A l’occasion de la 62e édition du Salon international de l’agriculture de Paris, le Département de Vaucluse a décidé de réinventer son espace 2026 afin de mieux promouvoir la richesse et la diversité de son agriculture aux nombreux visiteurs de l’événement. Un concentré de Vaucluse qui n’empêche les responsables politiques locaux de rester vigilants sur les enjeux concernant l’avenir de la filière et son impact majeur dans le département.
Après les années à thèmes comme la lavande ou le miel, la création d’une boutique ‘La Vauclusienne’, ou bien encore le décor d’une place de village provençal, le stand du Département de Vaucluse du salon de l’agriculture a pris l’apparence, cette année de halles des saveurs. Un nouvel espace réinventé de 138m2 qui fait la part belle aux produits de Vaucluse, à ses savoir-faire et à son art de vivre.
Pour cela, ‘ce concentré éphémère de Vaucluse’ édifié en plein cœur du parc des expositions de Paris du 21 février au 1er mars prochain a pu s’appuyer sur ses partenaires habituelles comme la Chambre d‘agriculture de Vaucluse, le Comité de promotion des produits de Vaucluse mais aussi, pour la partie touristique, Vaucluse Provence Attractivité.
Dans cette ambiance de marché couvert, de nouvelles têtes sont aussi venues faire rayonner le Vaucluse en 2026 : Raphaël Vannelle et son incontournable sirop Pac Citron de la distillerie Blachère à Châteauneuf-du-Pape, la vente de la traditionnelle soupe au pistou ainsi que de la restauration provençale avec Pierrick et Sandrine Martin, des démonstrations avec Johannes Richard le champion du monde 2023 de burger…
Côté vignoble, ce sont les appellations des vignerons de Plan-de-Dieu, Sablet, Massif d’Uchaux et Sainte-Cécile-les-Vignes qui se sont partagées l’animation des dégustations du bar à vin de l’espace Vaucluse.

Dans le même temps une quinzaine de producteurs se succèdent, tous les 2 ou 3 jours, afin de présenter et proposer leurs produits aux nombreux visiteurs. En contact direct, les agriculteurs, viticulteurs, apiculteurs, distillateurs et chefs cuisiniers partagent ainsi des moments privilégiés avec le public de gourmets ou les simples curieux.
« Le Salon de l’agriculture est une opportunité essentielle pour faire connaître au plus grand nombre la diversité de notre agriculture, mais aussi le travail quotidien des agriculteurs qui font vivre nos territoires », précise Sophie Vache, présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse.
De son côté, Nicolas Berger, président du Comité de promotion des produits du Vaucluse, souligne « l’importance de cette présence collective pour valoriser les filières, renforcer leur visibilité et affirmer l’identité agricole du Vaucluse auprès du grand public. »



Le premier département agricole de Paca
Il faut dire qu’avec plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel généré par ses ‘paysans’, le Vaucluse est comme un poisson dans l’eau dans ce salon de l’agriculture 2026. Premier département agricole de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en termes de surface, de chiffres d’affaires et de volume de production, le Vaucluse est couvert à près de 40% par des terres agricoles. Il est le 1er producteur national de cerise, de raisin de table et d’essence de lavande ainsi que le 2e producteur de pomme et de vin AOP. Il regroupe également de nombreuses IGP (Indication géographique protégée) comme le Melon de Cavaillon et la cerise Côteaux du Ventoux, des AOP (Appellation d’origine protégée) comme celles de l’huile essentielle de lavande et du muscat du Ventoux ou bien d’AOC (Appellation d’origine contrôlée) comme le cru de Châteauneuf-du-Pape ou bien encore les vins du Luberon et du Ventoux.
Par ailleurs, l’agriculture vauclusienne compte près de 12 000 emplois et se positionne en 8e position des départements français en termes de production bio avec 38 100 ha en agriculture biologique, soit un tiers de ses surfaces agricoles. A cela s’ajoute les industries agroalimentaires qui emploient environ 4 500 salariés. Inutile de dire qu’avec un tel poids, le Vaucluse joue à domicile au salon de l’agriculture.
Pour autant, le ciel n’est pas entièrement dégagé pour le secteur et les élus sont là pour le rappeler.

« Aujourd’hui, c’est notre souveraineté alimentaire qui est menacée. »
Dominique Santoni, présidente du Conseil départementale de Vaucluse
Tout n’est cependant pas rose dans le ciel de nos agriculteurs et Dominique Santoni, présidente du Conseil départementale venue inaugurée le stand du Vaucluse s’en inquiète : « 2026, c’est une année un peu particulière car il y a une crise agricole qui perdure. Aujourd’hui, c’est un salon qui est un peu moins joyeux. Avant il n’y avait plus de volailles, désormais il n’y a plus de bovins. Cela marque un véritable signal d’alarme qui dit beaucoup des difficultés que rencontrent nos agriculteurs. Avec des exploitations de plus en plus menacées et des agriculteurs qui risquent de perdre leur travail. Et, au-delà, c’est notre souveraineté qui est menacée, alors qu’il est primordial que nous puissions nourrir nos populations avec des produits de qualité bénéficiant de la meilleure traçabilité. »
Dominique Santoni insiste : « le coût de la souveraineté alimentaire que l’on perd aujourd’hui sera encore plus lourd demain si on ne fait pas quelque chose maintenant. »

Une responsabilité collective
« La France dispose de la meilleure sécurité alimentaire du monde, complète Christian Mounier, vice-président du Conseil départemental et président de la commission agriculture-eau-alimentation. Si nous perdons notre autonomie alimentaire, nous allons devoir importer des produits qui sont conçus avec des produits phytos interdits ici et qui constituent en plus de la concurrence déloyale en matière de coût de production. Dans les années 60, le Vaucluse c’était le jardin de l’Europe, aujourd’hui on importe au quotidien pour nourrir nos administrés. Il faut aussi anticiper les conséquences sur la santé que pourront avoir les consommation de ces produits venus d’ailleurs. »
« On sait que le consommateur regarde son portefeuille, reconnaît la présidente du Conseil départemental, mais je crois qu’il y a une vraie responsabilité collective à rétablir notre souveraineté alimentaire. Il faut que tout le monde s’y mette pour que les agriculteurs puissent recevoir un revenu correct de leur production. Pour cela, peut-être faut-il travailler pour que les consommateurs puissent accéder à toutes les productions en circuit court et les productions locales. »
L’agriculture dans l’ADN du Vaucluse
Si l’agriculture est l’un des secteurs les plus importants du département, Christian Mounier rappelle qu’elle participe également à la bonne santé d’autres activités vitales pour l’économie vauclusienne. « Il y a un équilibre entre agriculture et tourisme. L’un ne va pas sans l’autre, explique-t-il. Avant, il n’y avait aucune friche sur notre territoire. La moindre parcelle de quelques centaines de mètres carrés était exploitée. Maintenant, on a des dizaines de milliers d’hectares qui sont en friche en Vaucluse. Malgré nos dispositifs de soutien, nous manquons d’agriculteurs parce qu’ils ne vivent plus de leur travail. Il y a donc un vrai problème de rentabilité, non pas pour faire fortune, mais pour seulement gagner décemment sa vie. Si à terme nous avons une agriculture en perdition, je ne vois pas ce que viendront faire les touristes dans des friches. Donc, si on a une problématique de tourisme, c’est qu’on aura une agriculture en très grande difficulté. Pour nous, ce sont donc deux piliers indispensables pour lesquels le Département fait beaucoup d’efforts en termes de promotion et de soutien de toutes les filières. »

« Il y a un équilibre entre agriculture et tourisme. L’un ne va pas sans l’autre. »
Christian Mounier, vice-président du Conseil départemental et président de la commission agriculture-eau-alimentation
Si à cela on rajoute les problématiques liées au changement climatique, aux aléas météorologique, à la gestion de l’eau… l’avenir du secteur reste incertain. Dans l’urgence, le Département a débloqué une enveloppe annuelle de 100 000€ afin d’aider les agriculteurs à surmonter la crise viticole. Le Conseil départemental a aussi accompagné la création de la maison des producteurs à Monteux et espère que l’initiative, mettant directement en lien les producteurs avec les consommateurs, rencontrera un succès pérenne auprès des consommateurs.
« Les agriculteurs ce n’est pas le problème. Les agriculteurs c’est la solution », insiste Dominique Santoni.
L.G.

Bénédicte Martin (au centre), vice-présidente vauclusienne de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en charge de l’Agriculture, de la viticulture, de la ruralité et du terroir et François de Canson, Vice-Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention ont inauguré le stand de la Région Sud au Salon International de l’Agriculture, aux côtés notamment d’Eliane Barreille, Présidente du Département des Alpes de Haute-Provence, Charles Ange Ginesy, Président du Département des Alpes-Maritimes, Dominique Santoni, Présidente du Département de Vaucluse et Jean-Louis Masson, président du Département du Var. Crédit : Régis Cintas-Flores
















