24 octobre 2026 |

Ecrit par le 24 octobre 2026

Vignoble : Beaumes-de-Venise voit la vie en blanc

Trio gagnant à Beaumes-de-Venise qui s’enrichit d’un nouveau cru, le vin blanc sec et s’ajoute désormais au Muscat et au Rouge

Pas peu fier, Jean-Paul Anrès, qui préside l’AOC Beaumes-de-Venise depuis 2005. « Notre patience est récompensée ! Déjà, ça s’était bien passé avec la commission de l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité) quand on avait obtenu l’AOC ‘Cru’ pour nos rouges, on avait évoqué l’avenir avec les raisins muscat à petits grains et aujourd’hui, c’est une réalité. »

A gauche, Jean-Paul Anrès, président de l’AOC Beaumes-de-Venise, lors du ban des vendanges 2026 le samedi 29 août dernier devant le palais des papes à Avignon. Crédit ; Andrée Brunetti/Echo du mardi

« Notre patience est récompensée . »

Jean-Paul Anrès, président de l’AOC Beaumes-de-Venise

Une reconnaissance pour le travail acharné d’une cinquantaine de vignerons passionnés dont les domaines sont blottis à l’ombre des impressionnantes Dentelles de Montmirail. Altitude, relief, orientation, ensoleillement composent un micro-climat qui dessine une mosaïque de terroirs et de vins fins, élégants et frais.

Déjà le Muscat avait été reconnu en AOC vin doux naturel dès 1945, le rouge avait suivi en 2005 (majoritairement composé de Grenache et de Syrah, avec un peu de Mourvèdre et un zeste de Cinsault ou de Carignan), aujourd’hui honneur au blanc. « Exceptionnellement, nous avons l’autorisation de l’INAO d’ajouter entre 5% et 30% de Muscat à petits grains dans l’assemblage, ce qui est spécifique au Beaumes » précise Jean-Paul Anrès.

« C’est l’aboutissement d’un long travail et de la persévérance de nos vignerons »

Eloïse Bouzid en charge de la communication au Conservatoire des AOC

Persévérance des vignerons
« C’est l’aboutissement d’un long travail et de la persévérance de nos vignerons » ajoute Eloïse Bouzid en charge de la communication au Conservatoire des AOC à Lafare, siège de l’Interprofession.
« Maintenant, poursuit-elle, tout reste à faire, à commencer par le faire savoir puisque la toute première vendange date de quelques semaines, il faudra attendre décembre pour avoir une idée précise du volume qui sortira des chais. »

Trois caractères pour un seul terroir
Le président Anrès insiste : « cette extension du cahier des charges de l’AOC au blanc sec est le résultat d’un travail collectif. Une grande fierté pour l’ensemble de nos vignerons. Cela révèle une facette supplémentaire d’un même terroir béni des dieux qui aura désormais trois visages, trois caractères. Un nouveau chapitre de l’histoire du Beaumes s’ouvre. Sur les 750 hectares de vignes de l’appellation, la vendange de rouge donne environ 24 000hl par an, le muscat 5 000hl, le blanc qui démarre offrira d’abord entre 600 et 800hl, pour progresser au fil des ans, on verra bien » conclut celui qui s’est battu pendant un quart de siècle pour cette obtention.


Une nouvelle ère s’ouvre pour l’appellation Laudun, classée en cru fin 2024 

Depuis le temps qu’ils l’attendaient cette récompense, cette reconnaissance, les vignerons de Laudun-L’Ardoise, Tresques et Saint-Victor-Lacoste.

« Il faut remonter aux Gallo-Romains pour avoir les premières vignes sur ce terroir. En l’an 1600, quand Olivier de Serres, agronome réputé, de passage sur les vignobles de la rive droite du Rhône, les qualifie de meilleurs vins blancs de France », explique Luc Pélaquié, président du Syndicat des Vins de Laudun. « Dès 1947, le Tribunal d’Uzès reconnaît cette qualité du travail. En 1967, l’appellation devient ‘Côtes du Rhône Villages’. Et c’est en novembre 2024, enfin, que le Journal Officiel fait de Laudun le 18ᵉ Cru des Côtes du Rhône au terme d’une inébranlable constance et d’un travail acharné des vignerons gardois », conclut-il.

« Si l’aire de production globale s’étend sur 3 000 hectares, le cru n’occupe que 1150 hectares, ajoute Vincent Berne, président de l’ODG (Organsime de défense et de gestion). Mais la production elle-même est encore plus drastique avec seulement 584 hectares plantés en vignes. Au terme d’une sélection extrême des parcelles autour de la rivière La Tave qui coule dans les sens est-ouest, mais aussi en fonction du mistral, du sous-sol (sables sur bancs rocheux, galets roulés sur limon argileux, cailloux calcaires). Côté cépages, pour les blancs qui représentent 27% de nos bouteilles, la Clairette et le Grenache blanc sont les deux cépages rois avec un peu de Roussanne et de Viognier. Pour les rouges, priorité au Grenache noir et à la Syrah avec un apport de l’incomparable Mourvèdre. En tout, en 2024, nous avons produit 17 255 hectolitres de Laudun. »

Place enfin à Tibault Brotte, petit-fils de la regrettée Jacqueline Brotte, vigneronne à Châteauneuf-du-Pape et créatrice de la publication ‘L’Accent de Provence’. Coprésident de la Section Laudun, il gère le marketing et la campagne de publicité qui accompagne cette reconnaissance de l’appellation en cru. « Elle est là pour valoriser le travail des vignerons, pour souligner l’élégance, la finesse, la fraîcheur de nos vins. Et pour que les 100 domaines, 20 caves particulières, 6 caves coopératives et 10 maisons de négoce de notre filière communiquent d’une même voix, puisque le vin blanc a le vent en poupe, nous avons appelé cette campagne ‘Symphonie en Blanc Majeur’. C’est une phrase empruntée à Théophile Gautier, elle évoque la richesse et la qualité des cépages et des terroirs, mais la même envie de faire connaître le travail de chacun, son identité séculaire, son choix d’appartenir à un même collectif et de mettre en valeur le cru Laudun. »

Et pour faire connaître leurs vins, ils seront tous présents à Wine Paris la semaine prochaine, Porte de Versailles. L’an dernier, ce salon professionnel avait accueilli plus de 41 000 visiteurs, dont 45% d’internationaux venus de 140 pays. Une belle vitrine pour dynamiser l’image du Cru Laudun.


Laudun devient le nouveau cru des Côtes du Rhône

L’ancien Côtes du Rhône villages Laudun a obtenu, au début du mois de septembre, la reconnaissance de l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO) en tant qu’appellation communale. Ainsi, l’appellation Laudun, nouveau cru des Côtes du Rhône, aura 2024 comme premier millésime.

En 2013, les vignerons de Laudun ont déposé un dossier d’accession en Appellation Locale Laudun auprès de l’INAO. Jusqu’à présent, les vins de la commune était sous l’appellation des Côtes du Rhône villages. Après le vote favorable du comité national de l’INAO, l’appellation Laudun devient le 18ᵉ cru des Côtes du Rhône.

Cette reconnaissance témoigne de la dynamique qualitative et collective engagée ces dernières années par les vignerons de l’AOC Laudun, tant sur les rouges que sur les blancs. Les vins blancs représentent d’ailleurs 32% de la production totale, un véritable atout pour la nouvelle appellation au vu de l’appétence des consommateurs pour cette couleur.

Les vignerons et négociants du nouveau cru seront ravis de faire découvrir le fruit de leur travail au public dès le début de l’année prochaine, avec en premier événement le salon Wine Paris en février.


L’appellation Gigondas se met au blanc

L’appellation d’origine contrôlée (AOC) Gigondas ne produisait jusqu’alors que des vins rouges et rosés. Au début du mois de septembre, l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) a émis un vote favorable à l’unanimité à la demande d’extension de l’AOC Gigondas aux vins blancs.

Depuis l’obtention de l’AOP en rouge et en rosé en 1971, la plupart des anciennes parcelles de cépages blancs à Gigondas on été renouvelées en cépages rouges. Plusieurs domaines ont tout de même continué à vinifier des blancs mais sous l’AOP Côtes du Rhône et non Gigondas.

En 2011, l’Organisme de défense et de gestion (ODG) de Gigondas monte un groupe composé de vignerons et de négociants pour étudier la question des vins blancs. Des expérimentations sont donc réalisées à partir de raisins blancs cultivés dans différents secteurs de l’appellation. La qualité des essais mène à une modification du cahier des charges en 2018. La Clairette blanche est alors proposée comme cépage principal, à hauteur de 70 % minimum, vinifiée seule ou en assemblage avec les variétés traditionnelles de la vallée du Rhône présentes à Gigondas telles que le Bourboulenc blanc, la Clairette rose, le Grenache blanc et gris, la Marsanne blanche, le Piquepoul blanc ou encore la Roussanne.

Il y a quelques semaines, l’INAO a voté en faveur de l’extension de l’AOC Gigondas aux vins blancs. L’appellation, qui possède le statut de cru depuis 51 ans, se dégustera donc aussi en blanc à partir du millésime 2023. Les terroirs de Gigondas offrent de très beaux potentiels pour les vins blancs. Ils produisent des vins droits et ciselés, avec minéralité et fraîcheur, et des notes de tilleul et d’acacia en bouche.

V.A.

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