30 août 2025 |

Ecrit par le 30 août 2025

La région, sans masque

Hier, le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur a désigné son président. Sans surprise, c’est Renaud Muselier qui a été reconduit dans ses fonctions à la tête de la Région Sud.

En dépit de l’heure encore matinale, les dames – élues ou fonctionnaires – à l’aise dans une vêture soignée semblaient s’être préparées pour une agréable ‘Garden party’ estivale. La cérémonie d’investiture de Renaud Muselier s’avançait avec un beau brin d’élégance ‘républicaine’ et de nouveauté au moment de célébrer le verdict des urnes en assemblée plénière du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur.

« 90% des 18-25 ans ne se sont pas allés voter »
Car « la démocratie a parlé », comme le reconnaissait Thierry Mariani lors de son intervention face à la tribune. « Elle le fait désormais à voix basse et, cette fois-ci, elle a murmuré » a commenté le chef de file du Rassemblement national entouré de 38 élus. « C’est un record d’abstention pour des élections régionales » confirme Renaud Muselier, « 90% des 18-25 ans ne se sont pas allés voter ».
Les deux seuls groupes qui s’affronteront au cours de ce mandat de près de 7 ans sont d’accord : la toile de fond de l’action politique s’amorce maintenant sur le sujet de la considération et de l’intérêt des citoyens pour une institution qui a toujours autant de mal à faire partie du paysage, 40 ans après les premières lois de décentralisation. C’est un tournant.

Refondation démocratique
Pas question pour autant de s’entendre. Une heure après avoir revêtu l’écharpe, son président a cependant vu les premiers parlementaires régionaux quitter l’hémicycle et lui tourner le dos.
Le feu aux poudres a été déclenché par les remerciements que Renaud Muselier adressés à Jean-Laurent Felizia (liste EELV, 17% des suffrages du premier tour) « pour son sens des responsabilités, sa confiance, en sacrifiant sa liste pour éviter le pire. »
En partant du constat de cette crise touchant à la fois la participation et la représentation, « nous allons retrouver le sens étymologique de la politique, ce qui concerne les citoyens, la vie de la cité », promet le nouveau président. En assurant « la voix des forces politiques qui se sont retirées de cette élection, en s’appuyant sur un comité représentatif et – ou bien – un organisme dédié ».
Pour cette refondation démocratique, Thierry Mariani plaide en revanche pour « plus de démocratie locale et directe avec l’organisation de référendums ». Il met en garde sur le péril institutionnel d’accorder à l’opposition élue « moins de droits et d’espace qu’à ceux qui ont choisi de priver leurs propres électeurs de représentation au sein de l’assemblée (…) et d’apporter des ‘démonstrations de sectarisme’ à l’égard du rassemblement national affichant une opposition constructive.

Augmentation du budget de la culture de 10%
Avec un peu plus d’élus (84 contre 81), une majorité un peu élargie (10 étiquettes politiques contre 8) et 60% de « nouveaux », le président du Conseil régional a annoncé la création, sur le modèle des numéros directs ou d’urgence, d’un centre d’appel ‘Allo région’. Le site en ligne devra fournir « en trois clics » toutes les informations recherchées. « Déontologue » et « Médiateur » complètent la panoplie de cette institution qui cherche sa proximité dans une modernité revendiquée. Le budget de la culture augmente de 10%, sans doute pour plaire aux jeunes et aux vieux. Les structures politiques et administratives seront prêtes au plus tôt pour être opérationnelles fin juillet : exécutif, commissions, marchés publics. « Courant août, nous lanceront les Etats généraux de la relance », annonce Renaud Muselier. Le blason sera – espère-t-on – redoré auprès d’un électeur-consommateur auquel une promesse pragmatique est faite.

Premières mesures et objectifs économiques
Il faudrait en effet aboutir, au cours des 6 prochaines années, à une région « sans masque, apaisée et prospère ». Sans charges supplémentaires, il faudra aller décrocher 10 milliards de fonds européens et mobiliser les 5 milliards de crédit d’Etat sur les Contrats d’avenir en allant le plus vite possible. D’un côté, « le robinet va finir par se tarir, ce qui nous oblige à prendre toutes les opportunités ». De l’autre, « on devra éviter le confinement par tous les moyens, si par malheur une quatrième vague de coronavirus devait arriver ».

Dans ce cortège d’urgences, le conseil régional a annoncé ses premières mesures budgétaires :

– 10M€ pour les polices municipales dès que sera signée la convention avec le ministère de l’Intérieur permettant ce type d’abondement

– 100M€ pour le projet ‘zéro rideau fermé’

– 1 milliard pour rénover et construire des lycées.

A plus long terme, le plan climat est réaffirmé autour de deux objectifs principaux : être la première région ‘neutre en carbone’ et autonome pour la gestion des déchets en 2030.

L ’ensemble des conseillers régionaux (crédit : Claude Almodovar).

La liste du nouvel exécutif régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur
Renaud MUSELIER, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

1. Christian ESTROSI, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur
Président délégué aux Grands événements, aux Relations Internationales et à la Francophonie

2. Chantal EYMEOUD, Maire d’Embrun, Présidente de la Communauté de Communes Serre-Ponçon
Deuxième Vice-Présidente, en charge du Plan Montagne et des Affaires européennes

3. François DE CANSON, Maire de La-Londe-Les-Maures, Président de la Communauté de Communes Méditerranée Porte des Maures
Troisième Vice-Président, en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs

4. Sophie JOISSAINS, Adjointe au Maire d’Aix-en-Provence, Vice-Présidente de la Métropole Aix-Marseille Provence
Quatrième Vice-Présidente, en charge de la Culture

5. David GEHANT, Maire de Forcalquier, Président de la Communauté de Communes Pays de Forcalquier – Montagne de Lure
Cinquième Vice-Président, en charge de l’aménagement du territoire, de l’aide aux communes et aux intercommunalités

6. Bénédicte MARTIN
Sixième Vice-Présidente, en charge de l’Agriculture, de la viticulture, de la ruralité et du terroir

7. Jean-Pierre COLIN, Premier Adjoint au Maire de la Seyne sur Mer, Vice-Président de Toulon Provence Méditerranée
Septième Vice-Président, en charge des Finances et des partenariats de coopération

8. Véronique BORRE
Huitième Vice-Présidente, en charge de la Sécurité, de la défense, du soutien aux forces de l’ordre et de l’innovation pour une région apaisée

9. Nicolas ISNARD, Maire de Salon-de-Provence, Vice-Président de la Métropole Aix-Marseille Provence, Président du Conseil de territoire du Pays Salonais
Neuvième Vice-Président en charge de la Formation professionnelle et de la politique de l’emploi

10. Marie-Florence BULTEAU-RAMBAUD
Dixième Vice-Présidente en charge de l’Education, des Lycées, de l’orientation et de l’apprentissage

11. Serge AMAR, Adjoint au Maire d’Antibes
Onzième Vice-Président en charge de l’Artisanat, du Commerce et des TPE-PME

12. Virginie PIN, Adjointe au Maire de Toulon
Douzième Vice-Présidente en charge de l’Art de vivre en Provence-Alpes-Côte d’Azur, du patrimoine et des traditions

13. Jean-Pierre SERRUS, Maire de La Roque d’Anthéron
Treizième Vice-Président en charge des transports et de la mobilité durable

14. Jacqueline BOUYAC, 1ère adjointe au Maire de Carpentras, Présidente de la Communauté d’agglomération du Comtat Venaissin
Quatorzième Vice-Présidente en charge du renouveau démocratique, de la participation citoyenne et du renforcement des services publics

15. Ludovic PERNEY, Conseiller d’arrondissement de Marseille
Quinzième Vice-Président en charge de la Jeunesse, des Sports et de la vie étudiante

CONSEILLERS SPECIAUX
Georges LEONETTI, Conseiller régional spécial en charge de la santé, de la lutte contre la pandémie, de l’enseignement supérieur et de la recherche

Sabrina ROUBACHE, Conseillère régionale spéciale en charge des grandes causes régionales : lutte contre les violences faites aux femmes et lutte contre le harcèlement scolaire

COMMISSION D’ETUDE ET DE TRAVAIL
Commission Tourisme : Présidente : Sophie VAGINAY
Commission Transports et Ports : Jean-François PERILHOU
Commission Politique de la formation et de l’emploi : Mohamed MAHALI
Commission Lycées et Orientation : Claude ALEMAGNA
Commission Santé, Handicap, Enseignement supérieur, recherche : Josy CHAMBON
Commission Sécurité – Défense : Aurore BRUNA
Commission Entreprises – Artisanat et commerce – Economie sociale et solidaire, économie circulaire : Isabelle SAVON
Commission Biodiversité, mer et littoral, Parcs Naturels Régionaux, Risques – Préparation du Congrès mondial de la nature : Christophe MADROLLE
Commission développement économique et digital, Industrie, export et attractivité : Bernard KLEYNHOFF
Commission Finances, administration générale et ressources humaines : Alexandre DORIOL
Commission Transition énergétique, stratégie des déchets, Qualité de l’air : Anne CLAUDIUS-PETIT
Commission Sport, Préparation des JO 2024 : Hervé LIBERMAN
Commission Jeunesse, vie étudiante et lien intergénérationnel : Bruno GENZANA
Commission Formations Sanitaires et Sociales : Bertrand MAS-FRAISSINET
Commission Patrimoine, traditions et langues régionales : Jean-Pierre RICHARD
Commission Transition numérique des entreprises et des territoires, Aménagement, Economie numérique : Françoise BRUNETEAUX
Commission Territoires de coopération – Méditerranée du Futur : Marion BAREILLE
Commission Lutte contre les inégalités, Solidarités, Défense des droits des femmes : Jennifer SALLES-BARBOSA
Commission Rayonnement Culturel : Richard GALY
Commission Europe, préparation de la présidence française de l’Union européenne : Magali ALTOUNIAN
Commission Agriculture, Ruralité, Elevage et Forêt : Jean-Paul DAVID
Commission Massif Alpin : Colette FABRON


La région, sans masque

Suite aux résultats du premier tour des élections régionales et départementales, Cécile Helle, maire d’Avignon, appelle à faire barrage aux candidats du Rassemblement national (RN) au Département ainsi qu’en région.

« Plus que jamais, au sein de nos territoires, en ces temps difficiles, les valeurs républicaines doivent triompher partout, explique-t-elle. Dès lors, j’attends la même responsabilité des forces républicaines pour faire barrage aux idées et aux candidats du Rassemblement national dans tous les cantons du département du Vaucluse.
« Dans les trois cantons d’Avignon, j’appelle chacune et chacun à opérer, en toute responsabilité, le choix de la démocratie, de la solidarité et de la fraternité. Face à la menace du Rassemblement national, il faut sans hésitation soutenir les candidats de la gauche citoyenne, écologique et sociale pour qui la solidarité envers les plus fragiles reste au cœur des valeurs républicaines », poursuit-elle tout en regrettant « une si faible participation ».

Désintérêt pour la chose publique
Candidate sortante malheureuse dans le canton 1 de la cité des papes, Darida Belaïdi en froid avec Cécile Helle, dresse pourtant le même constat et appelle, « en tant que femme de gauche fidèle à mes valeurs », les électeurs à se mobiliser pour faire barrage à l’extrême-droite dimanche prochain.
Pour autant, cette dernière fait remarquer que « le binôme qui revendiquait le soutien de tout l’appareil municipal n’est pas parvenu à se qualifier non plus ».
« A nous de regarder et assumer avec humilité cet échec collectif et trouver les solutions durables pour y remédier », avance-t-elle pour expliquer ces résultats ainsi que « le niveau d’abstention particulièrement fort, signe du désintérêt croissant des citoyens pour la chose publique ».

Appel entendu en région
De son côté, la maire d’Avignon a également porté le même message de mobilisation pour les régionales.
« S’agissant des élections régionales, pour les mêmes raisons, et pour que notre Région Provence-Alpes-Côte d’Azur ne devienne pas la première Région de France à porter les sombres couleurs du Rassemblement national, je lance un appel à la raison et à la responsabilité à Jean-Laurent Felizia afin qu’il retire sa liste dans la perspective d’un second tour qui s’annonce à risques. »
Un appel entendu puisque le chef de file écologiste de l’union de la gauche en Provence-Alpes-Côte d’Azur vient d’annoncer le retrait de sa liste, laissant la place à un duel au second tour des régionales entre le sortant LR Renaud Muselier et Thierry Mariani pour le RN. Après le désistement de la liste de Christophe Castaner lors du précédent scrutin en 2015, ce sera donc la seconde fois que ‘le peuple de gauche’ disparaîtra de l’hémicycle régional.
Un retrait salué par Renaud Muselier, qui « répond de façon courageuse et claire à l’exigence de rassemblement face à l’extrême-droite. Je mesure à quel point cette décision constitue un sacrifice pour Jean-Laurent Felizia comme pour l’ensemble de ses colistiers, ainsi que pour les familles politiques dont il a l’honneur de porter les étendards, poursuit le président sortant du Conseil régional. Quand on s’engage dans une campagne électorale, on y met tout son cœur, on y place ses espérances, ses valeurs et ses projets. Pour avoir débattu avec lui à deux reprises, je sais qu’il a agi en conscience et que c’est un homme de valeur. »


La région, sans masque

Les Régionales d’abord. Une abstention historique de 66,28% et finalement, une triangulaire qui se profile en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Donné largement vainqueur par les sondeurs, Thierry Mariani (RN) arrive en tête (36,38%) devant Renaud Muselier (LR) avec 31,91% des voix, 3e : Jean-Laurent Félizia (Rassemblement Ecologique & Social) 16,89%. Venu au Pontet, devant plus de 70 journalistes et envoyés spéciaux radio, TV, presse écrite rassemblés au stade de Fargues, le candidat vauclusien du RN ne cache pas sa déception : « Vous êtes des milliers à vouloir que ça change dans ce pays et vous n’allez même pas voter. Si vous vous abstenez, c’est le candidat de Macron (Muselier) qui va être élu, prenez vos responsabilités, ne laissez personne décider à votre place, votez ». Même son de cloche chez la présidente du RN, Marine Le Pen: « C’est un véritable désastre civique » et elle demande un ‘sursaut’ à ses militants.

« Je n’ai jamais cru aux sondages. »

Renaud Muselier

Tout sourire en revanche, le LR Renaud Muselier apparaît à la tribune puisque ‘seulement’ 4,47% des voix le séparent du leader du 1er tour : « Je n’ai jamais cru aux sondages qui nous plaçaient 10 points derrière le RN. Je sais ce que nous avons vécu, ensemble, dans le Sud avec la crise sanitaire. Nous avons tous été solidaires, des hommes et des femmes qui préfèrent des blocs d’amour à des blocs de haine. »
Troisième larron, Jean-Laurent Félizia qui compte bien ne pas rester inerte pour le second tour. Point de vue que partage sa tête de liste en Vaucluse Jean-Pierre Cervantès : « Pendant 6 ans, il n’y a eu aucun élu de gauche ou écologiste à la Région à Marseille. Cela nous a traumatisés. Le peuple de gauche existe, il n’est pas question de rester couchés et de recommencer à être les supplétifs de la droite ». Mais du côté des états-majors parisiens (EELV, PCF, PS) on ne l’entend pas forcément de cette oreille. On pourrait demander à Jean-Laurent Félizia de se retirer, comme Christophe Castaner l’avait fait sur injonction de Manuel Valls et de Jean-Christophe Cambadélis en 2015. Fin du suspense demain mardi à 18h avec le dépôt des listes en Préfecture.

« Le peuple de gauche existe. »

Pierre Cervantès

Pour les départementales : 2 Vauclusiens sur 3 ne se sont pas rendus dans leur bureau de vote, aucun des 34 candidats n’a été élu au soir du 1er tour. Pas même le maire RN du Pontet, Joris Hébrard malgré ses 59,83% en binôme avec Danielle Brun face au duo de gauche Philippe Pascal-Fabienne Véra (40,17%), il devra revenir en deuxième semaine, faute de quorum (65,99% d’abstentions)… Ce qui agace le candidat RN : « Notre score, bien que positif, a le goût de la défaite. C’est à cause de la défiance instillée par le gouvernement Macron depuis des mois. Les Français en ont marre, du coup ils ne se mobilisent pas. Je vais passer toute la semaine à quadriller mon canton pour les convaincre d’aller voter. »

« Les Français en ont marre, du coup ils ne se mobilisent pas. »

Joris Hébrard

Autres primes aux sortants à Pertuis pour le duo Jean-François Lovisolo (Union de la Gauche) – Noëlle Trinquier (EELV) : 45,77% en ballotage favorable devant le RN (22,49%). A Sorgues où le maire LR Thierry Lagneau totalise 49,69 des suffrages et devance de plus d’un millier de voix le RN (35,59%). A l’Isle sur la Sorgue, le maire et conseiller départemental sortant Jean-Pierre Gonvalvez (LR) est en tête (40,75%) devant le binôme RN (29,74). A Carpentras, l’élu RN Hervé de Lépinau sort renforcé du 1er tour (41,89%) devant l’ancien maire de gauche Francis Adolphe (21,44%). A Cheval Blanc on se dirige vers la réélection de Suzanne Bouchet et Chritian Mounier (LR) qui ont recueilli 40,50% des suffrages devant l’union de la gauche (30%), le RN n’a pas pu se qualifier pour le second tour. A Apt, c’est la maire et conseillère départementale LR, Dominique Santoni qui vire en tête (33,69%) devant le maire DVD de Gordes, Richard Kitaëff (27,68%). Autre duel fratricide à Orange où le fils du maire, Yann Bompard, élu sortant arrive de justesse en tête (30,51%) avec sa liste Ligue du Sud devant le frontiste André-Yves Beck (28,45%) qui était chef de cabinet du même Jacques Bompard…

Situations plus délicates
Il y a des cantons où les sortants sont en situation délicate comme à Vaison, fief de l’ancien président socialiste du Conseil Général, Claude Haut. En 2015, Sophie Rigaut l’avait emporté devant le frontiste Philippe de Bauregard. Cette fois, les rôles sont inversés, avec les mêmes adversaires, le RN arrive en tête (31,57%) devant la gauche (29,61%). A Cavaillon, le sénateur et élu départemental LR Jean-Baptiste Blanc, en binôme avec Elisabeth Amoros (38,66%), arrive derrière le duo RN Bénédicte Auzanot-Jean-Pierre Peyrard (44,37%). Dans le canton 3 d’Avignon, le sortant, le communiste André Castelli recueille moins de 40% derrière la RN Anne-Sophie Rigault qui vire en tête du 1er tour avec 46,9%. Dans le canton de Pernes, le sortant divers gauche Max Raspail totalise 26,27% des suffrages en arrivant derrière le RN qui pointe à 32,25%. Dans le canton de Valréas, la sortante LR Corinne Corinne Testud-Robert n’affiche que 28,26% derrière le RN Damien Broc (33,23%). Enfin à Monteux où le RN Rémy Rayé ne se représentait pas, c’est un autre lepéniste, Jean-Claude Ober (38,79%) qui est en tête devant le maire communiste d’Entraigues Guy Moureau (25,78%).

Ceux qui sont sortis
Et enfin, il y a les sortants sortis dès le 1er tour, comme dans le 1er canton d’Avignon où l’élu de La REM, Alain Moretti (16,32%) a été battu et laissera sa place au vainqueur du duel Paul Ruat (RN)-Samir Allel (UDG), 32,35% contre 25,41%. Mais aussi la pugnace Darida Bélaïdi (DVG) qui s’est battue pendant 6 ans pour les habitants de la Rocade notamment, mais qui a recueilli seulement 9,65% des voix. Même scénario dans le 2e canton où l’écologiste Sylvain Jordanoff s’en va (3,83%) et laisse la place aux 2 binômes encore en lice pour le second tour : les RN Jean-François Mattéi-Carole Montagnac (28,88%) et les DVG Laurence Lefèvre-Fabrice Martinez Tocabens (23,32). Enfin, à Bollène, une sortie remarquée celle de Marie-Claude Bompard, déjà éjectée de la mairie aux Municipales. Et c’est le même homme, le socialiste Anthony Zilio qui la devance avec 50,77% des voix contre 22,32%. Il est en ballotage favorable devant le RN (26,91%) pour obtenir un fauteuil dans l’hémicycle du Conseil Départemental, Rue Viala lors de la 1ère séance de la nouvelle mandature, le 1er juillet prochain…
Espérons que dimanche 27 juin, pour le second tour, la participation sera meilleure pour que les élus aient une réelle légitimité.


La région, sans masque

Ancien secrétaire départemental du PS pendant 13 ans, maire de la Tour d’Aigues depuis 2008, co-président de l’Association des maires de Vaucluse (AMV) depuis 2014, Jean-François Lovisolo n’est pas peu fier d’avoir réussi ce tour de force d’unir toutes les composantes (PS, EELV, LFI, PCF, Génération-s, le Pôle écologiste…), pour, si possible, reconquérir lors des prochaines élections des dimanches 20 et 27 juin prochains la présidence de l’exécutif du département occupée au bénéfice de l’âge par la droite depuis 2015. Et pourtant, la gauche avait alors recueilli 61 785 voix au second tour, l’extrême droite près de 90 000 et la droite (seulement) 45 600. Bizarreries du découpage sans doute…

La solidarité pour ADN
La solidarité, c’est l’ADN du programme dans les 17 cantons du département pour les candidats de gauche. « Avec la crise sanitaire, nombre de personnes âgées, handicapées, seules ont terriblement souffert d’isolement, aucun dispositif d’accompagnement n’a été mis en œuvre par le département, les familles étaient livrées à elles-mêmes. Il faut de vrais outils de veille pour aider les plus fragiles. »
« Le département doit sortir de son cadre habituel de compétences, sur les investissements par exemple, poursuit Jean-François Lovisolo. Le Vaucluse connaît de sérieux problèmes de foncier. Il y en a peu et il est très cher. Les jeunes ne peuvent pas acheter. On ne peut pas laisser ce secteur aux seuls promoteurs immobiliers, on doit proposer des lots de logements 20 à 30% moins chers pour un accès plus facile à la propriété. »

Simplifier les procédures administratives
Autre cheval de bataille de l’ancien leader du PS : « Simplifier les procédures administratives. Il faut 10 ans pour concrétiser un projet, c’est un frein à l’efficacité. Plus on complexifie, plus on retarde l’attente des citoyens. Le mouvement des gilets jaunes est une illustration de ce ras-le-bol. Il faut rendre l’action publique plus lisible et plus rapide. »
Jean-François Lovisolo prône une marge de manœuvre plus large pour les élus locaux. « On nous a enlevé tout outil fiscal, c’est l’Etat qui décide de tout. Qu’on nous laisse procéder à des expérimentations locales. Le Vaucluse n’est pas la Seine-Saint-Denis, les problématiques ne sont pas comparables à l’identique dans l’ensemble de l’hexagone. »

Préserver et protéger
« Préserver, protéger, pour un département solidaire et écologique, c’est le programme de Jean-François Lovisolo en binôme avec Noëlle Trinquier (EELV) sur le canton de Pertuis. A l’issue des 2 tours des départementales, un canton pourrait tomber dans le giron de la gauche, celui de Bollène » estime-t-il. En attendant, il reste un atout-maître dans sa manche, l’âge de l’un des candidats PS, Max Raspail, 72 ans. En 2015, droite et gauche avaient chacune 12 sièges, c’est Maurice Chabert qui avait été élu président de l’exécutif au bénéfice de l’âge. Cette fois, en cas d’égalité de sièges, c’est Max Raspail le doyen.

(4 autres listes sont aussi présentes dans le 13e canton de Vaucluse : Odile Boutillon-Michel Simos, Jade Escoffier-Aymonn Mathieu, Philippe Grospellier-Catherine Malinge-Mehdi ainsi que Henri Lafon-Catherine Serra).


La région, sans masque

Découvrez la liste officielle des 148 candidats (et leurs 148 remplaçants) présents dans les 17 cantons de Vaucluse à l’occasion des prochaines élections départementales. Le scrutin, qui se déroulera les dimanches 20 et 27 juin 2021, permettra de désigner 17 binôme de candidats qui occuperont les 34 sièges de l’assemblée départementale. Une institution présidée depuis 2015 par Maurice Chabert (LR – Les Républicains), élu au bénéfice de l’âge, qui a fait savoir la semaine dernière qu’il ne se présenterait pas à sa propre succession.


La région, sans masque

Le président du Conseil départemental de Vaucluse vient d’annoncer qu’il ne sera candidat à sa propre succession. Après un demi-siècle passé en tant qu’élu local, ce dernier tire sa révérence autant pour raison de santé que par sentiment du devoir accompli.

Elu municipal en 1971, maire de Gordes pendant 32 ans, entré au Conseil général de Vaucluse en 1994, puis président du Conseil départemental depuis 2015, l’ancien professeur de mathématiques ne briguera plus aucun mandat, il vient de l’annoncer.

Au service de tous les Vauclusiens
« Depuis mon AVC (accident vasculaire cérébral) en mai dernier, j’ai quelques problèmes de vue. Mais je n’ai pas démissionné, je suis resté à mon poste pour continuer mon travail au service de tous les Vauclusiens. »
Et le président sortant d’égrainer ses 6 ans de mandat sous forme de bilan. « Je suis fier, avec les élus qui ont travaillé d’arrache-pied avec moi, d’avoir mis en œuvre une solidarité au cœur de tous les territoires, avec un maillage de 18 lieux d’accueil, au plus près des habitants, pour leur apporter aide et accompagnement, notamment aux plus fragiles avec des équipes professionnelles et disponibles. Avec le ‘Plan Départemental de l’Habitat 2016-2022’, nous contribuons au développement de 4 000 logements supplémentaires par an. »

« La solidarité, c’est l’ADN de notre action. »

« La solidarité, c’est l’ADN de notre action, c’est aussi une série de contrats avec les villages, les villes et les intercommunalités. Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. On a pu concrétiser nombre de projets qui n’auraient pas pu aboutir autrement. Comme la rénovation de la piscine de Cavaillon, le nouveau pôle multi-accueil à Valréas, la reconstruction du gymnase Génicoud à Avignon, le centre médical de proximité de Saint-Christol d’Albion. Près de 27M€ ont été votés pour soutenir toutes les communes, quelle que soit leur taille ou leur couleur politique. »
Le THD (Très haut débit) initié par la précédente mandature (ndlr : celle du socialiste Claude Haut) a été développé à la vitesse grand V. Près de 170M€ ont ainsi été injectés pour aider au développement des entreprises y compris dans les zones rurales.
« Investir, c’est assurer l’avenir. Depuis 2015, grâce à une gestion rigoureuse, nous empruntons moins, nous nous désendettons et nous avons investi près de 700M€ (691 exactement) : 21M€ pour la déviation d’Orange, 6,2M€ pour la déviation sud de Carpentras, 7,8M€ pour le giratoire ‘Spirou’ à Monteux. »
Côté collèges, (41 établissements publics en Vaucluse), 20M€ ont permis de réhabiliter le Collège Jean Giono d’Orange, 17M€ pour Anselme Mathieu à Avignon, 7,2M€ pour Vallis Aeria à Valréas, 5,8M€ pour celui du Thor et à la rentrée de septembre, tous les collégiens et leurs professeurs recevront un ordinateur gratuitement.
Le Président Chabert continue son inventaire à la Prévert : « nous avons fait le maximum pour préserver les joyaux de notre territoire mais aussi le petit patrimoine qui fait la beauté de nos paysages. Comme la réhabilitation du Palais des Papes, sa Chapelle Benoît XII, sa Tour de la Campane. A Carpentras, l’Hôtel Dieu qui abrite la magnifique Bibliothèque d’Inguimbertine. Nous avons également lancé le déménagement des archives départementales vers Agroparc avec un pôle de conservation offert aux historiens, généalogistes, archéologues, étudiants (33M€). »
Enfin, « pour sécuriser le flux des 700 000 promeneurs, randonneurs, cyclistes qui fréquentent le mont Ventoux chaque année, nous avons lancé un plan de requalification (3,4M€) pour sauvegarder ce site unique de biodiversité qu’est notre Géant de Provence. »

« Un gaulliste-pompidolien qui veut tourner la page. »

Maurice Chabert n’est pas candidat aux scrutins des Départementales des 20 et 27 juin prochains: « Il faut savoir tourner la page, j’ai eu une vie heureuse, à 77 ans je vais me consacrer à ma famille, ma femme, mes amis. Je ne ferai plus de grands voyages comme avant (en Chine, au Japon, au Guatemala), mais les capitales européennes, ce n’est pas si mal ! »
Mais le président sortant montre des signes d’inquiétude si l’extrême droite enlève le Vaucluse fin juin. « La culture, la vie associative et sportive ne sont pas sa priorité. Si je me suis retrouvé président du Département au bénéfice de l’âge, moi qui suis gaulliste-pompidolien, j’ai géré en bonne intelligence avec la gauche, dans l’intérêt des Vauclusiens, personne n’a voté contre le budget, certains se sont abstenus, c’est tout. »
Et s’il ne veut pas se lancer pas dans un jeu de pronostics pour sa succession, il espère qu’une majorité claire se dégagera. « Je ne veux surtout pas d’une élection au bénéfice de l’âge », insiste-t-il alors que 3 des 4 derniers président l’ont été.
« J’espère simplement que les 34 élus, quels qu’ils soient, s’entendent aussi bien que nous », conclut-il.
Depuis 1970, Maurice Chabert est le 5e homme à présider l’Assemblée départementale (après Jean Garcin 1970-92 / Régis Deroudilhe 1992-98 / Jacques Bérard 1998-2001 / Claude Haut 2001-15). La première femme à avoir fait son entrée dans l’hémicycle de la Rue Viala est la socialiste Michèle Fournier-Armand en 1998. A quand une femme à la tête de l’exécutif vauclusien ? En 2021 ?

Pour rappel : les résultats des précédentes élections départementales de 2015
1er tour (participation 54, 43%) :
Front National 37,40% / PS 31, 46% / UMP 27%
2e tour (participation 57,40%) :
FN 39,50% / PS 31,42% / UMP 23, 16%
Assemblée élue : majorité 12 sièges / opposition de Gauche 12 sièges / opposition extrême droite 10 sièges


La région, sans masque

Selon nos confrères du magazine Le Point ayant eu accès à un sondage commandité par le Parti Socialiste à l’Ifop, Thierry Mariani et Renaud Muselier figureraient en tête du premier tour des prochaines élections régionales de Provence-Alpes-Côte d’Azur des 20 et 27 juin prochains. Les deux hommes se connaissent bien puisqu’ils ont exercé, au mitan des années 1980, des postes à responsabilité au sein des Jeunes RPR, dont la 1re université d’été s’est déroulée en 1983 à Avignon.
La tête de liste RN (Rassemblement national) et le président LR (Les Républicains) sortant seraient respectivement crédités de 33% et de 27% des intentions de vote.
Ce sondage, réalisé auprès d’un échantillon de 901 personnes, fait par ailleurs apparaître un résultat assez contrasté à gauche selon qu’il y ait union ou pas.
Ainsi, en cas de rassemblement d’une liste d’union (Parti socialiste, collectifs citoyens, Parti communiste et Europe Ecologie-Les Verts) conduite par Olivia Fortin cette dernière recueillerait 23 % d’intentions de vote. A l’inverse, avec scrutin en ordre dispersé la gauche totaliserait 15% (Parti socialiste et Parti communiste) et EELV (7%). La Liste LREM (La République en marche) totalisant pour sa part 13%.

Autre sondage, même résultat
Même constat chez nos confrères de La Tribune et d’Europe 1, où pour l’Ifop, là encore, Thierry Mariani (31%) et Renaud Muselier arrivent en tête (27%). Loin devant les listes LREM (13%), EELV (8%), Parti socialiste & Parti communiste (7%), France insoumise (7%), Debout la France (4%)…
« Renaud Muselier est très fort chez les personnes âgées. Thierry Mariani, chez les jeunes, a expliqué Frédéric Dabi, directeur du pôle ‘Opinion et stratégies’ à l’Ifop, au micro d’Europe 1. Renaud Muselier surperforme dans les catégories supérieures. Thierry Mariani dans les catégories populaires. Même chose pour le niveau de diplôme. On n’a vraiment pas de zones de frottement. Ce sont deux électorats qui se superposent pour l’instant au premier tour. »
Cependant, en cas d’une liste ‘d’Union régionale’ menée par Renaud Muselier bénéficiant du soutien de LREM, le président actuel du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur arriverait en tête au premier tour avec 34%. Thierry Mariani, ancien maire de Valréas de 1989 à 2005 et ancien député de la 4e circonscription de Vaucluse notamment, restant au score de 31% dans ce cas de figure.

Quel résultat au second tour ?
Toujours selon les résultats du sondage réalisé pour le compte de La Tribune et d’Europe 1, en cas de triangulaire PS-EELV/LR/RN au second tour des régionales c’est Renaud Muselier qui arriverait en tête avec 39% des opinions exprimées contre 37% pour Thierry Mariani et 24% pour une liste d’union de la gauche conduite par Oliva Fortin et Jean-Laurent Félizia.
Pour rappel, en 2015 la gauche s’était désistée entre les deux tours des régionales afin de faire barrage au Front national (devenu depuis Rassemblement national en 2018).
Par ailleurs, Thierry Mariani a déjà mené un liste aux régionales de Provence-Alpes-Côte d’Azur. C’était en 2010, où il était tête de liste pour l’UMP (Union pour un mouvement populaire devenue Les Républicains en 2015). A l’époque, c’est le socialiste Michel Vauzelle qui avait été reconduit à la présidence de la Région. Depuis, l’ancien ministre des transports de Nicolas Sarkozy mais président des Chorégies d’Orange s’est rallié au parti de Marine Le Pen en 2019 tout en n’en devenant pas membre.

Retrouvez ici le détail de l’étude de l’Ifop menée pour Europe 1 et La Tribune dans le cadre des élections régionales de 2021 en Provence-Alpes-Côte d’Azur.


La région, sans masque

Avec 26 voix sur 37 votants, Jean-François Périlhou, maire de Vaison-la-Romaine, vient d’être élu président de la Communauté de communes Vaison-Ventoux. Il succède à Jean-Pierre Larguier, président de cette intercommunalité regroupant 18 communes vauclusiennes et 1 commune drômoise, dont la démission a été validée par le préfet de Vaucluse en début de mois. Un seul candidat en lice, Jean-François Périlhou prend donc le relais du maire Sablet qui aurait été ‘poussé’ vers la sortie.

Indemnités réduites de 25%
Pour le nouveau président de Vaison-Ventoux il s’agit désormais d’apporter un peu de quiétude après ces péripéties intercommunales. Pour cela, ce dernier propose notamment « un pacte de gouvernance » afin que ce territoire de près de 17 000 habitants soit un modèle d’exemplarité et de démocratie. Preuve de cet engagement, Jean-François Périlhou a annoncé réduire ses indemnités de président de 25%. Dans le même temps, il assure que la ville de Vaison va renoncer au fond de concours intercommunal au profit des 18 autres communes de Vaison-Ventoux.
« Ensemble, nous allons œuvrer de toutes nos forces en faveur de notre cher et beau bassin de vie, du Haut Vaucluse et de la Drôme Provençale », explique le nouveau président.
Ses premiers chantiers concernent la mobilité, dont l’intercommunalité souhaite récupérer la compétence d’ici l’été, le développement des zones d’activités économique ainsi que la valorisation des déchets.

Composition du nouveau bureau
Par ailleurs, le conseil communautaire a également procédé à l’élection du nouveau bureau de l’intercommunalité :

1er vice-président : Roger Rossin (Cairanne).
2e vice-président : Frédéric Roux (Mollans-sur-Ouvèze).
3e vice-président : Jean-Pierre Larguier (Sablet).
4e vice-président : Alain Bertrand (Saint-Romain-en-Viennois).
5e vice-président : Marie-Claire Michel (Saint-Roman-de-Malegarde).
6e vice-président : Joël Bouffiès (Villedieu).
7e vice-président : Chantal Fritsch (Buisson).
8e vice-président : Laurent Robert (Rasteau).
9e vice-président : Laurent Durand (Roaix).
10e vice-président : Thierry Thibaud (Savoillans).
11e vice-président : Gérard Raineri (Saint-Marcellin-lès-Vaison).

Autres membres du bureau : Florence Bertrand (Crestet), Brice Criquillion (Séguret), Corinne Gonny (Faucon), Eric Massot (Saint-Léger-du-Ventoux), Alexandre Roux (Entrechaux), Roland Ruegg (Brantes), Roger Trappo (Puyméras).

 

Découvrez ci-dessous la totalité du dernier conseil communautaire de Vaison-Ventoux

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