Banque Alimentaire : toujours plus de pauvreté mais heureusement toujours plus de générosité des Vauclusiens
« On est passé de 1 460 tonnes de nourriture collectées en 2024 à 1 800 tonnes en 2025 et à l’équivalent de 3 millions de repas servis à 60 000 Vauclusiens (au lieu de 55 000 l’an dernier) », a précisé la Présidente de la Banque Alimentaire de Vaucluse, Pascale Hémard lors de la cérémonie des vœux. Toutes les denrées sont collectées gratuitement par les ‘Gilets orange’, redistribuées sur l’ensemble du département auprès de 70 associations et Centres Communaux d’Action Sociale pour aider les plus précaires.
Même si « la misère est moins pénible au soleil », comme le chantait Charles Aznavour, le Vaucluse est un département où 19,3% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, où on recense plus de 15 000 foyers qui bénéficient du RSA (Revenue de Solidarité Active), où même des travailleurs n’arrivent pas à se nourrir correctement. Et la tâche est encore plus ardue pour les chômeurs, les retraités, les étudiants et les mères de familles monoparentales qui ont la plus grande peine à joindre les deux bouts pour que leurs petits mangent à leur faim.
« Aux portes de 2026, je m’attacherai à entraîner mon équipe vers de nouveaux projets qui nous donnent de l’énergie et l’envie de progresser, a insisté la Présidente de la BA 84. A commencer par la création d’une épicerie sociale et mobile ‘Epi’Solidaire’ , un camion réfrigéré qui ira à la rencontre des jeunes de BTS du Grand Avignon. Une relocalisation des locaux pour plus d’efficience et de confort pour les bénévoles et l’équipe de distribution, une restructuration de la chaîne de distribution avec l’embauche d’un chef d’exploitation, une amélioration de la couverture des zones blanches, l’amélioration de la qualité des denrées distribuées avec davantage de bio et de circuits courts et enfin l’élargissement du panel de produits proposés. »
En présence des personnalités, des représentants de l’État et des collectivités locales, d’élus, des bénévoles et salariés de la Banque Alimentaire de Vaucluse comme des partenaires-donateurs, Pascale Hémard a cité les prénoms de tous ces anonymes, jeunes ou retraités qui donnent de leur temps pour aider les plus démunis. Martine, Jean-Luc, Pascal, Elena, Anthony, Denis, Vova, Frédéric, Redouane, Mireille, Philippe, Patrick, Astrid, Bruno, Christine, Dominique Didier, Stéphane, Leslie, Alain, Joëlle, Hassan, Fabien, Mirhail et Abdel. Pour une fois, ils ont été mis en lumière et chaleureusement applaudis par l’assistance.
La prochaine collecte à la sortie des supermarchés est prévue les 6-7-8 mars prochains.
Contact : 04 90 87 81 80
Banque Alimentaire : toujours plus de pauvreté mais heureusement toujours plus de générosité des Vauclusiens
Le Centre Médical Municipal Transitoire (CMMT) de Monteux ouvrira ses portes le lundi 2 février. Installé au rez-de-chaussée du bâtiment le Saphir, il a été conçu pour répondre, dans une situation de crise médicale, aux attentes des Montiliens les plus fragiles et rencontrant des difficultés d’accès aux soins. Il a vocation à être transitoire, en attente d’une Maison de Santé Pluriprofessionnelle.
» Je suis ravie d’intégrer ce nouveau pôle médical transitoire qui est une innovation. Le bâtiment est très bien adapté avec deux cabinets médicaux. Deux autres sont en projet. Il y a bien sûr une salle d’attente, un accueil et une salle de réunion pour la coordination de l’ensemble des médecins » explique Marielle Lafont, médecin retraité installée à Morières, qui sera la coordinatrice de ce pôle médical. » Emue par les patients qui sont au bord de la route, sans médecin traitant, je reprends du service dans cette belle aventure médicale et humaine. Je voulais proposer à mes collègues médecins un lieu où on soit content d’y venir, avec enthousiasme. Notre énergie est toujours là. On ne peut pas laisser des patients sans médecin. De plus, ce projet innovant va permettre d’alléger la charge de travail des médecins généralistes du secteur « . Cette structure est un tremplin transitoire qui doit permettre de répondre aux besoins médicaux du moment. Les patients n’auront pas toujours le même médecin traitant car les médecins tournent dans la semaine.
Des patients sans médecin traitant
Le CMMT accueillera en priorité des patients sans médecin traitant, résidant à Monteux, et âgées de plus de 65 ans ou reconnus en ALD (Affection longue durée). Le centre n’a pas vocation à prendre en charge les urgences médicales. Le CMMT fonctionnera avec des médecins généralistes vacataires, salariés par la commune. La majorité d’entre eux sont des médecins retraités ayant choisi de poursuivre une activité à temps partiel.
Depuis de nombreux mois, élus et professionnels de santé montiliens ont travaillé avec l’Agence régionale de Santé (ARS) et la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) à la création d’une Maison de Santé Pluridisciplinaire (MSP) pour favoriser le travail en équipe entre professions médicales et paramédicales. Ce regroupement répond à une double problématique : d’un côté, l’accès aux soins pour les patients est facilité, de l’autre, les soignants bénéficient d’un cadre plus structuré, d’une organisation plus fluide.
Un projet de Maison de santé pluridisciplinaire
Pour concrétiser cela, la commune de Monteux a acheté et rénové un bâtiment, 9 avenue de la Libération. Il appartenait précédemment à Grand Delta Habitat qui l’utilisait en tant que bâtiment administratif. En attendant la labellisation par l’ARS et les dotations et subventions qui vont avec, la Ville a décidé de mettre en place ce CMMT, pour apporter une solution concrète, car partout en France, à Monteux comme ailleurs, trouver un médecin traitant devient de plus en plus difficile.
Il a été pensé pour offrir des consultations médicales de premier recours, avec une organisation simple et efficace. La commune a recruté huit médecins retraités, salariés par la commune, qui vont se relayer pour assurer des consultations régulières. Par ailleurs, le centre médical a déjà accueilli un nouveau médecin généraliste, en pratique libérale à la mi-janvier.
Ce projet devrait être dupliqué dans d’autres villes qui ont manifesté leur intérêt pour cette innovation unique en région Paca. Des villes se sont déjà manifestées pour connaître les modalités d’organisation de cette initiative.
Les consultations de médecine générale sont assurées par 8 médecins généralistes retraités qui ont repris du service en temps partiel en tant que vacataire salarié. D’autres ont fait acte de candidature. Le projet est d’arriver prochainement à 16. En plus des retraités, des contacts ont été noués avec des jeunes médecins désirant exercer leur profession avec le statut de salarié.
Des consultations spécialisées seront aussi progressivement proposées en néphrologie, en cardiologie et endocrinologie-diabétologie. D’autres spécialités pourront venir compléter cela.
La prise de rendez-vous toutes les 15 minutes sera possible soit par téléphone, soit directement sur place auprès du secrétariat.
Ouvert le lundi, mardi, mercredi matin, jeudi et vendredi
Banque Alimentaire : toujours plus de pauvreté mais heureusement toujours plus de générosité des Vauclusiens
Gilles Vève et son équipe d’élus municipaux avaient convié le samedi 17 janvier l’ensemble des habitants du village de Saint-Didier à la traditionnelle cérémonie des vœux à la Salle des fêtes. Ce fut l’occasion pour le premier magistrat d’annoncer sa candidature aux élections municipales de mars prochain, pour un quatrième mandat.
Gilles Vève a commencé son intervention à la population sur le contexte géopolitique très compliqué de ce début d’année 2026, avec un affaiblissement de l’Europe et une montée de trois puissances mondiales, les États-Unis, la Chine et la Russie. « Cette cérémonie de vœux permet de partager ensemble un moment d’échange et de convivialité dans notre village qui se caractérise par une bonne qualité de vie. »
Le maire a ensuite remercié l’ensemble des commerçants qui répondent toujours présents aux sollicitations de la mairie et assure une dynamique permanente tout au long de l’année. Les bénévoles associatifs, indispensables à la bonne dynamique de la vie du village, ont également été mis en avant, autour des activités cultuelles, solidaires, cognitives, sportives, culturelles et artistiques comme la Bibliothèque du village qui a fêté ses 75ans en 2025, le Tennis club, le club des Mollets pétillants qui organise chaque année le renommé trail en octobre avec 600 participants en 2025 ou encore le Comité des fêtes qui a mis en place une soirée Téléthon en décembre dernier ayant rapporté pas moins de 5600 €. Sans oublier l’équipe féminine du Club de foot Saint Didier-Espérance pernoise qui est arrivé en 16e de finale de la Coupe de France et a joué contre l’équipe professionnelle du RC Strasbourg, ne s’inclinant que 2 à 0, après un très beau parcours.
Les dépenses du village « Pour poursuivre sur l’année écoulée, concernant les dépenses, je porte à votre connaissances les investissements significatifs réalisés durant l’année, à savoir » : -26 000 € pour l’amélioration des routes, les travaux de rénovation des voiries (réseau pluvial, protection des piétons, poteau incendie, barrières notamment) -23 000 € pour la vidéo protection avec l’installation de nouvelles cameras avenue des Garrigues et chemin du Moulin à l’huile ce qui porte aujourd’hui notre parc de caméras à plus de 35 -15 000 € pour informer le public avec l’installation de 2 bornes tactiles -22 000 € pour l’éclairage public (rénovations des postes de dessertes et poursuite de la mise en place des leds) -72 000 € pour installation de 3 ralentisseurs, anti-véhicules béliers, sur le Cours -20 000 € pour l’achat d’une balayeuse d’occasion – 80 000 € pour la réfection de la toiture de l’école – 36 000 € pour la pose de panneaux photovoltaïques avec une production d’électricité autoconsommée dans les bâtiments communaux de l’école S’ajoutent à ces réalisations les 2 conventions signées avec la commune de la Roque-sur-Pernes (restaurant scolaire préparation et portage des repas et police pluri-communale)
Une nouvelle salle d’exposition
« Le village est connu et reconnu pour la qualité et la diversité de ses animations. » En 2025, la nouvelle salle des expositions municipale des Bains-douches acquise par la mairie située en haut du Cours a renforcé cela. Enfin, le maire a tenu à remercier Orietta qui perpétue la tradition de la crèche en Provence.
Des projets pour 2026
« Concernant le PLU, lors de la dernière réunion publique, Mr Poulain, l’urbaniste chargé du projet, et moi-même nous vous indiquions que l’État suite à l’avis de la CDPENAF, avait émis un avis défavorable. Nous consommons trop d’espace et de fait notre PLU n’était pas compatible avec la loi Climat et Résilience et notamment la ZAN, Zéro Artificialisation Nette. Ce dossier doit être repris et j’ai aussi entendu les inquiétudes de certains riverains. On va donc retravailler non seulement pour être en phase avec la ZAN mais pour aussi rassurer les riverains. Il y aura bien entendu d’autres réunions publiques pour échanger sur cette nouvelle version. »
Le Parc du Tinel qui comportera des stationnements paysagers, la rénovation de la salle des fêtes et celle des anciens locaux techniques. Tels sont les trois projets à venir, structurants pour la commune. « Nous avons travaillé en 2025 sur ces 3 dossiers avec des cabinets d’études. Ces derniers ont fait l’objet d’un chiffrage (locaux techniques : 690 500€, salle Polyvalente : 1 287 000€, et le Parc public Tinel : 911 170€). Nous avons délibéré lors du dernier Conseil municipal pour les demandes de subventions avec l’objectif d’obtenir un cofinancement à hauteur d’au-moins 50% sans quoi ces projets ne pourront être réalisés. Ces projets structurants pour Saint-Didier s’inscrivent complètement dans la démarche ‘Village d’Avenir’ pour laquelle Saint-Didier a été retenu par l’Etat. Les appels d’offre auprès des entreprises vont maintenant être lancés pour démarrer les travaux. »
Le maire (SE) a conclu son discours en annonçant sa candidature aux prochaines élections municipales en conduisant une liste en partie renouvelée. « Les communes sont robustes, elles sont à la fois le rempart mais aussi le dernier refuge », a conclu Gilles Vève.
Banque Alimentaire : toujours plus de pauvreté mais heureusement toujours plus de générosité des Vauclusiens
Avec ses 25 hectares, 130 entreprises et plus de 1 300 emplois, le MIN devenu ECOMIN, rime avec économie et écologie. Et ce mardi 20 janvier, Cécile Helle, Maire d’Avignon, par ailleurs présidente de la SMINA, a poursuivi sa salve de vœux 2026 sur le carreau du marché de gros de la Cité des Papes à l’attention des salariés, commerçants, artisans et entrepreneurs du marché-gare.
« Cette cérémonie revêt une émotion particulière puisque c’est la dernière fois que je m’adresse à vous comme maire d’Avignon », a précisé celle qui avait prévenu qu’elle ne se présenterait pas pour un 3e mandat et qui a tenu parole…
Aux côtés de Sabine Roussely, la Secrétaire Générale de la Préfecture, et de Laetitia Vinuesa, la directrice du site, elle a évoqué l’évolution de ce « ventre » d’Avignon, symbole d’attractivité et de rayonnement de la ville. « Puisque nous sommes en période électorale, il m’importe de rappeler quelques évidences, les actes parlent pour nous. Moi je suis favorable à la politique de la preuve. Pendant 12 ans, j’ai mis en application une forme de synergie entre les agriculteurs et le MIN. » Ici, la transition est une réalité depuis longtemps. La végétalisation a été renforcée, le remplacement des ampoules par des LED accélérée, la pose de bornes électriques intensifiée, les déchets triés et valorisés.
Cécile Helle a profité de ce moment pour tirer un bilan de ses 2 mandats de maire. « Nous avons réhabilité, rénové, requalifié et donné du travail au BTP. Avignon s’est transformé avec 40 à 45M€ d’investissements par an réinjectés dans l’économie locale, ce qui fait en tout 1/2 milliard d’euros. À titre d’exemple, je ne citerai que le Stade Nautique, l’Ecole Melly et Paul Puaux (14M€) et le parvis de la Gare-Centre (16M€). Nous avons d’ailleurs reçu le Trophée national de l’Innovation de la part de la Fédération du Bâtiment pour La Plaine des Sports. Pour être ‘maire-bâtisseur’, il faut une vision pour sa ville et ce n’est pas fini puisque 200M€ seront dévolus au Plan Réseau de Chaleur et Fraîcheur. » De la Rocade à la Grange d’Orel, des bords du Rhône à Bonpas, du Pont-des-Deux-Eaux à La Croix des Oiseaux, avec les différentes aides de rénovation urbaine et de l’Etat, la vie des habitants de tous ces quartiers sera améliorée.
Elle a aussi évoqué son rôle de « facilitateur » dans l’émergence de projets. « La porte de mon bureau à la mairie est toujours ouverte pour anticiper, créer, innover. On critique les rideaux tirés et les commerces fermés au coeur d’ Avignon. Mais notre ville est historique et nous devons nous conformer à une législation drastique sur les bâtiments et monuments historiques qui par exemple interdisent les climatiseurs sur les façades des rues de l’hyper-centre et bannisent certaines enseignes lumineuses. Il a fallu des mois, voire des années pour aboutir à l’installation du ‘Carrefour-City’ pas loin de la Rue Carnot ou du ‘Monsieur Bricolage’ en face du Conservatoire de musique. ».
Depuis sa création en 1961, le MIN, « avec sa dream team n’est pas resté inerte, pépère. Il a évolué et il s’est positionné pour défendre un véritable enjeu de souveraineté alimentaire. La nature, l’environnement, le pôle agro-alimentaire, les écoles d’ingénieurs agronomes, l’INRAE à Montfavet, les entreprises de transformation des produits de la terre et de logistique, tout concourt à une valorisation de la naturalité et à la qualité de ce que nous mangeons, y compris dans les écoles de la ville », a poursuivi la maire d’Avignon.
Cécile Helle a également rappelé que « la ville est propriétaire du site d’ECOMIN et qu’une nouvelle DSP (Délégation de Service Public) va être lancée le 1er mars prochain pour investir d’ici 2050 encore 40M€ dans la rénovation de ses 25 hectares et dans la construction de nouveaux bâtiments, dont une nouvelle cuisine centrale de la ville » pour améliorer la qualité des repas servis à la cantine, aux petits Avignonnais.
« En attendant l’horizon 2050, j’ai confiance. Je vais bientôt donner les clés de la mairie à d’autres. Je crois en l’intelligence collective, un nouvel avenir se dessine, belle année à vous, belle aventure à tous », a conclu, émue, Cécile Helle avant d’être applaudie à tout rompre par l’auditoire.
Banque Alimentaire : toujours plus de pauvreté mais heureusement toujours plus de générosité des Vauclusiens
Mardi 13 janvier, Thierry Suquet a présenté ses vœux devant un parterre d’élus, de représentants des corps constitués, des autorités civiles et militaires, des entrepreneurs, des associations, de tout ceux qui font vivre le Vaucluse.
Le Préfet a jeté un regard rétrospectif sur 2025 qui a mis en valeur la culture, « aux Chorégies, aux festivals, avec Avignon qui fait rayonner cette Terre de cultures. Mais aussi au passage du Tour de France au Mont Ventoux. J’en ai encore des frissons, a-t-il dit. Sans oublier les journées portes ouvertes, fin juin, à la Base Aérienne 115 d’Orange-Caritat, qui a fait découvrir tous les métiers de l’aéronautique militaire et surtout l’avion de chasse Rafale, le fleuron de l’Armée de l’Air et de l’Espace. »
Les perspectives pour 2026
Thierry Suquet a ensuite abordé 2026 et ses priorités. « Même si l’avenir est un peu bouché, nous avons des perspectives. En particulier, ce défi permanent qu’est la lutte contre les narco-trafiquants, c’est un problème de sécurité, de société. Il faut redonner toute sa place à la République, elle doit servir de rempart. Nous devons restaurer la sécurité au quotidien, quadriller sans cesse le territoire e Vaucluse. J’ai fait fermer nombre d’établissements qui cumulaient trafic et blanchiment et je compte continuer. »
Le Préfet a ensuite parlé de l’agriculture, pôle majeur d’activité du département avec un chiffre d’affaires supérieur à 1Md€ par an. « C’est un ensemble social et économique et la transition doit s’adapter aux réalités locales. Les paysans nous nourrissent, ils subissent les aléas climatiques, les règlementations. Sans eau, il n’y a pas de fruits et de légumes, grâce au projet HPA, à terme les exploitations seront irriguées. » Il aussi insisté : « Nous devons préserver les terres, le photovoltaïque ne doit pas s’installer sur les espaces naturels et agricoles. »
Côté logements, il a insisté sans toutefois citer la décriée Loi Zan (Zéro artificilisation nette). »Nous avons besoin de construire pour les familles, les salariés, les étudiants, tout en préservant les lieux. La sobriété foncière s’impose à nous ». La réindustrialisation aussi est une nécessité, il a évoqué le travail inlassable de VPA (Vaucluse Provence Attractivité et de sa directrice Cathy Fermanian) qui fait tout pour attirer des entreprises en Vaucluse et développer celles qui y sont déjà implantées.
Renforcer le rôle de l’État dans le département
Le Préfet a évidemment rappelé le rôle de l’État qu’il représente en Vaucluse. « Nous devons renforcer son rôle au service de la cohésion territoriale. France Service en est un exemple. Elle déjà 27 agences dans le département, bientôt 28 avec Courthézon. Elles sont à moins de 20 minutes de n’importe quel Vauclusien pour l’accompagner dans ses démarches. »
La santé est aussi une donnée incontournable pour éviter les déserts médicaux. Déjà le département, sous l’impulsion de sa Présidente Dominique Santoni, salarie depuis 2022 des médecins à Avignon, Cadenet, Apt et Sorgues, bientôt à Pernes. « Nous devons élargir notre offre de soins en tissant un réseau plus dense pour que les patients aient un rendez-vous avec un généraliste sous 48h, que la télé-médecine se développe. Nous allons moderniser l’Hôpital d’Apt avec à la clé 10M€ pour le service des urgences. Pareil pour celui d’Avignon, avec une extension des urgences adultes et du centre de dialyse. »
« Il faut que l’État cesse d’être ambigu. Ce n’est pas lui tout seul qui porte l’intérêt général. »
Thierry Suquet
Il a aussi été question de décentralisation, et Thierry Suquet a été ferme : « Il faut que l’État cesse d’être ambigu. Ce n’est pas lui tout seul qui porte l’intérêt général. Certes il doit être sobre et économe mais travailler main dans la main avec les collectivités locales et la Sécurité Sociale. » Il a rappelé les différentes étapes des Lois de Décentralisation instaurées par Gaston Defferre, sous l’ère Mitterrand en 1982. Puis avec Jean-Pierre Raffarin, 1er Ministre de Jacques Chirac, place à l’Acte 2 en 2003 qui affirme de nouvelles formes de démocratie participative. Ensuite, en 2012 ont été lancés les « Schémas Départementaux de Coopération Intercommunale » auxquels ont succédé les EPCI (Établissement public de coopération intercommunale). Sans oublier le dispositif de péréquation des DMTO (Droits de Mutation à Titre Onéreux) perçus par les départements. Enfin, Acte 4 en 2022, la Loi 3DS (Décentralisation, Déconcentration, Simplification) pour permettre plus de souplesse et d’efficacité dans l’action publique locale.
Avant de conclure son discours, le Préfet a évoqué les échéances des 15 et 22 mars, les Municipales, qui concernent les 151 communes de Vaucluse. « L’Etat est là pour donner une boîte à outils, pour informer, guider, aider les élus. La Préfecture est votre maison et nous travaillons en permanence avec l’Association des Maires de Vaucluse. Je souhaite que la campagne soit calme et sereine. Certes, la politique est un combat mais on doit respecter l’adversaire. Ni agressions verbales, ni agressions physiques, ni mépris. »
Banque Alimentaire : toujours plus de pauvreté mais heureusement toujours plus de générosité des Vauclusiens
C’est à Oppède que la Présidente de l’exécutif départemental a adressé ses vœux pour 2026 aux corps constitués, aux militaires, aux pompiers, aux élus, aux associations, aux entrepreneurs, aux forces vives et aux représentants de l’État.
Elle a immédiatement voulu instiller une envie « d’optimisme dans une période où il se fait rare » et a rappelé que cette « cérémonie est un moment attendu de bilan, de projection et de rassemblement autour de ce qui nous unit, l’intérêt général et notre territoire. »
Et elle a choisi un slogan autour duquel elle a décliné son discours et tous les thèmes qui concernent la vie des Vauclusiens : « Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. »
C’est d’abord balayer 2025 et « regarder lucidement le chemin parcouru, une année exigeante marquée par les contraintes budgétaires imposées par l’Etat. Elle a demandé de la rigueur, de la constance et surtout du courage politique. Et le Vaucluse a fait un choix : celui de la responsabilité pour continuer à répondre aux attentes des habitants, des communes, des entreprises et des associations. Et le département (contrairement à la France) a voté son budget dans le calme et la sérénite, avec des débats respectueux et constructifs. Ce budget 2026 maintient l’intégralité des subventions et porte nos investissements à 132M€ » a insisté Dominique Santoni.
« Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles, c’est aussi agir concrètement pour la santé. Notre réseau de 4 centres départementaux (Avignon, Apt, Sorgues, Cadenet) va s’enrichir d’un 5e sur le secteur Pernes-Carpentras. C’est aussi rester aux côtés de ceux qui en ont le plus besoin, et notre budget solidarité est en hausse. 12M€ supplémentaires seront consacrés au handicap, à la dépendance, à l’autonomie et à la protection de l’enfance. »
La Présidente n’a pas oublié les paysans. « Nos agriculteurs, confrontés aux crises climatiques, à la hausse des charges, aux innombrables normes et à une grande incertitude ». Elle a aussi rappelé qu’elle a fait du « RSA un tremplin vers l’avenir puisque sur le Bassin de vie du Grand Avignon, 53% des bénéficiaires ont retrouvé un emploi l’an dernier. »
Côté routes, les chantiers progressent à la vitesse Grand V. « Le carrefour de Bonpas, la dévisation d’Orange qui sera achevée cette année. » Le département continuera également d’accompagner les projets municipaux à travers « les Contrats Vaucluse Ambition. »
« Présider un département ce n’est pas que gérer, c’est rassembler, entraîner, ouvrir des perspectives et croire au potentiel et au rayonnement du Vaucluse. »
Elle a alors évoqué quelques évènements sportifs, « le passage de la Flamme olympique en 2024, celui des coureurs du Tour de France en juillet 2025 et le 6 août prochain, pour la 1re fois, le Tour de France Féminin arrivera au Sommet du Ventoux, ce qui est historique ! »
La culture n’est pas oubliée avec Memento, le Pôle des Patrimoines, à Agroparc, un bâtiment de 9 000m2, qui abritera les archives départementales, le service archéologie, les réserves des musées et qui sera inauguré en mai. « Un grand lieu de mémoire, de culture, de création et de transmission » a-t-elle résumé.
Pêle-mêle, elle a aussi annoncé Terroirs en Fête en juin à l’Arbousière, pour soutenir les agriculteurs et vignerons, la Fête des véloroutes, forte de 162 km nature, la restructuration du CDPAL (Centre départemental de Plein Air et de loisirs) de Fontaine-de-Vaucluse, réservé aux jeunes, un paradis pour le canoé-kayak, la spéléo, l’escalade, la randonnée et le VTT.
Dominique Santoni a rendu hommage aux élus. « Dans une France traversée par le doute où notre responsabilité d’élus locaux est immense. Nous sommes en prise directe avec les attentes et les inquiétudes de nos concitoyens face à une absence de budget et de majorité, à l’explosion de la dette, au national et à l’incohérence et l’inconstance de l’action publique. Dans ces moments où les Français doutent et se détournent de la politique nationale, c’est à nous d’apporter de la stabilité, des repères, de la proximité, de la fiabilité et de montrer que l’action publique locale est utile, concrète, efficace. »
Avant d’inviter les centaines d’invités à rejoindre le buffet concocté par les Frères Brunet, elle a conclu par ces mots : « Notre mission est claire, tenir le cap, dire la vérité, agir avec constance et surtout ra-ssem-bler. »
Banque Alimentaire : toujours plus de pauvreté mais heureusement toujours plus de générosité des Vauclusiens
Ce vendredi 26 janvier, élus de Cavaillon et de Vaucluse, chefs d’entreprises, employés et représentants du Marche d’intérêt national (Min) de Cavaillon se sont réunis pour la cérémonie de présentation des vœux de ce dernier. L’occasion de revenir sur l’année 2023 et d’évoquer les projets pour 2024, mais aussi d’adresser un mot aux agriculteurs.
Au petit matin, le parking visiteur du Min de Cavaillon est déjà plein. La cérémonie de présentation des vœux va débuter, tout le monde se précipite à l’intérieur. « C’est un plaisir de vous retrouver dans ce lieu où, habituellement, nos travailleurs de la nuit croisent nos travailleurs de la journée », a commencé par dire Benoît Mathieu, président du Min.
Pour rappel, le Min de Cavaillon comptabilise 90 producteurs, 11 grossistes et 700 acheteurs, mais aussi 30 tonnes de fruits et légumes échangés par an et 75% de produits français. Depuis sa création en 1965, le lieu ne cesse de se réinventer, d’innover et d’investir. Une tendance qui ne devrait pas s’inverser en 2024.
Une action basée sur l’innovation, l’investissement et le territoire
Innovation, investissement et territoire. Ce sont les trois mots qui devraient définir les prochains mois. « Au Min de Cavaillon, nous avons de nombreux projets : on développe un écosystème divers et complémentaire au marché de gros », a expliqué le président du Min. Il a d’ailleurs insisté sur les liens forts entre le Marché d’intérêt national et la mairie de Cavaillon et la communauté d’agglomération Luberon Monts de Vaucluse, notamment, qui permettent la mise en place de ces projets.
« 2023 a été une année de prudence mais d’ambition, 2024 sera une année de transformation. »
Benoît Mathieu
De nombreux projets ont été aboutis en 2023 comme la sécurisation de l’entrée du site, la rénovation des bureaux, ou encore l’accueil de bon nombre de manifestions incontournables de la ville de Cavaillon. 2024 devrait poursuivre sur cette voie avec d’autres projets tels que : piétonnisation, végétalisation, poursuite de la stratégie de développement durable, mise en place de bornes de recharge électrique et d’un distributeur de fruits et légumes, transformation de la petite halle, accueil des fêtes foraines de Cavaillon, et bien d’autres.
Un mot pour les agriculteurs
Le Min est un lieu qui met en lumière la production française et locale. « On ne peut pas faire cette cérémonie sans avoir un mot pour nos amis les agriculteurs », a déclaré Benoît Mathieu. Il a assuré que lorsque les producteurs viennent vendre leurs fruits et légumes dans l’un des Marchés d’intérêt national de France, ils sont sûrs de leur redistribution.
« Cette crise doit nous rappeler l’essentiel : le travail d’un agriculteur est de nourrir l’Homme. »
Gérard Daudet
« L’actualité de ce début d’année démontre encore une fois que le Min, et plus largement le monde agricole sont au cœur des enjeux de notre société », a ajouté Gérard Daudet, maire de Cavaillon. Comment évoquer l’agriculture à Cavaillon sans mentionner le fameux melon ? « 2024 sera-t-il l’année du Melon de Cavaillon et de son potentiel IGP ? C’est tout ce que l’on souhaite, ce sont nos agriculteurs qui pourront jouir des bénéfices de ce signe d’identification », a conclu le maire de la ville.
Banque Alimentaire : toujours plus de pauvreté mais heureusement toujours plus de générosité des Vauclusiens
Plus de 600 invités au Palais des Congrès d’Arles ce 30 janvier, des patrons de petites ou moyennes entreprises, des maires et deux spécialistes de l’économie, François Lenglet, journaliste et Philippe Dessertine, professeur à la Sorbonne et directeur de l’Institut de Haute Finance, qui étaient invités par le président de la CCI, Stéphane Paglia.
En ouvrant la soirée, il s’est exclamé : « Quel plaisir de vous retrouver » et a enchaîné « Après le Covid, en 2022 on a assisté à une augmentation des créations d’entreprises, +6,4%, bravo! Les femmes porteuses de projets représentent 36%, ce n’est pas encore la parité, mais on progresse. » Il a fait le tour de tous les dispositifs engagés sous sa mandature : « 13 local », les chèques-cadeaux lancés avec la CCI d’Aix-Marseille, 500 000€ mis en circulation dans l’économie locale, qui favorisent l’attractivité, le développement, le dynamisme et la préservation du territoire du Pays d’Arles.
“Nous sommes tous ici pour développer le Grand Marché de Provence à Châteaurenard qui se déploie sur 35 hectares.“
Stéphane Paglia, Président de la CCI du Pays d’Arles
Stéphane Paglia a poursuivi : « Nous sommes tous ici pour promouvoir nos métiers, donner l’envie aux jeunes de devenir chefs d’entreprises, aménager notre territoire avec le contournement d’Arles et la requalification de la RN 113 (qui traverse les 13km du centre ville avec un trafic quotidien de 80 000 véhicules et qui deviendrait un boulevard urbain moins polluant pour les riverains), développer le Grand Marché de Provence (à Châteaurenard qui se déploie sur 35 hectares), investir 6M€ pour le multi-modal, aménager la future tranche de la LEO qui désenclaverait le nord du département, installer des hôtels d’entreprises au coeur d’Arles, Tarascon ou Saint-Rémy pour les dynamiser, amplifier l’opération « Esprit clients » en aidant les commerçants à refaire leur vitrine, être plus attractifs, améliorer leur chiffre d’affaires, verdir l’environnement, en enlevant des camions de la route et favoriser le transport fluvial sur le Rhône et encore développer les filières d’hydrogène et de biomasse et ainsi conforter la transition écologique ».
“Nous sommes tous ici pour aménager la future tranche de la LEO qui désenclaverait le nord du département.“
Stéphane Paglia, Président de la CCI du Pays d’Arles
Le dynamique président de la CCI a rappelé son projet de mandature en 10 points : « Créer des emplois, apporter des formations d’excellence, booster le territoire, déployer le programme du port, stucturer la filière agroalimentaire (qui représente 60% de l’agriculture des Bouches du Rhône), renforcer l’incubateur de l’entrepreneuriat au féminin, ouvrir ici une école de commerce qui attirerait les jeunes et empêcherait leur exode vers Aix, Marseille, Nîmes ou Montpellier. A terme, ils seraient 130 à vivre ici et monter leur propre entreprise, inciter à saisir toutes les opportunités numériques, commerciales, artisanales et industrielles et développer l’aménagement du Pays d’Arles qui inclut La Camargue, les Alpilles, la Plaine de Crau et attire 1,5 million de touristes par an ».
Il continue d’égrener les atouts culturels et historiques de ce territoire béni des dieux : « 200 000 entrées dans nos monuments patrimoniaux, 120 000 pour la fondation LUMA dédiée au soutien de la création artistique, les Rencontres de la Photo, créées en 1970 par Lucien Clergue et Michel Tournier qui attirent le monde entier chaque été (127 000 visiteurs), La Fondation Van Gogh, les vestiges romains à l’abri du Musée Arles Antique, le Musée ethnographique d’Arlaten, les 60 000 croisiéristes sur le Rhône et les 12M€ de retombées économiques induites par les Feria de Pâques et du Riz en septembre. »
Stéphane Paglia accueille ensuite le 1er expert de cette « Soirée des Entreprises » François Lenglet, journaliste, chef du service économie TF1 – LCI qui prend la parole. « Ca fait plaisir de vous voir aussi nombreux, le bonheur d’entreprendre n’est pas si fréquent. Mon ordre de mission, ce soir, c’est parler du devenir de l’inflation. Je vous préviens, elle est là pour longtemps, nous sommes entrés dans un nouveau monde, un cycle différent. Jusqu’à présent, les Etats-Unis étaient les maîtres du monde, ils sécurisaient les transactions, ils définissaient les règles du commerce international, l’OMC suivait ses préconisations, le dollar était roi, et nous, nous baignions dans l’insouciance. Désormais, la bête américiaine est blessée, l’économie en déclin. Nous devons donc changer notre fusil d’épaule, à commencer par produire chez nous les médicaments, les semi-conducteurs, l’énergie, l’agro-alimentaire et rompre avec les illusions de la mondialisation ».
Je vous préviens, l’inflation est là pour longtemps, nous sommes entrés dans un nouveau monde, un cycle différent.
François Lenglet
« Un sujet majeur cristallise notre avenir : la démographie » explique François Lenglet. « La population active commence à diminuer, des centaines de millions de paysans chinois ont quitté leur ferme et sont arrivés en ville où ils s’entassent dans d’immenses ateliers, des usines gigantesques. C’est un afflux considérable de bras, de salaires nos qualifiés, de production à bas, très bas coûts. Chaque année la population active baisse. En Chine, justement, on recense 7 millions de personnes en moins, le vieillissement s’accélère. En Italie on a dénombré 400 000 citoyens en moins, la France est pour l’instant relativement épargnée, mais il est de plus en plus difficle de trouver du personnel, les ressources humaines se raréfient. Pour un patron, recruter relève d’une véritable compétition, le rapport employeur / employé s’inverse, désormais c’est le salarié qui choisit son patron et l’entreprise où il a envie de travailler ».
Autre préoccupation : la transition énergétique. « Produire propre coûte plus cher qu’en polluant l’environnement. Décarboner, réduire les émissions de dioxyde de carbone a un prix, ce qui renchérit la valeur des marchandises. Or, les banques centrales sont en train de faire remonter le taux pour éradiquer l’hydre de l’inflation. Après la chute du Mur de Berlin, la fin de la Guerre froide, la Chine s’est ouverte, le prix du travail a notablement baissé, les frontières ont reculé, on a pu circuler sans trop de contraintes. Mais ce monde-là c’est fini avec l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, une parenthèse se referme. L’hyper-puissance des USA a dégringolé, Vladimir Poutine a sans doute perçu son déclin et il a estimé qu’il avait une fenêtre de tir – au sens propre – pour envahir l’Ukraine. Il nous faut donc réorganiser l’économie mondiale suivant l’axe Chine- USA, mais est-ce si grave? »
“L’inflation n’est pas le monstre, le diable qu’on nous présente. Elle inverse le rapport de force entre travail et capital.“
François Lenglet
A cette question, François Lenglet se montre plutôt rassurant. « A la sortie de la guerre, les baby-boomers, mes parents, ont pu se constituer un patrimoine, acheter leur maison grâce à l’enflation, si, si! Elle avait progressé de 10 à 15%, mais les salaires aussi. Du coup le poids du remboursement s’est allégé, c’est l’ardoise magique. Aujourd’hui, c’est pareil. Le rapport s’est inversé, on a indexé les salaires, le SMIC, les retraites, les impôts avec de nouveaux barèmes, ce n’est pas la fin du monde. » Il conclut avec optimisme : « L’inflation n’est pas le monstre, le diable qu’on nous présente. Elle inverse le rapport de force entre travail et capital. Le monde qui pointe est plein de promesses, fécond, sans doute va-t-il gommer les inégalités, c’est tout ce que je nous, je vous souhaite! » Tonnerre d’applaudissements dans la salle comble du Palais des Congrès d’Arles.
Place au 2ème expert de la soirée, l’économiste Philippe Dessertine. « La mission que m’a confiée le président de la CCI est simple et complexe à la fois, être positif, avoir l’esprit « feria ». Je vais commencer par l’évènement majeur de notre monde actuel : le dérèglement climatique. 8 milliards d’humains sur terre nous obligent à changer de modèle économique. Le nôtre datait de 150 ans, il ne fonctionne plus, il est urgent d’en changer, ce n’est plus une option mais une obligation ». Tout a changé, une forme de révolution a frappé le monde des mathématiques, de la science, de l’astro-physique, de nos connaissances. Les algorithmes développent des informations qu’on n’avait pas, avant. Certains affirment par exemple que dans 20 ans le cancer sera vaincu. On peut désormais cumuler croissance et développement durable, ils ne sont plus antinomiques ».
“Pour oser, pour innover, il faut être petit. C’est la grande force des territoires décentralisés comme le Pays d’Arles.“
Philippe Dessertine
Comment adapter ce raisonnement au Pays d’Arles et à ses entrepreneurs? Grâce à un mot, la décentralisation. On ne dépend plus de Paris, un président a été élu sans parti politique. New-York, la ville des gratte-ciel, est morte, c’est Los Angeles qui gagne, cette ville horizontale, cette juxtaposition, cette mosaïque de communautés, reliées entre elles, connectées par le digital. Ici, la Crau, la Camargue, la Montagnette, les Baux, les Alpilles, ses parcs naturels, ses 29 communes, c’est un véritable pays de cocagne! Vous avez les paysages, le patrimoine, la culture, les bons produits du terroir, vous savez ce qu’est la déconcentration, vous avez déjà ce nouveau monde sous vos yeux, entre vos mains. Et la CCI c’est elle qui les relie, les irrigue, tous ces réseaux de grandes, moyennes, petites entreprises, qui promeut la synergie et propose cet autre mode de fonctionnement. Des entités à taille humaine où on peut innover. Comme l’agriculture qui s’équipe de drones. Dans les grosses structures, on n’y arrive plus ».
Philippe Dessertine cite alors l’exemple du business-man Mark Zuckerberg. « Il a créé Facebook, payait cher ses salariés, mais ils n’arrivaient plus à innover, à se réinventer, ils étaient trop nombreux, la structure trop lourde. Facebook dégringole, pour enrayer cette chute, il acquiert Instagram. Même scénario. Il ne faut pas oublier que le but d’un bureaucrate c’est de garder son boulot, pas de travailler dans l’intérêt de l’entreprise. Pour oser, pour innover, il faut être petit. Regardez pour les grands laboratoires pharmaceutiques avec le Covid. Ni Sanofi, ni Pasteur n’ont trouvé le vaccin, les dinosaures ont un grand corps mais une petite tête. C’est Moderna, une équipe plus réduite de biotechnologies qui l’a mis au point ».
“C’est avec le trio innovation-croissance-développement durable que vous allez gagner la bataille de demain, celle des talents.“
Philippe Dessertine
Il ajoute : ‘Ici, nous avons, vous avez un tissu de petites entreprises, une infinité de dynamismes, d’envies, d’énergies où le délai de prise de décision est immédiat, pragmatique. Votre nouveau PIB, c’est le trio innovation-croissance-développement durable. Grâce à tous ces humains, ces cerveaux, ces bras, ces jeunes que vous allez retenir sur le territoire, vous allez gagner la bataille de demain, celle des talents. Et moi, j’ai un double regret, ne plus avoir 20 ans et ne pas habiter le Pays d’Arles ».
La manifestation se conclura sur une phrase projetée sur le grand écran du Palais des Congrès d’Arles : « Notre territoire est inspirant, performant, novateur. Nous sommes les acteurs de la réussite de demain ».
Andrée Brunetti
Banque Alimentaire : toujours plus de pauvreté mais heureusement toujours plus de générosité des Vauclusiens
Le vendredi 27 janvier dernier, le Marché d’intérêt national (Min) de Cavaillon a organisé sa cérémonie de présentation des vœux pour l’année 2023. L’occasion de revenir sur les projets effectués ces dernières années et d’évoquer ceux à venir.
Investir. C’est le maître-mot du Min de Cavaillon concernant ses futurs projets et ceux déjà effectués. C’était la première cérémonie des vœux pour Benoît Mathieu, président du Min depuis fin 2020 car il n’y en a pas eu les deux dernières années. Et pour cette première, le président a commencé par rappeler les chiffres clefs du marché.
« Si nombreux que soient les projets, les futurs seront plus nombreux. »
Benoît Mathieu
Le Min de Cavaillon, c’est 90 producteurs, 11 grossistes et 700 acheteurs, mais aussi 30 tonnes de fruits et légumes échangés par ans et 75% de produits français. Etalé sur 27 hectares, le Min ne cesse de se moderniser depuis sa création en 1965 : nouvelle déchetterie pour un meilleur tri des déchets en faveur de l’environnement, refonte des outils numériques, etc. Le marché souhaite mêler terroir et modernité pour favoriser son attractivité.
Les projets à venir
Plusieurs projets devraient voir le jour d’ici quelques mois tels que l’installation de distributeurs de pizzas, de distributeurs de fruits et légumes, ainsi que de bornes de recharge électrique. Le marché va également bénéficier de travaux au niveau de ses bureaux administratifs, et également sur le parking des visiteurs qui devrait accueillir des ombrières équipées de panneaux solaires. Si le Min de Cavaillon est déjà l’un des sites qui produisent le plus d’énergie grâce aux panneaux, l’objectif serait de produire 5 millions de kilowattheure d’ici 2030. Un objectif en bonne voie puisque la production augmente d’année en année avec un record battu en 2022.
« L’attractivité passe par les investissements des entreprises du Min. »
Benoît Mathieu
Le Min procède également à des travaux au niveau de son entrée, afin d’offrir une meilleure sécurisation du site, mais aussi de meilleures conditions de travail, notamment pour les agents de sécurité la nuit. Ainsi, le marché investit pour un meilleur accueil de ses employés, du public, mais aussi des entreprises. « Quand on discute et travaille ensemble, ça fonctionne », a ajouté le président du Min. Le marché, qui permet plus de 1000 emplois direct sur le site et plus de 3000 emplois indirects, prévoit donc d’investir davantage dans des outils de productions adaptés afin d’accueillir de nouvelles entreprises et améliorer la production de celles déjà présentes.
Davantage d’événements professionnels et tout public
Comme pour les années précédentes, le Marché d’intérêt national de Cavaillon va s’aligner au département de Vaucluse qui élabore un véritable accompagnement de la production de la filière agricole à travers divers événements. Le Min accueille notamment la célèbre Foire de Cavaillon, les Journées nationales de l’agriculture, ou encore les Journées nationales du don agricole, et bien d’autres événements.
Pour la 2ème année consécutive, le Min de Cavaillon ouvrira ses portes aux particuliers au lancement de la saison du melon. De nouveaux salons verront également le jour en 2023. « Le Min est une pépite de l’économie locale, s’est enthousiasmé Gérard Daudet, maire de la ville. Hormis le parc des expositions, c’est un lieu unique en Vaucluse pour accueillir des événements comme des salons. » Le Min de Cavaillon est donc engagé vers un chemin vertueux, et il compte poursuivre cet effort en continuant de travailler avec les autres marchés d’intérêt national de France.