11 juin 2026 |

Ecrit par le 11 juin 2026

Le parc des libertés célèbre La Marseillaise

C’est la 4e édition de la nouvelle mouture de la Fête de la Marseillaise organisée par nos nos confrères du quotidien régional La Marseillaise et de la fédération PCF de Vaucluse.

L’évènement initiée en 1952 avant d’être mise en sommeil en 2016, cette fête a fait son grand ‘comeback’en 2023, dans la foulée du retour de l’édition vauclusienne de la Marseillaise dans le département en septembre 2022 et de son équipe rédactionnelle composée de Florent de Corbier renforcé depuis par un autre journaliste : Mack Salman.

Pour cette édition 2026, qui se déroulera de 10h à 20h30 ce dimanche 24 mai au Parc des Libertés sur l’île de la Barthelasse à Avignon, la Fête de la Marseillaise rendra notamment hommage à Roger Martin, auteur et chronique littéraire de La Marseillaise décédé récemment brutalement (voir programme ci-dessous). A cette occasion, trois de ses amis et auteurs, Philippe Pivion, Antoine Blocier et Philippe Paternolli dialogueront autour de la dimension sociale du roman noir.
Autre temps forts, l’événement accessible à tous gratuitement proposera également un débat sur le thème ‘La démocratie mise en péril par le numérique ?’. Plusieurs parlementaires des forces de gauche participeront à cette réflexion.

Plus d’un millier de personnes attendues
« C’est la fête du journal La Marseillaise, organisée par les militants du PCF, qui permet de mettre en avant la qualité du journal qui relaye les luttes sur notre territoire, comme pas plus tard que ce mercredi où j’ai croisé un journaliste devant l’usine Eurenco », explique Julien De Benito, secrétaire départemental du PCF 84 dans les colonnes de notre confrère dans son édition du 21 mai.
Par ailleurs, plus d’une vingtaine d’associations seront également présentes tout au long de la journée, de même que des jeux pour enfants, une exposition sur les 90 ans du Front Populaire, une tombola et des espaces de restauration/buvette lors de cet événement politique, « pensé comme un lieu d’échanges et de débats où se retrouve toute la gauche », précise Julien De Benito.
Plus d’un millier de personnes est attendu lors de cette fête de la démocratie locale.

L.G.

Fête de La Marseillaise. Dimanche 24 mai 2026. De 10 à 20h30. Île de la Barthelasse. Parc des Libertés. 4632, route de l’Islon. Avignon ; Entrée libre.

Le programme en détail
10h30 : Débat ‘Le rôle social du roman noir’ avec hommage à Roger Martin, auteur et chronique littéraire de La Marseillaise, décédé brutalement en janvier en présence des auteurs Philippe Pivion, Antoine Blocier et Philippe Paternolli.
12h : Prise de parole de Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise.
14h15 : Théâtre ‘Emballages’, pièce d’André Benedetto interprétée par la compagnie La Parole Rouge.
15h15 : Débat ‘La démocratie mise en péril par le numérique ?’ Avec Alexandre Basquin, (sénateur PCF), Pierre-Yves Cadalen (député LFI), Thomas Dossus (sénateur LE), Lucien Stanzione (sénateur PS).
17h : prise de parole de Delphine Jordan (PCF). Concert, Reno Bistan, Chansons politiques, poétiques et humoristiques. Suivi de la Chorale Sauvage.
Crédit : Serge Bartolotti (édition 2025)
 


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A les entendre tous les partis politiques ont une excellente raison de se satisfaire des scores de leurs candidats aux dernières élections municipales. Toutes tendances confondues ils ont tous gagné. Même les éconduits, ils ont été incompris et feront mieux la prochaine fois, c’est certain. Au terme de cette séquence, présentée comme un avant-goût de l’échéance présidentielle de l’année prochaine, la lisibilité politique n’est pas des plus claire…

Les français se sont-ils passionnés pour ces élections municipales. Oui et non. Les alliances qu’elles soient de gauche ou de droite ont-elles été de bonnes ou mauvaises stratégies ? Oui et non. Les partis situés aux extrémités de l’échiquier politique ont-ils progressé ? Oui et non. Y-a-t-il eu du dégagisme à l’endroit de certains élus ? Oui et non. Y voit-on plus clair pour l’élection présidentielle d’avril 2027 ? Là au moins on est sûr que non.

Cette séquence des élections municipales 2026 aura été un vrai moment de démocratie

Une autre chose est certaine, cette élection qui a mis au cœur de l’actualité nos préoccupations locales, a permis de mettre en parenthèses pour quelques jours les folies « trumpistes ». Même si la participation dans les urnes a été historiquement faible, les réunions politiques ont été nombreuses et souvent très fréquentées, les médias locaux (presse, radios et TV là où il y en a) ont organisés des débats. Les réseaux sociaux ont été particulièrement utilisés… Les chaînes de télévision nationales, et pas seulement les chaînes d’information, se sont mobilisées comme jamais. Bref, cette séquence des élections municipales 2026 aura été un vrai moment de démocratie. Elle a eu pour mérite de rappeler que dans notre pays nous avons la liberté de nous exprimer et de choisir ceux qui nous représentent dans les mairies, dans les Conseils Départementaux, dans les Conseils Régionaux, à l’Assemblée Nationale, au Sénat (indirectement) et enfin à la Présidence de la République. Notre plus belle victoire est bien là.


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Le sommet de Paris sur l’IA a au moins le mérite de faire causer à défaut de nous permettre d’y voir plus clair sur ce que nous réserve l’avenir. C’est un vrai sujet comme on dit. Un sujet qui, aujourd’hui, pose plus de questions qu’il n’apporte de réponse. L’inconnu fait peur.

Sur l’IA, les avis sont très partagés. Pour certains c’est un progrès aussi important que l’invention de l’électricité ou de l’informatique. Une nouvelle révolution industrielle et technique. Une avancée pour l’humanité (n’ayons pas peur des mots). C’est vrai que dans le domaine médical, à condition que les praticiens restent aux manettes, c’est une réelle avancée. Mais quand aujourd’hui les collégiens font leurs devoirs à la maison avec ChatGPT ça questionne. Ne serions-nous pas là en train de donner naissance à des générations de décervelés ? A quoi bon apprendre, découvrir, questionner, être curieux si la machine le fait à votre place ? Jusqu’à où peut-on déléguer son savoir et sa capacité de décider ? Vous avez 4 heures (et sans assistance) !

Les risques de l’uniformité et du conformisme sont certains

On pourrait débattre à l’infini sur le sujet. Mais il en est un sur lequel il nous faut être particulièrement vigilant, c’est celui de la création sous toutes ses formes. Les musiciens, les graphistes, les journalistes, les photographes, les peintres, les plasticiens, les écrivains, les scénaristes, les comédiens.. tous ces auteurs, ces créateurs, ces interprètes sont menacés. C’est même la double peine car beaucoup risquent de ne plus pouvoir exister et la création s’en trouverait privée de son renouvellement, de ses nouvelles idées, de ses expérimentations, de ses folies… Les risques de l’uniformité et du conformisme sont certains. C’est ce que l’on peut déjà constater avec une grande partie de la production musicale actuelle…

Une boite de Pandore

N’avait-on pas appris autrefois que le progrès devait servir avant tout à l’émancipation et la liberté des individus ? Aujourd’hui avec l’IA on parle surtout d’investissements considérables, de profits attendus, de guerres économiques entre les nations…

ChatGTP, à qui on demandait de résumer en 1 000 mots un article de présentation de l’IA produit par la rédaction de Franceinfo, concluait en disant qu’il s’agissait d’une « boite de Pandore ». Dans la mythologie grecque ouvrir la boite de Pandore revenait à répandre sur terre tous les maux de l’humanité. Amusant ou prémonitoire ?


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Au début de XIXème siècle, avec l’essor de l’imprimerie, beaucoup de journaux d’information se sont créés. Ils étaient pour la plupart des ramassis de cancans et de fausses nouvelles. Par analogie avec les fausses notes des musiciens, ces journaux, porteurs de fausses nouvelles, furent affublés du sobriquet de « canard ». Aujourd’hui, ironie de l’histoire, les réseaux sociaux numériques ressemblent beaucoup à ces canards du début de XIXème siècle…

Depuis la création des premiers organes d’information écrits les choses ont beaucoup évolué surtout avec l’avènement du numérique qui a bouleversé l’usage des médias. Les réseaux sociaux sont ainsi devenus, après la télévision, le deuxième moyen d’information du public (source Médiamétrie). Les journalistes on fait place aux influenceurs. Au moins ça le mérite d’être clair ! Avec l’annonce récente de Mark Zuckerberg de mettre fin à la modération et la vérification des contenus publiés sur Facebook c’est un blanc-seing qui est donné aux excès et manipulations en tous genres. Cette annonce s’aligne sur la position d’Elon Musk qui fait du réseau X un outil d’influence et de propagande pour son nouvel ami Donald Trump.

Les réseaux sociaux sont ainsi devenus, après la télévision, le deuxième moyen d’information du public (source Médiamétrie).

« Une fausse information répétée plusieurs fois finit par devenir une vérité » disait Joseph Goebbels, ministre de la propagande du troisième Reich. Et pour compléter le tableau une récente étude publiée par le très sérieux magazine « Science » révèle qu’une fake-news se repent 6 fois plus vite qu’une vraie information. Alors pourquoi s’en priver ?

Circulez y a rien à voir !

Face à ce constat pas vraiment réjouissant il apparaît comme indispensable de redonner au métier de journaliste toute la place nécessaire. C’est une nécessité pour notre fonctionnement démocratique. Je ne prendrais qu’un seul exemple et il est d’actualité. Gérard Davet et Fabrice Lhomme, deux journalistes du Monde, viennent de publier « Les juges et l’assassin », un livre enquête sur la gestion de la crise du COVID 19 par le gouvernement français. Ils ont pu avoir accès aux pièces de l’instruction conduite par la Cour de Justice de la République, grâce à des sources anonymes et bien placées. Cette instruction fait suite au dépôt de plus de 20 000 plaintes, dont l’immense majorité a été jugé non recevable. Tiens donc ! Il est important de préciser que cette juridiction qui a pour fonction de juger uniquement les membres du gouvernement pour des actes délictueux ne permet pas la constitution de parties civiles. En d’autres termes, personne, à part les magistrats chargés de l’instruction, ne peuvent avoir accès aux pièces de la procédure. Circulez y a rien à voir !

Les journalistes n’étant pas astreint au secret de l’instruction, ils ont pu utiliser ces documents dans leur livre

S’agissant du COVID, 25 000 pièces et plus d’un million de pages ont été rassemblés depuis 5 ans par les magistrats. Ainsi, si les deux journalistes du Monde, n’avaient pas pu avoir accès à ces éléments il y a fort à parier que l’affaire serait restée dans les placards de l’histoire. Et aucune responsabilité dans les « éventuels » mauvais traitements de cette crise sanitaire d’ampleur n’aurait pu être déterminée.

Les journalistes n’étant pas astreint au secret de l’instruction, ils ont pu utiliser ces documents dans leur livre. Il convient également d’ajouter que l’annonce de la pandémie en janvier 2020 revient à la presse et pas aux autorités sanitaires. En l’occurrence La Voix du Nord dans un premier temps et ensuite l’AFP.

la Presse est vraiment indispensable à notre démocratie

Tout cela pour rappeler une fois de plus que la Presse est vraiment indispensable à notre démocratie. Tous sont importants, à commencer par les médias de proximité qui à la fonction d’information y ajoutent un rôle sociétal essentiel dans la vie des territoires. Ainsi on pourrait se réjouir que l’Écho du Mardi, un hebdomadaire crée en 1839, aujourd’hui passé au tout numérique (www.echodumardi.com) dans une version libre d’accès bat chaque semaine des records d’audience.


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Cette question on se la pose tous alors qu’ils prennent toujours plus de place dans nos vies. A l’origine de simples outils permettant à des personnes de rester en contact, les réseaux sociaux sont aujourd’hui omniprésents. Il servent à communiquer, s’informer (et désinformer), influencer, vendre, et sans doute encore plus… On y côtoie le meilleur comme le pire. Mais si on faisait le tri ?

Le rôle joué par les réseaux sociaux numériques a pris une nouvelle dimension avec l’élection présidentielle américaine en 2017. Facebook avait cédé des données personnelles de millions d’utilisateurs à une société liée à la campagne de Donald Trump, qui a pu les utiliser à des fins électorales. En 2024, le réseau X racheté par Elon Musk s’est mis au service de son nouvel ami redevenu Président des États-Unis. Faisant par la même la démonstration que les médias dit traditionnels ne pesaient plus grand chose face à l’influence de ces outils numériques. Dans cette catégorie on pourrait aussi y ajouter les nombreuses officines étrangères qui se sont spécialisées dans les fake news. Mais aux côtés de ce côté sombre il existe quelques raisons de se réjouir.

Malgré la censure les images ont pu circuler partout dans le monde…

Primé lors du dernier festival de Cannes, « les graines du figuier sauvage », est un film qui se fait le récit, au travers de la vie d’une famille de Téhéran, de la condition des femmes en Iran. Mohammad Rasoulof, son réalisateur a choisi comme toile de fond la révolte des femmes iraniennes, qui en 2022 ont fait vaciller le régime. Le point de départ de ces manifestations a été la mort d’une jeune étudiante iranienne Jina Mahsa Amini dans les geôles de la police des mœurs, suite à son arrestation.

Bande annonce du film « les graines du figuier sauvage »

Les images de ces manifestations et de leurs répressions tournées avec des smartphones ont donné à cette révolte une ampleur inédite dans tout le pays. Et malgré la censure les images ont pu circuler partout dans le monde créant ainsi une communauté de soutien qui donnait à ces femmes d’avantage de détermination et de force. Le 2 novembre dernier, une étudiante iranienne a été arrêtée alors qu’elle se promenait en maillot de bain sur le campus de l’université Azad de Téhéran. D’abord interpellée pour un voile jugé mal ajusté la jeune étudiante s’est ensuite déshabillée en signe de protestation. La vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux partout dans le monde. Certes, la théocratie iranienne est toujours en place mais un jour les digues finiront pas céder…

Vidéo de la femme iranienne en maillot de bain à Téhéran

Si les réseaux sociaux numériques pouvait dans certains cas faire avancer la démocratie et la liberté ce serait une bonne chose. Mais côté utilisateurs, il faut savoir raison garder et ne pas leur donner trop de place. Si tout le temps qui leur est aujourd’hui consacré l’était à la lecture ou la fréquentation des vrais réseaux sociaux ceux où les gens se voient, dialoguent et partagent le monde irait sans doute un peu mieux.


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Une météo exécrable (en tout cas pour le nord du pays), un climat politique lui aussi orageux, une France sans gouvernement, un euro de foot très décevant (pour les français), comme le Tour de France d’ailleurs, un festival d’Avignon amputé… l’été 2024 marquera les esprits par cette kyrielle de déconvenues. A moins que les JO viennent comme un mistral salvateur dégager l’horizon ?

L’alignement des planètes n’aura cette année pas été au rendez-vous. Comme si les astres et les dieux s’étaient entendus pour faire tourner les horloges dans le mauvais sens. L’été, qui est « normalement » un moment de pause où le calme se mêle à une certaine forme de quiétude voire d’insouciance, aura été, cette année, presque totalement pourri (au propre comme au figuré). Peut-être que ce que nous vivons depuis quelques années (l’après Covid dirons-nous) nous fait voir systématiquement le verre à moitié vide. Mais, il faut bien reconnaître qu’avec la meilleure volonté du monde il est, aujourd’hui, difficile de garder un large sourire et d’être totalement serein.

“Une fois les exploits réalisés et les médailles distribuées, les lampions de la fête ne pourraient bien ne plus éclairer grand-chose.“

Au-delà des petites déconvenues liée à l’actualité sportive ou culturelle citées plus haut, la situation économique (dont l’état de nos finances nationales), l’urgence climatique ou l’enlisement des conflits et guerres ont de quoi inquiéter. Sauf que peut-être les Jeux Olympiques pourraient redonner un peu d’espoir et impulser un nouvel élan à ce qui semble aujourd’hui bloqué. On a le pain, on aura bientôt les jeux. Ces JO pourraient être ceux de l’espoir, d’un nouveau départ. C’est en tout cas le pari formulé par beaucoup d’entre nous, et le bénéfice attendu par nos dirigeants…

Mais ne nous faisons pas trop d’illusions quand même. Une fois les exploits réalisés et les médailles distribuées, les lampions de la fête ne pourraient bien ne plus éclairer grand-chose. Mais gardons espoir et savourons ces moments à venir. Ils deviennent rares.

Les Jeux Olympiques en Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur,
– Le stade vélodrome (Marseille) accueillera une dizaine de matchs de Football (une poule opposant la France, les USA, l’Australie et l’Allemagne)
– La Marina olympique (toujours Marseille) recevra les épreuves de Planche à voile, de kite, de skiff, de dériveur et de multicoques

Pour en savoir plus
www.prefectures-regions.gouv.fr/provence-alpes-cote-dazur/Region-et-institutions/Actualites/Tout-ce-qu-il-faut-savoir-sur-les-JO-2024-dans-la-region


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Le front républicain, dont on doutait de son existence il y a peu de temps encore, est Le grand vainqueur de ces élections législatives. Sa première victoire a été d’empêcher le RN d’accéder au pouvoir et sa seconde sera peut-être de faire travailler ensemble tous les partis de cet arc républicain pour redonner à la représentation nationale toute la place qu’elle devrait avoir dans notre démocratie. Une page qui peut-être se tourne enfin ?

On va de surprises en bouleversements. Après des élections européennes qui ont placé le RN en tête des suffrages, après le coup de poker de la dissolution, après un premier tour des législatives qui laissait supposer que le RN sortirait gagnant au second, c’est la surprise générale avec le Nouveau Front Populaire qui l’emporte. Et contre toute attente, la majorité présidentielle sauve les meubles et se trouve dans la possibilité de faire jeu égal avec la gauche si elle pactise avec les Divers Droite et les Républicains. Ainsi, aucune majorité absolue se dégage, une situation totalement inédite qui nous plonge dans l’inconnu.

On ne devrait plus pouvoir prétendre gouverner sans les autres

Si la décision de dissoudre l’Assemblée nationale répondait à un besoin de clarifier les choses, et bien nous sommes servis ! La situation est encore plus trouble et incertaine que la législature qui vient de s’achever. Chapeau l’artiste !
A moins que… Aucun parti ne disposant d’une majorité absolue, des coalitions seront nécessaires. Mais pas les tambouilles politiciennes habituelles, un vrai travail parlementaire qui tient compte des avis et des positions des différents partis en présence. Et cela dans l’intérêt général. C’est comme cela que fonctionne l’Union Européenne et de nombreux pays.
Le vote des français du dimanche 7 juillet oblige les politiques à suivre cette voie. Les élus de l’arc républicain doivent travailler ensemble et arrêter d’être par nature dans la posture politicienne. Le message est on ne peut plus clair.
Même le premier ministre sortant l’a reconnu dimanche soir lors de son allocation officielle : « le centre de gravité sera plus que jamais entre les mains du parlement ». On ne devrait plus pouvoir prétendre gouverner sans les autres. Une vraie révolution pour nos politiques. Ce changement de paradigme c’est aussi un moyen de réconcilier les français entre eux et de panser les fractures de notre société.

Et enfin, c’est une occasion inespérée de mettre fin à cette monarchie présidentielle insupportable, indécente et totalement hors-sol. Gagné lui aussi par l’ivresse du pouvoir, notre Président ne l’a certainement pas souhaité. Mais c’est peut-être seulement cela que l’histoire retiendra…


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Après ce 1er tour des législatives, aux résultats attendus et aux conséquences encore incertaines, les commentaires abondent. Dans ce flot continu d’exposés et d’analyses, il en est un qui tranche singulièrement sur tous les autres. Ce point de vue n’est pas celui d’un politologue ou de l’un de ces nombreux observateurs patentés de notre vie politique. C’est celui d’une française, comme vous comme moi. Une française qui laisse parler son cœur. Un moment fort à voir et à partager.

Il est parfois des instants qui marquent les mémoires. Celui de l’intervention de Joëlle Dago-Serry qui interpelle Yaël Braun-Pivet, Présidente sortante de l’Assemblée Nationale, dans l’émission « Les Grandes Gueules » sur RMC, le vendredi 28 juin, en est assurément un. Dans cette émission, animée et présentée par Alain Marschall et Olivier Truchot, ce sont des français issus de la société civile, qui expriment leurs opinions et donnent leurs avis. Écoutez d’avantage ceux qui travaillent, qui vivent un quotidien pas toujours facile, fait parfois le plus grand bien. On est loin de ces quarterons de vieux observateurs de la politique et des « sachants » qui, depuis leurs palais, savent tout sur tout. Avec cette émission c’est tout autre chose c’est le bon sens qui parle, sans arrière-pensées ou calcul politique. Là il n’y a pas de soupe à servir.

Donc vendredi 28 juin, deux jours avant le premier tour des élections, « Les Grandes Gueules » reçoivent Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée Nationale. Au début de l’émission, le ton est aimable, le sourire de rigueur et le discours toujours fait du même bois. La Présidente sortante marque cependant ses distances avec la décision d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée Nationale. Mais rapidement une première salve est envoyé par Jérôme Ferry, médecin dans la vie civile. « Un président qui joue l’avenir de mes enfants aux dés, je ne peux l’accepter » clame-y-t-il. Voir l’extrait.

« Un président qui joue l’avenir de mes enfants aux dés, je ne peux l’accepter » Jérôme Ferry, médecin. Voir l’extrait.

C’est ensuite l’intervention de Joëlle Dago-Serry, qui laisse sans voix la Présidente de l’Assemblée nationale. « Mais qu’est-ce que vous avez fait de la France ? » lui lance-t-elle avec une voix pleine d’émotions et de tristesse. « Aujourd’hui, je me sens apatride » poursuit-elle. Un cri du cœur bien au-delà de la colère. Voir l’extrait.

« Mais qu’est-ce que vous avez fait de la France ? » Joëlle Dago-Serry. Voir l’extrait.

Yaël Braun-Pivet reste sans voix quelques longues secondes. Elles  résonnent comme une impuissance et un aveu. Un grand moment qui vaut mieux que bien des analyses politiques, fussent-elles les plus brillantes. Un instant de vérité comme la télévision peut parfois en donner. On se plait à penser que c’était au Président de la République de répondre… Il aurait sans doute fait preuve d’une immense compassion et décidé sur le champ d’organiser des états généraux de la citoyenneté ou une vaste consultation sur la refondation de notre république, avec à la clé un referendum… Bon là faut pas rêver quand même, n’est pas le Général de Gaulle qui veut !*

*Référence au référendum du 27 avril 1969 sur la régionalisation où les français ont voté contre à 52,4 %? Résultat qui a conduit à la démission du Général de Gaule initiateur de ce référendum.

Pour voir l’intégralité de l’émission


Le parc des libertés célèbre La Marseillaise

Une fois de plus nous sommes appelé à voter pour faire barrage contre l’extrême droite. Encore une fois nous devrons voter contre et pas pour. Cette déviance de notre démocratie devient insupportable. Et à force de vouloir jouer avec la peur (le chaos et maintenant le risque de guerre civile !) on donne en définitive à manger à la bête qu’on veut combattre. C’est totalement irresponsable.

Non, l’extrême droite ne peut être une rente électorale utile pour se faire élire et conserver le pouvoir. Non, on ne vote pas parce qu’on en a ras-le-bol. Non, on ne peut faire l’amalgame entre l’extrême droite et le nouveau front de gauche. Non, on ne peut assimiler toute la gauche à des postures antisémites de certains. Non, on ne peut accepter que l’extrême droite soit au centre de toute notre vie politique et démocratique, y compris chez les Républicains. Il y a, aujourd’hui quelque chose de vraiment malsain dans notre fonctionnement politique. Le choix qui nous est proposé et qui pourrait se résumer en « si tu ne votes pas pour moi, c’est le chaos » est totalement inacceptable. C’est le règne de le pensée unique.

« si tu ne votes pas pour moi, c’est le chaos »

Où sont le débat, la confrontation des idées, le pluralisme, les propositions, les projets ? Nous ne sommes plus qu’en réaction. Même la gauche s’est réunie en réaction oubliant ses discordes et ses déchirements de ces derniers mois. On ne peut se satisfaire de cette politique en creux. Dans ces conditions, on se nourrit que dans l’antagonisme et le conflit. Le pays devient ingouvernable et tout est possible, y compris le pire.

Nous ne pouvons accepter que certains votent par dépit. « Après tout on a tout essayé sauf eux, alors pourquoi pas ? » Mais l’isoloir n’est pas une cabine d’essayage. Les conséquences sont trop graves. On ne peut laisser l’amertume et la colère être les seuls maîtres au moment où il faudra mettre un bulletin dans l’enveloppe.

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