Municipales à Avignon : Paul-Roger Gontard jette l’éponge
À quelques semaines du scrutin municipal, Paul-Roger Gontard annonce qu’il renonce à conduire une liste. Une décision assumée au nom de la clarté politique et de l’intérêt général, qui intervient après l’échec de discussions avec l’union Ensemble et Solidaires. En miroir, David Fournier défend une autre lecture du rassemblement à gauche. Deux visions qui éclairent les lignes de fracture d’une campagne sous tension.
L’annonce a valeur de signal politique. Dans une lettre adressée aux Avignonnais, Paul‑Roger Gontard explique son choix de ne pas conduire de liste aux municipales. Non par retrait du débat public, mais par souci de cohérence et de responsabilité. « La politique n’est jamais une affaire personnelle », écrit-il, revendiquant éviter une dispersion des voix susceptible de favoriser les extrêmes
Un projet construit, une ligne assumée Engagé depuis l’été dans l’élaboration d’un projet qu’il revendique social-démocrate, laïque et écologiste, l’adjoint au maire rappelle le travail mené avec une équipe et un réseau citoyen dense, au fil des rencontres de terrain. Autour de Nos Confluences Citoyennes, il a cherché à fédérer des forces progressistes, du Parti radical de gauche à la Fédération des progressistes, dans l’idée d’un rassemblement large mais lisible.
Le point de rupture des discussions C’est précisément la question de la lisibilité qui cristallise l’échec des échanges avec Ensemble et Solidaires. Pour Paul-Roger Gontard, certaines lignes ne sont pas négociables : primauté du projet sur la distribution des rôles, refus de toute alliance conditionnelle avec l’extrême gauche, engagement explicite de stabilité fiscale sur la mandature. Des divergences qu’il juge trop structurantes pour être surmontées à ce stade de la campagne.
“Pour nous, sociaux-démocrates, républicains, progressistes, ou attachés à une gauche de responsabilité, nous ne pouvons laisser ouverte la possibilité d’une alliance avec une force d’extrême gauche selon les circonstances. “
Paul-Roger Gontard
La réponse de David Fournier Face à ce retrait, David Fournier, pour Ensemble et Solidaires, défend une approche différente du rassemblement. Il plaide pour une union la plus large possible des gauches afin d’éviter l’émiettement et considère que la dynamique collective doit primer, quitte à assumer des compromis programmatiques. Là où Gontard invoque la clarté et l’équilibre comme conditions de la victoire, Fournier met en avant l’urgence d’un front commun face aux droites et aux radicalités.
Deux conceptions du rassemblement Le débat révèle deux conceptions du rassemblement à gauche à Avignon. L’une, sociale-démocrate et républicaine, privilégie la stabilité et la gouvernabilité locale. L’autre mise sur l’addition des forces militantes pour créer un rapport de force électoral. Une tension classique, mais exacerbée par un calendrier serré et un contexte politique national polarisé.
Un engagement qui se poursuit Paul-Roger Gontard le martèle : son retrait n’est pas un renoncement. Conseiller communautaire du Grand Avignon, il entend rester un acteur attentif et exigeant du débat démocratique local. À Avignon, la campagne se poursuit donc sans sa liste, mais avec une question centrale toujours ouverte : quelle gauche pour gouverner la ville, et à quelles conditions ?
Mireille Hurlin
Municipales à Avignon : Paul-Roger Gontard jette l’éponge
Construite en 1968, la piscine municipale Pierre Reyne, en intra-muros, entre dans une vaste phase d’importante rénovation. Fermée pour travaux depuis juin 2025 l’équipement rouvrira à l’automne 2026, modernisé, accessible à tous et nettement moins énergivore. Un chantier emblématique du Plan Avignon, ambition piscines, qui vise à remettre à niveau l’ensemble des bassins de proximité de la ville.
Située 1, rue Velouterie, en plein centre ancien d’Avignon, la piscine Pierre Reyne, surnommée ‘la piscine Mistral’ (anciennement propriété du collège-lycée avant de devenir celle de la Ville), accusait le poids des décennies. Espaces d’accueil peu lisibles, vestiaires exigus, absence de pédiluves, accessibilité insuffisante pour les personnes à mobilité réduite, installations techniques obsolètes et isolation défaillante : les limites de l’équipement étaient devenues structurelles.
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Un équipement vieillissant devenu inadapté Face à ce constat, la Ville a décidé de fermer temporairement l’établissement pour engager une rénovation lourde, avec un double objectif : améliorer le confort d’usage et réduire drastiquement les coûts de fonctionnement, particulièrement énergivores pour ce type d’équipement public.
Espaces repensés et accessibilité renforcée Le projet prévoit une réorganisation complète des espaces intérieurs. L’accueil et la billetterie seront recréés, les vestiaires modernisés et les locaux techniques comme ceux du personnel agrandis. Un ascenseur permettra l’accès à l’étage pour les personnes à mobilité réduite, une évolution majeure pour cet équipement de quartier très fréquenté. À l’extérieur, un nouveau parvis sera aménagé, intégrant des places de stationnement, dans le respect des contraintes du centre ancien et sous le contrôle des Bâtiments de France.
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La sobriété énergétique au cœur du projet Sur le plan technique, la rénovation se veut exemplaire. L’isolation du bâtiment sera renforcée, la structure métallique rehaussée et consolidée, et quatre puits de lumière viendront améliorer l’apport en lumière naturelle. Les équipements seront entièrement renouvelés : chaudière, système de filtration, production d’eau chaude sanitaire, ventilation. Une pompe à chaleur sera installée et la toiture partiellement équipée de panneaux solaires, destinés à couvrir au minimum 50 % des besoins en eau chaude sanitaire.
Un bassin de proximité très utilisé À terme, la Ville anticipe une division par quatre des volumes d’eau consommés et une baisse d’au moins 35 % des besoins en chaleur, un enjeu central alors que les charges d’exploitation des piscines pèsent lourdement sur les budgets municipaux.
Un bassin de proximité très utilisé La piscine Pierre Reyne dispose d’un bassin de 25 mètres par 10, intégrant une fosse atteignant 4,50 mètres de profondeur. Elle accueille huit écoles, trois collèges et un lycée, et enregistre environ 18 400 entrées annuelles du grand public. Depuis la rénovation des trois autres piscines de quartier, la Ville observe une hausse sensible de la fréquentation, laissant présager un regain d’attractivité similaire pour Pierre Reyne après sa réouverture.
Un investissement soutenu par plusieurs partenaires Le coût total de l’opération s’élève à 2 667 268€. Le financement mobilise plusieurs partenaires institutionnels : Région Sud : 444 545€ ; Grand Avignon : 679 817€ (sollicités). Département de Vaucluse : 180 000€ (sollicités) ; État, via le Fonds vert : 238 361€ (sollicités). Ce chantier s’inscrit dans le cadre du plan Avignon, ambition piscines, lancé après la réhabilitation du stade nautique en 2019. Il concerne les quatre piscines municipales de proximité – Jean Clément, Chevalier de Folard, Stuart Mill et Pierre Reyne – à travers un marché public global de performance intégrant conception, travaux et exploitation-maintenance jusqu’en 2031. Le coût global du programme est estimé à 22,64 millions d’euros TTC.
Dernière pièce d’un puzzle municipal Dernière des quatre piscines de quartier à être rénovée, Pierre Reyne marque l’aboutissement d’un programme structurant pour la politique sportive et éducative de la Ville. Sa livraison, prévue pour octobre 2026, doit permettre de conjuguer service public de proximité, transition énergétique et maîtrise budgétaire, dans un site patrimonial particulièrement contraint mais emblématique de la vie avignonnaise. Mireille Hurlin
Municipales à Avignon : Paul-Roger Gontard jette l’éponge
Crédité de 5% des intentions de vote au premier tour des élections municipales à Avignon dans le sondage de nos confrères de La Provence dévoilé le 19 décembre dernier, le candidat divers gauche Joël Peyre vient d’annoncer qu’il se retirait de la course à la mairie d’Avignon.
L’actuel conseiller municipal délégué aux finances, qui avait lancé sa campagne en avril dernier, constate « que nous n’avons pas su ou pu créer une dynamique de rassemblement. Une telle dynamique aurait permis de poursuivre et même d’amplifier les succès des deux derniers mandats, et de répondre aux nouvelles attentes durant les 6 prochaines années dans l’intérêt des Avignonnaises et des Avignonnais. »
Largement distancé par l’adjoint au maire socialiste David Fournier (18% des intentions de vote), Joël Peyre ne souhaite donc pas multiplier les candidatures à gauche alors que le sondage de la Provence place la RN Anne-Sophie Rigault en tête (22%) juste devant le journaliste Olivier Galzi (société civile-divers droite) avec 21% et que la LFI Mathilde Louvain représente la 2e force de gauche (14%) et le divers droite Stéphan Fiori affiche 10%.
« Nous ne participerons pas à une ‘course à l’échalote’ vide de sens. »
Joël Peyre
« Dans ce contexte où les extrêmes gagnent du terrain et où les discours populistes tentent de manipuler l’opinion, la multiplication des candidatures à gauche – issues ou non de la majorité municipale sortante – risque d’aboutir à une fragmentation préjudiciable qui conduira inévitablement à un gâchis inconcevable, insiste Joël Peyre. Devant ces perspectives, et pour le bien commun de notre ville et de ses habitants, afin de ne pas ajouter de la confusion à la confusion, nous ne participerons pas à une ‘course à l’échalote’ vide de sens. Face à cette situation, et dans un esprit de responsabilité, j’ai pris la décision de ne pas conduire de liste, ni d’être candidat aux élections de mars 2026. »
Paul-Roger Gontard tend la main à Joël Peyre Autre candidat issu de la majorité actuelle, Paul-Roger Gontard prend « acte de la décision de Joël Peyre de retirer sa candidature à l’élection municipale à Avignonnaise ». Ce dernier rappelle qu’il a « engagé, de façon constante et sincère, des échanges avec Joël Peyre, dans un esprit de dialogue et de responsabilité, avec une priorité claire : éviter la dispersion des forces progressistes et construire une alternative solide pour Avignon. Cette volonté de rassemblement a toujours guidé notre démarche. » Dans ce cadre, Paul-Roger Gontard « maintient une main tendue » et rappelle que « l’heure n’est plus aux divisions, mais à l’engagement, à la clarté et à l’action au service de notre ville ».
« Chacun prendra ses responsabilités. Je prends les miennes, pleinement, quoi qu’il en coûte. »
Joël Peyre
Un retrait que Joël Peyre ne décide cependant pas de gaieté de cœur : « Je prends cette décision sans amertume, mais non sans regrets, face à l’attitude obstinée de certains, face au silence prolongé d’autres, et face à une occasion manquée de faire primer le collectif sur les ambitions individuelles. Chacun prendra ses responsabilités. Je prends les miennes, pleinement, quoi qu’il en coûte. »
Ciblant ses ‘concurrents’ de gauche, voire la maire actuelle pour ne pas avoir pris clairement position sur son éventuel successeur, il poursuit : « Malgré de nombreux appels au dialogue et à l’unité, certains acteurs ont persisté dans des positions irréconciliables, préférant défendre des intérêts personnels, de clans ou de partis plutôt que de rechercher le compromis. D’autres, par leur silence tenace, ont refusé de s’engager dans la co-construction d’un projet commun. »
Défendre une gauche progressiste, humaniste et courageuse « Toutefois, conclut-il, je reste convaincu que l’avenir d’Avignon repose sur l’engagement de chacun et j’appelle tous les citoyens à continuer de défendre nos valeurs communes, celle d’une gauche progressiste, humaniste et courageuse, d’une ville accueillante, solidaire et innovante, qui ne cède ni aux diktats de l’air du temps ni à la pression d’intérêts extérieurs à Avignon ou d’états-majors parisiens. »
L.G.
David Fournier : « continuer à rassembler la gauche » Fort du sondage de la Provence le plaçant en troisième position, mais première force de gauche, le socialiste David Fournier « salue le travail effectué par Joël Peyre au cours des mandats passés côte à côte dans la majorité ». « Je mesure que ce n’est pas une situation facile pour lui. Je le remercie de son implication, poursuit celui qui a déjà réussi à fédérer Génération Ecologie, Europe Ecologie les Verts, les Animalistes, l’Après (Alliance pour une République écologique et sociale). En ce qui me concerne, je continue à œuvrer pour un rassemblement le plus large à gauche. » « A gauche, on travaille d’abord sur un programme puis après, on s’entend sur la personne qui va le porter » a d’ailleurs rappelé ce matin David Fournier sur les ondes de nos confères d’Ici Vaucluse
Municipales à Avignon : Paul-Roger Gontard jette l’éponge
Le sondage commandé par Les Républicains et Oser la France, le micro parti de Julien Aubert, est publié sur le site de l’Ifop depuis ce mardi 29 septembre.
La présentation du sondage par Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, et Nicola Gaddoni, chargé d’études pôle actualités et politique, donne le cadre de la demande de leur client :
“L’Ifop a interrogé les Avignonnais sur le climat électoral en vue des élections municipales de 2026.
Dans l’hypothèse où le socle commun serait divisé, la liste qui arriverait en tête au premier tour serait celle du Rassemblement national menée par Anne-Sophie Rigault (26 %), suivie par la liste divers gauche de Joël Peyre et Paul-Roger Gontard, soutenue par Cécile Helle, maire actuelle (17 %). La liste de centre-droit « Avignon Passion », conduite par Julien Aubert, soutenue par LR, arriverait à égalité avec la liste LFI-écologiste de Mathilde Louvain (13 %).
Dans l’hypothèse d’une union de la droite et du centre, la liste du Rassemblement national conduite par Anne-Sophie Rigault resterait en tête au premier tour, cette fois avec 29 % des intentions de vote. En deuxième position, à égalité (19 %), figureraient la liste d’union du centre-droit menée par Julien Aubert et la liste divers gauche de Joël Peyre et Paul-Roger Gontard. Ensuite, arriverait la liste LFI-écologiste de Mathilde Louvain (16 %) suivie par la liste PS-PCF conduite par David Fournier (15 %).“
Ce sondage s’appuie sur deux hypothèses dont une interroge les soutiens de David Fournier : que Cécile Helle apporte officiellement son soutien à l’hypothétique liste commune Joël Peyre et Paul-Roger Gontard et que les écologistes seraient alliés avec La France Insoumise.
La deuxième, que Julien Aubert fédère derrière sa personne les 8 % de la société civile portée par Olivier Galzi et les 7% (Renaissance, modem, Horizon) de Julien Paudoie. Or à ce jour, la main tendue par l’ex député de Carpentras aux deux protagonistes reste dans le vide.
En 2019, un sondage de l’Ifop commandé par Les Républicains et aux interprétations incertaines avait poussé Jean-marc Roubaud à abandonner sa course aux municipales d’Avignon.
Municipales à Avignon : Paul-Roger Gontard jette l’éponge
S’il avait été déjà officiellement désigné par la section du Parti socialiste d’Avignon en avril dernier, c’est véritablement maintenant que David Fournier a lancé sa campagne pour les prochaines élections municipales dans la cité des papes. Après Joël Peyre, puis plus récemment Paul-Roger Gontard, ils sont donc trois issus de la majorité actuelle à vouloir briguer la succession de Cécile Helle qui n’a pas souhaité se représenter lors du scrutin de mars 2026.
Militant socialiste depuis ses 14 ans, David Fournier a eu très largement le temps d’observer qu’une campagne électorale se mène à rythme bien particulier. Ni trop vite, ni trop lentement. Depuis 40 ans, il a eu également tout le loisir de voir combien il était important de respecter le ‘tempo’ des appareils. D’abord le temps des investitures avec le vote des militants locaux (il a été désigné par la section d’Avignon en avril dernier), puis l’adoubement par les instances nationales (c’est un proche d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS) et, enfin, le lancement officiel de la campagne lors d’une réunion publique en présence de ses soutiens. C’est donc le 3e étage de cette ‘fusée’ qui a été lancée lors d’un rassemblement qui vient de se tenir au parc du Clos de la Murette. Un lieu symbolique pour l’actuel adjoint au maire qui marque son enracinement dans les quartiers du Sud de la cité des papes. « Un ilot de fraicheur à proximité de la rocade, quartier populaire à côté duquel j’ai grandi puisque j’ai été respectivement élèves à Jean Henri-Fabre, Anselme-Mathieu puis Roumanille. Il est à proximité également de quartiers résidentiels et nous sommes symboliquement à la jonction des deux. Cela défini notre volonté de faire grandir le bien être ensemble, d’où que l’on vienne. »
« En 11 ans, Avignon s’est transformée. »
Sous la bannière ‘Ensemble et Solidaires’ près de 250 personnes, dont plusieurs personnalités de la gauche vauclusienne (voir encadré en fin d’article), se sont donc réunies pour écouter le candidat socialiste qui entend s’appuyer en premier lieu sur le bilan de Cécile Helle. « En 11 ans, Avignon s’est transformée, rappelle celui qui boucle son deuxième mandant aux côtés de la maire sortante. Nos enfants, même ceux des familles populaires peuvent partir en vacances avec ‘un été à Avignon’. La ville est largement désendettée. Les bâtiments sont rénovés. Le tramway apporte de la mobilité aux quartiers populaires notamment. Nos écoles sont rénovées et leurs cours végétalisées. L’intra-muros et le tour des remparts ont été rendus aux habitants grâce à nos aménagements de végétalisation et de piétonnisation. Je pourrais continuer longtemps avec la liste des réalisations que nous nous étions engagés à faire. A commencer par une dernière promesse tenue, celle de Cécile de ne pas briguer un troisième mandat. Ce qu’elle a réalisé est le plus difficile pour un élu : savoir dire ‘stop’ et poursuivre sa vie autrement, en faisant confiance aux siens pour continuer le combat. »
David Fournier (à droite) en compagnie d’Olivier Faure, premier secrétaire national du PS. Crédit :DR
S’il est donc élu, David Fournier veut s’inscrire dans les pas de la maire actuelle. Cependant, confronté à la réalité du terrain ainsi qu’aux contraintes nationales voire internationales, celui qui se voit comme le leader de la gauche avignonnaise souhaite aussi marquer sa différence à commencer par des thèmes où la gauche n’est pas forcément très à l’aise comme la sécurité ou le développement économique. « Il s’agira d’abord de défendre l’intérêt général humain plutôt que l’intérêt électoral de chacun. Avignon a besoin de toutes les compétences et de toutes les volontés. D’où qu’elles viennent ! »
« La sécurité, ce n’est pas un slogan. C’est un droit. »
Sécurité et propreté Bien que le détail du programme sera ‘co-construit’ à partir de septembre dans le cadre d’une large concertation lors de tables rondes et d’ateliers avec les militants et des représentants de la société civile, David Fournier entend déjà mettre en avant les problématiques de propreté et de sécurité dans cette campagne qui s’annonce. « La propreté est la première vitrine de notre ville. Elle est aussi le reflet de notre respect collectif », estime t’il en annonçant déjà des moyens accrus pour la propreté urbaine ainsi qu’une tolérance zéro pour les incivilités. « Il faudra aussi agir à l’échelle du Grand Avignon sur une meilleure gestion des déchets. » Côté sécurité, le candidat socialiste martèle : « La sécurité, ce n’est pas un slogan. C’est un droit. » Il préconise le recrutement de policiers municipaux supplémentaires : « il faut continuer le déploiement d’une police de proximité à l’instar de ce que nous avons fait à Saint-Chamand, au Pont-des-deux-eaux et sur la rocade avec la création d’un poste mixte police nationale et police municipale ». « Aujourd’hui, Avignon doit faire face à l’emprise croissante du narcotrafic, qui engendre violence et insécurité dans nos quartiers, faisant peser la peur sur de trop nombreux habitants », constate le candidat qui souhaite aussi la mise en place, jour et nuit, de brigades de tranquillité dans les quartiers sensibles ainsi que le renforcement de la vidéoprotection dans le respect strict des libertés individuelles. L’élu ne veut cependant pas miser sur ‘le tout sécuritaire’ : « Nous devons également faire le pari de la prévention, de l’éducation et de la présence humaine car on ne construit pas l’apaisement uniquement avec des caméras, mais avec de la confiance et du lien ». Le déploiement de médiateurs urbains en lien avec les associations locales et les forces de l’ordre est annoncé. « Je souhaite aussi développer dans les quartiers de nouveaux services publics de proximité. »
« L’emploi, c’est la dignité. »
L’économie n’est plus un mot tabou pour la gauche Conscient que pour pouvoir mieux partager la richesse, il faillait avant tout en créer, David Fournier rappelle que « les acteurs économiques ont un rôle essentiel à jouer et nous devons les accompagner ». Un soutien qu’il veut davantage marquer dans les secteurs des ICC (Industries culturelles et créatives), des énergies vertes, de l’installation des artisans et commerçants, de la redynamisation du commerce de proximité, de l’entrepreneuriat féminin et de l’insertion des jeunes. « L’emploi, c’est la dignité. Et la dignité doit être notre boussole. Notre ville a tout pour réussir : une histoire prestigieuse, un patrimoine d’exception, une jeunesse vivante, une position stratégique. Mais il faut libérer son potentiel. » Et pour libérer son potentiel, David Fournier a aussi compris que l’enjeu des mobilités sera l’un des thèmes majeurs de la prochaine campagne, particulièrement le dossier de la LEO (Liaison Est-Ouest).
« Il faut relancer le débat sur la LEO. »
« Nous avons besoin de bouger mieux, de respirer mieux. Avignon mérite un plan de mobilité du XXIe siècle qui prenne en compte la situation de la cité des papes : son insularité, la totalité du périmètre de son aire urbaine, son positionnement stratégique sur l’axe PLM (Paris, Lyon, Marseille) et celui l’Espagne et de l’Italie… Bref, avoir une vision pour demain. » Comme la compétence des transports dépend principalement de l’agglomération, il estime qu’il faut donc travailler au sein du Grand Avignon afin de développer des transports en commun et les mobilités douces, définir les extensions des réseaux de transports en commun vers les quartiers périphériques et les quartiers en construction, créer des pistes cyclables sécurisées supplémentaires ainsi que développer zones à faibles émissions.
Pour le lancement de sa campagne, David Fournier a réuni près de 250 personnes. Crédit :DR
« Pourquoi pas ne pas proposer le lancement d’un ‘Pass Mobilité Avignon’, accessible à tous, gratuit pour les moins de 18 ans, suggère-t-il ? Avec une révision des tarifs pour les familles en difficulté ou s’orienter vers la gratuité si nous en avons la possibilité financière ? » Mais l’urgence à ses yeux c’est le trafic sur la Rocade : « Nous devrons aussi agir sur ce point aujourd’hui source de tensions avec plus de 40 000 véhicules par jour, dont 1 500 camions, qui dégradent la qualité de l’air, la sécurité et la santé de milliers de riverains. Il faudra remettre à plat ce dossier. » Les solutions existent : réaliser une liaison intra autoroute à Orange entre l’A7 et l’A9 « pour nous éviter des milliers de véhicules chaque jours », et surtout « relancer le débat sur la LEO » afin d’obtenir des mesures de restriction pour les poids lourds de transit.
« Je ne promets pas des miracles, mais du travail et de l’écoute. »
« Je ne promets pas des miracles, mais du travail, de l’écoute, de la transparence, de la proximité et un engagement total, insiste-t-il pour conclure son propos devant un auditoire conquis. Je suis de ceux qui croient que la politique peut encore réconcilier. Que les élus doivent ressembler à leur ville, la porter avec tendresse mais aussi avec courage. Je suis un homme de dialogue, un homme de terrain, un homme profondément humaniste. »
Laurent Garcia
Union de la gauche : « Rien de grand ne se construit dans la division » Alors qu’ils sont trois de la majorité actuelle sur la ligne de départ pour ces élections municipales 2026, David Fournier a pu compter sur la présence d’une dizaine d’élus lors du lancement de sa campagne. Parmi eux notamment, Eric Deshayes de Génération.s, Mouloud Rezouali et Jean-Pierre Cervantes d’EELV (Europe écologie les verts), Julien De Benito du PCF 84 mais aussi Lucien Stanzione, sénateur PS de Vaucluse, ou bien encore le conseiller départemental de Vaucluse Samir Allel. « Notre mouvement ‘Ensemble et Solidaires’, incarne un espoir concret : celui d’un projet humaniste, audacieux, ancré dans les valeurs de gauche, et porté par le sens du collectif. Car nous le savons : rien de grand ne se construit dans la division. L’union de la gauche et des écologistes est une condition à notre réussite. Je salue d’ailleurs la volonté des partis politiques de gauche d’entamer des discussions sincères et unitaires. Cette conduite est tout à leur honneur. J’en serai à la hauteur et je l’affirme : nous sommes prêts et disponibles pour discuter », assure le candidat socialiste. Et quand on lui pose la question des divisions qui pourraient naître des rivalités avec ses Joël Peyre et Paul-Roger Gontard, ses ‘collègues’ de la majorité municipale, il répond : « contrairement à ce que peuvent dire les médias nous échangeons, nous nous rencontrons et nous avons tous le sens des responsabilités. »
Municipales à Avignon : Paul-Roger Gontard jette l’éponge
Il veut remplacer Helle. Pour cela Joël Peyre, conseiller municipal délégué aux finances et à la commission d’appel d’offre, au garage municipal, rapporteur du budget de la Ville d’Avignon ambitionne de rassembler les forces de gauches républicaines lors des prochaines élections municipales de mars 2026. Face à lui, un autre candidat déclaré, le socialiste David Fournier, qui, lui aussi revendique l’union des gauches locales tout en s’appuyant sur le bilan de la maire actuelle. L’ancien médecin généraliste avignonnais estime avoir l’expérience et la dynamique pour lui.
Réuni parmi ses nombreux soutiens de la société civile, Joël Peyre, l’élu délégué aux finances de la ville d’Avignon, vient de se lancer pour ces municipales 2026 dans la cité des Papes. Devant la presse, c’est donc au Grand café Barretta que l’ancien médecin généraliste avignonnais a déroulé les grandes lignes de sa campagne intitulé ‘Le printemps des Avignonnais’. « J’irai jusqu’au bout, car c’est parti pour aller jusqu’au bout » précise-t-il quant à un éventuel choix à faire entre les divers candidats de gauche pour un seul représentant aux municipales avignonnaises. La situation est en effet particulière : de la majorité actuelle de gauche qui gouverne la ville avignonnaise, deux candidats se sont déclarés pour succéder à la maire sortante Cécile Helle. Joël Peyre et David Fournier (élu récemment à la primaire du PS), sont donc en lice. « Nous avons tous été un peu surpris par la décision de Cécile Helle de ne pas se représenter. Certains m’ont dit il faut que tu y ailles, parce que tu es l’un des seuls à pouvoir rassembler suffisamment les gens. C’est un peu fortuit, car il se trouvait qu’on n’avait plus de candidat » contextualise Joël Peyre.
Continuer l’action de la municipalité actuelle Engagé auprès de la maire depuis le début du premier mandat en 2014, il « compte bien continuer son action, cette tâche qu’elle lui a confiée, au-delà de 2026 ». Celui qui annonce que « beaucoup d’élus sont derrière lui, dont la moitié de la majorité », veut « dépasser les logiques de clan pour entrer dans une logique de projet en construction, puis conduire l’union de tous ceux qui veulent travailler pour Avignon ». Le candidat entend par là un englobement de toute la gauche et une partie de la droite, mais avec des limites. Pas d’échanges avec le RN et « si LFI a des exigences qui ne sont pas acceptables, ça n’ira pas plus loin » assure le candidat qui, entre les lignes, estime que les Insoumis ne sont pas clairement aujourd’hui dans l’arc de la gauche républicaine. « On discutera avec ceux qui le veulent, mais ils devront adhérer à une liste et son projet, et non pas à Joël Peyre » clarifie l’adjoint délégué aux finances.
« Il sait ce que la ville peut faire et aussi ce que la ville ne peut pas faire. »
Arnaud Petitboulanger
Pour apporter de la valeur ajoutée à ce projet du collectif qu’il a dénommé ‘Le printemps des Avignonnais’, le candidat veut se démarquer par son expérience dans les finances communales. Un atout de taille pour ses soutiens, comme le souligne l’actuel conseiller délégué aux événements sportifs Arnaud Petitboulanger : « Joël Peyre est le trésorier de tous les sujets de la ville. Tous ces budgets-là, il les a financés. Il le fait en conscience parce qu’il sait ce que la ville peut faire et aussi ce que la ville ne peut pas faire ». De même que Pierre Maurel, président du PRG (Parti radical de gauche) en Vaucluse, constatant qu’il a « redressé les comptes de la ville sans augmenter la fiscalité ».
Le projet du Printemps des Avignonnais Le projet du collectif incarné par Joël Peyre rassemble des acteurs associatifs, des acteurs culturels, des acteurs sportifs et des habitants pour le coordonner et le coécrire. Pour cela, six commissions sont formées par ses membres : ‘la tranquillité, la sécurité et la mobilité’, ‘la propriété urbaine, le mobilier urbain, les travaux et les espaces verts’, ‘le développement économique’, ‘l’emploi et la solidarité’, ‘le sport, l’éducation et la santé’ ainsi que ‘la citoyenneté, les mairies annexes et les maisons communes’.
Revendiquer le bilan municipal actuel Joël Peyre mesure la portée de ses idées. Il estime qu’il faut atteindre plusieurs ambitions. D’abord se montrer digne de l’action de la majorité actuelle pour pouvoir la prolonger et l’amplifier. Puis refaire le bilan du dernier mandat et le revendiquer avec une poursuite des efforts sur la transition écologique et la quotidienneté. Et enfin impulser une dynamique de co-construction autour de la transition sociale, avec plusieurs impératifs : la lutte contre la précarité sous toutes ses formes (énergétique, alimentaire, économique, sanitaire), la transformation écologique et la transformation citoyenne avec plus d’implication des avignonnais dans le budget participatif. « Il s’agit de faire vivre la ville, c’est un vaste programme qui n’est pas encore totalement défini, puisque les Avignonnais en seront les co-auteurs » assure la tête de liste.
« Il ne faut pas qu’il y ait plusieurs candidats. »
Joël Peyre
Relever les défis de la propreté et de la mobilitéLes groupes sont en cours de développement et l’objectif est d’organiser une réunion mensuelle pour œuvrer sur les commissions définies par le collectif. « Il n’y a pas de domaine dans lequel on a vraiment péché, suggère Joël Peyre à propos du mandat actuel. Mais il y en a beaucoup dans lesquels il y a encore des choses à faire, par exemple, la propreté urbaine n’est pas parfaite, le soutien du quotidien des routes n’est pas idéal, les moyens et l’investissement pourraient être améliorés. » Il s’attarde sur les enjeux comme la mobilité qui est « un problème important aussi dans les aménagements urbains, dans l’aménagement structuré de la ville, sur lequel on n’a pas eu la main » précise-t-il à propos de cette compétence qui relève notamment de l’agglomération du Grand Avignon. « Moi je considère que le maire d’Avignon ne peut pas être président de la communauté d’agglomération, parce que cela demande trop d’efforts » affirme le candidat qui estime cependant que c’est un élu avignonnais qui doit être à la tête de l’intercommunalité, sans pour autant cumuler avec un poste de maire d’Avignon. « Cela demande un véritable temps plein », argumente-t-il.
Joël Peyre compte sur l’influence des partis politiques qui, « incontournables et indispensables, par leur pluralité grandissent un peu la démocratie ». Cependant, il évoque un « charisme écorné ». « Vu la capacité des partis à rassembler en ce moment, il faut aussi qu’ils fassent preuve d’humilité devant les citoyens qui s’élèvent. Il faut donc s’unir avec eux, se retrouver avec eux ». C’est pourquoi il compte sur une gauche unie autour d’une même figure pour une meilleure cohérence de proposition politique auprès de la population avignonnaise. « Il ne faut pas qu’il y ait plusieurs candidats » exhorte Joël Peyre.
« La force tranquille. »
Thierry Vallejos
« Je pense qu’il donne l’image d’une personne solide, stable, la force tranquille » annonce Thierry Vallejos, conseiller municipal délégué à l’implication citoyenne et à la démocratie implicative. Une idée reprise par un soutien de la salle qui ajoute que « cela rassure, donne confiance ». De son côté, le conseiller délégué aux musées, bibliothèques et culture provençale Bernard Autheman, considère que Joël Peyre est « un homme capable de réunir les Avignonnais, de réunir l’équipe municipale, de l’élargir. Un homme en qui les Avignonnais vont pouvoir se reconnaître autour d’un soutien, d’un projet solidaire et avoir confiance ». Quant à Philippe Pascal de la GDS (Gauche démocratique et sociale), ancien ‘insoumis’ et candidat malheureux de l’Union de la gauche aux législatives de 2024, en tant qu’inspecteur à l’Urssaf il a pu apprécier « son intégrité et sa compétence ». Philippe Pascal, ayant reçu un grand soutien aux législatives de la part de la majorité municipale, a décidé de suivre Joël Peyre qui n’est pas de son parti « mais qui a les mêmes sensibilités sociales, économiques, humaines, dont il est le garant ».
« C’est la dynamique impulsée par le candidat qui fera la différence. »
Joël Peyre
Face à la question des deux candidatures issues de la majorité municipale sortante, la tête de liste du projet ‘Le printemps des Avignonnais’ a une approche pragmatique : « c’est la dynamique qui va départager le candidat, une dynamique qu’il pourra impulser autour de lui et qui fera la différence ». Cécile Helle, maire d’Avignon, ne disait pas autre chose dans nos colonnes tout récemment estimant « qu’il faudra une personne et une équipe capables de porter un projet ». Ajoutant que son concurrent David Fournier « a toute sa place dans une majorité municipale, il est le premier des socialistes, mais il n’est pas à la tête d’une liste. Ce n’est pas la même chose, à partir de là, il faut discuter » insiste-t-il face aux interrogations répétées des journalistes sur cette forme de désunion de fin de mandat. « Je pense également qu’une liste devrait être incarnée par une tête de liste. Celle-ci fait beaucoup dans la qualité de la liste qu’elle présente. David et moi ne sommes pas identiques. Cela ne sera pas la même liste et cela ne sera pas le même mode d’action. » La décision finale, sur le choix de la tête de liste parmi David Fournier et Joël Peyre devrait donc être prise à l’automne, « au mieux dans l’été », car « si on joue à qui perd-gagne, on va perdre » assure, Joël Peyre.
Amy Rouméjon Cros & L.G.
Municipales à Avignon : Paul-Roger Gontard jette l’éponge
En étant désigné par la section PS d’Avignon, David Fournier, déjà adjoint au maire de l’équipe actuelle, sera le chef de file des socialistes pour les prochaines élections municipales qui se dérouleront en mars 2026. Son objectif : rassembler les forces de la gauche démocratique afin de succéder à Cécile Helle qui a récemment fait part de sa volonté de ne pas se représenter.
« Le premier des devoirs que j’avais, c’était d’unir notre parti », explique David Fournier lors de l’officialisation de sa désignation (89% sur 65,12% des inscrits) par la section du PS (Parti socialiste) d’Avignon comme chef de file aux prochaines municipales. « C’est chose faite : le PS est désormais rassemblé », poursuit celui qui est aussi adjoint au maire délégué à l’administration générale, au personnel, aux systèmes d’information et à la gestion de crise de l’équipe municipale actuelle.
Le fair-play de Zinèbe Haddaoui Une union notamment rendue possible par le fair-play de Zinèbe Haddaoui, également adjointe à Avignon, l’autre candidate encore en lice lors de cette désignation au sein du parti suite au désistement d’un 3e candidat, Fabrice Tocabens, lui-aussi adjoint à la mairie. « J’ai déjà assisté à des campagnes internes où cela ne s’est pas toujours bien passé, confesse David Fournier du haut de ses 40 ans de militantisme à son adversaire d’un soir. Ici, il n’y a eu aucun affrontement car tu t’es inscrite dans une démarche s’appuyant sur de vraies valeurs. Tu as voulu peser de toutes tes forces pour tes convictions de gauche. Tu y as fortement réussi. Je ne te décevrai pas. » Une attitude que confirme Maryline Croyet, co-secrétaire de la section PS d’Avignon, qui insiste sur la contribution de Zinèbe Haddaoui à « la qualité des débats » ainsi que « son soutien immédiat à David malgré la déception du résultat ». « Il faut remercier Zineb, complète Lucien Stanzione, sénateur socialiste de Vaucluse venu assister à cette présentation du candidat avignonnais. « Elle a su créer une émulation interne avant d’appeler à l’union derrière David afin que la section d’Avignon soit entièrement rassemblée derrière lui. »
Rassembler la gauche républicaine « Maintenant, en tant que premier des socialistes, j’ai le devoir de rassembler toute la gauche, annonce David Fournier, élu municipal depuis 2008 dont 6 ans dans l’opposition. J’appelle donc au rassemblement d’une gauche républicaine, sociale, écologique et progressiste. » Pour cela, le PS avignonnais a déjà commencé à dialoguer avec ses potentiels alliés : le Parti communiste (PC), Génération.s, les Verts… « Si nous avons désigné nos représentants, il reste cependant à ces formations à désigner les leurs, rappelle David Fournier. Donc, si des discussions ont bien été amorcées, elles ne sont pas officielles car nous devons respecter les processus de désignation de nos partenaires. C’est seulement à ce moment-là que nous pourrons travailler ensemble sur le programme. »
David Fournier, adjoint au maire d’Avignon.
Quid de LFI ? Dans ces pourparlers préliminaires des forces de gauche, on constate un grand absent : LFI. « La France insoumise a fait un communiqué de presse indiquant qu’ils voulaient une rupture avec le bilan de la majorité municipale, constate David Fournier qui souhaite s’inscrire dans la continuité de l’action de l’équipe sortante dont il fait partie. Est-ce que cette rupture, c’est une rupture avec la remunicipalisation des cantines scolaires ? Est-ce que c’est une rupture avec la gratuité des musées qui permet l’accès à la culture pour tous ? Est-ce que c’est une rupture avec la gratuité des garderies scolaires ? Est-ce que c’est une rupture avec les rénovations de classes ou celle de la bibliothèque Renaud-Barrault ? Du moment où on dit qu’il y a une rupture avec un bilan qui a été porté par Génération.s, le Parti socialiste, par le Parti communiste, cela me paraît compliqué. Ils se sont mis en dehors tout seul. » On l’aura donc compris, pour les socialistes avignonnais les LFI ne s’inscrivent pas à ce jour dans l’arc de la gauche républicaine. Et ce d’autant plus que LFI ambitionne de présenter systématiquement des candidats dans toutes les villes de plus de 9 000 habitants. La victoire du controversé Raphaël Arnault, dans la circonscription d’Avignon lors des dernières élections législatives ne devrait certainement pas inciter le parti de Jean-Luc Mélenchon à passer pour l’instant son tour dans la cité des papes.
« Je suis convaincu de la centralité du PS dans cette élection. »
« Toutefois, rien n’exclut de dialoguer ultérieurement même si cette formation politique a parfois pour habitude de se compter aujourd’hui pour mieux penser à autre chose après-demain, précise Lucien Stanzione. Donc, s’il y a moyen de discuter et de trouver un éventuel accord, pourquoi pas ? Mais cela ne sera pas n’importe quoi, ni n’importe comment. » Le message est clair : si accord il y a, cela sera aux conditions du PS et de ses alliés et non l’inverse. « Je suis convaincu de la centralité du PS dans cette élection, martèle David Fournier. Aujourd’hui quand on observe la composition de la liste majoritaire au conseil municipal, on constate la position centrale du Parti socialiste, avec une majorité qui va des communistes jusqu’au centre. C’est cela qui forme un bloc majoritaire aujourd’hui dans la ville. Et pour gagner ces élections, je suis convaincu que seule notre position de centralité et ce bloc seront déterminants. »
Avignon au centre du jeu ? « Nous avons une obligation et un devoir de réussite. Pas uniquement pour les forces de gauche, mais pour les avignonnais », poursuit David Fournier qui rappelle que le principal adversaire c’est le RN (Rassemblement national) : « Il y a un vrai risque sur Avignon. Il suffit d’avoir des divisions entre nous pour qu’ils arrivent aux responsabilités. Si Avignon tombait ainsi aux mains du Rassemblement national, c’est tout le département puis la région qui seraient en danger ensuite. » « De cette élection va dépendre beaucoup de choses, insiste pour sa part Lucien Stanzione, car il ne faut pas oublier que derrière, nous avons les régionales, les cantonales, les présidentielles puis les sénatoriales. Avignon, ville-centre et ville-préfecture est essentielle pour l’avenir du Vaucluse. » « J’avais un objectif en organisant ce vote, explique Maryline Croyet, co-secrétaire de la section PS d’Avignon. C’était que nous sortions plus fort de ce vote. Cela passait par des débats sereins et respectueux. Aujourd’hui, place au travail. Avignon ne mérite pas une guerre d’égo. La ville mérite un rassemblement d’une gauche républicaine. »
Les velléités de Joël Peyre, le silence de Cécile Helle Dans cette optique, la candidature du PRG (Parti radical de gauche) Jöel Peyre, lui aussi élu à Avignon en charge des finances, vient néanmoins brouiller les pistes de cette union. « Je suis en relation quotidienne avec Joël Peyre, assure David Fournier qui est aussi vice-président du Crédit municipal d’Avignon. Nos bureaux se touchent depuis 2014. Nous sommes dans un échange permanent. C’est un ami et cela a toujours été un allié du Parti socialiste. Cela le restera. » Le silence de Cécile Helle, la maire actuelle, pose également question pour certains. « C’est normal qu’elle n’ait pas pris position. Elle souhaite conserver l’unité de sa majorité et je la comprends. Il reste encore un an de mandat. Nous avons donc aussi cette obligation de le terminer correctement », reconnaît David Fournier qui entend assumer le bilan de cette dernière « qui a transformé Avignon ».
« Ce bilan, nous le défendrons et nous en sommes fiers. »
« Ce bilan, nous le défendrons et nous en sommes fiers. Il y a des choses qu’on a très bien réussies et d’autres moins. Cependant, je rappelle que ce mandat a été un peu particulier. Les crises se sont succédées. Nous n’avions jamais connu cela : crise économique, sanitaire, énergétique, inflationniste, institutionnelle… Nous n’avons jamais construit un budget qui ne soit pas issu d’une crise. Dans le même temps, depuis 2014, Avignon a vu ses dotations baissées de 71M€. Malgré cela, nous avons été sacrément protecteurs vis-à-vis des Avignonnais. Nous avons réduit la dette en passant de 9,5 années d’endettement à un peu plus de 7 aujourd’hui. Le tout en maintenant les niveaux d’investissements et sans augmenter les impôts. Dans ces circonstances, nous avons eu une gestion que j’estime exceptionnelle. »
Les maires socialistes : les bâtisseurs d’Avignon Et le néo-candidat au poste de premier magistrat de la cité des papes de rappeler que les grands maires bâtisseurs d’Avignon ont presque toujours été des socialistes : « Je pense à Paul Rouvier à qui nous devons la création du festival d’Avignon avec Jean Vilar en 1947. Je peux aussi citer Henri Duffaut qui, durant ces 5 mandats, a construit l’Avignon d’après-guerre dans un contexte difficile avec l’accueil des rapatriés notamment. C’était un visionnaire ayant permis la construction de l’hôpital que nous connaissons toujours ainsi que de la plupart des grands équipements de la ville. Il y a aussi eu Guy Ravier, disparu en octobre 2023, qui nous a apporté l’Université d’Avignon situé à Sainte-Marthe et ainsi que la gare TGV dans la zone de Courtine. Je n’oublie pas le député-maire Louis Gros qui fera partie des 80 parlementaires qui se sont élevé à l’Assemblée Nationale contre les pleins pouvoirs demandés par Pétain. Pour cela, il a risqué sa vie. »
« Je pense à la CCI de Vaucluse avec qui nous travaillons main dans la main. »
Une ouverture vers le monde économique ? Si David Fournier entend revendiquer l’héritage des mandats de Cécile Helle, côté réajustement il souhaite aussi rappeler son intérêt pour le monde économique. « Nous sommes très attachés à la vitalité du monde économique, déclare celui qui ne serait pas hostile à ouvrir sa liste à la société civile pour peu que les valeurs de gauche soient partagées. D’ailleurs, si on a fait beaucoup plus d’investissements, c’est que nous avons voulu être un acteur de la vie économique locale. Nous sommes très attentifs aux activités touristiques ou culturelles dont les retombées sont incroyables pour cette ville. Mais il y a aussi de nombreux autres secteurs d’activité à développer. Nous avons ‘quelques’ idées novatrices pour attirer des entreprises sur Avignon. Il y a aussi des institutions économiques très importantes avec lesquelles la maire et la Ville ont tissé des liens importants. Je pense à la CCI de Vaucluse notamment avec qui nous travaillons main dans la main. Avec eux, seule la notion d’intérêt général prime. Et grâce à cela nous sommes capables de vrais succès comme la requalification de la gare centre. C’est l’exemple parfait de compétences mêlées, de coordination et de travail en commun. Sans cela, il n’y a pas de réussite. »
Laurent Garcia
Portrait : « Il aime les gens » Lors de la présentation de David Fournier, Maryline Croyet, co-secrétaire de la section PS d’Avignon, a dressé le portrait de celui qu’elle connaît depuis 30 ans. « C’est un pur Avignonnais. Il est né ici, y a fait ses études et y travaille. Il a les deux pieds enracinés à Avignon. » Jeune militant du MJS (Mouvement des jeunes socialistes), il s’est engagé en politique dès 14 ans. « Quand on connaît son père et sa mère, cela ne pouvait pas être autrement. Il était né pour faire de la politique et du syndicalisme. » Si son père a le syndicalisme chevillé au corps, c’est surtout sa mère qui va marquer le paysage politique locale. En 1998, Michèle Fournier-Armand sera la première femme à devenir conseillère générale (fonction aujourd’hui renommée conseillère départementale) de Vaucluse. Sa mère deviendra ensuite députée de Vaucluse de la première circonscription de Vaucluse en 2012. Elle échouera cependant à prendre la ville d’Avignon en 2008. Entre victoires et défaites au fil du temps, Maryline Croyet a appris à connaître celui qui partage la fonction de secrétaire avec elle : « Aujourd’hui, personne ne peut remettre en question son expérience, ses compétences, ses capacités de pouvoir gérer cette ville. David c’est quelqu’un qui est très à l’écoute, qui sait entendre. Il est très attaché à la justice sociale. Il est toujours attentif à ce que peuvent nous dire les gens, à ce qu’ils peuvent ressentir. C’est quelqu’un de très fédérateur. Il sait repérer les qualités des personnes. Je crois que c’est très important quand on veut gérer une équipe, susciter une dynamique, aller chercher le meilleur dans chacun d’entre nous. Il aime les gens. C’est fondamental quand on veut être maire et que l’on veut porter une vision et un projet ».
Municipales à Avignon : Paul-Roger Gontard jette l’éponge
Alors que les élections législatives se dérouleront les dimanches 30 juin et 7 juillet prochains, c’est entre la gauche et le RN que devrait se jouer la 1re circonscription de Vaucluse. Le choix par les appareils nationaux d’un candidat ‘parachuté’ pour mener la liste du nouveau Front populaire semble cependant loin de faire l’unanimité au sein des différents courants de gauches locaux qui craignent, qu’après l’erreur de casting de 2022, ce choix très controversé ne débouche, cette fois-ci, sur un ‘accident industriel’ en offrant le grand chelem au parti de Marine Le Pen dans toutes les circonscriptions du département.
« Nous avons souhaité que notre candidat à ces prochaines législatives connaisse le territoire et ses attentes. C’était un impératif », insiste Lucien Stanzione, sénateur socialiste de Vaucluse, afin d’évoquer le profil des postulants à la députation dans la 1re circonscription du département lors des élections des 30 juin et 7 juillet prochains. Rappelons qu’auparavant, l’annonce du parachutage d’un candidat LFI (La France insoumise) lyonnais pour briguer ce siège de député pour Avignon, Le Pontet et Morières-lès-Avignon avait fait l’effet d’un véritable électrochoc au sein de la gauche avignonnaise.
Gauche de rupture Il faut dire qu’avec Raphaël Arnault, ce choix imposé par les états-majors parisiens suscite de vives réactions. Co-fondateur en 2018 à Lyon de l’organisation antifasciste La Jeune garde, dont il a été aussi pendant longtemps le porte-parole, le militant d’extrême gauche de 29 ans, prône « une gauche de rupture ». Un activisme qui lui aura notamment valu d’être agressé en 2021 à la gare de Lyon à Paris par plusieurs militants des ‘Zouaves Paris’, groupuscule d’ultradroite dissout en 2022. Pour ses détracteurs, le parcours de Raphaël Arnault suscite surtout des inquiétudes. De quoi d’ailleurs s’attirer les foudres des médias du groupe de Vincent Bolloré. Fiché S pour des faits de violences selon Europe 1 notamment, cet assistant d’éducation aurait eu aussi maille à partir avec la militante ‘féministe identitaire’ Alice Cordier, qui a déposé une main courante contre ce dernier pour avoir proféré de menaces de mort à son encontre. Jamais condamné, Raphaël Arnault a aussi été entendu tout récemment par la police nationale pour apologie du terrorisme suite aux attaques du Hamas en Israël le 7 octobre dernier. Une convocation « contre ceux qui défendent ardemment les droits des palestiniens » dénoncée par la Jeune garde.
Raphaël Arnault, co-fondateur à Lyon du mouvement anti-fasciste la Jeune garde, et sa suppléante Mathilde Millat, militante du NPA sur Lyon également.
Candidat ‘antifa’ contre candidate ‘antifada’ Du pain béni pour Catherine Jaouen, députée RN sortante qui n’en demandait pas tant alors que son parti venait déjà de virer en tête sur Avignon lors des dernières européennes avec 28,67%, suivi par LFI (22,10%) et Raphaël Glucksmann (10,97%). La suppléante de Joris Hébrard – ce dernier ayant été élu à l’Assemblée en 2022 avant de lui céder sa place l’an dernier pour retrouver son fauteuil de maire du Pontet – voyait là l’occasion de jouer la carte de la modération en communiquant, sitôt l’investiture nationale de Raphaël Arnault connue, sur le fait que « la violence politique n’a pas sa place en Avignon. » Une ‘victimisation’ qui permettait dans la foulée à l’élue vauclusienne de lancer un appel au rassemblement de « tous les partis de l’arc républicain et démocrate afin de dénoncer cette candidature et à se mobiliser pour faire barrage à l’extrémisme politique des LFI. » La recette semble fonctionner à merveille. ‘L’épouvantail’ Raphaël Arnault mobilisant à 200% les sympathisants RN et finissant de convaincre une partie des électeurs de la droite républicaine locale de rejoindre le camp des pro-Bardella. Pire encore, l’effet repoussoir est tel que même certains militants de gauche excédés se déclaraient anonymement prêt à franchir le Rubicon du vote en faveur du parti de Marine Le Pen. Et les proches de la députée RN de jouer la carte d’une proximité pagnolesque par opposition à ce parachutage au parfum des Gones : « C’est peut-être le candidat antifa, mais nous c’est la candidate antifada. »
Réaction d’urgence Ces retours du terrain de l’électorat vauclusiens seront tels qu’il ne faudra pas plus de 48 heures pour que les élus de gauche locaux prennent conscience des risques que fait peser cette candidature sur les résultats de la 1re circonscription de Vaucluse. « L’électorat de gauche ne se reconnaît pas dans cette candidature aussi clivante prônant la violence dans la lutte contre l’extrême-droite, explique Cécile Helle, maire d’Avignon. Ce parachutage, c’est irrespectueux ! Il était donc inenvisageable que j’apporte mon soutien à une candidature qui est à l’inverse des valeurs que je défends. » Même constat pour le sénateur Stanzione pour qui ce candidat « développe des idées qui ne correspondent pas à la vision et les attentes de notre territoire ». Au final, dans sa très grande majorité, la gauche local a donc décidé de ne pas se soumettre aux insoumis tout en annonçant dans la foulée son soutien à une candidature alternative.
La candidature Philippe Pascal C’est donc Philippe Pascal, un ancien LFI aujourd’hui militant au sein de la Gauche démocratique et sociale (GDS), qui partira à la conquête de cette 1re circonscription. Suppléé par Annie Rosenblatt, élue au conseil municipal d’Avignon sous l’étiquette Les écologistes-EELV, c’est ensemble qu’ils porteront les couleurs du ‘Front populaire de Vaucluse’. Si elle est considérée comme dissidente par LFI, cette démarche est toutefois soutenue au niveau départemental par le parti socialiste, les Ecologistes, GDS, Génération.s et Place publique dont les logos apparaissent sur les tracts officiels de ce Front Populaire ‘made in Vaucluse’. Le PCF 84 ainsi que le PRG 84 ont aussi depuis annoncé leur ralliement.
« D’inspecteur voyou, je suis passé à Robins des bois de l’Urssaf. »
Philippe Pascal
Face au profil antifa de Raphaël Arnault, Philippe Pascal présente un parcours qui a également tout pour séduire les ‘purs’ du peuple de gauche. Âgé de 67 ans, ce natif de la Croix des Oiseaux, habitant aujourd’hui aux Rotondes, est un ancien inspecteur de l’Urssaf. A ce titre, c’est lui qui, missionné en 2010 par le Codaf (Comité opérationnel départemental anti-fraude), contrôlera le restaurant les Agassins au Pontet. Une affaire qui débouchera ensuite sur une très longue procédure qui l’opposera à François Mariani, propriétaire des lieux et alors aussi président de la CCI de Vaucluse. « J’ai gagné 3 procès contre lui et d’inspecteur voyou je suis passé à Robins des bois de l’Urssaf. »
Engagement humanitaire de longue date à Gaza Militant au MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) dès 1974, ce diplômé des sapeurs-pompiers est aussi un infatigable humanitaire. Présent au Niger, il a également fait partie de la première mission mondiale qui est entrée dans Gaza en 2009, au lendemain du cesser le feu suite à l’opération militaire israélienne ‘Plomb Durci’. Président de l’association ‘Un pont pour la paix’ il retournera à Gaza « en passant par des tunnels » en 2011 puis en 2013. En février dernier, il tentera à nouveau vainement d’apporter son aide mais le passage vers Gaza sera finalement jugé trop dangereux. Il restera alors bloqué côté égyptien, à Port-Saïd, où il travaillera avec le Croissant Rouge ainsi que dans plusieurs hôpitaux du secteur.
« Côte à côte comme un symbole : un militant pro-palestinien et une militante juive contre l’extrême-droite. »
De son côté, sa suppléante rappelle aussi son engagement : « Dès que le RN dérape, je suis toujours en face que ce soit au conseil municipal ou au Grand Avignon où je suis aussi conseillère communautaire. » « Je suis en phase avec les idées que défend Philippe Pascal, poursuit Annie Rosenblatt. J’apporte une touche écologiste en étant mobilisée sur des sujets comme la Zac d’Entraigues, l’aéroport, la LEO… mais surtout, nous sommes aux côtés des gens pour entendre leurs souffrances et leurs espoirs. » « C’est important que nous nous trouvions côte à côte, insiste Philippe Pascal. Comme un symbole : un militant pro-palestinien et une militante juive contre l’extrême-droite. » « Cette candidature, c’est une gauche de combat contre les inégalités », martèle Cécile Helle.
Règlement de compte chez les LFI ? Avec un tel ADN ayant toutes les chances de fédérer les électeurs de gauche, on peut légitimement s’interroger sur les raisons qui ont empêché ce binôme d’obtenir l’investiture nationale du Front populaire. « Quand j’étais chez LFI, j’ai eu des discussions musclées avec Manuel Bompard (ndlr : coordinateur national des Insoumis). Depuis, il ne me porte pas dans son cœur », avance Philippe Pascal pour expliquer ce court-circuitage. Il poursuit : « nous avions le soutien de nombreuses familles politiques de la gauche vauclusiennes, nous avions le soutien des élus locaux de gauche, nous avions le soutien de François Ruffin ou bien encore de Raphaël Glucksmann, mais ‘monsieur’ Bompard a choisi la candidature de la dissidence. Ce parachutage a été décidé pour que je ne sois pas élu. »
« Il y avait donc nécessité d’agir rapidement car nous prenions le risque de perdre alors que nous avons la légitimité du fruit de notre travail que nous réalisons à Avignon depuis 10 ans, justifie la maire de la cité des papes. Si nous ne l’avions pas fait, on nous l’aurait reproché. » Seul hic, en arrivant en tête des partis de gauche à Avignon aux élections européennes, la direction nationale de LFI estime que c’est à elle seule de décider qui doit être partir sur Avignon. Quitte à investir Raphaël Arnault qui n’avait pas hésité à se lancer face à la Nupes dans la 2e circonscription du Rhône aux législatives de 2022 (6,81% au 1er tour). Une circonscription aujourd’hui conservée par les écologistes. C’est donc en Vaucluse que le jeune antifa lyonnais, qui a été auditionné à l’Assemblée nationale sous le nom de Raphaël Archenault dans le cadre d’un débat sur la lutte contre le terrorisme d’extrême droite, sera candidat avec sa suppléante Mathilde Millat, une militante du NPA de 26 ans travaillant dans le milieu associatif sur Lyon.
« Il y a déjà eu un candidat LFI. Il a échoué. »
Cécile Helle, maire d’Avignon
« Il y a déjà eu un candidat LFI. Il a échoué, rappelle Cécile Helle. Pourtant, quand on voit le profil de cette circonscription, nous devrions déjà avoir un député de gauche depuis 2022. » La maire d’Avignon fait ainsi clairement référence aux précédentes législatives où le choix du candidat Insoumis Farid Faryssy (sous la bannière Nupes), un proche de Manuel Bompard, n’avait pas permis de mobiliser pleinement dans cette circonscription pourtant constituée d’un solide socle d’électeurs de gauche. Certains reprochant à l’avocat avignonnais d’être une ‘erreur de casting’ en ayant permis l’élection d’un député RN à 656 voix près. Ne voulant pas renouveler cette erreur et ainsi éviter cette fois-ci ‘un accident industriel’ en permettant au RN de réaliser un potentiel grand chelem dans les 5 circonscriptions de Vaucluse, la quasi-totalité de la gauche vauclusienne semble déterminée à mener ce combat jusqu’à son terme. « J’ai besoin d’avoir un député de gauche, persiste la maire d’Avignon. Un député de combat qui puisse accompagner, défendre et comprendre ce territoire. Et je sais de quoi je parle puisque j’ai été députée de cette circonscription. »
« On gagnera avec ou sans lui. »
Philippe Pascal, candidat du Front populaire Vaucluse
Place à une campagne éclair « Nous irons jusqu’au bout, prévient dans la foulée Cécile Helle. On fera campagne, on se mobilisera. Toutes les voix vont compter. Le seul barrage au RN c’est Philippe Pascal et Annie Rosenblatt et cela dès le 30 juin. » « Nous avons déjà fait barrage au RN. On sait faire et on a l’expérience des campagnes », assure David Fournier, adjoint au maire d’Avignon qui promet une mobilisation sans faille sur le terrain durant les quelques jours que durera cette courte campagne électorale. « Soit on laissait faire et on avait la certitude d’aller à l’échec, soit on se donnait une chance de gagner alors que l’on en avait aucune », résume Eric Deshayes, adjoint au maire d’Avignon (membre exécutif de Génération.s) et directeur de campagne de Philippe Pascal et Annie Rosenblatt. « On gagnera avec ou sans lui », prévient Philippe Pascal qui espère cependant encore que Raphaël Arnault jettera l’éponge d’ici l’élection. Une demande partagée par Fabien Roussel, secrétaire national du parti communiste français, qui aussi réclamé ce retrait. « Il y a la lutte contre le RN, mais il y a surtout la lutte pour les Français », rappelle le sénateur Lucien Stanzione qui a peut-être compris que l’enjeu était davantage d’élire un député pour le Vaucluse que pour Rafah…
Municipales à Avignon : Paul-Roger Gontard jette l’éponge
David Fournier à la présidence. Jean-Dominique Faedda en tant que secrétaire-adjoint. Le Crédit municipal d’Avignon est particulièrement bien représenté au sein de son instance nationale.
David Fournier, vice-président du Crédit municipal d’Avignon, vient d’être réélu à l’unanimité à la présidence de la Conférence permanente des Caisses de Crédit Municipal. Egalement adjoint délégué à l’administration générale, au personnel, aux systèmes d’information et à la gestion de crise à la mairie d’Avignon, l’élu a été désigné pour un nouveau mandat de 3 ans. Il aura pour mission de poursuivre la défense des intérêts communs de ces établissements publics locaux réunis au sein de cette association regroupant près d’une vingtaine de Crédit municipaux* disposant d’une petite cinquantaine d’antennes réparties sur l’ensemble du territoire national. Par ailleurs, Jean-Dominique Faedda, directeur général du Crédit Municipal d’Avignon a été, lui aussi, réélu au poste de secrétaire-adjoint.
Avignon doyen des Crédits municipaux en France La Caisse de Crédit Municipal d’Avignon est l’héritier direct du Mont de Piété d’Avignon qui a commencé son activité de prêts sur gages le 17 avril 1610. C’est l’établissement le plus ancien en France. Le prêt sur gage est aujourd’hui un service public règlementé permettant des prêts en urgence contre le dépôt en garantie d’un objet de valeur. Le Crédit municipal d’Avignon, qui dispose aussi d’antennes à Arles, Carpentras et Valence, propose également des comptes à vue aux personnes physiques et aux associations, des livrets et placements ainsi que des prêts personnels jusqu’à 75 000 € et des microcrédits.