10 février 2026 |

Ecrit par le 10 février 2026

Une nouvelle directrice déléguée pour le Festival d’Avignon

Clémentine Aubry sera la prochaine directrice déléguée du Festival d’Avignon. Elle vient d’être désignée par la direction et le conseil d’administration du ‘In’ afin d’épauler Tiago Rodrigues, directeur du festival dont la mission a été reconduite pour 4 ans en septembre dernier. Clémentine Aubry prendra ses fonctions dans le courant du printemps 2026.

20 ans d’expérience
« Forte de plus de vingt années d’expérience dans la direction et l’administration de structures culturelles, Clémentine Aubry a accompagné et développé les projets d’institutions pluridisciplinaires de premier plan, animées par la même idée du service public de la culture, ayant en commun l’accompagnement des artistes et la relation aux publics et au territoire », explique le Festival de théâtre.

Des Bouffes du Nord aux Rencontre d’Arles en passant par le Louvre
Directrice adjointe et secrétaire générale du Centquatre-Paris depuis 2021, elle exerçait auparavant des fonctions de direction au Théâtre des Bouffes du Nord (administratrice), au Musée du Louvre (direction adjointe de l’auditorium et du spectacle vivant) et aux Rencontres d’Arles (direction de production et partenariats).

Titulaire d’un master d’Histoire de l’art et diplômée d’HEC, elle s’implique également dans la gouvernance d’institutions artistiques (Ecole supérieure d’art et de design – Le Havre-Rouen, Théâtre de la Cité Internationale).


Une nouvelle directrice déléguée pour le Festival d’Avignon

Du 4 au 25 juillet 2026, la 80e édition du Festival d’Avignon se déploiera en parfaite synchronie avec le Off qui fêtera également ses 60 ans. Une convergence désormais assumée, pour un rendez-vous culturel majeur dont l’impact économique se chiffre à plusieurs centaines de millions d’euros à l’échelle du territoire.

Les dates de la prochaine édition confirment un choix stratégique : pour la deuxième année consécutive, le In et le Off se tiendront exactement au même moment, du 4 au 25 juillet 2026. Une décision qui renforce la lisibilité de l’événement et consolide l’attractivité estivale d’Avignon, devenue chaque mois de juillet la capitale européenne du spectacle vivant.

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Une édition anniversaire tournée vers demain
Placée sous la direction de Tiago Rodrigues, cette 80e édition se veut résolument prospective. « C’est à l’avenir que seront adressées les questions que porteront les artistes invités, en lien avec l’utopie de Jean Vilar », a-t-il souligné. Une filiation revendiquée, qui inscrit l’événement dans la continuité d’un projet artistique exigeant, tout en l’ouvrant aux défis des décennies à venir. La programmation sera dévoilée début avril à La FabricA, lieu emblématique de la création contemporaine.

Un poids économique considérable
Au-delà de l’enjeu culturel, le Festival d’Avignon constitue un moteur économique majeur. Le budget du Festival In avoisine chaque année les 16 à 17M€, tandis que le Festival Off génère à lui seul des retombées économiques estimées entre 120 et 150M€ pour le territoire. Hébergement, restauration, commerces, transports, emplois saisonniers : pendant trois semaines, l’économie locale fonctionne à plein régime, portée par plusieurs centaines de milliers de visiteurs et des milliers d’artistes et de professionnels.

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In et Off : une dynamique commune
En 2026, le Off célèbrera sa 60e édition, accompagné par l’association AF&C avec son directeur délégué Harold David, confirmant sa place singulière dans l’écosystème avignonnais. Plus de 1 000 spectacles, des centaines de lieux, une effervescence permanente : le Off agit comme un laboratoire artistique autant qu’un accélérateur économique. Son alignement calendaire avec le In facilite les parcours des publics, fluidifie les séjours et renforce l’attractivité globale de la destination. Cette singularité rare, est d’ailleurs souvent citée comme modèle dans les études culturelles européennes.

Deux festivals, deux esprits, pour appréhender la conscience de l’homme
À l’heure où le Festival d’Avignon s’apprête à franchir le cap symbolique de ses 80 ans, l’édition 2026 s’annonce comme un moment charnière : fidèle à l’héritage de Jean Vilar, mais résolument tournée vers l’avenir, elle confirme aussi le rôle central du spectacle vivant dans l’économie et l’identité du territoire. De son côté le Festival Off, mue par le turbulent André Benedetto, rappelle que ce sont les esprits ‘à la marge’ qui bousculent et font progresser la société.
Mireille Hurlin

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Une nouvelle directrice déléguée pour le Festival d’Avignon

Il fallait bien 2 monstres sacrés de la scène, Denis Lavant et Jacques Bonnafé pour interpréter un autre sommet de la littérature : ‘En attendant Godot’ de Samuel Beckett.

Rarement joué dans le Off vu sa longueur (plus de 2h), le théâtre des Halles reçoit de nouveau une création de Jacques Osinski — celui-ci ayant déjà mis en scène en juillet 2022,  fin de partie de Samuel Beckett. Il s’attaque en création « mondiale » à la plus connue des pièces de Beckett en choisissant d’adapter la version de San Quentin, version à laquelle Beckett participa et qu’il valida en 1984 pour une mise en scène de Walter Asmus.

Un décor épuré pour une histoire apparemment simple

Deux clochards, deux vagabonds au pied d’un arbre. Ils attendent,Godot. Qui est Godot ? Pourquoi l’attendre ? On ne le saura jamais….et eux non plus. Cette attente paraît vaine mais elle nous permet toutes les métaphores : attente d’un Sauveur, espoir d’une autre vie, voyage imaginaire, échappée onirique? Le tableau de Caspar David Friedrich, ‘Deux hommes contemplant la lune’, avait été la source d’inspiration de Godot. Le metteur en scène Jacques Osinski reprend sur le plateau les principaux éléments : un arbre noueux, un rocher,  une lune marqueur de temps, deux vagabonds, une route en fond de scène traversée par de drôles de personnages. Absurde et dérision, dialogues ciselés, interprétation magistrale feront le reste.

Un concentré d’humanité

Denis Lavant est Estragon. Jacques Bonnaffé est Vladimir. Aurélien Recoing est Pozzo et Jean-François Lapalus est Lucky. Et tous les quatre sont formidables. Comme dans l’histoire de Godot, on ne peut déceler qui a le plus besoin de l’Autre, qui prend le plus soin de l’Autre. A la fin du spectacle, on ne peut imaginer Denis Lavant et Jacques Bonnaffé regagnant chacun leur hôtel. Ils sont tellement incroyables pendant plus de 2h dans leur jeu, leurs regards complices, leur agacement respectif, leur tendresse ! Entre Gogo et Didi , c’est à la vie, à la mort. Même si on ne sait toujours pas pour quoi.

Du 25 mars au 3 mai 2026 au Théâtre de l’Atelier à Paris, puis en tournée dans toute la France.


Une nouvelle directrice déléguée pour le Festival d’Avignon

Si l’édition 2025 du festival Off collectionne les records : nombre de spectacles, de créations originales, de compagnies représentées, de billets vendus, l’euphorie n’est pas de mise pour tout le monde et en particulier pour les petites compagnies, qui ont de plus en plus de mal à boucler leur budget pour venir à Avignon. 

Entre les salaires, la location d’un créneau dans une salle, les hébergements, les transports, les tracts, les affiches… Il faut à une compagnie de 4 personnes débourser au minimum 30 000 € pour venir jouer à Avignon. Selon les mêmes sources syndicales, les recettes de billets s’élèvent en moyenne à 12 000 €. A cela on peut ajouter l’apport de 3 000 € du FONPEPS (Dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique de spectacles vivants diffusés dans des salles de petites jauges), il reste à trouver 15 000 €.

« Il ne faut pas confondre le succès du Off et celui des compagnies qui font le Off »

Beaucoup de compagnies ne se rémunèrent pas et font appel au bénévolat. Tous estiment qu’il est essentiel, pour ne pas dire vital, d’être présent sur le plus important marché du théâtre privé francophone. 1 700 programmateurs ont fait le déplacement à Avignon, cette année. C’est une opportunité d’être remarqué, d’être programmé et de voir son spectacle tourner. Mais il y a beaucoup de candidats et assez peu d’élus. « Il ne faut pas confondre le succès du Off et celui des compagnies qui font le Off », affirment de concert Harold David et Laurent Domingos, les deux coprésidents d’Avignon Festival et Compagnie. En effet, il est constaté que l’abondance de spectacles (1 724 en 2025) a plutôt tendance à laisser de côté l’émergence et à profiter aux plus gros, aux plus connus… L’essentiel des regards sont naturellement portés sur les programmations de la dizaine des salles les plus importantes en taille ou en notoriété.  

Mais sans le soutien de la puissance publique et en particulier des collectivités, le spectacle vivant n’aurait pas la place qu’il occupe aujourd’hui

Avignon est un investissement peu rentable pour beaucoup de compagnies qui voient cependant dans ce festival une opportunité unique de se faire connaître. C’est tout le paradoxe de la situation.  

Mais sans le soutien de la puissance publique et en particulier des collectivités le spectacle vivant n’aurait pas la place qu’il occupe aujourd’hui. De nombreuses régions apportent leur soutien à des compagnies. Elles les accompagnent dans leur venue à Avignon (sauf les Pays de Loire). Mais c’est aussi toutes ces salles gérées ou financées par les collectivités qui accueillent des spectacles. Elles sont essentielles à la vie culturelle. Certaines d’entre elles sont même des lieux de création ou de résidence. Mais aujourd’hui, avec les restrictions budgétaires attendues il y a fort à parier qu’il sera bien difficile de conserver les niveaux de financement actuels. Un autre combat à mener… 


Une nouvelle directrice déléguée pour le Festival d’Avignon

Après ‘Que ma joie demeure’ au Festival 2023, Clara Hédoin récidive avec une nouvelle de Jean Giono, ‘Prélude de Pan’ en déambulation. 

Bien que présenté après ‘Que ma joie demeure’ au Festival d’Avignon (2023), cette courte nouvelle se veut une introduction avec 3 personnages que nous retrouvons dans ‘Que ma joie demeure’, le dieu Pan préfigurant Boby le sauveur… Entre scènes reconstituées et cheminement en paysage naturel, poésie et documentaire, le passé et le présent s’emmêlent habilement. À la poésie de Giono, répond la réalité du monde paysan d’aujourd’hui et les enjeux écologiques de demain. 

2 heures, 5 tableaux sur 2 kilomètres environ pour 3 acteurs 

On retrouve la joie paradoxale d’être un troupeau, cheminant sereinement, accompagné par le chant des cigales et le mistral ! Nous sommes dans la Plaine de l’Abbaye à Villeneuve-lès-Avignon, nature préservée au cœur de la cité, à un jet de pierres d’Avignon sous le Fort Saint André. Attablés au bistrot du village près d’un juke box, nous attendons d’être embarqués dans cette aventure humaine pour un voyage dans le temps et dans l’espace. 

Paradoxalement — et c’est souvent le propre d’un texte court ou d’une nouvelle — ‘Prélude de Pan’ est plus exigeant, moins facile d’accès que ‘Que ma joie demeure’ car il ne s’agit pas là de suivre un personnage ou le quotidien d’une communauté avec ses fêtes et ses rites mais d’exercer un focus sur la transe qui s’empare d’un village à l’arrivée d’un étranger. Ce prélude de Pan relève plus d’un récit fantastique avec ses mythes et ses violences.

Repenser notre rapport au vivant

Être dans la nature pour écouter la voix de Giono s’impose : sa poésie, ses descriptions si souvent imaginées, les sens qui s’éveillent à sa lecture. Mais si Clara Hédoin choisit avec le Collectif 49701 d’adapter et de mettre en scène des spectacles hors les murs, elle cherche à atteindre une autre dimension : repenser avec les spectateurs notre rapport à la Terre, au Vivant , se reconnecter à un territoire après l’avoir (re)découvert lors d’une déambulation théâtrale. Ce parti pris fait mouche encore une fois car la reconnexion n’est pas factice : tous nos sens sont mobilisés — l’herbe que nous foulons, l’air que nous humons, les sons lointains — et nous creusons nous aussi les sillons d’une pensée nouvelle.

Festival d’Avignon 2025. ‘Prélude de Pan’ de Clara Hédoin. 


Une nouvelle directrice déléguée pour le Festival d’Avignon

Ce mardi 22 juillet, la chaîne Arte diffuse ‘Les Incrédules’ la nouvelle création de Samuel Achache. Un spectacle retransmis depuis la scène de l’Opéra Grand Avignon.

Censée être morte le matin même à la piscine d’une ‘rupture du cœur’, une mère étrangement rajeunie rend visite à sa fille. Dans un autre temps, un prêtre de village croit voir un mur de son église verser des pleurs dessinant un visage. Miracles ? Question de point de vue, et même de point d’ouïe.
Après ‘Sans tambour’, qui a marqué l’édition 2022, Samuel Achache et sa compagnie, accompagnés d’un orchestre de cinquante-deux musiciens, sautent le grand pas de l’opéra au Festival d’Avignon avec leur cocktail poétique et millimétré de burlesque et de drame, de quotidien et de surréalisme, et leur art unique de joindre la musique à la parole.

Les Incrédules. Sur Arte. Mardi 22 juillet. 22h30 (en léger différé depuis l’Opéra Grand Avignon). A voir également sur arte.tv pendant 2 ans.
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Du vent et des sons de mémoires en pays arabes
La Collection Lambert vous invite dans son salon d’écoute pour des pauses sonores, musicales et poétiques avec Arte. Un salon d’écoute avec pas moins de 12 podcasts en lien avec la langue arabe, mise à l’honneur pour cette 79e édition du Festival d’Avignon.
‘Des voix sous le vent-Du vent et des sons de mémoires en pays arabes.’ Tous les jours, jusqu’au 26 juillet de 14h à 18h à la Collection Lambert à Avignon. Entrée libre
Crédit : Arte/DR


Une nouvelle directrice déléguée pour le Festival d’Avignon

Jusqu’à la fin et même encore le suspense est total : qui sont donc ces 6 personnages qui font leur entrée successive pour le moins originale dans un drôle de chalet ? Viennent ils s’y réfugier ? S’y réunir pour un G6 ? Prendre des décisions ? Lesquelles ? Dans quelle langue ? 

À toutes ces questions les pistes de réponses de Christoph Marthaler sont réjouissantes et sa mise en scène formidable

Il peut s’agir d’un chalet ou d’un refuge alpin : le pic rocheux qui le transperce, les tenues farfelues de montagnards, l’agencement collectif du lieu — lits superposés en bois, tables et bancs de cantine — le décor en bois et même trousse de secours l’attestent. Ensuite, les situations plus qu’improbables s’enchaînent et nous savons que nous n’aurons aucune réponse et que ce n’est pas le but. Nous nous laissons porter par une partition de comédie humaine mêlant avec bonheur les ingrédients qu’affectionne Christoph Marthaler : mime, opéra, lyrisme, musique et bruitage. 

Des personnages « perchés » qui n’ont pas peur du vide

Aux besoins essentiels, manger, dormir, se soigner, s’organiser, se greffent des moments de détente, de fête mais qui ne cachent pas pour autant la vacuité de leur existence. Les acteurs sont formidables et passent aisément dans les différents registres, on sent une construction collective de ce spectacle qui atteint l’absurdité du Génie des Alpages, l’ivresse des sommets et nous donne le vertige. 

Une métaphore géniale et inquiétante d’une Europe qui se cherche

Ici point de traducteur, point de convergence. Chacun sa langue — italien, allemand, français, anglais — quand ce ne sont pas des chants ou des séquences de beatboxing (sons avec sa bouche) hilarantes. Les personnages ne s’écoutent pas, se frôlent, s’évitent, s’ennuient ensemble (superbe séquence au sauna) ou au contraire sont débordés quand il s’agit d’étudier des dossiers. Ils se laissent porter par les événements qui leur arrivent de l’extérieur par un monte charge ou une trappe aérienne. Leur peu d’initiatives fait frémir.

‘Le Sommet’ au Festival d’Avignon 2025. En tournée dès octobre en France.


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On peut se bercer d’illusions, les garder, les perdre

On pourrait dire que cette pièce d’Ivan Viripaev, mise en scène par Lior Aidan du collectif On finira bien par comprendre, explore toutes les facettes des illusions, mot pudique pour ne pas nommer les mots mensonges ou trahison. À l’orée de leur mort, deux couples mariés nous font leurs confidences. Une définition chorale de l’amour nous est proposée et elle n’est pas toujours bonne à entendre. 

La grande comédie des sentiments

Tour à tour les quatre comédiens-narrateurs nous livrent la version de la vie de  Dennis, Sandra, Albert et Margaret. Rebondissements, surprise et même  suspense vont rythmer leurs interventions. On tombe de haut face à des pseudo contes de fée raconté par l’intéressé. 

Il faut suivre….et on les suit volontiers

Ils nous racontent une histoire qui au fil du spectacle trouve des connexions, se mélange, se superpose, s’éclaire du récit précédent. Cela devient complexe comme le sentiment amoureux, clair et fulgurant comme l’attirance, douloureux comme la perte de ses illusions, inconfortable comme le doute et le mensonge. Cet enchâssement est un véritable vertige qui nous embarque dans des essais de définition du véritable amour : doit il être réciproque ? Vérités ou mensonges ? et au bout du compte est ce si important ? 

Les quatre comédiens sont formidables. Ils apparaissent tout à tour sur le ring de la vie avec convictions et ardeur. Servis par des mots simples mais percutants,  ils s’adressent  directement au public. C’est assez troublant car ils ont l’assurance du comédien qui vacille en même temps que leur personnage. Ils témoignent et en même temps ils doutent, ils enquêtent et ils nous embarquent dans nos propres interrogations concernant la vie amoureuse.

Envie d’en savoir plus sur cet auteur contemporain polonais

Ivan Viripaev est un acteur, dramaturge, réalisateur, scénariste et metteur en scène polonais né le 3 août 1974 à Irkoutsk (URSS). Il a récemment dénoncé l’invasion de l’Ukraine par la Russie. En 2022, il renonce à la nationalité russe et devient polonais. Il a écrit près de vingt pièces traduites et montées en plusieurs langues. Son œuvre, au théâtre comme au cinéma, a été couronnée de nombreux prix internationaux – Les enivrés, Les Guêpes de l’été nous piquent encore en novembre – à l’écoute des Biélorusses réprimés et emprisonnés par leur président mal élu, Loukachenko.

Jusqu’au 24 juillet 2025. Les jours pairs. 13h05. 14 et 20€. Train Bleu. 40 rue Paul Saïn, Avignon.


Une nouvelle directrice déléguée pour le Festival d’Avignon

Une jeune compagnie inspirée et engagée

Fondée par Sébastien Bizeau en 2022, la compagnie Hors du temps, avec deux spectacles à son actif, a connu un succès immédiat, amplifié par le phénomène Off il est vrai, mais surtout par son travail mêlant fiction et réalité en traitant des sujets de société avec humour non sans poser des questions essentielles. Il faut ajouter un metteur en scène Sébastien Bizeau qui sait mettre en place des situations contemporaine intelligibles par tous tout en  les reliant à des références classiques, le tout dans un langage alerte. Dans Heureux les orphelins on chemine dans l’Odyssée d’Homère avec la mort d’Agamemnon, dans ‘Pourquoi les gens qui sèment’, c’est Antigone ou Bérénice. Dans les deux cas, la compagnie nous donne à voir une fable contemporaine réjouissante, drôle et enlevée par des acteurs fidèles présents dans les deux spectacles, tels Paul Martin et Mattieu Le Goaster, épatants.

Création Off 2025, ‘Pourquoi les gens qui sèment’

Ce qui pourrait s’apparenter à du théâtre documentaire tant le ton est juste et les situations réelles — combat contre les bassines, inauguration salle des fêtes, émission radio, posture des hommes politiques — est un spectacle qui laisse la place à la conscience du spectateur. Sans être purement interactif, on a envie d’entrer dans l’arène, dans le débat, de prendre parti. Nous restons assis mais le rire l’emporte, on jubile devant tant de situations quotidiennes cocasses. Sous le rire, la conscience s’éveille cependant et les questions de citoyens affleurent. Nous ressortons du spectacle galvanisés mais conscients de la complexité de l’engagement citoyen face à notre choix de vie.

Heureux les orphelins’.  Relâche le 23. 9h55. 9H55. 12 à 24€. Les Gémeaux. 10 Rue du Vieux Sextier. 04 88 60 72 20.
‘Pourquoi les gens qui sèment’. Relâche le 22. 12h40. 12 à 23€. Salle Tomasi. 4 rue Bertrand. 09 74 74 64 90.

https://www.echodumardi.com/tag/festival-davignon/   1/1