1 février 2026 |

Ecrit par le 1 février 2026

Interconsulaire : des vœux à trois voix

Les trois chambres consulaires de Vaucluse (la Chambre de métiers et de l’artisanat, la Chambre d’agriculture et la Chambre de commerce et d’industrie) viennent de présenter conjointement leurs vœux pour l’année 2026. Dans un contexte économique agité, les trois organismes ont tenu à marquer « l’union sacrée de ces piliers de l’économie locale.

La présence de nombreux acteurs économiques et de décideurs institutionnel et politique « est le signe de la valeur et du dynamisme de nos partenariats pour le développement économique de notre beau département » s’est félicité Valérie Coissieux, présidente de la Chambre de métiers et d’artisanat en Vaucluse lors des vœux interconsulaires qui se sont déroulés à la chapelle Saint-Praxède à Avignon.

« Les chambres consulaires ont toujours été présentes pour ceux qui souhaitent créer, se développer ou rebondir. »

Valérie Coissieux, présidente de la Chambre de métiers et d’artisanat en Vaucluse

Celle qui est aussi présidente en exercice du Comité inter-consulaire poursuit : « Une fois de plus, nos trois chambres consulaires ont souhaité organiser cette cérémonie ensemble pour rappeler notre mission commune : contribuer au développement économique de notre territoire en organisant, appuyant et coordonnant toutes actions de promotion nécessaire à cela. On le voit, notre association, créée en janvier 1984, s’intéressait déjà au marketing territorial et ce, avant même que le concept soit développé.

Ensemble, nos trois chambres consulaires réaffirment notre engagement pour le développement et la valorisation des acteurs du territoire vauclusiens », insiste Valérie Coissieux qui rappelle le rôle collectif des chambres. « Rester à la hauteur de nos missions, répondre aux attentes de nos entreprises avec une résilience exemplaire, et refuser de céder à la tentation du pessimisme. Les chambres consulaires ont toujours été présentes pour ceux qui souhaitent créer, se développer ou rebondir. Cette mission n’a jamais été aussi essentielle qu’aujourd’hui. »

 « On est fier de nos chambres consulaires. »

Sophie Vache, présidente de la Chambre d’Agriculture de Vaucluse

« On est fier de nos chambres consulaires », complète Sophie Vache, présidente de la Chambre d’Agriculture de Vaucluse.
« Nous sommes aussi très fiers de nos produits et de ce que nous produisons dans notre département », enchaine celle qui découvre cette structure interconsulaire depuis son élection au printemps dernier afin de succéder à Georgia Lambertin devenue présidente de la Chambre régionale de l’agriculture de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

« L’interconsulaire, c’est la force du collectif. »

Dominique Damiano, vice-président de la CCI de Vaucluse

« L’interconsulaire, c’est la force du collectif », assure de son côté Dominique Damiano, vice-président de la CCI de Vaucluse. L’occasion pour celui qui en charge du commerce d’évoquer notamment les projets du label éco-défis, l’économie circulaire et plus particulièrement le dossier de la gestion des déchets des entreprises, les difficultés d’essor de l’opération des chèques-cadeaux de l’interconsulaire.
« Dans l’intérêt général, nous continuerons, bien sûr, à être partie prenante dans les différentes structures où figure la CCI de Vaucluse », termine Dominique Damiano.

Dans tous les cas « l’heure est à la transversalité, insiste en chœur les représentants des trois chambres vauclusiennes. Qu’il s’agisse d’artisanat, d’agriculture ou de commerce, les chambres consulaires maintiennent plus que jamais leur engagement pour le développement économique et la valorisation des acteurs du territoire. »

Le soutien du département
Egalement présente Dominique Santoni, présidente du conseil départemental de Vaucluse qui a présenté ses vœux quelques jours auparavant à Oppède a insisté : « Je suis pas ici par habitude. Je suis là par conviction. Parce que l’attractivité du Vaucluse se construit avec nos agriculteurs, nos chefs d’entreprise, nos artisans. Ceux qui véritablement produisent, innovent, vendent… Ceux qui sont véritablement dans la réalité sur l’ensemble de notre territoire. Je crois que l’attractivité ce n’est pas un mot. L’attractivité ce sont les exploitations agricoles,  des artisans, des commerces de proximité, des entreprises, des industries, des industries touristiques et des services. L’attractivité, c’est véritablement tout un écosystème. Et cette attractivité, elle repose sur trois piliers qui sont indissociables : l’agriculture, l’artisanat et le commerce, accompagné donc bien entendu par la CCI, la chambre des métiers et la chambre d’agriculture. Aucun ne va sans les autres. »

La Région appuie les Chambres
Pour sa part, Bénédicte Martin, vice-présidente, en charge de l’agriculture, de la viticulture, de la ruralité et du terroir au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur « il était impensable que la Région ne soient pas présentes à ces vœux interconsulaires car nous sommes la collectivité de l’économie aux côtés des communautés communes et d’agglomération. En effet, la Région Sud en charge la stratégie économique, l’organisation des filières ou bien encore le financement des entreprises. A ce titre, nous travaillons tout naturellement avec trois chambres consulaires. Tout particulière l’agriculture dans ce département où, plus qu’ailleurs, il y a de grands défis structurants à relever notamment les aménagements hydrauliques. Nous accompagnons aussi les entreprises au quotidien sur ce territoire. Nous avons par exemple un service financement des entreprises à l’antenne de la Région à Avignon. Et quand il y a des projets, on sait se mettre autour de la table avec le Département et son agence VPA, avec les pôles de compétitivité, avec l’Etat pour accompagner ces dossiers. »


Interconsulaire : des vœux à trois voix

Allez comprendre. Alors qu’ils exercent une activité qui nous ait totalement indispensable, qu’une majorité de français aime et soutient cette profession, les agriculteurs n’ont pas la considération qu’ils méritent, et en particulier économique. On parle même de déclassement social. Comme bien d’autres territoires, le Vaucluse est concerné par cette crise qui dure et qui ne semble jamais trouver de solutions.

On a tous des racines dans le monde agricole, et je n’y fais pas exception. Mon grand-père paternel était un éleveur et l’un de mes fils et sa compagne sont agriculteurs. D ‘ailleurs, Il préfère qu’on l’appelle « paysan ». Autrefois péjorative, cette terminologie claque aujourd’hui comme une revendication : le respect du terroir avant tout.

« On aura toujours besoin d’agriculteurs pour nourrir les hommes »
Alors qu’il n’était encore qu’un jeune enfant, mon fils se vit poser la question par son arrière-grand-père : « qu’est-ce que tu veux faire comme métier plus tard ? ». Sans hésiter, il lâcha : « agriculteur ! ». On ne saurait avoir fait meilleur plaisir à cet aïeul qui voyait là une filiation salvatrice après deux générations d’égarement. Le grand-père ne s’empêcha pas de poursuivre, affirmant avec conviction : « Tu as raison on aura toujours besoin d’agriculteurs pour nourrir les hommes ». La sagesse de ceux qui ont travaillé dur ne s’est malheureusement pas vérifiée ou en tout cas pas de la manière dont ils l’entendaient.

“En fait, il ne faut pas chercher bien loin les causes de la crise du monde agricole : on s’est éloigné du bon sens.“

L’avoine que gagnent aujourd’hui nos agriculteurs est loin de les nourrir totalement
A un autre moment, alors que j’étais derrière mon ordinateur, pendant des vacances à la ferme, ce même grand-père, étonné que je travaille pendant mes congés, m’interrogea : « dis-moi, est-ce que tu manges toute l’avoine que tu gagnes ?  Cette question, qui à l’époque m’avait beaucoup interpellé, résonne maintenant différemment. En effet, l’avoine que gagne aujourd’hui nos agriculteurs est loin de les nourrir totalement, c’est même eux qui en ont la plus petite part. En fait, il ne faut pas chercher bien loin les causes de la crise du monde agricole : on s’est éloigné du bon sens. Les agriculteurs comme d’autres métiers d’ailleurs, se trouvent à ne pas être du bon côté du manche alors que sans eux les industries agroalimentaires, les intermédiaires, la distribution ne sauraient exister. Un rapport de force qui serait juste et nécessaire de rééquilibrer.

Souvenons-nous, il n’y a pas si longtemps l’agriculture française était un des fleurons de notre économie nationale, un ambassadeur de notre excellence en matière alimentaire. Un secteur qui assurait à la France une balance commerciale excédentaire. Mais où avons-nous merdé ? Il est urgent que le bon sens conduise les décisions et les organisations mises en place. Le bon sens paysan évidemment, comme tous les grands-pères du monde sauraient avoir.


Interconsulaire : des vœux à trois voix

Afin de sauver la filière cerise (cerise de bouche et cerise industrie) fortement menacée par la drosophile suzukii et le réchauffement climatique, la présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse Georgia Lambertin ainsi que les représentants de l’AOP se sont rendus au Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation 1re semaine d’avril, pour échanger avec Julien Denormandie sur l’avenir de la production française.

Le réchauffement climatique

En effet, la filière cerise se bat depuis plusieurs années contre drosophile suzukii, ravageur très virulent pouvant entraîner une perte totale de récolte si aucune mesure de lutte dédiée n’est mise en place. S’ajoute à cela les effets néfastes du réchauffement climatique sur ces fruits particulièrement fragiles tels que des flétrissements, brûlures, défoliations précoces, déformations ou encore le phénomène de fruits doubles.

Quelle solution de rechange face au diméthoate ?
Si des expérimentations ont été mises en place rapidement par l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), la recherche privée, le Ctifl (Centre technique au service de la filière fruits et légumes)et la Chambre d’agriculture de Vaucluse pour protéger les vergers (piégeage massif, lâchers d’insectes stérile, lutte biologique, filets de protection,…), la situation reste très complexe à gérer. La protection phytosanitaire via le diméthoate qui apportait un niveau d’efficacité correct est interdite depuis 2016.

Les filets, un coût élevé
Testée depuis 2008 dans le Vaucluse contre la mouche de la cerise, les filets sont encore à ce jour la seule solution efficace contre la drosophile suzukii, mais le coût élevé de cette technique et l’adaptation partiellement possible sur le verger limitent fortement son développement. La cerise représente toute une économie territoriale impliquant plus de 2500 personnes dans le Vaucluse et le Gard.

la drosophile asiatique Suzukii

Répondre aux exigences
«La filière n’existera que si elle répond aux exigences commerciales du produit, a relevé Georgia Lambertin qui, pour l’occasion représentait la Chambre régionale de l’agriculture Paca, homogénéité du calibre et la couleur, fermeté, brillance et fraicheur tout en proposant un prix compétitif alors que les coûts de production pour les agriculteurs restent très élevés avec la main d’œuvre, les matières premières, les systèmes de production…»

Rester pro-actif
«Nous devons Sécuriser la production a précisé Georgia Lambertin ; Renforcer la performance des vergers ; Moderniser la gamme variétale ; Amplifier les travaux de recherche appliquée sur les autres pistes de lutte contre la drosophila suzukii ; Garantir la fraicheur de la cerise ; Développer les démarches qualité ; Séduire de nouveaux consommateurs et pour cela nous aurons besoin d’un accompagnement financier des pouvoirs publics, technique et technico-économique individualisé.»

Ils étaient là
Georgia Lambertin était, dans sa démarche, accompagnée par les représentants de l’AOP (Appellation d’origine protégée) Cerises René Reynard et Jean-Christophe Neyron, la Présidente de la FDSEA 84 (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) Sophie Vache, aussi membre de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, et le Député Adrien Morénas.
MH

Les cerises de Vaucluse

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