23 juillet 2026 |

Ecrit par le 23 juillet 2026

(Vidéo) Le Rhône, un fleuve paisible seulement en apparence

La Compagnie nationale du Rhône (CNR) renforce sa campagne de sensibilisation. Car derrière le calme apparent du fleuve, l’ouverture d’un barrage peut provoquer une montée brutale des eaux, même en plein soleil. Résultat ? Plus de 500 panneaux de prévention ont été apposés en réaction à plus de 400 comportements dangereux recensés en 10 ans. Et pour accompagner le tout ? Une vingtaine d’agents seront mobilisés tout l’été. Leur mission ? Faire face à l’affluence sur les berges du Rhône.

Avec les fortes chaleurs, les berges du Rhône -Le Rhone, fleuve le plus puissant de France, 812 km dont deux tiers en France et un tiers en Suisse- deviennent un refuge prisé des promeneurs, pêcheurs, amateurs de paddle ou simples familles en quête de fraîcheur. Pourtant, le plus puissant fleuve de France après la Loire demeure un milieu particulièrement imprévisible. Son apparente tranquillité masque une réalité hydraulique complexe : sur les 330 kilomètres aménagés par la Compagnie nationale du Rhône (CNR), les ouvrages hydroélectriques modifient en permanence les débits du fleuve afin de produire de l’électricité, d’assurer la navigation et de répondre aux contraintes d’exploitation.

Une montée des eaux aussi discrète que redoutable
Conséquence directe ? Le niveau de l’eau peut varier très rapidement, sans lien avec la météo ou les précipitations. Un barrage peut être amené à ouvrir ses vannes plusieurs fois dans une même journée, y compris sous un ciel parfaitement dégagé. Contrairement aux idées reçues, le danger ne se manifeste pas toujours par une vague spectaculaire. L’eau progresse souvent de façon continue mais rapide, tandis que le courant s’accélère fortement. Les personnes installées sur un banc de graviers, un îlot ou directement dans le lit du fleuve peuvent alors se retrouver piégées en quelques minutes.

Copyright CNR

L’ouverture des barrages
Avant chaque ouverture de barrage, la CNR déclenche une procédure destinée à rendre cette montée des eaux visible. Les vannes sont ouvertes progressivement afin d’inciter les personnes présentes à rejoindre immédiatement la berge. Ce temps d’alerte est volontairement limité : une fois cette phase terminée, le niveau du Rhône continue de monter rapidement et la puissance du courant augmente considérablement. Les spécialistes rappellent qu’il suffit de quelques dizaines de centimètres d’eau en mouvement pour déséquilibrer un adulte, tandis qu’un courant rapide exerce une force très supérieure à ce que laisse imaginer la profondeur du fleuve.

Des zones interdites et pourtant trop fréquentées et 500 panneaux pour le dire
L’accès au lit du Rhône, aux abords des barrages, des centrales et des écluses est interdit par arrêtés préfectoraux. Malgré cette réglementation, les comportements à risque demeurent fréquents. La CNR indique avoir recensé plus de 400 situations dangereuses au cours des 10 dernières années, principalement dans les secteurs situés à l’aval des barrages. Les îlots temporaires et bancs de galets, particulièrement attractifs durant l’été, figurent parmi les lieux les plus exposés. Pour rappeler ces interdictions, plus de 500 panneaux jalonnent les berges du Rhône. Ils signalent les secteurs où la baignade et l’accès au fleuve sont proscrits, non pas en raison de la qualité de l’eau, mais du fonctionnement même des ouvrages hydrauliques.

La prévention plutôt que l’intervention
Face à ces risques, la CNR lance cet été une nouvelle campagne de sensibilisation autour du message : « Ouverture du barrage : quand l’eau monte, le danger aussi ». L’objectif est de mieux faire comprendre un phénomène souvent mal connu, notamment auprès des plus jeunes. Une vingtaine de chargés de prévention parcourront les berges de mi-juin à fin août pour aller à la rencontre du public. Des affiches, vidéos, supports pédagogiques et documents traduits en plusieurs langues sont également diffusés auprès des offices de tourisme, des communes, des associations et des acteurs locaux afin de relayer les consignes de sécurité. Cette stratégie répond aux réseaux sociaux qui contribuent parfois à banaliser certaines pratiques, comme l’installation sur des îlots ou la baignade dans des secteurs interdits.

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Ne jamais sous-estimer le Rhône
Les gestionnaires du Rhône rappellent qu’aucun signe météorologique ne permet d’anticiper une ouverture de barrage. Le soleil, la chaleur ou un niveau d’eau bas ne garantissent pas l’absence de danger. Le premier réflexe reste donc de respecter la signalisation, de ne pas s’aventurer dans le lit du fleuve ou sur les bancs de graviers, et de quitter immédiatement les lieux dès que le niveau de l’eau commence à monter.

En savoir plus
Le Rhône prend sa source dans le glacier du Rhône en Suisse. Il parcourt 290 km en Suisse, se jetant dans le Lac Léman pour en sortir à Genève. Il entre ensuite en France où il parcourt 545 km pour se jeter en Méditerranée par un delta. Son bassin versant mesure en tout 97 800 km2, dont 90 000 km2 en France, soit environ 17 % de la superficie de la France métropolitaine.

100 ans d’aménagement du Rhone
100 ans d’aménagement du Rhône l’ont artificialisé sur 80 % de son parcours. En 1934, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) reçoit la concession des travaux d’aménagement du Rhône en France. Cette SEM détenue à 49 % par Engie (ex GDF-Suez) est depuis chargée de l’aménagement général du fleuve, en particulier pour la production hydroélectrique et la navigation. 

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19 barrages construits par la CNR
La CNR a construit 19 barrages. Ces barrages sont associés à des canaux de dérivation (appelés aussi canaux d’amenée) parallèles à des tronçons court-circuités du Rhone à l’exception de 3 d’entre eux (barrages de Génissiat, Seyssel et Vaugris). Ces grands travaux d’aménagement ont permis le transport fluvial de marchandises entre Lyon et Arles, et la production d’hydroélectricité, tout en luttant (avec plus ou moins de succès) contre les inondations. Les 19 centrales hydroélectriques correspondent à une puissance installée d’environ 3000 MW, soit 25 % de la production hydroélectrique française.
Source European water movement

La Compagnie nationale du Rhone
Concessionnaire du fleuve, la CNR organise la production d’hydroélectricité, le développement du transport fluvial et la contribution à l’irrigation agricole en vallée du Rhône. Elle exploite un patrimoine industriel unique comprenant 19 ouvrages hydroélectriques, 330 kilomètres de voie navigable, 17 ports et plateformes multimodales, et plus de 130 parcs éoliens et photovoltaïques à travers ses filiales Vensolair et Solarhona.  

Société anonyme d’intérêt général, le capital de la CNR est majoritairement public associant le groupe Caisse des Dépôts, 183 collectivités locales et établissements publics, et l’industriel Engie. La concession de la CNR se prolonge jusqu’en 2041, conformément aux attentes de l’État et auprès des collectivités locales, des entreprises, du secteur agricole et des acteurs associatifs de la vallée du Rhône.
Mireille Hurlin


(Vidéo) Le Rhône, un fleuve paisible seulement en apparence

Depuis le 8 et jusqu’au 19 mars, la navigation sur le Rhône est interrompue entre Lyon et la Méditerranée pour l’entretien annuel des écluses à grand gabarit orchestré par la Compagnie nationale du Rhône (CNR). Une opération spectaculaire qui consiste à vider entièrement les ouvrages et mobilise plus de 300 professionnels. Cette année marque aussi le lancement d’un vaste chantier de modernisation, notamment à Bollène, où deux nouvelles portes monumentales doivent renforcer la fiabilité de l’une des écluses les plus emblématiques du fleuve.

Chaque début de printemps, le Rhône se livre à une scène rarement visible : celle d’écluses gigantesques mises à sec pour être auscultées dans leurs moindres détails. Depuis le 8 mars à 21 heures et jusqu’au 19 mars à 5 heures, la navigation fluviale est totalement interrompue entre Lyon et la Méditerranée. Cette parenthèse technique permet à la Compagnie nationale du Rhône (CNR) d’assurer la maintenance annuelle de ses quatorze écluses à grand gabarit, essentielles au fonctionnement de l’axe logistique Méditerranée-Rhône-Saône.

Des opérations d’envergure sur la voie navigable
Durant ces quelques jours, les bassins habituellement traversés par les convois fluviaux se transforment en vastes chantiers. Plongeurs, cordistes, grutiers, mécaniciens et ingénieurs se relaient jour et nuit pour inspecter les installations, nettoyer les structures, réparer les systèmes d’étanchéité et contrôler les équipements mécaniques et électriques. Une opération d’envergure menée dans un temps très contraint afin de remettre la voie navigable en service dans les délais.

Un chantier majeur au cœur du Vaucluse
L’édition 2026 de cette maintenance annuelle marque aussi le début d’un programme de modernisation inédit. La CNR engage en effet la construction de deux nouvelles portes aval de 20 mètres de haut sur les écluses de Châteauneuf-du-Rhône -dans la Drôme- et surtout de Bollène. Ces portes métalliques, dont chacune pèsera près de 200 tonnes, viendront doubler les équipements historiques installés dans les années 1950. L’objectif ? Renforcer la sécurité et la continuité de la navigation sur un axe stratégique pour le transport de marchandises.

Un chantier à 90M€
Ce chantier colossal, estimé à 90 millions d’euros, s’inscrit dans le programme de la loi d’aménagement du Rhône adoptée en 2022. Il s’étendra progressivement jusqu’en 2031 et impliquera de nombreuses adaptations comme l’installation de nouveaux équipements mécaniques, l’intégration électrique modernisée, la création d’une salle de commande et insertion architecturale soignée.

Bollène, géant fluvial et patrimoine industriel
Pour le Vaucluse, ces travaux concernent un site d’exception. L’écluse de Bollène, adossée à l’usine hydroélectrique André-Blondel, constitue l’un des ensembles industriels les plus remarquables du Rhône. Construite entre 1948 et 1952, elle fut à l’époque un chantier titanesque de la reconstruction d’après-guerre. Son sas de 195 mètres de long et sa chute de 23 mètres en faisaient, lors de son inauguration par le président Vincent Auriol, la plus haute écluse du monde. Elle demeure aujourd’hui la plus haute de France et sa façade monumentale est classée Monument historique. Ces opérations visent à consolider un axe fluvial redevenu stratégique pour l’économie, car les écluses du Rhône assurent plus de 80 000 éclusages chaque année et jouent un rôle clé dans l’acheminement de marchandises entre le port de Marseille-Fos et l’arrière-pays jusqu’à Lyon.

Un fret de 3,65M€
En 2025, 3,65 millions de tonnes de fret ont transité par cette voie d’eau, soit une progression de 8,7% en un an et la troisième hausse consécutive. L’État, la CNR et les acteurs portuaires misent sur ce corridor pour favoriser le report modal du transport routier vers le fluvial, plus sobre en énergie et moins émetteur de carbone.La modernisation d’ouvrages comme celui de Bollène apparaît comme un levier décisif pour soutenir la croissance du trafic et sécuriser durablement l’un des grands axes économiques du sud de la France.

L’essentiel de l’info
Arrêt annuel de la navigation pour l’entretien des écluses du Rhône du 8 mars à 21h au 19 mars à 5h concernant les écluses du Rhône entre Lyon et la Méditerranée, dont l’écluse de Bollène.
Mireille Hurlin


(Vidéo) Le Rhône, un fleuve paisible seulement en apparence

Avec la mise en service d’une centrale photovoltaïque de 4,25 MW à Donzère-Mondragon, le Vaucluse poursuit le développement des énergies renouvelables. Son raccordement au réseau public d’électricité, achevé en décembre 2025, s’est appuyé sur un chantier bas carbone d’envergure, conciliant performance énergétique et préservation de la biodiversité.


Mise en service le 15 décembre 2025, la centrale photovoltaïque de Donzère-Mondragon figure parmi les installations solaires les plus puissantes du département. Avec une capacité de 4,25 MW, elle contribue à renforcer la production d’électricité renouvelable dans un territoire déjà fortement engagé dans la transition énergétique, aux côtés de l’hydroélectricité portée par l’aménagement du Rhône et de ses canaux.

Une infrastructure stratégique pour la transition énergétique locale
Alors que la région Provence-Alpes-Côte d’Azur accélère le déploiement du solaire pour atteindre ses objectifs climatiques, le raccordement de cette centrale photovoltaïque participe à la décarbonation du mix électrique.

6,6 kilomètres de réseau dans un environnement sensible
Pour acheminer l’électricité produite jusqu’au réseau public de distribution, 6,6 kilomètres de câble ont été déployés. Le tracé a nécessité une organisation fine des travaux, répartis entre 1,2 kilomètre sur le domaine public, finalisé au printemps 2025, et près de 5 kilomètres sur le domaine concédé de la Compagnie nationale du Rhône, le long de la digue du canal de Donzère-Mondragon.

Natura 2000
Cette zone, classée Natura 2000 et intégrée à une réserve naturelle, a imposé un calendrier strict. Les travaux ont été interrompus durant l’été afin de respecter la période de reproduction des castors et la nidification des oiseaux, avant de reprendre à l’automne. Une vigilance particulière a été portée lors des phases de terrassement, menées entre octobre et novembre.

Copyright Enedis

Un chantier bas carbone sous contrainte écologique
La spécificité du projet réside dans les choix techniques opérés pour limiter l’empreinte environnementale. Aucun apport de terre extérieure n’a été réalisé : l’utilisation d’un câble renforcé a permis de réutiliser exclusivement les déblais existants, réduisant significativement les transports et les émissions associées.

Respect de la faune et la flore
Lorsque les travaux ont concerné des zones végétalisées, des opérations de replantation à base de luzerne et de trèfle ont été prévues afin de restaurer les habitats naturels. Le recours au forage dirigé a également permis de franchir plusieurs ouvrages sans intervention intrusive sur les sols, la faune ou la flore. Les équipes ont, par ailleurs, adapté leur organisation aux opérations de régulation de la faune menées localement.

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Un signal fort pour le Vaucluse
Au-delà de l’infrastructure elle-même, ce raccordement illustre la capacité du réseau électrique à intégrer des productions renouvelables de plus en plus importantes, y compris dans des environnements naturels contraints. Dans le Vaucluse, où les projets solaires se multiplient ces dernières années, la question du raccordement devient un enjeu central pour la réussite de la transition énergétique. En 2025, 94 chantiers bas carbone ont ainsi été réalisés sur le périmètre de la direction régionale Provence Alpes du Sud, traduisant une montée en puissance des pratiques sobres en carbone dans les travaux de réseau.

À propos d’Enedis, un acteur clé du réseau électrique
Enedis est le gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité sur 95 % du territoire français. Filiale à 100 % du groupe EDF, l’entreprise est chargée de l’exploitation, de la maintenance et du développement du réseau électrique, ainsi que du raccordement des installations de production d’électricité, notamment issues des énergies renouvelables. Enedis accompagne ainsi la transition énergétique des territoires, en intégrant de nouvelles capacités de production tout en veillant à la performance du réseau et à la maîtrise de l’impact environnemental de ses chantiers.
https://www.enedis.fr/
Calista Contat-Dathey

https://www.echodumardi.com/tag/compagnie-nationale-du-rhone-2/   1/1