‘La Petite Lumière’ d’Antonio Moresco en lecture musicale au Barroux
La Compagnie Maâloum propose la lecture musicale de La Petite Lumière d’Antonio Moresco.
Depuis 2018, ce collectif d’artistes crée des lectures musicales autour d’un auteur. Basés sur notre territoire entre le Mont Ventoux et Avignon, ils nous ont déjà donné à entendre Les Raisins de la colère de Steinbeck et plus récemment La Langue des choses cachées de Cécile Coulon. Leurs choix se portent sur de beaux textes qu’ils peuvent magnifier en faisant appel à un musicien ou musicienne.
La Petite Lumièred’Antonio Moresco.
« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant » : ainsi commence La Petite Lumière. C’est le récit d’un isolement, d’un dégagement mais aussi d’une immersion. Le lecteur, pris dans l’imminence d’une tempête annoncée mais qui tarde à venir, reste suspendu comme par enchantement parmi les éléments déchaînés du paysage qui s’offrent comme le symptôme des maux les plus déchirants de notre monde au moment de sa disparition possible. L’espace fait signe par cette petite lumière que le narrateur perçoit tous les soirs et dont il décide d’aller chercher la source.
La petite lumière qui nous guide
Le narrateur part en quête de cette lueur et trouve, au terme d’un voyage dans une forêt animée, une petite maison où vit un enfant. Il parvient à établir un dialogue avec lui et une relation s’ébauche dans la correspondance parfaite des deux personnages. Cette correspondance offre au narrateur l’occasion d’un final inattendu. La petite lumière sera comme une luciole pour les lecteurs qui croient encore que la littérature est une entreprise dont la portée se mesure dans ses effets sur l’existence.
Lecture : Julie Minck Musique originale : Léa Lachat, accordéon et MAO Adaptation et mise en lecture : Julie Minck
Vendredi 6 mars. 18h30. Bibliothèque. Le Barroux.
‘La Petite Lumière’ d’Antonio Moresco en lecture musicale au Barroux
C’est à l’écriture puissante, citoyenne et rebelle de John Steinbeck (1902-1968) que la Compagnie Maâloum s’est attaquée donnant une lecture musicale ce jeudi 16 décembre à 20h au Théâtre de la Charité à Carpentras. «C’est en 1939 qu’il publie Les Raisins de la colère, qui est d’ailleurs considérée comme le plus grand roman décrivant la crise sociale qui sévissait à l’époque, relate Jérémy Cardaccia chargé de la mise en lecture du spectacle. En 1940, lorsque le roman est adapté au cinéma par John Ford, il reçoit le prix Pulitzer. Et puis, la consécration viendra avec le prix Nobel de littérature en 1962. »
Concrètement «Roman populaire, Les Raisins de la colère est aussi un brûlot politique et écologique. L’auteur y dénonce la mécanisation du travail qui éloigne le paysan de son environnement, la surexploitation des sols et leur contrôle par des banques sans visage. Cette œuvre qui a fait scandale aux Etats-Unis lors de sa parution, reste d’actualité,» souligne Jérémy Cardaccia.
Sur scène «Rémi Pradier, comédien-lecteur de la compagnie avec qui j’ai l’habitude de travailler, sera entouré par deux musiciens : Béatrice Lopez et Robin Celse, qui nous transporteront avec des airs folks, de l’old-time music et des chants ; marqueurs de cette époque…comme autour d’un feu auprès duquel le public sera amené à méditer les échos de ce puissant texte.»
Jérémy Carcadia
Tout a commencé ainsi «En 1938, l’écrivain est mandaté par le journal San Francisco News pour une série de reportages d’investigation sur les fermiers migrants de Californie. Il leur parle, observe leurs habitudes, décrit leurs habitats et leur façon de parler. Cette enquête journalistique va constituer la sève de l’œuvre littéraire. Sans cette commande, il n’y aurait pas eu de Raisins de la Colère… Comme Steinbeck voulait écrire sur le vif, écrire l’histoire au moment où elle se fait, il n’a mis que cent jours pour boucler son récit.»
Le travail artistique «Notre défi a été de transposer cette œuvre magistrale de plus de 600 pages sur scène, dans un format d’une heure et quart, sans perdre la force et la profondeur du roman. Nous avons décidé de nous concentrer sur la première partie du roman, celle de l’expulsion, des préparatifs du départ, de l’abandon de la ferme et de la première journée sur la route : cette fuite amère de la famille Joad vers les promesses d’une vie meilleure en Californie.»
Robin Celse, Rémi Pradier et Béatrice Lopez
Qu’est-ce qui pousse les migrants sur la route ? «Il nous semblait intéressant de nous pencher sur le départ de la famille migrante plutôt que sur leur arrivée et leur confrontation avec la population indigène et leur exploitation par les grands patrons. On n’explique pas assez pourquoi certaines populations sont poussées sur les routes, obligées de quitter leur terre bravant mille dangers dans l’espoir de retrouver leur dignité. On ne parle pas assez de l’humanité et de la solidarité qui unissent ces exilés face à l’adversité.»
Grâce à eux La lecture est de Rémi Pradier, la musique de Béatrice Lopez au violon et au chant et Robin Celse à la guitare et au chant. La mise en lecture est de Jérémy Cardaccia.
Les infos pratiques Jeudi 16 décembre à 20h. Lecture musicale des Raisins de la colère de John Steinbeck. Durée 1h15 à partir de 13 ans. 7€. Théâtre de la Charité, 77 rue Cottier à Carpentras. Réservation 04 90 60 84 00.
Les prochains rendez-vous Les Printemps sauvages. La lecture du midi, mardi 4 janvier 12h40 avec Douna Loup à l’Inguimbertine à Carpentras. Mauvaises herbes Bonheurs de lecture avec Dima Abdallah, jeudi 27 janvier à 20h, au théâtre de la Charité à Carpentras. Les Hauts Parleurs avec Alain Damasio, Tea jazz #4 dimanche 30 janvier à 15h, Ajmi jazz club à Avignon.