27 mars 2026 |

Ecrit par le 27 mars 2026

Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Qualifié comme un des piliers du blues en France, Manu Lanvin fera étape au Sonograf, le dimanche 5 avril, pour un concert qui s’annonce, pour la salle associative du Thor, comme un événement majeur de ce printemps. En marge de ce rendez-vous l’Echo du Mardi a pu échanger avec celui qui n’a mâche pas ses mots (il a de qui tenir). Morceaux choisis.

L’Echo du Mardi :
Vous faîtes beaucoup de concerts partout en France et en Europe, qu’est-ce que représente pour vous la scène ?

Manu Lanvin :
La scène c’est ma passion première. J’ai toujours fait de la musique pour la musique live. Je ne rentre pas dans cette catégorie d’artistes qui font du « produit musical ». On fait une musique vivante. Le blues et le rock sont des musiques qui se jouent en live. Après, on fait des pauses en studio, c’est juste pour faire une photo de là où on en est dans nos expériences, nos émotions. Nos créations sont faites pour être défendues en live. Vous savez j’ai commencé à jouer quand j’étais ado et très vite j’ai eu la conviction que s’il y avait une place à prendre ce serait sur scène.

“Dans toutes les religions et à toutes les époques c’est la musique qui a toujours déplu.“

EdM :
Comment définissez-vous le plaisir à être sur scène ?

ML :
La scène c’est le seul moment où vous vous libérez de votre égo. Le seul moment où vous êtes dans le moment présent, où vous êtes au service des autres. C’est un moment de bonheur énorme. C’est en définitive une magnifique thérapie. On est là pour échanger des émotions positives. Aucune autre activité permet cela. A part le sport, sauf dans le foot surtout quand je vois comment ils se foutent sur la gueule à la fin des matchs. Avec la musique ce n’est pas le cas. On ne fait qu’un avec le public. Ce sont des moments de communion magnifiques et qui de plus se font dans la joie.

On pourrait finalement presque comparé cela à ce que les gens vont chercher quand ils vont dans un lieu de culte. Mais je ne suis pas du tout dans la religion. Dans toutes les religions et à toutes époques ce qui m’a toujours déplu c’est la musique. Nous étions pour eux les ennemis jurés. Normal on leur piquait des fidèles. Avec une guitare et des mots d’amour on la attiré tous les jeunes. Ils auraient préférés les garder sous contrôle dans leurs lieux de culte. Dans mes albums je parle souvent de ce sujet.

Je respecte la spiritualité de chacun mais je vois qu’au fond de moi je fais du bien. Et ça me fait du bien que de faire du bien aux autres.

©Visuel Tour

EdM :
A chaque génération il y a une musique porte-parole, dans les années 60 c’était le rock-n-roll, maintenant c’est le rap, quelle place a aujourd’hui le blues, et quels messages a-t-il à faire entendre ?

ML :
C’est un réflexion que j’ai toujours eu : est-ce que je ne suis pas démodé ? Je joue une musique qui n’est pas celle de ma génération. Mais elle est dans notre patrimoine de ce qu’ont laissé des gens comme les Stones ou Jimi Hendrix. Ca reste des modèles à suivre. C’est une musique qui traversera le temps. Elle est peut-être moins en vogue en ce moment quoique… Lorsque vous voyez aux US ce que représente l’économie d’un artiste comme Joe Bonamassa c’est énorme. C’est un business incroyable, c’est hors norme. Je pourrai aussi parler de John Mayer ou Garry Clark Junior. La Grande-Bretagne, le pays qui a donné la plus part des guitar heros, le blues est toujours bien vivant avec beaucoup de jeunes talents qui émergent.

Le rap s’est aujourd’hui beaucoup appauvri, c’est même devenu caricatural.“

Ce qui m’amuse c’est que le rock au début était une musique plutôt en marge, aujourd’hui la musique urbaine est en plein dans le système. Elle en profite alors qu’elle l’a totalement critiqué au début. Ils sont tous dedans aujourd’hui. Moi, j’aime bien me retrouver finalement dans les courants marginaux. Si on additionne tous les billets vendus par des artistes de blues ou de rock je peux vous assurer que c’est énorme. J’aime bien cette idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique. Car c’est pour moi un moteur de créativité. Le rap s’est aujourd’hui beaucoup appauvri, c’est même devenu caricatural. J’aime le hip-hop, c’est la musique de ma génération. J’ai adoré Run DMC ou Das EFX ils étaient novateur de quelque chose. Aujourd’hui beaucoup de jeunes veulent faire du rap pour être dans la lumière, aller dans des défilés de mode de chez Chanel ou Vuitton. Ils se sont perdus.

Manu Lanvin By Klaus Guchelaar

EdM :
Quel est le profil de ceux qui viennent vous écouter en concert ?

ML :
Plutôt des personnes qui ont la quarantaine ou la cinquantaine. Mais ce qui est génial c’est qu’il y a de plus en plus de jeunes, souvent amenés par leurs parents. Et certains mordent à l’hameçon.

Avec l’IA on est dans le fast-food de la musique.“

EdM :
Comment réagissez-vous au développement de l’IA et en particulier dans le domaine de la musique ?

ML :
Ce sont des outils magnifiques. Je les utilise. Dans le studio où je travaille, on y fait des essais c’est intéressant. On voit où cela peut nous emmener. Dans un processus de création ça permet de faire un ping-pong avec l’ordinateur. Il suggère mais on doit décider. Mais quand on est un créatif on n’a pas envie de confier sa création à un ordinateur. Ca ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse c’est de vibrer c’est de créer nos propres histoires, d’écrire nos chansons à nous. C’est aussi de garder nos défauts de langage. L’album que j’ai écrit pour mon père (« Ici-bas ») nous avons conservé tout ce qui fait son phrasé et sont style. L’IA n’aurait jamais pu écrire un album pour mon père. Les mots choisis n’auraient jamais pu fonctionné avec l’IA.

Moi, j’aime créer. Après s’il y a des mecs qui trouvent des combines pour faire travailler l’IA et gagner de l’argent c’est leur histoire et je ne les condamne pas. Ce qui m’intéresse c’est de créer des choses qui sont à moi. Je n’ai pas envie d’être un faussaire. Avec l’IA on est dans le fast-food de la musique. Quand vous écrivez une chanson vous l’avez l’impression d’être John Lennon, le temps d’une soirée, c’est un bonheur énorme. Je ne supprimerai jamais le bonheur de créer.

©Eric MARTIN

EdM :
Qu’est-ce qu’on entendra lors de votre concert au Sonograf le 5 avril ?

ML :
Ce sera un mélange des titres de mon dernier album (« Man On a mission » octobre 2025) et de morceaux plus anciens. Dans mes concert je fais toujours ce type de mélange. Nous serons 4 musiciens sur scène.

Manu Lanvin au Sonograf le dimanche 5 avril à 18h30
D901 Le Thor,
Prix des places de 19 à 25 €
Pour en savoir plus :
www.lesonograf.fr/concerts/manulanvin
https://www.manulanvin.com

Réservations en ligne : ICI


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Voilaaa Sound System FT avec Pat Kalla et Lass au chant

Voilaaa Sound System est un collectif vibrionnant autour de l’hyperactif producteur lyonnais Bruno « Patchworks » Hovart qui mélange Djs, Mcs live FX pour des sets inspirés de l’esprit “Notting Hill”. Voilaaa nous entraîne dans la chaleur moite des boites afro/disco seventies, accompagné par Dj Freakistan, ambianceur officiel du Groovistan. Et comme MC, nous aurons la joie d’accueillir à la Rotonde, Pat Kalla, chanteur amoureux de soul et du funk, ainsi que le chanteur d’afropop Lass, tête montante de la scène world new génération ! On se retrouve plongé du côté de Lagos, Dakar ou Abidjan. On tressaille sur du ternaire ou sur du funk impétueux. On s’agite, on s’attise, on s’électrise sur des sets calibrés en moments de bravoure capables de faire chanceler les plus fervents ambianceurs. Qui sera vraiment à la hauteur ?

Select Aïoli en première partie

Inspiré par la culture du sound système jamaïcain, mélangeant le reggae, la soul, la funk, le hip hop aux musiques latines et à la chanson française. Dans un esprit festif de découverte et de convivialité, le sélecta catalan dévoile des sonorités de style underground et des artistes indépendants.

Vendredi 27 mars. 20h30. 5 à 25€. Salle La Rotonde. Salle de La Rotonde. Chemin du Mas de Lafont. Derrière le super U. Châteaurenard. www.lespassagersduzinc.net


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Au moment de la pause déjeuner, dans le couloir de la bibliothèque Ceccano, le clarinettiste Xavier Charles s’invite pour une carte blanche en solo.

Depuis plus de 35 ans, Xavier Charles est une figure incontournable des scènes européenne. Improvisateur de génie, il s’agit ici de l’écouter et de se laisser emporter par ses envolées qui nous transportent dans des paysages naturels comme urbains. Un beau moment de répit et d’abandon avant d’attaquer le week-end. 

Vendredi 27 mars. 12h30. Entrée libre. Bibliotheque Ceccano. Avignon. 

Xavier Charles, en trio le soir à l’AJMI 

C’est une première.et donc une création qui va ravir le public exigeant du club de jazz avignonnais. Car si chacun des trois musiciens se sont croisés respectivement en duo , ils n’ont jamais joué à trois. L’accordéon de Jonas Kocher croisera le piano de Pascale Berthelot le tout sous la clarinette de Xavier Charles. Ce trio Krill promet de beaux voyages sonores et une musique aussi bien jazzique que contemporaine. 

Vendredi 27 mars. 20h30. 5 à 18€. AJMI Club. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 13 39 07 85.


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Avignon Jazz Festival (Tremplin Jazz) vit aussi en dehors du traditionnel festival et tremplin de l’été. En attendant l’été, la chanteuse China Moses vient illuminer la salle Benoit XII.

Une grande voix, une belle présence

China Moses c’est une grande voix du jazz et du soul mais c’est aussi une présence scénique intense et lumineuse. Sa voix d’alto, profonde et naturellement dense, porte un caractère résolu et une couleur immédiatement reconnaissable.,Enfant du jazz devenue auteure-compositrice soul, elle conjugue puissance, sensibilité et une joie rayonnante qui traverse chacune de ses prestations.

Sur scène, elle ne se contente pas de chanter : elle entraîne le public dans un univers immersif où les frontières de genres disparaissent et où chacun est invité à être pleinement soi-même.

Citoyenne du monde

Entourée de musiciens britanniques et américains, entre soul, jazz, blues, funk et rock — la « Black American Music » dans toute sa richesse — elle offre au public un voyage vibrant au cœur de son kaléidoscope culturel d’Américaine, de Française d’adoption et, plus largement, de citoyenne du monde. Depuis sept saisons sur TSF Jazz, son émission lui permet d’explorer et partager l’héritage de la culture afro-américaine à travers des artistes comme Alice Coltrane, Roberta Flack, Prince, Marvin Gaye, Meshell Ndegeocello ou Sade.

China Moses : Chant
Joshua Eniraiyetan : keyboards
Faniry Andrinarisoa : Drum
Immanuel Simelane : Bass
Jérôme Cornelis : Guitar & Sax

Pour réserver, cliquer ici.
Samedi 21 mars. 20h30. 5 à 30€. Théâtre Benoît XII . 12, rue des Teinturiers. Avignon.


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Un instrument peu connu : l’harmonica de verre

Thomas Bloch et l’ensemble belge Il Gardelino présentent un concert autour de Mozart… mais dans une version peu connue avec l’intégration de cet instrument l’harmonica de verre pour lequel le grand Mozart à écrit. Cet instrument né en 1761 grâce à Benjamin Franklin fut très à la mode aux XVIIe et XVIIIe siècle mais également interdit un siècle plus tard car il rendait soit disant “fou”.

Du Mozart, du Bach et du Josef Fiala au programme

Lors de cette soirée, Mozart certes au programme… mais aussi Jean-Sébastien Bach, Josef Fiala dans lesquels seront solistes, tour à tour, la flûte traversière de Jan De Winne, le hautbois et cor anglais de Marcel Ponseele. Une soirée de musique de chambre peu commune où les sonorités hypnotiques des instruments vous porteront loin de la surface terrestre.

Vendredi 20 mars. 20h. 5 à 30€. L’autre Scène. Avenue Pierre de Coubertin. Vedène. 04 90 14 26 40 / www.operagrandavignon.fr


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

C’est le groupe italo-britannique The Cinelli Brothers qui est programmé par Les Passagers du Zinc en remplacement de Bernard Allison prévu initialement.

Quatre garçons dans le vent, ça ne vous rappelle rien ? Non les Cinelli Brothers ne sont pas les Beatles mais ils sont installés en Grande-Bretagne, ce sont des multi-instrumentistes virtuoses et profondément habités par le blues. Ils raflent les récompenses des UK Blues Awards depuis plusieurs années.

Du blues mais pas que

Leur musique puise dans la tradition pour mieux la projeter ailleurs, quelque part entre blues, soul, rock et pop. Leurs compositions, d’une efficacité redoutable, révèlent une sophistication insoupçonnée : arrangements subtils, groove implacable et harmonies vocales impressionnantes.

Énergie et charisme scénique

Sur scène, The Cinelli Brothers impressionnent par leur intensité, leur générosité et leur capacité à créer un lien immédiat avec le public, que ce soit dans l’intimité d’un club ou face à une foule de festival. Véritables passeurs d’émotions, ils incarnent une nouvelle génération de musiciens pour qui le blues, la soul et le R’n’B ne sont pas des musiques du passé, mais une matière vivante, vibrante et essentielle.

Vendredi 20 mars. 20h30. La Rotonde. Chemin du mas de Lafont ou parking Super U. Châteaurenard.


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

L’Amérique sur un plateau

Autour de Jon Irabagon sont réunies trois figures majeures de l’avant-garde new-yorkaise. Ce quartet d’exception nous propose un road trip musical qui va nous emmener dans les immenses paysages de l’Ouest américain. La traversée sera également musicale , dans la plus pure tradition jazzique,  avec un voyage à travers l’histoire du jazz depuis 1960. Du bebop à la soul, les formes musicales se mélangent tout en nous réconciliant avec le jazz contemporain. 

Rising sun, le soleil se lève

Avec ce titre Jon Irabagon nous promet une musique positive et énergique et nous offre du rêve à domicile. Il est prudent de réserver. 

Jon Irabagon : saxophone ténor 
Matt Mitchell : piano, fender rhodes
Chris Lightcap : bass
Sam Ospovat : batterie 

Jeudi 19 mars. 20h30. 5 à 18€. AJMI Club. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 13 39 07 85.


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Au rythme de la Caraïbe avec l’incontournable Bamby

Originaire de Guyane, Bamby est une figure incontournable de la scène musicale antillaise et l’artiste féminine la plus écoutée de son territoire. Avec un style mêlant Afro, shatta et Dancehall, elle a su conquérir un public fidèle avec plus de 380K abonnés sur Instagram. Ayant collaboré avec des artistes comme Natoxi, Jahyanai et Keblack, Bamby continue d’élargir son influence avec des projets toujours plus ambitieux. Bamby a marqué les esprits avec ses derniers titres Guyane et Don Dada et a franchi une nouvelle étape avec son album MUSE. Entre puissance vocale, chorégraphies endiablées et messages inspirants, les concerts de cette Dancehall Queen nous invite à célébrer la diversité, à danser et à vibrer au tempo de la Caraïbe. Préparez-vous à vivre une expérience explosive et solaire !

Rash, Le DJ référence de la scène afro-caribéenne

Depuis ses débuts en 2021, DJ Rash s’est rapidement imposé comme une figure clé de la scène afro-caribéenne. Grâce à son talent et à son sens du rythme, il est devenu DJ résident dans des clubs de renom, dont les soirées Influence du Bokaos. Mêlant Afrobeat, Dancehall, Shatta, Bouyon, Hip-Hop et Amapiano, il façonne des ambiances uniques et envoûtantes. Son énergie et sa technicité l’ont amené à mixer dans les plus grands clubs du sud-est de la France, où il a su marquer les esprits par son style percutant et sa capacité à faire danser les foules.

Vendredi 6 mars. 20h30. 5 à 29€. La Rotonde. Parking Super U. Châteaurenard. Contact Les Passagers du Zinc : 04 90 90 27 79.


Manu Lanvin : « J’aime bien l’idée de continuer à prendre le maquis en faisant de la musique »

Pour ce dernier tea-jazz de la saison, le club de jazz avignonnais reçoit le trio de la contrebassiste Leïla Soldevila.

Le projet porté par la contrebassiste Leïla Soldevila. Line & Borders est un trio où la contrebasse, la voix et la harpe s’entrelacent pour créer une musique à la fois aérienne et poétique. Leurs compositions évoquent des paysages contrastés, du grand froid aux terres arides, en explorant des textures sonores variées : effets électroniques, sons bruts ou doux, le tout avec une élégance envoûtante. Une invitation à voyager entre intimité et évasion. 

Leïla Soldevila : contrebasse
Célia Forestier : voix
Félicité Delalande : harpe 

Dimanche 1er mars. 17h. 5 et 10€. Goûter partagé dès 16h30. AJMI Club. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 13 39 07 85.  www.ajmi.fr

https://www.echodumardi.com/tag/concert/   1/1