+60,20% de fréquentation pour les musées municipaux d’Avignon grâce aux sculptures de Jean-Michel Othoniel
Nombre d’expositions historiques ont marqué la ville d’Avignon depuis un demi-siècle et attiré les foules.
‘Picasso’ en 1970, une sélection des oeuvres de la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence en 1985, ‘Botero’ en 1993, ‘La Beauté’ inaugurée en 2000 par Jacques Chirac et Elisabeth Guigou quand la Cité des Papes était Capitale Européenne de la Culture. Également très fréquentées l’installation de sculptures africaines ‘Les Eclaireurs’ collectionnées par le regretté Jean-Paul Blachère en 2017, ‘Mirabilis’ mis en scène par Christian Lacroix en 2018, ‘Ecce Homo’ d’Ernest Pignon-Ernest en 2019, ‘Amazonia’ (350 000 visiteurs) du photographe brésilien Sebastiao Salgado qui était présent à Avignon lors de l’inauguration et qui, lui aussi, nous a quittés l’an dernier. N’oublions pas non plus en 2023 ‘Palazzo’ d’Eva Jospin, en présence de son père, ancien Premier ministre. Ses grottes, dentelles et palais imposants ont fait « un carton » au sens propre avec 468 000 visiteurs, suivis en 2024 de ‘À la vie à l’amour’, les pochoirs de la révoltée Miss Tic.
Décidément, les choix de Cécile Helle ont fait mouche et battu tous les records en particulier, entre juin et janvier derniers, l’exposotion ‘Cosmos ou les Fantômes de l’Amour’ du plasticien Jean-Michel Othoniel, une déambulation onirique à travers une dizaine de sites à Avignon.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, dans les musées municipaux dont l’entrée est gratuite : +146% pour le Musée Lapidaire (avec 105 900 entrées), +81,64% pour Le Petit Palais (70 164), +28,18% pour le Musée Calvet (55 415).En revanche, Le Palais du Roure qui lui n’a accueilli aucune œuvre de perles de crystal de Murano, a vu son attractivité reculer de près de 30% par rapport à 2024. Quant aux Bains Pommer restaurés qui ont rouvert le 20 juin, ils ont reçu la visite de plus de 60 000 amateurs. Au total, cela représente 346 135 Vauclusiens et touristes qui ont été attirés par la remise en état de ces anciens bains publics classés aux Monuments Historiques en 1992 et par la créativité de Jean-Michel Othoniel. À périmètre constant, hors Bains Pommer, la fréquentation dans les musées de la ville a grimpé de +60,20% avec 285 864 visiteurs.
De son côté, Avignon Tourisme a recensé 400 000 entrées pour le Palais des Papes et 375 000 pour le Pont Saint-Bénézet, soit 775 000 billets en tout, même si on ne peut pas distinguer entre ceux qui concernaient les sites historiques d’un côté et les expositions de l’autre. Mais c’est surtout la preuve qu’Avignon, Terre de Culture, rayonne bien au-delà de ses 64 km² entre Rhône et Durance. Un confetti sur la mappemonde et pourtant… Small is beautiful !
+60,20% de fréquentation pour les musées municipaux d’Avignon grâce aux sculptures de Jean-Michel Othoniel
Clémentine Aubry sera la prochaine directrice déléguée du Festival d’Avignon. Elle vient d’être désignée par la direction et le conseil d’administration du ‘In’ afin d’épauler Tiago Rodrigues, directeur du festival dont la mission a été reconduite pour 4 ans en septembre dernier. Clémentine Aubry prendra ses fonctions dans le courant du printemps 2026.
20 ans d’expérience « Forte de plus de vingt années d’expérience dans la direction et l’administration de structures culturelles, Clémentine Aubry a accompagné et développé les projets d’institutions pluridisciplinaires de premier plan, animées par la même idée du service public de la culture, ayant en commun l’accompagnement des artistes et la relation aux publics et au territoire », explique le Festival de théâtre.
Des Bouffes du Nord aux Rencontre d’Arles en passant par le Louvre Directrice adjointe et secrétaire générale du Centquatre-Paris depuis 2021, elle exerçait auparavant des fonctions de direction au Théâtre des Bouffes du Nord (administratrice), au Musée du Louvre (direction adjointe de l’auditorium et du spectacle vivant) et aux Rencontres d’Arles (direction de production et partenariats).
Titulaire d’un master d’Histoire de l’art et diplômée d’HEC, elle s’implique également dans la gouvernance d’institutions artistiques (Ecole supérieure d’art et de design – Le Havre-Rouen, Théâtre de la Cité Internationale).
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Promouvoir tous les jazz Promouvoir tous les jazz, c’est ce qui a guidé la programmation de ce second semestre conçue par le directeur du club de jazz avignonnais ( AJMI), Antoine de la Roncière. Il n’hésite pas d’ailleurs à nous dévoiler les secrets de sa démarche : « faire la place à du jazz contemporain, à du jazz métissé souvent appelé musiques du monde et à de la musique improvisée et de création. Nous pourrons jouer à classer les 10 concerts programmés dans ces trois catégories , même si certaines esthétiques demeurent inclassables.
De beaux projets en partenariats quelquefois hors les murs C’est ainsi qu un partenariat avec Avignon Jazz Festival ( Ex Tremplin Jazz) va nous permettre d’entendre un jazz résolument métissé avec le quintet de la contrebassiste martiniquaise Sélène Saint-Aimé. Le projet Potomitan, poétique mais cependant rythmé, évoque la femme qui tient le foyer aux Antilles. Le Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Avignon vient en renfort de l’Ensemble LikEN sous la direction du jeune chef Léo Margue pour nous présenter un projet où l’ingénieur du son Paul Alkhallaf à sa place à part entière tant son travail autour d’une formation bois et vents va sublimer un jazz contemporain très visuel.
A l’occasion du festival pour public jeune Festo Pitcho, le duo toulousain Sébastien Cirotteau et Benjamin Glibert (trompette/Guitare) va nous interpréter un folk intimiste tout public. Il fallait la salle du Théâtre de l’Oulle de la Factory pour permettre un assis/debout avec un quartet d’Amérique du Sud qui mélange les traditions orales , chantées et dansées avec un jazz résolument contemporain. Grâce au partenariat avec France Amérique-latine 84 , on mangera même des empanadas dans la soirée !La Discrete Music (collectif dédié à la diffusion et la promotion de musique indépendante) et Multiprises records ont choisi cette année la Collection Lambert pour nous surprendre encore plus lors d’un après-midi de juin. Les deux midi sandwich du semestre accueilleront pour une carte blanche le clarinettiste Xavier Charles et le pianiste Arnaud Becaus en fin de saison à la Bibliothèque Ceccano.
Des musiciens d’exception Dans la plus pure tradition jazzy, le quartet new-yorkais du saxophoniste Jon Irabagon va nous faire voyager à travers toute l’histoire du jazz. Plus classique mais autant passionnant, les Frères Moutin ( batterie, contrebasse) accompagneront la saxophoniste Géraldine Laurent dans des reprises de standards des années 20, un fil rouge qui réservera cependant de belles envolées improvisées.
A l heure du thé Le deuxième tea-jazz de la saison invite un trio féminin atypique, découvert au festival Parfum de jazz 2025 dans la Drôme : la contrebassiste Leila Soldevila, la harpiste Félicité Delalande et Célia Forester pour la voix. Dans un univers métissé plutôt pop, nous intégrerons un univers sonore allant du grand froid aux terres chaudes et arides.
Un concert en sortie de résidence
C’est aussi une des missions de l’AJMI, que de contribuer au développement de projets artistiques en proposant des résidences de création et un accompagnement pour les artistes . C’est ainsi que la clarinettiste Hélène Duret proposera une masterclass réservée aux élèves du Conservatoire mais aussi un concert en fin de résidence « Brut ensemble » : un jazz très contemporain -sans basse avec 5 soufflants et une batterie – qui convoquera un voyage en Colombie et en République Dominicaine.
Retour en Norvège La saison s’était ouverte sur du jazz norvégien, le focus continue avec le contrebassiste Arild Andersen pour un solo ouaté, « Landloper ».
Afterwork ? Découvrir en fin de journée des projets musicaux locaux Ce nouveau concept qui a lieu ce vendredi permet de venir à l’AJMI, à 18h pour 1h de concert en toute intimité. C’est le saxophoniste Olivier Piot qui inaugure ce format : 1h de musique, 1h d’apéro. En mai le guitariste Gilles Coronado improvisera sur 12 espaces, les 12 tons de la gamme chromatique.
Jazz story et jam session : des espaces conviviaux qui définissent aussi l’AJMI Les 4 Jazz Stories à venir présentées par Jean-Paul Ricard et Bruno Levée continueront à à explorer les sources du piano Jazz : Jacques Ponzio, Bill Evans, Christian Pouget seront mis à l’honneur et conformément à la soirée, sur vinyles originaux après un apéritif partagé. Deux jam sessions permettront aux plus audacieux de s’emparer du plateau de l’AJMI pour une soirée de partage.
M.P.
Prochainement le premier Afterwork : Belvefer 4tet
Vendredi 30 janvier.18h00.5 et 10€. AJMI Club. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 13 39 07 85. www.ajmi.fr
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Le travail du peintre belge Karel Liefooghe mérite attention. D’un côté, il peint à partir d’anciennes photos, qui ne sont pas les siennes, des tableaux de souvenirs qu’il n’a pas vécu, mais qu’il aurait aimé vivre… Et de l’autre côté, Karel Liefooghe se fait graveur et nous propose toute une série d’œuvres radicalement différentes associant l’exigence du travail au trait et l’explosion colorée des comics. Une exposition en deux séquences qu’on peut découvrir à la galerie Heckel de Cavaillon jusqu’au 28 février 2026.
La jeunesse de Karel Liefooghe aura été déterminante dans son travail artistique. Son enfance et son adolescence n’ont pas été très heureuses reconnaît-il. « Une jeunesse tourmentée » avoue-t-il. Après avoir fait ses premières armes à l’académie royale des beaux-arts de Gand, Karel devient photographe dans la pub avant d’être tireur photo. Un métier aujourd’hui presque disparu qui consiste à transformer les négatifs des pellicules argentiques en tirage papier. Aujourd’hui on imprime…
Karel Liefooghe qualifie sa peinture ‘ d’expressive, brute et naïve‘
Karel passe ensuite de l’autre côté de l’appareil en devenant photographe de presse, pour des journaux belges. Toutes ces expériences dans le monde de la photo ont nourrit son parcours artistique. Mais les photos utilisées par Karel comme modèle ne sont pas les siennes, elles sont empruntées à d’autres. « Je vole l’image, je vole le souvenir » dit-il avec malice. Ces instantanés sont des situations de vie qu’il aurait aimé vivre, des souvenirs heureux qu’il n’a pas connu étant jeune. Cette réinterprétation des réalités des autres « libre et sensée » devient ainsi la sienne. Karel Liefooghe qualifie lui-même sa peinture « d’expressive, brute et naïve». « Ma peinture me donne de la liberté », sans doute celle qui n’a pas eu.
Quant à son travail en linogravure, c’est un chantier perpétuel. Il s’enrichit au fil du temps. Il est conçu comme une histoire où chaque linogravure en est une étape. Elles se découvrent d’ailleurs une-à-une comme les planches d’une bande dessinée. L’idée sera ensuite d’en faire un ouvrage. Au fond le travail de Karel Liefooghe n’est pas sans rappeler celui de la photo où il y a d’abord un négatif pour devenir ensuite un positif.
Galerie Heckel 97 rue de la République 84300 Cavaillon 07 56 91 30 19
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A peine remises de la crise du Covid, les salles de spectacles sont aujourd’hui confrontées à de nouvelles difficultés. Contractions des dépenses des ménages, restrictions des financements publics, questions sur leurs devenirs en cas de changement politique majeur… les raisons d’être inquiet pourraient être nombreuses. Malgré cela, ces lieux culturels affichent leur optimisme et tentent de se réinventer.
« C’est extrêmement important de garder une posture d’engagement, de joie, de projets et aussi de réussite vis-à-vis des équipes » affirme Chloé Tournier, directrice de la scène nationale de Cavaillon. Pour elle le plus gros risque, dans le contexte actuel, c’est la désillusion et le désengagement. « C’est contre cela qu’il faut lutter et c’est notre responsabilité en tant qu’institution culturelle » ajoute-t-elle. Si la posture professionnelle de ces acteurs de culture les conduit à ne pas se montrer dans la morosité, ils doivent également se battre contre « le travail de critique du secteur culturel qui vise à développer l’acceptabilité des coupes budgétaires » explique-t-elle. Y croire plus que tout et continuer la mission. « Si toute cette activité n’est pas portée par une vision, par un souffle, la charge de travail devient alors trop lourde » complète-t-elle.
« Il faut se préparer aux chocs futurs »
Sébastien Cornu (la Gare de Coustellet)
Equipe de la Gare de Coustellet
Cet engagement on le retrouve également du côté de la Gare de Coustellet qui fait de la culture et du social des missions essentielles. « Il faut se préparer aux chocs futurs » clame Sébastien Cornu, un des fondateurs de l’association A.V.E.C. qui gère la Gare de Coustellet. Cette structure qui a vu s’élargir sa mission à l’action sociale fête, cette année, ses 30 ans. Elle souhaite à cette occasion, et le contexte l’y oblige aussi, à conduire une vraie réflexion sur son devenir. Réflexions que l’association entend mener avec les habitants et les citoyens précise Stéphane Soler, le directeur. Si on veut que la démarche culturelle continue à être celle de l’expérimentation et de l’ouverture il faut être vigilent explique Sébastien Cornu. Pouvoir continuer « d’habiter la marge » est pour lui essentiel.
A Cavaillon, Chloé Tournier met en avant la nécessité de coopérer avec d’autres acteurs culturels et pas uniquement pour des raisons économiques
Plusieurs lieux culturels ont d’ores et déjà entamés des réflexions et commencer à faire évoluer leurs pratiques et leurs organisations. A Cavaillon, Chloé Tournier met en avant la nécessité de coopérer avec d’autres acteurs culturels et pas uniquement pour des raisons économiques. Ces coopérations peuvent être de plusieurs natures, partages de coûts sur des spectacles, coréalisations avec d’autres salles de la région ou encore coproductions sur des projets plus ambitieux, comme ceux partagés avec le réseau Traverses qui regroupe 25 salles de la région Sud. Elle insiste à également sur la nécessité d’aider les plus petites structures et en particulier celles qui ne bénéficient pas d’une labellisation. Une devoir de solidarité.
« Il y a des risques assez effrayant notamment avec la montée de l’extrême droite en France, qui inquiète beaucoup de citoyens et aussi les milieux culturels »
Chloé Tournier (La Garance)
Chloé Tournier
Le rapport aux politiques et en particulier à l’approche des prochaines échéances électorales, qui pourrait voir la montée en charge de l’extrême droite inquiète les milieux culturels. « En tant que structure de la culture commune on ne peut qu’être une chambre d’écho et de vibrations de ces incertitudes, qui sont partagés par beaucoup de nos concitoyens » affirme Chloé Tournier. « Il y a des risques assez effrayant notamment avec la montée de l’extrême droite en France, qui inquiète beaucoup de gens et aussi les milieux culturels que nous sommes, et pas de manière fantasmée, nous avons des exemples concrets ici dans la plaine de Cavaillon » poursuit-elle. « La montée des extrêmes est une vraie menace pour nous » surenchérît de son côté Stéphane Soler, le directeur de la Gare de Coustellet. « C’est un vrai enjeu de démocratie » complète Sébastien Cornu. « C’est une ombre qui plane sur le tableau » conclue Cholé Tournier.
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L’exposition Déclic-image
Dès le 7 janvier, les amateurs-photographes de Déclic-Image vont accrocher leurs « coups de cœur. » Il s’agit d’apporter du rêve et susciter des émotions. L’exposition se poursuivra jusqu’au 17 janvier. Vernissage le jeudi 8 janvier à 18h30.
Une sortie de résidence de la chanteuse et comédienne Elsa Gelly
L’artiste Elsa Gelly (chanteuse, interprète et comédienne) crée depuis une vingtaine d’années des spectacles originaux. Elle joue en solo « La Femme à Voix Nue », en duo « Traversée » et avec le groupe vocal Les Grandes Gueules. L’artiste Elsa Gelly peaufine lors de cette résidence artistique qui se déroulera du 5 au 9 janvier son dernier spectacle
Sortie de résidence en entrée libre. Vendredi 9 janvier. 19h.
Trio Swing Brassens en concert
Le trio Le bon maître (nous le pardonne) explore la richesse musicale des chansons de Brassens avec des interprétations aux sonorités jazz, swing, blues, country, etc., en allant des titres les plus connus jusqu’aux rares et inédits. Le groupe se compose de Denis Ruelland (chant et guitare), Jaco (guitare) et Gérard Vial (contrebasse).
Dimanche 11 janvier. 17h. 12 à 22€. Durée 2h. Pôle Culturel Jean Ferrat.157 rue des écoles et du stade. Sauveterre. 04 66 33 20 12.
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Après Raymond Duffaut en 2016, c’est au tour de Jean-Louis Grinda, son successeur à la direction des Chorégies, de jeter l’éponge. Un départ sur fond d’incertitudes planant sur les marges de manœuvres financières du plus ancien festival d’art lyrique du monde qui se voit contraint de réduire la voilure de sa programmation lyrique avec un seul opéra, sans mise en scène, prévu l’été prochain.
‘Bis repetita’… Fin de partie pour le directeur du plus ancien festival d’art lyrique du monde créé en 1869. « Je le regrette amèrement, mais je ne peux pas continuer. J’avais programmé 2 opéras pour 2026, il n’en reste qu’un, faute de moyens. » Ainsi s’exprime Jean-Louis Grinda lors de la présentation de la prochaine saison des Chorégies d’Orange*. Quasiment ‘Chronique d’une mort annoncée’ puisque le Ministère de la Culture a sabré 200M€ de dotations, que la France n’a toujours pas de budget et que les collectivités locales sont dans la plus grande incertitude concernant leurs dotations.
« En 2026, nous devons alléger la programmation. »
Richard Galy, président des Chorégies et conseiller régional en charge de la culture en Provence Alpes Côte d’Azur.
Pourtant, cette présentation avait commencé tranquillement avec Richard Galy, le président des Chorégies, par ailleurs conseiller régional en charge de la culture en Provence Alpes Côte d’Azur. « Les Chorégies fonctionnent avec une toute petite équipe pour un festival connu dans le monde entier, seulement 7 salariés à l’année. 60% de nos recettes proviennent des billets, auxquels on peut ajouter les subventions de la Région, du Département, de la Ville et de l’Etat, c’est vertueux mais fragile. Par exemple quand Khatia Buniatishvili a annulé son concert de piano en 2024, cela a représenté un déficit de 100 000€, sans parler des intempéries. Cette vulnérabilité ne date pas d’hier. En 2018, un an avant que les Chorégies célèbrent leur 150e anniversaire, elles avaient failli mettre la clé sous la porte. Heureusement, le président de la Région Sud, Renaud Muselier avait renfloué le budget de 2,6M€. Et les années qui ont suivi, il avait fait passer la subvention de 450 000 à 750 000€. Mais la prudence budgétaire reste la règle. Et en 2026, nous devons alléger la programmation. »
Jean-Louis Grinda, directeur des Chorégies d’Orange (à gauche) et Richard Galy, président.
« Une saison ‘light’ ne me ravit pas. »
Jean-Louis Grinda, directeur des Chorégies
Jean-Louis Grinda prend alors la parole. « Certes, une saison ‘light’ ne me ravit pas. D’autant qu’en 2024, nous avions un bilan brut de +300 000€ mais en 2025, nous sommes en déficit de -150 000€. Cette réalité comptable nous oblige, d’autant plus que la ville d’Orange nous demande de libérer plus tôt le Théâtre Antique. Donc d’avoir une programmation moindre dans un laps de temps contracté ».
Le Harlem Gospel Choir. Crédit : DR/Chorégies
Contrarié mais professionnel, le directeur passe en revue le programme des Chorégies 2026. ‘Musiques en Fête’ en juin, ‘The magic of Motown’, la marque de disques iconique de Marvin Gaye, Stevie Wonder, Diana Ross & The Supremes » pour un ‘Harlem Gospel Choir’ le 27 juin. Place à ‘Traviata’ de Verdi le 4 juillet, sans mise en scène – économies obligent – mais avec Nadine Serra dans le rôle de Violetta et Ludovic Tézier, le meilleur baryton actuel dans celui de Giorgio Germont et Paolo Arrivabeni à la baguette face aux musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Marseille.
Philippe Katerine pour élargir le public Le 7 juillet, un ‘inclassable’, le comédien-musicien-chanteur Philippe Katerine. « C’est une folie, comme quand j’ai fait venir Mika » commente Jean-Louis Grinda. « Mais il va attirer un autre public, peut-être des jeunes qui, à terme, pourraient élargir la fréquentation des Chorégies. »
Philippe Katerine sera aux Chorégies le 7 juillet prochain. Crédit : Ronan Thenadey
De la danse, le 13 juillet avec ‘Cendrillon’ de Prokofiev dans une chorégraphie de Jean-Christophe Maillot et une scénographie du plasticien Ernest Pignon-Ernest « Une soirée qui promet d’être inoubliable pour les amateurs ». Et enfin le 18 juillet, le violoniste Renaud Capuçon. L’an dernier il était déjà venu pour des sonates de Beethoven et Schoenberg et il avait attiré 2 000 personnes. Là, il jouera des musiques de films signées Michel Legrand, Vladimir Cosma, Ennio Morricone, John Williams, Philippe Sarde (pour l’Affaire Thomas Crown, Rabbi Jacob, Cinema Paradiso ou Les choses de la vie).
« Je suis là depuis 10 ans. Il faut se renouveler, c’est la vie. »
Jean-Louis Grinda, directeur des Chorégies
Jean-Louis Grinda insiste « Je regrette amèrement ce qui se passe. Il y avait 13 propositions de spectacles cet été, il n’y en aura plus que 6 en 2026. J’ai fait au mieux avec mon cœur et mon savoir-faire. Mais ce temps suspendu budgétaire, ces incertitudes plombent l’avenir et nous obligent à réduire la voilure. Je peux garantir la programmation mais pas les recettes ».
Renaud Capuçon. Crédit : Simon FowlerCendrillon. Crédite : Alice Blangero
Jean-Louis Grinda qui est par ailleurs un metteur en scène réputé qui parcourt la planète, du Met de New-York à la Scala de Milan a aussi reconnu que le fait que le statut des Chorégies soit passés de SPL (Société publique Locale) à EPCC (Etablissement public de coopération culturelle) change la donne et l’oblige à renoncer « à des pans entiers » de son activité professionnelle . Il a ajouté « De toutes façons, il n’est pas sain de rester longtemps au même poste, je suis là depuis 10 ans, il faut se renouveler, c’est la vie. Donc je vais tirer ma révérence mais je suis quand même très inquiet pour le personnel qui donne tant depuis si longtemps aux chorégies et à ce public qui les suit avec passion. »
Quel avenir pour les Chorégies ? En ces temps d’incertitude politique, économique, sociale, la culture n’est pas forcément une préoccupation majeure pour tous. Et nombre de participants à cette présentation qui applaudissent depuis des décennies les grands chanteurs et orchestres internationaux invités des Chorégies, se demandaient si ce n’était pas la fin d’une époque. En tout cas comme festival d’art lyrique. Puisque depuis des années, on programme de plus en plus souvent des concerts rock, des combats de boxe et d’arts martiaux au pied du fameux ‘Mur d’Auguste’, qui réussissent à attirer de plus en plus de monde, en particulier des jeunes.
Andrée Brunetti
*La billetterie de la saison 2026 des Chorégies d’Orange ouvrira le 15 décembre prochain et dès le 8 décembre pour les adhérents de l’Association des Amis des Chorégies d’Orange.
+60,20% de fréquentation pour les musées municipaux d’Avignon grâce aux sculptures de Jean-Michel Othoniel
A l’occasion de la 42e édition des Journées Européennes du Patrimoine, l’Echo du mardi vous propose une carte interactive du programme en Vaucluse. En tout, près d’une centaine d’animations seront proposées dans le département lors de cet événement qui se déroulera ce samedi 20 et dimanche 21 septembre.
+60,20% de fréquentation pour les musées municipaux d’Avignon grâce aux sculptures de Jean-Michel Othoniel
Les premiers flyers ont fait leur apparition dès le mois de juillet pour certains, d’autres sont distribués ces jours-ci, les conférences de presse sont programmées tout au long de ce mois de septembre. Malgré des coupes budgétaires annoncées, des temps incertains et le chaos du monde, le spectacle vivant résiste, s’affiche et nous attend.
Et que vive le partenariat
En feuilletant les programmes de vos salles vauclusiennes préférées : les scènes théâtrales permanentes, l’Opéra Grand Avignon, l’Orchestre National Avignon Provence, (ONAP), la Scène Nationale de la Garance, le Centre de Développement Chorégraphique National Les Hivernales, sans oublier l’Ajmi, club de jazz avignonnais, les Passagers du Zinc (PDZ) et le cinéma Utopia, on ne peut que constater de nouvelles approches en terme de partenariat, certes économiquement nécessaires mais artistiquement réjouissantes.
Pluridisciplinarité et ancrage territorial
C’est ainsi que la rentrée en musique de l’ONAP se fera comme d’habitude au Théâtre des Halles sous la houlette de la cheffe Debora Waldman, puis à l’Université d’Avignon avec le traditionnel programme « À vos classiques. » La saison 2025-2026 s’ouvrira en partenariat avec le Festival d’Avignon pour un moment festif à la FabricA autour de la violoniste japonaise Kyoko Yonemoto.
Le nouveau directeur de l’Ajmi, Antoine de la Roncière, a su dès son arrivée tisser des liens avec les festivals et les acteurs culturels locaux : conférence sur les femmes instrumentistes à la bibliothèque Ceccano, soirée afro-américaine sur la Place des Carmes, David Murray Quartet au théâtre du Chêne Noir, BD-concert au cinéma Utopia, le clarinettiste Yom et les frères Ceccaldi sur la grande scène de la Garance pour ne citer que les événements hors concerts hebdomadaires du premier trimestre. L’Opéra d’Avignon s’associe à l’événement Bien Bon du Grand Avignon en proposant un « un opéra bouffe », s’immisce dans la semaine Italienne, convie la chanteuse avignonnaise Suzanne avec les Passagers du Zinc, ouvre l’Autre Scène de Vedène à un spectacle de Festo Pitcho, co-réalise « Songs of Oblivion » avec le Chêne Noir. Deux spectacles des Hivernales seront également sur les plateaux de l’Opéra Grand Avignon : « Carcaça » et « Notre dernière nuit. »
Programme détaillé dans les prochaines éditions de l’Auditorium du Thor, Opéra Gand Avignon, Orchestre National Provence, Ajmi, Hivernales, des musées et théâtres permanents en Vaucluse.