18 mai 2026 |

Ecrit par le 18 mai 2026

Régime minceur pour les Chorégies dont le programme s’allège encore plus cet été

Décidément, on frôle l’anorexie aux Chorégies. Quand on jette un coup d’oeil dans le rétro, on se rappelle par exemple, en 2011, pour les 40 ans du plus ancien festival d’art lyrique de France (créé en 1869), qu’étaient programmés non seulement Aida avec Indra Thomas dans le rôle-titre, dirigée par Tugan Sokhiev, avec une chorégraphie de Jean-Charles Gil, une mise en scène de Charles Roubaud et une scénographie d’Emmanuelle Favre. Mais aussi Rigoletto avec Leo Nucci, Patrizia Ciofi, Vittorio Grigolo et  Marie-Ange Todorovitch, l’Orchestre National de France et une floppée de choristes des opéras d’Avignon, Marseille et Toulon. Sans oublier la IXe Symphonie de Beethoven avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et 4 solistes dont Nathalie Stuzmann.

En 2016, toujours deux opéras à l’affiche. Madama Butterfly avec Ermonela Jaho, l’Orchestre Philharmonique de Radio France et les choeurs des trois opéras de la Région Sud. La Traviata avec, tenez-vous bien, Placido Domingo, mais aussi Le Requiem de Verdi avec notamment Ekaterina Gruberova et Joseph Calleja. Et également un concert Bernstein-Gerschwin avec Julie Fuchs et Benjamin Bernheim.

Il y a 3 ans, en 2023, la rock star du piano, Khatia Buniatishvili qui avait dû attendre la fin d’un terrible orage d’été pour entamer le Concerto N°1 de Tchaikowsky, mais aussi Carmen avec Marie-Nicole Lemieux et Jean-François Barras, un récital du pianiste Evgueny Kissin et enfin un Gala Verdi avec le couple le plus en vue du monde, à la ville comme à la scène, Anna Netrebko et Yusif Eyvazov. 

En 2024, le programme avait déja réduit avec le chanteur Mika pour un concert symphonique, « Les saisons » de Vivaldi et Guido avec le Malandain Ballet de Biarritz et un seul opéra à l’affiche, « Tosca » en version concert, sans décor ni mise en scène mais heureusement avec l’enfant chéri des Chorégies, Roberto Alagna. 

La programmation 2026

Cet été, contrairement à ce qui était prévu, pour Traviata de Verdi, le rôle-titre ne sera pas chanté par Nadine Sierra. Quand elle a découvert qu’il n’y aurait qu’une version « concert », c’est-à-dire allégée, elle s’est retirée de la distribution. Elle sera donc remplacée par la soprano Jessica Pratt. Mais elle viendra quand même chanter au Théâtre Antique le 27 juin des partitions des grands airs d’opéra. Ce soir-là étaient prévues les Black Legends dont la tournée européenne a été annulée. Autre modification, le violoniste Renaud Capuçon a changé la liste des musiques de films qu’il interprétera le 18 juillet. Sont prévus notamment Le dernier métro de Georges Delerue, Love Story de Francis Lai, Les Moulins de Mon Coeur (Affaire Thomas Crown) de Michel Legrand. Il a quand même conservé Les choses de la vie et Rabi Jacob.

Avec tous ces changements, ce programme allégé et bientôt le départ du directeur des Chorégies dont c’est la dernière programmation ultra-light pour des raisons budgétaires, certains se demandent si elles ont encore un avenir dans le domaine si apprécié du lyrique qui, il y a peu de temps, grâce à la richesse de leurs propositions chaque été, des stars qui y participaient — chanteurs, musiciens, chefs d’orchestre, solistes de renommée internationale — attiraient deux fois plus de spectateurs au cœur du Théâtre Antique d’Orange.


Régime minceur pour les Chorégies dont le programme s’allège encore plus cet été

Le plus ancien festival de musique de France engage le recrutement de sa future direction, entre ambition artistique, mutation institutionnelle et ancrage territorial. Toutes les infos ici. Institution phare du paysage lyrique français, Chorégies d’Orange ouvrent une nouvelle page de leur histoire en lançant le recrutement de leur future directrice ou de leur futur directeur. Fondé en 1869, le festival, qui célébrait ses 150 ans en 2019, se trouve aujourd’hui à un moment charnière, à la croisée des enjeux artistiques, économiques et institutionnels qui traversent le spectacle vivant.

Le lac des cygne Balle Preljocaj Copyright MMH


Événement populaire autant que rendez-vous d’excellence, les Chorégies d’Orange occupent une place singulière dans le paysage culturel national. Elles prennent place dans un écrin unique : le Théâtre antique d’Orange, classé au patrimoine mondial de l’Unesco (l’organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture), dont l’acoustique naturelle et la capacité de plusieurs milliers de spectateurs en font l’un des hauts lieux européens de l’opéra en plein air. Historiquement centrée sur les grands ouvrages du répertoire lyrique, la programmation s’est progressivement ouverte, depuis une cinquantaine d’années, à des formes pluridisciplinaires. Une évolution pensée pour conjuguer exigence artistique et élargissement des publics, sans renoncer à l’ADN du festival.

Démocratisation culturelle et nouveaux publics
Au cœur du projet des Chorégies figure une ambition constante : rendre l’opéra accessible sans le dénaturer. Le festival développe ainsi une dramaturgie spécifiquement pensée pour la grande jauge du théâtre antique, misant sur la force émotionnelle des œuvres et la puissance du lieu. Cette volonté se traduit également par une politique active d’éducation artistique et de médiation, déployée tout au long de l’année sur le territoire, notamment à travers le programme pédagogique Pop the Opéra, destiné à familiariser de nouveaux publics – scolaires comme adultes – avec l’art lyrique.

Un modèle économique stabilisé mais en transition
Après une période de fragilité financière, un tournant décisif a été pris en 2018 avec la création d’une Société Publique Locale, à l’initiative conjointe de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, du Département de Vaucluse et de la Ville d’Orange. Cette évolution a permis de sécuriser l’avenir du festival, qui dispose aujourd’hui d’un budget annuel d’environ 3,4M€ financé à parts presque égales par des ressources publiques et des recettes propres. Conscients toutefois des limites du statut de SPL, les partenaires publics et l’État ont engagé un nouveau chantier : la transformation prochaine du festival en Établissement Public de Coopération Culturelle (EPCC). L’accompagnement et l’aboutissement de cette mutation institutionnelle constitueront l’un des dossiers structurants de la future direction.

Une direction aux responsabilités élargies
Placée sous l’autorité du président-directeur général et du conseil d’administration, la future direction devra conjuguer vision artistique, pilotage stratégique et rigueur de gestion. Il s’agira d’imaginer une programmation équilibrée sur plusieurs saisons, de consolider le modèle économique, de développer les coproductions et les ressources propres, tout en renforçant les partenariats territoriaux, nationaux et internationaux. La fonction implique également un fort engagement managérial, la conduite des équipes permanentes et intermittentes, ainsi qu’une attention accrue aux enjeux contemporains : transition écologique, responsabilité sociétale, droits culturels et diversification des publics.

Le lac des cygnes Ballet Preljocaj Copyright MMH

Un profil attendu à la hauteur de l’histoire
Les Chorégies d’Orange recherchent une personnalité capable d’incarner une vision artistique forte, ouverte et fédératrice. Manager culturel confirmé, disposant d’une connaissance approfondie du champ lyrique et du spectacle vivant, le ou la future dirigeant(e) devra allier leadership, sens du dialogue et maîtrise des équilibres budgétaires, dans un contexte économique contraint mais porteur de nouvelles opportunités. Toutes les infos ici.
Mireille Hurlin

https://www.echodumardi.com/tag/festival-lyrique/   1/1