Avec l’effervescence liée à la campagnes des élections municipales, l’information était passée quasiment inaperçue : le Département a décidé de suspendre l’heure d’été en Vaucluse. En cela, il applique un projet de suppression de ce changement d’heure voté en 2019 par les eurodéputés et mis jusqu’alors en ‘stand-by’ avec l’arrivée du Covid-19.Si localement la mesure vise avant tout à respecter le rythme des enfants, elle devrait cependant entraîner quelques complications dans le quotidien des Vauclusiens.
Pas le temps de s’habituer. A peine sommes nous passés à l’heure d’été dans la nuit de samedi à dimanche dernier, que le Département de Vaucluse vient de suspendre cette mesure. A l’image des territoires et départements d’Outre-Mer exemptés, le Vaucluse est donc repassé à l’heure d’hiver depuis ce mercredi 1er avril minuit. Conséquence ? Il y a désormais 1 heure de décalage entre le département et le reste de la France et cela jusque ce que l’Hexagone repasse à l’heure d’hiver le dimanche 25 octobre prochain. Entre-temps les Vauclusiens devront apprendre à jouer avec leur montre.
Mieux respecter le rythme biologique de nos enfants « Nous avons pris cette décision afin de respecter au mieux le rythme de nos enfants, explique le Département de Vaucluse. En effet, ce n’est plus à démontrer que ces changements artificiels d’horaires créent un décalage dans l’horloge biologique des jeunes vauclusiens dont le cerveau a besoin de plusieurs jours pour se réadapter. »
Ayant en charge 41 collèges publics répartis sur la totalité du Vaucluse, c’est donc tout naturellement que le Conseil départemental a profité de cette nouvelle compétence inattendue exhumée à l’occasion du déménagement des archives du palais des papes (voir encadré ‘L’heure des papes : une exception vauclusienne’) pour apporter une plus grande stabilité aux rythmes scolaires des jeunes vauclusiens.
Tout savoir sur l’heure d’été Le changement d’heure a été instauré en France à la suite du choc pétrolier dans les années 1970. Les dates de changement d’heure ont ensuite été harmonisées au sein de l’Union européenne en 1998. Depuis, le passage à l’heure d’hiver s’effectue le dernier dimanche d’octobre et le passage à l’heure d’été, le dernier dimanche de mars dans tous les pays membres. Le principe de l’heure d’été n’est toutefois pas nouveau. En France, il a été appliqué pour la première fois en 1916, pendant la Première Guerre mondiale, dans l’objectif d’économiser le charbon. Après plusieurs modifications et son abandon à la Libération, le dispositif est réintroduit dans l’Hexagone en 1975, avec une première application en 1976. Le changement d’heure ne s’applique pas outre-mer, sauf pour Saint-Pierre-et-Miquelon.
La Région joue la montre « Cette décision est valable sur l’ensemble du territoire de Vaucluse. Elle concerne tous les secteurs d’activité, publics comme privés. Il n’y pas d’alternative dérogatoire », précise le nouveau ‘service de la temporalité apaisée’ créé pour l’occasion par le Département afin de contrôler l’application stricte de la mesure à l’intérieur du périmètre départemental. Implanté dans la toute nouvelle ‘Maison du temps’ située place de l’Horloge à Avignon, la structure est dirigée par Eléonore Loge. « Concrètement, depuis aujourd’hui le Vaucluse affiche 1 heure de décalage avec le reste de France, rappelle la responsable. Par exemple, quand il est 19h dans la France entière, il est désormais 18h en Vaucluse où s’applique maintenant sans restriction aucune l’heure d’hiver. »
L’application de la mesure demande toutefois encore quelques ajustements. En effet, dans les 6 cités mixtes scolaires de Vaucluse où cohabitent un collège et un lycée, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, responsable des lycées, n’a pas encore répondu favorablement à la dérogation formulée par le Département. « Ce n’est qu’une question de temps, assure Eléonore Loge. En attendant, nous avons provisoirement coupé la poire en deux en espérant régulariser la situation rapidement. Dans ces établissements, il n’y aura qu’une demi-heure de décalage pour l’instant. » Un vrai casse-tête à prévoir néanmoins pour les élèves et pour les parents. « Ce n’est pas grave, c’est pour leur bien que nous appliquons enfin la suppression de ce changement d’heure voté par les eurodéputés en 2019. »
‘L’heure des papes’ : une exception vauclusienne « C’est en déménageant la totalité de nos archives du palais des papes vers Memento, notre nouveau pôle des patrimoines situé à Agroparc, que nous avons exhumé une ancienne bulle papale intitulée ‘papalis temporalitas’ », explique le conseil départemental de Vaucluse. Cet écrit juridique traitant des détails de la temporalité à l’époque des papes en Avignon dresse avec minutie l’application des horaires dans les états pontificaux. Paraphé directement de la main du suisse Tissot III (ndlr : 10e pape caché d’Avignon et père de Rolex V, autre souverain pontife helvète réputé pour sa ponctualité), le document accorde « à jamais » les pleins pouvoirs spirituels « mais aussi temporels » à ceux qui présideront aux destinées du Comtat Venaissin. « Par extension, il apparaît que cette prérogative revient de droit aujourd’hui à la présidente du Conseil départemental de Vaucluse, dont le territoire descend indirectement des anciens états pontificaux », constate les services juridiques de la collectivité départementale. Une nouvelle compétence, aussi inattendue qu’inédite, sur laquelle s’est donc appuyé l’exécutif départemental pour prendre cette décision en faveur d’une plus grande stabilité des rythmes scolaires des jeunes vauclusiens.
Retour vers le futur pour Orizo et la SNCF ? C’est surtout dans les transports que la mesure est la plus dure à appliquer. Particulièrement dès que l’on franchira les frontières du Vaucluse. « C’est vrai qu’en prenant le train de 8h à Marseille pour rejoindre Avignon, on arrivera à 7h30, constate la SNCF. Cela peut avoir certains avantages d’arriver avant d’être parti. Par contre, dans l’autre sens il faudra faire attention. Il faudra rajouter 1 heure à la durée de son trajet. » La SNCF ne s’alarme toutefois pas car elle maîtrise déjà l’art du décalage horaire. « Au XIXe siècle, lors du développement de la ligne PLM (Paris, Lyon, Marseille), les horloges de la gare d’Avignon avaient un quart d’heure d’écart avec celle de Marseille. Alors un peu plus ou peu moins… » En revanche, cela devrait plus problématique chez Orizo, le réseau de transport en commun de l’agglomération du Grand Avignon. A cheval entre le Gard et le Vaucluse, l’ensemble de ses lignes de bus devra jongler avec les horaires chaque fois qu’un bus franchira le pont Daladier ou celui de l’Europe dans un sens ou dans un autre.
« C’est mon patron qui va être content. »
Une salariée gardoise travaillant à Agroparc
On peut cependant compter sur notre sens de l’adaptation pour s’accommoder à ces nouvelles contraintes. « C’est mon patron qui va être content. D’habitude, je suis toujours en retard au travail, avoue une salarié gardoise travaillant dans la zone d’Agroparc. Maintenant, j’arriverais toujours en avance. L’inconvénient, c’est que je rentrerai 1 heure plus tard chez moi… » Plutôt résigné, un habitant de Valréas travaillant dans le Nord-Vaucluse nous détaille son astuce pour ne pas s’y perdre. « Entre l’enclave, puis la Drôme et le passage en Vaucluse à nouveau, j’ai vraiment peur de ne pas m’y retrouver. Du coup, j’ai acheté 2 montres. Celle à mon poignet droit me donnera l’heure vauclusienne et celle à ma main gauche servira pour l’heure française. »
Le stand du département de Vaucluse vient d’obtenir le prix du coup de cœur du jury lors du salon de l’agriculture 2026 qui vient de s’achever au parc des expositions de Paris. L’espace de 138m2 mettant en valeur les produits et les producteurs de Vaucluse a été distingué par Syrpa, le réseau des communicants agricoles rassemblant près de 400 professionnels de la communication en agriculture, alimentation et environnement.
Ce Syrpa’wards 2026, seul prix officiel permettant de distinguer le travail de communication lors du salon de l’agriculture, a été aussi décerné au Vaucluse par Valérie Le Roy, directrice du Salon International de l’agriculture, et Jérôme Despey, président du Ceneca (Centre national des expositions et concours agricoles) ainsi que du Salon de l’agriculture.
À compter du 1ᵉʳ janvier 2026, plusieurs réformes structurantes vont profondément faire évoluer le fonctionnement des collectivités territoriales et le quotidien de leurs agents. Statut rénové des élus locaux, modernisation des comptes publics, généralisation du Compte financier unique ou encore obligation de participation à la complémentaire santé : ces mesures, déjà actées par le Parlement ou par ordonnance, poursuivent un objectif commun : renforcer la lisibilité de l’action publique locale, améliorer la protection sociale et accroître l’attractivité de la fonction territoriale. Tour d’horizon des principales évolutions à anticiper.
Adopté définitivement début décembre 2025, le statut de l’élu local entrera en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026. Il constitue une réforme d’ampleur pour les quelque 520 000 élus locaux, en apportant des réponses concrètes aux difficultés d’engagement et d’exercice des mandats. Avant même l’élection, l’accompagnement est renforcé : le congé électif est porté jusqu’à 20 jours, des modules d’information gratuits sont proposés, et des dispositifs spécifiques sont prévus pour certains publics, notamment les étudiants ou les personnes en situation de handicap.
Evolution du statut de l’élu local L’exercice du mandat est également facilité. Les indemnités sont revalorisées et mieux adaptées à la taille des collectivités, le recours à la visioconférence est encouragé, l’articulation avec une activité professionnelle est améliorée, tandis que les frais liés au mandat peuvent être remboursés plus facilement. Des mesures de garde d’enfants et une protection renforcée face aux menaces ou violences complètent ce dispositif.
La sortie de mandat Enfin, la sortie de mandat fait l’objet d’une attention particulière, avec des aides à la réinsertion professionnelle, une allocation de fin de mandat élargie et une bonification des droits à la retraite. L’ensemble vise à lever les freins à l’engagement local, sécuriser les parcours et reconnaître durablement le rôle des élus dans la démocratie de proximité.
Le Compte financier unique, une comptabilité plus lisible Autre changement majeur : la généralisation du Compte financier unique (CFU). En application de l’ordonnance du 12 juin 2025, ce document devient, à partir de l’exercice 2026, la référence comptable pour l’ensemble des collectivités territoriales. Le CFU fusionne le compte administratif, produit par l’ordonnateur, et le compte de gestion du comptable public. Il offre ainsi une vision unique, plus lisible et partagée des données budgétaires et patrimoniales. Nouveaux ratios financiers, bilan synthétique, compte de résultat : la présentation est modernisée et pensée pour renforcer la transparence à destination des élus comme des citoyens. Cette évolution s’inscrit dans la continuité de la dématérialisation engagée depuis 2019, avec la poursuite de la télétransmission des documents via l’application Actes Budgétaires.
La complémentaire santé devient obligatoire À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, la participation des employeurs territoriaux à la complémentaire santé de leurs agents devient obligatoire. Cette mesure marque une étape importante de la réforme de la protection sociale complémentaire dans la fonction publique territoriale. Concrètement, les employeurs devront contribuer à hauteur d’au moins 15 euros par mois et par agent pour la couverture santé, incluant notamment les soins courants, l’hospitalisation, l’optique ou le dentaire. Les collectivités pourront soit proposer un contrat collectif, soit prendre en charge une mutuelle labellisée souscrite individuellement par l’agent. Cette obligation vient compléter la participation à la prévoyance, déjà en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, et vise à garantir une couverture minimale plus équitable, tout en responsabilisant les employeurs publics sur la qualité de la protection sociale offerte.
Un contexte budgétaire à surveiller Ces réformes interviennent dans un contexte financier incertain. La France pourrait en effet entamer l’année 2026 sans loi de finances pleinement adoptée, malgré l’adoption du budget de la Sécurité sociale. Celui-ci intègre notamment des mesures relatives à la santé et aux prestations sociales, dont l’instauration d’une contribution santé obligatoire pour certains ressortissants non européens, notamment des retraités ne relevant pas d’une convention de sécurité sociale.
Ce que cela change au quotidien pour les collectivités Pour les communes, intercommunalités, départements et régions, ces évolutions représentent à la fois des défis administratifs -adaptation des outils comptables, ajustement des budgets, mise en conformité réglementaire- et des opportunités sociales, en améliorant l’attractivité de la fonction publique territoriale et la protection des agents.
2026, une année de transition L’année 2026 s’annonce ainsi comme une année charnière pour les territoires : plus d’outils modernes, une meilleure reconnaissance de l’engagement local et une protection sociale renforcée, au prix toutefois d’une adaptation rigoureuse des pratiques et des organisations. Un tournant structurant pour les collectivités, appelées à conjuguer efficacité administrative et ambition sociale. Mireille Hurlin
Le Département suspend l’heure d’été en Vaucluse
L’AFL, la banque des collectivités locales, a dévoilé la 6e édition de son Baromètre de la santé financière des collectivités. Fondée sur l’analyse des notes financières que l’AFL attribue à chaque collectivité, cette étude dresse un panorama chiffré de la situation budgétaire 2024 des communes, intercommunalités, départements et régions, à moins d’un an du renouvellement municipal et intercommunal. Un bilan où les collectivités de Vaucluse s’en tirent plutôt bien.
« Dans un contexte marqué par une inflation persistante, un ralentissement économique et un climat politique instable, ce baromètre confirme l’émergence de deux blocs aux dynamiques divergentes : un bloc communal, globalement résilient, et un bloc départements/régions, en difficulté croissante », constate l’AFL en préambule de son étude. Ce dernier subit, à des degrés divers, la baisse ou l’atonie de ses principales recettes (Droits de mutation à titre onéreux – DMTO, fraction de TVA…) alors même que les besoins, tant sociaux qu’en infrastructures publiques, et les enjeux de la transition écologique sont élevés et croissants.
« L’année 2024 a été marquée par une hausse soutenue des dépenses et un recours inédit à l’emprunt. »
Marie Ducamin, présidente du conseil d’administration de l’AFL
« L’édition 2025 du baromètre AFL confirme une inflexion des trajectoires financières des collectivités locales, complète Marie Ducamin, présidente du conseil d’administration de l’AFL. L’année 2024 a été marquée par une hausse soutenue des dépenses et un recours inédit à l’emprunt, dans un contexte de croissance économique modérée, d’inflation encore sensible et d’instabilité politique. »
Crédit : AFL
Celle qui est aussi maire de Saint-Jacques-de-la-Lande et vice-présidente de Rennes Métropole confirme également les propos préliminaires de l’étude : « le baromètre atteste l’émergence de deux blocs au sein de la sphère publique locale : le bloc communal d’un côté et le couple départements/régions de l’autre. Les trajectoires distinctes de ces deux ensembles de collectivités sont à la fois la traduction de la succession de crises depuis 2020 (inflation, hausse des taux d’intérêt, crise de l’immobilier, …) mais aussi la conséquence de décisions politiques plus ou moins anciennes (nationalisation de la fiscalité locale, accroissement de la dépendance du panier fiscal à la conjoncture économique, asymétrie entre recettes et dépenses des départements…). »
« Ce baromètre confirme une nouvelle fois la résilience des finances locales. »
« Pour autant, ce baromètre confirme une nouvelle fois que la résilience des finances locales – à l’exception de celle des départements – est notable, poursuit Marie Ducamin. Mais elle doit être regardée à l’aune des enjeux auxquels sont confrontés les collectivités dans leur ensemble : premier investisseur public et en première ligne sur les questions de transition énergétique et écologique, les collectivités locales ont également un rôle fondamental à jouer face au vieillissement de la population, aux fractures territoriales et aux tensions sociales persistantes. »
La situation globale La situation financière globale du monde local – collectivités territoriales et leurs groupements à fiscalité propre – a connu en 2024 une légère dégradation avec une note financière moyenne de 2,82 (médiane à 2,61) après l’amélioration constatée en 2023 (2,77 en moyenne, médiane à 2,44). Si la note financière moyenne des collectivités locales est relativement – et logiquement – stable d’une année sur l’autre compte-tenu de sa forte dépendance à l’effectif communal, il apparait qu’en 2024 l’écart type est un peu plus élevé qu’au cours des exercices antérieurs : 1,54 en 2024 contre 1,50 en 2023 et 1,49 en 2022.
Crédit : AFL
Deux éléments caractérisent l’exercice budgétaire 2024 et expliquent principalement l’évolution des notes des différents segments de collectivités locales : d’une part, la forte progression des dépenses et, d’autre part, un montant d’emprunt inédit. En 2024, les dépenses de fonctionnement et d’investissement progressent fortement, alors que les recettes connaissent des dynamiques et des trajectoires variables selon les segments de collectivité. En découle une épargne brute qui se contracte globalement de 3,5% pour s’établir à 41,8 Mds€. Ce montant, structurellement élevé, masque toutefois de fortes disparités et variations selon les échelons locaux, en particulier pour les départements. L’autre élément significatif en 2024 est l’ampleur des dépenses d’investissement et, pour le financer, un recours à l’emprunt en forte progression. Ce dernier atteint un niveau inédit de 27 Mds€ (+27% par rapport à 2023), levier actionné par l’ensemble des segments de collectivité (aboutissant à une progression de l’endettement public local qui atteint désormais 215,8 Mds€).
Les communes et les intercommunalités résistent Au sein du bloc communal, le maître-mot semble être la stabilité entre 2023 et 2024. Dans l’ensemble, les communes affichent une légère dégradation de leur notation financière moyenne (de 2,73 en 2023 à 2,82 en 2024) alors que celle des Groupements à fiscalité propre (GFP : les structures intercommunales ayant la possibilité de lever l’impôt) apparait stable, voire plutôt bien orientée (de 3,08 en 2023 à 3,04 en 2024). Tout en demeurant le segment le mieux noté, cet affaissement de la note moyenne des communes mérite d’être souligné dans la mesure où ce segment de collectivités évoluait favorablement depuis 2019. Quant aux GFP, à l’exception de 2021, ils poursuivent globalement une trajectoire favorable et affichent aujourd’hui la meilleure note financière moyenne depuis 2019.
La note moyenne des communes, comme chaque année, est déterminée par le poids des petites communes, puisque 52% d’entre elles comptent moins de 500 habitants, 84% moins de 2 000 habitants. Or cette année, la strate des moins de 500 habitants est celle qui voit sa situation financière évoluer le moins favorablement. Au total, 48% des notes financières communales s’améliorent en 2024, tandis que 52% se dégradent. Les dégradations les plus marquées concernent les plus petites et les plus grandes communes (moins de 500 habitants et plus de 100 000 habitants)
Crédit AFL
« Le dernier millésime du baromètre de la santé financière des collectivités apporte un éclairage contrasté sur la situation des petites villes (2 500 à 25 000 habitants), s’inquiète l’APVF (Association des petites villes de France). L’amélioration continue de leur note financière depuis le début du mandat, en 2020, marque un coup d’arrêt. Il faut néanmoins noter une bonne résistance de cette note. Par ailleurs, le sérieux dans la gestion financière ne s’est pas fait au détriment des investissements portés par les petites villes. Un certain nombre d’éléments suscitent néanmoins l’inquiétude. Tout d’abord, la contraction de l’épargne brute concerne désormais un tiers des petites villes, du fait d’une hausse marquée des dépenses contraintes. S’ajoute à cela les difficultés financières des partenaires des communes que sont les départements et les régions, avec une dégradation sensible de leur note financière. Dès lors, les injonctions contradictoires de l’Etat, entre accélération des investissements dans la transition écologique et limitation de la dépense, dans un contexte budgétaire contraint au niveau national, sont de plus en plus difficilement tenables pour les maires des petites villes. »
« Les communes rurales contribuent à l’activité économique locale.
L’Association des maires ruraux de France
Malgré le fait que les très petites communes restent les mieux notées, le baromètre de l’AFL observe que se sont les communes de moins de 500 habitants qui affichent une dégradation de leur note légèrement plus marquée que la moyenne communale (+0,12 versus +0,09). Comme pour l’ensemble des communes, c’est la baisse du niveau d’épargne brute (-4,3%) qui explique cette évolution défavorable de la notation.
De quoi faire réagir l’AMRF (Association des maires ruraux de France) : « les communes rurales subissent les effets cumulés des choix de l’Etat et la persistance de l’imprévisibilité de ses mécanismes financiers. D’où la baisse légère de la notation liée à celle d’un point de pourcentage du ratio d’épargne brute moyen malgré la décrue du stock de dette. Pour autant les communes rurales contribuent à l’activité économique locale. Des trois niveaux de collectivités, la commune reste la plus robuste. »
« Les collectivités locales portent près de 70% de l’investissement public civil. »
L’Association des maires de France (AMV)
De son côté, l’Association des maires de France (AMV) rappelle l’importance des collectivités locales dans le poids de l’investissement publics dans les territoires. « L’édition 2024 confirme que les équilibres financiers du bloc communal sont sous tension. En attestent une dégradation de la note moyenne des communes et une très légère amélioration pour les EPCI. Ce constat est notamment le résultat du coût des normes, de l’augmentation du point d’indice, des transferts de compétences, du maintien de livret A à 3% et de l’encadrement des recettes locales. Alors que les collectivités locales portent près de 70% de l’investissement public civil, les résultats du baromètre soulignent l’importance de développer une visibilité pluriannuelle et de leur donner les marges de manœuvre nécessaires. »
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Les EPCI de Vaucluse meilleurs que leurs voisins Localement, entre 2019 et 2024 les EPCI (Etablissement public de coopération intercommunale) de Vaucluse s’en sortent plutôt bien puisque leur situation financière s’améliore globalement sur cette période. Alors que plus de la moitié d’entre-elles affichait une notation défavorable supérieur à 3 dans le baromètre AFL elles sont moins d’un quart désormais. Un résultat meilleur que la majorité des EPCI des départements limitrophes ainsi que du reste de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Les départements à la traîne sauf le Vaucluse « Comme en 2023, les départements sont le segment de collectivités qui connaît la plus sévère dégradation », pointe le bilan de l’AFL. Les raisons ? Une panne dans les recettes fiscales (les DMTO) et une atonie des recettes de fonctionnement. « Après les difficultés rencontrées en 2020 et le redressement constaté en 2021 et 2022, l’exercice budgétaire 2024 se traduit par une forte dégradation budgétaire des départements, dans le prolongement de 2023, constate le baromètre. Leur note financière moyenne poursuit sa chute, s’établissant à 3,91. Cette dégradation est particulièrement marquée puisque la notation moyenne s’établissait à 2,65 en 2022 et à 3,52 en 2023. Il s’agit de la notation la plus défavorable jamais rencontrée par les départements depuis 2015 (3,57). » En conséquence, en 2024 ce sont 14 départements qui affichent désormais une épargne nette négative (contre 2 en 2022 et 7 en 2023).
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« La dégradation de la situation financière des Départements s’accélère en 2024, sous l’effet conjugué du gel voire de la diminution de plusieurs de leurs recettes (DGF, TVA et DMTO) et de la dynamique de leurs dépenses de solidarité (évolution tendancielle et mesures décidées par l’Etat), s’alarme Départements de France. D’après une enquête réalisée par Départements de France auprès de ses adhérents en avril 2025, l’épargne brute des Départements pourrait diminuer de -69% entre 2022 et 2025 et l’épargne nette de -97%. »
Dans ce marasme, le Conseil départemental de Vaucluse semble faire presque exception. Saluée par la Chambre régionales de la Cour des comptes pour « sa gestion prudente et maîtrisée », le Département affiche ainsi une situation financière plutôt enviable. Sa note financière entre 2023 et 2024 figure parmi les meilleures de France. Et l’image des EPCI vauclusiennes, il peut faire des envieux chez ses voisins, tout particulièrement les Bouches-du-Rhône et le Gard.
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Les Régions impactées également Enfin, les régions suivent une évolution assez similaire à celle des départements, mais moins accusée. Avec une note financière moyenne de 3,61 (3,21 en 2023), il s’agit de leur moins bonne performance budgétaire, à l’exception de l’exercice 2020 (3,63) au cours duquel ce segment avait été le plus impacté par la crise sanitaire. Cette situation est principalement la traduction d’une capacité d’épargne stable, alors même que les efforts d’investissement des régions demeurent très soutenus et exigent un recours à l’emprunt croissant. Mais là encore, la situation locale est largement moins alarmante que pour le reste de l’Hexagone, tout particulièrement sa partie Nord. « Les dépenses d’investissement des Régions ont augmenté de 4 Md€ depuis 2019, soit une hausse de 35%, pour atteindre 15,1 Md€, explique Régions de France, dont le président délégué n’est autre que Renaud Muselier, président de la Région Sud. Ce pic historique des investissements régionaux, à la demande notamment de l’État pour accompagner les différents plans de relance et la décarbonation de notre économie, a été financé par un recours accru à l’emprunt à cause d’une atonie des recettes régionales, dont la progression est significativement inférieure à l’inflation : entre 2019 et 2024, les recettes des Régions ont seulement progressé de +5,4% alors que l’inflation cumulée a été de +16%. En raison d’une capacité de désendettement qui s’est mécaniquement dégradée (soit le niveau le plus dégradé de l’ensemble des catégories de collectivités), les Régions ne seront plus en mesure de compenser par l’emprunt toute nouvelle fragilisation de leurs ressources qui se traduirait par une baisse massive de leurs investissements. »
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L.G.
Le système de notation de l’AFL : mode d’emploi Les notes financières* obtenues pour chacune des collectivités territoriales et leurs groupements à fiscalité propre ont fait l’objet de traitements statistiques (moyennes simples, écarts types, médianes, …) afin de dégager des tendances sur différents périmètres (typologie de collectivité, strate démographique, année…). Par souci de confidentialité, aucune note individuelle n’est publiée mais l’AFL tient à la disposition de chaque collectivité sa note financière qui se situe entre 1 et 7.
Cette note financière repose sur les trois critères :
– La solvabilité, pondérée à 55%, résultant du taux de couverture du remboursement de la dette par l’épargne brute (30%) et du taux d’épargne brute (25%). – Le poids de l’endettement, pondéré à 20%, résultant de la capacité de désendettement (10%) et du taux d’endettement (10%). – Les marges de manœuvre budgétaires, pondérées à 25%, résultant de la part des annuités de la dette dans les recettes de fonctionnement (5%), du taux d’épargne brute avec augmentation de 10% des ressources à pouvoir de taux (5%), de la capacité de désendettement avec réduction de 10% de la charge nette des investissements (10%) et du taux d’endettement après réduction de 10%de la charge nette des investissements (5%).
Par ailleurs, dans cette étude 4 indicateurs financiers sont particulièrement observés : le taux d’endettement (stock de dette/recettes réelles de fonctionnement hors cessions), le taux d’épargne brute (épargne brute/recettes réelles de fonctionnement hors cessions), la solvabilité annuelle (épargne brute/remboursement structurel du capital) ainsi que la solvabilité pluriannuelle ou la capacité de désendettement (stock de dette/épargne brut).
*Les agrégats budgétaires et les ratios financiers sont calculés en consolidant les données issues des budgets principaux et des budgets annexes (comptes de gestion 2024 provisoires) centralisés par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Les données exploitées dans cette étude ont fait l’objet de retraitements. Les données budgétaires consolidées n’intègrent pas les budgets annexes des établissements publics sociaux et médico-sociaux (M22).
Le Département suspend l’heure d’été en Vaucluse
Le Département de Vaucluse lançait il y a deux ans un fond de soutien au cinéma et à l’image animée. Cette initiative, assez unique pour un département, a permis d’aider en 2025, cinq productions pour un montant total de 200 000 €. Les ambitions de la collectivité sont doubles : favoriser l’émergence et le développement d’une vraie filière économique et valoriser l’image du département au travers de ses patrimoines.
« Chaque euro dépensé par une collectivité pour un tournage génère 7,6 € de retombées pour le territoire (rémunérations, dépenses techniques, hébergements…) ». Rien que ce chiffre (calculé par la collectivité) peut justifier à lui seul le soutien à la filière de production audiovisuelle. Si aujourd’hui avec le développement des plateformes de streaming les besoins en production audiovisuelles sont décuplés, la compétition entre les territoires n’en demeure pas moins forte. Rien que dans la région Sud plusieurs infrastructures importantes se partagent le marché : les studios de la Victorine à Nice, Provence Studios à Martigues et la Belle de Mai à Marseille… Mais aucune dans le Vaucluse. Sans parler des équipements de la région Occitanie elle aussi très active, dont les récents studios de France Télévisions installées à Vendargues (Hérault).
Entre mai et septembre 2024, 10 nouvelles sociétés liées à l’audiovisuel ont vu le jour
En 2024, le Vaucluse a accueilli 45 tournages audiovisuel dont 3 films pour le cinéma, 4 TV films, 12 court-métrages et 1 documentaire. L’ensemble de ces productions représente 245 jours de tournage. Entre mai et septembre 2024, 10 nouvelles sociétés liées à l’audiovisuel ont vu le jour : studios d’animation, post-production, édition de jeux vidéo, créations audio-visuelles… Jusqu’alors le département comptait 3 studios d’animation : Duetto, Circus, La station.
Cette filière plus qu’émergente est également dotée de plusieurs écoles audiovisuelles de renom comme 3iS à Avignon, IMCA à Sorgues ou l’École des Nouvelles Images à Avignon. La présence sur le territoire de producteurs de cinéma ou de télévision comme Yves Rousset-Rouard ou Alex Berger n’est pas aussi sans jouer un certain rôle dans le développement de la filière vauclusienne.
200 000 € de subvention, voté par l’assemblée départementale, auront ainsi été distribués en 2025
En 2025, le guichet du département a reçu 13 demandes de soutien à la production. 5 ont été retenus(voir ci liste dans l’encadré) via une commission composée de professionnels du cinéma et de la télévision. 200 000 € de subvention, votés par l’assemblée départementale, auront ainsi été distribués en 2025. Ces budgets viennent en complément des aides pouvant déjà être apportées par la Région Sud ou encore le Grand Avignon. A noter également qu’une association, la Commission du Film Luberon Vaucluse, œuvre dans l’accueil et le développement des tournages sur le département. Elle dispose d’un solide carnet d’adresses pour faciliter le travail des producteurs : liste de techniciens, de sociétés proposant des moyens techniques, identification et référencement de lieux de tournage, aides aux obtentions d’autorisations…
Ces filières locales ou régionales de productions soutenues par les collectivités ne sont pas uniquement à comprendre comme des outils de développement économique, ce sont des opportunités uniques pour faire entendre une voix de la France qui ne soit plus issue d’un seul lieu. Comme un autre récit porté par ceux qui y habitent.
Les productions aidées en 2025 par le département de Vaucluse
Film d’animation Donjons et Chatons : Production : Watch Next. Fabrication en partie à Avignon = 50 000 €
Long-métrage Jean Valjean : Production : Radar Films. Scénario et réalisation : Eric Besnard. Tournage à Oppède, Ménerbes, Lagnes, Gargas, Saint-Saturnin = 35 000 €
Long-métrage Trompe-la-mort : Production : Rumble Fish. Réalisation : Rocco Labbe. Post-production à Avignon et effets numériques au studio d’animation Circus = 50 000 €
Documentaire Beaucastel : Production : Nolita Cinéma. Réalisation : Gabin Rivoire. Tournage au Château de Beaucastel à Châteauneuf-du-Pape = 15 000 €
Film d’animation L’Ours et l’ermite : Production : Tant mieux prod. Réalisation : Marine Blin. Studio Les Astronautes à Avignon = 50 000 €
Le Département suspend l’heure d’été en Vaucluse
Le Conseil départemental de Vaucluse se dote d’une nouvelle identité visuelle. Pour cela, les services du Département ont réalisé un maximum de choses en interne afin de minimiser les coûts de changement de l’ancien logo qui datait de 2001.
Cela faisait quasiment près d’un quart de siècle que le Département de Vaucluse affichait la même identité graphique. Autant dire une éternité, tout particulièrement pour une collectivité. L’ancien logo, avec un ‘V’ jaune et bleu datait de 2001. L’institution vauclusienne s’appelait alors encore ‘Conseil Général’. Elle était présidée par le socialiste Claude Haut qui venait de succéder au RPR Jacques Bérard. A cette époque, on venait d’inaugurer la gare TGV d’Avignon en présence de Jacques Chirac et la LEO était à peu près aussi peu avancée qu’aujourd’hui. Le futur ‘tricheur’ Lance Amstrong remportait sa 3e victoire au Tour de France, les Etats-Unis étaient foudroyées par les attaques du 11 septembre et c’était l’année de sortie du premier film de la série Harry Potter…
« Le Vaucluse change. »
Dominique Santoni, présidente du Conseil départemental de Vaucluse
« La précédente identité visuelle, et le logo qui en découlent, ont naturellement vieilli et ne reflètent plus le dynamisme d’une collectivité qui se modernise et d’un territoire qui se transforme », explique le service communication du Conseil départemental de Vaucluse. Moins indulgente, Dominique Santoni, sa présidente, compare, au mieux, l’ancien logo à une fontaine, au pire, à une ‘mouette’. « Pourquoi une nouvelle identité, explique-t-elle. Parce que je crois que le Vaucluse change. Qu’il se modernise et qu’il avance. C’est un ’V’ de Vaucluse qui dit autre chose que l’envol. Il évoque la vitalité mais aussi notre vision, nos valeurs… Cette nouvelle identité visuelle illustre véritablement ce que l’on est aujourd’hui. Elle nous rend plus lisibles et plus impactant. »
En haut, le nouveau logo. En bas, l’ancien logo datant de 2001.
Un investissement pour l’attractivité du territoire « Au fil du temps, l’ancienne identité visuelle avait fait l’objet de très nombreuses déclinaisons ou interprétations qui n’assuraient plus la cohérence indispensable en matière de communication, complètent les services du Département. La nouvelle identité visuelle va également permettre d’harmoniser l’ensemble des supports. Elle assurera une lisibilité maximale de l’action du Département et donnera une nouvelle image du Vaucluse. » « C’est un projet qui a été impulsé par les services du Département », confirme Dominique Santoni pour qui cette initiative constitue également « un investissement pour l’attractivité du Vaucluse ».
Maîtriser les coûts de l’opération Cependant, à l’heure où les collectivités locales surveillent au plus près leur niveau de dépense, le Département de Vaucluse s’est engagé dans ce renouvellement avec la ferme volonté d’en maîtriser les coûts. Ainsi, un maximum de choses a été réalisé en interne. Par exemple, l’habillage des véhicules est réalisé par les agents du Conseil départemental. Le Département s’acquittera donc seulement de la fabrication des adhésifs, ce qui divise le coût de l’opération par 5. Dans le même temps, les ‘goodies’ (objets promotionnels) ont été écoulés afin d’éviter tout gaspillages liés à la mise en place de la nouvelle charte graphique. « L’un des impératifs étant de minimiser le coût, la mise en place de la nouvelle identité visuelle sera appliquée selon plusieurs principes simples : ne pas gaspiller, dématérialiser et réaliser en interne tout ce qui peut l’être », insiste la communication du Département.
La nouvelle identité visuelle du Département s’appuie sur une palette de 2 couleurs principales complétée par 5 couleurs complémentaires.
Changement d’identité visuelle : mode d’emplois Basée sur un vert évoquant les massifs forestiers du département et un ocre rappelant les Ocres de Vaucluse, la nouvelle identité sera déclinée sur tous les supports de communication de la collectivité. Véhicules, papiers en-tête, façade des sites du département, site internet et outils numériques ou bien encore le magazine du Département qui sort ces jours-ci à l’occasion de l’été 2025. Pour changer la signalétique de ses quelque 130 bâtiments (collèges, EDES, agences et centres routiers, services…) le Département fait le choix de conserver au maximum les supports existants (panneaux dibond, totems), sur lesquels seront appliqués de nouveaux films adhésifs haute résistance. Les seuls supports à remplacer sont ceux qui sont aujourd’hui endommagés.
Le site internet.Le nouveau magazine.
Par ailleurs, le Vaucluse compte 68 panneaux routiers marquant l’entrée ou la sortie de son territoire et respectant une norme nationale. Au lieu de tous les remplacer, le Département a choisi de procéder à la pose, sur la zone personnalisable, d’un adhésif réfléchissant. Même volonté d’économie concernant les vêtements de travail des agents : aucune commande exceptionnelle n’a été passée, le nouveau logo s’appliquant uniquement aux renouvellements programmés. Enfin, le Conseil départemental de Vaucluse profite de ce changement d’identité visuelle pour approfondir sa politique de dématérialisation. Des trames portant le nouveau logo ont été intégrées aux logiciels de gestion des courriers, aujourd’hui numériques à quasiment 100%, ce qui réduit de manière drastique la commande de papier à en-tête.
Le Département suspend l’heure d’été en Vaucluse
Le coup de com’ du Conseil départemental de Vaucluse est aussi réussi que ce qu’il a été discret. Ainsi, après l’Eure qui a voté en février dernier le retour aux 90km/h, le Vaucluse sera le 54e département français à revoir la vitesse à la hausse sur le réseau routier dont il a la charge. La mesure devrait être effective à compter du 1er avril de l’année prochaine.
Alors que la vitesse sur les routes secondaires françaises a été abaissée à 80km/h depuis le 1er juillet 2018, les services de l’Etat ont autorisé depuis 2020 les conseils départementaux à relever à nouveau ce seuil à 90km/h. Ainsi, 53 départements hexagonaux sont repassés à ce jour, sous conditions (voir en fin d’article) aux anciennes limitations de vitesse. Dernier en date, celui de l’Eure qui a officiellement voté cette mesure le 7 février 2025 après que son président, Alexandre Rassaërt, ait annoncé son souhait de retrouver l’ancien seuil en octobre 2024. Pour le département normand la mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Le temps notamment d’implanter la nouvelle signalisation pour un montant estimé à 200 000€.
Si la vitesse sera de 84km/h en Vaucluse, cette limitation sera portée à 84,1km/h à Orange, 84,5km/h à Bollène et 84,8km/h à l’Isle-sur-la-Sorgue. Crédit : Devisocom
Une bonne affaire pour le département… Pour le Vaucluse, cela faisait longtemps que le Conseil départemental réfléchissait à un retour sur les anciennes limitations de vitesse, surtout depuis qu’une majorité de départements ont enclenché la marche arrière. Cependant, le coût de l’opération constituait jusqu’alors un véritable frein à cette décision en raison de son prix, particulièrement en cette période de restrictions budgétaires pour les collectivités locales. En effet, le coût de pose d’un panneau est compris entre 200 et 250€ environ. Néanmoins, la vigilance des agents vauclusiens en charge des routes du département leur a permis de dénicher une vente flash sur le site le bon coin-coin dédié aux bonnes affaires pour les collectivités locales. Il faut dire qu’à 84€ les 100 panneaux l’offre est alléchante, rendant ainsi la démarche, qui sera effective le 1er avril 2026, quasiment gratuite.
… et un sacré coup de com’ Profitant de l’aubaine, l’administration départementale s’est donc engouffrée dans l’opération. Flairant également le bon coup de com’, le Département a aussi pris une décision inédite : « rien ne nous oblige à augmenter la vitesse jusqu’à 90 km/h. Nous sommes dans le département 84 alors la vitesse sera portée à 84km/h. Comme cela tout le monde est content : ceux qui veulent aller plus vite et ceux qui souhaitent que l’on roule à des vitesses raisonnables sur nos routes. » C’est vrai que la différence de vitesse est minime alors que le coup marketing est une vraie réussite.
Pour les gendarmes de Vaucluse, les contrôles de vitesse seront différents selon les communes où ils seront réalisés. Crédit : gendarmerie nationale
Les communes montent au créneau Toutefois, l’initiative départementale a suscité une certaine ‘jalousie’ de la part des communes de Vaucluse. « Pourquoi le Département serait le seul à bénéficier de ce coup de com’ ?, s’interroge la municipalité de l’Isle-sur-la-Sorgue. Nous, notre code postal ce n’est pas 84 000 mais 84 800. Alors nous voulons que la limitation de vitesse soit fixée 84,8 km/h sur les portions de routes départementales situées sur notre commune. » Un vœu exaucé par le Département qui s’est engagé à installer des panneaux de limitation en fonction des du code postal des principales villes de Vaucluse.
Ainsi, ces limitations vont être portées à 84,1km/h à Orange, 84,2km/h à Carpentras, 84,3km/h à Cavaillon, 84,4km/h à Apt, 84,5km/h à Bollène, 84,6km/h à Valréas et 84,7km/h à Sorgues. Pour sa part, Avignon (84 000) restera aligné sur le reste des autres routes du département. Avec son code postal 84 170 la ville de Monteux a bien tenté le coup des 84,17km/h mais ce sont les forces de l’ordre qui ont mis ‘le holà’ à cette décentralisation des limitations de vitesse. « Nos appareils de contrôle ne permettent pas de mesurer au 100e », explique la gendarmerie de Vaucluse. En attendant, le trajet Avignon, Sorgues, Orange risque de constituer un sacré casse-tête pour les automobilistes vauclusiens : 84 km/h, 84,7km/h puis 84,1km/h…
Le Gard ambitionne de devenir la plus grande ‘zone 30’ au monde. Crédit : DR
Un modèle pour les autres départements français ? En tout cas, l’initiative vauclusienne semble déjà inspirer d’autres départements. Si pour le territoire de Belfort (90), le retour au 90km/h raisonne comme une évidence, le Gard y voit surtout une belle opération de ‘greenwashing’ si chère aux élus de la rive droite de Rhône : « En passant à 30km/h sur l’ensemble du Gard, le département deviendra plus grande zone 30 d’Europe, voir du monde » se félicite-t-on déjà côté gardois. Pas sûr pourtant que cet enthousiasme soit entièrement partagé par les usagers locaux de la route. Dans les Bouches-du-Rhône, les automobilistes semblent davantage résignés. « Rouler à 13 km/h sur les départementales ce sera toujours plus vite que de circuler à Marseille… »
Quels sont critères pour augmenter la vitesse sur une route départementale ? Attention cependant, toutes les portions de routes départementales de Vaucluse ne sont pas concernées par cette décision. En effet, seules celles intégrant les critères de la loi d’orientation des mobilités (LOM) de décembre 2019 sont éligibles. Ainsi, pour augmenter la vitesse, les tronçons concernés doivent faire au moins 10 km de long. Par ailleurs, ces voies ne doivent pas non plus comporter d’intersections avec un tourne-à-gauche, d’arrêts de transport en commun, de croisements avec des chemins de randonnée, de traversées de hameaux, de circulation d’engins agricoles et d’obstacles en bord de route. Au final, sur les 2 330 kilomètres du réseau départemental, seuls 84 kilomètres seront finalement concernés par cette mesure.
Le Département suspend l’heure d’été en Vaucluse
En raison de la situation politique nationale, Dominique Santoni a décidé de reporter la séance budgétaire initialement prévue ce vendredi 20 décembre. Informés de la décision les différents groupes politiques de l’assemblée départementale l’ont approuvée.
« Compte tenu de ce qui s’est passé ces dernières semaines à Paris et des incertitudes concernant ce que l’Etat voulait ponctionner aux collectivités locales – notamment les prélèvements directs envisagés par le gouvernement Barnier qui nous auraient au moins impacté sur les recettes 2025 – nous avons trouvé plus sage de décaler la séance budgétaire », explique Dominique Santoni, présidente du Conseil départemental de Vaucluse que nous venons de rencontrer dans le cadre de l’entretien qu’elle nous a accordé pour la prochaine édition du Vaucluse en chiffres 2025 que nous dévoilerons en février prochain. C’est donc le vendredi 17 janvier prochain que le Département devrait voter son budget 2025.
10M€ à économiser En attendant, une certitude : quoi qu’il arrive, le Département va devoir limiter ses dépenses en raison de la baisse des dotations comme le reversement d’une partie de la TVA ou des DMTO (Droits de mutation à titre onéreux). Au bas mot, c’est ainsi près de 13M€ au moins qu’il faut économiser. Et cela, sans savoir à qu’elle sauce sera mangé le Vaucluse par le nouveau gouvernement Bayrou. Pour y arriver, la présidente, qui dispose d’une majorité relative, reçoit d’ailleurs actuellement les présidents de groupe afin de mener une concertation sur les économies possibles et les domaines d’intervention à privilégier.
Vœux : une décision symbolique Dans ce contexte, Dominique Santoni vient également d’annuler les traditionnels vœux aux corps constitués. Il s’agit essentiellement des représentants de la préfecture, des services de l’État, des élus, des organismes locaux, de la presse… L’an dernier, cette cérémonie s’était déroulée au gymnase du Calavon à Cabrières d’Avignon. Elle avait réuni plus de 1 000 personnes. « Il s’agit peut-être d’une mesure symbolique, annonce Dominique Santoni. Mais cette décision me paraît légitime car elle montre que nous mettons dans en mode économie, l’institution départementale aussi. »
Le Département de Vaucluse et en particulier Dominique Santoni, et Corinne Testud-Robert, vice-présidente et présidente de la commission habitat ont invité des élus locaux à visiter 4 programmes exemplaires réalisés par la Société d’économie mixte de la Ville de Sorgues.
Le Département de Vaucluse travaille sur un nouveau Plan départemental de l’Habitat (PDH). Un document de planification stratégique -s’étendant sur six ans- pour définir et coordonner les politiques de logement pour les années à venir, tout en tenant compte de la sobriété foncière réclamée par le dispositif Zan (Zéro artificialisation nette). Depuis 2020, le Département a subventionné 62 opérations de bailleurs sociaux publics concernant près de 2 500 logements (réhabilitation et création), pour un montant total de 4 093 470 €.
Mission ? Répondre aux besoins des Sorguais en matière d’habitat, notamment en facilitant l’accès à des logements abordables.
Objectif ? Communiquer et d’échanger sur les modèles de logements contemporains et qualitatifs. Les logements présentés ont été réalisés dans d’anciens bâtiments dégradés du centre de Sorgues.
Le message ? Monter aux élus locaux des exemples de réhabilitation qu’ils pourraient développer sur leurs communes pour revitaliser leurs centres-villes et s’inscrire dans la sobriété foncière.
Les programmes Les programmes visités sont des opérations de réhabilitations en centre-ville, comprenant des spécificités patrimoniales et la conservation d’éléments historiques. «L’objectif est de participer à la réhabilitation du centre ancien en le rendant attractif, en faisant en sorte que des habitants se le réapproprient, et en introduisant du développement durable dans ce type de projets,» a relaté Thierry Lagneau, maire de Sorgues. Ainsi, l’opération Mireille-l’Orme abrite six logements et deux commerces ; La Calade, rue des remparts propose sept logements et deux commerces, Le Paradou situé Cours de la République permettra bientôt l’amélioration thermique de douze T3 et de cinq commerces, Bergone et Saint Sixte, elle, compte 12 logements. Le Conseil départemental est intervenu respectivement dans ces chantiers à hauteur de 3030€ en 2020, 41 211€ en 2023, 79 350€ en 2023 et 84 758€ en 2015. MMH