28 février 2026 |

Ecrit par le 28 février 2026

Faut-il enlever la croix de Robion ?

Le tribunal administratif de Nîmes a tranché, la ville de Robion devra enlever la croix qui se situe sur les hauteurs de la commune. Cette décision fait suite à une longue bagarre juridique menée par l’association « La libre pensée » qui entend bien faire respecter la loi de 1905 sur la neutralité de l’espace public. Le maire de Robion, Patrick Sintes, a annoncé qu’il allait faire appel de cette décision. Les arguments ne manquent pas de poids…

Il pourrait s’agir d’une énième histoire de Clochemerle. Mais en fait cette histoire ne fait pas rire, surtout s’il s’agit de religion. Aujourd’hui, le sujet est plus que délicat. Cette croix, qui évoque celle où le christ a été crucifié, est le symbole de la foi chrétienne. C’est incontestable. Cependant, cette croix est aujourd’hui d’avantage considérée comme un élément mémoriel que religieux. En effet, à l’origine baptisée croix du Quillot, elle a pris le nom de croix Corilou en hommage à Corinne et Lou deux jeunes habitantes de Robion tragiquement disparues, en 2019. Sur google maps c’est ainsi qu’elle est dénommée. Le maire de Robion, enfonce le clou en précisant que cette croix appartient à l’histoire de la ville. On pourrait alors à ce point du débat se poser la question : la chrétienté a-t-elle le monopole de la croix ? Sans doute pas.

Un autre point important qui pourrait être la clef du dénouement de cette affaire  : la date de la pose de la dite croix. En effet, la loi de 1905, qui précise les termes de la séparation entre l’Église et l’État, est assez claire. Elle interdit « à l’avenir d’élever ou d’apposer… tout signe ou emblème religieux sur les monuments publics, ou en quelque emplacement public ». Cela revient à dire que si la pose de cette croix était antérieure à 1905 elle peut rester en place. Par contre, si elle est postérieure elle est hors-la-loi et devra rejoindre un espace privé. Il conviendra alors aux parties de trouver et de prouver la date de sa mise en place. Alors si vous avez des archives il pourrait y avoir preneur…


Faut-il enlever la croix de Robion ?

La sculpture du Christ reprendra le chemin de sa croix sur la place de la République de Saint-Rémy-de-Provence. L’installation, initialement prévue le 15 avril, est reportée pour météo défavorable au vendredi 18 avril à 17h30.

Jésus revient. Mais il a quelque peu changé. La statue originale datant de presque 200 ans a été malmenée par les conditions météorologiques extrêmes de notre climat. Vents violents, sécheresse et épisodes de pluies intenses ont eu raison de la sculpture en bois primitive, trop abîmée. Une restauration qui s’imposait a été entreprise dès 2022.

Toutefois la municipalité de Saint-Rémy, craignant que la figure originale soit davantage fragilisée en extérieur, a opté pour une solution alternative, celle de donner une réplique au Jésus Christ du XIXe siècle. C’est donc une reproduction en bois qui ornera l’édifice cruciforme, en attente depuis deux ans et demi et dont le fer forgé a été décapé par l’entreprise tarasconnaise Maison Massive. Tout a été prévu pour que la nouvelle œuvre monumentale puisse faire face aux aléas du temps et aux normes environnementales.

Une statue pour la croix, une autre pour la collégiale
“La restauration du socle en pierre et de la croix en métal a été financée par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, tandis que la réalisation du fac-similé a pu se concrétiser en partie grâce à l’Association pour la restauration de la collégiale Saint-Martin” précise Gabriel Colombet, adjoint au maire chargé de la culture et du patrimoine. L’œuvre originale, quant à elle, pourra rayonner sans prendre le soleil au sein d’un autre écrin, celui de la collégiale Saint-Martin en cours de rénovation, et située à deux pas de son ancienne exposition.

La statue de 1827 a été confiée à l’entreprise arlésienne de conservation-restauration A-Corros et se trouve actuellement conservée au musée des Alpilles. « Une réflexion s’engage maintenant entre la ville, la Drac et la paroisse, pour que ce Christ, aux dimensions hors normes, plus grand que nature, puisse être de nouveau visible par le public, tout en étant protégé », conclut l’élu Gabriel Colombet.

Amy Rouméjon Cros

Encadré

La statue originale du Christ a été installée le 22 février 1827 sur la place d’Armes (qui sera par la suite rebaptisée place de la République). Elle était associée à la consécration de l’église Saint-Martin. Les dimensions gigantesques de l’œuvre monumentale s’accordaient avec la seconde Restauration du royaume de France dans la ville. La statue du Christ a ensuite été restaurée en 1973 et en 2008. Le nouveau chantier a commencé en novembre 2022 et la pose d’une reproduction à l’identique est effectuée en avril 2025.

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