1 janvier 2026 |

Ecrit par le 1 janvier 2026

Loto du patrimoine, l’âme de la chapelle du Barroux fortifiée à hauteur de 300 000€

La Mission Patrimoine dévoile les dotations 2025 attribuées aux sites départementaux de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans le Vaucluse, la chapelle Notre-Dame la Brune, joyau Renaissance du château du Barroux, du XIIe siècle, bénéficiera d’un soutien majeur de 300 000€ pour engager sa renaissance après plusieurs décennies de fermeture.

Chaque année, le Loto du patrimoine confirme son rôle déterminant dans la sauvegarde des monuments en péril. Pour l’édition 2025, la Mission Patrimoine portée par Stéphane Bern, déployée par la Fondation du patrimoine avec le soutien du ministère de la Culture et de FDJ United, consacre 21,4M€ à 102 sites départementaux en France métropolitaine et outre-mer. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, six projets ont été retenus, illustrant la diversité et la richesse d’un patrimoine souvent fragile mais profondément ancré dans les territoires.

Une chapelle édifiée en 1590
Parmi eux, la chapelle Notre-Dame la Brune du château du Barroux se distingue par son intérêt historique et artistique. Édifiée vers 1590 sur les contreforts du mont Ventoux, cette chapelle fortifiée s’inscrit dans la tradition des édifices religieux provençaux construits durant les guerres de Religion et dédiés à une vierge noire réputée miraculeuse. Son intérieur, intégralement recouvert de décors peints du XVIᵉ au XVIIIᵉ siècle, est classé au titre des Monuments historiques, faisant de ce lieu un témoignage rare du patrimoine vauclusien.

Fermée au public depuis 1980
Fermée au public depuis les années 1980 pour des raisons de sécurité, la chapelle présente aujourd’hui un état de dégradation avancé : infiltrations d’eau, fissures, éboulements de pierre et décollement des supports de peintures menacent durablement l’édifice et ses décors. La dotation maximale de 300 000€ accordée par la Mission Patrimoine constitue ainsi une étape décisive pour lancer un vaste programme de restauration, préalable indispensable à la sauvegarde des peintures murales.

De somptueux décors
Les travaux prévus, dont le démarrage est annoncé en 2026 pour une livraison à l’horizon 2028, visent d’abord à mettre le bâtiment hors d’eau et à consolider sa structure. Réfection complète de la charpente et de la couverture, restauration du dôme en pierre, reprise de certaines maçonneries, amélioration de l’étanchéité et restauration des menuiseries figurent au cœur du projet. La remise en valeur des décors peints interviendra dans une phase ultérieure, une fois le bâti sécurisé.

Les magnifiques décors peints de la chapelle Copyright Château du Barroux

Le tourisme du Barroux
Au-delà de l’enjeu patrimonial, la restauration de la chapelle s’inscrit dans un projet de valorisation plus large porté par les actuels propriétaires du château. Installée depuis cinq ans, une jeune famille s’attache à redonner vie à ce site emblématique, déjà reconnu pour ses initiatives culturelles originales, allant de la production artisanale à des expositions permanentes. La réouverture de la chapelle viendra enrichir le parcours de visite, renforcer l’attractivité touristique du Barroux et offrir un nouvel espace dédié à l’histoire, aux ex-voto et à des manifestations culturelles ouvertes au public.

Compléter les financements publics
À l’échelle régionale, les dotations 2025 témoignent de l’impact structurant du Loto du patrimoine : de l’abbaye Notre-Dame de Lure dans les Alpes-de-Haute-Provence à la Maison Calm-Gravier dans les Hautes-Alpes, en passant par des sites majeurs des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône et du Var, chaque projet illustre la capacité de cette opération à compléter les financements publics et privés pour atteindre l’équilibre économique nécessaire à la restauration.

Une reconnaissance nationale
Avec la chapelle Notre-Dame la Brune, le Vaucluse voit l’un de ses trésors patrimoniaux bénéficier d’un soutien décisif. Plus qu’une aide financière, la dotation du Loto du patrimoine 2025 incarne une reconnaissance nationale de la valeur culturelle et territoriale de ce site. Une étape essentielle vers la transmission d’un héritage séculaire, appelé à retrouver sa place dans la vie locale et le regard du public. Soutenir la chapelle Notre Dame la brune au Château du Barroux ici.

Une démarche familiale patrimoniale, culturelle et économique
La chapelle Notre-Dame la Brune, située dans l’enceinte médiévale du Château du Barroux, fait partie de l’édifice qui appartient à la famille Vayson de Pradenne depuis 2020. C’est cette même famille qui a acquis et restauré le château, et qui s’implique aujourd’hui dans la restauration de la chapelle. Jean-Baptiste et Fanny Vayson de Pradenne, ingénieurs trentenaires, avec leurs enfants, sont les actuels propriétaires du château et de la chapelle Notre-Dame la Brune. Leurs activités principales aujourd’hui ? La distillation de whisky artisanal. Ils ont créé une distillerie au sein des salles basses du château où ils produisent un whisky artisanal à base de petit épeautre de Haute-Provence. Ce whisky est certifié IGP (Indication géographique protégée) et bio, et la distillation fait partie d’un projet économique pour financer l’entretien et la restauration du château et de ses dépendances (comme la chapelle). 

Un destin désormais familial
Jean-Baptiste s’occupe de la restauration du château et de ses éléments historiques, y compris la chapelle Notre-Dame la Brune dont les peintures murales sont classées au titre des Monuments historiques. La famille ouvre le château au public, propose des visites guidées du lieu et de la distillerie, organise expositions d’art, concerts, événements culturels, mariages, séminaires…. Cela fait partie d’un projet global pour revitaliser le château comme lieu de vie et d’expérience culturelle en Provence.  Leur démarche est à la fois patrimoniale, culturelle et économique : ils valorisent un patrimoine local tout en en faisant un lieu vivant, attirant touristes et passionnés d’histoire, d’art et de gastronomie régionale. 
Mireille Hurlin


Loto du patrimoine, l’âme de la chapelle du Barroux fortifiée à hauteur de 300 000€

En 2021, Fanny et Jean-Baptiste Vayson de Pradenne ont repris le Château du Barroux, qui est dans la famille Vayson de Pradenne depuis près d’un siècle. Cette année, leur whisky à base de petit épeautre, distillé sur place, sort de terre avec déjà une deuxième cuvée qui sera disponible à la vente dès le jeudi 27 novembre.

Le Château du Barroux, au-delà d’être Monument historique imposant et surplombant le village du même nom, est une distillerie de whisky à base de petit épeautre. Alors que sa première cuvée, qui a vu le jour en octobre dernier, a rapporté un franc succès auprès des amateurs de ce spiritueux qui se sont précipité pour mettre la main dessus, la deuxième cuvée, surnommée « Symphonie des terroirs » lui succède d’ores et déjà et sera en vente au Château à partir du jeudi 27 novembre.

Cette cuvée de whisky 100% petit épeautre (contre 65% pour la première cuvée) représente « une combinaison harmonieuse de puissance et douceur », révèle le distillateur. Distillé dans un alambic Orthès datant des années 1930, ce whisky une robe lumineuse et ambrée avec des reflets cuivrés. Au nez, une large palette aromatique s’annonce à celui qui la déguste, avec des notes de céréales, cire d’abeille et noisettes/ amandes légèrement grillées, boisées et enrobées de subtiles touches de litchi, tilleul, pamplemousse, zestes de mandarine et une pointe de confiture de lait. En bouche, souplesse et onctuosité seront au rendez-vous.

Pour en apprendre plus sur comment les whiskies du Château du Barroux sont élaborés, il est possible de visiter la distillerie (réservation obligatoire) ou bien de participer à des ateliers autour du breuvage ou autour des céréales comme le petit épeautre, ou bien au concert-dégustation Le Temps d’un Whisky, dont plusieurs représentations sont proposées au cours de l’année.


Loto du patrimoine, l’âme de la chapelle du Barroux fortifiée à hauteur de 300 000€

En 2021, Fanny et Jean-Baptiste Vayson de Pradenne ont repris le Château du Barroux, qui est dans la famille Vayson de Pradenne depuis près d’un siècle. Aujourd’hui, le Château, qui accueille quotidiennement de nombreux visiteurs, est aussi une distillerie de whisky à base de petit épeautre. Un spiritueux made in Vaucluse à découvrir lors d’un spectacle-dégustation, ‘Le Temps d’un Whisky’. La prochaine date est fixée au vendredi 21 février.

Avant même la sortie de la 1ʳᵉ cuvée de whisky du Château du Barroux, tant attendue par les amateurs de ce spiritueux, le monument vauclusien présente le spectacle-dégustation ‘Le Temps d’un Whisky’. Les spectateurs peuvent donc obtenir un avant-goût des futurs whiskys du Château, mais d’une manière un peu plus originale qu’une simple dégustation.

Après une première date en novembre dernier qui a affiché complet, le Château a d’ores et déjà prévu cinq dates pour les mois à venir, la prochaine étant le vendredi 21 février. Pour 40€ par personne (non accessible aux personnes à mobilité réduite), vous pourrez profiter d’un spectacle qui met en lumière l’art de la distillation et les whiskys du Château du Barroux.

Musique, théâtre… et whisky

Entre poésies, apartés théâtraux, et chansons, le tout accompagné par la mélodie du piano jouée par Philippe Seignez, Camille Pasquier et Fanny Vayson proposent un voyage sensoriel de deux heures autour du whisky et du vin.

« Les barriques sont le trait d’union entre le vin et le whisky. »

Fanny Vaison

On apprend que les whiskys, à base de petit épeautre de Haute-Provence, sont vieillis dans des barriques de vin, comme le Sauternes par exemple. Un lien très important dans l’élevage des whiskys du Château, qui est beaucoup mis en avant lors du spectacle dégustation.

Les barriques dans lesquelles vieillissent les whiskys. ©Château du Barroux

Apprendre à déguster

En même temps d’en apprendre plus sur les whiskys distillés au Barroux, les spectateurs peuvent les apprécier. Et c’est justement tout l’intérêt des événements ‘Le Temps d’un Whisky’. Fanny, la propriétaire du Château, présente non seulement le spectacle aux côtés de Camille, mais elle est surtout l’œnologue et maître assembleur de la distillerie. Qui mieux qu’elle pour donner un cours de dégustation de whisky au public ?

Et attention ! Vous ne verrez ni glaçon ni soda dans votre whisky au Château du Barroux ! C’est par les yeux que commence la dégustation, il faut d’abord observer la couleur du breuvage, qui peut aller du transparent (tel de l’eau) au brun foncé. Cette couleur peut indiquer la durée de maturation, ou encore la complexité du whisky. Ce n’est qu’après que le nez s’aventure près du verre, avant de mettre la boisson en bouche. « Même quand on le garde en bouche, sans l’avaler, on peut sentir tous les arômes du whisky grâce à des récepteurs olfactifs qu’on a sur la langue par exemple », explique Fanny. D’autres subtilités atour de l’art de la dégustation et du whisky sont aussi révélées lors de ce spectacle dégustation.

Les whiskys à déguster pendant ‘Le Temps d’un Whisky’. ©Vanessa Arnal / L’Echo du Mardi

Un public ravi

Au terme du spectacle, les applaudissements fusent. Tous sont ravis. Certains ont appris à déguster un whisky dans les règles de l’art, d’autres en ont découvert davantage sur la distillation au Château du Barroux.

« Quand sortira la première cuvée de votre whisky ? Est-ce qu’on peut réserver ? », peut-on entendre de part et d’autres de la salle qui accueille le spectacle. Les spectateurs sont déjà prêts à acheter le whisky de l’établissement, qui devrait être en vente à partir d’octobre prochain.

Une chose est certaine, le Château du Barroux n’en finit pas de fasciner. Il a d’ailleurs récemment fait l’objet d’un reportage intitulé « Passion patrimoine : terroirs d’excellence dans les Alpes provençales » dans l’émission télévisée Des Racines et des Ailes sur France 3. Pour voir le replay complet du reportage, cliquez ici.



Prochain spectacle dégustation le vendredi 21 février. 18h30. 40€ (réservation en ligne ou par téléphone au 04 90 28 20 02). Château du Barroux.


Loto du patrimoine, l’âme de la chapelle du Barroux fortifiée à hauteur de 300 000€

Rendez-vous avec François Cance, le président d’Arthotèque, l’association qui propose la découverte d’œuvres des artistes du Luberon. Nous voici au pied du très majestueux Château du Barroux. Nous y découvrirons les œuvres subtiles et colorées de deux artistes : Marine Guillemot, amoureuse du végétal et Joël Canat sculpteur exposant, pour l’occasion, ses œuvres en bois.

« Le panorama qui paraît derrière la silhouette de Marine Guillemot appartient tout entier à la Couronne anglaise, relève amusé François Cance, président d’Artothèque. J’ai voulu réunir ces deux artistes, très proches de la nature, dans ce lieu du patrimoine, le Château du Barroux, récemment acquis par mes amis Fanny et Jean-Baptiste Vayson. Je trouvais que leur courage de lier leurs vies au destin de ce fabuleux édifice historique pour le préserver et le faire vivre et d’y inviter deux artistes : Marine Guillemot et Joël Canat épris de nature, révélait à quel point le patrimoine historique et son environnement naturel sont liés et précieux. »

Marine Guillemot ? C’est une silhouette fine et silencieuse dotée de deux grands yeux bruns qui détaillent l’univers, du plus petit au plus grand. C’est comme souvent une artiste à la sensibilité à fleur de peau, une femme qui se nourrit de l’ambiance, du moment, du subtil et de l’infini. D’une approche plutôt effacée voire neutre, elle marche à pas de loup, observant la poésie de l’infiniment petit, la majesté de la nature, le dépouillement laissant paraître l’essentiel. Ses recherches rejoignent, en cela, les travaux d’Anne-K.  

Marine Guillemot, artiste du végétal, Copyright MH

Mettre au jour
Alors apparaissent des splendeurs, la dentelle des feuilles devenues papier de soie délicatement nervuré. Marine Guillemot en fait des robes, des paysages, des ambiances tour à tour indigo, tourbées, garancées. Souvent elle plaque, entre deux verres, ses œuvres comme pour les suspendre dans le temps et l’espace.

Mais avant cela ?
C’est la vision d’une Marine Guillemot qui arpente le Luberon que nous percevons, à la recherche de feuilles fraîches de genêt, de lavande, d’épines de pin et aussi de feuilles d’olivier, de micocoulier qu’engloutissent son congélateur, pour les travailler l’hiver venu.

Papérisation des feuilles
Les tableaux de Marine Guillemot évoquent parfois des robes –peut-être en hommage à son ancien métier car elle fut une maquilleuse-plateau très recherchée voyageant dans le monde entier à Paris, Milan, New-York, Los Angeles, Londres- d’autres fois exécutant des paysages, surgis de camaïeux de couleurs conçus à partir de pigments -car Marine Guillemot vit à côté d’Okhra dont elle a suivi les formations- comme l’indigo pour le bleu, la garance pour les rouge et orange, la gaude pour les jaunes, le noir galle de chêne, la grenade pour les gris et les noirs.

Les presses
Après de longs et minutieux process, une technique asiatique ancestrale de papérisation comprenant trempages, brassages, cuissons et temps de presse -fabriquées par l’artiste elle-même à l’aide de planches et de serre-joints- les feuilles délivrent, enfin, leurs délicates architectures, sèches, invincibles, éternelles, couchées sur de grands draps pour parfaire le séchage et la mise en forme de ce tissage de feuilles entremêlées naturellement. Parfois, au creux de l’œuvre, une touche d’or surgit, comme la signature de l’artiste. Peut-être pour nous inviter à discerner l’or qui nous entoure et auquel nous demeurons trop souvent aveugles. Le travail de Marine Guillemot est finalement une très majestueuse ode à la nature dont nous sommes humblement issus.

Marine Guillemot au travail avec ses presses dotées de serre-joints et de poids, dans son atelier DR



Joël Canat
Joël Canat est le sculpteur chercheur du volume et de l’équilibre. Alors qu’il commence à sculpter le bois parce qu’il a planté sa vigne et a dû, pour cela sacrifier des chênes, il travaille la forme et les courbes, les inscrivant dans un nouveau cadre, un nouvel espace. Très vite séduit par l’acier, le corten et l’inox, il exécute d’abord un carton de ses sculptures avant de se mettre à l’ouvage, de les faire découper, plier, souder, tout d’abord en petit format pour, très vite, tutoyer les grands formats -parfois plus de 3 mètres- et déployer ses œuvres dans les jardins et les parcs, invitant le soleil, la pluie et le vent à les façonner, à leurs imprimer de nouveaux mouvements, de nouvelles patines. Cet homme aussi fraternel que curieux de tout, à l’œil affûté et aux réalisations exigeantes, mêle avec plaisir ses œuvres à celles de Marine Guillemot.
Vous pourrez ainsi les retrouver, tous deux, dans cette exposition proposée par François Cance à ses amis les propriétaires du Château du Barroux, Fanny et Jean-Baptiste Vayson de Pradelle. Les feuilles de Marine Guillemot bruissant et chuchotant aux oreilles des totems de Joël Canat, la part du féminin et du masculin s’épousant dans un dialogue chorégraphique délicatement complémentaire.

Anecdote
Alors que Marine Guillemot me fait visiter l’exposition, elle s’arrête, me montrant un petit fenestron devant lequel se sont arrêtés tant de paparazzis pour essayer de voler une image de Lady Di dans la piscine de cette maison appartenant à la couronne d’Angleterre.

Propriété de la Couronne d’Angleterre où Lady Di venait se ressourcer et échapper au monde Copyright MH

Les infos pratiques
Marine Guillemot, peintre du végétal et Joël Canat, sculpteur exposent leurs œuvres au Château du Barroux, du village éponyme jusqu’au 30 juin. marine.guillemot@gmail.com. instagram guillemotmarine.artAtelier show-room. 1, rue Pascal Hilarion Pascal à Saint-Saturnin-lès-Apt 06 72 47 24 19

François Cance au Château du Barroux Copyright MH


Loto du patrimoine, l’âme de la chapelle du Barroux fortifiée à hauteur de 300 000€

L’histoire du château du Barroux est peu commune. Pourquoi ? Parce que les actuels propriétaires Fanny et Jean-Baptiste Vayson de Pradenne ont repris le château que leur ancêtre avait presque fini de restaurer en… 1939, juste avant qu’il ne meure, avec sa famille, accidentellement.

Des décennies plus tard et alors qu’un nouveau siècle se dessine, deux ingénieurs Fanny –toulousaine, fille de vignerons ‘Château Saint-Louis- et petite fille de distillateurs d’alcools, ingénieur en génie civil et œnologue- et Jean-Baptiste Vayson –ingénieur et descendant de l’ancien propriétaire- se portent acquéreurs du château fort en 2020, installant leur famille en 2021, avec leurs trois petites filles, dans ces augustes murs.

Une vue du Château du Barroux Copyright MH

Ensemble,
ils acceptent de poursuivre la mission entamée par André Vayson de Pradenne, l’aïeul de Jean-Baptiste. Chacun à un poste bien défini. Fanny à la distillation du whisky de petit épeautre et Jean-Baptiste à la restauration du château et de sa chapelle Notre Dame de la Brune, en hommage à sa Vierge noire. Les peintures et fresques de l’édifice religieux qui couvent entièrement les murs –classées aux Monuments historiques- ont été réalisées entre le 16e et le 19e siècle. En 1563, en pleines guerres de religions, la statue de la vierge placée au milieu d’un incandescent bucher n’aurait eu que le visage noirci sans, pour autant, être consumée. C’est à cette époque que débutent les pèlerinages pour rendre hommage à ce miracle.

Détail d’une fresque de la chapelle Notre dame la Brune Copyright MH

Petite histoire du château
Elle est extraordinaire comme seules les vieilles pierres savent conter les aventures tourmentées de l’humanité. Son édification, au plus haut point du village, remonte au 12e siècle. Mais au tout départ, ce n’est qu’un donjon entouré de murailles cédé, d’une famille à une autre,  en règlement d’une dette. Il devient, au fil des siècles un château empruntant au style renaissance du 16e siècle. Lors des guerres de religion, le château fort est livré aux Huguenots puis repris par les catholiques. Il est transformé entre 1680 et 1690 tout en conservant son caractère fermement défensif. Les troupes révolutionnaires ne lui voudront pas de bien en 1791. A partir de cette date, le château sera pillé de ses pierres pendant plus de 150 ans, concourant à construire les maisons alentours. Il n’est plus que ruines en 1920.

André Vayson de Pradenne
C’est là qu’André Vayson de Pradenne –fils du peintre Paul Vayson, ingénieur, Président de la société préhistorique française, maire de Murs durant 4 mandats, Conseiller général du Canton de Gordes de 1919 à 1929- rachète –en 1929, le château pour le reconstruire. Il faut dire que l’homme est amateur de châteaux puisqu’en plus de celui du Barroux il en possède deux autres : le château de Murs et de Javon à Lioux. Las, intoxiqué au monoxyde de carbone il meurt dans son hôtel particulier parisien avec son épouse et sa fille laissant un seul survivant, son fils.

Hommage à Paul Vayson, Rocher des Doms, Avignon DR

Des expos et du whisky
2021, désormais, le château est ouvert aux visites guidées et non guidées, à des événements réguliers comme des performances d’artistes, des expos, des concerts, des dégustations de whisky, des mariages, des fêtes familiales, des séminaires d’entreprises. En terme de performances, on se souvient de celle de Sandrot qui devant un public ébahi –elle en a l’habitude- exécutait un perroquet dans l’une des cours du château. D’ailleurs un immense aigle signé par elle orne un mur intérieur du château. Marine Guillemot, artiste du végétal et Joël Canat, sculpteur y exposent actuellement (voir ici).

La distillerie dans les salles basses du château du Barroux DR

La distillerie
Est aménagée dans les salles basses du château. Fanny et Jean-Baptiste Vayson de Pradenne s’y approvisionnent auprès de deux producteurs et d’une coopérative d’où elle récupère les intrants pour fabriquer son whisky. Les visites guidées de la distillerie artisanale s’y font dè s à présent. Le whisky est produit à partir de petit épeautre de Haute Provence provenant du Ventoux et du Pays de Sault. Il est certifié IGP (Indication géographique protégée) et bio.

Exposition jusqu’au 30 juin
Exposition du sculpteur Joël Canat, de Marine Guillemot et de Sandrot. Château du Barroux. La Garenne. Visite libre du château. Adulte 8,50€. Enfant –de 6 à 16 ans) 5€ incluant un jeu de piste. Gratuit pour les moins de 6 ans. Abonnement annuel avec entrée individuelle illimitée : 20€. Chiens en laisses autorisés lors de la visite libre du château. Horaires De mai à septembre 10h-18h avec dernière entrée à 17h15. Octobre à fin avril –sauf janvier- 10h-13h et de 14h à 18h. 04 90 28 20 02.

Salle dans laquelle exposent Marine Guillemot, artiste du végétal et Joël Canat, sculpteur Copyright MH

Pour en savoir plus
Marine Guillemot, artiste du végétal ici. Joël Canat ici. Artiste animalière Sandra Guilbot dite Sandrot ici, sa performance au château ici.

Œuvre de Sandrot Copyright MH sur un mur d’une cour du Château du Barroux


Loto du patrimoine, l’âme de la chapelle du Barroux fortifiée à hauteur de 300 000€

À partir du vendredi 2 juin et jusqu’au dimanche 4 juin, le château du Barroux organise un repas-concert entre piano et dégustation de fromage. 

La pianiste Noémi Foucard interprétera chaque soir de nouveaux morceaux. Au total, 5 morceaux de musique pour 5 morceaux de fromage. En fonction de la date choisie, les participants auront l’occasion de savourer les répertoires de Scarlatti, Beethoven, Brahms ou encore Debussy. Afin de favoriser une expérience multisensorielle, chaque musique a été sélectionnée pour sa résonance particulière avec les caractéristiques d’un fromage donné (texture, couleur, forme, arôme, saveur, terroir). Pour accompagner les fromages de la Crèmerie-Fromagerie Mercy, le Domaine Château Valcombe offrira un verre de vin AOC Ventoux (Agriculture Biologique).

Le programme musical des différentes soirées

Les morceaux choisis à l’occasion de la première soirée seront : Sonate K129 de Scarlatti, Sérénade of the Doll, Snow is dancing (Children’s corner) Debussy, Intermezzo 1 et 2 Opus 118 de Brahms, Saint-Petersburg waltz de Monk et enfin Ondine (Gaspard de la nuit) de Ravel.

La soirée du 3 juin proposera : la sonate K25 Scarlatti, sonate 34, 2e et 3e mouvements, de Haydn, la vallée des cloches (Miroirs n°5) de Ravel, le cœur sur la main (Soirées de Nazelles) suivie de novelette sur un thème de De Falla de Poulenc et la sonate Waldstein (1e Mouvement) de Beethoven.

Enfin, la dernière soirée clôturera l’évènement avec El Lago (Tres Paisajes n°2) de Mompou, Gavotte 1,4, 5 et 6e variation de Rameaux, Kreisleriana opus 16, n°1 et n°3 de Schumann, la 2e Promenade et Vieux Château (Tableaux d’une exposition) de Moussorgsky et la Sonate K450 de Scarlatti.

© Ventoux Opéra

Informations pratiques

Vendredi 2, samedi 3 et dimanche 4 juin. 19h. 40€ par personne et par concert. Sur réservation au 06 59 13 13 21 ou à cette adresse mail : contact@chateaudubarroux.com

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