4 octobre 2026 |

Ecrit par le 4 octobre 2026

Un remède de cheval pour sauver Cheval Passion ?

Encore des chevaux mais moins de passion ? Toujours est-il que l’avenir du deuxième événement vauclusien le plus fréquenté́ après le Festival d’Avignon va se jouer sen janvier prochain dans un format plus ramassé. De quoi pérenniser la manifestation dont les retombées économique annuelles sont estimées à 6,5M€

Alors que salon équestre Cheval Passion organisé au parc des expositions d’Avignon a célébré son 40e anniversaire en début d’année, les difficultés financières de municipalité de la cité des papes faisait craindre le pire pour son avenir. L’annulation de l’édition 2027 ayant même été officieusement évoquée. La raison : des pertes cumulées de l’ordre de 1M€ pour la plus grande manifestation de spectacle équestre d’Europe dont plus 300 000€ rien que pour sa dernière édition. De quoi inquiéter Avignon tourisme qui organise cette manifestation dont le budget annuel est de l’ordre de 1,5 à 1,8M€.

Au final, la prochaine édition aura donc bien lieu mais elle se tiendra sur un format plus resserré. Fini les 5 jours habituels du salon et place un format sur un week-end, du samedi 23 au dimanche 24 janvier prochains. Même volonté de réduire la voilure au niveau des bâtiments puisque le salon ne se déroulera plus que dans le hall A, plutôt que dans tout le parc des expositions.

Recentré autour de son spectacle phare, les Crinières d’Or devraient proposer 5 représentations : une le vendredi 22 janvier en soirée, deux le samedi à 15h et 20h30 ainsi que deux le dimanche à 11h et 15h.
Ces deux jours de salon seront aussi consacrés à l’organisation du Misec (Marché international du spectacle équestre de création). En revanche, pas d’exposants cette année (ils étaient 120 l’an dernier ainsi que 250 professionnels).

Le public répondra-t-il présent afin de pérenniser que l’avenir du deuxième événement vauclusien le plus fréquenté après le Festival d’Avignon ? L’an dernier, ils étaient 68 000 spectateurs dont 20 000 rien pour les Crinières d’Or ainsi que près de 6 000 scolaires. Le tout engendrant des retombées économiques de l’ordre de 6,5M€ en période de hors-saison pour le secteur touristique local.

L.G.

Cheval Passion 2027
Avignon Parc des expos – Palais A
Les Crinières d’Or
Samedi 23 janvier – 15h et 20h30
Dimanche 24 janvier – 11h et 15h
3 000 places en gradins par représentation


Damien Malinas élu à la présidence de l’École supérieure d’art d’Avignon

Damien Malinas vient d’être réélu à l’unanimité à la présidence de l’Ecole supérieure d’art d’Avignon (ESAA).
Personnalité qualifiée désignée par l’État au sein du conseil d’administration, Damien Malinas est Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Inseac Sciences po Rennes. Il y est responsable du Master Culture et Communication depuis 2020. Il est membre du GIS Arts et Education. Ses recherches portent sur les publics de la culture, les grands festivals et l’éducation artistique et culturelle.

Michèle Nesme et Damien Malinas (les deux à gauche) lors de l’exposition des diplômés de l’ESAA à la Chapelle des Cordeliers durant l’été 2026. Crédit : ESAA/DR

Damien Malinas est élu pour 3 ans. Il exercera la gouvernance de l’établissement aux côtés de Michèle Nesme, vice-présidente, élue en juin 2026, à qui Olivier Galzi, maire d’Avignon, a donné son pouvoir permanent.
« Cette élection ouvre une nouvelle étape pour l’ESAA, établissement public de coopération culturelle créé par la Ville d’Avignon et l’État, à un moment où l’école poursuit le développement de son projet pédagogique sous la direction de Benoit Broisat, de sa recherche et de ses partenariats sur le territoire comme à l’échelle nationale et internationale », explique l’école dans un communiqué.
Michèle Nesme et Damien Malinas (les deux à gauche) lors de l’exposition des diplômés de l’ESAA à la Chapelle des Cordeliers durant l’été 2026. Crédit : ESAA/DR

Composition du conseil d’administration de l’ESAA
Représentants de la Ville d’Avignon
– Olivier Galzi, maire d’Avignon — pouvoir permanent donné à Michèle Nesme, vice-présidente de l’ESAA depuis juin 2026
– Violeta Lukic, adjointe au maire déléguée au patrimoine, aux musées et à l’industrie culturelle
– Laurent Rochut, adjoint au maire délégué à l’éducation et au spectacle vivant
– Viviane Savoye, conseillère municipale déléguée à l’artisanat et à l’urbanisme commercial
– Vincent Fuchs, conseiller municipal délégué à la vie associative et aux événements
– Corinne Moulin, conseillère municipale déléguée aux bibliothèques
Suppléants
– Michael Mc Manus-Schouchana, conseiller municipal délégué à la gestion, à la valorisation du patrimoine foncier, à l’international et aux jumelages
– Anaïs Hausmann, adjointe au maire déléguée à l’innovation et à la marque territoriale
– Corinne Chatriot, première adjointe déléguée à la dynamique commerciale
– Thierry Martines, conseiller municipal délégué au tourisme
– Emmanuelle Sokolowski, conseillère municipale déléguée à l’entrepreneuriat, à l’égalité et à la lutte contre les discriminations

Représentants de l’État
– Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, ou son représentant
– Claire Rannou, DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, ou sa représentante Dalia Messara, conseillère Enseignement supérieur

Personnalités qualifiées
– Damien Malinas, personnalité qualifiée de l’État — président
– Julien Gallon, personnalité qualifiée de la Ville d’Avignon

Représentants des personnels et des étudiants
– Hervé Giocanti, représentant des personnels enseignants
– Benoit Pype, représentant des personnels enseignants
– Laetitia Herbette, représentante des personnels administratifs et techniques
– Marie Garance Massal, représentante des étudiants
– Victor Mulé, représentant des étudiants


Associations : le grand rendez-vous de la rentrée

Près de 1 800 associations à Avignon, 176 à Villeneuve-lès-Avignon et plus de 80 aux Angles,  derrière ces chiffres se dessine un tissu associatif particulièrement dense. Les 5 et 6 septembre, il investira les rues et les berges de la Barthelasse pour présenter ses activités, recruter des bénévoles et donner envie de franchir le pas.

Après la parenthèse estivale, les agendas se remplissent et les associations reprennent le fil de leurs activités. À Villeneuve-lès-Avignon, la Journée des associations réunira, samedi 5 septembre, les acteurs associatifs de Villeneuve et des Angles, rue de la République, de 10h à 17h30. Villeneuve compte 176 associations actives, tandis que Les Angles en recensent plus de 80 dans les domaines du sport, de la culture et des loisirs. À quelques kilomètres de là, Avignon affiche une dimension encore supérieure. La Ville compte près de 1 800 associations, qui interviennent dans des domaines aussi variés que la solidarité, la culture, le sport, l’éducation, l’environnement ou encore la vie de quartier.

À Avignon, la Barthelasse devient un grand village associatif
Le lendemain, dimanche 6 septembre, direction l’île de la Barthelasse pour le Forum des associations d’Avignon. De 10h à 18h, le Chemin de Halage accueillera les associations venues faire découvrir leurs activités et rencontrer le public. Le rendez-vous permet de mesurer concrètement ce que recouvrent ces chiffres. Derrière les noms et les logos se trouvent des clubs sportifs, des compagnies artistiques, des collectifs citoyens, des associations de solidarité ou de simples groupes d’habitants réunis autour d’une passion commune.

Une porte d’entrée pour accompagner son année
Lors de ces deux journées, les associations présenteront leurs projets, renouveleront leurs adhésions et attireront de nouveaux bénévoles. Pour les visiteurs, le principe est presque inverse : venir sans forcément savoir ce que l’on cherche et repartir avec une idée, une rencontre, parfois une nouvelle activité. Car l’association reste l’un des lieux où se fabrique le lien social et au plus près du quotidien. Une heure donnée, un cours suivi, un coup de main ponctuel insufflent une nouvelle vie au sein d’un collectif.

Les infos pratiques
Journée des associations de Villeneuve-lès-Avignon et des Angles : Samedi 5 septembre 2026, de 10h à 17h30, Rue de la République, centre-ville de Villeneuve-lès-Avignon. Forum des associations d’Avignon : Dimanche 6 septembre 2026, de 10h à 18h. Chemin de Halage, île de la Barthelasse, Avignon.
Sources : Villes des Angles, de Villeneuve-lès-Avignon et Avignon.
Mireille Hurlin


Le Festival d’Avignon n’est pas neutre ? La question ne s’est même pas posée à ‘L’aube des questions’

La 80e édition du Festival d’Avignon s’est achevée ce samedi 25 juillet. Fin de l’édition ? Non ! Car un dernier spectacle commençait à 5h du matin dans la Cour d’Honneur ce dimanche 26 juillet : ‘L’Aube des questions’, une fête plus qu’un spectacle, coordonnée par le directeur du festival Tiago Rodrigues, l’historien Patrick Boucheron et la journaliste Aurélie Charon.

Comment rendre une fin de Festival joyeuse et prometteuse, qui soit une ouverture et non pas une fin, un début de combats, un début de réponses ? Le Festival d’Avignon réaffirme par cette rencontre matinale l’importance de l’Art et le refus de se taire face aux coupes budgétaires, à la montée des fascismes, au déni de démocratie. Que va-t-on devenir ? L’avenir nous le dira, mais nous qu’avons nous à lui dire ?

Au petit matin toutes sortes de noctambules se sont croisés pour tenter une réponse. Ceux qui ont fêté comme il se doit la dernière représentation d’un des 1700 spectacles du Off, ceux qui ne se sont pas couchés et qui rejoignent la Cour d’Honneur, dès la sortie du Mahabharata, bar du Festival ouvert toute la nuit pour l’occasion, ceux qui se lèvent après s’être couchés malheureusement un peu plus tôt que d’habitude pour cause d’annulation due à la pluie du merveilleux spectacle ‘Le Pas du monde’. 

Il fait encore nuit, il fait chaud, il ne pleut plus si ce n’est une pluie de questions

Sur scène les pupitres installés attendent les musiciens de l’Orchestre National Avignon-Provence conduit par la cheffe Debora Waldman, les chaises vides laissent présager beaucoup d’invités, d’interventions d’artistes ou de personnalités de la société civile qui sont annoncés autour du théâtre, de la vidéo, de la musique, de la danse. Edgar Morin est parmi nous grâce à un extrait de son documentaire projeté en ouverture « chroniques d’un été » qui pose la question essentielle « comment vis-tu ? », la voix de Marguerite Duras nous interpelle  sur l’enfance, Florence Aubenas sur l’Ukraine.

Le Soleil se lève à Kiev, à Beyrouth, à Gaza

« Chaque matin, le soleil réveille le monde. Mais qu’est-ce qui réveillera ceux qui dorment encore devant l’injustice ? »

Il sera beaucoup question de soleil qui se lève en France et dans le monde. Pourtant il n’est pas le même pour tout le monde. Philippe Martinez ( secrétaire général de la CGT 2015-2023) portera la voix de Jacques Prévert « Dis donc camarade Soleil, tu ne trouves pas que c’est plutôt con de donner une journée pareille à un patron ? », la comédienne Oksana Leuta nous parle en direct de Kiev au petit matin et se demande qu’est ce qu’il restera d’elle après plusieurs années de guerre, de même le journaliste Rami Abou Jamous en direct de Gaza décrit son lever de soleil « gazastrophique » et se demande comment parler de fraternité aux enfants de Gaza. Le pendant du Soleil, notre ombre, sera également interrogée par la romancière Blandine Rinkel, qui par le biais du conte de Pierre Schlemihl, l’homme qui a vendu son ombre, met en avant le Peuple des ombres. En direct de Beyrouth, le journaliste Anthony Samrani propose de résister en plantant des tomates, pour défier le chaos du monde.

Une pensée en marche

Les chorégraphes Régine Chopinot et Boris Charmaz ont posé des questions en dansant, Camille de Toledo a alimenté le débat sur l’Europe, ça performe avec les écrits de Rébecca Chaillon, la poésie de Laura Vasquez, un texte de Carolina Bianchi. La jeunesse n’est pas en reste avec le savoureux débat filmé des élèves du lycée Philippe de Girard d’Avignon qui cherchent et trouvent leurs mots pour dénoncer « l’exploitation des systèmes. » Il a été question de servitude volontaire avec le philosophe Marc Crepon, de résilience avec Maria Melchior.  Tant de mots et d’idées qui se bousculent pour nous ouvrir le plus de réponses diverses possibles. Impossible de citer tous les intervenants. Bien sûr le fil conducteur était quelquefois tenu mais la prestation finale de Christiane Taubira, digne et juste, a replacé le combat à mener : « qu’en sera-t-il de la joie quand l’Internationale autoritaire persistera à se répandre ? Où va tomber la terre ? Il faut protester ? Alerter ? Désobéir ? »

Pourquoi l’être humain ne peut-il pas vivre sans musique ? 

Fabien Cali, artiste en résidence à l’Orchestre national Avignon-Provence (ONAP) a composé le livret de cette rencontre. Sa musique, délicatement mise en œuvre par la cheffe Debora Waldman, a suivi l’enrichissement du débat, additionnant les instruments, superposant les points de vues, déroulant un récit, provoquant le silence. 

Un programme pas comme les autres

À la sortie, 3 heures après, sourire aux lèvres et traits tirés, une bonne surprise — avant un café salutaire — nous attendait : la distribution d’un livret blanc de 84 pages. Au recto, l’affiche du festival, en quatrième de couverture un extrait de Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke qui nous encourage, en 1903,  à aimer et à vivre pleinement nos questions. Chaque page porte une question, entendue dans la Cour d’Honneur, à charge d’y répondre et de ramener ce carnet au Festival d’Avignon. Les absents pourront se le procurer tout au long de l’année. Une première action concrète et réponse à la dernière question posée : Et que ferons-nous quand nous nous disperserons ?


Cavaillon : l’exception culturelle

Souvent il existe des décalages entre la réalité et sa perception. Ainsi, certaines villes ont des images qui ne correspondent pas toujours à ce qu’elles sont réellement. Cavaillon fait partie de celles-ci, alors qu’elles disposent de nombreux atouts, à commencer par une offre culturelle que l’on peut qualifier, sans exagérer, d’assez exceptionnelle.

Rapporté à ses 26 000 d’habitants, Cavaillon est sans doute une des communes de France qui bénéficie du plus grand nombre d’équipements culturels : une scène nationale (La Garance), un conservatoire de musique, deux écoles de danse (EnKdanse et Bedoiseau), deux librairies indépendantes, une MJC, 3 salles de cinéma, 3 galeries d’art (au moins), une salle de spectacles municipale (salle du Moulin Saint-Julien), un théâtre de plein air, une médiathèque, un musée archéologique, deux espaces d’exposition (Léon Colombier et Chapelle du Grand Couvent)… à cela on pourrait ajouter le musée hôtel d’Agar, l’ancienne synagogue qui accueille régulièrement des expositions ou des conférences ou le futur musée du melon … Il convient également d’ajouter à cette liste les nombreux événements organisés durant toute l’année : corso, fête de la musique, expositions, concerts événements, fête du melon, cinéma en plein air, festival Cigale Song. Sans compter les initiatives du secteur associatif, particulièrement actif. Lien ICI sur les événements de l’été.

Un euro investit dans le patrimoine en rapporte sept à l’économie local

Cette profusion pourrait surprendre. Comme si la culture venait conjurer un mauvais sort.

De nombreuses villes en France on fait le choix de la culture ou du patrimoine pour développer leur attractivité. De ce point de vue, la cité Nantaise pourrait faire figure d’exemple. Avec son « Voyage à Nantes », et nombres d’autres évènements, Jean Blaise, une des figures majeures de la scène culturelle française, a activement participé à changer l’image de la ville. Plus proche de nous, l’Isle-sur-la-Sorgues a fait le choix d’investir dans son patrimoine et de rénover son cœur de ville dont sa remarquable Tour d’Argent, une tour du XIIème siècle, typique de l’architecture romane provençale. Pour son maire, Pierre Gonzalvez, ces investissements dans le patrimoine c’est le moyen d’attirer plus de visiteurs et donc plus de commerçants… Il est vrai qu’à Isle-sur-la-Sorgues les cellules commerciales vides sont peu nombreuses… Le maire de la cité des antiquaires estime qu’un euro investit dans le patrimoine en rapporte sept à l’économie locale.

C’est le même raisonnement qui a conduit Gérard Daudet, le maire de Cavaillon, à lancer la rénovation de la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Véran. Ce choix c’est aussi celui de la préservation d’un patrimoine pour les générations futures. C’est en quelque sorte coup double. La restauration de cet édifice religieux a été l’occasion de rénover tout un quartier autour de la place Philippe de Cabassolle. Rénovation qui n’est pas étrangère à la décision d’Aroma-Zone de s’y installer. CQFD


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Carpentras, vendredi 12 juin. Ce vendredi après-midi, plusieurs groupes de visiteurs se succèdent à la bibliothèque-musée L’Inguimbertine. Certains ont fait plusieurs heures de route depuis Cannes, Aix-en-Provence… Tous ont une chose en commun : ils connaissaient déjà Ernest Pignon-Ernest, et ont tenu à voir cette exposition.

Une immersion
Dès la première salle, le ton est donné. Les murs sont peints en rouge bordeaux, les dessins de Pignon-Ernest s’affichent en grand format.
Philippe, venu d’Aix-en-Provence explique qu’après avoir traversé les salles permanentes, il a senti un certain basculement : « Ces salles sont absolument incroyables, lumineuses, accueillantes et d’un seul coup on rentre dans un ventre. On rentre dans un intérieur. »

La scénographie joue sur les contrastes. Des panneaux disposés en dédale obligent le visiteur à zigzaguer, à voir les œuvres de près puis de loin. « Tu l’as vu de loin et puis tu l’as de près, ça restitue vraiment les proportions, tu te rends donc mieux compte de l’effet produit dans les rues de Naples », explique une autre visiteuse, Michèle, qui avait déjà découvert le travail de Pignon-Ernest dans des magazines d’art, mais également lors de la présentation avignonnaise au Palais des Papes de 2019 à 2020 (Exposition ‘Ecce homo’). Par ailleurs une seconde exposition de mai à septembre 2020 à l’Église des Célestins avait été organisée (Exposition ‘Extases’).

Crédit : Zélie Bienaimé

« Toutes ces œuvres parlent de violence, de douleur »

Michèle

Pourquoi le rouge ?
Le choix de la couleur rouge revient dans toutes les conversations. Pour certains, c’est une évidence. « Au vu du thème, c’est obligé, toutes ces œuvres parlent de violence, de douleur », a dit Michèle. Martine, venue spécialement depuis Cannes, fait des photos et nous confie : « Le bleu est froid et le rouge est une couleur chaude. Je fais des expos photos et je mets mes photos en noir et blanc sur fond rouge… ça marche très bien ensemble. »

Comparaison qui fait débat
Michèle nous parle de l’arrivée d’Ernest Pignon-Ernest dans le milieu de l’art de rue : « Je me souviens de l’effet que ça avait fait de voir ses dessins dans les rues, on voit les gens qui passent, qui observent, c’est l’art dans la rue, ça ne se faisait pas avant. 
Et en même temps, je pense qu’il y avait une sorte de respect vis-à-vis de des choses qu’il créé, ce n’était pas des tags, c’était autre chose. »

Crédit : Zélie Bienaimé

« J’ai pensé à Banksy… »

Martine

La question du street art ne tarde pas à arriver dans chacun des discours. Martine nous fait part du lien spontané qu’elle a vu avec Banksy : « Et c’est vrai que tout de suite j’ai fait un rapprochement avant même de voir l’exposition, j’ai pensé à Banksy… Il y a une certaine filiation. » Mais Philippe n’est pas d’accord : « Le street art, c’est une étiquette un peu facile que l’on colle sur Pignon-Ernest. Lui, a une démarche souvent politique, religieuse, il y a beaucoup de métaphores, il y a des convictions très fortes derrière. Cette association, pour moi, est un peu dévoyée. 
Et évidemment, l’artiste demeure pour moi aujourd’hui un artiste contemporain français majeur. »

Naples vue depuis Carpentras
Beaucoup de visiteurs connaissent Naples en touristes, mais pas sous l’angle que montre l’exposition. « On ne fréquentait pas forcément toutes ces petites ruelles, ce côté populaire et religieux, c’était pas vraiment mon abord », admet Martine. L’exposition montre une ville de Naples plus sombre : les quartiers pauvres, les croyances mélangées, la mort omniprésente. « Il y a un côté populaire à Naples qui est bien rendu dans toute cette représentation. »

Michèle, très tôt, a fait le rapprochement avec Caravage, peintre napolitain du XVIIe siècle connu pour ses scènes violentes, ses personnages du peuple décrit par Michèle comme quelqu’un de ‘torturé’. Avant même de constater que l’artiste est effectivement cité dans le parcours de l’exposition. « Il y a une espèce de tragédie autour de Naples, dit-elle. Caravage, Pasolini… »

Crédit : Zélie Bienaimé

« L’artiste ne ment pas. »

Philippe

Ce qu’ils retiennent de Pignon-Ernest
Ce qui marque le plus les visiteurs, c’est la force du dessin. « Il y a une puissance dans le trait qui est remarquable », dit Martine. Philippe, lui, parle de sincérité : « Chacun va y trouver, je dirais non pas une part de lui-même, mais de ce qu’il recherche dans l’artiste. Et l’artiste ne ment pas. Donc tout ce qu’on voit ici n’est qu’une réalité, une interprétation. C’est extrêmement audacieux et surtout c’est la vérité, la vérité du trait de l’artiste. »
Enfin Michèle nous rappelle que ses créations ont « chamboulé le monde de l’art parce que nous n’étions plus dans l’abstrait, nous étions dans le concret. Ses œuvres parlaient de souffrance et de rédemption. »
Ernest Pignon-Ernest sera à nouveau présent à Carpentras pour rencontrer le public le 26 septembre à 15h.

Zélie Bienaimé (stagiaire info com Avignon université)

Exposition « Ombres de Naples », Ernest Pignon-Ernest, L’Inguimbertine à Carpentras. Jusqu’au 1er novembre 2026.


Le Barroux : une 3e édition du Festival ‘Ecoute et Goûte’ réussie

Le programme 2026 du festival a encore tenu ses promesses pour cette 3e édition, avec deux journées riches proposées par les organisateurs, avec des lectures, des rencontres, des ateliers, des spectacles, des tables rondes et des dédicaces. Sans oublier un point d’honneur mis autour du vin et de la gastronomie locale.

Sur deux journées, samedi dimanche, le village perché du Barroux a ouvert ses ruelles et ses places à une aventure littéraire singulière. Pour cette troisième édition du festival Ecoute et Goûte, le thème proposé était le suivant : explorer. « Explorer, c’est accepté de s’aventurer hors du chemin balisé, c’est faire un pas de côté, pousser une porte, traverser une phrase comme on franchit un col. C’est accepté que la littérature déplace, dérange, éclaire. C’est aussi s’élancer vers l’inconnu avec ou sans , de l’infiniment petit à l’infiniment grand, vers les étoiles » explique Thierry Magnier, président de l’association.

Des visites guidées historiques de la Cove étaient au programme.

Un programme en amont
Pour mettre encore plus la littérature à l’honneur, les organisateurs du festival ont décidé de mettre en place des rencontres scolaires en amont de ce week-end, sur les écoles du Barroux, de Suzette, de Malaucène et au collège Raspail de Carpentras. Sans oublier des bibliothèques et des EHPAD. Le festival a ensuite véritablement commencé le vendredi soir à l’Epicerie moderne du Four à Chaux avec un repas conté.

Deux journées très riches
Le programme sur les journées de samedi et le dimanche était très fourni pour les visiteurs. Il y avait par exemple une exploration contée dans les ruelles du village. Des ateliers d’illustration, des lectures musicales, des tables rondes ont aussi été proposés. Ceci avait lieu dans divers endroits du village comme la terrasse du Château, la place de l’Hôtel-Dieu ou encore la salle des fêtes du village. Des visites culturelles gratuites organisées par la Cove sur l’histoire du Barroux et du moulin à huile du village ont également plu aux visiteurs.

Le foyer rural était le lieu de dédicace des auteurs.

De nombreuses expositions
Pour compléter ce week-end culturel et littéraire, de nombreuses expositions ont été organisées dans divers lieux du village comme une sur les affiches ou une autre autour de la broderie.
Le festival se veut également épicurien, avec les bons vins locaux et d’autres produits. Des domaines viticoles étaient présents ainsi que des producteurs locaux et des food trucks.

Olivier Muselet

Les invités :
– Thomas Bass, illustrateur
– Muriel Bloch, conteuse
– Raphaële Botte, journaliste en presse jeunesse et autrice
– Éric Briot, rédacteur aux Carnets du Ventoux
– Noëlle Châtelet, sociologue et autrice
– Emmanuelle Houdart, illustratrice et artiste suisse
– Guilhem Fabre, sociologue
– Timothée de fombelle, auteur en littérature jeunesse
– Valentine Goby, autrice
– Laurent Nunez, auteur
– Cécile Ladjali, autrice
– Kala Neza, comédienne belge
– La compagnie Maâloum


Cavaillon se dote d’un festival de musiques actuelles

A compter du 27 et 28 juin prochain, le territoire s’enrichira d’un nouveau festival dédié aux musiques actuelles. Baptisé « Cigale Sound » ce festival, organisé sur l’hippodrome de Cavaillon, accueillera une vingtaine d’artistes dans des genres musicaux aussi variés que l’électro, la house, le R&B , l’afro-house, le hip hop… Cet événement qui a pour vocation d’être annuel proposera également des espaces de vie pour se détendre, jouer et se restaurer.

C’est presque une belle histoire. Alexandre Millet, un enfant de cavaillon, « exilé professionnellement » dans le Gard, organisateur d’évènements et en particulier de concerts, se prend l’idée d’offrir à la ville qui l’a vu grandir un événement musical qui lui manquait. Par l’intermédiaire de Philippine Chevalier, sa comparse associée dans l’organisation de l’évènement, ils rencontrent le maire de Cavaillon, Gérard Daudet, fin 2025. Nos deux jeunes entrepreneurs lui propose un deal simple : vous mettez à disposition l’hippodrome et quelques moyens techniques nous nous occupons de tout le reste, et en particulier du risque financier. Banco répond le maire. Ensuite il a fallu un peu plus de trois mois pour tout organiser et réunir un plateau avec 22 artistes. « Nos connexions avec les artistes ont beaucoup faciliter les choses » précise Alexandre Millet. « Et nous n’avons essuyé aucun refus » ajoute Philippine Chevalier. Il est important de préciser qu’aux côtés des têtes d’affiches plusieurs artistes locaux se produiront au « Cigale Sound ». Il a fallu ensuite trouver des partenaires privés dont le soutien est indispensable au montage d’un tel projet. 10 ont répondu présent. Une soixante de bénévoles ont égaiement rejoint l’organisation de l’événement.

Les concerts seront proposés le samedi 27 juin de 16 h 00 à 0h00 et le dimanche 28 de 11h00 à 0h00, sur deux scènes différentes. Le dimanche matin un brunch musical sera proposé dès 11h00 avec de l’Afro House et de la hard techno. Les organisateurs attendent 8 000 visiteurs sur les deux jours. La billetterie (à partir de 25 € pour 1 jour) se fait uniquement en ligne sur https://www.lafrenchy.app/ , aucun billet ne sera vendu sur place. Le parking du MIN sera mis à disposition pour l’occasion.

Pour le détail de la programmation :
Instagram @cigalesoundfestival
Facebook @cigalesoundfestival


L’artiste Pablito Zago affiche son amour d’Avignon

Après la caisse primaire d’assurance maladie à Avignon, les jeux pour enfants à Morières-lès-Avignon, la Caf de Vaucluse en Courtine, les gourdes de Subway ou bien encore la façade du siège de Microsoft dans la région parisienne, l’artiste avignonnais Pablito Zago vient de réaliser une affiche sur la ville de son cœur.

‘La Cité du Pop’
« Avignon, je la vis depuis longtemps, explique-t-il. J’y ai fait une partie de mes études, j’y ai construit une part de moi-même, et finalement j’y habite avec ma fille depuis plusieurs années. Je l’aime profondément. Bien sûr, parfois elle m’agace, parfois même je lui en veux un peu. Mais s’il y a bien une chose que je supporte mal, c’est que l’on en dise du mal. J’y ai dessiné le (Mon) Festival, j’y ai peint dans les rues, et aujourd’hui je reviens avec une nouvelle affiche : ‘Avignon, la Cité du Pop’. »
Cette affiche est donc désormais disponible à son atelier ainsi que sur son site internet. L’œuvre, en format 50 x 70cm sur une papier de 170g est proposée au prix de 30€. Elle devrait être également bientôt proposé dans quelques boutiques de la région.

Crédit : Pablito Zago

« Avignon, je la vis depuis longtemps. Je l’aime profondément. »

Pablito Zago

Ne pas exclure l’extra-muros
« J’ai pris énormément de plaisir à la réaliser en toute indépendance, poursuit le street artiste qui vient tout juste d’achever une fresque à 4 mains avec Seb Bouchard au sein du lycée Adam de Craponne à Salon de Provence. Curieusement, dessiner une ville que l’on connaît si bien est parfois plus difficile que de représenter des lieux plus lointains : Sénégal, Pérou, Laos, Birmanie, etc. Par contre, un impératif pour moi quand je dessine ma ville, c’est de ne pas exclure l’extra-muros, parce que l’extra c’est Avignon ! »

Raconter la vie en dessin
« Au-delà de cette réalisation, je souhaite développer davantage ce travail d’illustration, sous forme d’affiches ou de carnets de voyage dessinés, précise Pablito Zago. Concerts, festivals, événements, résidences d’observation au sein d’entreprises, vignobles, restaurants… J’aime raconter les lieux, les personnes et les histoires à travers le dessin. »

L.G.

‘Avignon, la Cité du Pop’. Pablito Zago. Format 50×70 cm. Papier 170 g. Prix : 30€. A commander sur ce lien.
Contact : pablitozago@gmail.com

https://www.echodumardi.com/tag/culture/   1/1