22 février 2026 |

Ecrit par le 22 février 2026

Les Hivernales nous endansent encore jusqu’au 21 février

Entrons dans la danse

Le coup d’envoi de cette 48e édition qui se veut vivante et réconciliante a été donné pour la première soirée par Nans Pierson. À l’instar des ateliers qu’il mène toute l’année au Centre de Développement Chorégraphique National d’Avignon (CDCN) le danseur avignonnais a entraîné une soixantaine de spectateurs – de 12 à 80 ans — à ne plus l’être justement (spectateur) et à vivre une danse immersive électro. Cette performance collective participative a eu lieu dans la pénombre tamisée du Grenier à Sel. Guidé à la voix pour un petit échauffement, le set proposait ensuite d’explorer « une danse à soi » c’est-à-dire de danser sur une musique électro pré-enregistrée sans être gêné par le regard des autres. Une heure de libres déhanchements sans contrainte sinon le plaisir de se connecter à soi ou aux autres avant une relaxation bien méritée.

Voyez comme on danse

A contrario, avec ‘Kill me’, la chorégraphe argentine Marina Otero a montré au grand jour et dans une mise à nu radicale ses fragilités et celles de ses cinq acolytes. Devant le public conquis de la Garance de Cavaillon, elle a transformé son introspection en un spectacle bouleversant où l’âme meurtrie trouve un apaisement dans les mots dits et les corps montrés. 

Musique live avant tout

La première semaine s’est conclue par deux spectacles magnifiques : ‘Branle’ de Madeleine Fournier et ‘Carcaça’ du Portugais Marco da Silva Ferreira où la musique en live a pris toute sa place dans les propositions chorégraphiques, s’avérant même indispensable pour structurer le récit ou l’espace. 

Avec ‘Branle’, la bourrée n’a qu’a bien se tenir ! 

La circularité du plateau de la Scierie, la disposition des spectateurs autour des six danseurs et danseuses nous entraînent de fait dans la danse : nous ne pouvons pas tout voir donc nous attrapons au vol un geste, un regard, un sourire quelquefois une invitation. Ce pas de six étonnant, virtuose et joyeux, inspiré des danses traditionnelles part cependant d’une lecture de ‘L’Ethique’ de Spinoza. « Une façon de poser la pièce sur cette grammaire des émotions », précise la chorégraphe et interprète Madeleine Fournier. La chanteuse et musicienne Marion Cousin  déclame dès l’ouverture quelques uns de ces affects parmi la cinquantaine identifiée par le philosophe : le désir, l’avarice, la peur, la colère… Libre à nous de chercher à les identifier ou au contraire se perdre dans l’ostinato de la cornemuse de Julien Sesailly et le mixage expérimental de Marion Cousin. C’est sacrément jubilatoire.

Avec ‘Carcaça’, la résistance et l’espoir ont un bel avenir

Sur la scène de l ‘Opéra Grand Avignon, ce fut une explosion de joies, de peines et de luttesportée par  dix danseurs et danseuses et  deux musiciens (électro et batterie) présents sur le plateau. On peut y voir défiler une partie de l’histoire du Portugal de son coq emblématique à sa révolution des Oeillets par des tableaux subtils de couleurs et de rythme où la tradition affronte sans arrêt nos temps modernes. On peut aussi s’extasier sur ce jeu de jambes original et permanent qui évolue au gré des tableaux, et qui synthétise à lui seul tout le message de ce spectacle : un manifeste joyeux quoique quelquefois douloureux d’une quête de liberté toujours à conquérir, la nécessité de défendre son identité tout en rejoignant la communauté. La danse devient ainsi le temps d’une soirée une transe engagée qui nous exulte .

Les spectacles à venir en vagabondage

La semaine débute au Cinéma Utopia avec la projection ‘Danser ensemble’ qui présente la « vidéo danse » où le partenaire n’est pas celui que l’on croit ! Franck Boulegue et Marisa Hayses du Festival International de vidéo Danse de Bourgogne animeront le débat en fin de projection. La réalisatrice et performeuse Flora Détraz investit le Grenier à Sel pour déconstruire les archétypes de la féminité et nous offre aussi en soirée un concert-performance. La lumière et son univers poétique ont guidé Vania Vaneau pour ‘Heliosfera’. Chloé Zamboni va faire danser les objets du quotidien au Théâtre des Halles avec ‘Quelques choses’. ‘Le Margherite’, — un spectacle très attendu  car effleuré déjà l’an passé en sortie de résidence aux Doms — nous est proposé  à la salle BenoitXII. Marion Blondeau rend  visibles les corps vieillissants en mettant en mouvements trois femmes âgées de 60 à 70 ans dans ‘Organicitées’ à La Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon. Quelen Lamouroux nous fait entrer dans l’intimité de son capharnaüm d’objets pour un seul en scène poétique nommé ‘L’imprévue’. On retrouvera la compagnie de Nacim Battou à l’Autre Scène de Vedène pour vivre une dernière nuit ? Le festival se clôturera avec pas moins de quatre propositions dans la journée du samedi allant d’une conférence évoquant les bals clandestins pendant la Seconde Guerre Mondiale aux ‘Eclats’ de Léa Vinette, au seul en scène de Julien Andujar pour finir par une totale carte blanche à l’artiste complice Massimo Fusco pour un Bal Magnétique à la Scierie. 

Jusqu’au 21 février. De 5 à 27€. Les Hivernales. CDCN. 18 rue Guillaume Puy. 0490 82 33 12.
Billetterie : 04 90 11 46 45. Points de vente. 3-5 rue Portail Matheron. Avignon.


Les Hivernales nous endansent encore jusqu’au 21 février

Les Hiverômomes ouvriront le bal le mardi 10 février pour laisser la place jusqu’au samedi 21 février aux Hivernales, une édition « qui pulse, ose et nous relie. »

Carte blanche pour un fil rouge

Quand on demande à Isabelle Martin-Bridot, directrice du Centre de Développement Chorégraphique National (CDCN) ce qui a guidé sa programmation pour cette 48e édition, elle n’a qu’un temps d’hésitation pour citer Massimo Fusco et sa Compagnie Les Corps Magnétiques. « Plus qu’un fil rouge, je pense que ce qui m’a guidée c’est la collaboration avec Massimo Fusco, notre artiste associé depuis 4 ans. Comme la première année, on lui a confié une carte blanche. J’ai l’impression que c’est un peu cette carte blanche notre fil rouge pour cette 48e édition. La question du lien vivant, du lien aux autres, la question d’une danse, on va dire un peu plus populaire peut-être, qui se tisse à travers des gestes issus de la culture populaire, de bals, de danses folkloriques. Et du coup, la question de se toucher, de se tenir par la main, en tout cas de s’attraper, de se prendre, de se saisir d’amener l’autre à soi par la danse, c’est peut-être ce qui traverse cette édition. Il y a beaucoup d’artistes qui travaillent sur la question des danse populaires, dont Massimo, évidemment, avec son ‘Bal Magnétique’. »

Massimo Fusco, artiste associé

« Être artiste associé, c’est un label attribué par le Ministère de la Culture en tant que Scène Nationale. On a ainsi une enveloppe qui nous permet d’accompagner un artiste dans sa production d’œuvre, mais c’ est aussi un échange, c’est-à-dire qu’on se nourrit l’un l’autre. Dans le cahier des charges, l’artiste a pour mission de travailler sur le territoire avec nous, avec des populations, avec des publics pour des projets particuliers. C’est vraiment cette présence au long cours qui permet d’irriguer le territoire. Il présente cette année en clôture la forme aboutie du ‘Bal Magnétique’ – présenté l’année dernière en sortie de résidence – C’est un projet en deux temps : Une première partie qu’il a chorégraphié pour trois interprètes féminines, sur la question des danses de salon, des danses de couples. Dans la deuxième partie, il amène le public à lui avec ses interprètes pour nous faire danser dans un bal participatif. La Scierie est un lieu approprié pour une disposition non frontale du public. C’est sa dernière année avec nous, mais on aura toujours un regard sur son travail et il n’est pas dit qu’il ne revienne pas aux Hivernales ! »

Le lien au-delà, par-delà le plateau

De même la chorégraphe Madeleine Fournier avec ‘Branle’ – pièce pour 6 interprètes – s’inspire des danses de la Renaissance qui est aussi la question d’une danse issue des danses traditionnelles et des danses folkloriques, mais qu’elle ré-imagine complètement moderne , dans un bal, un peu atypique et un peu particulier, qui travaille la connivence entre les individus, entre les êtres, entre les interprètes, mais aussi avec le spectateur. Et Isabelle Martin-Bridot d’ajouter : « c’est vraiment cette question du lien, du lien entre les interprètes, mais du lien aussi au-delà, par-delà, le plateau, j’ai envie de dire, le lien vers le public. Et je crois que c’est un peu ça, le fil de cette édition. »

Des créations, des surprises, des prises de risque

Comment choisir quand il s’agit de créations ? « Une des missions du CDCN est d’accompagner les artistes dans leur création et dans la production de leurs œuvres. D’accompagner aussi les artistes émergents quitte à prendre des risques en présentant des formes singulières. L’accompagnement va jusqu’à la co-production. On est heureux de permettre la création du concert-performance de Flora Détraz  ‘Gorgo’ au Grenier à Sel ou le travail des corps et de la lumière de Vania Vaneau dans Heliosfera. Pour Chloé Zamboni (‘Quelques Choses’) ou Léa Vinette (‘Eclats’), ce sont des jeunes artistes que j’ai pu découvrir dans leur premier projet. Je me suis dit qu’elles méritaient d’être accompagnées car c’est souvent toujours un peu plus difficile, quand on en est au balbutiement pour une équipe de trouver des lieux qui veulent bien mettre de l’argent sur ton projet. Pour nous, ça fait partie de nos missions, de se dire, on met de l’argent, on les accompagne pour que le projet puisse voir le jour et on va jusqu’au bout, on les fait venir à Avignon ! »

D’une résidence au Théâtre des Doms en 2025 à la salle Benoit XII en 2026

‘Le Margherite’ d’Erika Zueneli est un bel exemple d’accompagnement du CDCN et d’un partenariat suivi avec le Théâtre des Doms. La compagnie belge avait présenté une première étape de ce spectacle en sortie de résidence en 2025 aux  Doms. Ce qui a poussé la directrice du CDCN a soutenir ce spectacle ? « J’avais trouvé la pièce  extrêmement intéressante, extrêmement drôle. Le public avait super bien réagi,  les gens sont sortis de là en disant mais on veut voir cette pièce, on veut voir cette pièce ! Je me suis dit : mais effectivement, le public a raison. Cette pièce, elle a tous les atouts pour être à Avignon l’hiver prochain.»

Des spectacles grand public qui font du bien

Isabelle Martin-Bridot nous invite aussi à voir des spectacles plus grand public. « La force de ce festival est l’éclectisme, la diversité des propositions que la danse déploie. Je ne fais qu’être le passeur les artistes et le public, je montre ce que les artistes nous donnent à voir. Je fais un choix, mais le choix, je le fais aussi pour le public d’Avignon. La scène de l’Opéra Grand Avignon permet de proposer un grand ensemble et  je sais que ‘Carcaça’ de Marco da Silva Ferreira est une pièce qui coche un peu toutes les cases, parce qu’elle est à la fois extrêmement populaire, elle va chercher dans le vocabulaire des danses traditionnelles du Portugal mais aussi dans la gestuelle de la danse urbaine. Les artistes sont extrêmement virtuoses sur une musique très présente. Elle porte aussi un message politique « ne nous endormons pas, soyons vigilant. » Je pense qu’il n’y a pas d’interdiction à aller voir une pièce grand publique esthétique qui fait plaisir et qui fait du bien, et aller voir une pièce un peu plus conceptuelle ou un peu plus radicale, prendre le risque de sortir de sa zone de confort, de se dire « tiens, j’ai peut-être pas compris ça » mais ça me questionne.  On a besoin de se faire du bien  de se faire plaisir, c’est important. » Le chorégraphe Nacim Battou nous servira aussi ‘Une dernière nuit’ mémorable sur le grand plateau de  l’Autre Scène à Vedène : quand tout s’écroule, l’humanité peut encore résister.

Sortir de sa zone de confort,  envie d’être bousculé

Avec ‘Kill me’ de Marina Otero, la radicalité sera présente avec ce spectacle qui est le troisième volet après ‘Fuck me’ et ‘Love me’ de la performeuse argentine Marina Otero. Sur le plateau de La Garance de Cavaillon, c’est le tableau vivant de la folie amoureuse qui nous est proposé. Attention ! les propos, les nudités et les effets spéciaux peuvent rebuter et pourtant c’est un spectacle nécessaire et bouleversant. Présenté en 2024 à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon dans le cadre des Nuits de juin, il avait su convaincre un public enthousiaste. 

De même le solo du jeune performeur Julien Andujar promet un spectacle bouleversant sur l’absence de Tatiana (en 1995 sa sœur disparaît en gare de Perpignan) où se mêlent cabaret, fiction, autobiographie, chants et danse. 

‘Euphoria’, une transition entre les Hiverômomes et les Hivernales

‘Euphoria’ de Caroline Breton assure la transition entre Hoverômomes et les Hivernales. Il est proposé aussi bien en séances scolaires qu’en tout public pour ouvrir le festival Les Hivernales. Une transition toute en couleur où le duo de Caroline Breton et Olivier Muller bénéficie pour les Hivernales d’un plateau habillé de lumière pour une fantaisie énergique et flashy. 

Les Hiverômomes… en attendant les vacances

C’est également un rendez-vous incontournable, celui d’offrir de la danse pour le Jeune Public, en scolaire ou en famille à des horaires adaptés. La scène départementale du Thor recevra, ‘L’amoureux de Madame Muscle’, une création de Michel Lelemenis qui explore avec poésie et pédagogie le corps humain. Pour les très jeunes – à partir de 1 an ! – La Maison pour Tous Monclar le Totem, propose ‘Little cailloux’, une chorégraphie sonore et colorée. Dans les locaux des Hivernales nous retrouverons une version chahutée du ‘Petit Chaperon Rouge’ pour conjurer nos peurs enfantines. Hiverômes du 3 au 10 février.  

Jusqu’au samedi 21 février. De 5 à 27€. Les Hivernales. CDCN. 18 rue Guillaume Puy. Avignon. 04 90 82 33 12.
Billetterie : 04 90 11 46 45. Points de vente : 3-5 rue Portail Matheron, Avignon. 


Les Hivernales nous endansent encore jusqu’au 21 février

La danseuse étoile de l’Opéra de Paris, Marie-Agnès Gillot, et la pianiste Eloïse Bella Kohn forment un duo chorégraphique et musical, donnant à voir et à entendre une poésie des corps et des sons.

C’est une rencontre inédite car même si la musique et la danse sont souvent indissociables, il est rare que musiciens et danseurs évoluent ensemble, en se rencontrant pleinement. ‘(Else)Where’ naît de cette envie de croiser ces langages, de créer une œuvre où la musique et le mouvement se répondent intimement, où le geste prolonge la note et où la note amplifie l’élan du corps.

Bach et Ligeti

Dans cette création, la danseuse étoile de l’Opéra de Paris, Marie-Agnès Gillot, et la pianiste Eloïse Bella Kohn se rejoignent sous le regard du chorégraphe et directeur artistique du Ballet National Chilien, Mathieu Guilhaumon. Ensemble, ils tissent une partition vivante, portée par les œuvres de Bach et Ligeti, dans un dialogue où la clarté et l’équilibre du premier contrastent avec les dissonances et les tensions du second. 

Un concert dansé inspiré de Mademoiselle Else d’Arthur Schnitzler

Librement inspiré du monologue intérieur de Mademoiselle Else d’Arthur Schnitzler, le concert dansé ‘(Else)Where’ explore la solitude d’une jeune femme confrontée au désir, à l’enfermement social et aux contradictions de son propre esprit. À travers une introspection tourmentée, les pensées s’entrechoquent, se répètent, se fragmentent, donnant naissance à un langage chorégraphique qui mêle la grâce du classique à l’intensité brute du contemporain. Chaque mouvement trahit l’ambivalence des émotions, chaque note prolonge cette lutte silencieuse entre retenue et abandon. La musique devient alors le reflet des tiraillements intérieurs d’un être en quête d’échappatoire, oscillant entre ordre et chaos, entre lumière et vertige.

La musique et la danse se font écho

‘(Else)Where’ est un espace suspendu, une traversée où la musique et la danse se font écho pour incarner l’intime. Un duo sensible, une poésie du corps et du son qui donne vie à l’invisible, à ce frisson intérieur qui fait vaciller les âmes en quête d’ailleurs.

Programme musical

Johann Sebastian Bach
L’Art de la Fugue BWV 1080 (extraits)
György Ligeti
Musica Ricercata per pianoforte

Distribution

Mathieu Guilhaumon : chorégraphe
Marie-Agnès Gillot : danse
Eloïse Bella Kohn : piano

Vendredi 23 janvier. 20h. 5 à 31€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


Les Hivernales nous endansent encore jusqu’au 21 février

Pour la troisième année consécutive, le Vaucluse accueille le Grand Ballet de Kiev.

Après le Lac des cygnes l’an dernier, cette talentueuse compagnie ukrainienne contrainte à l’exil vient donner corps à deux opus monumentaux : Le Boléro de Ravel et Carmen de Bizet. 

Deux œuvres monumentales incarnées en danse classique

« Je n’ai écrit qu’un seul chef d’œuvre », disait Ravel à propos du Boléro. Et l’entendre c’est avoir tout de suite en tête son crescendo qui ne cesse de nous bercer. Ce principe de composition révolutionnaire a fait du Boléro l’une des inspirations les plus fascinantes du répertoire qui demeure, aujourd’hui encore, l’une des plus populaires. 

Tout comme l’est le Carmen de Bizet, œuvre la plus jouée dans le monde, qui nous conte le destin de cette gitane solaire et rebelle, qui paiera de sa vie sa recherche éperdue de l’amour.

Ces deux œuvres qui se font écho raviront à la fois les amateurs de la grande danse classique et ceux qui souhaitent la découvrir.

Jeudi 8 janvier. 20h30. 17 à 42€. Salle Jean Moulin. Auditorium. 971 Chemin des Estourans. Le Thor. 04 90 33 96 80 / www.vaucluse.fr


Les Hivernales nous endansent encore jusqu’au 21 février

Du mercredi 10 au vendredi 12 décembre, La FabricA du Festival d’Avignon accueille pour 3 soirées le festival Vis-à-vis, temps fort de la création en milieu carcéral.

Artistes, compagnies et amateurs présenteront au public des propositions inédites, pensées en milieu carcéral. Ce festival met en lumière des créations collectives de théâtre, danse, musique, vidéo et podcasts. Unique en France, porté par le Théâtre Paris-Villette depuis 2016, il révèle la vitalité du spectacle vivant comme espace d’ouverture et de dialogue.

Une soirée théâtre et chant 

‘L’altru mè, Chjama à a musa, canta è sparti’. Une création polyphonique s’inspirant de l’œuvre du poète portugais Fernando Pessoa (1888-1935). Traduit en corse, ce répertoire vocal a cappella réunit le chœur A Filetta et les voix des participants dans une même vibration poétique et collective. 

Ils tiennent inlassablement les murs sans savoir quand viendra l’âge d’or. Le titre est tiré d’une phrase du roman Avec tes mains d’Ahmed Kalouaz. L’auteur y raconte la vie de son père, immigré algérien dans la France des années 1950. Le spectacle d’Enzo Verdet et Hélène July mêle les fragments de vie des comédiens au texte de Kalouaz. Une histoire chorale d’exil, et de transmission.
Mercredi 10 décembre.19h30. 5€.

Une soirée danse

‘Les Dieux solitaires’. Une création chorégraphique d’ Éric Oberdorff centrée sur les états physiques et émotionnels provoqués par la violence, qu’ elle soit exercée ou subie. 

‘Blossom’ de Sandrine Lescourant. La scène est un espace de rassemblement poétique, politique et collectif. Au plateau se dessinent les multiples formes de la rencontre où la qualité du lien devient essentielle.

‘Ceux qui restent’ d’Ulysse Fiévé. L’œuvre se déploie entre ce qui s’efface et ce qui insiste, comme si les voix tentaient de retenir ce que le temps emporte. 
Jeudi 11 décembre. 19h30. 5€.

Une soirée théâtre et danse

‘En Face’ d’Agnès Maury. Les textes, écrits par des personnes détenues, expriment avec pudeur et justesse l’expérience de l’enfermement au quotidien.
‘Nidāl’ [dedans dehors] de Marina Gomes et Elias Ardoin. Une création d’Elias Ardoin et des participants en détention. À travers la danse et le mouvement, le projet explore les tensions entre effondrement et élévation, entre colère et apaisement.
Vendredi 12 décembre. 19h30. 5€.

Festival Vis-à-vis. Pass 3 soirées. Une soirée tarif unique : 5€. La FabricA. 11 Rue Paul Achard. Avignon.


Les Hivernales nous endansent encore jusqu’au 21 février

Sadeck Berrabah, c’est ce talentueux chorégraphe gardois d’adoption, révélé au monde entier par sa poétique et surprenante chorégraphie pour la clôture des Jeux Olympiques de Paris 2024. Artiste protéiforme suivi par des millions d’internautes, Sadeck Berrabah est également le chorégraphe de stars mondiales comme Shakira, Jennifer Lopez, les Black Eyed Peas ou Chris Brown… Après ‘Murmuration’, sa première création en 2023 qui avait réuni des centaines de milliers de spectateurs, il nous revient avec un ‘Murmuration’ revisité (Level 2). 

Un show de 30 danseurs

Une troupe de plus de 30 danseurs livrera toujours ses fameux tableaux synchronisés, où mouvements et formes géométriques se conjuguent avec une étonnante précision fascinante. Mais à ces performances iconiques s’ajouteront de toutes nouvelles chorégraphies toujours servies par une synchronisation millimétrée et une musique envoûtante. 

Musique : TRex
Production : Horatio Productions

Vendredi 21 novembre. 20h30. 15 à 35€. Salle Jean Moulin. Auditorium. 971 Chemin des Estourans. Le Thor. 04 90 33 96 80. www.vaucluse.fr


Les Hivernales nous endansent encore jusqu’au 21 février

Quand l’Art et la prévention s’unissent pour alerter

Le spectacle ‘L’Illusion du choix’, issu d’une résidence d’une semaine à la Scierie, prend place dans la série ‘Pour réfléchir et agir’ initiée par la metteuse en scène Nathalie Guisset de la Compagnie Art Dans Le Jardin. Le récit met en lumière les dangers des réseaux sociaux et l’impact sur le développement des jeunes, appelant à une réflexion collective sur l’éducation et le bien-être des adolescents dans un monde hyperconnecté.

Théâtre et danse de prévention

Dans un contexte scolaire contemporain, l’histoire suit Flo, une adolescente obsédée par les selfies et la médiatisation de sa vie sur les réseaux sociaux. Sa quête incessante de validation à travers des hashtags comme #beaute et #cleangirl l’entraîne dans un monde où elle devient consommatrice compulsive de l’image, cherchant à échapper à son anxiété et à son ennui. Influencée par Flo, sa meilleure amie Anne, naïve et facilement manipulable, s’expose à des situations risquées sans réaliser les dangers qui les accompagnent. Cette dynamique crée des tensions au sein de leurs relations amicales et familiales. 

Distribution

De : Nathalie Guisset et la Cie Art Dans Le Jardin
Chorégraphie, mise en scène : Nathalie Guisset
Avec : Charlotte Arnould, Malidé Sidi Mari, Colombine Oudard, Nathalie Guisset
Régie générale : Julien Pannetier
Production : Cie Art Dans Le Jardin

Autour du spectacle

8h30-19h30. Atelier encadré par le planning familial 84 à destination des Clubs de jeunes de la Croix des Oiseaux et de la Maison Montfleury d’Avignon.
19h30-20h15. Repas partagé et rencontre entre les jeunes.
20h15-21h10. Représentation de ‘L’illusion du choix’.
21h10-22h10. Débat dirigé par Maud Fontanel du Planning Familial, Aurélie Gâteau psychologue de la Maison des Adolescent et un médiateur de la police municipale d’Avignon.

Vendredi 7 novembre. 18h. Entrée libre. La Scierie. 15 boulevard du quai Saint Lazare. Avignon. 04 84 51 09 11 / equipe@lascierie.coop


Les Hivernales nous endansent encore jusqu’au 21 février

Marina Gomes, chorégraphe marseillaise, et toute son équipe nourrie de la culture hip-hop, débarquent à Cavaillon pour une soirée de danse intense, percutante, et participative.

C’est une soirée 2 en 1 avec La Cuenta [Medellín-Marseille] et Bach Nord [Sortez les guitares] ! Une soirée où la danse hip-hop porte les voix de la jeunesse des quartiers populaires, de son énergie et de sa créativité, deux pièces pour faire entendre les voix des quartiers populaires de Marseille et de Cavaillon. Deux pièces vibrantes où la danse devient un outil de lutte et de puissance collective.

La Cuenta [Medellín-Marseille]

La Cuenta regarde du côté des femmes, des mères, sœurs, amies, prises dans les drames du narcotrafic et des narcomicides, celles pour qui les morts ne sont pas que des chiffres. Dans un décor de fleurs et de terre, inspirés d’actions réelles mises en place à Medellín, les corps de trois femmes se tendent, s’entrechoquent, résistent et oscillent entre le deuil, la vengeance et la résilience. La Cuenta s’inspire du travail de Marina Gomes en Colombie et traite la question des règlements de compte homicidaires par les vécus de celles qui restent.

Bach Nord [Sortez les guitares] ,quand la danse devient un outil de lutte

Avec Bach Nord [Sortez les guitares], c’est la jeunesse qui reprend la main et le plateau, sur une composition musicale d’Arsène Magnard inspirée de Jean-Sébastien Bach. En réaction au film polémique de Cédric Jimenez, cette pièce déconstruit les clichés sans occulter les situations de vie, la violence et les ségrégations multiples. La chorégraphe Marina Gomes permet de poser des visages, des émotions, sur des jeunes trop souvent déshumanisés. Des corps et des cœurs en lutte entrent dans cette danse qui cogne, qui relie, qui interroge l’urgence de dire, de montrer, de réhumaniser les parcours.

Jeudi 6 novembre. 20h. 3 à 22€. Scène Nationale La Garance. Rue du Languedoc. Cavaillon. 04 90 78 64 64.


Les Hivernales nous endansent encore jusqu’au 21 février

Habituellement en biennale, le festival ‘C’est pas du luxe !’ est présent cette année en la date unique du dimanche 28 septembre avec ‘Nous sommes, Nos Somos’ à l’occasion d’Avignon, Terre de Culture et de la saison croisée Brésil-France organisée par l’Institut français.

Créé en 2012, le festival ‘C’est pas du luxe !’ est un festival solidaire, créatif, pluridisciplinaire et unique en son genre. Il accompagne le développement de projets de création entre des artistes professionnels, des personnes en situation de précarité et des citoyens de tous horizons, dans une dynamique de forte exigence artistique. ‘C’est pas du luxe !’ s’associe pour un jour au Festival Pop Rua de São Paulo en proposant une création chorégraphique unique et joyeuse, inspirée des carnavals brésiliens, célébrant toutes les fiertés et encourageant la danse collective. 

La relation avant la performance

Ni spectacle participatif, ni performance, ce projet confié à la chorégraphe Marinette Dozeville se veut une parade dansée créée dans l’espace public. Après trois semaines de résidence en août à São Paulo, celle-ci a ainsi que la costumière Colombe Lauriot-Prévost et les musiciens brésiliens Morris et Fumaça, ont initié un travail d’ateliers avec des associations du Vaucluse et d’Occitanie qui luttent contre la grande précarité.

Participation et partenariat

Outre les bénévoles, diverses associations du territoire ont participé à l’élaboration de ce spectacle d’une cinquantaine de minutes haut en couleurs et en sons.  La Pension de Famille Lumière et vie de Nîmes ainsi que les associations Passerelle, Habitat et Humanisme et Mas de Carles d’Avignon ont participé aux ateliers chorégraphiques Les costumes ont été confectionnés par la pension de Famille Le Figuier à La Grand Combe, Le Village à Cavaillon, l’Association Les petites choses et Le Relais Avignon. Enfin, la musique du spectacle a été confiée à la Pension de Famille Le Figuier à La Grand Combe et à deux pensions de famille de la Clède à Alès. Une fanfare avignonnaise sera également sur place. La Scierie d’Avignon a mis à disposition ses locaux pour les répétitions, le centre chorégraphique Les Hivernales son expertise.

La « jument de bataille »  de Marinette Dozeville

Elle se définit elle-même comme une « toquée de certains sujets. J’aime tirer le fil des choses, ne pas zapper d’un sujet à un autre. J’approfondis et j’aime continuer à tisser mes sujets qui me portent avec la réalité des contextes, des commandes en essayant d’être au plus près d’une authenticité.

Voilà plus de 14 ans que je fais des projets participatifs, en démarrant avec des bals. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est la relation entre les performeurs, les artistes et le public. Comment on travaille à une qualité relationnelle, comment il y a rencontre. Depuis plus de 10 ans ? je travaille sur des sujets dits féministes, qui questionne nos héritages, nos conditionnements sur la question de la représentation des femmes. En fait, j’ai une obsession libertaire qui est de travailler à ouvrir le champ des possibles. »

Dimanche 28 septembre. 17h. Entrée libre. Place des Carmes. Avignon. 

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