de la situation.
« C’est certain qu’il faut savoir où nous en sommes avant de pouvoir définir le cap que nous voulons suivre, explique-t-il. Je m’attends surtout à rencontrer une équipe qui a d’énormes capacités pour aider les entreprises. Des gens qui actuellement ont été montrée du doigt en raison de la mise sous tutelle. Je pense qu’il y a la possibilité de remettre en route un système qui a tout pour fonctionner. Je n’ai pas de doute là-dessus. »
« Je suis une chef d’entreprise avant tout, complète Anne Benedetti. Donc les problèmes, je les règle les uns après les autres. Et puis, je suis très bien entourée. J’ai cette chance-là. »

« Il n’y a pas que la CCI qui va mal, il y a aussi des entreprises qui vont mal. »

Nordine Saihi, président de l’U2P 84

« Il n’y a pas que la CCI qui va mal, il y a aussi des entreprises qui vont mal, rappelle pour sa part Nordine Saihi. On a un territoire pauvre. Aujourd’hui, nous avons une CCI qui a de nombreux outils d’accompagnement et d’aide aux chefs d’entreprise. Nous sommes là pour l’intérêt général. On essaie vraiment de faire au mieux et d’avancer dans ce sens-là.

L’enjeu ? reconnecter les entrepreneurs avec la CCI
« L’histoire a fait que les chefs d’entreprise sont malheureusement assez loin des CCI, regrette Roland Paul. Pourtant, il y a vraiment une capacité de fonctionnement et d’accompagnement. Nous serons donc là avant tout pour prendre en compte les demandes des entreprises et répondre à leurs besoins. »

« Il faut aussi savoir qu’en Vaucluse nous avons un écosystème particulier. Plus de 70% des entreprises du département ne dispose d’aucun salarié. Ce sont des gens qui travaillent très seuls alors l’on sait tous que pour bien fonctionner, il faut travailler ensemble. Il va donc falloir résoudre cette équation qui n’est pas simple. »

« Nous allons tout faire pour faire avancer le département. »

Anne Benedetti

« Dans les cas, poursuit Anne Benedetti, nous serons là pour apaiser la gouvernance et rétablir la confiance. Nous allons recentrer la CCI sur ses missions essentielles : appui aux entreprises, formation, équipements ainsi que de renforcer son influence auprès des collectivités et du réseau consulaire. Nous allons tout faire pour faire avancer le département. »

Laurent Garcia

La future présidente compte sur le soutien des maires de Vaucluse
« Dans un contexte exceptionnel marqué par la mise sous tutelle préfectorale de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse, des élections doivent être organisées dans des délais particulièrement contraints », rappelle Anne Benedetti dans un courrier adressé aux 151 maires de Vaucluse.

« Dans ces circonstances, il aurait sans doute été plus simple de ne rien faire, poursuit-elle. D’attendre. D’observer. De laisser passer le temps jusqu’au renouvellement général de 2027. Mais nous avons fait un autre choix, celui de prendre nos responsabilités, celui d’agir, malgré les contraintes, celui de nous engager pleinement pour la CCI et, au-delà, pour les entreprises et les entrepreneurs de Vaucluse. Car nous sommes convaincus que c’est dans les moments difficiles que se révèlent les véritables engagements et les capacités à agir. Ne rien faire, attendre un contexte plus favorable, ce n’est pas la conception que nous avons de la responsabilité économique territoriale. »

Toujours en s’adressant aux élus locaux, elle conclut : « Dans cette période clé pour l’avenir économique de notre département, je souhaite pouvoir compter sur votre soutien. Votre relais, votre écoute et lorsque vous le jugerez opportun, votre appui auprès des acteurs économiques de votre commune seront déterminants pour donner à cette démarche l’élan et la légitimité nécessaires. Nous serons pleinement mobilisés pour travailler en lien étroit avec les élus locaux, partenaires indispensables de la vitalité économique de nos territoires. Nous serons donc à leurs côtés pour les accompagner et pour œuvrer dans la même direction. »


CCI de Vaucluse : le patronat vauclusien veut tourner la page

Le Tribunal des activités économiques (TAE) d’Avignon vient d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire pour le Quai des saveurs. La décision concernant l’établissement de restauration porté par la CCI de Vaucluse a été prise le 7 mai dernier. Elle remet en question l’avenir de ce projet qui devait constituer une vitrine des savoir-faire de l’Ecole hôtelière d’Avignon. Première conséquence, le départ imminent du talentueux chef Saïd Soumaila.

L’aventure avait débuté dans l’unanimité suite l’assemblée générale de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Vaucluse du 27 novembre 2023. A cette occasion, la totalité des élus présents (18 sur 33) avait voté pour la création d’un établissement de restauration sur le nouveau parvis de la gare centre de la cité des papes alors en fin de réaménagement.
Comme un seul homme, William Baud, Jean-Luc Becker, Alexandre Bressy, Dominique Damiano, François De Lepiney, Florence Duprat, Alexandra Farnos, Laure Gimno, Pierre Helias, Eugène Hermitte, Pascal Loubeyre, Roselyne Macario, Gilbert Marcelli (alors président jusqu’à son éviction fin janvier dernier), Catherine Panattoni, Cédric Ribeiro, Nordine Saihi, Florence Sentilhes et Dominique Toledo s’étaient alors déclarés totalement favorables à ce projet.

Main dans la main avec la municipalité pour une entrée de ville plus belle
Un dossier qui avait débuté quelques mois auparavant lorsque SNCF gares & connexions avait ouvert un appel à la concurrence d’une durée de 10 ans concernant « la gestion d’un bâtiment implanté sur le parvis de la gare centre d’Avignon dédié à un espace de restauration ».
56 restaurateurs locaux avaient décliné l’offre et ce sont des grandes enseignes de la restauration rapide qui tenaient la corde pour s’installer : Starbucks et Burger king en tête. Inenvisageable pour Cécile Helle, alors maire d’Avignon, dont la commune avait financé 27% des 20,25M€ de travaux destinés à rendre cette entrée de ville plus belle.

« Objectif pour la Ville : éviter l’implantation d’un symbole de la malbouffe en vis-à-vis des remparts du XIVe siècle. »

L’élue suggère au président de la CCI de se positionner avec une vitrine des savoir-faire de la formation consulaire vauclusienne dont l’Ecole hôtelière d’Avignon (EHA) en est le fleuron internationalement reconnu. Objectif pour la Ville : éviter l’implantation d’un symbole de la malbouffe en vis-à-vis des remparts du XIVe siècle.
Pour la CCI, cette demande de la municipalité tombe également à point nommé. En effet, la Chambre est en pourparlers avec la municipalité pour qu’elle lui cède des terrains jouxtant son campus de l’allée des Fenaisons afin de pouvoir étendre l’offre et la capacité d’accueil de son Académie Vaucluse Provence. Le projet ‘gagnant-gagnant’ est alors mis sur les rails avec la bénédiction de la SNCF qui y voit là une démarche inédite éventuellement duplicable dans d’autres gares hexagonales.

Une vitrine des savoir-faire culinaire et gastronomique de la CCI
« Il nous est apparu que cet équipement présentait plusieurs intérêts pour notre CCI, expliquait Gilbert Marcelli en préambule du vote ayant approuvé cette initiative. D’abord, poursuivre l’évolution de notre école hôtelière et de nos enseignements puisque ce restaurant accueillera nos apprenants et les servira, à travers la société que l’on va créer. Ensuite, faire une vitrine ouverte sur la ville, pour les passagers qui fréquentent la gare et les avignonnais, de notre savoir-faire culinaire et gastronomique. Enfin, faire de ce lieu un lieu de valorisation à travers des expositions de nos entreprises et de nos produits qu’ils soient agricoles, viticoles, industriels ou autres. »

Après avoir remporté l’appel d’offres de la SNCF en janvier 2024, la CCI 84 espère alors ouvrir le Quai des saveurs avant l’été de la même année. Les travaux d’aménagement, d’un montant de 1,3M€ environ, prennent plus de temps que prévu et finalement, l’établissement de près de 200m2 comprenant aussi une terrasse de 100m2 est inauguré en décembre 2024. Plus d’une vingtaine de salariés sont sur le pont dont plus de la moitié d’apprentis. Dans le même temps, la cuisine est confiée à Saïd Soumaila, un jeune chef prometteur et ancien élève de l’EHA. Son second est le carpentrassien Naël Tamghart, lui aussi ancien élève de l’Ecole hôtelière (voir aussi encadré : ‘Une cuisine en partance’). L’équipe bénéficie du soutien de Xavier Mathieu, chef étoilé du Phébus à Gordes, et également formé à l’École Hôtelière d’Avignon, et de Patrice Leroy, directeur technique de l’Ecole.

Une cuisine en partance
A gauche sur la photo Naël Tamghart, second de cuisine, a remporté la médaille d’Excellence pour le métier Cuisine au Euroskills 2025 en septembre dernier. Depuis, l’ancien élève de l’Ecole hôtelière d’Avignon, a quitté les cuisines du Quai des saveurs dans la foulée de son prix international obtenu au Danemark.
Pour sa part, Saïd Soumaila, le prometteur chef de l’établissement (à droite sur la photo), en fera bientôt de même. Après avoir posé sa démission fin avril, celui qui a été notamment distingué aux Worldskills abandonnera définitivement les fourneaux du Quai des saveurs à la fin du mois de mai 2026.
Crédit : Quai des saveurs/DR

Un business plan défaillant ?
Côté finances, les services de la direction de la CCI établissent un ‘business plan’ d’un montant de plus de 1,2M€ par an. Une estimation très (trop) ambitieuse ? La marche semble en tout cas démesurément grande pour l’établissement bistronomique.
Cela se complique en tout cas lorsque les professionnels locaux de la restauration y voient une soudaine concurrence déloyale. De leur côté, les opposants à Gilbert Marcelli y trouvent surtout le prétexte de se débarrasser d’un bouillant président devenu ‘gênant’ dans plusieurs dossiers ‘sensibles’ comme la future DSP (Délégation de service publique) de l’aéroport d’Avignon, le rachat du centre de formation Nextech ou bien encore le lancement d’une procédure disciplinaire à l’encontre du directeur général de la CCI de Vaucluse pour faute grave (ndlr : dossier actuellement toujours sous investigation du ministère de l’Economie dont dépend notamment les organismes consulaires).

Et pour ne rien arranger, le modèle économique n’a pas pris en compte l’ouverture, à quelques dizaines de mètres, d’un Marie Blachère qui ‘grignote’ l’activité petit-déjeuner. A cela s’ajoute l’incompatibilité de la réglementation concernant les amplitudes des horaires d’ouverture d’un restaurant d’application (comme initialement prévu), même si de nombreux apprentis sont embauchés par l’établissement.
Malgré tout, le Quai des saveurs a réalisé un chiffre d’affaires de près de 600 000€ pour sa première année d’activité en 2025. Pas si mal pour un projet ex nihilo. Pas suffisant cependant pour faire face aux dépenses.

Le jugement d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire du Quai des saveurs.

Cessation des paiements
Suite à la mise sous tutelle par le préfet de région de la CCI 84 après la démission d’une majorité d’élus consulaires, les administrateurs provisoires de l’organisme consulaire désignés ensuite avaient placé le dossier ‘Quai des saveurs’ en haut de la pile.
Depuis, les effectifs ont été largement revus à la baisse et l’établissement s’est imposé une chasse drastique aux dépenses. Dans le même temps, la Chambre de commerce et d’industrie a fermé les robinets dans ce dossier où le passif est estimé à presque 1M€.

Dans ces conditions, le Tribunal des activités économiques (TAE) d’Avignon vient d’ouvrir en date du 7 mai une procédure de redressement judiciaire à l’encontre du Quai des saveurs. Concrètement, la juridiction a fixé la date de cessation des paiements au 24 Avril 2026. En conséquence les créances sont à adresser dans les deux mois auprès du mandataire judiciaire ou sur le portail électronique prévu par les articles L. 814-2 et L. 814-13 du code de commerce.

Au-delà de ce délais, le restaurant de la CCI de Vaucluse va t’il rester à quai ? Ce sera certainement l’un des dossiers les plus urgents à traiter pour la nouvelle présidence qui devrait être élue cette été. Encore faut-il que le Quai des saveurs n’ait pas définitivement déraillé d’ici là. Autre inconnu : quelle sera la position de la nouvelle municipalité concernant la plus belle de ses entrées de ville ?

Laurent Garcia


CCI de Vaucluse : le patronat vauclusien veut tourner la page

Comme nous l’avions annoncé début mars dernier, de nouvelle élections vont avoir lieu pour afin d’élire les nouveaux membres de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) de Vaucluse. Après la phase de mise à jour des listes des ressortissants pouvant participer à ce vote qui se déroulera du 29 juin au 10 juillet, place au dépôt des listes.

« Suite à la dissolution de l’assemblée générale et du bureau de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Vaucluse par arrêté du préfet de la région Provence Alpes Côte d’Azur du 30 janvier 2026, les élections des membres de la chambre de commerce et d’industrie (CCIT) auront lieu du 29 juin au 10 juillet 2026 par un vote par correspondance », explique dans un communiqué les services de la préfecture de Vaucluse.

Les candidatures sont déclarées par écrit en préfecture de Vaucluse selon les modalités suivantes :

• du mercredi 20 mai 2026 au jeudi 28 mai 2026 de 8h30 à 11h30 et de 13h30 à 16h30 (clôture à 12h00 le 28 mai 2026)
Ne sont pas compris les samedis et dimanches de cette période.

• en Préfecture de Vaucluse – Direction de la citoyenneté et de la Légalité – Bureau de la réglementation, des titres et des élections – Bâtiment A, 1er étage – 2, avenue de la Folie 84 000 AVIGNON
Aucune candidature ne pourra être enregistrée en dehors de ces dates et heures.

Tout électeur qui remplit les conditions fixées à l’article L713-4 du Code de commerce peut se porter candidat dans sa sous-catégorie ou, à défaut, dans sa catégorie professionnelle. Nul ne peut être candidat dans plus d’une sous-catégorie ou catégorie.

La déclaration de candidature indique le nom, les prénoms, le sexe, la date et le lieu de naissance du candidat, sa nationalité, la dénomination sociale et l’adresse de l’entreprise dans laquelle il exerce ses fonctions, le tribunal de commerce (tribunal des affaires économiques d’Avignon en Vaucluse) dont son entreprise est ressortissante, son numéro d’inscription sur la liste électorale, la catégorie professionnelle et la sous-catégorie dans laquelle il se présente. La déclaration fait apparaître clairement si l’intéressé(e) est candidat(e) aux deux mandats associés de membre de la chambre de commerce et d’industrie de région et de membre de la chambre de commerce et d’industrie territoriale de Vaucluse, ou s’il (si elle) se présente comme membre de la seule chambre de commerce et d’industrie territoriale de Vaucluse.

L.G.

L’ensemble des informations utiles ainsi que les documents à présenter sont disponibles en ligne sur le site internet de la préfecture de Vaucluse www.vaucluse.gouv.fr, rubrique Citoyenneté-Elections, ‘élections professionnelles – élections Chambre de commerce et d’Industrie de Vaucluse 2026 – candidatures’.


CCI de Vaucluse : le patronat vauclusien veut tourner la page

C’était un secret de polichinelle, la mise sous tutelle de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) de Vaucluse est désormais officiellement actée.

L’arrêté de dissolution (voir pages 100 et 101) a été signé le vendredi 30 janvier par Jacques Witkowski, le nouveau préfet de Région. Il a ensuite été publié ce lundi 2 février au recueil des actes administratifs de l’Etat de la région Paca. Selon cet arrêté, l’assemblée générale de CCI 84 (mais aussi son bureau et sa présidence) n’exercent plus aucune fonction au sein de l’organisme consulaire.  

Cette décision a été prise suite à la démission (entre les 10 décembre et 7 janvier derniers) de 22 des 32 membres de cette assemblée de la CCI 84 élue lors du scrutin consulaire de novembre 2021.
Plus de la moitié des élus étant démissionnaires, le préfet de région s’est donc vu dans l’obligation de procéder à « la dissolution de l’assemblée générale de la chambre, à la mise en place d’une commission provisoire chargée de gérer les affaires courantes et à l’organisation sous six mois de nouvelles élections. »

Mise en place d’une commission de 4 membres
Dans l’attente de l’installation de cette nouvelle assemblée générale et d’un nouveau bureau, le préfet de région a désigné une commission provisoire afin d’expédier les affaires courantes au sein de la chambre vauclusienne. Elle est constituée de 4 membres.

Stéphane Paglia, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles et membre de la CCI région Provence-Alpes-Côte d’Azur, sera le président et l’ordonnateur de cette commission.
Alors que les rapports délétères entre les soutiens à Gilbert Marcelli, le président de la CCI 84, et leurs opposants démissionnaires ont mis une nouvelle fois la Chambre vauclusienne dans une situation ubuesque, Stéphane Paglia semble avoir le profil idéal pour ramener un peu de sérénité au pays des Tuche. Président d’une CCI voisine ayant le même profil que celle de Vaucluse, il affiche déjà une parfaite connaissance d’un territoire économique similaire au sien en de nombreux points.

« La commission rendra des comptes mensuellement aux services de l’Etat. »

Jacques Witkowski, préfet de Région Paca

La commission provisoire est ensuite aussi composée de Daniel Margot, président de la CCI Provence-Alpes-Côte d’Azur, Richard Hemin, ancien membre de la CCI 84, patron du Grand Café Barretta à Avignon et l’un des chefs de file des élus démissionnaires, ainsi que Cédric Ribeiro, ancien membre de l’assemblée.
Ce dernier, véritable expert-comptable au sein du cabinet vauclusien Adezio dont il est gérant associé, est désigné trésorier par le préfet de région. Elu initialement sur la liste UP-Medef 84 avant de rejoindre la majorité actuelle, Cédric Ribeiro est certainement le membre le plus compétent et le plus neutre pour assurer la mission qui lui a été confiée.

Dans tous les cas, si cette « commission provisoire est autorisée à prendre les mesures nécessaires à l’expédition des affaires courantes » elle devra « rendre compte mensuellement aux services de l’Etat » et tout particulièrement à la « Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités », explique le préfet de Région.

Quels dossiers en haut de la pile ?
La tutelle aura plusieurs dossiers sensibles à traiter rapidement. Tout d’abord la reprise de l’école Nextech et le restaurant Quai des saveurs qui ont particulièrement cristallisé la contestation des opposants à l’équipe dirigeante sortante.

Cependant, le sujet le plus brûlant pour la commission provisoire est sans conteste le renouvellement de la DSP (Délégation de service public) de l’aéroport d’Avignon-Provence dont la gestion était jusqu’alors confiée par la Région Sud à la CCI de Vaucluse.
Cette DSP devant être renouvelée avant la fin de l’année, les acteurs économiques locaux (syndicats patronaux et collectivités locales tout particulièrement) s’inquiètent désormais que le Vaucluse perde la main sur cette infrastructure aéroportuaire regroupant près de 400 emplois sur les 180 hectares du site. Nombre d’entre eux annoncent déjà qu’ils seront extrêmement vigilants sur ce dossier et commencent à se mobiliser sur le dossier.

Autre sujet délicat à régler pour l’équipe assurant la tutelle de la CCI 84, la suite de la procédure de licenciement pour raisons disciplinaires entamée par la CCI de région à l’encontre du directeur général actuel de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse.


CCI de Vaucluse : le patronat vauclusien veut tourner la page

Les trois chambres consulaires de Vaucluse (la Chambre de métiers et de l’artisanat, la Chambre d’agriculture et la Chambre de commerce et d’industrie) viennent de présenter conjointement leurs vœux pour l’année 2026. Dans un contexte économique agité, les trois organismes ont tenu à marquer « l’union sacrée de ces piliers de l’économie locale.

La présence de nombreux acteurs économiques et de décideurs institutionnel et politique « est le signe de la valeur et du dynamisme de nos partenariats pour le développement économique de notre beau département » s’est félicité Valérie Coissieux, présidente de la Chambre de métiers et d’artisanat en Vaucluse lors des vœux interconsulaires qui se sont déroulés à la chapelle Saint-Praxède à Avignon.

« Les chambres consulaires ont toujours été présentes pour ceux qui souhaitent créer, se développer ou rebondir. »

Valérie Coissieux, présidente de la Chambre de métiers et d’artisanat en Vaucluse

Celle qui est aussi présidente en exercice du Comité inter-consulaire poursuit : « Une fois de plus, nos trois chambres consulaires ont souhaité organiser cette cérémonie ensemble pour rappeler notre mission commune : contribuer au développement économique de notre territoire en organisant, appuyant et coordonnant toutes actions de promotion nécessaire à cela. On le voit, notre association, créée en janvier 1984, s’intéressait déjà au marketing territorial et ce, avant même que le concept soit développé.

Ensemble, nos trois chambres consulaires réaffirment notre engagement pour le développement et la valorisation des acteurs du territoire vauclusiens », insiste Valérie Coissieux qui rappelle le rôle collectif des chambres. « Rester à la hauteur de nos missions, répondre aux attentes de nos entreprises avec une résilience exemplaire, et refuser de céder à la tentation du pessimisme. Les chambres consulaires ont toujours été présentes pour ceux qui souhaitent créer, se développer ou rebondir. Cette mission n’a jamais été aussi essentielle qu’aujourd’hui. »

 « On est fier de nos chambres consulaires. »

Sophie Vache, présidente de la Chambre d’Agriculture de Vaucluse

« On est fier de nos chambres consulaires », complète Sophie Vache, présidente de la Chambre d’Agriculture de Vaucluse.
« Nous sommes aussi très fiers de nos produits et de ce que nous produisons dans notre département », enchaine celle qui découvre cette structure interconsulaire depuis son élection au printemps dernier afin de succéder à Georgia Lambertin devenue présidente de la Chambre régionale de l’agriculture de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

« L’interconsulaire, c’est la force du collectif. »

Dominique Damiano, vice-président de la CCI de Vaucluse

« L’interconsulaire, c’est la force du collectif », assure de son côté Dominique Damiano, vice-président de la CCI de Vaucluse. L’occasion pour celui qui en charge du commerce d’évoquer notamment les projets du label éco-défis, l’économie circulaire et plus particulièrement le dossier de la gestion des déchets des entreprises, les difficultés d’essor de l’opération des chèques-cadeaux de l’interconsulaire.
« Dans l’intérêt général, nous continuerons, bien sûr, à être partie prenante dans les différentes structures où figure la CCI de Vaucluse », termine Dominique Damiano.

Dans tous les cas « l’heure est à la transversalité, insiste en chœur les représentants des trois chambres vauclusiennes. Qu’il s’agisse d’artisanat, d’agriculture ou de commerce, les chambres consulaires maintiennent plus que jamais leur engagement pour le développement économique et la valorisation des acteurs du territoire. »

Le soutien du département
Egalement présente Dominique Santoni, présidente du conseil départemental de Vaucluse qui a présenté ses vœux quelques jours auparavant à Oppède a insisté : « Je suis pas ici par habitude. Je suis là par conviction. Parce que l’attractivité du Vaucluse se construit avec nos agriculteurs, nos chefs d’entreprise, nos artisans. Ceux qui véritablement produisent, innovent, vendent… Ceux qui sont véritablement dans la réalité sur l’ensemble de notre territoire. Je crois que l’attractivité ce n’est pas un mot. L’attractivité ce sont les exploitations agricoles,  des artisans, des commerces de proximité, des entreprises, des industries, des industries touristiques et des services. L’attractivité, c’est véritablement tout un écosystème. Et cette attractivité, elle repose sur trois piliers qui sont indissociables : l’agriculture, l’artisanat et le commerce, accompagné donc bien entendu par la CCI, la chambre des métiers et la chambre d’agriculture. Aucun ne va sans les autres. »

La Région appuie les Chambres
Pour sa part, Bénédicte Martin, vice-présidente, en charge de l’agriculture, de la viticulture, de la ruralité et du terroir au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur « il était impensable que la Région ne soient pas présentes à ces vœux interconsulaires car nous sommes la collectivité de l’économie aux côtés des communautés communes et d’agglomération. En effet, la Région Sud en charge la stratégie économique, l’organisation des filières ou bien encore le financement des entreprises. A ce titre, nous travaillons tout naturellement avec trois chambres consulaires. Tout particulière l’agriculture dans ce département où, plus qu’ailleurs, il y a de grands défis structurants à relever notamment les aménagements hydrauliques. Nous accompagnons aussi les entreprises au quotidien sur ce territoire. Nous avons par exemple un service financement des entreprises à l’antenne de la Région à Avignon. Et quand il y a des projets, on sait se mettre autour de la table avec le Département et son agence VPA, avec les pôles de compétitivité, avec l’Etat pour accompagner ces dossiers. »


CCI de Vaucluse : le patronat vauclusien veut tourner la page

La Chambre économique franco-marocaine (CEFM) organise la 2ᵉ édition de la mission économique ‘Morocco Business 2025’, qui se déroulera du 23 au 30 novembre 2025 à Tanger, Rabat et Dakhla*. Une délégation d’une vingtaine de chefs d’entreprise, investisseurs, responsables institutionnels prendra part à ce déplacement officiel. Elle rencontrera notamment les Walis des régions et tiendra une réunion au Sénat marocain, tout en échangeant avec d’autres acteurs institutionnels clés.

« Un pont entre les entrepreneurs des deux rives. »

Younes Khattabi, président de la CEFM

Cette initiative, soutenue par la CCI de Vaucluse partenaire officiel de la CEFM, vise à promouvoir, accompagner et faciliter les échanges économiques entre la France et le Royaume chérifien, tout en ouvrant de nouvelles perspectives vers le continent africain, dont le Maroc constitue l’une des portes d’entrée majeures.
« Morocco Business 2025 est avant tout un pont entre les entrepreneurs des deux rives, explique l’avignonnais Younes Khattabi, président de la CEFM. Nous voulons aider les entreprises à découvrir les opportunités qu’offre le Maroc, notre mission est d’accompagner et de promouvoir ceux qui souhaitent investir, s’implanter ou collaborer avec le Royaume Chérifien. »

Une mission à visage humain
« Cette mission symbolise une coopération à visage humain, nous unissons nos forces avec la CCI du Vaucluse pour offrir aux entrepreneurs un accompagnement concret et personnalisé, poursuit Hamid Rahmouni, vice-président de la CEFM. Une action caritative est organisée en parallèle, avec le don de trois bus scolaires destinés à des villages reculés, afin de faciliter l’accès des enfants à l’école. »

« Une action caritative est organisée en parallèle, avec le don de trois bus scolaires. »

Hamid Rahmouni, vice-président de la CEFM

Créer des passerelles durables
Pour sa part, en soutenant cette mission économique, la CCI 84 entend marquer sa volonté de stimuler l’investissement, de renforcer la coopération bilatérale et de créer des passerelles durables entre la France et le Maroc.
Ainsi, une première mission ‘Morocco Business 2025’ en mai dernier (suite à cette première édition, plusieurs participants ont franchi le pas en lançant leur projet d’investissement au Maroc), la Chambre consulaire a officialisé le mois dernier un partenariat avec la CEFM afin de consolider cette dynamique.  

« Les perspectives d’investissement au Maroc continuent de croître dans des secteurs stratégiques, rappellent les responsables de la CEFM. Ce partenariat illustre non seulement les opportunités économiques qu’offre le Royaume chérifien, devenu une véritable porte d’accès vers l’Afrique, mais aussi la force des liens fraternels et institutionnels entre la France et le Maroc, permettant aux entrepreneurs des deux pays de bâtir ensemble des projets solides et durables. »

L.G.

*Quelques places sont encore disponibles : les personnes souhaitant participer à ce voyage d’affaires peuvent contacter la CEFM au 07 67 34 43 23 ou sur coordination.moroccobusiness@gmail.com


CCI de Vaucluse : le patronat vauclusien veut tourner la page

Les associations Amitié et Entraide Franco-Marocaine (AEFM) et Perspective Rugby et Développement (PRD) viennent de lancer depuis la CCI de Vaucluse la mission économique ‘Morocco Business 2025’

Le siège de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) de Vaucluse à Avignon vient d’accueillir le lancement officiel de la mission économique ‘Morocco Business 2025’. Ce projet est initié par l’Association Amitié et Entraide Franco-Marocaine (AEFM) présidée par Hamid Rahmouni, et l’Association Perspective Rugby et Développement (PRD) présidée par Younes Khattabi. Il s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer les liens économiques et culturels entre la France et le Maroc.

Une délégation d’investisseurs en partance pour le royaume chérifien
Devant un parterre d’acteurs économiques et institutionnels, Tomas Redondo, directeur général de la CCI 84, a reçu les organisateurs pour une conférence officielle présentant les grandes orientations du projet. Ce lancement marque le départ d’une délégation de 20 participants, principalement des investisseurs, qui s’apprêtent à parcourir Casablanca, Marrakech et Rabat du 25 au 31 mai 2025 afin d’explorer les opportunités offertes par le Royaume chérifien et tisser des contacts durables.

Sous l’impulsion des deux présidents des associations ainsi que de leurs vice-présidents respectifs Zaki Gourmane et Hicham Laribi, la mission ambitionne d’aller bien au-delà d’un simple voyage d’affaires. Les organisateurs souhaitent en faire le socle d’un programme à long terme, avec des rendez-vous réguliers dans différentes régions marocaines. Leur objectif : valoriser tout le territoire, des grandes métropoles aux communes rurales, en adaptant les stratégies d’investissement aux réalités locales.

Contexte diplomatique favorable
« Ce projet s’inscrit dans un contexte diplomatique renouvelé, marqué par la reconnaissance officielle par la France de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, une décision qui ouvre de nouvelles perspectives de coopération entre les deux pays, expliquent les initiateurs de ce ‘Morocco Business 2025’. Le Maroc, qui accueillera plus de 30 événements culturels, sportifs et professionnels d’envergure dans les prochaines années, continue de se positionner comme un acteur clé du développement régional et international.»

Avec ce projet les organisateurs entendent tout particulièrement « construire des ponts durables entre les peuples et les territoires, dans un esprit de confiance, de fraternité et de réciprocité, illustrant ainsi le rôle moteur de la diaspora marocaine et des institutions locales dans la dynamique économique entre la France et le Maroc ».

L.G.

Contact : coordination.moroccobusiness@gmail.com ou 06 24 07 44 56


CCI de Vaucluse : le patronat vauclusien veut tourner la page

L’association Carpensud dont le rôle est de promouvoir le développement économique de ses entreprises adhérentes sur la zone autour de Mont Ventoux notamment a convié ses membres à une après-midi dédiée aux synergies possibles entre les entreprises. Ceci peut se faire dans de nombreux domaines comme la mutualisation des déchets par exemple. 30 entreprises étaient présentes pour l’occasion dans les locaux de la Gare numérique à Carpentras, gérée par la Cove. L’après-midi était animée par la CCI du Vaucluse qui dispose de l’outil ACTIF, levier innovant permettant d’identifier d’optimiser les collaborations interentreprises.

L’atelier proposé s’inscrivait dans la continuité du projet EIT (écologie industrielle et territoriale) initié en septembre dernier et mené par Carpensud. Ce dernier a permis de mettre en évidence un fort besoin de la part des entreprises en mutualisation. Cette démarche permet une démarche écologique mais également une réduction des coûts dans de nombreux domaines. Cette seconde initiative, en partenariat avec la CCI du Vaucluse s’inscrit dans le prolongement du projet EIT avec un soutien de la région PACA. Carpensud a d’ailleurs lancé une nouvelle commission EIT qui a pour but de mettre en œuvre ce projet territorial. L’objectif principal est d’optimiser les ressources qui entrent dans l’entreprise et les déchets qui en sortent sur son territoire, afin de réduire l’impact sur l’environnement.

22 rendez-vous concrets
Les chefs d’entreprise présents à la gare numérique ont pu réfléchir ensemble à l’aide de l’outil ACTIF de la CCI. L’après-midi a été animé par des chargés de mission la CCI maîtrisant le concept. À partir des annonces de chacun, des synergies ont été identifiées permettant de renforcer les collaborations interentreprises, autour de 40. Ces synergies ont donné lieu en fin de réunion à 22 rendez-vous concrets programmés entre les entreprises présentes.
« Je suis satisfaite de cet après-midi. Les entreprises participantes ont bien vu l’importance de la mutualisation grâce à cet outil de la CCI. L’objectif est bien évidemment de suivre cela pour en évaluer les actions concrètes qui seront réalisées » explique Sophie Montmasson, animatrice de Carpensud.

« Être également facilitateur entre différents acteurs du territoire. »

Tomas Redondo, directeur général de la CCI du Vaucluse

« Nous voulons réitérer cette expérience de collaboration avec les autres EPCI du département, complète Tomas Redondo, directeur général de la CCI du Vaucluse. Nous avons des conventions avec l’ensemble des EPCI du territoire de Vaucluse. Le maillage qui existe entre une association d’entreprises comme Carpensud, la Cove qui accueille cet événement dans la Gare numérique, et la CCI est une chose profitable. La CCI y est dans sa pleine mission d’accompagner les entreprises mais d’être également facilitateur entre différents acteurs du territoire. Au travers de l’outil ACTIF développé par la Chambre de commerce, les entreprises vont pouvoir évaluer leurs besoins et voir les synergies possibles avec les autres en créant une véritable réseau de coopération interentreprises. Nous sommes animateurs durant cet après-midi pour Carpensud qui a le pilotage de ce projet. »

Carpensud est l’une des plus anciennes associations entreprises du Comtat venaissin et du Vaucluse. Elle compte 150 adhérents et a 25 ans d’existence. Elle est organisée en commission au nombre de sept : économique, emploi-jeunesse-formation, événements, relations extérieures communication, écologie et EIT qui a concerné cet après-midi de travail à la Gare numérique.


CCI de Vaucluse : le patronat vauclusien veut tourner la page

Sous l’impulsion de la CCI de Vaucluse, à qui la Région Sud a délégué la gestion de l’aéroport d’Avignon, la plateforme aéroportuaire de la cité des papes entend favoriser la création d’une filière locale de démantèlement et de reconversion aéronautique. Une persévérance qui devrait très prochainement porter ces fruits.

Le projet Aero 145 Aegis ayant finalement fait long feu, la Société aéroport Avignon-Provence, qui gère la plateforme aéroportuaire d’Avignon pour le compte de la CCI de Vaucluse, n’en a pas pour autant abandonné son ambition de développer une activité autour de la mise en place d’une « filière de démantèlement, reconversion, stockage et maintenance d’avions ou d’hélicoptères civils ».
Pour cela, l’aéroport d’Avignon a donc lancé, courant 2024, un AMI (Appel à manifestation d’intérêt) afin de solliciter les éventuels candidats au développement de cette filière. Et c’est l’entreprise Eleven, une société d’ingénierie spécialisé dans la maintenance aéronautique basée à Istres, qui a répondu favorablement à cette demande.

Basée à Istres, la société Eleven est spécialisée dans la maintenance aéronautique. Crédit : Eleven/DR

50 à 70 emplois d’ici 2 ans ?
« Chez nous, Eleven va procéder à la maintenance et au ‘retrofit’ (rénovation) de petits, moyens et longs courriers, dévoile Guillaume Desmarets, nouveau directeur de l’aéroport depuis mai dernier. A charge pour les salariés qui seront recrutés, entre 50 à 70 en 2 ans, de transformer un avion commercial en cargo ou de faire passer le nombre de sièges d’un aéronef de 100 à 200. Ici, à Avignon, l’entreprise nous a fait savoir qu’elle avait besoin, dans un premier temps, de 5 000m2 de hangars pour accueillir des Airbus A 310 par exemple. Mais petit à petit, Eleven pourrait s’agrandir et développer ses activités afin de créer des emplois supplémentaires. »
« Cela élargirait notre gamme de compétences et ancrerait encore plus la Société Aéroport Avignon Provence comme pôle d’excellence », se réjouit Guillaume Desmarets qui a auparavant été pilote de chasse au sein de l’Armée de l’Air et de l’Espace où il a notamment piloté des Jaguar lors de missions en Irak et au Kosovo.

Guillaume Desmarets, directeur de l’aéroport d’Avignon Provence depuis mai dernier. Crédit : aéroport d’Avignon/DR

Le point sur l’activité du site
L’occasion pour celui qui a aussi travaillé au centre d’essais en vol d’Istres de rappeler les enjeux de la plateforme aéroportuaire vauclusienne appartenant à la Région Sud qui en a délégué la gestion à la CCI 84 depuis 2007.
« Ici, nous pouvons accueillir des aéronefs d’une capacité de 20 à 120 places, des Gulfstream américains comme des Embraer brésiliens, poursuit Guillaume Desmarets.
Selon l’Union des aéroports français, celui d’Avignon aurait accueilli 3 758 passagers en 2023 (-62,1% par rapport à 2022) « mais 16 000 en tout par an en incluant les jets privés. Il y a aussi l’aviation civile, d’affaires, les charters, les touristes et si on compte les pilotes, stewarts et hôtesses, ce sont 80 000 personnes transportées. »
« Après le Covid et la crise sanitaire de 2019, l’aéroport d’Avignon a retrouvé son rythme de croisière car les pilotes, cloués au sol pendant des semaines, ont dû repasser leur licence ou leur habilitation, ce qui a boosté l’activité aéronautique » précise aussi le directeur.

Le pôle économique de l’aéroport s’étend sur 16 hectares autour du tarmac de la piste avignonnaise. Il regroupe près de 60 d’entreprises comptant plus de 500 emplois qualifiés. Crédit : aéroport d’Avignon/DR

Un pôle d’emplois qualifiés
L’aéroport c’est aussi le pôle de compétitivité aéronautique Pegase (baptisé pôle Safe au niveau régional) ainsi que les 16 hectares de foncier économique de la zone abritant près d’une soixantaine d’entreprises regroupant plus de 500 emplois qualifiés autour des 1 880 mètres du tarmac de la piste papale.
Parmi eux notamment, la base de maintenance des hélicoptères de RTE (Réseau de transport d’électricité), qui assure l’entretien et la surveillance des plus de 100 000 kilomètres de lignes à haute et très haute tension françaises, le sellier haut de gamme de la Maison Borghino, tout particulièrement spécialisée dans les sièges en cuir pour l’aviation d’affaires, ou bien encore, plus récemment, AES, le pionnier des drones marocains.

Il y a quelques semaines, l’aéroport d’Avignon a été le théâtre d’une première mondiale : le chargement d’un hélicoptère civil Super Puma dans un A400M militaire destiné aux missions de secours à Mayotte. Crédit : aéroport d’Avignon/SAF Hélicoptères/DR

Un ‘hub’ sanitaire et de protection civile
Enfin, activité méconnue de cet aéroport ayant vu le jour en 1937 : la plateforme est aussi un ‘hub’ important en matière de sécurité civile et de santé. Ainsi, elle collabore avec le centre hospitalier Henri-Duffaut, seul établissement de santé du département à être habilité aux prélèvements d’organes en Vaucluse, dans le cadre de transfert d’organe. Dans des circonstances ou chaque seconde compte, il est en effet vital de disposer d’un accès spécifique pour les ambulances afin qu’elles puissent stationner directement aux portes des avions médicalisés.
Par ailleurs, il y a quelques semaines pour la première fois un Super Puma civil a été chargé à l’intérieur d’un avion de transport militaire A400M de l’Armée de l’air. L’hélicoptère était destiné aux missions humanitaires suite au passage du cyclone Chido à Mayotte. Durant le Covid, en 2020, c’est également un A400M qui avait transféré des patients de l’hôpital d’Avignon, alors saturé, vers des établissements de santé en Bretagne.

Andrée Brunetti & Laurent Garcia

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