3 novembre 2026 |

Ecrit par le 3 novembre 2026

Cap à l’Est pour le festival du Polar de Villeneuve-lès-Avignon du 4 au 8 novembre

La 22e édition du Festival du Polar nous invite à explorer les Mystères de l’Est.

Pascale Bories, maire de Villeneuve-lès-Avignon, et Corinne Tonelli, directrice de la programmation, ont présenté avec une fierté non dissimulée la programmation de ce festival qui a largement dépassé les frontières du territoire et du genre. « On dit qu’il fait parti du Top 5 national, il touche les communes de Rochefort, Sauveterre, Les Angles, Bagnols-sur-Cèze, Aramon, Barbentane, il franchit aussi le Rhône avec Caumont-sur-Durance, Sorgues et même Avignon », précise Pascale Bories. Comme le pointe Corinne Tonelli, directrice de la programmation, l’Est commence à la frontière allemande et va se poursuivre en Pologne, Croatie, Serbie, Russie et même en Sibérie. L’occasion d’explorer des pans de l’Histoire truffée d’espions, de secrets et de récits aux univers variés qui iront même aux confins du fantastique.

Le festival en chiffres

2 artistes associés d’Allemagne et de Pologne
28 auteurs et autrices invités 
7 romans sélectionnés pour le prix des lecteurs
1 éditeur invité : les éditions Agullo
8 rencontres
10 tables rondes
5 expositions
9 lieux dans Villeneuve-lès-Avignon
9 communes participantes

Carte blanche à Simone Buchholz et Zygmunt Miloszewski, autrice et auteurs associés 

L’allemande Simone Buchholz, lauréate du Prix du polar allemand en 2019 et le polonais Zygmunt Miłoszewski, Prix Transfuge du meilleur polar étranger en 2016 seront présents avec leurs derniers ouvrages et  participeront à des tables rondes pour nous faire appréhender la Pologne actuelle ou les bas fonds de Hambourg .Ils auront grandement participé à la réussite de ce festival par leurs conseils et propositions littéraires et cinématographiques

Quelques nouveautés 

La ‘Lecture dans l’espace’ au parc du Cosmos des Angles promet frissons  et sensations. Valérie Paüs lira des extraits de La Station de Jakub Szamałek, un thriller situé à bord de la station spatiale internationale que nous suivrons lovés dans les fauteuils du planétarium. Autre nouveauté, le ‘Reading party’ qui n’est autre qu’un moment de lecture personnelle dans le salon de la Maion Bronzini. Il y aura du grabuge pendant 30 minutes dans la rue de la République ce samedi avec un spectacle de rue inquiétant. Marianne Clevy, directrice de La Chartreuse redevient comédienne et lira Les Douze Chaises d’Ilya Ilf et Evguéni Petrov, en clôture de ce festival.

Le prix des lecteurs

Le Prix des Lecteurs est décerné par un jury de lecteurs à un roman paru entre le mois de juin 2025 et le mois de mai 2026 parmi une sélection de 7 romans. La remise du Prix des Lecteurs 2026 se déroulera lors de l’inauguration du Festival du Polar, le samedi 7 novembre à 10h à la Chartreuse, en présence des auteurs et des membres du jury.

Sur l’écran noir de nos nuits blanches

Deux soirées, trois films projetés en VO sous-titrée dans la belle salle du Tinel. Billetterie gratuite (dans la limite des places disponibles) ouverte 30min avant le début de chaque séance. Il sera demandé au public de sortir de la salle entre les deux projections de la même soirée. Possibilité de n’assister qu’à une seule projection. 

Un grain de vérité de Borys Lankosz, adapté du roman de Zygmunt Miłoszewski. Vendredi 6 novembre. 21h.
Head on de Fatih Akin. Turco-allemand. Samedi 7 novembre. 18h.
La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck. Samedi 7 novembre. 21h. 

Sur le bateau le Mireio, le traditionnel bal littéraire

Sur un modèle imaginé par la Chartreuse depuis plusieurs années, on nous dévoile la règle du jeu : trois auteurs, Jérémy Bouquin, Hélène Couturier et Yan Lespoux  sont enfermés pour écrire un récit noir et cocasse sur le thème « exfiltration à l’Est. » Le bal a lieu sur le Mireio, on alterne un moment de lecture, un morceau de musique joué en live par l’orchestre Electrons libres.

Vendredi 6 novembre. 19h. Tarif 12€ à 17€.  Réservation obligatoire sur www.bateaux-provence.com ou 04 90 85 62 25. Bar et restauration sur place. 

Le polar s’invitera aussi dans des enquêtes en famille, des jeux de rôles sur table, des jeux de société d’enquêtes, des murder Party, des lectures, du théâtre, des escape games, des expositions, un atelier philo «  Les mystères de l’Est : une source de liberté existentielle ? », des enquêtes au Fort Saint-André, des jeux de rôle, des siestes et lectures musicales…

Festival du polar. Du mercredi 4 au dimanche 8 novembre 2026. La Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Programme complet sur www.polar-villeneuvelezavignon.fr


Sorgues prend de la hauteur avec une exposition du photographe autodidacte local Didier Ricca

À partir de ce lundi 2 novembre, l’exposition ‘Là-haut, tout là-haut…’ prend place au Pôle culturel Camille Claudel de Sorgues.

Jusqu’au samedi 21 novembre, le Pôle culturel Camille Claudel accueille les œuvres du photographe autodidacte sorguais Didier Ricca à l’occasion de l’exposition ‘Là-haut, tout là-haut…’ qui invite le public sur les sentiers, au cœur de forêts et de paysages où le temps semble suspendu.

À travers de son objectif, Didier Ricca, qui a déjà séduit le public l’année dernière avec l’exposition ‘Faune sorguaise et biodiversité‘, a capturé de véritables lieux de vie dans les grands espaces où se dévoile l’intimité de leurs habitants. « Une part de ma passion pour la nature et pour l’image est née en me rendant là-haut, car en suivant le sentier qui nous y emmène, on ne traverse pas seulement des forêts et des montagnes, explique-t-il. C’est en toute simplicité que je vous invite à me suivre sur ce sentier avec respect et discrétion. Ouvrons nos yeux et nos oreilles, retrouvons notre âme d’enfant émerveillé. »

Jusqu’au 21 novembre. Entrée libre. Hall d’exposition. Pôle culturel Camille Claudel. 285 Avenue d’Avignon. Sorgues.


Parc du Luberon : une exposition pour découvrir les empreintes de mondes disparus

Le Parc naturel régional du Luberon propose l’exposition ‘TRACES, les empreintes de mondes disparus’ jusqu’au lundi 30 novembre à la Maison du Parc à Apt.

Ce ne sont pas de simples bouts de roches qu’expose le Parc naturel régional du Luberon jusqu’à la fin du mois de novembre. Ces ichnofossiles témoignent en réalité de l’activité d’êtres vivants.

« Cette exposition vous invite à découvrir la magie des traces laissées par les êtres vivants et leurs environnements il y a des millions d’années », indique le Parc.

Des ateliers pour les enfants

À l’occasion des vacances de la Toussaint et dans le cadre de l’exposition en cours, le Parc propose aux enfants entre 5 et 10 ans de devenir des paléontologues en herbe au Musée de géologie.

Ce mercredi 28 octobre, deux sessions pour découvrir et identifier des fossiles se tiendront à 14h et 15h30. L’occasion de passer un bon moment en famille et de découvrir l’exposition ‘TRACES, les empreintes de mondes disparus’.

Ouvert lundi, mardi et jeudi de 14h à 17h30 et mercredi de 9h à 12h30 et de 14h à 17h30.
Exposition jusqu’au 30 novembre. Atelier paléontologie le mercredi 28 octobre à 14h et 15h30 (inscription en ligne ou au 04 90 04 42 00). Maison du Parc. 60 place Jean-Jaurès. Apt.


Les œuvres d’Ernest Pignon-Ernest restent deux mois de plus à L’Inguimbertine

L’exposition ‘Ombres de Naples’ ayant rencontré un énorme succès depuis sa mise en place le 23 mai dernier à L’Inguimbertine à Carpentras, la bibliothèque-musée a décidé de garder les œuvres d’Ernest Pignon-Ernest exposées jusqu’à la fin de l’année.

Depuis sa mise en place le 23 mai dernier, l’exposition ‘Ombres de Naples’, qui compte plus de 200 œuvres de l’artiste Ernest Pignon-Ernest, a accueilli plus de 19 000 visiteurs. Face à ce succès, pour prolonger le plaisir et permettre à ceux qui ne l’ont pas encore découverte de le faire, L’Inguimbertine prolonge l’exposition, qui devait s’achever le dimanche 1er novembre prochain, jusqu’au jeudi 31 décembre.

L’exposition présente des dessins, des photographies et des sérigraphies issus des interventions d’Ernest Pignon-Ernest à Naples entre 1988 et 2015. Certaines des œuvres présentées sont même inédites. « L’exposition présentée à Carpentras retrace le processus de ses installations qui ont fait ressurgir, de manière éphémère, ces ombres qui hantent l’antique cité, marquée certes par les menaces naturelles, sanitaires et sociales, mais aussi par un élan vital que poètes et peintres ont exprimé à merveille, particulièrement au XVIIe siècle », explique la bibliothèque-musée.

Il est possible de découvrir ‘Ombres de Naples’ de manière autonome mais aussi au travers de visites guidées proposées tous les samedis à 11h jusqu’au samedi 31 octobre et tous les samedis à 14h30 à partir du dimanche 1er novembre.

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h jusqu’au 31 octobre, et tous les jours sauf le lundi de 14h à 18h à partir du 1er novembre.
Jusqu’au 31 décembre. L’Inguimbertine. 180 place Aristide Briand. Carpentras.


Eaux souterraines : c’est tout un art !

A l’initiative de la Chaire GeEAUde de l’Université d’Avignon, la science s’allie à l’art afin de faire percevoir les mystères des eaux souterraines au grand public. Un dialogue recherche-création inédit auquel a été convié 5 artistes à la Villa créative où ils exposeront leurs travaux du mercredi 7 au jeudi 8 octobre prochains à destination du grand public et des étudiants.

La Chaire GeEAUde, structure unique en France de l’université d’Avignon dédiée à l’étude des eaux souterraines, vient d’initier un nouveau dispositif de recherche-création à la croisée des sciences, de l’art et des territoires. Pour cela, elle accueille depuis début septembre plusieurs artistes dans le cadre de l’exposition ‘Eaux souterraines : l’invisible en partage’ qui débutera la semaine prochaine à destination du grand public et des étudiants.

« Nous travaillons sur quelque chose qu’on ne peut voir avant qu’il n’arrive dans notre verre ou qu’il sorte d’une source. Mais c’est terminé parce qu’à ce moment-là on la consomme déjà », regrette Konstantinos Chalikakis, coordinateur de la chaire partenariale GeEAUde à l’Université d’Avignon. A l’image de ce que nous avons pu voir dans d’autre projet européen, nous avons donc imaginé de proposer d’autres visions sur des objets scientifiques. Le but étant d’amener des artistes à travailler sur un sujet dont personne ne parle mais qui est pourtant essentiel, tout particulièrement en Vaucluse où les eaux souterraines représentent 96% de l’eau potable du département. »

Les artistes en résidences avec les partenaires de GeEAUde, de l’université d’Avignon et de la villa Créative. Crédit : DR/Université

Comment montrer l’invisible ?
Comment alors rendre visible cette eau imperceptible ? C’est ce défi qu’un collectif de cinq artistes a relevé dans le cadre de quatre projets artistiques autour de ces eaux souterraines. Depuis le début du mois de septembre, Clémence Vazard, Elven Sicard, Fanny Papot ainsi que Maëlle Banton et Joan Cellier sont donc allés sur le terrain à la découverte des réserves aquifères de Vaucluse, dont celle de Fontaine-de-Vaucluse classée depuis 2024 parmi les 200 sites mondiaux géologiques d’exception. Sur place, ils y ont notamment rencontré les équipes de scientifiques de GeEAUde, celle du laboratoire d’hydrologie de l’Université d’Avignon, le Laboratoire souterrain à bas bruit de Rustrel (LSBB) à Rustrel afin de ‘s’imbiber’ de cette atmosphère, toucher les roches, découvrir l’humidité… Bref, alimenter leur processus de recherche-création afin que leurs pratiques artistiques permettent d’ouvrir différents modes d’accès aux connaissances scientifiques grâce à l’expérimentation d’autres manières de percevoir.

Quelle couleur a l’âge de l’eau ?
Durant ce temps d’immersion, les artistes, qui ont déjà travaillé sur l’eau mais pas forcément les eaux souterraines, ont eu cinq semaines pour élaborer leur projet qu’ils dévoileront la semaine prochaine.

Parmi eux, Clémence Vazard qui travaille depuis plusieurs années sur l’impact de l’eau sur le niveau de coloration des teintures végétales. L’artiste transdisciplinaire, qui intervient notamment en Camargue dans le cadre d’une résidence depuis 2 ans sur cet axe de recherche, développe un nuancier afin de montrer que la teinture est plus ou moins marquée selon l’origine des eaux utilisées. Jusqu’alors, elle s’est servie d’eaux de surfaces mais est très curieuse de découvrir l’influence des eaux souterraines.

Clémence Vazard en Camargue. crédit : DR/GeEAUde

« Quand on parle de teinture végétale, on s’intéresse surtout aux plantes et éventuellement aux fibres qu’on va utiliser, de la laine, de la soie, explique Clémence Vazard. Tout cela va évidemment modifier le résultat d’une couleur. Mais je me suis aussi aperçue dans le cadre de mes travaux dans différents endroits du monde, qu’en utilisant l’eau des rivières ou des lacs qui étaient à proximité cela influait également sur le résultat d’une couleur.
« En travaillant à partir des eaux souterraines, poursuit-elle, j’aimerais pouvoir montrer l’idée qu’avec la teinture végétale, on peut aussi dater l’âge de l’eau. En partant du principe que plus une eau passe de temps dans un milieu souterrain, plus elle est chargée des composants qu’il y a dans l’eau, des éléments dans la roche, ses minéraux, ses métaux etc. Puisque la teinture est réactive à tous ses composants, nous pourrions être en mesure de dater cette eau. »  

« Ce mouvement permanent que l’on ne perçoit pas. »

Fanny Papot, artiste plasticienne

Pour sa part, l’artiste plasticienne Fanny Papot, intervient tout particulièrement autour du phénomène géologique de Fontis.
« En 2023, j’ai fait une résidence qui m’a amenée à m’intéresser aux carrières souterraines. Notamment dans les carrières où il y a énormément d’arrivées d’eau. On y observe le phénomène de Fontis. C’est un vide dans une cavité qui va petit à petit entraîner l’effondrement de la voûte, qu’on appelle le ciel. Ce vide va ainsi remonter à la surface. Ce sont toutes ces interactions entre l’eau et la roche qui m’intéressent. Et dans le cadre de cette résidence, je passe du côté anthropique au côté naturel afin de voir comment l’eau, de la même façon, va créer sa circulation dans un territoire karstique lié au calcaire ou à un certain type de roche. J’essaye de faire comprendre tout ce cycle de la matière qui se crée, se dissout, qui est vivante, qui n’est pas forcément stable mais qui est en mouvement permanent et que l’on ne perçoit pas. »

Travail de Fanny Papot

Réalisatrice et géographe, Maëlle Banton, explore quant à elle les relations entre nos sociétés et l’eau.
« Quelles sont les perceptions que nous avons de l’eau ? Est-ce que nous avons conscience de l’eau que nous buvons et sait-on d’où elle provient, notamment dans le secteur de l’agriculture ? Quels sont les différents usages de l’eau ? Quels sont aussi les conflits que cela peut générer selon les territoires ? Et surtout, sait-on que l’eau est une ressource qui n’est malheureusement pas inépuisable ? C’est à ces interrogations que nous tentons de répondre, explique l’artiste dans le cadre du projet NAPESS (narrations partagées sur les eaux souterraines et les sécheresses) où elle collabore avec le danseur Joan Cellier.

Cette résidence va déboucher sur la réalisation d’un court-métrage de sensibilisation afin d’aborder les conséquences du changements climatiques, notamment dans les territoires qui vont voir leurs ressources en eau, notamment au potable, diminuer.

Travail de Maëlle Banton. Crédit : DR/GeEAUde

« L’objectif c’est d’aller à la rencontre des habitants, des gestionnaires, des élus, des différents usagers, comme des agriculteurs ou des industriels, de ces territoires et d’essayer de voir quelles sont leurs relations à l’eau, poursuit Maëlle Banton. Est-ce qu’ils ont conscience de ce qui se passe finalement sous leurs pieds ? L’enjeu, c’est vraiment de faire entendre la voix des différentes personnes qui expriment leurs témoignages, mais aussi avoir cette dimension poétique de la danse avec la mise en mouvement de cette eau. »

« Créer une espèce de partition sonore souterraine. »

Elven Sicard, documentariste et artiste sonore

Enfin, le documentariste et artiste sonore marseillais Elven Sicard, proposera ‘[S]eaunologie’. Ce dernier connaît déjà bien le Vaucluse puisqu’il a fait un documentaire sonore sur les mémoires spéléologiques du plateau d’Albion dans le cadre d’une résidence pour le compte du Parc naturel régional du Ventoux.
« J’arrive dans ce projet-là avec une proposition de documentaire sonore où je dévie de ma pratique habituelle, explique-t-il. Je travaille plutôt à partir de la parole mais là je vais davantage explorer la matière sonore. L’idée, c’est de choisir des systèmes d’eau et de les sonifier. »

Cette ‘mise en musique’ concernera les trajets de l’eau souterraine avec de la prise de son in situ quand cela sera possible. Pour les parties inaccessibles le principe est de sonifier les données scientifiques, les données de débit, les données de chimie de l’eau ainsi que les interactions entre l’eau et la roche souterraine.
« Tous ces éléments-là vont me permettre de créer du son, en tout cas d’automatiser des synthétiseurs, d’automatiser des traitements du signal et de créer une espèce de partition sonore souterraine qui raconterait ces trajets de l’eau souterrain. »

A la découverte du son mais aussi du goût des eaux mystérieuses de Vaucluse
Trois zones aquifère de Vaucluse seront ainsi sonorisées :  le système karstique de Fontaine-de-Vaucluse, la plaine alluvionnaire de la Durance et l’immense réserve d’eau souterraine de l’aquifère profond du Miocene.
« Chacune de ces eaux seront à l’écoute pendant la restitution et seront proposées à la dégustation, précise Elven Sicard. L’idée, c’est d’essayer d’entrevoir une perception sensible du savoir scientifique sur ces eaux à travers cette triangulation entre le goût, le savoir scientifique et la perception sonore. »

Ouvrir les yeux de grand public
« Il s’agit d’essayer d’expliquer simplement des choses complexes, résume Konstantinos Chalikakis. J’espère que ces résidences permettront d’exprimer, d’une autre façon ou d’une autre, des choses que nous, scientifiques, avons parfois du mal à clarifier lors d’une conférence ou d’une présentation. Peut-être que les artistes y arriveront mieux, car une que les artistes commencent à ouvrir le regard sur quelque chose, le grand public le voit aussi ensuite. »

« Nous sommes parfois limité dans notre discours en restant coincé dans notre domaine, complète Iliana Fylla, accompagnatrice artistique de l’événement et docteure en histoire de l’art. Ces résidences, c’est aussi l’occasion de nourrir le discours scientifique avec des regards croisés qui viennent d’autres disciplines comme par exemple les disciplines artistiques. »
En attendant, ceux qui veulent découvrir que l’eau ne coule pas seulement que sous les ponts d’Avignon pourront écrire leur histoire d’eau (souterraine) à la Villa Créative. Quant à la chaire GeEAUde, elle espère que cette initiative sera reconduite l’an prochain et que, pourquoi pas, cette exposition devienne itinérante. Déjà en tout cas, le court-métrage Maëlle Banton devrait être rediffusé dans le cadre d’un colloque scientifique des hydrogéologues qui se tiendra en novembre prochain à Salon-de-Provence.

Laurent Garcia

Exposition ‘Eaux souterraines : l’invisible en partage’. 16h30 à 19h30. Entrée libre. Du mercredi 7 au jeudi 8 octobre. Villa Créative. 33 bis, rue Pasteur. Avignon


L’Inguimbertine ouvre ses portes gratuitement pour les Journées Européennes du Patrimoine

Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine ces samedi 19 septembre et dimanche 20 septembre, L’Inguimbertine, à Carpentras, prévoit un programme riche et rend gratuit l’accès aux espaces d’exposition.

Ce week-end, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, L’Inguimbertine ouvre gratuitement ses portes. L’occasion de découvrir, pour ceux qui n’en ont pas encore eu l’occasion, l’exposition ‘Ombres de Naples’ de l’artiste Ernest Pignon-Ernest, qui a déjà conquis plus de 10 000 visiteurs.

Ces journées célébrant le bicentenaire de la photographie, le public pourra aussi découvrir la richesse du fonds photographique de L’Inguimbertine à travers la présentation d’ensembles.

Durant les deux jours, de nombreuses animations seront proposées comme :

  • une initiation au dessin avec le fusain et la pierre noire, tels sont les outils de prédilection d’Ernest Pignon-Ernest de 10h à 12h dans la salle de médiation du rez-de-chaussée,
  • une visite guidée autour des collections photographiques de L’Inguimbertine à 10h30 (sur réservation au 04 90 63 04 92),
  • une chasse photographique aux couleurs de 14h à 18h (rendez-vous au pied de l’escalier des religieuses),
  • un grand escape game dans l’édifice avec 60min pour résoudre les énigmes (proposé seulement le samedi).

Au Château La Coste, le vent transporte l’espoir

Jusqu’au 30 septembre, 70 ‘Genki-nobori’ s’épanouiront au Château La Coste, au Puy-Sainte-Réparade. Ces longues bannières colorées, imaginées par l’artiste japonais Susumu Shingu et réalisées par une centaine d’enfants accompagnés par La Source Garouste, font dialoguer création contemporaine, solidarité et nature. Une exposition mouvante, dont le vent devient le véritable metteur en scène.

Elles ondulent, se gonflent, retombent puis s’élancent à nouveau. Jusqu’au 30 septembre, 70 Genki-nobori seront installés en deux points du domaine provençal, au milieu d’un paysage où sculptures, architectures et vignes évoquent leurs secrets entre-elles. 

Des messages d’enfants confiés au Mistral
Ces étranges formes aériennes revisitent les koi nobori (Banderolles de carpes, manches à air accrochées en haut d’une perche ou mat, qui symbolise la force et la persévérance), ces manches à air japonaises traditionnellement figurées en carpes. Dessins, couleurs et parfois quelques mots recouvrent les étoffes. Chacune porte l’imaginaire d’un enfant. Susumu Shingu a créé les Genki-nobori (je vous envoie des encouragements par le vent) après le séisme et le tsunami qui ont frappé la région japonaise du Tōhoku en 2011. Les bannières sont alors pensées comme des messages d’encouragement et d’espoir adressés aux populations touchées. Plus de 500 personnes au Japon et à l’étranger ont depuis participé à cette démarche, selon La Source Garouste.  

Cent enfants, dix artistes, une œuvre collective
La Source Garouste s’est emparée de cette idée pour son projet national 2026, avec le soutien de la galerie Jeanne Bucher Jaeger, qui représente Susumu Shingu en France. Entre février et mai, une centaine d’enfants et de jeunes confrontés à des fragilités sociales, scolaires ou familiales ont travaillé dans les dix structures françaises de l’association. À leurs côtés, dix artistes professionnels. Ensemble, ils ont réalisé 100 Genki-nobori, mêlant dessin, peinture, écriture et expérimentation plastique. Chaque atelier associe un artiste et un professionnel éducatif. La création permet d’apprendre à écouter, de coopérer, de prendre enfin sa place dans un groupe et, surtout, retrouver de la confiance.  C’est tout le sens du travail conduit depuis 1991 par La Source Garouste, fondée par Élizabeth et Gérard Garouste. En 2025, l’association a organisé 376 projets avec 232 artistes professionnels, auxquels ont participé 10 043 enfants et jeunes. 

Copyright La Source Garouste au Chateau Lacoste oeuvre de Susumu Shingu

Susumu Shingu, sculpter ce qui ne se voit pas
Le vent traverse toute l’œuvre de Susumu Shingu. Né au Japon, l’artiste débute comme peintre avant de séjourner à Rome dans les années 1960. Une peinture suspendue à un arbre, soudain mise en mouvement par le vent, aurait infléchi son parcours. Il développe alors ses oeuvres autour des forces invisibles de la nature : l’air, l’eau, la lumière, la gravité. Ses sculptures cinétiques l’ont conduit à collaborer avec de grands noms de l’architecture et de la création, parmi lesquels Renzo Piano, Tadao Ando et Issey Miyake. 

Au Château La Coste
Avant de rejoindre le Sud, une soixantaine de ces créations ont flotté durant l’été dans la cour d’honneur de l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris. Après Château La Coste, le projet poursuivra son itinérance au Domaine de Villarceaux, dans le Vexin, du 10 au 25 octobre, avec 80 bannières présentées dans le cadre de la ‘Biennale du vent’. Ici, le vent façonne le paysage, courbe les arbres, sèche la terre et bouscule les corps. Pendant quatre semaines, il donnera aussi vie aux dessins de ces enfants. Une manière assez belle de rappeler qu’une œuvre peut parfois commencer par un simple morceau de tissu, à condition de lui laisser de l’air.

Les infos pratiques
La Source Garouste, projet Genki-nobori 2026 au Château Lacoste. Les Genki-nobori de Susumu Shingu par La Source Garouste, jusqu’au 30 septembre 2026, Château La Coste, 2750 route de La Cride, 13610 Le Puy-Sainte-Réparade. Exposition accessible tous les jours de 10h à 19h.
Mireille Hurlin

Copyright La Source Garouste

‘Surimpressions’, une exposition originale à la croisée des regards 

« Surimpressions » ? C’est une exposition originale où la peinture habille la photographie.

« L’art n’est jamais reproductible à une dimension. Lorsque la peinture habille une photographie, elle détruit le caractère unique de son image. Il en découle que sa perception change, ou plus exactement qu’elle se multiplie, se fragmente en de nombreuses interprétations. » ainsi s’expliquent les artistes Patrick Martineau et Danielle Aumage.

Regards croisés

Patrick Martineau, photographe bien connu des milieux jazziques, privilégie la photo en noir et blanc, une manière pour lui de retravailler, remodeler avec élégance ses portraits de musiciens et musiciennes, de saisir sans artifice la lumière, la brillance, le contraste d’un visage. 

La peintre Danièle Aumage,  construit un véritable décor, autour de ces visages ou silhouettes,  peinture au couteau,  souvent très coloré, parfois figuratif, parfois abstrait. Le résultat est bluffant, un véritable feu d’artifice car à la manière de l’oeil du photographe , elle sait saisir la personnalité d’un artiste pour le replacer dans son univers et magnifier ainsi la proposition du photographe. 

« Le troisième regard est celui du spectateur de cette rencontre entre l’homme noir et blanc et la femme couleur mutuellement inspirés. »

Du 1er au 30 septembre 2026 . Du lundi au samedi de 10h 30 à 18h30. Vernissage le 4 septembre. 19h. Galerie « Amours Éthérées » 4 rue Carnot. Avignon.


Avignon, comment la ville s’est transformée

Au début du XXᵉ siècle, cette photographie montre les berges du Rhône au pied du rocher des Doms. On y distingue un bac à traille et son câble, dispositif qui permettait de traverser le fleuve en utilisant la force du courant. Une image d’un Avignon encore étroitement lié au Rhône et aux usages quotidiens de ses rives.

Ce cliché est présenté dans le cadre de l’exposition « Contrastes – Avignon à travers deux siècles de photographies », proposée par les Archives municipales. À travers 163 photographies issues d’un fonds de plus de 700 000 images, l’exposition invite à redécouvrir l’histoire d’Avignon, ses quartiers, son patrimoine et celles et ceux qui l’ont façonnée. L’exposition est visible jusqu’au 18 mai 2027, en accès libre et gratuit :

• Archives municipales – 6 rue Saluces
• Square Agricol-Perdiguier
• Parc de la Cantonne – Montfavet (où est présentée cette photographie, sur les grilles, avenue des Vertes-Rives)
• Stade nautique
• Grilles du Palais des Papes – place de l’Amirande
• Parc de l’Abbaye Saint-Ruf, avenue du Moulin-Notre-Dame
• Parc Champfleury

Photographie : Charles Bartesago, début du XXᵉ siècle, négatif sur plaque de verre. Fonds de l’Institut Calvet. AMA 67Fi616.

𝐕𝐨𝐬 𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐭𝐫𝐢𝐦𝐨𝐢𝐧𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐞𝐮𝐱
Documents papiers ou numériques, photographies, films, vos archives nous intéressent ! Elles feront demain l’histoire de la culture à Avignon.

𝐂𝐨𝐧𝐭𝐚𝐜𝐭𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐀𝐫𝐜𝐡𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐦𝐮𝐧𝐢𝐜𝐢𝐩𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐝’𝐀𝐯𝐢𝐠𝐧𝐨𝐧
Les archives municipales archives.municipales@mairie-avignon.com ; 04 90 86 53 12 (8h30 -12h00 et 13h30 – 17h00)
MMH

https://www.echodumardi.com/tag/exposition/   1/1