10 septembre 2026 |

Ecrit par le 10 septembre 2026

Sécheresse : le Vaucluse serre la vis sur l’eau

Face à une dégradation rapide de la situation hydrologique, le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, renforce les restrictions d’usage de l’eau. Depuis aujourd’hui 27 juillet, quatre bassins : la Durance, le Calavon amont, le Sud-Luberon et la Nesque sont placés en alerte sécheresse, tandis que le reste du département demeure en vigilance. L’aménagement hydraulique Durance-Verdon alimente à lui seul 60% des ressources en eau de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Face à des sécheresses de plus en plus fréquentes, préserver cette ressource est devenu un défi majeur pour les territoires, l’agriculture et l’économie locale. Tout en détail ici.

Après plusieurs semaines de fortes chaleurs et un déficit pluviométrique persistant, les nappes et les cours d’eau les plus fragiles poursuivent leur baisse. Les prévisions météorologiques, annonçant une nouvelle vague de chaleur sans précipitations significatives, ont conduit les services de l’État à relever le niveau d’alerte sur plusieurs bassins versants du département.

Une sécheresse qui s’installe durablement
Concrètement, le passage en niveau ‘Alerte’ entraîne des limitations obligatoires pour tous les usagers : particuliers, collectivités, agriculteurs et entreprises. Arrosage des jardins, remplissage des piscines, lavage des véhicules ou encore certains prélèvements agricoles sont désormais soumis à des restrictions variables selon les territoires. Les autres bassins restent en vigilance, un stade qui appelle chacun à réduire volontairement sa consommation afin d’éviter un durcissement des mesures.

Copyright Publication Aurav Mars 2019 La ressource en eau en Vaucluse

Une ressource sous pression depuis plusieurs années
Cette nouvelle alerte ne constitue pas un épisode isolé. Dès 2019, l’Agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (AURAV) dressait un constat préoccupant : la raréfaction de la ressource en eau est devenue un facteur déterminant du développement du territoire. Plusieurs bassins vauclusiens, notamment le Lez, l’Aygues, l’Ouvèze et le Calavon-Coulon, étaient déjà identifiés comme déficitaires, avec des objectifs de réduction des prélèvements pouvant atteindre 40% sur certains secteurs durant la période estivale.

Des températures de plus en plus élevées s’étendant dans le temps
Les projections climatiques accentuent encore cette vulnérabilité. Météo-France prévoit des températures plus élevées, des sécheresses plus longues et des pluies moins fréquentes mais plus intenses. Autrement dit, davantage d’eau en quelques heures… mais moins disponible le reste de l’année.

Le paradoxe vauclusien : un département riche en eau… mais inégalement doté
Le Vaucluse bénéficie de deux grands réservoirs naturels que sont le Rhône et la Durance. Pourtant, cette abondance apparente masque une forte disparité géographique.La partie orientale du département dépend largement des transferts d’eau venus de la Durance, tandis que plusieurs territoires restent tributaires de ressources locales devenues insuffisantes durant l’été. Cette interdépendance explique pourquoi certains secteurs connaissent régulièrement des tensions alors même que d’autres disposent encore de réserves confortables. À l’échelle régionale, 86% des ressources utilisées sont des eaux de surface, et 60% de l’eau consommée en Provence-Alpes-Côte d’Azur provient du système Durance-Verdon, véritable colonne vertébrale hydraulique de la région.

Copyright Préfecture de Vaucluse 27 juillet 2026

L’agriculture en première ligne
Premier consommateur d’eau en France, avec près de 48% des volumes consommés, l’irrigation constitue un enjeu particulièrement sensible en Vaucluse. Arboriculture, maraîchage, viticulture ou cultures céréalières dépendent étroitement d’un accès sécurisé à la ressource.

Les territoires les moins irrigués
Selon la Chambre d’agriculture de Vaucluse, les territoires les moins équipés en réseaux d’irrigation modernes sont aujourd’hui les plus exposés. Les secteurs des Côtes-du-Rhône, de l’Enclave des Papes ou encore les vallées de l’Aygues, de l’Ouvèze et du Calavon figurent parmi les plus vulnérables. L’enjeu est désormais d’investir dans des infrastructures plus économes en eau tout en conciliant les besoins agricoles, ceux de l’alimentation en eau potable et la préservation des milieux naturels.

Au-delà des restrictions, préparer l’avenir
Les mesures préfectorales répondent à l’urgence. Mais elles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à adapter durablement le territoire au changement climatique.Le Département de Vaucluse a d’ailleurs lancé un appel à projets consacré à la restauration du grand cycle de l’eau, destiné à accompagner les collectivités dans des actions de désimperméabilisation des sols, de restauration des zones humides, de renaturation des cours d’eau ou encore de recharge des nappes phréatiques. Ces solutions fondées sur la nature visent à retenir davantage l’eau sur les territoires plutôt qu’à la laisser s’écouler rapidement vers les fleuves.

Pas de développement économique sans eau
Parallèlement, les documents d’urbanisme sont désormais appelés à intégrer systématiquement la disponibilité de la ressource avant toute extension urbaine. Une évolution majeure qui fait de l’eau un préalable au développement économique et démographique des territoires. Egalement, lors de l’assemblée générale de la Fédération du Bâtiment et des Travaux publics, mi-juillet, son président, Daniel Léonard, a plaidé pour une meilleure valorisation des eaux pluviales. Il a déploré que d’importants volumes d’eau s’écoulent chaque année, notamment en octobre, novembre et septembre, sans être captés, alors qu’ils pourraient alimenter des réserves stratégiques pour les périodes de sécheresse, via des systèmes de collecte.

Une vigilance appelée à devenir la norme
Les épisodes de sécheresse se succèdent désormais avec une fréquence inédite. Si les restrictions actuelles concernent principalement certains bassins, elles traduisent une évolution profonde du climat méditerranéen. Pour les spécialistes de l’eau, la question n’est plus de savoir si ces épisodes vont se répéter, mais comment adapter durablement les usages afin de préserver une ressource devenue stratégique et en conserver l’accès démocratique.

Les infos pratiques
Les habitants peuvent consulter, commune par commune, les restrictions applicables sur la plateforme nationale VigiEau, mise à jour en temps réel par les services de l’État. Toutes les informations utiles sur les restrictions en cours sont disponibles sur le site : https://vigieau.gouv.fr.
Mireille Hurlin

Copyright Publication Aurav La ressource en eau en Vaucluse Mars 2019

Sécheresse : le Vaucluse serre la vis sur l’eau

Malgré un premier mandat traversé par les crises politiques, géopolitiques et économiques, la Fédération du BTP de Vaucluse affiche la volonté de continuer à construire. Réunis, la semaine dernière, en assemblée générale, le président du syndicat Daniel Léonard alerte toutefois sur une conjoncture devenue critique. Logement en panne, investissements publics en recul, rénovation fragilisée, explosion des coûts : pour les entreprises, l’heure n’est plus au constat mais aux décisions.

Alors que le secteur connaissait l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente, la Fédération BTP84 a mené à bien la construction de son nouveau siège. Livré dans les délais et sans dépassement budgétaire, le bâtiment est devenu le fil conducteur du premier mandat de Daniel Léonard. « Nous voulions démontrer qu’il était possible d’investir malgré les crises », explique le président, réélu en 2025 pour un second mandat de trois ans. Un message, aussi, envoyé à tous : élus, collectivités territoriales et entreprises : ‘ne pas céder à l’attentisme lorsque la conjoncture se dégrade.’

De gauche à droite Jean-Max Diaz, trésorier ; Denis Mathelin président branche Travaux publics ; Philippe Ponzoni, président branche Gros oeuvre et Daniel Léonard président de la fédé BTP84 Copyright Mireille Hurlin

Une crise qui rappelle les années 1990
Entre 2022 et 2025, l’activité nationale du bâtiment a chuté de plus de 12%. Un recul d’une ampleur rarement observée depuis la grande crise immobilière des années 1990, période durant laquelle près de 300 000 emplois avaient disparu dans la profession. Aujourd’hui encore, la Fédération française du bâtiment estime que la reprise reste extrêmement fragile malgré quelques signaux d’amélioration pour 2026. En Vaucluse, les entreprises ont jusqu’à présent réussi à préserver l’essentiel de leurs effectifs et de leurs apprentis. Mais cette résistance repose sur des trésoreries de plus en plus tendues.

Les carnets de commandes se vident
Si les travaux publics ont bénéficié ces dernières années des grands chantiers du Département, notamment Bonpas ou la déviation d’Orange, les entreprises observent désormais un ralentissement marqué de la commande publique. Les élections municipales, les contraintes budgétaires des collectivités et les hésitations des investisseurs privés provoquent un trou d’air. « Les projets existent, mais ils restent dans les cartons », résume Daniel Léonard. Pour les entrepreneurs, chaque mois perdu fragilise davantage un tissu économique composé majoritairement de PME -Petites et moyennes entreprises- familiales implantées, souvent, depuis plusieurs générations.

Construire coûte toujours plus cher…
Jamais les entreprises n’ont autant subi la hausse de leurs coûts de production alors que les prix des marchés sont, eux, orientés à la baisse sous l’effet d’une concurrence accrue. Inflation des matériaux, renchérissement des carburants, surcoûts liés à la réglementation environnementale RE2020 (Réglementation environnementale), augmentation des salaires, écotaxe REP (Responsabilité élargie des producteurs) : les charges s’accumulent tandis que les marges se réduisent.

Copyright Fédé BTP 84

Les tensions internationales
Les tensions internationales -Ukraine, Gaza, Pakistan, Israël, Liban, Russie, Etats-Unis, Iran, Groënland – : aggravent encore la situation. Le conflit au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, continue d’alimenter les inquiétudes sur les prix du pétrole et du transport. Pour les travaux publics, la facture est particulièrement lourde : le bitume a connu des hausses spectaculaires, renchérissant fortement les coûts des chantiers routiers. 

… mais la France ne construit toujours pas assez
C’est l’un des grands paradoxes français. Pourtant, les besoins sont estimés autour de 450 000 logements par an, alors que la production oscille désormais entre 200 000 et 320 000 logements selon les années. La disparition du dispositif Pinel, les difficultés d’accès au crédit et l’incertitude permanente des politiques publiques ont fortement ralenti les programmes immobiliers.

Soutenir le dispositif Jeanbrun
La Fédération BTP84 soutient donc le nouveau dispositif Jeanbrun destiné à relancer l’investissement locatif, tout en demandant son extension à la maison individuelle afin de ne pas opposer habitat collectif et pavillonnaire. « Sans logements, c’est toute l’économie qui finit par se bloquer : salariés, étudiants, jeunes ménages ou personnes âgées peinent à se loger,» rappelle Daniel Léonard.

Chantier Batri Diaz à Cairanne Copyright Batri Diaz

La rénovation ne suffit plus
Longtemps présentée comme le moteur de demain, la rénovation traverse elle aussi une période d’instabilité. MaPrimeRénov’ modifiée à plusieurs reprises, la baisse du Fonds vert, la suppression de certains travaux aidés, l’évolution permanente des Certificats d’économie d’énergie : les entreprises dénoncent un manque total de visibilité.Nombre d’entre elles avaient pourtant investi, recruté et obtenu la qualification RGE (Reconnu garant de l’environnement) pour répondre aux objectifs de rénovation énergétique. Aujourd’hui, certaines filières spécialisées se retrouvent brutalement privées de marchés.

La REP, une taxe qui fait toujours grincer des dents
Autre sujet de crispation : la Responsabilité élargie du producteur (REP). Sur le principe, la profession ne remet pas en cause l’objectif de recycler davantage les déchets du bâtiment. Mais elle dénonce un dispositif qui prélève une écocontribution sans offrir les infrastructures promises. Les entreprises continuent ainsi de payer la taxe… tout en finançant elles-mêmes la gestion de leurs déchets. La Fédération réclame une refonte complète d’un système jugé « coûteux, complexe et inefficace ». 

Canicule : adapter plutôt qu’interdire
Les fortes chaleurs sont désormais devenues un enjeu majeur d’organisation du travail sur les chantiers. En Vaucluse, l’arrêté préfectoral autorisant exceptionnellement les chantiers entre 6 heures et 21 heures est accueilli favorablement. Mais la Fédération souhaite aller plus loin. Elle demande une harmonisation nationale des horaires décalés, la suppression des pénalités de retard lorsqu’un chantier est interrompu pour protéger les salariés, ainsi qu’une meilleure coordination avec les maîtres d’ouvrage. Par ailleurs, les entreprises vauclusiennes rappellent avoir largement anticipé ces épisodes climatiques : horaires avancés, distribution quotidienne d’eau, équipements rafraîchissants, vêtements adaptés et actions de prévention sont désormais devenus la norme.

Copyright Fédé BTP 84

« Il faut remettre les territoires en mouvement »
« 
Routes, réseaux d’eau, logements, écoles, bâtiments publics, infrastructures : repousser les investissements revient à créer une dette technique qui coûtera beaucoup plus cher demain, » rappelle Daniel Léonard. Maintenant que les nouvelles équipes municipales prennent leurs fonctions, la Fédération lance donc un appel aux élus. Le Vaucluse dispose d’entreprises expérimentées, d’artisans qualifiés, d’architectes, de bureaux d’études et de centres de formation reconnus. Encore faut-il leur donner des perspectives, notamment en termes d’emplois, d’apprentis, d’entreprises familiales et, plus largement, tout l’enjeu de l’attractivité d’un territoire tout entier.

Les trois priorités de BTP84
Elles sont de relancer durablement la construction de logements ; de préserver l’apprentissage et les compétences ; de maintenir les investissements publics dans les infrastructures et les réseaux.

Les chiffres 
450 000 logements nécessaires chaque année en France contre 200 000 à 320 000 produits ; 210 M€ d’investissements maintenus par le Conseil départemental de Vaucluse ; 12 500 salariés dans le BTP vauclusien ; Plus de 12 % de hausse moyenne des matériaux ces dernières années ; –12 % d’activité du bâtiment entre 2022 et 2025.
Mireille Hurlin


Sécheresse : le Vaucluse serre la vis sur l’eau

À l’occasion de la cérémonie des vœux de la Fédération du Bâtiment et des Travaux publics du Vaucluse, organisée également à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle Maison du BTP 84, rue Jean Dausset à Agroparc Avignon, son président Daniel Léonard, a livré un discours à la fois rassembleur et exemplaire, faisant de ce bâtiment inauguré le symbole optimiste d’une certaine vision du syndicalisme professionnel et de l’avenir du secteur. Plus de 400 personnes, dont de nombreux élus, étaient présentes.

La Maison de la Fédé BTP 84. Copyright Fédé BTP 84

Au-delà du moment convivial, le message central est clair : ce qui unit la profession est plus fort que ce qui la divise. Une conviction qui fonde, selon lui, l’ADN de la Fédération du bâtiment et des travaux publics : recherche du dialogue, respect des différences, culture du collectif et construction de ponts entre les acteurs économiques, institutionnels et territoriaux.

Une nouvelle maison pour les pros
La nouvelle Maison du BTP incarne concrètement cette philosophie. Fruit d’une décision pragmatique et responsable, le projet a nécessité l’abandon du siège historique, devenu inadapté, au profit d’un site plus accessible, fonctionnel et sobre, à proximité de l’aéroport et du parc des expositions. Un choix assumé, guidé par la rationalité économique dans un contexte de conjoncture tendue pour le BTP.

Un modèle de réalisation et de gestion
Le président a insisté sur la méthode de réalisation, qu’il présente comme un modèle reproductible : gouvernance collective validée à l’unanimité, recours prioritaire aux compétences locales -maîtrise d’œuvre et entreprises vauclusiennes-, respect des délais et des budgets, paiements sans retard et refus d’une guerre des prix préjudiciable aux entreprises. Le ‘juste prix’ a servi de boussole tout au long du chantier.

De gauche à droite : Olivier Salleron, Thierry Suquet, Dominique Santoni et Daniel Léonard Copyright MMH

Une vitrine des savoir-faire
Conçue comme une vitrine des savoir-faire du BTP, la Maison associe bois, acier, verre et béton, tout en répondant aux exigences environnementales de la RE2020 (Réglementation environnementale). Modulaire, elle est pensée comme un lieu d’échanges, de formation, d’innovation, et également de prévention et de sécurité, enjeux majeurs pour la profession.

Avancer, toujours avancer
Sans éluder les difficultés du secteur : complexité normative, manque de visibilité sur les politiques publiques, ralentissement de la construction neuve, Daniel Léonard a volontairement choisi de privilégier l’exemple à la critique. Montrer que le dialogue, la confiance, la proximité et le pragmatisme peuvent produire des résultats concrets.

Le respect de tous pour tous
Au terme de son allocution, le président de la Fédé du BTP Vaucluse a formulé pour 2026 le vœu de davantage de respect mutuel, moins de dogmatisme et plus de pragmatisme, convaincu que ces ingrédients constituent, pour la profession comme pour le territoire, une voie crédible vers l’efficacité et une certaine idée du bonheur collectif.

Olivier Salleron Copyright MMH

Olivier Salleron, président national de la Fédération française du bâtiment
Présent à l’inauguration de la nouvelle Maison du BTP du Vaucluse, Olivier Salleron, président national de la Fédération française du bâtiment (FFB), a souligné la solidarité entre l’échelon national et les fédérations départementales, rappelant que les cotisations des adhérents doivent d’abord bénéficier aux territoires. Pour lui, la dynamique du BTP se joue avant tout au niveau local, dans les relais de proximité, véritables moteurs de l’action syndicale.

Dans un contexte de forte instabilité économique et politique, cette inauguration constitue, selon le président national, un repère concret et rassurant pour la profession. Le bâtiment livré dans les délais et avec un budget maîtrisé incarne une gestion responsable et une projection vers l’avenir, au service direct des entreprises adhérentes.

Des signaux positifs
Malgré une année 2025 marquée par de profondes incertitudes, Olivier Salleron a voulu ouvrir 2026 sur une note d’espoir, portée par des signaux positifs en matière de logement. Il a salué la confirmation du statut du bailleur privé, attendu de longue date par la profession, qu’il qualifie d’avancée majeure susceptible de relancer la production de 50 000 logements neufs et de 20 à 30 000 logements rénovés. Une mesure présentée comme bénéfique à la fois pour les ménages, les entreprises du BTP et les finances publiques, la construction générant d’importantes recettes fiscales pour l’État et les collectivités.

Logement social et privé, tous deux complémentaires et essentiels
Le président de la FFB a également insisté sur le caractère complémentaire et indissociable du logement privé et du logement social, se félicitant de la baisse de la Réduction de loyer de solidarité (RLS), qui doit permettre un effet de levier d’environ un milliard d’euros en faveur de la production et de la rénovation énergétique du parc social. Le maintien d’outils structurants comme le prêt à taux zéro s’inscrit, selon lui, dans cette même logique de relance. Autre sujet majeur : l’aménagement du territoire. Olivier Salleron a plaidé pour une application plus pragmatique de la loi Zéro artificialisation nette (ZAN), redonnant des marges de manœuvre aux élus locaux afin de répondre aux besoins de logements, d’emploi et de développement économique.

La rénovation énergétique
Sur la rénovation énergétique, il a rappelé l’importance de la stabilité des dispositifs, en particulier de MaPrimeRénov’, dont le budget est sanctuarisé mais dont les évolutions incessantes fragilisent la lisibilité pour les entreprises. La rénovation du parc de logements et des bâtiments publics est, selon lui, un levier incontournable pour atteindre les objectifs de décarbonation à l’horizon 2050, tout en soutenant l’activité et l’emploi local, dans un secteur qui a perdu 60 000 salariés en deux ans.

Quels maires seront bâtisseurs ?
Le président national a enfin appelé à l’émergence de ‘maires bâtisseurs’ à l’approche des élections municipales, estimant que le logement est devenu un enjeu central du quotidien des Français. Il a également alerté sur le respect impératif des délais de paiement par les collectivités, condition essentielle à la survie des entreprises du BTP.

Former les pros de demain
Enfin, Olivier Salleron a insisté sur l’enjeu du renouvellement des compétences, à travers l’apprentissage et l’alternance, pour attirer jeunes et moins jeunes vers des métiers porteurs de sens, de perspectives et de fierté. La nouvelle Maison du BTP apparaît ainsi comme un symbole fort de confiance, de proximité et d’avenir pour la profession.

Dominique Santoni Copyright MMH

Dominique Santoni, présidente du Département de Vaucluse
Lors de cette même soirée, la présidente du Département, Dominique Santoni, a réaffirmé son attachement au partenariat durable entre le Département et les entreprises du BTP, qu’elle qualifie de relation fondée sur la confiance et l’efficacité plutôt que sur les discours.

Saluant un équipement ‘concret, solide et à l’image de la profession’, elle a souligné que ce nouveau siège symbolise la capacité du BTP vauclusien à s’inscrire dans la durée. Pour la présidente, les entreprises du secteur sont au cœur de l’action publique : routes, collèges, transports, aménagements communaux… derrière chaque projet départemental, ce sont les savoir-faire locaux qui sont mobilisés.

De solides finances
Dans un contexte économique tendu, Dominique Santoni a insisté sur la solidité financière du Département, rappelant le vote du budget 2026 et la poursuite d’une politique d’investissement ambitieuse. En 2026, 132 millions d’euros seront consacrés à l’investissement, confirmant le Département comme premier donneur d’ordre du Vaucluse. Un choix assumé, présenté comme un levier essentiel d’activité, d’emploi et de visibilité pour les entreprises.

Des projets à venir ?
La présidente a défendu une ligne claire : « Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles ». Autrement dit, une gestion rigoureuse des finances publiques conjuguée à une ambition forte pour l’avenir du territoire. Plusieurs projets structurants ont été cités, à commencer par la livraison du nouveau collège, réalisée sans retard ni surcoût, et la déviation d’Orange, attendue de longue date et désormais engagée. Elle a également mis en avant le contrat Vaucluse Ambition et la création de Vaucluse Ingénierie, outils destinés à accompagner les communes dans la concrétisation de leurs projets.

Un Département fier des pros de BTP
Puis, Dominique Santoni a réaffirmé un message politique sans ambiguïté : le Département est pro-BTP. Un partenariat présenté comme ‘gagnant-gagnant’, dans lequel les entreprises font avancer le territoire, tandis que le Département leur apporte visibilité, projets et continuité. « Le BTP construit le Vaucluse, et le Vaucluse avancera avec son BTP », a-t-elle résumé, appelant à poursuivre ce travail commun avec exigence, respect et pragmatisme.

Thierry Suquet Copyright MMH

Thierry Suquet, préfet de Vaucluse
Le préfet de Vaucluse Thierry Suquet a conclu la soirée des vœux du BTP 84, rappelant le poids économique majeur du secteur du bâtiment dans le département : près de 20 000 travailleurs, 10% de l’emploi salarié et environ 6 000 entreprises, majoritairement des TPE/PME (Très petites et moyennes entreprises), profondément ancrées dans le tissu local. Un secteur stratégique, dont la vitalité repose à la fois sur la proximité, l’excellence des savoir-faire et le respect des responsabilités des maîtres d’ouvrage, en particulier sur un point jugé crucial : les délais de paiement, déterminants pour la santé des trésoreries.

Les difficultés du territoire
Le préfet n’a pas éludé les difficultés traversées en 2025 : baisse des mises en chantier, tensions sur les trésoreries, recours accru à l’activité partielle et inquiétudes sur le maintien des compétences, dans un contexte d’instabilité politique. Pour autant, il a voulu ouvrir une perspective plus positive, soulignant l’importance de l’adoption prochaine du budget de l’État, présenté comme un facteur de respiration pour le secteur. Ce budget vise, selon lui, la stabilité réglementaire et fiscale, en évitant l’empilement de nouvelles normes, tout en préservant les principaux dispositifs en faveur de la compétitivité des entreprises, de la recherche et de l’apprentissage.

Enfin un plan logement du gouvernement ?
Thierry Suquet a également salué le plan logement annoncé par le gouvernement, destiné à relancer la construction de logements neufs et à soutenir la réhabilitation. Il a insisté sur un message central : ne pas opposer logement privé et logement social, tous deux indispensables pour loger les jeunes, les familles, les salariés et les étudiants, et pour maintenir l’attractivité du territoire. Cette politique doit toutefois s’inscrire dans un équilibre entre sobriété foncière, protection des terres agricoles, préservation du patrimoine et transition environnementale.

Un concret soutien de l’Etat
Affirmant le soutien de l’État local, le préfet a pris plusieurs engagements concrets comme la simplification administrative, avec un recours accru aux possibilités de dérogation préfectorale, la lutte renforcée contre les pratiques frauduleuses, et sécurisation des chantiers, notamment face aux vols de matériel, via une convention départementale dédiée. Pour finir, Thierry Suquet a réaffirmé que le BTP constitue un pilier essentiel de l’économie vauclusienne, au cœur des enjeux de décarbonation, de réindustrialisation et de cohésion territoriale. Un secteur pour lequel l’État se dit pleinement mobilisé, aux côtés des professionnels, pour surmonter la crise et préparer l’avenir.
Mireille Hurlin


Sécheresse : le Vaucluse serre la vis sur l’eau

Le concours national des Rubans du Patrimoine a attribué un prix départemental à Pernes-les-Fontaines pour la restauration exemplaire de son Hôtel de Ville, un édifice du XVIIᵉ siècle dont les travaux ont révélé des éléments remarquables. Une distinction qui souligne également le rôle clé de la fédé du BTP 84 dans la sauvegarde du patrimoine.

Didier Carles, maire de Pernes-les-Fontaines a reçu un prix départemental des Rubans du Patrimoine 2025, ici aux cotés de Daniel Léonard, président de la Fédération du BTP 84. Le concours distingue es collectivités engagées dans la rénovation de leur patrimoine bâti. Créé en 1995, ce dispositif national a déjà mobilisé plus de 5 500 communes et récompensé près de 2 000 projets, faisant de lui un marqueur fort de la préservation du bâti ancien.

Des trésors cachés
Le jury a salué la restauration de l’Hôtel de Ville, installé dans l’hôtel de Brancas-Cheylus, superbe demeure du XVIIᵉ siècle. Le chantier a permis de redonner à l’édifice son éclat originel tout en révélant des trésors insoupçonnés : peintures décoratives, frise, blason et motifs datés autour de 1671, découverts lors de la réfection des plafonds à poutres et solives. À l’extérieur, la remise en état d’un muret, d’une fontaine et la création d’une calade en remplacement du béton ont renforcé l’harmonie patrimoniale de l’ensemble.

Mobilisation des entreprises du bâtiment
Cette distinction met également en lumière la mobilisation des entreprises du bâtiment, garantes des savoir-faire traditionnels nécessaires à ce type d’intervention. Les Rubans du Patrimoine, organisés par l’Association des maires de France, la Fédération Française du Bâtiment, la Fondation du Patrimoine, les Caisses d’Épargne et le Groupement des entreprises de restauration de Monuments Historiques, rappellent l’importance de ces métiers spécialisés. En Vaucluse, la Fédération du BTP 84 œuvre à préserver et transmettre ces compétences, essentielles à la restauration d’édifices plus que cinquantenaire – condition indispensable pour concourir.

Copyright Ville de Pernes-les-Fontaines Communication

Révéler et préserver le patrimoine
Au-delà de l’aspect architectural, le prix valorise la démarche d’une commune attachée à la mémoire de ses lieux et consciente de l’impact culturel, touristique et identitaire de son patrimoine. Avec ce prix départemental, Pernes-les-Fontaines rejoint les collectivités françaises engagées dans la protection de leurs édifices historiques. La restauration de son Hôtel de Ville illustre parfaitement ce que les Rubans du Patrimoine entendent promouvoir : la rencontre entre un héritage ancien, une volonté politique forte et des savoir-faire locaux d’exception.
Mireille Hurlin


Sécheresse : le Vaucluse serre la vis sur l’eau

Dans un entretien accordé à la rédaction de l’Echo du mardi, Daniel Léonard, président de la Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) du Vaucluse dresse un diagnostic sans concession de la situation du secteur de la construction dans le département. Tandis que l’activité des travaux publics reste globalement stable, le bâtiment neuf et la rénovation plongent. Face à ce ralentissement, les acteurs du BTP réclament des mesures structurelles pour relancer investissements et chantiers dans le Vaucluse. Quant à la construction de son nouveau siège rue Jean Dausset à Avignon, la Fédé BTP 84 prendra possession des lieux début décembre.

Le secteur du bâtiment-travaux publics (BTP) du département du Vaucluse est à un tournant. Selon l’analyse de Daniel Léonard,  la Fédération du BTP 84, qui rassemble près de 400 entreprises (et quelque 6 000 salariés), joue un rôle central dans l’économie locale, tant pour la construction neuve que pour la réhabilitation. Pourtant, les perspectives apparaissent aujourd’hui fragiles.

Un rôle structurant, des missions multiples
La Fédération se reconnaît trois missions principales : rassembler les entreprises de la construction et de la réhabilitation, renseigner quotidiennement ses adhérents et les représenter auprès des pouvoirs publics. Elle couvre l’ensemble de la chaîne : entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics, architectes, bureaux d’études, loueurs de matériels, marchands de matériaux, industriels, avocats.
«Le BTP est un secteur clé de l’économie du département», affirme Daniel Léonard rappelant que la filière représente, «via ses adhérents, 50 % des effectifs salariés du BTP, dans le département». Il évoque le rôle majeur de la construction pour la création ou la rénovation de logements, d’écoles, d’infrastructures routières ou de réseaux d’énergie.

Une activité qui se grippe
Malgré l’importance du secteur, la dynamique s’essouffle. Sur le volet travaux publics, l’activité reste ‘stable’, sans envolée notable. Mais sur le bâtiment, en particulier sur le logement neuf et la rénovation, la situation est plus préoccupante : «on est sur une stagnation avec un léger fléchissement vers le bas. […] Sur le diffus et l’individuel, là on est entre moins 40 et moins 50% d’activités.»

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Conjoncture
Ce constat trouve un écho dans les données de conjoncture : selon une étude Vaucluse du Cerc Paca, l’activité des travaux publics affichait –7,2 % sur un an au quatrième trimestre 2024. Par ailleurs, le secteur de la construction dans le département représente aujourd’hui 10 % des établissements et 10% des salariés, mais son effectif a diminué de 1 701 salariés sur deux ans (selon une étude de la CCI 84). Daniel Léonard pointe plusieurs explications : le peu de projets structurants en préparation, hormis quelques exceptions comme la déviation d’Orange et le carrefour de Bonpas, un ralentissement global du bâtiment, et un manque d’élan nouveau.

Des freins multiples et combinés
Plusieurs obstacles freinent les entreprises locales : Le coût des matériaux et de la main-d’œuvre, qui s’ajoute à des surcoûts ‘d’environ 10 %’ liés aux normes environnementales telles que la RE‑2020 (réglementation environnementale), aux dispositifs de responsabilité élargie des producteurs (REP, gestion des déchets) ou à l’inflation des matériaux liée notamment à la guerre en Ukraine. Le durcissement des conditions d’accès au crédit, malgré un léger recul des taux, les banques restant ‘très prudentes et pointilleuses’. L’impact des dispositifs réglementaires comme la loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN), qui, selon lui, pousse à la spéculation foncière et retarde les décisions : «ce qui est de plus en plus rare devient de plus en plus cher.» L’attentisme politique, entre un gouvernement sortant pilotant les affaires courantes, des élections municipales et présidentielles qui freinent les décisions et des maîtres d’ouvrage privés en attente de visibilité au regard de la fiscalité et des règles du jeu. Enfin, côté marché public, un signal faible : «seul le secteur tertiaire se maintient ; les marchés publics et privés ont beaucoup de mal à se lancer.»

Transition écologique et innovation : un potentiel mais un frein budgétaire
Sur les défis de la transition énergétique et de l’innovation, Daniel Léonard se veut modérément optimiste : «Les entreprises savent s’adapter et possède un réel savoir faire pour peu qu’on leur donne un cap.» La RE-2020 est désormais entrée dans les pratiques, les matériaux bio-sourcés sont en développement, le BIM et le Lean sont mis en œuvre. Mais l’obstacle majeur reste budgétaire : «Le frein aujourd’hui, c’est la prescription du maître d’ouvrage et son budget. L’entreprise, elle, sait faire, à condition qu’elle soit rémunérée à sa juste valeur.» Un autre point mis en relief concerne la commande publique : «Elle n’est pas suffisante» estime-t-il. Le président de la Fédé BTP84 insiste pour que les «maires-bâtisseurs», dont certains existent bien dans le département, soient encore soutenus.

Les coulisses du bâtiment Copyright MMH

Formation, métiers et attractivité : un chantier d’avenir
Le secteur fait face également à une pénurie de main-d’œuvre, tant dans les métiers d’exécution que d’encadrement. Daniel Léonard évoque les métiers ‘en tension’ : compagnons expérimentés, plaquistes, peintres, électriciens, carreleurs… La Fédération développe des actions : accueil de jeunes sur des chantiers, partenariats avec les établissements scolaires et les CFA (Centre de formation d’apprentis) de la région, collaboration avec le GEIQ BTP Vaucluse pour raccrocher des jeunes adultes en reconversion. L’objectif : former la main-d’œuvre d’aujourd’hui et de demain. Par ailleurs, les événements ‘Les coulisses du Bâtiment‘ en octobre dernier ont reçu plus de 500 élèves et jeunes adultes ; ‘Les worldskills‘, organisés en octobre dernier à Marseille avec 25 000 visiteurs ; ‘les BTP Days‘, organisés à Avignon en juin 2025, a mobilisé plus de 100 exposants pour faire connaître les métiers.

Relance, visibilité et simplification : les priorités
Pour engager un redressement, Daniel Léonard identifie trois axes : Accélérer les décisions et réduire les délais : «Ce que l’on pouvait faire en un an prend aujourd’hui 3, 4 ans.» Soutenir les élus-bâtisseurs et donner de la visibilité aux maîtres d’ouvrage. Mettre la construction, le logement, l’infrastructure au cœur des débats publics : «Aujourd’hui, cela ne transpire pas dans les débats du budget.» Il rappelle que les défis sont aussi sociaux : le logement individuel reste plébiscité (78 % à l’échelle nationale), mais les conditions d’accès se dégradent.

En clair
Le secteur du BTP en Vaucluse traverse une phase délicate : si les travaux publics marquent une accalmie plutôt qu’une rupture, le bâtiment neuf et la rénovation connaissent un recul marqué. Dans ce contexte, la Fédération du BTP 84 insiste pour que le dialogue entre les opérateurs, les maîtres d’ouvrage et les collectivités s’amplifie et que l’enjeu de la commande publique, de la simplification administrative et de la formation soit placé au cœur de la stratégie de relance. Car sans une impulsion renouvelée, le chantier d’avenir du territoire risque de s’enliser dans l’attentisme.
Mireille Hurlin

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Sécheresse : le Vaucluse serre la vis sur l’eau

Maintenir le cap, ne pas baisser les bras, garder confiance, la Banque de France de Vaucluse veut avancer même si les incertitudes persistent.

Christine Gord, la directrice départementale de la Banque de France, le souligne lors de la conférence économique 2025 qui vient de se tenir à Avignon : « La visibilité est réduite. Les prévisions de croissance chiffrées à +1,1% en 2024, sont estimées à +0,9% en France et l’inflation devrait être contenue au-dessous de 2%, avec +1,6%. Mais l’augmentation des prix s’est quand même envolée de +20% ces dernières années et forcément les ménages et les entreprises en ont souffert. Le taux de chômage a progressé et devrait atteindre 7,8% avant de redescendre en 2027. Dans un monde politique et économique aussi anxiogène les particuliers préfèrent épargner plutôt que consommer ou investir ».

Progression du surendettement en Vaucluse
La directrice départementale de la Banque de France continue de commenter le baromètre : « Entre 2023 et 2024, les crédits à l’habitat avaient plongé de -14,35%, mais on note qu’entre juillet et décembre dernier, ils ont progressé de 203M€ en Vaucluse. En revanche, le pourcentage de surendettement progresse chez nous de +16% alors qu’il est de +13,3% en Provence Alpes Côte d’Azur et de +10,8% en France ».

Résilience des entreprises
Du côté des entreprises, une enquête a été réalisée dans la région auprès d’un millier de dirigeants qui emploient 165 800 salariés et réalisent un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros. « Entre la dissolution, l’absence de gouvernement, le changement de premier ministre en quelques semaines, l’absence de cap, l’incertitude demeure. Les volumes d’affaires et les effectifs sont globalement maintenus, notamment grâce à l’export qui dope la croissance dans l’industrie, l’agro-alimentaire, la viticulture et la chimie. Mais le secteur des équipements électriques recule et ses investissements marquent le pas avec un taux de -23%. Autre secteur en berne : l’intérim quel que soit le secteur, -11,5% par exemple dans l’industrie, seule l’hôtellerie-restauration y échappe avec un chiffre d’affaires en hausse de +6,2%, pendant que la logistique et les transports souffrent eux aussi (-0,5% d’évolution du CA).

Daniel Léonard, président de la Fédération du BTP 84, et Christine Gord, directrice départementale de la Banque de France.

« La crise continue avec 29% de constructions en moins. »

Daniel Léonard, président de la Fédération du BTP 84

Tout un pan de l’économie continue à se fissurer : la construction et les travaux publics. Daniel Léonard, président de la Fédération du BTP 84 prend la parole : « La crise continue avec 29% de constructions en moins, moins 18% d’appel d’offres, des matières premières qui ont flambé de +20%. Nous ne pouvons plus investir mais nous faisons tout pour sauver les emplois et les entreprises du bâtiment. »

Les graphiques de la Banque de France montrent ce net repli avec -8,8% d’effectifs dans le second œuvre, -6,2% dans la construction et le gros œuvre. Toutefois, les dirigeants ne baissent pas les bras, ils espèrent améliorer leurs carnets de commandes avec 44% d’entre eux qui tablent sur une situation stable dans les mois qui viennent.

Le nombre de liquidations judiciaires a baissé l’an dernier
Enfin, Gérard Arnault, qui a présidé pendant 8 ans le Tribunal de Commerce d’Avignon devenu depuis le 1er janvier Tribunal d’activités économiques TAE parle des défaillances en France : plus de 66 000 en France, 6 764 dans la Région Sud avec un taux de +14,9% alors qu’en Occitanie il est de +13,6% et en Corse de +12,2%. « Mieux vaut prévenir que guérir. Plus tôt les patrons en difficulté font appel à nous, plus vite ils peuvent être guéris, c’est à dire sauver leur entreprise et leurs salariés. En Vaucluse, les entretiens prévention ont explosé de 116 en 2019 à 309 l’an dernier, les liquidations judiciaires ont baissé de -3,9% l’an dernier, du coup, on a réussi à sauver davantage d’emplois. »

Gérard Arnault, ancien président du Tribunal de commerce d’Avignon et la Christine Gord.

Des trésoreries à surveiller
Après la parenthèse enchantée des Jeux Olympiques et Paralympiques qui ont contribué à la progression de + 1/4 de point de croissance au 3e trimestre en France, l’activité risque de tourner au ralenti en 2025. Certes l’inflation pourrait continuer à refluer, mais les chefs d’entreprises sont souvent frappés de plein fouet par des factures impayées ou des délais de paiement rallongés : 18% sont payés 60 jours plus tard, ce qui met en péril la trésorerie et réduit à néant leur envie d’embaucher avec des lendemains aussi incertains.


Sécheresse : le Vaucluse serre la vis sur l’eau

Daniel Léonard, président de la Fédération du BTP de Vaucluse clôturait les vœux de l’année 2025 au Palais des papes à Avignon devant plus de 500 invités, représentants de l’État, élus, responsables de collectivités territoriales et entrepreneurs. Si le monde de l’économie s’accorde sur une année 2024 difficile et 2025 à conquérir dans une conjoncture croissante de complexité, le président de linterprofessionnelle a invité chacun à se projeter au-delà des barrières et des freins pour construire demain.

D’ailleurs, le président de la Fédé BTP 84 confie avoir failli annuler les traditionnels vœux, se ravisant à la faveur de l’essentiel «nourrir les puissants liens existants entre professionnels, surtout lorsque la tempête gronde. Une posture essentielle. Tout en restant lucides : Les freins sont nombreux à commencer par la complexité et l’instabilité des dispositifs des normes environnementales via ‘Ma prime rénov’».

Cependant qu’un adhérent,
de la Fédé BTP 84 nous confiait que les dossiers -pourtant dûment remplis et envoyés en octobre dernier-, n’étaient à ce jour toujours pas payés, alors que les travaux avaient été effectués, obligeant la société à se substituer au banquier.

Daniel Léonard a, comme tous, également évoqué l’effet de «la dissolution
de l’Assemblée Nationale, dénoncé le poids de la cotation des assureurs-crédit, des notes bancaires, des retards de paiements allant jusqu’à 6 mois, comprenant le désarroi des chefs d’entreprise contraints aux licenciements, parfois même, à voir leur destin placé entre les mains des juges du Tribunal de commerce.»

Plus de 500 personnes se sont rendu aux vœux de la Fédé du BTP84 Copyright MMH

Dans les faits ?
«Les chiffres sont plus qu’alarmants. Seulement 250 000 logements ont été produits en France en 2024. C’est autant qu’en 1954 lorsque la France comptait 20 millions d’habitants en moins. » Pour débloquer le parcours immobilier, Daniel Léonard milite pour « la restauration du PTZ (Prêt à taux zéro) sur tout le territoire et tous les types de logements en faveur des primo accédants ; Le dégel de l’enveloppe des aides à la rénovation énergétique du parc social ; L’exonération temporaire des donations à hauteur de 100 000€ par donateur pour une résidence principale dans le neuf et le maintien du budget de MaPrimRénov.»

Daniel Léonard a rappelé que le BTP,
«1er employeur du département, créait 2 emplois pendant 18 mois, chaque fois qu’un logement était produit et que le logement neuf représentait 70% des logements sociaux produits chaque année. Il a salué la constance du Conseil départemental à maintenir son budget d’investissement au cours des années dont 124M€. Un Département, également, qui propose l’expertise de Vaucluse ingénierie à destination des communes portant actuellement 157 projets. Le président de la Fédé BTP a souligné les liens tissés avec Grand Delta Habitat 2e donneur d’ordre après le Département, qui récompense les entreprises avec le label qualité.»

Le rôle du Grand Avignon à porter l’écologie
notamment pour son projet de boucle d’énergie partagée et d’autoconsommation à Agroparc ainsi que le projet Natura Parc à Entraigues a été mis en valeur par l’interprofessionnelle. Daniel Léonard a salué «Les communes bâtisseuses comme Cavaillon, Avignon, Monteux, Carpentras, Pertuis, l’Isle-sur-la-Sorgue et Sault, cette dernière étant lauréate des rubans du Patrimoine. Daniel Léonard a aussi loué le savoir-faire des artisans, PME (Petites et moyennes entreprises) et groupes vauclusiens, intervenus sur le chantier de Notre Dame de Paris. Enfin, le président a conclu sur la livraison, en fin d’année 2025, de la Maison commune, le futur siège de la Fédération du BTP 84 où pourront être accueillis les 400 entreprises qui ont la responsabilité de 6 000 salariés.»

L’assemblée était composée de représentants de l’Etat, d’élus, de représentants de collectivités territoriales, de chefs d’entreprise et de partenaires Copyright MMH

2025 année préélectorale, 2026 les échéances municipales
Daniel Léonard a insisté sur «une année 2025 préélectorale où la responsabilité des élus est d’actionner tous les leviers à leur disposition pour faire entendre et pourvoir aux besoins des vauclusiens avec la construction et la réhabilitation de logements, la construction d’écoles, de collèges, de lycées, d’hôpitaux, de routes, de voies ferrées et de ponts.»

Le 1er salon du BTP au parc des expos d’Avignon
Daniel Léonard a invité toute l’assemblée à avoir une pensée pour Robert Teyssier qui a présidé la Fédération du Bâtiment et des Travaux publics de 1996 à 2001, disparu il y a quelques semaines et donné rendez-vous les 20 et 21 juin 2025 pour la 1re édition du salon du BTP au Parc des expos, organisé par les professionnels du secteur.

Dominique Santoni, présidente du Département de Vaucluse Copyright MMH

‘Si rien n’est facile tout reste possible’
Lors des vœux, Dominique Santoni, présidente du Conseil départemental de Vaucluse, a pris la parole, parlant de détermination, d’action et d’engagement en faveur du bâtiment et des travaux publics. Elle en a évoqué les turbulences : «le maintien de la rentabilité pour les petites entreprises, l’augmentation des délais de paiement qui ont eu pour effet d’entraîner des cessations d’activité, la hausse des coûts des matériaux, des prix des matières premières, de la main d’œuvre. Également l’entrée en vigueur de la Loi Zan, la hausse des taux d’intérêts qui a impacté la marge de rentabilité et la capacité à mener à bien des projets, ou encore le logement privé et l’immobilier commercial où la situation reste tendue en raison des incertitudes économiques, avec, à la clef, 150 000 emplois menacés dans ce secteur.»

Investir dans l’avenir
«Nous sommes un Département qui investit dans son avenir, a martelé la présidente du Conseil départemental de Vaucluse, et avons noué de solides liens et une collaboration étroite avec la Fédération du BTP. Contrairement à d’autres, nous avons voté le budget 2025. En dépit des contraintes financières et des 13M€ d’économies que nous avons dû réaliser, nous maintenons un budget ambitieux de 124M€, soit 2M€ en plus qu’en 2024.»

Des projets concrétisés
«Des engagements concrétisés par des projets phares comme Mémento à Agroparc à hauteur de 32M€, la déviation d’Orange ou encore la nouvelle MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) à Avignon pour 15M€. Nous avons mis en place Vaucluse ingénierie permettant d’accompagner 157 projets. Nous soulignons l’engagement de Grand Delta Habitat, opérateur unique en logement social en Vaucluse dont nous sommes l’un des principaux actionnaires. Tous les chantiers engagés seront maintenus ainsi que le rythme de 120M€ annuels du Département jusqu’en 2028. Nous sommes le 1er donneur d’ordre public en Vaucluse et garantissons la visibilité et la stabilité de l’investissement public sur le moyen et le long terme.»

Les perspectives 2025
«Cette année, le chantier attendu est celui du réaménagement du carrefour de Bonpas qui va commencer en mai pour une livraison en 2027, soit un chantier de 30 mois dont 70% -25M€-  financés par le Département qui supervisera le projet. La réalisation de ce chantier, soutenu par la Région Sud, le Département des Bouches-du-Rhône, le Grand Avignon et la Ville d’Avignon- que je remercie, permettra aux vauclusiens de bénéficier d’un accès direct d’Avignon à Cavaillon ou Apt, sans interruption, sans feu rouge et ni rétrécissement des voies.

Aménagement, construction, réussite collective
«Au-delà des deux projets majeurs que sont La déviation d’Orange et le carrefour de Bonpas, Le Département continue d’entretenir et de moderniser son réseau routier tout au long de l’année, sans oublier les vélo-routes et la réhabilitation du pont des Arméniers, particulièrement attendue à Sorgues. Nous sommes un Département constant, engagé dans la volonté, le travail et le courage sous le signe de l’aménagement, la construction et la réussite collective.»




Sécheresse : le Vaucluse serre la vis sur l’eau

La Fédération du bâtiment et des Travaux publics de Vaucluse a reçu plus de 160 élèves, professeurs, personnes en reconversion professionnelle et en recherche d’emploi lors des coulisses du bâtiment, à l’occasion de la construction d’un quartier aménagé par Grand Delta Habitat, la Zac des Oliviers, rue de Provence, à Morières-lès-Avignon.

De gauche à droite Joël Hayet architecte de l’agence Mach et Hayet ; Xavier Sordelet directeur général de GDH
et Daniel Léonard président de la Fédé BTP 84 Copyright MMH


Plus de 165 personnes se sont rendues aux Coulisses du BTP, jeudi 10 octobre, à l’occasion de l’opération nationale déployée dans l’hexagone sur 250 sites. Objectif ? Faire connaître les métiers du BTP au grand public, aux jeunes et aux adultes en reconversion, afin de susciter des vocations, proposer de rencontrer des professionnels des différentes filières ainsi qu’un accès aux études et formations pertinentes.

Dans le détail
C’est ainsi que les élèves et les enseignants des lycées des métiers Domaine d’Eguilles et le LEA (Lycée d’enseignement adapté) Paul Vincensini tous deux à Vedène, des métiers Maria Casarès d’Avignon, Alphonse Benoît de l’Isle-sur-la-Sorgue, le collège LPO (lycée professionnel – CFA) Philippe de Girard à Avignon, l’Agence France Travail Avignon Joly Jean et la Mission locale Grand Avignon se sont rendus Zac des Oliviers, rue de Provence à Morières-lès-Avignon.

Une balade instructive
La raison ? Visiter les chantiers de construction de 30 logements collectifs et 5 maisons individuelles imaginés par Grand Delta Habitat. Les visiteurs ont pu assister à une présentation des métiers du BTP, ont été sensibilisés à la prévention, à la santé et à la sécurité ainsi qu’au démontage d’une grue. L’Ecir, Ecole de la construction, des infrastructures et réseaux de Mallemort-de-Provence et l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) étaient partenaires de l’événement. Batri Diaz, entreprise Bollenoise de travaux de maçonnerie générale et de gros œuvre de bâtiment et Sud Bâtiment (également entreprise générale de travaux et de gros œuvres) étaient les deux entreprises adhérentes de la Fédé BTP présentes sur les chantiers.

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Le bâtiment en chiffres

En Vaucluse,
la Fédération a recensé 9 300 établissements dont 2 300 emploient entre un salarié et plus dans le secteur de la construction ce qui représente 12% du tissu économique. Sur le plan de la formation 1 200 jeunes accèdent aux métiers de la production dont 70% en apprentissage.
«Le BTP est un secteur d’avenir, a souligné Daniel Léonard, président de la Fédé BTP84, où chacun peut faire carrière du CAP (Certificat d’aptitude professionnelle) au diplôme d’ingénieur. Les enjeux de demain ? Des hommes et des femmes acteurs de la construction, de la rénovation des routes, des écoles, des hôpitaux et des maisons.»

La Fédé BTP84

Son histoire
La Fédération du bâtiment et des travaux publics existe depuis 120 ans, accompagnant ses adhérents sur les enjeux de la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), de l’emploi, des énergies renouvelables, le développement du marché de la rénovation énergétique et de la construction neuve.

Aujourd’hui
La Fédé compte 400 entreprises adhérentes et 5 200 salariés dans tous les corps de métiers artisans, Pme (Petites et moyennes entreprises), gros œuvre, second œuvre, travaux publics, promoteurs, aménageurs, constructeurs de maisons individuelles, architectes, bureaux d’études, carriers, locatiers, industriels, avocats, banques, assurances…

Ses missions
Intervenir auprès des Pouvoirs publics pour tout ce qui concerne le marché des entreprises et les conditions d’exercice de la profession ; Apporter son expertise auprès de ses adhérents pour la défense et l’assistance aux entreprises ; Assurer la promotion de l’image de la profession, de ses métiers et de ses entreprises.

Au plan national,
Le BTP représente 215M€ de travaux ; 1,759 millions d’actifs salariés et 369 000 non-salariés et 104 000 intérimaires ; 181 000 entreprises et équivaut à la moitié du poids de l’industrie.

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Ils ont dit

Daniel Léonard, président de la Fédé BTP84
«Grand Delta Habitat est, pour nous, le plus important donneur d’ordre de la construction et nous sommes fiers de présenter ses chantiers à nos futurs employés qui seront entre 10 et 15% à rejoindre nos rangs. Pour l’heure, ces jeunes ne sont pas prêts pour leur orientation cherchant leur place et leur formation. A ce propos nous sommes en difficulté car l’Etat a annoncé la suppression de l’aide à la formation qui passerait de 6 000 à 4 500€ et peut-être moins. Cela nous poussera à faire un choix entre maintenir nos employés par rapport à l’activité de la construction ou former des jeunes. Aujourd’hui, nous nous trouvons face à des personnes qui partent à la retraite et à des salariés âgés d’entre 35 à 40 ans qui quittent le métier. D’un autre côté il est difficile de faire venir des personnes de l’extérieur alors que l’on ne peut pas les loger. Alors, si nous n’arrivons pas à maintenir la formation des jeunes, à maintenir nos effectifs et à faire venir des personnes de l’extérieur ça va devenir compliqué. Si le BTP est un outil de production facile à défaire il est très difficile à relancer, notamment lorsque l’activité reprendra alors que le savoir-faire nous fera défaut. Au chapitre de l’économie où la crise du logement et de la construction demeurent, nous observons une baisse du recours à l’intérim. Les défaillances d’entreprises sont en augmentation. Enfin, désormais, les chefs d’entreprise ne cherchent plus à transmettre leur outil de travail. En cause ? Des candidats repreneurs dont ils ne seraient pas sûrs.»

Xavier Sordelet, directeur général de Grand Delta Habitat
«Nous avons souhaité accueillir les jeunes dans ce quartier de la Zac des Oliviers afin de leur montrer ce projet pour lequel nous avons concouru il y a plusieurs années. Ce programme propose du locatif social terminé, des bâtiments déjà sortis de terre : accession, maisons individuelles et bâtiments collectifs sur deux chantiers en cours. Nous sommes également engagés dans une politique forte d’intégration avec 21 contrats de professionnalisation et d’apprentissage. Ces jeunes sont la relève de ceux qui partent en retraite, qui se forment à la fois à l’école et chez nous, encouragés et encadrés par nos salariés qui accomplissent de l’excellent travail. Nous maintenons également l’aide à l’embauche. Grand Delta Habitat investi, par an, environ 125M€ qui vont passer à 50M€ sur la réhabilitation –notamment avec les opérations Anru (Agence nationale pour la rénovation urbain), et 75M€ en construction neuve.»

« La Zac des Oliviers
qui reçoit les Coulisses du bâtiment comprend actuellement 170 logements en individuels et collectifs en locatif et en accession à la propriété, des maison en PSLA (Prêt social location accession) et en BRS (Bail social solidaire), précisait Xavier Sordelet. Des parcelles de lotissement, dont un important lot en son centre est actuellement en pré-commercialisation avec 36 logements dont de l’accession est portée par Grand Delta Habitat. Une forêt comestible (verger) remplacera le projet de jardins solidaires. »

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Conjoncture
L’observatoire économique de la construction en Provence-Alpes-Côte d’Azur –Le Cerc Paca- vient de dévoiler les chiffres de la filière construction. En un an, les mises en chantier ont baissé de 12,9% ce qui correspond à 2 600 logements en moins tandis que les autorisations accusent un retrait de 40% soit 2 300 logements.

Le Bâtiment
La commercialisation de logements neufs est en berne avec un recul de presque 62% de mise en vente de logements (290), presque 50% de réservations en moins et un stock disponible affiché à -12,8%.

Les locaux neufs
Bâtiments agricoles, privés, industriels, commerces, bureaux, entrepôts, autres locaux accusent une baisse de mise en chantier de plus de 9% et un retrait des autorisations de presque 11%.

Les appels d’offre de la commande publique
Les appels d’offres travaux publiés sont en retrait de plus de 16% quand le montant des appels d’offre travaux publiés sont à presque +7% pour 690M€.

Industrie des matériaux
La production de béton prêt à l’emploi a augmenté de 3% ce qui représente 371 740m3.

Les dispositifs de l’Etat
Le Prêt à taux zéro+ (PTZ+), distribué dans le neuf a augmenté de plus de 28% ce qui correspond à 50 prêts. Le PTZ+ permet de bénéficier d’un prêt à taux zéro de 30 000€ maximum pour financer les travaux d’éco-rénovation. Il s’adresse aux propriétaires ou à ceux qui mettent en location. Le volume de travaux réalisé est de 2,33M€.

L’emploi salarié et intérimaire
L’emploi salarié et intérimaire accuse un retrait de presque 4% ce qui représente 13 565 salariés, même chose pour les intérimaires de la construction avec un recul de 2,5% ce qui correspond à 1 242 équivalents temps plein. Sans surprise les demandes d’emploi reculent de 5,2%.

Les défaillances d’entreprises
atteignent les presque 26% par rapport à l’an passé, ce qui a concerné 477 salariés.

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Sécheresse : le Vaucluse serre la vis sur l’eau

Entre récession, ralentissement, reflux et résilience…. Plutôt morose la situation économique du Vaucluse en septembre. Après la parenthèse enchantée des Jeux Olympiques, la Banque de France, la Chambre de métiers et de l’artisanat, la fédération du BTP 84, la direction départementale des Finances publiques ou bien encore la CPME 84 se sont réunis à la chapelle Saint-Praxède à Avignon, siège de la Chambre des métiers pour évoquer la rentrée économique en Vaucluse.

C’est d’abord Christine Gord, la directrice de la banque de France de Vaucluse qui a longuement pris la parole de cette réunion de rentrée placée sous le thème ‘Entre attentisme et incertitudes’ : « L’environnement économique s’éclaircit, mais des zones d’ombre persistent. Même si la croissance du PIB en France est un peu plus soutenue que prévue (+1,1%) et que l’inflation ralentit (+2,1% en juin 2024). Mais elle atteint quand même +6% pour l’énergie, +5% pour les services, +3,7% pour les produits manufacturés et +2,5% pour l’alimentation ».

« Même s’ils ont plus progressé que l’inflation, les salaires n’ont pas compensé les pertes cumulées en 2022 et 2023. »

Christine Gord, directrice de la banque de France de Vaucluse

Elle poursuit : « Les taux de la BCE (Banque centrale européenne) sont en légère diminution (3,5%) et nous devons éviter la spirale infernale taux/salaires, d’autant plus que même s’ils ont plus progressé que l’inflation, les salaires n’ont pas compensé les pertes cumulées en 2022 et 2023. »

Avec une France cumulant 3 600 milliards d’euros de dettes, les Français ont préféré l’épargne à la consommation. Elle est ainsi passée de 17,08% au premier trimestre à 17,90% en septembre. Par ailleurs, le surendettement des ménages grimpe de 20% en Vaucluse (664 dossiers déposés en août 2023, 799, un an plus tard). Résultat : le secteur de la construction est sous tension. Daniel Léonard, le Président de la Fédération du bâtiment et des travaux publics de Vaucluse y reviendra un peu plus tard, à la tribune.

Procédures de défaillances en Vaucluse.

La directrice départementale de la Banque de France, évoquera également le chiffre d’affaires de la Région Sud, 127Mds€ pour 525 702 effectifs, avec en tête le commerce (34%), puis les services (30%), l’industrie (24%) et la construction (12%). Et pour les effectifs, ce sont les services qui cumulent le plus d’emplois (58%), suivis du commerce (16%), de l’industrie (15%) et du BTP (11%). Elle a aussi précisé que c’est chez nous dans la Région Sud (+12,9 jours de retard), comme en Ile-de-France (+17,4 jours) et dans les Hauts-de-France (+12,6 jours) que la trésorerie des entreprises est la plus tendue à cause des retards de paiement de qui les pénalise. Mais elle a conclu que, « Globalement, selon un questionnaire auquel ont répondu des centaines de chefs d’entreprises, ils restent plutôt confiants en l’avenir et optimistes, avec des perspectives étonnamment encourageantes ».

Une défaillance pour 4 créations
Après elle, c’est Olivier Borel qui, représentant Tribunal de commerce d’Avignon, a pris la parole pour évoquer les chiffres du. « En gros, on recense une défaillance pour 4 créations d’entreprises. L’an dernier, en Provence-Alpes-Côte d’Azur il y a eu 25 840 sociétés nouvelles pour 5 828 radiations. Dès que des difficultés apparaissent, il faut absolument que les patrons se rapprochent de nous. Plus ils attendent, plus leur situation risque de s’aggraver. Nous sommes là pour les aider, les accompagner, les protéger, les sortir de l’impasse. C’est gratuit, on les écoute et on les oriente si possible vers des procédures amiables. »
En 2023, 23% des défaillances ont concerné le BTP, 21% le commerce et la réparation automobile et 15% l’hébergement et la restauration. Il y a eu +22% de procédures en Vaucluse (38 403) dont 43% ont débouché sur un redressement judiciaire et 17% sur une liquidation. Mais le taux de conciliation lui, a été de 81%.

Michel Laffitte, le Directeur départemental des Finances Publiques de Vaucluse est intervenu brièvement mais fermement pour déclarer : « La situation n’est pas bonne sur les 12 derniers mois. Le chiffre d’affaires a progressé de +1,3 en France, a reculé de – 2,4 en Provence-Alpes-Côte d’Azur et de 0,9 en Vaucluse. » Par secteur, ce sont surtout les arts et spectacles avec les festivals (6%), qui nous sauvent, l’information et la communication (5,6%), le tourisme avec l’hébergement et la restauration (5,3%), et l’agriculture, en particulier le négoce du vin (1%). Alors que la santé et l’action sociale plongent à -5,4% et le transport et l’entreposage à -1,9%.

Le BTP veut garder l’espoir
C’est alors que Daniel Léonard, le président de la Fédération du BTP 84 a conclu la séance avec une série de chiffres en baisse : -12,9% de construction de logements neufs, -6% d’activité dans les travaux publics, – 16% d’appels d’offres. Mais « Il faut garder l’espoir, le moral. Les prêts à taux zéro ont progressé de 28%, la production de béton prêt à l’emploi a augmenté de 3% (371 740m3), le montant des appels d’offres travaux a grimpé de +6,9% (soit 690M€). Donc ne baissons pas les bras, continuons à former des jeunes, à transmettre nos métiers. Nous réhabilitons des logements anciens, nous faisons de la rénovation thermique pour que les appartements et les maisons ne soient plus des passoires, nous travaillons aussi sur les conduites et canalisations d’eau avec les grands donneurs d’ordres (Veolia, Suez) pour qu’il y ait moins de fuites. En ce moment il y a le chantier de la future prison d’Entraigues, de la déviation de la Nationale 7 à Orange, du réaménagement du carrefour de Bonpas. Que les élus des mairies, des communautés de communes et du département de Vaucluse continuent à nous faire confiance. Nos concitoyens ont besoin d’un toit, de crèches, d’écoles, de collèges, de lycées pour leurs enfants, de commerces, de lieux de culture et de loisirs, de routes. Nous n’avons pas le droit d’être pessimistes ».

La CPME martèle son appel à la confiance
Même volonté d’optimisme pour Bernard Vergier, le président de la CPME de Vaucluse qui, à l’image de la rentrée de la première confédération patronale du département, martèle son message d’appel à la confiance : « Nous souhaitons que la nomination du premier ministre puisse amener de la stabilité et de la visibilité pour nos entreprises afin de faire face à leurs inquiétudes grandissantes, à des carnets de commande en baisse, des investissements suspendus, des défaillances d’entreprise en hausse ou bien au dérapage incontrôlé des finances publiques. »
Et fort de son millier d’adhérents, Bernard Vergier appelle ainsi de ses vœux « une plus grande simplification administrative, une réforme de l’action publique et un soutien à la croissance économique. »

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