3 juillet 2026 |

Ecrit par le 3 juillet 2026

Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Carpentras, vendredi 12 juin. Ce vendredi après-midi, plusieurs groupes de visiteurs se succèdent à la bibliothèque-musée L’Inguimbertine. Certains ont fait plusieurs heures de route depuis Cannes, Aix-en-Provence… Tous ont une chose en commun : ils connaissaient déjà Ernest Pignon-Ernest, et ont tenu à voir cette exposition.

Une immersion
Dès la première salle, le ton est donné. Les murs sont peints en rouge bordeaux, les dessins de Pignon-Ernest s’affichent en grand format.
Philippe, venu d’Aix-en-Provence explique qu’après avoir traversé les salles permanentes, il a senti un certain basculement : « Ces salles sont absolument incroyables, lumineuses, accueillantes et d’un seul coup on rentre dans un ventre. On rentre dans un intérieur. »

La scénographie joue sur les contrastes. Des panneaux disposés en dédale obligent le visiteur à zigzaguer, à voir les œuvres de près puis de loin. « Tu l’as vu de loin et puis tu l’as de près, ça restitue vraiment les proportions, tu te rends donc mieux compte de l’effet produit dans les rues de Naples », explique une autre visiteuse, Michèle, qui avait déjà découvert le travail de Pignon-Ernest dans des magazines d’art, mais également lors de la présentation avignonnaise au Palais des Papes de 2019 à 2020 (Exposition ‘Ecce homo’). Par ailleurs une seconde exposition de mai à septembre 2020 à l’Église des Célestins avait été organisée (Exposition ‘Extases’).

Crédit : Zélie Bienaimé

« Toutes ces œuvres parlent de violence, de douleur »

Michèle

Pourquoi le rouge ?
Le choix de la couleur rouge revient dans toutes les conversations. Pour certains, c’est une évidence. « Au vu du thème, c’est obligé, toutes ces œuvres parlent de violence, de douleur », a dit Michèle. Martine, venue spécialement depuis Cannes, fait des photos et nous confie : « Le bleu est froid et le rouge est une couleur chaude. Je fais des expos photos et je mets mes photos en noir et blanc sur fond rouge… ça marche très bien ensemble. »

Comparaison qui fait débat
Michèle nous parle de l’arrivée d’Ernest Pignon-Ernest dans le milieu de l’art de rue : « Je me souviens de l’effet que ça avait fait de voir ses dessins dans les rues, on voit les gens qui passent, qui observent, c’est l’art dans la rue, ça ne se faisait pas avant. 
Et en même temps, je pense qu’il y avait une sorte de respect vis-à-vis de des choses qu’il créé, ce n’était pas des tags, c’était autre chose. »

Crédit : Zélie Bienaimé

« J’ai pensé à Banksy… »

Martine

La question du street art ne tarde pas à arriver dans chacun des discours. Martine nous fait part du lien spontané qu’elle a vu avec Banksy : « Et c’est vrai que tout de suite j’ai fait un rapprochement avant même de voir l’exposition, j’ai pensé à Banksy… Il y a une certaine filiation. » Mais Philippe n’est pas d’accord : « Le street art, c’est une étiquette un peu facile que l’on colle sur Pignon-Ernest. Lui, a une démarche souvent politique, religieuse, il y a beaucoup de métaphores, il y a des convictions très fortes derrière. Cette association, pour moi, est un peu dévoyée. 
Et évidemment, l’artiste demeure pour moi aujourd’hui un artiste contemporain français majeur. »

Naples vue depuis Carpentras
Beaucoup de visiteurs connaissent Naples en touristes, mais pas sous l’angle que montre l’exposition. « On ne fréquentait pas forcément toutes ces petites ruelles, ce côté populaire et religieux, c’était pas vraiment mon abord », admet Martine. L’exposition montre une ville de Naples plus sombre : les quartiers pauvres, les croyances mélangées, la mort omniprésente. « Il y a un côté populaire à Naples qui est bien rendu dans toute cette représentation. »

Michèle, très tôt, a fait le rapprochement avec Caravage, peintre napolitain du XVIIe siècle connu pour ses scènes violentes, ses personnages du peuple décrit par Michèle comme quelqu’un de ‘torturé’. Avant même de constater que l’artiste est effectivement cité dans le parcours de l’exposition. « Il y a une espèce de tragédie autour de Naples, dit-elle. Caravage, Pasolini… »

Crédit : Zélie Bienaimé

« L’artiste ne ment pas. »

Philippe

Ce qu’ils retiennent de Pignon-Ernest
Ce qui marque le plus les visiteurs, c’est la force du dessin. « Il y a une puissance dans le trait qui est remarquable », dit Martine. Philippe, lui, parle de sincérité : « Chacun va y trouver, je dirais non pas une part de lui-même, mais de ce qu’il recherche dans l’artiste. Et l’artiste ne ment pas. Donc tout ce qu’on voit ici n’est qu’une réalité, une interprétation. C’est extrêmement audacieux et surtout c’est la vérité, la vérité du trait de l’artiste. »
Enfin Michèle nous rappelle que ses créations ont « chamboulé le monde de l’art parce que nous n’étions plus dans l’abstrait, nous étions dans le concret. Ses œuvres parlaient de souffrance et de rédemption. »
Ernest Pignon-Ernest sera à nouveau présent à Carpentras pour rencontrer le public le 26 septembre à 15h.

Zélie Bienaimé (stagiaire info com Avignon université)

Exposition « Ombres de Naples », Ernest Pignon-Ernest, L’Inguimbertine à Carpentras. Jusqu’au 1er novembre 2026.


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

La bibliothèque-musée L’Inguimbertine, à Carpentras, consacre sa nouvelle exposition à l’artiste Ernest Pignon-Ernest. ‘Ombres de Naples’ est à découvrir du 23 mai au 1er novembre.

« Entre 1988 et 2015, Ernest Pignon-Ernest a arpenté les rues de Naples et les murs se sont mis à parler. Ils ne le faisaient pas avant, mais à son passage. Ils ont commencé à bruisser. Les façades ont bougé, mille murmures se sont fait entendre. Les ombres sortent et laissent échapper d’étranges lamentations ou des chuchotements d’extase ». Ainsi s’exprime l’écrivain Laurent Gaudé, Prix Goncourt 2004 pour Le soleil des Scorta, dans la postface du livre qui est dédié à l’imposante exposition qui est consacrée au plasticien niçois à partir du 23 mai à Carpentras.

Le choix du Vaucluse ne doit rien au hasard. Comme l’a précisé la 1e adjointe de la ville, Pascale Demuru, « l’artiste a vécu tout près d’ici, à Méthamis dans les années 60, il a aussi grimpé le Ventoux à vélo une dizaine de fois. Ce bâtiment, phare culturel est le parfait écrin pour accueillir les œuvres d’un créateur de renommée internationale. »

Le directeur de la bibliothèque-musée L’Inguimbertine Jean-Yves Baudouy insiste : « Depuis le XVIIIe, ce lieu fait rayonner la ville dans le monde de la culture et des arts bien au-delà du Vaucluse. D’ailleurs le monde d’Ernest Pignon-Ernest dialogue avec celui de Monseigneur d’Inguimbert qui lui aussi travaillait avec les savants et les poètes. Qu’il s’agisse d’imaginaire, de mort ou de souffrance. »

©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Un artiste engagé

Mais surtout, n’allez pas dire à Ernest Pignon-Ernest qu’il est le pape du street-art. Ses 200 esquisses, dessins, croquis, photographies, sérigraphies, portraits, collages, témoignent d’une œuvre picturale, poétique, artistique et d’un engagement citoyen. « Cela signifierait que cet art urbain serait né aux États-Unis. Or Banksy, s’est y mis 40 ans après moi. » Et Ernest Pignon-Ernest a été dès 1966 investi dans la lutte contre le nucléaire. René Char, poète et résistant l’avait alerté sur les risques que faisait courir le Plateau d’Albion avec ses missiles enterrés. « J’avais 24 ans et j’avais tracé au pochoir la silhouette tirée d’une photo d’Hiroshima, seule trace d’un corps irradié, et je l’avais collée sur les murs et les rochers le long de la route au-dessus de Saint-Christol, pour stigmatiser ce lieu funeste enkysté au-dessous de la nature, de la lavande et du ciel bleu du Plateau de Sault. »

Ce créateur s’est fait connaître mondialement grâce au dessin sur papier- journal d’Arthur Rimbaud qui essaima de sa ville natale, Charleville-Mézières, à Paris avant de faire le tour du monde, à Soweto, à Santiago, à Ramallah comme à Alger.

Son travail ? Réactiver le potentiel de mémoire des lieux

« Pour Naples, j’ai lu plus de 130 livres, précise Ernest Pignon-Ernest. Je l’ai quadrillée dans tous les sens, à toutes les heures. J’ai scruté la texture de la pierre, sa couleur, ses défauts, comment la lumière la caressait selon le moment du jour ou de la nuit. Comment elle épouse mon travail, comment elle interfère, comment elle met en relief les anfractuosités, les cavités avec les joints qui scellent le mur. Je mets en valeur ce qui ne se voit pas, ce qui est enfoui. Mon travail exacerbe, perturbe le lieu, fait remonter un mystère à la surface, joue entre ombre et lumière. Ces rues de Naples, coincées entre le Vesuve et les terres en ébullition de la Solfatare sous laquelle le poète Virgile déjà situait les Enfers. Elles convoquent aussi Caravage, parle des cultes païens et chrétiens. Une cité sous un soleil de plomb qui porte aussi en elle les ténèbres de la grande peste de 1656. »

Ernest Pignon-Ernest, cet autodidacte qui a quitté l’école à 15 ans, a d’abord gagné sa vie chez un architecte à Nice. Avant de se consacrer à la peinture et de mettre un peu d’argent de côté pour acheter une 2CV et se diriger vers le Vaucluse, où les Papes ont migré, aussi bien dans le Comtat Venaissin qu’à Avignon. « C’était pour moi une espèce de Toscane rêvée, évocatrice des peintres du Quattrocento et de la poésie de Pétrarque. J’ai même eu, pas loin de Venasque, une logeuse qui ramassait du thym sauvage pour Ducros, je n’oublierai jamais cet arôme ».

Pieta et Madone, Caravage et Pasolini, familiarité de Naples avec la mort, si près aussi de Pompei et Herculanum. Ernest Pignon-Ernest, nous invite jusqu’à fin-octobre dans sa déambulation créatrice. Son métissage des arts, de l’histoire, de la culture, du patrimoine, des religions. Il sera également présent à Carpentras pour rencontrer le public et surtout parler de sa passion de son travail les samedi 13 juin et 26 septembre à 15h. Tout en étant également à l’affiche à Martigues à travers une rétrospective au Musée Felix Ziem jusqu’au 1er novembre. Quel bonheur pour ses admirateurs! Et quelle vitalité à 84 ans !

Est organisé également, un karaoké littéraire sur un texte proposé en écho avec l’exposition ‘Ombres de Naples’. Vincent Truel vous accompagnera avec des mélodies et des sons improvisés. En fonction de la météo, le karaoké littéraire se déroulera dans la cour d’honneur ou dans le hall des donatifs.
De 20h15 à 21h puis de 21h30 à 22h15.

Ainsi qu’une présentation de solos des élèves de danse du conservatoire, qui vous guideront dans le parcours au sein des collections jusqu’à l’exposition. 
RDV dans le parcours permanent.
De 21h à 21h30 puis de 22h15 à 22h45


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

C’est à une bien étrange visite que nous convie le Grenier à Sel jusqu’au 27 juin 2026. En invitant l’artiste Julien Prévieux, figure majeure de la scène artistique contemporaine, la commissaire de l’exposition Véronique Baton choisit de nous faire découvrir un monde improbable qui pointe les enjeux,  les failles et les absurdités d’un monde contrôlé par des machines « intelligentes. »

La visite est quelque peu déstabilisante, on ne comprend pas tout mais on est forcément interpellé par les modélisations de l’artiste qui permettent de nous alerter sur les dangers qui nous guettent. Pour les profanes, les visites guidées du mercredi et du samedi seront conseillées et permettront de mieux apprécier l’humour et le point de vue ludique que l’artiste veut poser malgré la gravité du sujet. 

Julien Prévieux, un artiste critique qui observe et s’interroge

Figure essentielle de la scène artistique contemporaine, Julien Prévieux s’intéresse à l’impact des révolutions technologiques sur nos sociétés et à leur emprise. Par sa pratique pluridisciplinaire, il propose des œuvres variées — vidéos, sculptures-, dessins, installations – qui jouent avec et déjouent ce qu’elles veulent dénoncer.  

Un parcours autour des activités spatiales et les intelligences artificielles

Le film d’un quarantaine de minutes, Codex spatum, introduit une réflexion collective sur les règles qui gouvernent l’utilisation de l’espace et les différentes dimensions du droit spatial. Si l’installation de tables d’échec peut laisser perplexe les non-initiés de ce jeu, le projet ‘Reliquats d’attention’ veut épingler les erreurs issues d’expérimentations mobilisant différents chatbots. On se détend avec une magnifique tapisserie (300×200) suspendue, très colorée dont il faut absolument faire le tour pour comprendre que cette œuvre au premier abord abstraite est une modélisation des flux numériques. Elle se veut le portrait « d’une institution (la Commission nationale de l’informatique et des libertés), et des personnes qui l’habitent et fonctionne comme un disque dur fait de fils, support de mémoire. » De même les encres sur papier de ‘Dynamique de l’erreur’ proposent une version ludique d’une expérimentation menée par l’artiste : enregistrement grâce à une combinaison de motion capture des chutes exécutées par Julien Prévieux. On aborde plus précisément le langage et ses codes avec ‘Pour Lana’, une installation de poèmes visuels écrits en Yerkish, langue artificielle imaginée pour l’apprentissage du langage par les grands singes. Ne pas oublier en fin d’exposition de monter sur la mezzanine pour prendre de la hauteur sur les installations mais aussi pour visionner une autre vidéo, Anomalies construites, confrontation d’un monde où se confond le travail et le ludique et qui peut être le mot de la fin : « on s’est bien fait avoir… » 

L’œuvre ‘Pour Lana’. ©David Giancatarina

Visite nocturne pour La Nuit des Musées ce samedi 23 mai

Visite commentées de l’exposition
Esacape Game et Battle d’Echecs

En pratique

Ouverture du mercredi au samedi de 14h à 18h.
Entrée libre et gratuite, sans réservation.
Visite guidée les mercredi et samedi à 16h30 (3€ par personne).
Visite guidée pour les groupes sur réservation

Jusqu’au 27 juin. Entrée libre. Le Grenier à Sel. 2 Rue des Remparts Saint-Lazare. Avignon. 04 32 74 05 31.


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Le cinéma Le Rivoli, situé à Carpentras, consacre deux expositions sur grand écran à l’artiste mexicaine Frida Kahlo les mardi 19 et dimanche 31 mai.

Après le succès des expositions sur grand écran ‘Caravage’ et ‘Turner & Constable’, Le Rivoli propose un événement similaire, cette fois-ci autour des œuvres de Frida Kahlo. Deux dates seront consacrées à l’artiste peintre mexicaine.

Reconnaissable entre mille pour son monosourcil, Frida Kahlo est connue principalement pour ses autoportraits et est aujourd’hui considérée comme un symbole mexicain et une icône du féminisme et de la mode.

Que se cache-t-il derrière cette artiste devenue la muse de plusieurs générations ? C’est ce qu’aborde le documentaire réalisé par Ali Ray, qui sera projeté en version originale avec sous-titres français à Carpentras.

Pour réserver sa place, cliquer ici.
Mardi 19 mai à 19h. Dimanche 31 mai à 16h. Cinéma Le Rivoli. 56 Avenue Victor Hugo. Carpentras.


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Après l’exposition ‘Gustave Fayet en Provence’,voici un second temps qui célèbre entre 2025 et 2027 le centenaire de la disparition du collectionneur, artiste, entrepreneur qu’était Gustave Fayet.

Sept expositions sont organisées entre l’Abbaye de Fontfroide, l’Abbaye Saint-André, le Muséum Arlatan, le Musée de Béziers et  la Fondation Vuitton à Paris. Chacune de ces expositions éclaire un aspect de l’œuvre ou de la création de Gustave Fayet  en se concentrant beaucoup sur le Fayet créateur. À Villeneuve-lès-Avignon, on découvre non seulement un grand collectionneur mais aussi un grand créateur,  puisqu’on étudie ses jardins imaginaires, ces fleurs étranges, un peu fantastiques que Fayet va déployer à partir de 1912, qu’il va faire circuler sur différents supports : des tapis, des tissus, des papiers peints. Ceux-ci sont peut-être rétrospectivement la chose la plus connue de l’art de Fayet, sa signature visuelle en quelque sorte.

Les jardins imaginaires de Gustave Fayet

L’enjeu de cette exposition, aux dires mêmes des commissaires Pierre Pinchon et Olivier Schuwer est de retracer la genèse, l’historique de ces jardins imaginaires. D’en découvrir l’archéologie et l’histoire, d’en comprendre les sources, d’étudier comment ces jardins imaginaires vont se déployer et circuler dans différentes œuvres, différentes formes et différents supports : murs de ses villas, livres ou tapis. En bref, parcourir l’exposition chronologiquement en parcourant la carrière de cet artiste prolifique. C’est un vrai bonheur de découvrir un homme à travers ses œuvres mais aussi de comprendre l’évolution de ses œuvres ou de ses engagements au fil d’une vie de passionné en déambulant dans les élégantes salles voûtées de cette abbaye royale.

Les deux commissaires d’exposition Pierre Pinchon et Olivier Schuwer (à droite), ainsi que Gustave et Marie Viennet, gestionnaires de l’abbaye Saint-André (à gauche), Barthélémy d’Andoque de Sériège, Président de l’Association MAGFF et Olivier Fages, Coordinateur général de la Saison Fayet (au centre), lors du vernissage de l’exposition. DR

Peintre, collectionneur, bibliophile, décorateur, viticulteur, mécène, entrepreneur

Né en 1865, issu d’une famille biterroise de négociants en vin, Gustave Fayet se retrouve à la tête d’une véritable fortune qui lui permet de constituer une vaste collection d’art moderne réunissant un ensemble exceptionnel d’œuvres de Gauguin, Cézanne, Redon, Van Gogh ou encore Matisse. Entre 1902 et 1912 Gustave Fayet est plutôt collectionneur et il va s’imposer comme l’un des plus grand collectionneurs de la peinture post-impressionniste. En 1908, il acquiert l’Abbaye de Fontfroide à Narbonne où Odilon Redon réalise son chef d’œuvre Le Jour, la Nuit, le Silence, dans la bibliothèque. En 1916, il acquiert pour son amie et poétesse Elsa Koeberlé l’Abbaye Saint-André. Par-delà la peinture, il se tournera aussi vers l’achat d’objets d’art, d’éditions de luxe et de livres illustrés.Lui-même artiste, ses œuvres rencontrent un succès grandissant jusqu’à sa disparition en 1925. 

Au fil des salles, une vie se déroule

Quand on entre dans la première salle on est surpris par ces peintures très douces qui représentent de belles demeures bourgeoises. Ce sont des paysages qui mettent en valeur des propriétés avec un rapport charnel à la terre. On perçoit ici la transmission familiale (son oncle était peintre) qui n’est pas seulement la transmission des terres mais aussi celle d’ un amour des vignes et des paysages.

La deuxième salle met en valeur des aquarelles qui représentent les propriétés qu’il achète et restaure pour en faire de véritables lieux de vie : l’Abbaye de Fontfroide en 1908, celle de Villeneuve en 1916 aux influences méditerranéennes avec des couleurs chaudes puis le Château d’Igny près de Paris où il va installer sa fabuleuse collection. On a là plutôt des jardins franciliens avec de nouvelles couleurs, des jardins d’apparat. 

La salle des fleurs imaginaires

Dès 1910, sous l’influence d’Odilon Redon pour qui il voue une grande amitié, Gustave Fayet reprend les pinceaux et va s’affirmer pleinement, non pas simplement comme un disciple de Redon mais surtout il va trouver des techniques qui lui sont propres : aquarelles sur papier buvard. Les fleurs de fantaisie, les fleurs de songe, les bouquets de fleurs sont au cœur de cette exposition que nous découvrons dans le troisième espace. Pour Gustave Fayet  entrepreneur hyper actif, la technique des buvards est un délassement et un retour aux sources : le buvard entretient une sorte de relation avec la culture des fleurs en elle-même. Les fleurs de l’aquarelle vont naître de l’eau du buvard et l’artiste va jouer sur des procédés d’absorption, sur des fleurs qui sont en train d’apparaître,  des formes décoratives, suggestives, abstraites. On est de fait dans ces années 1911, moment où l’abstraction est en train de gagner l’ensemble des avant-gardes dont  Odilon Rodon. Fayet va devenir progressivement un acteur majeur de cette recherche abstraite et décorative.

Artiste et homme d’affaire

En faisant des buvards, il chasse son propre naturel d’hommes d’affaires, où tout est réglé, tout est rangé, tout est rationalisé dans sa vie. « Mais comment est-ce possible qu’un homme qu’on décrit si rationnel et qui mène aussi bien ses affaires  fasse des fleurs aussi folles et aussi hallucinées », se demandent beaucoup d’observateurs ? Fayet se dit cependant «  si j’en faisais des tissus, des tapis ? Si je vivais de mon Art ? » Il lance alors la manufacture de tapis à Paris où il perçoit une opportunité d’exister avec ces fleurs, qui deviennent sa signature visuelle. Ainsi alors qu’il comptait lâcher prise en s’intéressant à ses enfants et petits enfants, en retrouvant la naïveté de l’enfance avec ses fleurs imaginaires, il crée une entreprise qui lui permet d’exister en tant que créateur ! 

Conférences, visites, ateliers autour de l’exposition

Vendredi 24 avril, 15h : ‘Les fleurs de Gustave Fayet’ par Magali Rougeot, docteur en histoire de l’art contemporain, spécialiste de Gustave Fayet.

Vendredi 29 mai, 15h : ‘Couleurs vivantes, un peintre au jardin’ par Stéphanie de Courtois, maîtresse’de conférences, ENSA Versailles / Laboratoire LEAV.

Vendredi 26 juin, 15h : ‘Gustave Fayet et le décor floral’ par Jérémie Cerman, professeur d’histoire de l’art contemporain, Université d’Artois.

Vendredi 24 juillet, 15h : titre à venir

Entrée du monument sur réservation www.abbayesaintandre.fr
Visites guidées de l’exposition avec la guide conférencière Sylvie Toussaint. Tarif visite guidée : 16€ par personne (accès aux jardins inclus) ; 12€ porteurs Pass Abbaye. Durée : 2 heures
Samedi 28 mars 15h. Samedi 25 avril 15h. Samedi 30 mai 15h. Samedi 20 juin 15h. Samedi 25 juillet. 15h.

Ateliers au jardin

Ateliers du ‘Savoir jardiner’ avec Romain Lestruhaut, jardinier compagnon du devoir de l’abbaye qui donnera des conseils et astuces sur les taches essentielles à accomplir au printemps comme la taille, les plantations en cohérence avec de nouvelles alternatives de gestion écologique, semis de prairie fleurie.

Samedi 30 mai 10h-12h : Que faire dans les jardins au printemps ?
Tarifs : 20€ l’atelier de 2 heures | 15€ Pass Abbaye.
Réservation : www.abbayesaintandre.fr
Accueil café inclus.

Rendez-vous aux jardins

Conférence balade ‘De la fleur botanique à l’art’ à 15h avec Véronique Mure, botaniste et ingénieur en agronomie tropicale. Dans le cadre de l’exposition,  Véronique Mure détaillera la représentation des fleurs rêvées et fantasmées de Gustave Fayet suivi d’une balade botanique dans les jardins.
Dimanche 7 juin à 15h.

Visite guidée des jardins et animations sur le thème de la vue, l ’occasion de découvrir, encore, la richesse de notre patrimoine naturel et culturel à travers un prisme sensoriel avec le jardinier Romain Lestruhaut.
Samedi à 11h, 14h30 et 16h. Samedi 6 juin à 11h, 14h30 et 16h. 

Renseignements et réservations : www.abbayesaintandre.fr / 04 90 25 55 95
Tarif d’entrée réduit Rendez-vous aux jardins 8€ ; gratuit pour les porteurs du Pass Annuel, les moins de 18ans, les demandeurs d’emploi, les personnes en situation de handicap.

Jusqu’au 2 août 2026. Ouvert les jours fériés sauf le 1er Mai. Du mardi au dimanche. 10h à 18h.
Visite des Jardins + exposition temporaire (comprenant les 2ha de jardins et circuit historique). 8 et 9,50€. Abbaye Saint-André. Fort Saint-André. 58 rue montée du fort. Villeneuve-lès-Avignon. 04 90 25 55 95 / info@abbayesaintandre.fr


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Depuis ce lundi 20 avril, le public peut découvrir une nouvelle exposition au Château de Lourmarin qui retrace les 100 années d’existence de la Fondation Laurent-Vibert, gestionnaire du monument.

La Fondation Laurent-Vibert, créée il y a 100 ans, suite au décès du propriétaire de Château de Lourmarin, pour s’occuper de l’entretien et de la gestion du château et de ses collections. Pour célébrer ce centenaire, une programmation spéciale avec des expositions, concerts, conférences, et projections attend le public toute l’année.

Depuis ce lundi 20 avril, c’est une nouvelle exposition qui a pris place au sein du Monument historique : ‘Un siècle d’art au Château de Lourmarin’. L’exposition rassemble les œuvres de 30 artistes – graveurs, peintres, sculpteurs, plasticiens et photographes – ayant séjourné en résidence au château ces 100 dernières années. L’exposition met en lumière la diversité des courants artistiques du XXᵉ et du début du XXIᵉ siècle.

Informations pratiques

L’exposition, visible tous les jours pendant la visite du monument, est en place jusqu’au 31 mars 2027.

Le Château de Lourmarin est ouvert tous les jours de 10h30 à 17h45 en avril et octobre, de 10h30 à 18h45 de mai à septembre, et de 10h30 à 12h45 et de 14h30 à 17h15 de novembre à mars. Le tarif d’entrée est entre 3,50€ et 8€ et est gratuit pour les -6ans.

Château de Lourmarin. 2 Avenue Laurent Vibert. Lourmarin.


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Tous les ans, depuis 1995, la Maison des Arts Contemporains d’Avignon (MAC’A) organise une exposition pour promouvoir l’art contemporain sous toutes ses formes : peinture, sculpture, architecture, photographie…

Cette association regroupe plus de 120 adhérents actifs qui participent bénévolement à  différentes actions, alors que plus de 300 participants s’inscrivent chaque année à une ou plusieurs activités, l’exposition de printemps en étant le point d’orgue. La MAC’A permet les échanges tant au niveau de la découverte que la compréhension des créations artistiques contemporaines.

Après avoir mis en lumière les talents féminins ou des expositions thématiques, l’équipe de bénévoles de la MACA’A se tourne vers le bestiaire et expose ‘Animalia’ pour la première fois à l’Eglise des Célestins 

Fidèle à ses objectifs de diversité et de qualité, la MAC’A a su dénicher 5 artistes de talent profondément inspirés par le thème du bestiaire : le sculpteur Julien Allègre et la sculptrice Ruta Jusionyte, le graveur Didier Hamey et les peintres Daniela Montecinos et Francisco Sepulveda.

Ils partagent tous et toutes une sensibilité et un attrait symbolique avec l’animal. Par leurs approches variées, ils créent un lien avec le monde animal, au delà de leur représentation dans le formidable espace qu’offre le Cloître des Célestins. Dès l’entrée on est enveloppé d’une douce lumière et le Cloître devient refuge et espace d’interrogations et de réflexions. Les alcôves accueillent naturellement le visiteur même si un gros travail d’adaptation du lieu a du être réalisé par deux techniciens à qui la présidente  de la MAC’A a rendu hommage tant les contraintes du bâtiment étaient présentes. 

La grande communauté du vivant

Ruta Jusionyte aime mêler le vivant : humains et animaux cohabitent dans des espaces colorés rassurants pour sa peinture et dans une confrontation sensible avec ses sculptures en terre cuite. Elle puise ses références dans les contes lituaniens de son enfance. La Chilienne Daniela Montecinos nous rappelle par ses encres combien nous avons besoin les uns des autres, évoquant animal et humain dans un univers en apesanteur. Le sculpteur Julien Allègrea n’est pas venu seul : ses silhouettes animalières, stylisées, faites de cuivre ou de bronze défient les voûtes du Cloître et nous invitent à différents points de vue. Avec le Chilien Francisco Sepulveda, on aborde un monde onirique en lien avec les mythes et légendes d’Amérique du Sud. Ses grands formats colorés trouvent toute leur force sur les murs du Cloître qui nous englobent dans une bulle où les règnes humains, végétal et animal se côtoient et se confondent. Le graveur Didier Hamey affectionne le noir et blanc à la pointe sèche et le support en plexiglass. Il nous rend observateur d’une nature sauvage où surgit la figure cachée d’un humain ou animal. Ici tout est poésie et rêverie. 

Les œuvres de Ruta Jusionyte. DR

Autour de l’exposition

Visites guidées avec la médiatrice Candice Carpentier :
Samedi 18 et dimanche 19 avril. 14h30 à 16h.
Samedi 25 et dimanche 26 avril. 14h30 à 16h.

Visites commentées avec la conteuse Monique Lefebvre :
Dimanche 12 avril. 14h30 à 16h30.
Mardi 14 avril. 14h30 à 16h30.
Vendredi 17 avril.  14h30 à 16h30

Dimanche 26 avril à 16 h : Balade poétique au coeur des œuvres.

Le concert prévu le 24 avril est annulé.

Jusqu’au 26 avril. De 14h à 18h (lundis exceptés). Entrée libre. Église des Célestins, Place des Corps-Saints. Avignon.
MAC’A. 1 Rue Bourguet. Avignon. m.a.c.avignon@gmail.com     


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Ce vendredi 10 avril, la Ville de Saint-Didier inaugurera l’exposition ‘Le Vaucluse, une terre d’eau’ qui sera en place jusqu’au lundi 27 avril prochain.

Après Apt, Caumont-sur-Durance, Monteux, ou encore Vaison-la-Romaine, l’exposition itinérante ‘Le Vaucluse, une terre d’eau’, réalisée par le Département, s’installe à Saint-Didier. Ainsi, les photographies de David Tatin et Yannick Gouguenheim investiront l’Espace les Bains-Douches du 10 au 27 avril.

Le public pourra y découvrir les 2 000km de rivières qui traversent le Vaucluse, mais aussi l’histoire de ces paysages, la faune, la flore, ainsi que la fragilité des écosystèmes. Les enfants disposeront d’un quizz et d’un carnet pédagogique pour en apprendre et découvrir davantage.

Vernissage le vendredi 10 avril à 18h30. Jusqu’au lundi 27 avril. Espace les Bains-Douches. 5 Rue Tour du Pont. Saint-Didier.


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Après un mois de fermeture, la Fondation Blachère, à Bonnieux, rouvrira ses portes le jeudi 9 avril et dévoilera sa nouvelle exposition ‘Afroblue’.

Chaque année, la Fondation Blachère propose deux expositions au public, mettant en lumière l’art contemporain africain. Après ‘Sinon j’oublie’ qui a mis à l’honneur les pionniers de la photographie malienne et des grandes capitales africaines des années 1960-1970, le centre d’art situé à Bonnieux dévoile ‘Afroblue’.

Cette nouvelle exposition, qui est en cours de mise en place et qui sera visible dès le 9 avril, souligne l’usage du bleu dans l’art contemporain d’Afrique. « Exploré comme une matière vivante, entre ciel et mer, corps bleus, gestes anciens et formes contemporaines, le bleu compose un parcours poétique pour dire le monde d’aujourd’hui », explique la Fondation Blachère.

Ce sont donc les œuvres de 36 artistes venus du Nigéria, du Cameroun, du Zimbabwem du Maroc, du Burkina-Faso, et de bien d’autres pays, qui seront réunies autour de ce même thème pour l’exposition ‘Afroblue’. À l’étage de la Fondation, l’artiste sud-africaine Wim Botha aura carte blanche pour une installation inédite.

Ouverture du lundi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h, et jusqu’à 19h en juillet et août.
Du jeudi 9 avril au samedi 19 septembre. Fondation Blachère. 121 Chemin de coucourdon. Bonnieux.

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