23 mai 2026 |

Ecrit par le 23 mai 2026

Danse contemporaine au cœur des Baux-de-Provence

Au cœur des Baux-de-Provence, le festival Danse(s) célèbre la création contemporaine en hommage au premier festival de danse contemporaine initié par Françoise et Dominique Dupuy en 1962. Les artistes investissent l’univers minéral du cour de Porcelet et l’esplanade du Château pour y faire dialoguer le corps avec la pierre lors « d’une expérience sensible, immersive » et gratuite.

A la découverture du répertoire d’Angelin Preljocaj
Premier acte le samedi 23 mai avec le Groupe Urbain d’Intervention Dansée (G.U.I.D.) – Ballet Preljocaj à 15h cour de Porcelet et à 19h à l’esplanade Charles de Gaulle.
Créé en 1998, le G.U.I.D. propose des extraits du répertoire d’Angelin Preljocaj, de 1985 à aujourd’hui. Pensé pour aller à la rencontre de tous les publics, ce spectacle d’une durée de 50 minutes (30 min de danse + 20 min d’échange avec les artistes) fait découvrir la danse contemporaine dans l’espace public, avec exigence et générosité.

Crédit : Ballet Preljocaj/DR

Création de Sulian Rios
Le lendemain, dimanche 24 mai, c’est à 19h au Cour de Porcelet que le festival propose ‘Mue’, une création de Sulian Rios d’une durée de 50 min.
« Danseur au parcours riche, passé notamment par les créations de Kader Attou et les collectifs Les Autres et La Marche Bleue, Sulian Rios développe une écriture du mouvement instinctive et sensible, précisent les organisateurs de l’événement. Entre maîtrise et spontanéité, sa danse transforme l’accident en poésie et fait naître chaque geste dans l’instant. Une performance immersive, en résonance avec les paysages des Baux-de-Provence. »

Crédit : sulianrios.com/DR

Danse(s). Samedi 23 et dimanche 24 mai. Toutes les représentations sont gratuites.
Détail du programme sur ce lien. Renseignements : 04 9054 34 39 ou tourisme@lesbauxdeprovence.com

Zélie Bienaimé (stagiaire info com Avignon université)


Danse contemporaine au cœur des Baux-de-Provence

Donald Trump, le showman sans limite

Lors de sa création à Avignon en 2024, ‘America’ avait remporté un franc succès. Cette pièce avait été créée bien avant l’élection de Donald Trump. En 2024, elle pouvait nous avoir amusés tant le personnage de Trump était délirant quoique déjà glaçant. Aujourd’hui elle prend encore plus de sens face au désastre de ses paroles et actes dans le monde. Cette pièce pour 14 danseurs et danseuses met face à face la rusticité du 47e président des États-Unis d’Amérique avec la complexité du monde.

Un feu d’artifice de sons et d’images

Le directeur du Ballet de l’Opéra Martin Harriague a démarré en 2016 un travail autour de la voix de Donald Trump, il a étudié sa manière de s’exprimer, sa rhétorique simpliste, les mots utilisés, la manipulation du langage. Tout cela devient la bande son du spectacle ‘America’. La création vidéo de Steeve Calvoà Avignon nous immerge dans l’iconographie et  la discographie américaine et nous réconcilie aussi avec cette Amérique telle qu’on l’aime.  

Une danse inattendue comme son personnage !

Une danse très physique, explosive, à l’image de ce président grotesque et cependant « bête de scène » qui exerce fascination et répulsion. Des solos, des pantomimes ou  de beaux tableaux collectifs ponctuent les récits vécus ou à venir d’une Amérique en proie à ses propres tourments. Une danse  oh combien émouvante face aux murs (mexicains) érigés, à la ségrégation raciale ou violente quand sont évoqués le génocide amérindien ou l’assaut du Capitole. 

La fête continuera en dansant

A l’occasion du spectacle ‘America’, la soirée se poursuivra au Grand Foyer de l’Opéra transformé pour l’occasion en dancefloor aux couleurs des USA. Le Dj Papasito sera aux platines pour nous faire danser sur les plus grands tubes américains. Papasito est un artiste avignonnais mêlant house, Indie House et électro. Révélé lors du Truc Festival 2025 à Villeneuve-les-avignon, il a marqué le public. Compositeur et producteur, il prépare la sortie de son premier album. L’accès à cet after America est gratuit et réservé aux détenteurs du billet du spectacle du mardi 14 avril.Le Bar de l’Opéra Grand Avignon sera ouvert jusqu’à minuit.

Mardi 14 avril. 20h. 5 à 31€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


Danse contemporaine au cœur des Baux-de-Provence

Dans le cadre des événements autour du Bicentenaire de l’Opéra Grand Avignon, il est organisé un Marathon de la Danse, ouvert à tous ceux qui veulent danser pendant 200 minutes !

Ce Marathon aura lieu le samedi 11 avril à 14h sur le parvis de l’Opéra Grand Avignon mais il s’agit dès à présent de se préparer à cette épreuve qui nécessite de l’endurance et de la créativité.

Deux masterclass pour préparer la Chorégraphie du Marathon 

Pour aider à la préparation de la chorégraphie du Marathon, deux masterclass  sont proposées :

Vendredi 3 avril
18h à 19h. Opéra Grand Avignon. Avignon.

Samedi 4 avril
10h à 11h . Ateliers de Courtine. 

200 minutes de danse pour célébrer 200 ans !

Inspiré des marathons de danse nés aux États-Unis à la fin des années 1920, le concept s’est rapidement diffusé en Europe. En 1933, l’Opéra d’Avignon organisait son propre marathon d’une semaine, rythmé par les musiques des Années folles. Près d’un siècle plus tard, à l’occasion de son Bicentenaire, l’Opéra Grand Avignon rend hommage à cet événement historique avec une version récréative et festive, mais cependant avec un vrai challenge d’endurance et de créativité. Pensé pour permettre à tous de vivre une expérience collective et conviviale sur le parvis de l’Opéra, nous espérons de nombreux participants de tous âges !

Le dress code

Le Marathon de la danse se vit en duo, pendant 200 minutes, avec deux pauses de 10 minutes. Les participants, habillés sur le thème des Années folles, dansent dans le style de leur choix, accompagnés par la musique en live.

Un concours de longue haleine

Tout au long du concours, des défis chorégraphiques ponctueront les temps de danse libre. Parmi eux, les duos devront interpréter une chorégraphie imposée, dont la vidéo est disponible sur cette page, pour que tous puissent la préparer à l’avance. Deux séances d’apprentissages sont également prévues pour vous aider à l’apprendre (et également peut être, pour trouver un ou une partenaire !).

Un jury d’expertes

Le jury, composé de trois expertes en danse et en marathon de la danse, suivra les performances et départagera les duos afin de désigner le duo vainqueur. Celui-ci recevra des places pour les spectacles de l’Opéra et une journée d’immersion au sein de notre Ballet, en plus de la reconnaissance pour sa performance et son endurance.

Renseignements et inscriptions : www.operagrandavignon.fr/le-marathon-de-la-danse


Danse contemporaine au cœur des Baux-de-Provence

Pas de temps pour souffler ! Après le festival des Hivernales qui a rempli les salles et les promesses, le Centre de Développement Chorégraphique National (CDCN) reprend sa vitesse de croisière et ses rendez-vous mensuels. Artiste en résidence, Christian Ubl propose deux ateliers et une rencontre cette semaine.

Un rendez-vous mensuel ouvert aux professionnels de la danse, du théâtre, du cirque et du mouvement

Christian Ubl propose un cours basé sur son langage scénique, influencé par diverses techniques contemporaines et chorégraphes : conscience des appuis en rapport avec la colonne vertébrale, du poids, des sensations et un rapport à l’espace et au groupe précis. Le cours se concentrera sur la dynamique et la densité d’un enchaînement en lien avec la musicalité, la personnalité et l’endurance nécessaires pour le déroulement proposé. Des moments d’improvisations corporelles et vocales feront aussi partie de l’exploration. Les participants seront progressivement conduits à transposer la qualité de leurs mouvements et celle de l’écriture proposée vers une seule matière et présence.
Mardi 10 mars. 10h00 à 11h30. Réservation : accueil@hivernales-avignon.com

Ébauche de ‘What Did You Expect ?’ présenté lors du Off 2026

Cette rencontre mensuelle autour d’un artiste permettra de découvrir un extrait du travail en cours de Christian Ubl, en résidence au CDCN actuellement pour son projet ‘What Did You Expect ?’. ‘What Did You Expect ?’ explore la théorie du chaos, l’effet papillon et les liens invisibles qui nous relient, qu’ils soient physiques ou mentaux. Avec humour, jouant des époques et des espaces-temps, Christian Ubl et Kurt Demey questionnent les notions de choix et de déterminisme. Que ce serait-il passé si…? Un duo danse/mentalisme teinté de rose, qui – avec délectation – brouille les pistes entre la cause et la conséquence, l’objet et le sujet, et dont la magie émanera des spectateurs eux-mêmes…
Jeudi 12 mars. 19h. Entrée libre sur réservation. accueil@hivernales-avignon.com / 04 90 82 33 12.

Atelier magie et danse

Débutants danseurs amateurs ou expérimentés, cet atelier s’ adapte à tout niveau et  donne l’occasion de partager  l’univers de Christian Ubl. En lien avec ‘What Did You Expect’ : la magie et la danse ont ceci de commun qu’elles convoquent le mouvement et qu’elles en jouent en appliquant des gestes précis, parfois répétitifs, souvent rythmés, plus au moins organiques ou sophistiqués, voire même parfois assez techniques. Christian Ubl nous invite à un temps d’exploration de ces deux disciplines mélangées et propose de nous dévoiler et transmettre quelques aspects de la chorégraphie millimétrée construite autour de l’effet papillon et de la théorie du chaos…
Samedi 14 mars. 10h à 12h. 7€ + Adhésion annuelle de 7 € obligatoire (année civile).


Danse contemporaine au cœur des Baux-de-Provence

Initié par le Ballet de l’Opéra Grand Avignon en partenariat avec Sainte-Catherine – Institut du cancer, ce projet, qui mêle chant et danse, existe depuis 2018. 

La restitution du projet Duo des Arts qui mêle danse et chant est mené en partenariat avec Sainte-Catherine – Institut du cancer, Avignon-Provence, le Ballet de l’Opéra Grand Avignon et le pôle des actions culturelles de l’Opéra Grand Avignon. 

Réapproprier son corps

Depuis le mois de décembre les patients de l’Institut Sainte Catherine bénéficient d’ateliers danse et chant permettant une réappropriation du corps redevenu source de bien-être. Cette restitution est l’aboutissement d’un travail collectif. Ainsi, cette action culturelle permet à des femmes et des hommes en traitement ou en rémission de retrouver confiance en eux, de s’exprimer et de partager une belle aventure humaine.

Jeudi 5 mars. 18h. Entrée libre. L’autre Scène. Avenue Pierre de Coubertin. Vedène. 04 90 14 26 40.


Danse contemporaine au cœur des Baux-de-Provence

Entrons dans la danse

Le coup d’envoi de cette 48e édition qui se veut vivante et réconciliante a été donné pour la première soirée par Nans Pierson. À l’instar des ateliers qu’il mène toute l’année au Centre de Développement Chorégraphique National d’Avignon (CDCN) le danseur avignonnais a entraîné une soixantaine de spectateurs – de 12 à 80 ans — à ne plus l’être justement (spectateur) et à vivre une danse immersive électro. Cette performance collective participative a eu lieu dans la pénombre tamisée du Grenier à Sel. Guidé à la voix pour un petit échauffement, le set proposait ensuite d’explorer « une danse à soi » c’est-à-dire de danser sur une musique électro pré-enregistrée sans être gêné par le regard des autres. Une heure de libres déhanchements sans contrainte sinon le plaisir de se connecter à soi ou aux autres avant une relaxation bien méritée.

Voyez comme on danse

A contrario, avec ‘Kill me’, la chorégraphe argentine Marina Otero a montré au grand jour et dans une mise à nu radicale ses fragilités et celles de ses cinq acolytes. Devant le public conquis de la Garance de Cavaillon, elle a transformé son introspection en un spectacle bouleversant où l’âme meurtrie trouve un apaisement dans les mots dits et les corps montrés. 

Musique live avant tout

La première semaine s’est conclue par deux spectacles magnifiques : ‘Branle’ de Madeleine Fournier et ‘Carcaça’ du Portugais Marco da Silva Ferreira où la musique en live a pris toute sa place dans les propositions chorégraphiques, s’avérant même indispensable pour structurer le récit ou l’espace. 

Avec ‘Branle’, la bourrée n’a qu’a bien se tenir ! 

La circularité du plateau de la Scierie, la disposition des spectateurs autour des six danseurs et danseuses nous entraînent de fait dans la danse : nous ne pouvons pas tout voir donc nous attrapons au vol un geste, un regard, un sourire quelquefois une invitation. Ce pas de six étonnant, virtuose et joyeux, inspiré des danses traditionnelles part cependant d’une lecture de ‘L’Ethique’ de Spinoza. « Une façon de poser la pièce sur cette grammaire des émotions », précise la chorégraphe et interprète Madeleine Fournier. La chanteuse et musicienne Marion Cousin  déclame dès l’ouverture quelques uns de ces affects parmi la cinquantaine identifiée par le philosophe : le désir, l’avarice, la peur, la colère… Libre à nous de chercher à les identifier ou au contraire se perdre dans l’ostinato de la cornemuse de Julien Sesailly et le mixage expérimental de Marion Cousin. C’est sacrément jubilatoire.

Avec ‘Carcaça’, la résistance et l’espoir ont un bel avenir

Sur la scène de l ‘Opéra Grand Avignon, ce fut une explosion de joies, de peines et de luttesportée par  dix danseurs et danseuses et  deux musiciens (électro et batterie) présents sur le plateau. On peut y voir défiler une partie de l’histoire du Portugal de son coq emblématique à sa révolution des Oeillets par des tableaux subtils de couleurs et de rythme où la tradition affronte sans arrêt nos temps modernes. On peut aussi s’extasier sur ce jeu de jambes original et permanent qui évolue au gré des tableaux, et qui synthétise à lui seul tout le message de ce spectacle : un manifeste joyeux quoique quelquefois douloureux d’une quête de liberté toujours à conquérir, la nécessité de défendre son identité tout en rejoignant la communauté. La danse devient ainsi le temps d’une soirée une transe engagée qui nous exulte .

Les spectacles à venir en vagabondage

La semaine débute au Cinéma Utopia avec la projection ‘Danser ensemble’ qui présente la « vidéo danse » où le partenaire n’est pas celui que l’on croit ! Franck Boulegue et Marisa Hayses du Festival International de vidéo Danse de Bourgogne animeront le débat en fin de projection. La réalisatrice et performeuse Flora Détraz investit le Grenier à Sel pour déconstruire les archétypes de la féminité et nous offre aussi en soirée un concert-performance. La lumière et son univers poétique ont guidé Vania Vaneau pour ‘Heliosfera’. Chloé Zamboni va faire danser les objets du quotidien au Théâtre des Halles avec ‘Quelques choses’. ‘Le Margherite’, — un spectacle très attendu  car effleuré déjà l’an passé en sortie de résidence aux Doms — nous est proposé  à la salle BenoitXII. Marion Blondeau rend  visibles les corps vieillissants en mettant en mouvements trois femmes âgées de 60 à 70 ans dans ‘Organicitées’ à La Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon. Quelen Lamouroux nous fait entrer dans l’intimité de son capharnaüm d’objets pour un seul en scène poétique nommé ‘L’imprévue’. On retrouvera la compagnie de Nacim Battou à l’Autre Scène de Vedène pour vivre une dernière nuit ? Le festival se clôturera avec pas moins de quatre propositions dans la journée du samedi allant d’une conférence évoquant les bals clandestins pendant la Seconde Guerre Mondiale aux ‘Eclats’ de Léa Vinette, au seul en scène de Julien Andujar pour finir par une totale carte blanche à l’artiste complice Massimo Fusco pour un Bal Magnétique à la Scierie. 

Jusqu’au 21 février. De 5 à 27€. Les Hivernales. CDCN. 18 rue Guillaume Puy. 0490 82 33 12.
Billetterie : 04 90 11 46 45. Points de vente. 3-5 rue Portail Matheron. Avignon.


Danse contemporaine au cœur des Baux-de-Provence

Les Hiverômomes ouvriront le bal le mardi 10 février pour laisser la place jusqu’au samedi 21 février aux Hivernales, une édition « qui pulse, ose et nous relie. »

Carte blanche pour un fil rouge

Quand on demande à Isabelle Martin-Bridot, directrice du Centre de Développement Chorégraphique National (CDCN) ce qui a guidé sa programmation pour cette 48e édition, elle n’a qu’un temps d’hésitation pour citer Massimo Fusco et sa Compagnie Les Corps Magnétiques. « Plus qu’un fil rouge, je pense que ce qui m’a guidée c’est la collaboration avec Massimo Fusco, notre artiste associé depuis 4 ans. Comme la première année, on lui a confié une carte blanche. J’ai l’impression que c’est un peu cette carte blanche notre fil rouge pour cette 48e édition. La question du lien vivant, du lien aux autres, la question d’une danse, on va dire un peu plus populaire peut-être, qui se tisse à travers des gestes issus de la culture populaire, de bals, de danses folkloriques. Et du coup, la question de se toucher, de se tenir par la main, en tout cas de s’attraper, de se prendre, de se saisir d’amener l’autre à soi par la danse, c’est peut-être ce qui traverse cette édition. Il y a beaucoup d’artistes qui travaillent sur la question des danse populaires, dont Massimo, évidemment, avec son ‘Bal Magnétique’. »

Massimo Fusco, artiste associé

« Être artiste associé, c’est un label attribué par le Ministère de la Culture en tant que Scène Nationale. On a ainsi une enveloppe qui nous permet d’accompagner un artiste dans sa production d’œuvre, mais c’ est aussi un échange, c’est-à-dire qu’on se nourrit l’un l’autre. Dans le cahier des charges, l’artiste a pour mission de travailler sur le territoire avec nous, avec des populations, avec des publics pour des projets particuliers. C’est vraiment cette présence au long cours qui permet d’irriguer le territoire. Il présente cette année en clôture la forme aboutie du ‘Bal Magnétique’ – présenté l’année dernière en sortie de résidence – C’est un projet en deux temps : Une première partie qu’il a chorégraphié pour trois interprètes féminines, sur la question des danses de salon, des danses de couples. Dans la deuxième partie, il amène le public à lui avec ses interprètes pour nous faire danser dans un bal participatif. La Scierie est un lieu approprié pour une disposition non frontale du public. C’est sa dernière année avec nous, mais on aura toujours un regard sur son travail et il n’est pas dit qu’il ne revienne pas aux Hivernales ! »

Le lien au-delà, par-delà le plateau

De même la chorégraphe Madeleine Fournier avec ‘Branle’ – pièce pour 6 interprètes – s’inspire des danses de la Renaissance qui est aussi la question d’une danse issue des danses traditionnelles et des danses folkloriques, mais qu’elle ré-imagine complètement moderne , dans un bal, un peu atypique et un peu particulier, qui travaille la connivence entre les individus, entre les êtres, entre les interprètes, mais aussi avec le spectateur. Et Isabelle Martin-Bridot d’ajouter : « c’est vraiment cette question du lien, du lien entre les interprètes, mais du lien aussi au-delà, par-delà, le plateau, j’ai envie de dire, le lien vers le public. Et je crois que c’est un peu ça, le fil de cette édition. »

Des créations, des surprises, des prises de risque

Comment choisir quand il s’agit de créations ? « Une des missions du CDCN est d’accompagner les artistes dans leur création et dans la production de leurs œuvres. D’accompagner aussi les artistes émergents quitte à prendre des risques en présentant des formes singulières. L’accompagnement va jusqu’à la co-production. On est heureux de permettre la création du concert-performance de Flora Détraz  ‘Gorgo’ au Grenier à Sel ou le travail des corps et de la lumière de Vania Vaneau dans Heliosfera. Pour Chloé Zamboni (‘Quelques Choses’) ou Léa Vinette (‘Eclats’), ce sont des jeunes artistes que j’ai pu découvrir dans leur premier projet. Je me suis dit qu’elles méritaient d’être accompagnées car c’est souvent toujours un peu plus difficile, quand on en est au balbutiement pour une équipe de trouver des lieux qui veulent bien mettre de l’argent sur ton projet. Pour nous, ça fait partie de nos missions, de se dire, on met de l’argent, on les accompagne pour que le projet puisse voir le jour et on va jusqu’au bout, on les fait venir à Avignon ! »

D’une résidence au Théâtre des Doms en 2025 à la salle Benoit XII en 2026

‘Le Margherite’ d’Erika Zueneli est un bel exemple d’accompagnement du CDCN et d’un partenariat suivi avec le Théâtre des Doms. La compagnie belge avait présenté une première étape de ce spectacle en sortie de résidence en 2025 aux  Doms. Ce qui a poussé la directrice du CDCN a soutenir ce spectacle ? « J’avais trouvé la pièce  extrêmement intéressante, extrêmement drôle. Le public avait super bien réagi,  les gens sont sortis de là en disant mais on veut voir cette pièce, on veut voir cette pièce ! Je me suis dit : mais effectivement, le public a raison. Cette pièce, elle a tous les atouts pour être à Avignon l’hiver prochain.»

Des spectacles grand public qui font du bien

Isabelle Martin-Bridot nous invite aussi à voir des spectacles plus grand public. « La force de ce festival est l’éclectisme, la diversité des propositions que la danse déploie. Je ne fais qu’être le passeur les artistes et le public, je montre ce que les artistes nous donnent à voir. Je fais un choix, mais le choix, je le fais aussi pour le public d’Avignon. La scène de l’Opéra Grand Avignon permet de proposer un grand ensemble et  je sais que ‘Carcaça’ de Marco da Silva Ferreira est une pièce qui coche un peu toutes les cases, parce qu’elle est à la fois extrêmement populaire, elle va chercher dans le vocabulaire des danses traditionnelles du Portugal mais aussi dans la gestuelle de la danse urbaine. Les artistes sont extrêmement virtuoses sur une musique très présente. Elle porte aussi un message politique « ne nous endormons pas, soyons vigilant. » Je pense qu’il n’y a pas d’interdiction à aller voir une pièce grand publique esthétique qui fait plaisir et qui fait du bien, et aller voir une pièce un peu plus conceptuelle ou un peu plus radicale, prendre le risque de sortir de sa zone de confort, de se dire « tiens, j’ai peut-être pas compris ça » mais ça me questionne.  On a besoin de se faire du bien  de se faire plaisir, c’est important. » Le chorégraphe Nacim Battou nous servira aussi ‘Une dernière nuit’ mémorable sur le grand plateau de  l’Autre Scène à Vedène : quand tout s’écroule, l’humanité peut encore résister.

Sortir de sa zone de confort,  envie d’être bousculé

Avec ‘Kill me’ de Marina Otero, la radicalité sera présente avec ce spectacle qui est le troisième volet après ‘Fuck me’ et ‘Love me’ de la performeuse argentine Marina Otero. Sur le plateau de La Garance de Cavaillon, c’est le tableau vivant de la folie amoureuse qui nous est proposé. Attention ! les propos, les nudités et les effets spéciaux peuvent rebuter et pourtant c’est un spectacle nécessaire et bouleversant. Présenté en 2024 à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon dans le cadre des Nuits de juin, il avait su convaincre un public enthousiaste. 

De même le solo du jeune performeur Julien Andujar promet un spectacle bouleversant sur l’absence de Tatiana (en 1995 sa sœur disparaît en gare de Perpignan) où se mêlent cabaret, fiction, autobiographie, chants et danse. 

‘Euphoria’, une transition entre les Hiverômomes et les Hivernales

‘Euphoria’ de Caroline Breton assure la transition entre Hoverômomes et les Hivernales. Il est proposé aussi bien en séances scolaires qu’en tout public pour ouvrir le festival Les Hivernales. Une transition toute en couleur où le duo de Caroline Breton et Olivier Muller bénéficie pour les Hivernales d’un plateau habillé de lumière pour une fantaisie énergique et flashy. 

Les Hiverômomes… en attendant les vacances

C’est également un rendez-vous incontournable, celui d’offrir de la danse pour le Jeune Public, en scolaire ou en famille à des horaires adaptés. La scène départementale du Thor recevra, ‘L’amoureux de Madame Muscle’, une création de Michel Lelemenis qui explore avec poésie et pédagogie le corps humain. Pour les très jeunes – à partir de 1 an ! – La Maison pour Tous Monclar le Totem, propose ‘Little cailloux’, une chorégraphie sonore et colorée. Dans les locaux des Hivernales nous retrouverons une version chahutée du ‘Petit Chaperon Rouge’ pour conjurer nos peurs enfantines. Hiverômes du 3 au 10 février.  

Jusqu’au samedi 21 février. De 5 à 27€. Les Hivernales. CDCN. 18 rue Guillaume Puy. Avignon. 04 90 82 33 12.
Billetterie : 04 90 11 46 45. Points de vente : 3-5 rue Portail Matheron, Avignon. 


Danse contemporaine au cœur des Baux-de-Provence

La danseuse étoile de l’Opéra de Paris, Marie-Agnès Gillot, et la pianiste Eloïse Bella Kohn forment un duo chorégraphique et musical, donnant à voir et à entendre une poésie des corps et des sons.

C’est une rencontre inédite car même si la musique et la danse sont souvent indissociables, il est rare que musiciens et danseurs évoluent ensemble, en se rencontrant pleinement. ‘(Else)Where’ naît de cette envie de croiser ces langages, de créer une œuvre où la musique et le mouvement se répondent intimement, où le geste prolonge la note et où la note amplifie l’élan du corps.

Bach et Ligeti

Dans cette création, la danseuse étoile de l’Opéra de Paris, Marie-Agnès Gillot, et la pianiste Eloïse Bella Kohn se rejoignent sous le regard du chorégraphe et directeur artistique du Ballet National Chilien, Mathieu Guilhaumon. Ensemble, ils tissent une partition vivante, portée par les œuvres de Bach et Ligeti, dans un dialogue où la clarté et l’équilibre du premier contrastent avec les dissonances et les tensions du second. 

Un concert dansé inspiré de Mademoiselle Else d’Arthur Schnitzler

Librement inspiré du monologue intérieur de Mademoiselle Else d’Arthur Schnitzler, le concert dansé ‘(Else)Where’ explore la solitude d’une jeune femme confrontée au désir, à l’enfermement social et aux contradictions de son propre esprit. À travers une introspection tourmentée, les pensées s’entrechoquent, se répètent, se fragmentent, donnant naissance à un langage chorégraphique qui mêle la grâce du classique à l’intensité brute du contemporain. Chaque mouvement trahit l’ambivalence des émotions, chaque note prolonge cette lutte silencieuse entre retenue et abandon. La musique devient alors le reflet des tiraillements intérieurs d’un être en quête d’échappatoire, oscillant entre ordre et chaos, entre lumière et vertige.

La musique et la danse se font écho

‘(Else)Where’ est un espace suspendu, une traversée où la musique et la danse se font écho pour incarner l’intime. Un duo sensible, une poésie du corps et du son qui donne vie à l’invisible, à ce frisson intérieur qui fait vaciller les âmes en quête d’ailleurs.

Programme musical

Johann Sebastian Bach
L’Art de la Fugue BWV 1080 (extraits)
György Ligeti
Musica Ricercata per pianoforte

Distribution

Mathieu Guilhaumon : chorégraphe
Marie-Agnès Gillot : danse
Eloïse Bella Kohn : piano

Vendredi 23 janvier. 20h. 5 à 31€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


Danse contemporaine au cœur des Baux-de-Provence

Pour la troisième année consécutive, le Vaucluse accueille le Grand Ballet de Kiev.

Après le Lac des cygnes l’an dernier, cette talentueuse compagnie ukrainienne contrainte à l’exil vient donner corps à deux opus monumentaux : Le Boléro de Ravel et Carmen de Bizet. 

Deux œuvres monumentales incarnées en danse classique

« Je n’ai écrit qu’un seul chef d’œuvre », disait Ravel à propos du Boléro. Et l’entendre c’est avoir tout de suite en tête son crescendo qui ne cesse de nous bercer. Ce principe de composition révolutionnaire a fait du Boléro l’une des inspirations les plus fascinantes du répertoire qui demeure, aujourd’hui encore, l’une des plus populaires. 

Tout comme l’est le Carmen de Bizet, œuvre la plus jouée dans le monde, qui nous conte le destin de cette gitane solaire et rebelle, qui paiera de sa vie sa recherche éperdue de l’amour.

Ces deux œuvres qui se font écho raviront à la fois les amateurs de la grande danse classique et ceux qui souhaitent la découvrir.

Jeudi 8 janvier. 20h30. 17 à 42€. Salle Jean Moulin. Auditorium. 971 Chemin des Estourans. Le Thor. 04 90 33 96 80 / www.vaucluse.fr

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