4 juillet 2026 |

Ecrit par le 4 juillet 2026

Saint-Pierre-de-Vassols, Quand le patrimoine ouvre la voie de l’emploi

En seulement deux mois, la calade du parvis de l’église de Saint-Pierre-de-Vassols a retrouvé tout son éclat grâce à un chantier d’insertion mobilisant 35 personnes éloignées de l’emploi. Soutenue par la CoVe (Communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin) à hauteur de 5 747€, soit 50% du coût des travaux, cette opération illustre une politique menée depuis plus de 20 ans qui conjugue préservation du patrimoine, formation professionnelle et développement local. Un jardin botanique pédagogique viendra bientôt prolonger cette dynamique.

À Saint-Pierre-de-Vassols, le parvis de l’église paroissiale Saint-Pierre -édifice de style gothique datant du début du 16e siècle, très transformé au 19e siècle- vient de faire peau neuve. Entre le 14 janvier et le 18 mars derniers, la calade -revêtement traditionnel en galets ou pierres taillées- a été entièrement restaurée grâce au chantier d’insertion ‘Les Jardiniers du Ventoux’, porté par l’Université Populaire Ventoux (UPV), en partenariat avec la Communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin (CoVe).

Inauguration du parvis de l’église saint-Pierre de Vassols en présence de Sandrine Raymond, maire de la commune, et de ses élus, d’Alain Constant, président de la CoVe, de Dominique Plancher, vice-présidente déléguée à la Culture et au Patrimoine, ainsi que de Marie-Hélène Enrietto, maire de Modène, de Guy Girard, maire de Crillon-le-Brave, de Stéphane Claudon, maire de Mazan, de Stéphanie Collet, responsable du service Culture et Patrimoine, et de Damien Brunel, directeur de l’Université Populaire Ventoux. Copyright La CoVe.

Le patrimoine, outil d’insertion
Derrière cette restauration patrimoniale ?  Un projet plus vaste : permettre à des personnes éloignées de l’emploi de retrouver une activité professionnelle, d’acquérir des compétences techniques et de bénéficier d’un accompagnement vers un emploi durable. Ce chantier représente 40 jours de travaux et a mobilisé 35 salariés en contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI). Tous résident sur le territoire de la CoVe et bénéficient, au-delà de leur activité sur le terrain, d’un suivi socioprofessionnel et de formations destinées à favoriser leur retour à l’emploi.

Un outil de politique publique
Depuis plus de 23 ans, la CoVe fait de ces chantiers un outil de politique publique, en accompagnant, ainsi, la restauration du patrimoine communal non protégé, l’entretien des espaces paysagers et la réhabilitation de sites emblématiques, tout en répondant aux enjeux de l’insertion par l’activité économique. Résultat ? Le taux de retour à l’emploi des bénéficiaires est annoncé comme supérieur à la moyenne nationale. Une réussite qui a valu au partenariat entre la CoVe et l’Université Populaire Ventoux d’être récompensé en 2024 par le Trophée national de la clause d’insertion.

Préserver l’identité des villages
Pour cette opération, la commune a bénéficié du fonds de concours Patrimoine de la CoVe, qui a financé 50% des travaux, soit 5 747€. Une aide qui s’inscrit dans une politique plus large de valorisation du patrimoine des communes membres, souvent confrontées à des budgets limités pour entretenir leurs édifices et espaces publics. En réalité, la restauration des calades ne relève pas seulement de l’esthétique, héritage des savoir-faire provençaux, ces ouvrages participent à l’identité des villages du Ventoux, participant à l’attractivité patrimoniale.

Parvis de l’Eglise Saint-Pierre de Vassols Copyright La CoVe

Un jardin botanique pour prolonger le projet
Pour autant, l’action ne s’arrêtera pas au parvis de l’église. Dans les prochains mois, la CoVe poursuivra son intervention à Saint-Pierre-de-Vassols avec la création d’un jardin botanique à vocation pédagogique. Le futur espace mettra en valeur les plantes traditionnelles méditerranéennes grâce à des travaux de terrassement et de plantation. Destiné autant aux habitants qu’aux visiteurs et aux scolaires, il offrira un nouvel outil de sensibilisation à la richesse de la biodiversité locale et au patrimoine végétal provençal.

Un engagement renouvelé
Afin de poursuivre ces actions, la CoVe a renouvelé en 2026 son soutien financier à l’Université Populaire Ventoux via une subvention de 40 000€. Désormais le patrimoine vivant, entretenu par des femmes et des hommes qui y trouvent l’occasion de renouer avec une activité professionnelle, retrouvent confiance en eux et se construisent un nouveau parcours. Les vieilles pierres participant à la fondation de leur avenir.
Mireille Hurlin


Saint-Pierre-de-Vassols, Quand le patrimoine ouvre la voie de l’emploi

La société ID Recrutement a été créée en 2004 par Isabelle Depret. Son entreprise propose ses services dans trois activités autour des ressources humaines : le recrutement, le bilan compétences et l’outplacement qui se développe depuis quelques années. 

« J’ai commencé ma carrière professionnelle dans les ressources humaines en 1995 chez Leroy Merlin. Cela été une très bonne école pour moi. J’ai ensuite travaillé en tant que chasseur de têtes de recrutement chez Alexandre Tic. Après cette période en tant que salariée, j’ai décidé de créer ma propre boîte en 2004 dans le métier de recrutement qui était alors mon cœur de métier, plus précisément auprès des cadres moyens, dans le domaine de la distribution et de l’industrie », explique Isabelle Depret. Depuis l’entreprise a bien grandi. Elle propose désormais d’autres services. Isabelle Depret est en effet certifié en tant que coach. « Ces compétences acquises depuis 22 ans m’ont permis depuis quelques années de proposer de l’outplacement aux entreprises ou aux salariés en direct. » L’outplacement consiste à replacer un cadre suite à un licenciement ou une rupture conventionnelle. « Ce concept est en plein développement depuis plusieurs années car les entreprises licencient plutôt qu’elles ne recrutent de cadres en général. Les perspectives à venir sont malheureusement peu optimistes sur le recrutement. Les DRH des entreprises viennent à moi. Je dois évidemment apporter un vrai savoir-faire dans ce domaine. Ma force est également la notoriété acquise depuis plus de 20 ans. »

L’accompagnement très personnalisé

« Mon métier dans l’outplacement est d’accompagner des cadres qui bénéficient d’un programme payé par l’entreprise. La situation est compliquée pour eux car ils sont désorientés pour la plupart, à un âge moyen autour de 50 ans. » L’objectif d’Isabelle Depret et de faire du sur-mesure. Pour cela, elle s’appuie bien évidemment sur son expertise en recrutement mais également sur ses compétences en tant que coach. « Je travaille dans de nombreux secteurs d’activités, sur toute la France, dans des entreprises de toutes tailles. Mon projet est de recentrer mon activité localement dans le Vaucluse et en région PACA. » L’entreprise est à ce sujet adhérente à l’association d’entreprises Carpensud depuis 2020 pour bien s’insérer dans son territoire.

Vient ensuite la construction du nouveau projet professionnel qui peut prendre trois orientations : rechercher le même métier que précédemment, opérer une reconversion totale ou créer son entreprise. « Mon œil de recruteurs intervient à ce niveau pour aider la personne à choisir le bon chemin. » Durant cette seconde étape, la construction du CV et la lettre de motivation ainsi que l’entraînement pour les entretiens de recrutement sont réalisés.

« La dernière étape concerne la mise en œuvre de ce projet avec un accompagnement permanent de ma part. Mon objectif est vraiment de redonner de la dignité aux personnes qui doivent repartir avec confiance sur un nouveau projet professionnel suite à un licenciement. »

La personne accompagnée est alors prête à voler de ses propres ailes. Si la personne trouve un emploi rapidement avant les six mois, un accompagnement est toujours réalisé par Isabelle Depret. Il correspond à du coaching sur l’intégration du cadre dans sa nouvelle entreprise.


Saint-Pierre-de-Vassols, Quand le patrimoine ouvre la voie de l’emploi

Après Apt le mois dernier, les boulangeries Ange vont ouvrir un nouvel établissement à Avignon. Cette boulangerie sera située 104 route de Montfavet au tout début de la zone de Fontcouverte. Elle ouvrira mercredi 8 juillet prochain.
Dans ce cadre, l’enseigne créée à Miramas en 2008 par François Bultel et ses deux associés
Patricia Gaffet et Patrice Guillois, vient de lancer le recrutement de 25 salariés.
Pour mener ces embauches, Ange va s’appuyer sur France Travail afin de proposer une cession recrutement le mercredi 24 juin. Ce job dating se déroulera de 9h à 16h au sein de l’agence France Travail d’Avignon de Joly-Jean située 15 rue Madame de Sévigné dans la cité des papes. Trois types de métiers y seront proposés : boulangers, préparateurs, vendeurs et responsable adjoint. Ces postes sont à pourvoir en CDI à 35h et 39h par semaine.

Découvres les postes à pourvoir en cliquant ici ou ici

La 3e boulangerie de Pascal Moulai
Cette nouvelle boulangerie sera la troisième à être gérée par Pascal Moulai qui est déjà à la tête de deux établissements Ange, à Avignon (la première du département ouverte en 2015 dans la Zac de la Cristole) ainsi qu’au Pontet dans le secteur de Réalpanier. Cette fois-ci, le franchisé se lance dans cette nouvelle aventure avec son fils. Avec l’embauche des nouveaux salariés, Pascal Moulai emploiera 65 personnes environ sur le territoire du Grand Avignon.

Trois types de métiers sont proposés : boulangers, préparateurs, vendeurs et responsable adjoint. Ces postes sont à pourvoir en CDI à 35h et 39h par semaine. Crédit : Ange/Lightupstudio

Un nouvelle boutique de 350m2
Le nouvel établissement Ange Avignon-Fontcouverte s’étendra sur 350 m2. « Il disposera d’un espace de restauration moderne et chaleureux et d’un laboratoire ouvert, explique l’enseigne. Elle proposera une fabrication des pains tout au long de la journée, offrant à sa clientèle de gourmands produits réalisés sur place : pains, pizzas, salades, sandwichs, tartes et autres boissons chaudes. Pascal Moulai a déjà identifié plusieurs associations pour offrir ses invendus et plusieurs clubs sportifs pour devenir partenaire. »
En moyenne, chaque boulangerie Ange accueille quotidiennement 800 clients et vend 1 500 baguettes.
Aujourd’hui, le groupe totalise près de 300 points de vente dont 180 en franchisés et regroupe 6 000 collaborateurs. En 2026, Ange prévoit l’ouverture de 40 boulangeries en France et au Canada.


Saint-Pierre-de-Vassols, Quand le patrimoine ouvre la voie de l’emploi

Jean-Baptiste Blanc, sénateur de Vaucluse, vient d’intervenir sur la proposition de loi visant à étendre progressivement l’expérimentation du dispositif ‘territoires zéro chômeur de longue durée’. Dans ce cadre, il a notamment déposé 5 amendements élaborés conjointement avec Laurent Garcia, élu à Gargas, et chef de projet du dispositif soutenu par la Communauté de communes Pays d’Apt Luberon.

S’inquiétant de l’avenir au niveau national des Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD), le sénateur de Vaucluse Jean-Baptiste Blanc est monté au créneau afin de tirer au clair l’avenir de ce dispositif dont l’expérimentation doit prendre fin le 31 décembre 2026. Pour ce dernier, les TZCLD « portent quelque chose d’essentiel et de prouvé ».

« Le droit à l’emploi n’est pas une utopie : c’est une réalité. »

Jean-Baptiste Blanc, sénateur de Vaucluse

« La preuve, je la trouve dans mon département, poursuit l’élu ce mardi 9 juin à la tribune du sénat afin de défendre ce dispositif visant à résorber le chômage endémique local. Dans le Pays d’Apt Luberon, en Vaucluse, l’Entreprise à but d’emploi (EBE) Zou Vaï : 95 salariés issus de la privation durable d’emploi, 410 000€ de chiffre d’affaires en hausse de 47%, un résultat d’exploitation positif. Le droit à l’emploi n’est pas une utopie : c’est une réalité, quand on lui en donne les moyens. Mais ce même terrain m’a enseigné aussi que, sans une subvention exceptionnelle de 80 000€ accordée par la Communauté de communes début 2025, Zou Vaï était en danger. Ce n’est pas une anecdote, c’est la révélation d’une fragilité structurelle que la loi doit corriger. »

C’est donc dans cette optique que le parlementaire vauclusien a travaillé avec Laurent Garcia, 4e adjoint de la commune de Gargas, et chef de projet du dispositif soutenu localement par la Communauté de communes Pays d’Apt Luberon (CCPAL) dans le cadre du TZCLD. Les deux ont ainsi rédigé 5 amendements afin de notamment pérenniser le fonctionnement de cette initiative de retour à l’emploi.

Laurent Garcia, élu à Gargas et chef du projet Territoires zéro chômeur de longue durée dans le Luberon. Crédit : DR/Commune de Gargas

Ces textes proposent ainsi de préciser  plusieurs angles morts : notifier l’engagement financier de l’Etat comme socle du financement du dispositif, tenir compte dans les financements des emplois nécessaires au fonctionnement, à l’encadrement et au développement des entreprises à but d’emploi mentionnées, prévoir des modalités de soutien à la formation des salariés, permettre la possibilité pour les EBE de répondre à des appels à projets, appels d’offres ou autres procédures de mise en concurrence ou bien encore favoriser le développement de partenariats avec les acteurs économiques du territoire y compris hors des locaux des entreprises à but d’emploi.

« On ne pérennise pas durablement ce qu’on laisse structurellement fragile. »

Jean-Baptiste Blanc

« Derrière chaque EBE qui tient debout, il y a des emplois que personne ne voit : des directeurs, des responsables de développement, des fonctions support. Ces emplois non conventionnés sont invisibles dans la loi et pourtant, sans eux, rien ne fonctionne », insiste le Jean-Baptiste Blanc qui poursuit : « « Comment se développer quand on ne peut répondre à un appel à projets sans risquer un contentieux ? interroge. Comment progresser quand la formation des salariés reste hors du cadre conventionnel pour les EBE de plus de 50 salariés ? Comment coopérer avec le tissu économique local quand le droit du travail leur refuse de prester au sein des entreprises locales qui en ont besoin ? On ne pérennise pas durablement ce qu’on laisse structurellement fragile. »

Aujourd’hui en France, outre Zou Vaï dans le Vaucluse, 92 Entreprises à but d’emploi regroupant plus de 3 800 salariés sont directement concernées par le maintien des TZCLD.

L.G.


Saint-Pierre-de-Vassols, Quand le patrimoine ouvre la voie de l’emploi

Nouveau nom, nouveau format, mais toujours le même objectif : vous faire décrocher un emploi. Le 10 juin, de 10h à 17h, la salle polyvalente de Cavaillon accueille la Journée de l’Orientation à l’Emploi ainsi qu’un focus sur l’industrie agroalimentaire.

Une orientation pour tous
Le forum Recrutement et Alternance de LMV Agglomération change de format et devient la Journée de l’Orientation à l’Emploi.
Co-organisé par LMV Agglomération, France Travail et la Mission Locale du Luberon, l’événement s’adresse à un public large, de 14 à 60 ans, qu’il s’agisse de trouver une formation, une alternance ou un emploi direct.

La matinée, de 10h à 12h, sera consacrée à l’orientation et à la recherche de formation. L’après-midi, de 14h à 17h, prendra la forme d’un job dating réunissant 45 recruteurs du territoire, qui proposeront exclusivement des postes pérennes. Notamment dans divers secteurs d’activité : logistique, transport, industrie, commerce, BTP, services publics…

Se préparer au préalable
Le Service Jeunesse de la Ville de Cavaillon a proposé un atelier de préparation ce mercredi 3 juin : ‘7 minutes pour convaincre’. Le but était de simuler un entretien face à trois professionnels du recrutement, suivi d’un briefing individuel de 15 minutes. De nombreux éléments ont pu être discutés ou travaillés, tels que la présentation, la posture, la tenue vestimentaire, l’élocution, la gestuelle, ainsi que la gestion du temps.

Zélie Bienaimé (stagiaire info com Avignon université)

Journée de l’orientation à l’emploi. Mercredi 10 juin entre 10h – 12h et 14h – 17h. Salle polyvalente du Moulin Saint-Julien, Cavaillon (cour Gambetta).
Pour d’avantage d’informations : www.luberonmontsdevaucluse.fr


Saint-Pierre-de-Vassols, Quand le patrimoine ouvre la voie de l’emploi

McArthurGlen Provence, le village de marques situé à Miramas, organise un job dating le mercredi 20 mai. Une cinquantaine de postes sont à pourvoir.

Le Circuit des talents, c’est le job dating qu’organise le Village de marques de Miramas le 20 mai. Plus de vingts boutiques recrutent, dont Asics, Calvin Klein, Haribo, New Balance, Sandro, et bien d’autres. En tout, une cinquantaine de postes, en CDD et CDI, sont à pourvoir, du responsable de boutique, à l’adjoint jusqu’au conseiller de vente.

L’événement se tiendra sur la place principale du village où les candidats pourront découvrir les différentes boutiques qui recrutent et pourront donner leur CV. Les personnes ne pouvant pas participer à ce job dating peuvent aussi se rapprocher des organismes partenaires de ce Circuit des talents comme France Travail, la mission locale Ouest-Provence, Cap emploi 13 et Réussir Provence.

Mercredi 20 mai. De 13h à 16h. McArthurGlen Provence. Mas de la Péronne. Miramas.


Saint-Pierre-de-Vassols, Quand le patrimoine ouvre la voie de l’emploi

« Avec 28 900 projets de recrutement en 2026 (-2% sur un an par rapport à l’an passé), le Vaucluse confirme une dynamique d’embauche soutenue mais profondément marquée par la saisonnalité (59% des intentions, +8 points), relate Aude Fredenucci, directrice de France travail Vaucluse. Si 35% des recrutements restent jugés difficiles (en recul de 8 points), le territoire bénéficie d’un tissu de TPE-PME (Très petites et moyennes entreprises) particulièrement actif (27% des établissements recruteurs). En parallèle, 62 540 demandeurs d’emploi sont inscrits en catégories A, B et C, un chiffre en baisse de 1,2% sur un an. » Entre demandes sectorielles et innovations de recrutement, France Travail redessine les équilibres du marché local.

À rebours d’une lecture strictement conjoncturelle, le Vaucluse affiche une forme de résilience. Certes, les intentions d’embauche reculent légèrement, mais elles demeurent à un niveau élevé, portées par un tissu économique diffus et agile. Le département compte 18 800 établissements pour 144 400 emplois salariés dans le secteur marchand, confirmant une structure dominée par les petites entreprises. « On a quand même 27% des établissements qui envisagent de recruter, ce qui est un peu au-dessus de la région. C’est inhabituel pour le Vaucluse, et plutôt encourageant », souligne Aude Fredenucci, directrice de France Travail Vaucluse.

Une économie largement saisonnière
C’est la signature du territoire : près de 6 recrutements sur 10 sont saisonniers. Trois grands secteurs structurent cette économie : Agriculture et industrie agroalimentaire (33% des projets) ; Services aux particuliers (21%) et Hôtellerie-restauration-tourisme (15%). «On est à 59% de projets de recrutement saisonniers. C’est très symptomatique de l’emploi dans le Vaucluse et des secteurs qui recrutent », analyse la directrice. Mais cette saisonnalité évolue : «Les secteurs, notamment l’hôtellerie-restauration, ont fait évoluer leurs pratiques, ils sont plus ouverts aux compétences et travaillent davantage leur attractivité».

Des tensions qui se desserrent
Longtemps point noir du marché de l’emploi, les difficultés de recrutement reculent : 35% des projets sont jugés difficiles, soit 8 points de moins en un an. «On recule de 8 points, c’est plutôt très positif», insiste Aude Fredenucci. Résultat ? Les taux de pourvoi progressent nettement : 86,8% dans l’hôtellerie-restauration ; 82,3% dans le commerce et 79,5% dans l’agriculture et l’agroalimentaire. «Un employeur a aujourd’hui quatre chances sur cinq de pourvoir son recrutement via France Travail Vaucluse, souvent en moins d’un mois,» précise-t-elle.

France Travail Vaucluse, pivot du nouvel écosystème de l’emploi
Au cœur de cette transformation, France Travail ne se limite plus à la mise en relation. «L’enquête BMO (Besoin en main d’œuvre) nous permet d’anticiper les projets de recrutement, mais aussi d’aller vers les entreprises, notamment les plus petites, qui renoncent parfois faute de solutions.»  Immersions, simulations, recrutements sans CV (Curriculum vitae) : «On cherche à détecter des compétences autrement que par le diplôme. Ce sont des savoir-être, des capacités d’adaptation, capacité à travailler en équipe, suivi des consignes, que l’on observe directement en situation». Ces dispositifs se déploient massivement dans les secteurs en tension.

Former avant d’embaucher
«Les préparations opérationnelles à l’emploi -via le mentorat- permettent d’apprendre directement en entreprise, sans que cela pèse sur l’employeur», explique la directrice de France Travail Vaucluse qui coordonne désormais un réseau pour l’emploi : «L’objectif, c’est d’avoir une réponse unique pour l’entreprise, avec le bon interlocuteur, au bon moment». Le Vaucluse compte 62 540 demandeurs d’emploi (catégories A, B, C) au 1er trimestre 2026. Dans le détail, ce sont 35 720 personnes sans emploi et 26 830 en activité réduite. «On observe une baisse globale, mais avec des réalités différentes selon les publics,» nuance Aude Fredenucci. Les jeunes reculent fortement (-6%) au chapitre du chomage, signe d’une meilleure insertion : «Il y a une vraie dynamique sur l’emploi des jeunes, liée à l’accompagnement et à l’ouverture des entreprises ». A l’inverse, la part des demandeurs d’emploi de longue durée progresse : un enjeu central.

Du chômage à l’employabilité : un changement de paradigme
Le cœur de l’action publique se déplace vers la levée des freins périphériques. «On travaille autant sur le projet professionnel que sur la mobilité, la santé ou l’accès aux droits. L’emploi permet souvent de résoudre le reste.» L’intégration des bénéficiaires du RSA (Revenu de solidarité active, 9 800 personnes en Vaucluse, au 31/12/2025) et des publics éloignés de l’emploi renforce cette approche : «On découvre des personnes qui sont tout à fait mobilisables, à condition de lever les obstacles.» Sur le terrain, cela se traduit par une présence accrue : «On va vers les publics, avec des dispositifs itinérants, pour aller chercher ceux qui ne viennent pas spontanément.»

Les chiffres clés du BMO 2026 en Vaucluse
28 900 projets de recrutement (-2 %) ; 27 % des établissements recruteurs (+1 point) ; 59 % de recrutements saisonniers (+8 points) ; 35 % de projets jugés difficiles (-8 points) ; 62 540 demandeurs d’emploi (cat. A, B, C) (-1,2 % sur un an) ; 48,5 % inscrits depuis plus d’un an ; 86,8 % des offres pourvues dans l’hôtellerie-restauration ; 79,5 % dans l’agriculture/agroalimentaire ; 82,3 % dans le commerce.

En bref
Le marché du travail vauclusien ne se résume plus à ses fragilités structurelles. Il révèle une mutation profonde.«L’enjeu, aujourd’hui, est de trouver de nouveaux profils et de rapprocher l’offre et la demande au plus près des territoires,» conclut Aude Fredenucci. Entre saisonnalité assumée et innovations sociales, le Vaucluse esquisse une nouvelle physionomie de ses forces de travail : plus inclusive, plus agile et résolument en mouvement.
Mireille Hurlin


Saint-Pierre-de-Vassols, Quand le patrimoine ouvre la voie de l’emploi

L’Insee Paca vient de publier la synthèse annuelle économique régionale 2025. Réalisée par Julie Argouarc’h et Corinne Roche, cette étude constate notamment que dans la région, l’activité économique décélère, tout en demeurant supérieure au niveau national. La croissance de l’emploi ralentit également et le taux de chômage remonte à 8,4 % fin 2025 après le point bas de 2024. Dans ce contexte, les zones d’emploi de Vaucluse affichent les plus mauvais taux de la région. Toutefois, au niveau régional les dépôts de bilan d’entreprises diminuent après trois années de forte hausse et l’encours de crédits bancaires repart à la hausse.

« En 2025, l’économie française, malgré les incertitudes politiques, profite de la reprise européenne, expliquent Julie Argouarc’h et Corinne Roche dans la synthèse annuelle économique régionale 2025 que vient de publier l’Insee Paca. La croissance a atteint +0,9% en 2025, soit quasiment autant qu’en 2024 (+1,1%). La croissance est notamment soutenue par la demande publique. L’investissement des entreprises et des ménages se redresse à la faveur des baisses de taux d’intérêt. Le climat des affaires reste sous sa moyenne de longue période alors que le climat de l’emploi continue de se dégrader légèrement et le taux de chômage augmente. Du côté des ménages, le pessimisme perdure. »

« Provence-Alpes-Côte d’Azur se distingue en 2025 comme la seule région de France métropolitaine où le volume d’heures rémunérées du secteur privé croît encore. »

« Dans ce contexte, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’activité économique dans le secteur privé mesurée par les heures rémunérées s’est stabilisée à +0,1% en 2025, après une hausse de 0,5 % en 2024, poursuivent les auteures de cette étude baptisée ‘Une économie régionale résiliente : croissance économique stabilisée, emploi en légère hausse’. Malgré un ralentissement généralisé depuis trois ans, Provence-Alpes-Côte d’Azur se distingue en 2025 comme la seule région de France métropolitaine où le volume d’heures rémunérées du secteur privé croît encore légèrement sur un an. En effet, sur l’ensemble de la France (hors Mayotte), il marque le pas (-0,4% en 2025). Cette dynamique régionale était déjà plus soutenue qu’au niveau national en 2024 (+0,5 % contre +0,3%). »
A noter que fin 2025, c’est en Vaucluse (-0,8%) et dans les Alpes-de-Haute-Provence (-0,9%) que l’on enregistre les plus fortes baisses trimestrielles des heures rémunérées.

Tous les secteurs sont concernés par la décélération
« La décélération de l’activité en Provence-Alpes-Côte d’Azur concerne tous les secteurs, constatent les travaux de Julie Argouarc’h et Corinne Roche. Le fléchissement est particulièrement marqué dans le secteur industriel : +0,3% en 2025 après +1,3%. Notamment, la croissance dans la fabrication de matériels de transport qui portait jusqu’à présent ce secteur ralentit fortement (+1,2% après +3,6%). La cokéfaction-raffinage se retourne, passant d’une hausse de 4,1 % à une baisse de 2,8 %. Au niveau national, la baisse de l’activité du secteur industriel mesurée par les heures rémunérées se poursuit : -0,5% en 2025, après -0,2% en 2024.

Dans le tertiaire marchand, l’activité ralentit, à +0,2% en 2025, après +0,5% en 2024. Sa croissance est soutenue par le transport-entreposage qui repart à la hausse (+0,8% en 2025 après 0,0%) et par l’hébergement-restauration (+2,5% après +1,9%). Les activités immobilières sont toujours en retrait (-2,1%, après -3,2%). Dans l’information et communication et les autres activités de services (activités artistiques, associatives, loisirs, ménages, activités extra-territoriales…), la tendance s’inverse (respectivement -1,2%, après +1,9% et -1,3%, après +2,5%). »

« La construction reste en difficulté en 2025. »

« Au niveau national, le tertiaire marchand recule en 2025 (-0,4% après +0,7% en 2024). L’activité du tertiaire non marchand privé reste dynamique en 2025, avec une progression de 0,7% dans la région, mais elle est également en retrait par rapport à 2024 (+1,8%). Cette dynamique est similaire à celle observée au niveau national (+0,5% en 2025 après +1,6% en 2024). La construction reste en difficulté en 2025, poursuivant la tendance négative engagée en 2023, tant en Provence-Alpes-Côte d’Azur qu’au niveau national. Dans la région, les heures rémunérées du secteur reculent de 2,1%, après -2,7% en 2024. En France (hors Mayotte), la baisse dans ce secteur ralentit également : -1,7% après -2,6% en 2024. »

Entreprises : rythme soutenu pour les créations et défaillances en baisse
Malgré la quasi-stagnation des heures rémunérées, le dynamisme entrepreneurial se poursuit. Après une hausse en 2024 (+2,9%), les créations d’entreprises poursuivent leur progression en 2025, à un rythme plus soutenu (+6,0%). La croissance est supérieure à celle de la France (+4,9%). Cela représente 112 600 entreprises nouvellement créées en Provence-Alpes-Côte d’Azur dans l’ensemble des secteurs marchands non agricoles. Les évolutions par secteur sont très variables. Les hausses s’échelonnent de 0,7% dans l’industrie à 8,8% dans le secteur des services aux entreprises. Ce dernier secteur concentre 37% des créations d’entreprises. Les micro-entrepreneurs dominent ces immatriculations et représentent deux-tiers des créations dans la région. Le nombre de nouveaux micro-entrepreneurs croît de 7,8% sur un an, un peu plus qu’au niveau national (+5,9%).Les créations de sociétés pèsent quant à elles pour un quart dans les créations d’entreprises. Leur croissance est comparable à celle du niveau national (respectivement +5,6% et +5,9% sur un an). Le nombre de créations est de 29% supérieur à son niveau d’avant crise sanitaire. À l’inverse, les créations d’entreprises individuelles (hors micro-entrepreneurs), moins nombreuses (moins d’une création sur dix), poursuivent leur recul, avec une évolution de -5,9% en 2025 après -4,7% en 2024. La baisse est plus marquée qu’au niveau national (-4,1%). »

Les défaillances baissent après trois années de forte hausse
Côté défaillance, entre janvier et décembre 2025, 6 400 entreprises de la région ont fait l’objet d’une liquidation financière judiciaire. « Le nombre de défaillances en région repart à la baisse (-6,0% par rapport à 2024) après trois années de forte hausse. Au niveau national, la croissance des défaillances ralentit fortement (+3,5% après +17,7%). En Provence-Alpes-Côte d’Azur, leur nombre avait plus que doublé entre 2021 et 2024, 2021 étant un point bas en lien avec les mesures de soutien lors de la crise Covid. Malgré la baisse, le niveau des défaillances se maintient au-dessus de celui d’avant la crise sanitaire (+22% par rapport à 2019). La baisse des défaillances est visible dans la majorité des secteurs, à l’exception de l’agriculture, sylviculture et pêche (+3,6%), du transport-entreposage (+4,7%) et des secteurs de l’enseignement, santé, action sociale et services aux ménages (+14,0%). La construction connaît la plus forte baisse des défaillances (-14,3%) après trois années de forte hausse. Le niveau des défaillances reste 18 % au-dessus de celui pré-covid. Ce secteur compte pour un peu plus d’une défaillance sur cinq dans la région. Le nombre de défaillances dans le commerce diminue à peu près au même rythme qu’au niveau régional (-6,5% après +15,8% en 2024), ce secteur pèse pour un cinquième du total des défaillances. Les secteurs des services aux entreprises ainsi que de l’hébergement-restauration connaissent une baisse du même ordre (respectivement -6,2% après +18,6% en 2024 et -6,6% après +17,3%). »

Chômage : le Vaucluse reste le mauvais élève
Côté emploi, le taux de chômage régional augmente en 2025 après quatre années de baisses dues à la progression continue de l’emploi suite à la crise sanitaire. Fin 2025, le taux de chômage s’établit à 8,4% de la population active, soit une hausse de 0,7point de pourcentage par rapport à fin 2024.

L’écart avec le taux de chômage en France a été divisé par deux entre fin 2019 et fin 2025 : en France, le taux de chômage s’élève à 7,9% fin 2025 (+0,6 point sur un an). Le taux de chômage de Provence-Alpes-Côte d’Azur reste toutefois le troisième plus élevé des régions de France métropolitaine fin 2025, après les Hauts-de-France (9,5 %) et l’Occitanie (9,4 %). La hausse du taux de chômage en 2025 s’observe dans toutes les zones d’emploi de la région. Elle est la plus forte dans celle de Carpentras (+1,0 point fin 2025 sur un an) et dans la partie régionale de celle d’Avignon (+1,1 point) où les taux de chômage sont par ailleurs les plus élevés de la région (respectivement 10,4 % et 11,6%). Le taux de chômage demeure le plus faible dans la zone d’emploi de Briançon (5,6%), malgré une hausse de 0,7 point sur un an.

Dans le détail (voir tableau ci-dessous), les zones d’emploi de Vaucluse ‘trustent’ le podium des mauvais élèves de la région en matière de taux de chômage. Avignon (11,60%), Bollène-Pierrelatte (10,40%) et Carpentras (10,40%) figurent aux trois premières places, juste devant Arles (9,10%). Derrière ce n’est guère plus brillant pour les bassins d’emploi d’Orange (9,30%), Cavaillon, (8,90%) et Valréas (8,60%) qui se situent tous au-dessus de la moyenne régionale…

L’emploi salarié progresse très lentement
« La faible dynamique de l’emploi suit celle de l’activité, constate par ailleurs la synthèse de l’Insee Paca. Fin 2025, 2 031 800 salariés travaillent en Provence-Alpes-Côte d’Azur, soit une hausse de 3 900 emplois en un an. La croissance de l’emploi ralentit depuis le rebond post-Covid, passant de +3,9 % en 2021 à +0,2 % en 2025. Sur le seul quatrième trimestre 2025, l’emploi est même en repli (-0,2 % par rapport au troisième trimestre 2025). Le niveau de l’emploi reste 7 % supérieur à celui de fin 2019, pré-crise sanitaire (+4,9 % pour la France hors Mayotte). Le ralentissement s’observe seulement dans le secteur privé. Dans ce secteur qui concentre plus des trois quarts des emplois salariés régionaux, le volume d’emploi n’est que de 0,1% supérieur fin 2025 à ce qu’il était fin 2024, après +0,5% l’année précédente. La croissance est de 0,4% fin 2025 dans le secteur public, comme fin 2024. En France, l’emploi salarié diminue sur un an (-0,2%, après +0,2% fin 2024). Dans le privé, il marque le pas (-0,3% fin 2025 après +0,1% fin 2024). Il est également moins dynamique dans le public (+0,2% fin 2025 après +0,4% fin 2024) par rapport à la région. »

L’industrie se maintient
« Avec 172 400 salariés (hors intérim) fin 2025, soit 9% des salariés de la région, l’emploi dans l’industrie en Provence-Alpes-Côte d’Azur se maintient après huit années de hausses consécutives (+1,3% en 2024), avec un effectif comparable à celui d’il y a vingt ans. En France, l’industrie connaît une baisse des salariés de 0,5% fin 2025 après +0,4 % fin 2024. En 20 ans, l’emploi industriel a baissé de 13% en France. Les secteurs du tertiaire marchand représentent plus de la moitié de l’emploi salarié de la région. Fin 2025, en excluant l’intérim qui repart à la hausse (+0,6 %), l’emploi du tertiaire marchand progresse de 0,3%, après +0,7%. Cette croissance repose notamment sur l’hébergement-restauration (+2,2 %), les transports (+0,7%) et les services aux entreprises (+0,6%). À l’inverse, le recul important des services immobiliers (-1,6%) pèse sur l’évolution globale du secteur. »

L’apprentissage dans la tourmente
« Le tertiaire non marchand (privé et public) représente, quant à lui, un emploi salarié sur trois. Après une hausse de 0,8% fin 2024, sa progression ralentit en 2025, pour s’établir à 0,5%. Dans la construction, l’emploi salarié ne cesse de diminuer depuis 2022. Fin 2025, il baisse encore de 1,4 % après un recul de 2,2 % en 2024. En France, la diminution est similaire (-1,2% fin 2025 après -1,7% fin 2024). Enfin, l’emploi salarié dans l’agriculture, assez faible dans la région (1% de l’emploi salarié total), diminue de 1,8% cette année. »

« Traditionnel soutien de l’emploi depuis de la fin de la crise sanitaire, l’apprentissage est touché par la restriction des aides à l’embauche accordées aux entreprises. En 2025, pour la première fois depuis 2016, le nombre d’entrées en apprentissage diminue (-3,1% par rapport à 2024). Aussi, fin décembre 2025, le stock d’apprentis dans la région baisse de 1,9% par rapport à fin décembre 2024, après +4,7% un an plus tôt. Ce repli est le premier depuis les différentes réformes mises en œuvre par le Gouvernement à partir de 2019. Il est comparable à celui observé en France (-3,1%). »

Julie Argouarc’h et Corinne Roche de l’Insee Paca

Les crédits bancaires augmentent à nouveau
« En 2025, l’encours total des crédits bancaires atteint 182 milliards d’euros en Provence-Alpes-Côte d’Azur, enregistrant une hausse de 2,6% par rapport à l’année précédente, indiquent Julie Argouarc’h et Corinne Roche dans leur synthèse. Cette hausse survient après un léger repli en 2024 de 0,7%, le premier depuis le début de la série il y a 15 ans. Le rebond est plus marqué que pour la France métropolitaine hors Île-de-France (+0,8%). »
« Le crédit à l’habitat des ménages constitue près des deux tiers de l’encours total. S’il pâtissait en 2024 d’un marché immobilier en berne, il repart à la hausse en 2025 (+3,1% en 2025, après -2,3% en 2024). Côté entreprises, l’encours de court terme diminue : les crédits de trésorerie qui avaient beaucoup augmenté pendant la crise Covid poursuivent leur baisse (-4,6% en 2025 après -5,5 % en 2024) tandis que les comptes débiteurs, dont les encours sont bien moindres, progressent (+5,9%, après +5,4% l’an dernier). Les crédits à l’équipement, encours de moyen terme qui représente plus d’un quart de l’encours total de la région, ralentissent par rapport à 2024 mais restent dynamiques (+3,8 % après +5,1%). Les crédits à l’exportation se replient (-5,1%) après quatre années de forte croissance (13,7% en 2024 et 22,8% en 2023). Enfin, les autres crédits et crédits-bail sont stables après une hausse notable en 2024 (+20,5%), alors que les créances commerciales poursuivent leur forte baisse (-10,4 % après -22,3%) ; ces deux types de crédit représentent moins de 0,5 % de l’encours total. Au total, les encours de crédits aux entreprises continuent de croître à un rythme un peu moins soutenu qu’en 2024 (+1,7% après +2,3%). »

L.G.


Saint-Pierre-de-Vassols, Quand le patrimoine ouvre la voie de l’emploi

Nils Chameroy Copyright MMH

À seulement 27 ans, Nils Chameroy incarne cette nouvelle génération d’entrepreneurs entre Vaucluse et Gard. À la tête de NIT Recrutement, cabinet indépendant spécialisé dans les profils informatiques, il s’exerce à une approche offensive du recrutement tout en nourrissant une féconde stratégie de réseau. Installé entre Avignon et Nîmes, il développe son activité en marge des grands pôles urbains, tout en misant sur un levier devenu central : la relation directe et les réseaux sociaux.

Rien ne destinait, a priori, Nils Chameroy à l’entrepreneuriat dans le secteur du recrutement. Issu d’un parcours en alternance dès l’âge de 15 ans, d’abord dans la grande distribution puis dans la communication marketing, il bifurque progressivement vers l’informatique, un secteur en tension.

Un parcours atypique, forgé sur le terrain
C’est au contact du terrain, notamment au sein d’une entreprise avignonnaise spécialisée, qu’il découvre les enjeux stratégiques du numérique : cybersécurité, infrastructures, téléphonie. Une immersion décisive qui l’amène à identifier un besoin structurel : la difficulté pour les entreprises à recruter des profils qualifiés dans l’IT (Technologie de l’information). Après un passage dans l’intérim, il franchit le pas et fonde, fin 2024, sa propre structure : NIT Recrutement.

Chasseur de têtes plutôt que simple recruteur
Nils Chameroy se positionne clairement comme ‘chasseur de têtes’, capable d’aller chercher des profils déjà en poste, parfois chez des concurrents, pour répondre à des besoins précis. «Mon objectif, ce n’est pas seulement de publier des annonces, mais d’aller chercher les compétences là où elles se trouvent», explique-t-il.  Une approche qui s’inscrit dans une tendance de fond, car les métiers de l’informatique figurent parmi les plus recherchés en France, avec des tensions particulièrement fortes sur les profils techniques et commerciaux spécialisés.

Un démarrage rapide, porté par le réseau
Les premiers résultats confirment la pertinence du modèle : 17 clients signés en moins d’un an ; Des entreprises allant de 5 à 5 000 salariés et 35 000€ de chiffre d’affaires en 2025 pour une première année pleine, des débuts solides pour une activité exercée en solo, depuis son domicile aux Angles. Recommandations, mises en relation, opportunités indirectes… le bouche-à-oreille professionnel joue un rôle structurant dans le développement de son activité. Une réalité largement confirmée par les études sur l’entrepreneuriat, qui observent que plus de 60% des opportunités d’affaires naissent de relations interpersonnelles.

Nils Chameroy, Copyright MMH

Dynabuy : fédérer pour mieux développer
Dans cette logique, Nils Chameroy ne se contente pas de recruter. Il anime également un club d’affaires local, rattaché au réseau Dynabuy. Objectif ? Créer des synergies entre entrepreneurs sur un territoire encore peu structuré en matière de réseaux professionnels. « C’est une zone où les réseaux sont peu développés. Il y a un vrai travail à faire », souligne-t-il. Avec déjà une dizaine de membres actifs et des événements réunissant jusqu’à 80 chefs d’entreprise, l’initiative révèle un enjeu plus large : désenclaver économiquement l’axe Avignon-Nîmes, souvent perçu comme une ‘zone blanche’ du networking.

Une géographie qui n’est plus un frein
S’implanter hors des grandes métropoles aurait pu constituer un handicap. Il n’en est rien. Grâce au télétravail et aux outils numériques, NIT Recrutement opère à l’échelle nationale. Clients lyonnais, prospects marseillais ou parisiens : la distance n’est plus un obstacle. C’est là également un phénomène qui illustre une transformation profonde du marché du travail : la déterritorialisation des services, particulièrement dans les secteurs numériques et du conseil.

LinkedIn plutôt que site internet : un basculement révélateur
Autre élément marquant et révélateur des mutations en cours, Nils Chameroy travaille quasi exclusivement sur LinkedIn.« Les réseaux sociaux sont aujourd’hui beaucoup plus efficaces que les sites internet », observe-t-il. Une position qui rejoint une évolution plus globale : selon plusieurs études marketing, les réseaux sociaux professionnels deviennent le premier canal de prospection dans les métiers du recrutement et du BtoB. Le site web, autrefois central, tend à devenir un simple support secondaire, voire obsolète s’il n’est pas activement alimenté.

Des profils rares, des besoins croissants
Les missions confiées à NIT Recrutement traduisent les tensions du marché : Commerciaux spécialisés IT, techniciens support (niveau 1 et 2), administrateurs systèmes et réseaux et profils managers et direction. Autant de métiers essentiels à la transformation numérique des entreprises, mais dont la rareté alimente une concurrence accrue entre recruteurs. Loin des discours grandiloquents, Nils Chameroy affiche une ambition progressive : développer son cabinet jusqu’à atteindre, à terme, une vingtaine de collaborateurs. Nils Chameroy est issu d’une génération d’entrepreneurs capables de créer de la valeur sans quitter leur territoire, en s’appuyant sur les outils numériques et les réseaux. Ni start-up technologique, ni entreprise traditionnelle, NIT Recrutement figure cette voie intermédiaire : Une économie de proximité… connectée au monde.
Mireille Hurlin

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