9 février 2026 |

Ecrit par le 9 février 2026

Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?

« Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu », cette expression résume plutôt bien la nature des relations qui aujourd’hui régissent les rapports humains. Qu’il s’agisse des relations internationales, du climat social dans les entreprises, ou encore des rapports entre les corps sociaux, on est trop systématiquement dans le conflit. La loi du plus fort devient l’unique règle. Ainsi, si on veut avoir quelques chances d’être entendu des États-Unis il faut montrer les muscles. De ce point de vue le boycott de la future coupe du monde de foot pourrait être une arme redoutable. Tant pis pour le sport.

« On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver qu’avec un mot gentil tout seul » cette phrase qu’on attribue à Al Capone nous apparaît d’une actualité brulante. On l’a vu encore récemment, la suspension de la ratification des accords commerciaux entre l’Europe et les États-Unis a fait reculer (pour l’instant) Donald Trump sur ses intentions d’annexer le Groenland ou de taxer à 200 % les vins français. Dans cette escalade aux menaces le boycott de la manifestation sportive la plus regardée au monde après les JO pourrait être déterminante.

« Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu »

Mark Carney , Premier ministre du Canada

Une pétition pour le boycott de la coupe du monde a été lancée par le journaliste et producteur TV néerlandais Teun Van Keuken. En 5 jours elle a recueilli 120 000 signatures. « Laissons notre pays et nos footballeurs se ranger du bon côté de l’histoire » a précisé ce journaliste producteur. Certains commentateurs ont même convoqué l’histoire en rappelant que l’équipe de football néerlandaise a boycotté les JO de Berlin en 1936 et qu’ils avaient été bien inspiré de le faire. (Les JO de Berlin en 1936 ont été un puissant outil de propagande de l’installation au pouvoir d’Adolf Hitler). Certes on pourra toujours répondre que la situation, le contexte ne sont en rien comparables. Quoique…

« Laissons notre pays et nos footballeurs se ranger du bon côté de l’histoire »

Teun van de Keuken, auteur de la pétition pour le boycott de la Coupe du monde

En tout cas comme le suggère l’animateur britannique Piers Morgan si les 8 équipes favorites à savoir l’Angleterre, la France, le Portugal, l’Allemagne, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas et l’Espagne décidaient de ne pas participer on a le revolver pour faire plier la politique conduite par Donald Trump. Ca peut faire réfléchir comme aurait pu dire Al Capone.

Côté autorités politiques ou instances footballistiques c’est le mutisme et l’attentisme. Seules les ONG sont mobilisées et ont pris parti. Wait and see.

Si la coupe du monde de foot aura bien lieu (ce qui est plus que probable) qu’en sera-t-il du durcissement des conditions d’accès des visiteurs étrangers aux USA ? (vérifications des comptes sociaux et des messageries personnelles). Que se passera-t-il si des supporters brandissent dans les tribunes des drapeaux du Groenland ou des slogans contre les commandos anti-immigration de Donald Trump ?

Même si aujourd’hui le boycott est brandi comme une arme de dissuasion, il n’en demeure pas moins la question centrale : comment l’avidité, la vanité et l’orgueil de quelques hommes peuvent empêcher à la planète de tourner rond ?


Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?

La neuvième édition de la Coupe du monde féminine de football se déroule du 20 juillet au 20 août 2023 en Australie et en Nouvelle-Zélande. L’entrée en lice de l’Équipe de France est programmée ce dimanche contre la Jamaïque. Demi-finaliste à l’Euro l’an dernier, les Bleues font partie des favorites de la compétition, aux côtés des Anglaises et des Allemandes (finalistes de l’Euro), ainsi que des Américaines, qui ont remporté le Mondial précédent.

Comme le met en avant le graphique ci-dessous, le ballon rond est un sport particulièrement populaire auprès des femmes outre-Atlantique. Selon les données de la FIFA, il y aurait 1,6 million de joueuses pratiquant le « soccer » à l’école, à l’université ou en club aux États-Unis. Dans le détail, 90 % des footballeuses américaines licenciées ont moins de 18 ans. Quant à la fédération canadienne, elle dénombrait un peu plus de 260 000 joueuses (dont 80 % en catégories jeunes) dans son dernier rapport annuel, soit un nombre plutôt important au regard de la population du pays.

En Europe, c’est en Suède et en Allemagne que l’on trouve le plus de footballeuses, avec autour de 190 000 licences recensées dans chacun des deux pays. Suivent ensuite la France et les Pays-Bas (un peu plus de 160 000 joueuses). Le foot féminin a connu une belle progression dans l’Hexagone : au cours des dix dernières années, le nombre de licences féminines enregistrées à la FFF a ainsi presque triplé. En comparaison avec l’Amérique du Nord, la pratique du football féminin en Europe est plus répandue chez les adultes (entre 30 % et 50 % des joueuses licenciées en Europe sont majeures).

Si l’on rapporte le nombre de joueuses à la taille de la population féminine, les nations scandinaves sortent du lot. En effet, on estime qu’environ 4 % des femmes pratiquent le football sous licence en Suède et en Norvège – contre environ 1 % aux États-Unis et au Canada, et 0,5 % en France.

Tristan Gaudiaut, Statista.


Faut-il boycotter la future coupe du monde de foot ?

En novembre 2022, le Qatar sera le plus petit État à accueillir un événement sportif majeur de l’ampleur de la Coupe du monde de football. Comme le montre notre graphique, la principauté du golfe Persique est aussi (et de très loin) le pays qui a investi le plus d’argent pour l’organisation d’un tel événement. Comme le montrent les données relayées par Front Office Sports, les dépenses engagées par le Qatar pour l’accueil de la compétition sont pharaoniques : autour de 220 milliards de dollars.

À titre de comparaison, les coûts liés à l’organisation des deux dernières Coupes du monde (2018 et 2014) se sont chiffrés entre 12 et 15 milliards de dollars pour les pays hôtes, respectivement la Russie et le Brésil. Du fait d’un niveau d’infrastructures existantes relativement important, les précédentes à avoir eu lieu en Europe ont coûté encore moins cher à accueillir, soit entre 2 et 4 milliards de dollars pour la France en 1998 et l’Allemagne en 2006.

Dans le détail, une grande partie des coûts d’infrastructure de la Coupe du monde 2022 s’inscrit dans le cadre du plan Qatar 2030, dans lequel est prévu la construction d’hôtels, de transports souterrains et d’aéroports. Les dépenses directement liées à la construction des nouveaux stades utilisés pour la compétition se situeraient entre 6,5 et 10 milliards de dollars. Sur les huit stades accueillant des matchs, seul un était déjà en service avant l’attribution de la Coupe du monde au Qatar en 2010.

Situé au milieu de la péninsule arabique, le petit Émirat a connu une forte croissance économique à partir des années 1980, devenant ensuite l’un des pays avec les PIB par habitant les plus élevés au monde. En quête de reconnaissance diplomatique et d’influence, le Qatar réalise depuis plusieurs années des investissements massifs dans le sport. La richesse du pays, très dépendante de la rente pétrolière et gazière, reste cependant fortement concentrée dans les mains des familles dirigeantes. Très conservateurs sur le plan social, ces milieux sont régulièrement pointés du doigt en matière de respect des droits de l’Homme, comme récemment au sujet de la situation des ouvriers sur les chantiers de la Coupe du monde. Selon Amnesty International, le pays compte 1,7 million de travailleurs migrants (soit plus de 90 % de la main-d’œuvre nationale) et de nombreux cas d’abus et d’exploitation ont été reportés.

Retrouvez plus de statistiques en lien avec la Coupe du monde 2022 au Qatar dans le dossier spécial de Statista.

De Tristan Gaudiaut pour Statista

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