7 novembre 2026 |

Ecrit par le 7 novembre 2026

De 1968 à 2026, ‘Vie et amour(s) d’un boomer’ au Théâtre Les Étoiles

Le Festival d’Avignon touche à sa fin, il reste encore trois jours pour découvrir les spectacles du Off. Au Théâtre Les Étoiles, le spectacle ‘Vie et amour(s) d’un boomer’ propose de (re)découvrir trois époques : 1968, 1991 et 2026.

Écrit par Eric Patrux et mis en scène par Grégoire Aubert, la pièce ‘Vie et amour(s) d’un boomer’ suit trois personnages à trois époques différentes, dans les années 60, les années 90 et de nos jours. Le spectacle propose un regard critique et amusé sur la génération des boomers, à savoir ceux qui sont nés entre 1946 et 1964.

Le public suit les personnages de Laurence, Martine et Gabriel, joués par Manuelle Molinas, Elsa Stirnemann et Stéphane Roux, qui ont 18 ans en 1968 et qui sont pleins de rêves face à un ‘ancien régime’ qui craque sous le poids des événements de mai. Que sont-ils devenus en 1992, chahutés par les bouleversements de la fin du siècle. Et en 2026 ?

Jusqu’au samedi 25 juillet. 18h15. Théâtre Les Étoiles. 54 Rue Guillaume Puy. Avignon.


‘Evangile de la nature’ par Stanislas Nordey au Théâtre des Halles

Nous entrons dans un univers épuré et noir. Au sol un cercle, un disque en rotation, où va évoluer Stanislas Nordey qui incarne Lucrèce. 

Le metteur en scène Christophe Perton a choisi de mettre en scène une traduction inédite de De rerum natura du philosophe et poète Lucrèce, né et mort vers 97 – 55 avant J.-C. Ce grand poème antique  exalte la nature et le cosmos sans dieux ni maîtres. Il est d’une modernité folle : déjà il invitait l’humanité à refuser la peur, les dogmes et prônait l’importance de la connaissance et l’amour de la vie. Christophe Perton a envisagé ce spectacle  comme « un festin de poésie », une grande fête de l’atome à l’origine de la création de l’univers. Ce merveilleux texte  est au centre de ce spectacle mais il l’a sublimé par une mise en scène,  une mise en lumière et en sons qui nous immergent au-delà du propos dans une bulle sensorielle où notre corps devient un réceptacle en apesanteur de tant de poésie et de lyrisme.

Pour cela il s’est entouré de la traduction de l’écrivaine Marie Ndiaye, et a choisi l’acteur et metteur en scène Stanislas Nordey pour incarner ce texte millénaire. Il fallait en effet le regard pétillant et captivant de cet acteur pour accepter de s’émerveiller sans cesse avec lui des bienfaits de Dame Nature, sa diction impeccable même quand les mots et les vers se bousculent pour nous inviter à le suivre dans ce cosmos qui nous donne le vertige. 

Une belle réussite qu’un spectacle qui par une approche sensible nous éveille sans nous malmener, nous remet à notre place d’humain tout en nous connectant les uns aux autres. Ce fut une belle célébration !

Jusqu’au 25 juillet. Relâche le 22. 16h40. 15 et 23€. Théâtre des Halles. Rue du Roi René. 04 32 76 24 51.


Fascinant ‘Terces’ de Johann Le Guillerm à Villeneuve en scène

Nous avions découvert ‘Secret’ de Johann Le Guillerm au Festival d’Avignon 2004. 22 ans après, la fascination reste intacte pour cet artiste circassien qui n’en finit pas de nous transporter dans tout un monde de possibles où les machines sont autonomes, les lois physiques domptées, les performances répétées, les sculptures extravagantes, les architectures bluffantes, les points de vues renversés. Le spectacle se nomme ‘Terces’ car c’est l’anagramme de « Secret » et signifie aussi « labourer pour la troisième fois. » Johann Le Guillerm n’a eu de cesse en effet de faire évoluer son spectacle d’origine et on retrouvera d’ailleurs deux ou trois performances signature : un cheval d’arçon encyclopédique, un mikado géant, ou du jardinage sans effort où le remplissage des pots entraîne la brouette. On le voit, difficile de décrire un visuel à la fois technique et poétique. Difficile également de qualifier l’artiste : magicien, gladiateur, architecte, circassien, mystique, touche-à tout, savant fou, dompteur d’objets…

L’homme inquiète et dans sa posture et dans son regard concentré et perçant , dans ses tics d’agacement et pourtant il fascine même quand il dresse un simple avion en papier. Cette introduction place le personnage : du papier et du souffle suffisent, la décroissance est en marche. Si « l’architexte » complexifie ensuite ses performances elles sont toujours minimalistes : nul besoin  de clous, cordes, marteau pour s’inventer un simple monde où il ferait bon vivre loin de toute intelligence artificielle. Johann Le Guillerm a lui l’intelligence du cœur et met l’utopie et le rêve au centre de sa machinerie poétique. 

Exposition Architextures
Jusqu’au 25 juillet. Fort Saint-André. Villeneuve les Avignon. 

Terces. Dans le cadre du Festival d’Avignon. Les vendredi 17, dimanche 19 et lundi 20 juillet. 22h. Plaine de l’Abbaye. Villeneuve-lès-Avignon.


Du jamais vu à Châto’Off les Murs : Mathieu Madénian à guichets fermés

La petite école du village de Châteauneuf-du-Pape a fait le plein ce mercredi soir pour ‘À pleurer de rire’, le one-man show de l’humoriste catalan. Toutes les places (500) ce sont arrachées ! Pour cette 11e édition de scène décentralisée du Festival Off d’Avignon, en partenariat avec la mairie, les Jeunes Agriculteurs et la Distillerie A. Blachère, la soirée n’a fait que des heureux.

Entre vins de Châteauneuf soigneusement sélectionnés et dégustés à l’aveugle, côtes de boeuf passées par un impressionnant brasero, planchas de charcuteries, de fromages ou végétariennes, bar à sirops et desserts, rien ne manquait. Sont prévus jusqu’à samedi, hot-dogs / frites, effilochées de porc ou crêpes salées et sucrées et hamburgers. Et côté programmation : ‘Les faramineuses expériences de Mordicus’ jeudi, ‘Génération Mashup’ de  Philippe Roche vendredi et ‘Ben-Hur contre-attaque l’Empire Romain’ pour la clôture le 18. 

‘Le Bel Eté’ se poursuit. Après les Causeries autour de Franck Ferrand en mai, le Festival de la BD en Bulles en juin supervisé par le passionné Raphaël Vannelle, place au seul en scène de près de 2 heures de Mathieu Madénian. Lui qui a accumulé bac scientifique avec mention TB, diplômes de sciences puis de psychiatrie criminelle, qui a débuté en portant la robe d’avocat avant de changer de costume. Il s’est lancé dans la comédie, à la TV dans des séries, des sketches, puis sur scène où il échange constamment avec le public qui l’a vu évoluer, grandir, se densifier sans toutefois perdre de son humanité, de son humour, de sa générosité, de son auto-dérision ou de sa bienveillance. 

Évidemment, il égratigne aussi les Bruel, Epstein, Depardieu, Abbé Pierre, Macron, chasseurs et rugbymen qui ne compteraient aucun homo dans leurs rangs. Il évoque ses origines et le génocide arménien auquel n’est consacré qu’un seul jour du souvenir dans l’année, le 24 avril, malgré un million et demi de morts et de déportés en 1915 sous l’Empire Ottoman. Un fait historique que la Turquie d’Erdogan n’a toujours pas reconnu…

Mathieu Madénian, qui aura 50 ans jeudi 23 juillet et qui est devenu père il y a peu, découvre chaque jour les joies de la paternité, de l’éducation positive. Un spectacle de la maturité, ‘À pleurer de rire’. Si vous l’avez raté à Châteauneuf-du-Pape, il est à l’affiche au Théâtre Le Paris à Avignon jusqu’au 21 juillet.

Prochain temps fort, La Véraison entre le 31 juillet et le 2 août qui fêtera ses 41 ans et émerveillera petits et grands grâce à sa plongée dans le Moyen-Age!

Contact : info@mairie.chateauneuf.com

Le maire Claude Avril avec les membres du Club de la Presse Grand Avignon-Vaucluse. ©Bernard Gilhodes

Blond and Blond and Blond – Domaj, un spectacle musical drôle et impertinent à l’Arrache-coeur

Qui y a t il de commun entre la Suède et la chanson française ? Trois fois rien…Trois fois Blond !

Après ‘Homajen’ en 2012, ‘Mariaj’ en 2019, ce trio de choc — Glär, Mar et To — nous revient avec ‘Domaj’, leur tout nouveau spectacle d humour musical. Ils n’ont rien de suédois si ce n’est leur nom de scène à l’alphabet suédois, des o barrés et des ° sur les a ! Leur look viking ou folklorique est bien loin de la mode vestimentaire simple et élégante de la Suède contemporaine. Mais  comme l’apocalypse nous est annoncée, tout est permis ! Les vikings annoncent la fin du monde,  l’intelligence artificielle( IA) commence le compte à rebours , l’espace du théâtre devient inquiétant soit… Mais on peut se lâcher en chansons et les chansons françaises sont prises pour cible avec juste ce qu’il faut de décalage, et dans l’accent et dans les mots, pour déclencher le rire. On reconnaît du Brassens , du Brel, du Cabrel, le catalogue d’un fabricant de meubles bien connu suédois s’immisce dans du Goldman ou Dassin, notre chauvinisme est gentiment chahuté, notre sur-consommation vilipendée.

Passées les premières minutes du spectacle pour s’habituer à cet improbable vrai-faux accent suédois  on se laisse emporter par les vannes, les flops, les délires, les extravagances de ce trio. Ils font rire certes mais ils n’en sont pas moins virtuoses et en chant et en pantomimes. On en redemande car notre patrimoine musical est immense mais ce sont les suédois qui auront le dernier mot. Une belle découverte !

Jusqu’au 25 juillet. Relâche le 22. 20h30. 17 à 24€. Théâtre Arrache Coeur. 13-15 Rue du 58e Régiment d’infanterie. 09 85 09 97 42.


Festival Off : les 10 coups de cœur du Club de la presse Grand Avignon-Vaucluse

Depuis 20 ans, le Club de la presse Grand Avignon-Vaucluse organise ses Coups de Cœur du Festival Off d’Avignon. Ce mercredi 15 juillet, 10 spectacles ont été sélectionnés par le jury. Trois d’entre eux seront distingués le mardi 21 juillet prochain.

Ce mercredi 15 juillet, un jury composé de journalistes, créateurs de contenus et passionnés de théâtre a délibéré et annoncé les 10 nominés de la 20e édition des Coups de Cœur du Club de la presse Grand Avignon-Vaucluse. Ces derniers doivent répondre à plusieurs critères comme être joués pour la 1re fois à Avignon, être interprétés par au moins deux comédiens (troupe professionnelle uniquement) sur scène avec une durée minimale d’une heure, ou encore être à l’affiche pendant toute la durée du Festival (4 au 25 juillet). Les spectacles de marionnettes, de mime, de musique, de cirque, de danse et les one man shows ne peuvent pas concourir au prix.

Les 10 nominés

Ainsi, 10 pièces de théâtre ont été sélectionnées :

La cérémonie de remise des Coups de Cœur se tiendra le mardi 21 juillet à 19h au Village du Off. Trois pièces seront distinguées. Le premier lauréat se verra décerner 500€.


‘Le magicien galactique’ réveille les pouvoirs des enfants au Théâtre Al Andalus

Dans le cadre du Festival Off d’Avignon, le Théâtre Al Andalus propose le spectacle familial ‘Le magicien galactique’ jusqu’au mardi 21 juillet.

Le spectacle ‘Le magicien galactique’, réalisé par Rémy Marvely, propose au jeune public de 3 à 14 ans de révéler ses pouvoirs magiques. Ce spectacle de magie ne se veut pas cliché, « c’est une véritable quête initiatique immersive et rythmée. »

‘Le magicien galactique’ suit le personnage de Sana, un jeune magicien venu d’ailleurs qui parcourt les mondes à la recherche d’enfants capables de réveiller leurs pouvoirs magiques. À ses côtés, son fidèle dragon Léonos veille et guide cette mission hors du commun.

Magie, mentalisme, humour et poésie attendront les spectateurs qui vont devenir les véritables héros de l’histoire en relevant des défis, en explorant les mystères de l’univers et découvrant la magie qui se cache en eux.

Jusqu’au 21 juillet. 11h35. Relâche les mercredis. Théâtre Al Andalus. 25 Rue Amphoux. Avignon.


‘Mon frère’, ce héros à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon

Magnifique spectacle que celui de François Grémaud programmé au Tinel de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon dans le cadre du Festival d’Avignon.

Pour sa dernière création, François Grémaud à qui nous devons la trilogie des seuls en scène Phèdre, Gisèle  ou Carmen,  a choisi une figure masculine : celle de son frère Christian, sourd de naissance.  Pourquoi lui consacrer un spectacle ? A cette interrogation, François Grémaud répond d’abord simplement «  pour lui rendre hommage car je veux réparer une injustice » Même s’il n’en est pas responsable, il a eu conscience de son combat, des humiliations subies. Donner la parole à son frère, c’était la moindre des choses pour saluer son courage mais comment le faire sans le mettre encore en position d’assisté, d’infériorité ?

Alors il lui a vraiment donné la parole : sur scène Christian nous tient en haleine – lui qui n’est pas un comédien professionnel – pendant plus d’une heure en langue des signes française( LSF). François, en retrait traduit ses signes.Quelquefois les deux langages se fondent, les regards se croisent , les corps s’étreignent et tout l’amour de ces deux là l’un pour l’autre respire et transpire. Parce que la LSF utilise aussi bien les expressions du visage, la posture  les gestes, bref le corps en action, la LSF est théâtrale et en cela Christian est à l’aise pour nous embarquer dans son histoire quelquefois drôle, quelquefois éprouvante mais toujours avec la joie de vivre, la vivacité qui le caractérise. Il a subi des méthodes indignes comme l’oralisation forcée, la lecture labiale, il a essuyé des refus d’embauche alors qu’il était surdiplômé ( sourd-doué dit il avec humour), il n’a cessé de se battre contre des dragons…. «  le problème n’est pas d’être sourd mais d’être sourd dans un monde d’entendants »

Le parcours, l’histoire

Où on apprend pendant le spectacle d’une manière tantôt ludique, tantôt pédagogique que la Langue des Signes n’a finalement été reconnue en France qu’en 2005 ( dite loi handicap), qu’elle n’est pas universelle et qu’elle n’est toujours pas reconnue en Suisse dont sont originaires les frères Grémaud.

Avec générosité et humour, Christian nous a appris quatre mots fondamentaux en langue des signes : résister, égalité, union et amour. Il aime bien également répéter qu’il suffirait quelquefois d’inverser les termes « possible mais compliqué » quand on évoque la difficulté d’inclusion.  

Par ce spectacle, François Grémaud pose un geste d’amour, de fraternité et d’égalité. Il nous offre sur un plateau une leçon de courage et un acte de résistance. D’un sujet intime et personnel au départ il réhabilite tous les exclus et nous aide à « déplier » notre regard comme il avoue l’avoir fait envers son frère. 

Séances de rattrapage
Du 18 au 27 septembre 2026 au Théâtre du Rond Point à Paris.
18 et 19 novembre au ZEF à Marseille.


‘Comment attraper une étoile’ tendre et onirique à la Cour du Spectateur

Ce spectacle est une libre adaptation du livre de jeunesse d’Oliver Jeffers : l’histoire féerique d’un petit garçon qui voudrait attraper une étoile. Il est conseillé pour des enfants entre 2 et 8 ans, car il est court (30 minutes) comme beaucoup de spectacles adaptés pour jeune public. Le thème et son traitement en font cependant un spectacle tout public. Il démarre avec un comédien sur scène qui met en confiance les enfants en s’adressant à eux, et très vite le charme opère. Ses dessins projetés prennent vie et sont relayés par du cinéma d’animation qui est lui-même prolongé par une marionnette qui sort du cadre c’est-à-dire de l’écran. Ce théâtre de marionnette très visuel est attachant. Il montre que tout est possible pour un petit enfant courageux, qu’un rêve peut toujours s’atteindre. 

Un espace dédié à la jeunesse

Dans ce bel espace de l’école Persil-Pouzaraque entièrement dédié à la jeunesse, la Ligue de l’Enseignement reçoit des spectacles de qualité de tout âge. L’espace extérieur est pensé à hauteur d’enfant : coin lecture, manège, coin jeux, petite restauration adaptée, sirop à l’eau à prix libre ! Attention le lieu ferme le 20 juillet.

Jusqu’au 20 juillet. 11h10. Relâche le 20. 6 à 10 ans. La Cour du Spectateur. Ecole Persil Pouzaraque. Place Louis Gastin. 06 28 67 09 82

https://www.echodumardi.com/tag/festival-davignon/page/2/   1/1