10 février 2026 |

Ecrit par le 10 février 2026

‘Lettres à Anne’ à la Scala Provence, récit d’une passion amoureuse

Les Français n’ont peut-être retenu que l’histoire cachée de la fille de Mitterand : Mazarine. Elle est pourtant le fruit d’une histoire d’amour entretenue pendant plus de 30 ans entre François Mitterrand et Anne Pingeot.

Il ne faut pas s’attendre à des révélations truculentes ou des scoops concernant la vie politique française de l’époque. Ces lettres, écrites entre 1962 et 1995, sont exclusivement centrées sur Anne et les émotions, l’amour ardent d’un homme déjà mûr face à une jeune femme, dans toute la complexité d’une relation amoureuse cachée.

Anne Pingeot, enfin mise en lumière

Celle-ci a choisi de publier 20 ans après sa mort, les lettres que lui a adressées François Mitterand. Par le choix de la mise en scène d’Alice Faure et le jeu extraordinaire et sensible de Cécile Roux, celle que l’on pourrait penser recluse, sous emprise se révèle une femme forte et déterminée. L’actrice est habitée, rayonnante et on vit sa transformation sur scène tout en finesse.

Elle donne la réplique à Samuel Churin qui réussit lui aussi à nous convaincre d’un amour sincère mais qui n’occulte pas la face égoïste, prétentieuse et finalement peu sympathique de homme d’Etat. Le spectacle trouve sa grâce finalement si on oublie le nom des protagonistes et si on s’attache à la poésie de cette correspondance et à la fulgurance tragique de cette histoire. 

Jusqu’au 27 juillet. Relâche le 21 juillet. 17h30. 12 à 23€. La Scala. 3 rue Pourquery de Boisserin. Avignon. 04 90 65 00 90.


‘Lettres à Anne’ à la Scala Provence, récit d’une passion amoureuse

En accueillant la Comédie-Française à la Scala Provence avec le spectacle ‘Les Serge (Gainsbourg point barre)’, Frédéric et Mélanie Biessy marquent un moment historique : un théâtre public joue dans un théâtre privé, une Maison d’État joue dans une maison privée qui lui ouvre grand ses portes.

C’est en ces mots que le directeur de la Scala a accueilli la presse, Françoise Nuyssen, présidente du Festival d’Avignon, Harold David, président du Off, et surtout les six pensionnaires du Français que nous retrouverons dans ‘Les Serge’ du 14 au 26 juillet à la Scala Provence dans la salle 600 : Stéphane Varupenne, Benjamin Lavernhe, Sébastien Pouderoux, Noam Morgensztern, Yoann Gasiorowski, Marie Oppert, Axel Auriant, et Rebecca Marder.

Bâtir des ponts putôt que de construire des murs

« Les dates communes du In et du Off sont déjà une première dans l’histoire du Festival, et s’il y a encore deux festivals, ils regardent tous dans la même direction, côte à côte et non plus face à face », poursuit Mélanie Biessy. La Maison Scala ne se contente pas d’accueillir un spectacle Gainsbourg, elle invente une convergence entre Vilar et Gainsbourg. En droite ligne du projet que la Scala poursuit depuis son ouverture en 2022 : relier des mondes, abolir les frontières, permettre la circulation des esthétiques. 

La Comédie Française dans la Cour d’Honneur avec le Soulier de Satin et à la Scala Provence avec ‘Les Serge’

Fondée en 1681, la troupe de la Comédie-Française est la plus ancienne en activité au monde. Sa devise, Simul et Singulis, « être ensemble et être soi-même », dit beaucoup de son fonctionnement : un lieu de créativité, en perpétuel renouvellement, mémoire des Arts du dire mais également ouverte à d’autres esthétiques. Plus de trente spectacles sont présentés chaque saison dans ses trois salles parisiennes et beaucoup sont en tournées, C’est le cas du spectacle ‘Les Serge’ qui termine sa tournée — entamée en mars — au Festival d’Avignon. 

6 comédiens-musiciens, 17 chansons, 1h20 de spectacle

Les metteurs en scènes et interprètes Stéphane Varupenne et Sébastien Pouderoux ont privilégié le Gainsbourg amoureux et sensuel pour choisir dans lson très large répertoire. « Nous avons choisi la forme concert et non pas cabaret, forme dans laquelle Gainsbourg était moins à l’aise » Il y aura des chansons et des extraits d’interviews.

Chacun cherche son Serge

À travers l’interprétation de ces 17 chansons :
Le Poinçonneur des Lilas, 1958
Black Trombone, 1962
L’Eau à la bouche, 1960
Elaeudanla Téïtéïa, 1963
Variations sur Marilou, 1976
Love on the Beat, 1984
La Noyée, 1973
Les Sucettes, 1966
Je suis venu te dire que je m’en vais, 1973
Vu de l’extérieur, 1973
Comme un boomerang, 1975
La Chanson de Prévert, 1961
La Javanaise, 1963
Mon légionnaire, 1987
Ces petits riens, 1964
Initials B.B., 1968
Valse de Melody, 1971

Jusqu’au 26 juillet. 21h30. Relâche les lundi. 35 à 40€. La Scala. 3 rue Pourquery de Boisserin. Avignon. 04 90 65 00 90.


‘Lettres à Anne’ à la Scala Provence, récit d’une passion amoureuse

Disons le d’emblée, l’accueil n’a pas été unanime, mais on ne va pas bouder son plaisir d’être aux Carrières de Boulbon, avec des températures enfin supportables et d’écouter plus de vingt chansons de Jacques Brel. On aime à priori Anne Teresa De Keersmaeker, habituée du Festival d’Avignon, accueillie triomphalement en 2023 avec son Exit Above et déjà avec le danseur Soal Mariotte que l’on retrouve ce soir. Savoir si on aime Brel ne se pose pas pour les spectateurs présents.

Peut on danser sur les chansons de Brel ?

L’infirmière qui soignait Brel à la fin de sa vie, lui avait dit ne pas aimer ses chansons car on ne pouvait pas danser dessus. Pour Anne Teresa De Keersmaker danser sur divers styles musicaux n’est pas nouveau et en tant que belge flamande Jacques Brel fait parti de son histoire. Tout était réuni pour lui rendre un bel hommage.  

Les parois de Boulbon se souviendront longtemps des paroles projetées…..moins des gestes ?

La chanson d’ouverture n’est pas choisie au hasard. Le Diable fait son entrée avec « ça va », projetée en lettres grasses sur la roche. Ecrite en 1954, interdite un certain temps en Belgique elle  pose sur le monde un regard sans concession et nous annonce la face engagée de Brel. On est surpris par l’apparition d’ Anne Teresa De Keersmaeker costume trop grand qui accentue sa frêle silhouette et gestuelle minimaliste hors du halo de lumière, dans le noir, comme un échauffement, Ce qui peut être vu comme un immense respect pour Brel de ne pas occuper la scène à sa place, en restant hors du cercle, devient une attente flottante elle aussi. Le magnifique breakdanseur Solal Mariotte fait son entrée « au premier temps de la valse » avec fougue et puissance mais on a déjà choisi de suivre le fil des souvenirs, yeux fermés à presque fredonner et non celui de l’hommage présent pourtant sincère.

Déçu par une danse trop narrative

La chorégraphie est presque un mime sans paroles, qui colle trop aux paroles des chansons. On se tient par la main pour les vieux, on valse au premier temps de la valse, on pleure, on se tord de douleur. On virevolte beaucoup. On perd l’émotion du « plat pays » dans une vidéo déconcertante. Brel était toujours en mouvement sur scène comme lors de ses innombrables voyages mais les déplacements proposés par Anne Teresa De Keersmaeker sont répétitifs et monotones. Il était maladroit dans son corps et cet aspect est parfaitement évoqué mais au fil des Flamandes, de Bruxelle ou des Bourgeois on ne retrouve pas la fougue, l’impertinence, la puissance et les tripes de Brel sur le plateau.

Brel. Jusqu’au 20 juillet. 22h. Carrière de Boulbon.


‘Lettres à Anne’ à la Scala Provence, récit d’une passion amoureuse

Bon spectacle!

Avec cette carte interactive, retrouvez du 5 au 26 juillet tous les articles de L’Echo du Mardi sur l’édition 2025 du Festival d’Avignon.




‘Lettres à Anne’ à la Scala Provence, récit d’une passion amoureuse

Pour certains la Nuit de trop, pour d’autres une véritable expérience de catharsis collective

S’il est bien une leçon à retenir pour ce premier spectacle dans la Cour d’Honneur — offert pour la première fois la veille de la première à la population avignonnaise — c’est qu’il ne faut se fier ni aux critiques, ni aux avis amicaux, ni aux personnes qui essayaient de revendre leur billet dans la cour du Cloître Saint Louis. Le spectacle de la cap verdienne Marlene Monteiro Freitas, s’il a pu déconcerter et faire fuir quelques spectateurs au bout de quelques minutes a pourtant trouvé sa juste place sur le plateau de la Cour d’Honneur si souvent difficilement occupée. 

Loin du narratif

Il ne fallait pas s’attendre à ce qu’on nous raconte des histoires, ni découvrir les Contes des Mille et une Nuit qui comme toute tradition orale permet une libre adaptation. Au minimum savoir que les Contes de Mille et une Nuit sont tout sauf de tout repos : c’est l’histoire d’un combat pour survivre, à la vie à la mort, avec un foisonnement de personnages et d’espaces. Cette posture acceptée, il suffisait de se laisser mener par la libre interprétation de Marlene Monteiro Freitas qui  nous propose un voyage vertigineux dans un fouillis, de masques, de sons, de tissus.

Opéra baroque, carnaval grotesque, performance puissante

Porté par une bande son puissante qui va des Noces de Stravinsky à Nick Cave, embarqué par les caisses claires, désarçonné par les propositions chorégraphiques qui surgissent là où on ne les attend pas, infusé par l’énergie des danseurs et interprètes, le spectateur reste en alerte tout au long de cette nuit de tous les dangers jusqu’à l’explosion finale. 


‘Lettres à Anne’ à la Scala Provence, récit d’une passion amoureuse

Algérien pour toujours, Français tous les jours

Mohamed Adi donne le ton, ou plutôt le clap de son spectacle qui nous emmène d’Alger à Marseille. Il va en effet dérouler le film de sa vie, seul en scène, et tout en confidences.Son enfance franco-algérienne est passée au crible de ses souvenirs. Il n’hésite pas également à les modeler à son goût en  créant sa propre république, démocratique et populaire du Sénéné. Normal quand on ne sait pas bien à quel pays on appartient.

Alger et Marseille en miroir

Dans cette recherche d’identité, se dessine la ville de Marseille comme on n’en parle peu, surtout en ce moment. Une ville tendresse avec ses métiers oubliés tels le chiffonnier, le remouleur ou la marchande d’escargots. Mohamed Adi aborde avec pudeur tous ses atermoiements qui le chavirent entre l’Algérie et la France. Il y a l’impossibilité de choisir mais  pas celle de se taire. Sa parole libérée ouvre le chemin de la réconciliation. 

Un spectacle d’une belle générosité loin de tous ressentiments.

Jusqu’au 26 juillet. 20h30. Relâche 15 et 22. 12 à 18€. Isle 80. 18 place des trois Pilats. 06 42 69 00 26.


‘Lettres à Anne’ à la Scala Provence, récit d’une passion amoureuse

‘Les Peintres au charbon’ adapté d’une histoire vraie

L’histoire vraie d’un groupe de mineurs,en 1934, décidant de se familiariser avec le monde de l’art. Passant de la théorie à la pratique, ils créent leur propre mouvement artistique : le Ashington Group.

Sur le plateau ils seront 7 à confronter leur convictions ou leurs doutes dans des joutes verbales savoureuses. 

Une réflexion générale sur l’Art posée avec humour

A quoi sert l’Art ? L’art pose des questions, n’est pas là pour donner des réponses. Le sens d’une œuvre est dans celui qui l’observe, comprendre sa propre réalité émotionnelle. Qui peut-être artiste ?

Autant d’affirmations ou de  questions qui vont se poser par l’introduction d’un professeur d’Art, Hélène, employée pour  leur donner des cours d’éducation artistique. La première partie de la pièce relate cette rencontre entre une prof un peu coincée, loin des réalités du travail physique et la bande d’ouvrier biberonés au syndicat ou à Karl Marx. Deux discours de classe s’affrontent joyeusement et le ressort comique fonctionne à chaque réparti. Il est vrai que cette bande-là donne ingénument du fil à retordre à leur intervenante.

La place de l’artiste dans la société

Après une ellipse de quelques secondes, nous nous retrouvons 2 ans après en plein préparatifs d’une exposition. Le groupe est passé aux travaux pratiques et ils aiment ça. Un conflit de loyauté s’instaure quand l’un d’entre eux est remarqué par une riche collectionneuse.C’est l’heure des choix, des prises de position. De nouveau les questions essentielles : naît-on artiste ? Peut-on le devenir ? Peut-on créer après une dure journée de travail ?En a-t-on l’énergie et le temps ? De la galerie de la mine à la galerie d’Art, il n’y a pas qu’un pas !

Une comédie britannique comme on les aime où le sérieux côtoie l’humour avec justesse.

Jusqu’au 24 juillet. Relâche 11 et 18. 13h05. 11 à 23€. 11. Bd Raspail. Avignon.


‘Lettres à Anne’ à la Scala Provence, récit d’une passion amoureuse

Ce samedi 12 juillet, la ferme urbaine avignonnaise Le Tipi coorganise une soirée intitulée « SWEAT » avec le collectif Bassline Party. « Une parenthèse festive et rafraîchissante à l’ombre des arbres, à deux pas du centre-ville », comme le décrivent les organisateurs.

En pleine effervescence du Festival d’Avignon, qui a débuté le 5 juillet, le Tipi propose une parenthèse musicale ce samedi avec Bassline Party, un collectif organisateur de soirées. DJ sets, nourriture et boissons locales seront proposés lors de cet événement ‘open air’ à la fraîche.

Pour cette soirée ‘SWEAT’, Bassline invite un monument de la scène House française : le dj et producteur Franck Roger. Ce dernier proposera un voyage musical rythmé par la deep, le raw, l’afro et le disco. La première partie de la soirée sera assurée par Theaz, fondateur de Bassline Party et figure locale de la scène électronique.

Bières artisanales, vins bio, cocktails, softs bio seront proposés au bar du Tipi, et les foodtrucks Smiling Thai Kitchen et Le Poké Doré seront présents pour régaler les papilles du public.

Inscription en ligne.
Samedi 12 juillet. De 19h à 00h. Le Tipi. 57 avenue Eisenhower. Avignon.


‘Lettres à Anne’ à la Scala Provence, récit d’une passion amoureuse

Dès l’entrée dans la cour éphémère du Roi René, on sait que ce choix était le bon : un vrai accueil, un vrai sourire, un vrai service. Des garçons de salle nous placent, nous offrent à boire et nous distribuent la carte littéraire. 

Voici un spectacle plus que sympathique avec des comédiens épatants qui aiment autant la bonne chère que les mots et les textes qui sont souvent passés à la postérité. C’est ainsi que les trois comédiens qui ont préparé plus de 30 textes pour présenter le concours du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, n’ont pas voulu laisser ces textes ensuite sans auditoire.

L’idée a germé de continuer à les proposer mais face à la difficulté de choisir, ils ont conçu ce théâtre à la carte dont le principe est de laisser choisir les spectateurs.

On commande ce que l’on mange, pourquoi pas ce que l’on regarde ?

L’idée est donc venue de faire choisir les textes, de laisser les spectateurs commander et qui dit commander dit restaurant. On nous distribue une vraie carte : un menu découverte, un menu enfant et des plats à la carte, les prix ayant été remplacés par l’année de création de l’oeuvre littéraire.

C’est ainsi que ce jour-là nous avons pu déguster un Tartuffe de Molière de 1669, Les Justes de Camus de 1949, avec une suggestion de Fourberies de Scapin et Le circuit de Feydeau de 1909 choisi parmi un plateau de vaudevilles, le tout couronné par un dessert de Joël Pommerat de 2013. 

Menu enfant de 1697

Les enfants ne sont pas en reste avec un menu enfant succinct mais valeur sûre : Le Petit Chaperon Rouge et sa forêt noire ou les Trois petits cochons apple paille ou feuille de brique.

Un spectacle intelligent et interactif

Les textes ne sont point lus, ils sont joués par les 3 comédiens qui s’adaptent au choix des spectateurs à une vitesse époustouflante, aussi bien dans leur tessiture que dans le décor à changer ou les costumes. C’est drôle, enlevé, très bien joué. Ils ont du plaisir à satisfaire notre dégustation de répliques célèbres — mais que diable allait il faire dans cette galère — accompagnées par la musique aux petits oignons de Raphaël Maillet.

Paradoxalement, on ne sort pas de là repu, on en aurait bien redemandé… mais nous ne sommes pas à la cantine ni dans un fast food !  Nous sommes dans le temple de la gastronomie littéraire !

Jusqu’au 26 juillet. Relâche 16 et 23 juillet. 20h50. 10 à 22€. Théâtre du Roi René. 4 bis rue Grivolas. Avignon. 04 13 68 06 59.

https://www.echodumardi.com/tag/festival-davignon/page/2/   1/1