27 avril 2026 |

Ecrit par le 27 avril 2026

Off Avignon : 60 ans d’audace en équilibre et une affiche qui l’indique

Du 4 au 25 juillet 2026, le Festival off d’Avignon célèbrera sa 60e édition avec une affiche signée Jérôme Cosh et un programme en constante évolution.

Il y a, dans l’image conçue par Jérôme Cosh, quelque chose de suspendu. Un geste fragile, presque incertain, tendu vers un horizon qui semble sans limite. Rien d’ostentatoire : tout est dans la tension. Celle de l’artiste face au risque, celle du collectif face à l’inconnu. Car le Festival off  n’a jamais été un espace de confort. Né en marge du Festival d’Avignon en 1966, il s’est imposé comme un territoire d’expérimentation, un lieu où l’on tente, où l’on échoue parfois, mais où l’on invente toujours. À 60 ans, il ne se retourne pas : il avance, fidèle à cette instabilité créatrice qui fait sa singularité.

Chaque été, Avignon devient une scène à ciel ouvert. Théâtres, cours, chapelles, lieux détournés : tout se transforme en espace de représentation. Le Off, par sa nature même, échappe aux formats figés. Son programme, déjà accessible en ligne, s’enrichit au fil des semaines, porté par des centaines de compagnies venues de toute la France et au-delà.

Un modèle unique en Europe
Ce modèle, unique en Europe, repose sur une liberté totale : ici, pas de sélection centralisée, mais une effervescence brute, parfois déroutante, souvent stimulante. Une économie fragile aussi, où chaque compagnie prend le risque de venir rencontrer son public. L’ouverture de Ticket’Off début juin viendra structurer cette profusion, offrant aux spectateurs un outil précieux pour naviguer dans ce labyrinthe artistique.

Copyright MMH

Un anniversaire tourné vers l’avenir
Le Off se pense comme un organisme vivant, en dialogue permanent avec son époque. La scène devient un espace de questionnement, parfois de résistance face à ce monde traversé par les tensions politiques, sociales et écologiques. Si, cette édition anniversaire promet ainsi d’être à la fois festive et exigeante, elle n’en restera pas moins un moment de création qui, meme si elle divertit, continue de travailler à la marge, cherchant à comprendre, à déranger et à relier.

Une invitation à se perdre et donc, à se trouver
Aller au Off, c’est accepter de ne pas tout maîtriser. C’est se laisser surprendre par un spectacle inconnu, entrer dans un lieu improbable, croiser des artistes au détour d’une rue. C’est aussi faire l’expérience d’une ville métamorphosée, vibrante, où chaque façade devient affiche, chaque place une scène potentielle. Une immersion totale, presque vertigineuse, dans ce que le théâtre a de plus vivant.

Le Festival d’Avignon en chiffres
Ce sont, en réalité, deux festivals imbriqués, le Festival d’Avignon, également nommé le In, fondé en 1947 par Jean Vilar et le Off, né en 1966 ; Plus de 1 500 spectacles chaque été pour le Off, jusqu’à plus de 1 600 certaines années ; Près de 1 000 compagnies présentes ; Plus de 100 lieux de représentation à travers la ville ; Environ 1,5 million d’entrées cumulées (Off + In) selon les éditions ; Un impact économique majeur avec une estimation comprise entre 50 et 60M€ de retombées économiques pour le Festival d’Avignon et entre 20 et 40M€ pour le festival Off d’Avignon et pour le territoire du Grand Avignon ; 60e édition du Off en 2026 : un cap symbolique pour le plus grand marché du spectacle vivant au monde.
Le Festival Off d’Avignon. Des samedis 4 au 25 juillet 2026.
Mireille Hurlin


Off Avignon : 60 ans d’audace en équilibre et une affiche qui l’indique

À l’occasion de sa 60e édition, le  Festival Off d’Avignon convie la nouvelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, à participer aux Assises de la diffusion, du 7 au 10 juillet. Un rendez-vous stratégique, alors que le spectacle vivant traverse une crise profonde de financement et de circulation des œuvres.

Avec près de 1 800 spectacles, 350 000 spectateurs et plus de 1,6 million de billets vendus chaque année, le Festival Off d’Avignon n’est pas seulement un événement culturel majeur : il constitue un baromètre du spectacle vivant. Sa vitalité et ses fragilités reflètent celles de toute une filière.

Un festival au cœur des tensions du secteur
Porté par l’association Avignon Festival & Compagnies, le Off s’impose depuis six décennies comme un espace d’expérimentation, de diffusion et de rencontre entre artistes, producteurs et programmateurs. Mais derrière cette effervescence se dessine une réalité plus préoccupante : celle d’un modèle économique sous pression.

Copyright MMH

La diffusion en crise, symptôme d’un déséquilibre structurel
Au cœur des Assises annoncées en juillet, un mot-clé : diffusion. Autrement dit, la capacité des spectacles à être programmés, vus et financés au-delà de leur création. Egalement, depuis plusieurs années, les professionnels alertent sur un phénomène de saturation : multiplication des productions, raréfaction des lieux d’accueil, fragilisation des compagnies indépendantes. À cela s’ajoutent la hausse des coûts de production : énergie, transport, hébergement ainsi qu’un contexte inflationniste qui pèse sur les budgets artistiques.

Le désengagement des collectivités territoriales
Le désengagement progressif de certaines collectivités territoriales accentue encore ce déséquilibre. Dans ce paysage incertain, le Off devient paradoxalement à la fois une vitrine incontournable… et un espace de concurrence exacerbée. Autre sujet sensible : l’évolution du Fonpeps. Ce dispositif, destiné à soutenir l’emploi dans le secteur, voit sa dotation revue à la baisse dans la loi de finances 2026, passant à 39M€, contre environ 60M€ nécessaires selon les acteurs du terrain. Pour les représentants du Off, il fragilise durablement les petites et moyennes structures, qui constituent pourtant l’essentiel du tissu créatif. En filigrane, c’est la diversité artistique elle-même qui est questionnée.

Une interpellation politique assumée
Dès janvier, l’association AF&C avait adressé une lettre ouverte à Rachida Dati, pour alerter sur ces enjeux. Aujourd’hui, elle se tourne vers celle qui lui succède, Catherine Pégard, en l’invitant à venir dialoguer directement avec les professionnels. Pour les organisateurs, le spectacle vivant joue un rôle central dans la cohésion sociale, l’éducation et la vitalité démocratique, la défense de la création indépendante est présentée comme une responsabilité publique majeure.

Copyright MMH

Avignon, laboratoire du spectacle vivant
En choisissant d’organiser ces Assises pendant le festival, AF&C mise sur la force du collectif. À Avignon, en juillet, se concentrent en effet des milliers de professionnels venus de toute la France et de l’international. Un écosystème unique, propice à une réflexion transversale. Ce rendez-vous pourrait aussi marquer un tournant. Car au-delà du diagnostic partagé, quelles seront les pistes de réflexion exposées pour le financement, la régulation, la transition écologique, et les nouveaux modèles de diffusion ? Pour son 60e anniversaire, le festival continue de s’affirmer comme un espace de débat, et peut-être de refondation, pour le spectacle vivant.

Zoom sur les Assises de la diffusion
Au cœur des enjeux de la filière, les Assises de la diffusion constituent un chantier de réflexion mené par AF&C sur deux ans, en 2026 et 2027. Elles prennent appui sur un constat largement partagé : malgré une présence toujours plus forte des compagnies dans le Off, près de 80 % d’entre elles obtiennent moins de cinq dates de tournée à l’issue du festival. Ces rencontres réuniront équipes artistiques, chargés de diffusion, lieux, collectivités et institutions afin de partager analyses et expériences. L’objectif : mieux comprendre les réalités contemporaines de la diffusion, identifier les zones de fragilité du secteur et nourrir une réflexion collective sur la circulation des œuvres dans le spectacle vivant.
7>10 juillet | Assises de la diffusion
Source ici.
Mireille Hurlin

Copyright MMH

Off Avignon : 60 ans d’audace en équilibre et une affiche qui l’indique

Du 4 au 25 juillet 2026, la 80e édition du Festival d’Avignon se déploiera en parfaite synchronie avec le Off qui fêtera également ses 60 ans. Une convergence désormais assumée, pour un rendez-vous culturel majeur dont l’impact économique se chiffre à plusieurs centaines de millions d’euros à l’échelle du territoire.

Les dates de la prochaine édition confirment un choix stratégique : pour la deuxième année consécutive, le In et le Off se tiendront exactement au même moment, du 4 au 25 juillet 2026. Une décision qui renforce la lisibilité de l’événement et consolide l’attractivité estivale d’Avignon, devenue chaque mois de juillet la capitale européenne du spectacle vivant.

Copyright MMH

Une édition anniversaire tournée vers demain
Placée sous la direction de Tiago Rodrigues, cette 80e édition se veut résolument prospective. « C’est à l’avenir que seront adressées les questions que porteront les artistes invités, en lien avec l’utopie de Jean Vilar », a-t-il souligné. Une filiation revendiquée, qui inscrit l’événement dans la continuité d’un projet artistique exigeant, tout en l’ouvrant aux défis des décennies à venir. La programmation sera dévoilée début avril à La FabricA, lieu emblématique de la création contemporaine.

Un poids économique considérable
Au-delà de l’enjeu culturel, le Festival d’Avignon constitue un moteur économique majeur. Le budget du Festival In avoisine chaque année les 16 à 17M€, tandis que le Festival Off génère à lui seul des retombées économiques estimées entre 120 et 150M€ pour le territoire. Hébergement, restauration, commerces, transports, emplois saisonniers : pendant trois semaines, l’économie locale fonctionne à plein régime, portée par plusieurs centaines de milliers de visiteurs et des milliers d’artistes et de professionnels.

Copyright MMH

In et Off : une dynamique commune
En 2026, le Off célèbrera sa 60e édition, accompagné par l’association AF&C avec son directeur délégué Harold David, confirmant sa place singulière dans l’écosystème avignonnais. Plus de 1 000 spectacles, des centaines de lieux, une effervescence permanente : le Off agit comme un laboratoire artistique autant qu’un accélérateur économique. Son alignement calendaire avec le In facilite les parcours des publics, fluidifie les séjours et renforce l’attractivité globale de la destination. Cette singularité rare, est d’ailleurs souvent citée comme modèle dans les études culturelles européennes.

Deux festivals, deux esprits, pour appréhender la conscience de l’homme
À l’heure où le Festival d’Avignon s’apprête à franchir le cap symbolique de ses 80 ans, l’édition 2026 s’annonce comme un moment charnière : fidèle à l’héritage de Jean Vilar, mais résolument tournée vers l’avenir, elle confirme aussi le rôle central du spectacle vivant dans l’économie et l’identité du territoire. De son côté le Festival Off, mue par le turbulent André Benedetto, rappelle que ce sont les esprits ‘à la marge’ qui bousculent et font progresser la société.
Mireille Hurlin

Copyright MMH

Off Avignon : 60 ans d’audace en équilibre et une affiche qui l’indique

Nommé directeur délégué d’Avignon Festival & Compagnies (AF&C) le 3 novembre 2025, Harold David arrive aux commandes d’un Off d’Avignon plus foisonnant que jamais : 1 785 spectacles, 27 000 lever de rideaux, plus de 1,6 million de billets vendus. Ancien artiste, producteur, directeur de salles et fin connaisseur du festival, il hérite d’une machine aux chiffres vertigineux et d’un chantier majeur : préparer le 60ᵉ anniversaire du Off, tout en repensant son modèle avec un regard appuyé sur l’international. Sophie-Anne Lecesne et Laurent Rochut deviennent coprésidents par intérim de l’association Avignon Festival & Compagnies.

Lorsque Harold David a été officiellement nommé directeur délégué d’Avignon Festival & Compagnies (AF&C) lors du Conseil d’administration du 7 octobre 2025, peu de voix se sont étonnées de ce choix. À 49 ans, celui qui a pratiqué le Off sous toutes ses coutures depuis 1999 -artiste, directeur de compagnie, producteur, diffuseur, exploitant de salles- incarne l’une des mémoires vivantes du festival. Un profil rare, presque organiquement lié à Avignon.

Son arrivée se produit à un moment charnière
Le Off 2025 vient d’établir de nouveaux records : 1 785 spectacles, 1 405 compagnies, 139 théâtres, plus de 27 000 levers de rideaux et une billetterie qui frôle les 22M€ de recettes, pour 1,6 million de billets vendus. Derrière l’effervescence artistique, le festival affiche aussi des tensions structurelles : explosion des coûts, difficultés économiques des compagnies, concurrence accrue entre les salles et la nécessité d’un soutien renforcé aux artistes.

Copyright MMH

C’est précisément sur ce terrain qu’Harold David est attendu
Car l’homme n’est pas un technocrate parachuté : c’est un praticien du spectacle vivant, qui a monté ses spectacles, défendu ses créations, négocié des locations. Ce vécu brut, souvent rude, nourrit sa vision du festival. « Le Off, c’est un écosystème fragile, aussi créatif que vulnérable », confiait-il lorsqu’il était encore coprésident d’AF&C entre 2022 et 2025.

L’homme d’un écosystème
Son CV raconte d’ailleurs une ligne directrice : accompagner, structurer, soutenir. Avant Avignon, il a dirigé l’association Prix du Jeune Écrivain à Muret, puis le Théâtre de Die – Scène conventionnée Art en Territoire, ainsi que le Festival Est-Ouest. Autant d’expériences qui ont façonné un professionnel rompu aux dynamiques de territoire, aux politiques culturelles et aux relations avec les collectivités.

Une nomination à l’unanimité
Mais sa nomination ne s’est pas faite sans transformations personnelles. Pour garantir une neutralité totale, Harold David a quitté son mandat de gérant de la société Atypik Production-Diffusion, qui exploitait trois salles à Avignon. Un geste symbolique fort dans un milieu où les conflits d’intérêts sont régulièrement pointés du doigt.

Copyright MMH

Sa mission, désormais ?
Mettre en œuvre le projet associatif triennal d’AF&C, consolider la structuration de l’organisme et préparer l’horizon 2026, année du 60ᵉ anniversaire du Off. Un défi d’autant plus exigeant que le festival, devenu un mastodonte culturel, réclame une vision d’ensemble à la fois opérationnelle, politique et de plus en plus tournée vers l’international.

Un Off en pleine mutation
Les chiffres de l’édition 2025 montrent en effet un Off en pleine mutation : montée en puissance de la billetterie solidaire (290 000 billets vendus via Ticket’Off, +43 %), forte hausse du nombre de Cartes Off (+26 %), et diversification notable avec 490 créations et 181 spectacles jeune public. Ce dynamisme s’accompagne d’une volonté affirmée de renforcer l’écoresponsabilité et l’internationalisation : en 2025, le Brésil était invité d’honneur, avec 11 compagnies accueillies.

Un homme orchestre pour un festival en perpétuelle mutation
Dans ce paysage bouillonnant, Harold David apparaît comme un choix stratégique : un homme capable de parler aux artistes, aux directeurs de salles, aux collectivités, comme aux administrateurs des grandes institutions. Sa nomination pourrait bien marquer une nouvelle étape dans la maturation du Off.
Mireille Hurlin

Copyright MMH

Off Avignon : 60 ans d’audace en équilibre et une affiche qui l’indique

Selon les premières estimations d’AF&C, le Festival Off d’Avignon apporterait au territoire une manne évaluée entre 19,4 à 22M€ via 1,6 million de billets vendus entre le 5 et le 26 juillet 2025, aux mêmes dates que le festival In. En juillet 2026, le Festival Off fêtera ses 60 ans. Pour l’occasion,  AF&C refonde son action d’accompagnement en une vision renouvelée : La culture comme outil de rassemblement autour de la réflexion pour construire un monde meilleur.

Pour mémoire, le Festival Off d’Avignon propose, cette année, 2,6 millions de billets –dont 1,6 millions potentiellement vendus à la fin de ce festival demain soir-, 27 000 levers de rideau, grâce au travail de 1 405 compagnies, dont 163 étrangères dans 139 théâtres, avec un taux de remplissage moyen d’environ entre 50 et 60% selon les salles. Conclusion ? Une excellente année 2025 pour le Festival Off d’Avignon.

Les enjeux 2026
AF&C organise les 60 ans du Festival off d’Avignon, la Méditerranée en sera l’invitée d’honneur. En plus des festivités spécialement organisées, la structure accompagnante orchestrera les Etats généraux de la diffusion en réponse à la crise de la diffusion de la culture. Au chapitre de l’éco-transition, le fret ferroviaire mutualisé pour le transport des scénographies sera également renforcé. Enfin, AF&C communiquera son nouveau projet associatif pour s’adapter toujours plus finement aux enjeux de la filière.

Copyright MMH

Les financements
Près de 78% des spectacles ne bénéficient pas de subventions publiques dans le Off. Ceux qui en bénéficient reçoivent des subventions en provenance à 64% de la Ville, à 51% du Département, à 49% de la Région, de la Drac –Direction régionale des affaires culturelles- à 45% et de la Métropole à 11% du lieu géographique sollicité. Autre information de taille ? Les équipes présentes lors du festival : auteurs, artistes et techniciens sont majoritairement des hommes.

Les compagnies et le logement
L’association AF&C, accompagnatrice du Festival off d’Avignon, a remis un questionnaire aux compagnies, lors de leur inscription. Le coût moyen du logement par compagnie est de 3 598€ et la durée idéale du festival, pour eux, serait de 18 jours travaillés hors relâche.

Les accréditations
Près de 2 242 professionnels accrédités dont 1 689 font partis des professionnels du spectacle vivant (75%) et 567 professionnels sont issus de la presse (25%). Leurs profils ? 85% d’entre-eux sont français : 23% en provenance d’Ile-de-France, 19% d’Auvergne Rhône-Alpes, 13% d’Occitanie et 9% de la Région Sud. Sans surprise, les professionnels accrédités étrangers sont majoritairement francophones comme les belges à 24%, les suisses à 11% et les canadiens à 8%. Les accrédités sont issus à 51% d’associations, 25% de régies directes, à 12% de collectivités et fondations et à 6% de délégations de services publics… Près de 66% des accrédités sont issus de structures subventionnées.

Copyright MMH

La presse
Les professionnels presse accrédités exercent majoritairement pour des sites internet et des blogs à 51%, pour la presse écrite à 30%, pour la radio à 12% et pour la télé à 7%. Le festival off fait état de 2 345 retombées presse dont 92% de critiques et 8% d’articles généraux consacrés au festival off. Près de 19 articles ont évoqué l’international, avec, notamment la mise à l’honneur du Brésil en tant qu’invité d’honneur, ainsi que de l’Ukraine, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan. L’ouverture du Village Tadamm consacré aux familles et aux enfants a fait l’objet de 17 articles.

Ce que recherchent les programmateurs
Les thématiques et styles de spectacles les plus recherchés sont : Les relations à l’amour à 49% ; Le vivre ensemble et l’inclusion à 46% et les relations familiales à 49%. Les trois styles les plus recherchés sont le théâtre, la musique et l’humour et les trois thématiques les plus recherchées : le vivre ensemble et l’inclusion, la diversité et les relations familiales.

Les Tickets Off
Les Tickets’Off sont une plateforme d’achat de billets du Festival off. Les théâtre peuvent y adhérer ou non. Près 1 676 spectacles y sont proposés à l’achat, soit 95% de la programmation, disposant de 950 000 places à la vente (203 000 en 2024). Si des spectacles ne sont plus disponibles sur la plateforme, ils peuvent l’être encore auprès du théâtre où se jouent la pièce.. Trois spectacles, en moyenne, sont vendus sur Ticket’Off lors d’une commande et 6 spectacles par spectateur, dont le plus grand nombre sont des abonnés, via les cartes du Off. Les acheteurs de billets Ticket’Off sont tout d’abord français, suivis par les suisses à 4%, les belges à 2% les allemands, les espagnols et les américains avec un petit 0,3%. Les abonnés de la Carte Off sont également français, puis suisses, puis belges, puis allemands et enfin, espagnols. A ce propos, 79 400 cartes du Off dématérialisées ont été vendues (62 900 en 2024) dont 69% à plein tarif et 7 600 par des résidents Vaucluse et Grand Avignon.

Copyright MMH

Le Village du Off
C’est le cœur battant du festival entre travail, information, échanges et événements conviviaux. Il s’y déroule des apéros pros, des rencontres, des tables rondes et 18 concerts dont 16 avec le Son du Off. Près de 1 800 personnes s’y sont retrouvées en moyenne par soir, soit 28 000 spectateurs.

Le projet fou et réussi du village Tadamm
Le projet fou du village Tadamm était de créer un Village du off consacré aux familles : petits enfants, parents, grands-parents. Près de 500 personnes par jour s’y sont rendues et 430 enfants dès l’ouverture du village. Le lieu, installé au creux de l’Ecole Simone Veil, propose des ateliers, des scènes ouvertes, un lieu de repos aussi, des tables rondes sur, par exemple, la parentalité. Près de 60 présentations de spectacles y ont eu lieu ; 50 ateliers de pratique artistique accompagnés par 70 artistes ; 18 rendez-vous et animations ; un tophotruck pour les photos souvenir et les manèges de la Toupine.

Place à l’international
Près de 187 spectacles sont accessibles à un public non-francophone, référencés dans le guide international. 170 compagnies étrangères. 15 ateliers export ont accueilli en moyenne 15 participants chacun. On y a évoqué l’Edinburgh Fringe Festival, Roulade, Brésil, Kazakhstan, Allemagne, Québec, Australie, Italie, Egypte, Arménie, Espagne, Argentine, Turquie, Suisse, Chine.

Copyright MMH

WYPPAM
Pour sa 2eédition, presque 100 étudiants ont bénéficié du WYPPAM (World Young Professional Performing Art Meetings), un dispositif d’accueil d’étudiants et de jeunes artistes du monde entier autour d’un parcours croisé avec le Festival d’Avignon. Ils ont pu assister à 14 spectacles du festival Off Avignon et 4 du Festival In d’Avignon, en plus d’une masterclass d’initiation à la méthode Lecoq, et des soirées.

Les Off’ Grants
Off’Grants ont permis à 16 compagnies étrangères de bénéficier d’une bourse d’aide à la mobilité.

Le Chemin du spectateur
Le Chemin du spectateur a pour vocation de permettre a un public éloigné de la culture de pouvoir accéder à la culture. Porté par Culture du cœur 84 et AF&C, il est financé par la fondation AF&C en partenariat avec Face (Agir contre l’exclusion Avignon). Avec un budget de 12 000€ il a permis d’acheter 900 places.

Lutte et prévention contre les violences sexistes et sexuelles
Le dispositif se poursuit et a été renforcé sous la forme d’un protocole interne AF&C, la présence ponctuelle d’Additions France au Village du Off, de webinaire, d’équipes référentes pendant le festival et d’un boite mail dédiée pour recueillir les témoignages.

Copyright MMH

Off Avignon : 60 ans d’audace en équilibre et une affiche qui l’indique

A mi-parcours AF&C a fait le point sur les chiffres du Festival Off d’Avignon. Selon l’association accompagnatrice, les chiffres sont plus qu’au beau fixe. La fréquentation du public est belle est bien au rendez-vous et des voix s’élèvent pour dire leur mécontentement de ne pouvoir assister à certains spectacles parce qu’ils affichent complets. Il a même été évoqué la fermeture rock’n’roll du Paradise République.

«Au 17 juillet au matin, c’est-à-dire à mi festival si l’on compte les relâches, 69 670 cartes du Off ont été vendues, nous en étions à 63 000, à cette même date, en 2024, entame Laurent Domingos co-président du Festival Off d’Avignon. J’en déduis déjà que nous sommes dans une année du Off assez exceptionnelle car jamais ce chiffre n’avait été atteint lors des précédentes éditions. Nous pensons que la communication et le chemin d’achat fluide, c’est-à-dire l’ergonomie de la plateforme ont participé à cette envolée des chiffres.»

229 000 tickets Off vendus
«Concernant les contremarques du Ticket’Off,  229 000 ont été vendues à ce matin alors qu’en 2024, à la fin du festival, nous en avions vendues 200 000, reprenait David Harold le co-président du festival. Pour mémoire les Tickets’Off représentent entre 10 et 15% des places du festival Off vendues via la plateforme conçue par AF&C, soit environ 950 000 tickets Off sur les 2,8 millions de billets de spectacles mis à la vente.

Succès du village Tadamm
«C’est un rêve devenu réalité, relate Raymond Yana, secrétaire d’AF&C, qui a porté le projet de ce Village du Off spécialement dévolu aux familles : grands-parents, parents et enfants, situé à l’école élémentaire Simone Veil, 1 rue des écoles à Avignon intramuros. Entre 500 et 600 personnes y viennent chaque jour et 100 à 120 personnes y jouent -à des jeux, des ateliers- où l’on peut assister à des saynètes données par les compagnies… Il y a même une salle ‘chuuuuuttt’ où l’on peut s’allonger au frais, à l’ombre, où les mamans peuvent allaiter leurs enfants, les pères donner le biberon, bref un havre de paix. On peut aussi assister à des rencontres sur divers thèmes comme la parentalité, le harcèlement… »

L’Eco-transition
Marie-Claire Neveu, administratrice déléguée à l’éco-transition est en train de réaliser le bilan carbone du festival Off d’Avignon, d’identifier les principaux postes d’émissions, de définir un plan d’actions et une trajectoire climat face aux enjeux. Elle présentera les résultats des travaux les 19 et 22 juillet prochains.

La fermeture du Paradise République
Pour mémoire, le Paradise République a été fermé en pleine représentation mercredi 16 juillet dans l’après-midi, alors que l’alarme incendie retentissait. Il ne s’agissait pourtant pas d’un problème de sécurité mais d’obéir aux injonctions de la Préfecture de Vaucluse pour travail dissimulé par dissimulation de salariés –cela concernait six personnes en 2023-. La fermeture du lieu est envisagée jusqu’au 7 octobre prochain.
«Nous avons bloqué les ventes de billets sur Ticket’Off, a réagi Laurent Domingos. Nous allons travailler à ce que les compagnies soient, à minima, dédommagées car elles sont en risque de catastrophe financière : non exploitation du spectacle, paiement des salaires, des loyers, en plus de la location de créneau du théâtre… Une prochaine décision devrait tomber incessamment pour la réouverture ou la fermeture du théâtre.»

De gauche à droite Raymond Yana, Harold David, Laurent Domingos, Marie-Claire Neveu et Sophie-Anne Lecesne 

Avignon, le film
«Le succès du film Avignon continue son chemin, sourit Harold David, qui retrace le Festival d’Avignon de tous les côtés : compagnies, théâtre, public. On y retrouve beaucoup de réalité qui sont propres au Off, sans caricature mais avec bienveillance puisqu’après tout, il s’agit d’une comédie romantique. Le 23 juillet à 17h nous aurons le plaisir de recevoir le réalisateur Johann Dionnet ainsi que Baptiste Lecaplain comédien, au Village du Off, pour nous parler du film.»

A quoi ça sert les pays invités d’honneur ?
«Dans la logique des réciprocités nous avons mis en place, depuis 3 ans, la présence d’un pays invité d’honneur pour partager sur l’import-export du spectacle, reprenait Harold David. Cette année il s’agit du Brésil. La Mostra internationale de Sao Polo  -qui a lieu en mars- va programmer deux à trois spectacles qu’elle a repérés dans le Off. Nous voulons faire en sorte d’obtenir une place à l’international. L’an dernier, nous avions invité une quinzaine d’agents à l’export pour venir expliquer, aux compagnies, la réalité du marché de leur pays. Ainsi 8 à 12 compagnies ont commencé à structurer leur stratégie de développement à l’international et cela fait partie de nos dispositifs d’accompagnement à la professionnalisation.

Le public change
«Désormais le spectateur réserve ses billets à l’avance, observe Laurent Domingos, ce qui rend le tractage différent. Il concocte son programme pratiquement sur un tableur Excel. Et puis il y a des comportements grégaires où des théâtres sont pleins et d’autres moins. Pour autant, ceux qui ne sont pas pleins ne sont pas moins bien. J’invite donc les spectateurs à être curieux, à prendre les chemins de traverse, à aller dans des théâtres qu’ils n’ont pas encore fréquentés. Si le spectacle que vous vouliez voir est complet alors allez en voir d’autres. Pourquoi s’accumuler aux mêmes endroits ? La méthodologie qui consiste à aller voir des théâtres pleins qui nous fait nous concentrer sur certaines pièces, ça n’est pas bon du tout. D’autres pépites se trouvent ailleurs. Soyons curieux !
L’agenda du Festival off ici. Tous les événements ici.


Off Avignon : 60 ans d’audace en équilibre et une affiche qui l’indique

Bruno Catalano crée des silhouettes évidées, comme en suspens, des voyageurs en bronze, éternellement jeunes et beaux. Nous l’avons rencontré lors de la promotion du spectacle de danse ‘Fragment(s)’ de Jade Janisset, autour d’une de ses œuvres, à l’espace Alya jusqu’au 26 juillet à 20h30, lors du festival Off 2025 d’Avignon.

Comment tout a commencé
L’idée de Fragment(s) à germé le 18 mai 2024, à New York, au coin de Park Avenue et de la 38e rue. A l’occasion du vernissage de l’exposition intégrant la nouvelle sculpture Voyage à New York de Bruno Catalano, Jade Janisset a proposé une performance en extérieur, avec des danseurs, autour de cette nouvelle œuvre. La sculpture de Catalano, personnage scénique à part entière, est le centre des échanges et discussions mouvantes avec les interprètes. Fragment(s) transcende les frontières de la danse contemporaine, jazz et hip-hop pour raconter une histoire profondément humaine. 

J’ai commencé à sculpter
«J’ai commencé à sculpter à 30 ans et à bien gagner ma vie à 45 ans, se souvient Bruno Catalano. Avant ? J’avais appris le métier d’électricien. Puis j’ai eu envie de changer de métier. Ma première œuvre ? Le buste de mon père. C’était pour lui prouver que j’étais sculpteur. J’ai commencé à exposer en 2005, à la galerie Médicis, place des Vosges à Paris, puis toutes les galeries m’ont mis le grappin dessus.»

Bruno Catalano Copyright MMH

Chaque sculpture immortalise une vraie personne 
«Chaque sculpture est faite d’après une modèle réel, des vrais gens de la vie. Au départ, je me sculptais moi-même, mais il me fallait un nouveau challenge : Étudier le visage, le corps, la posture, travailler la ressemblance. Vos sculptures arborent toutes une valise ou un sac de voyage, pourquoi ? Parce qu’il y a comme un déracinement. Je viens du Maroc. J’ai dû partir avec des valises et arriver en France. J’avais 10 ans.  Et donc, avec mon frère, ma sœur, mes parents, on est partis vraiment avec des valises, en disant, on s’en va du Maroc, on ne reviendra plus.»

Comme un déracinement
«Il y a comme un déracinement qui s’est installé dans mon âme. Et quand j’ai commencé à faire de la sculpture, effectivement, j’ai travaillé assez rapidement le thème du voyage. Je me suis interrogé sur ça, et aussi sur le voyage mental. Au fil de la vie, j’ai perdu des êtres chers, des choses. C’est touchant. L’âge venant, on se déleste. Et j’ai incorporé ça dans ma sculpture, pas en réfléchissant le soir mais en  dessinant.»

Cyrano de Bergerac et l’accident de fonderie
Comment est intervenu ce déchirement de la silhouette ? «Tout a commencé par un accident de fonderie. J’avais exécuté un Cyrano de Bergerac de 30 cm sur lequel j’avais passé beaucoup de temps et une faille a détruit le corps. En regardant la sculpture –j’avais déjà entre 10 et 12 ans de métier- je me suis dit que je ne pouvais pas jeter cette sculpture, ni gaspiller autant d’heures de travail.»

Des silhouettes déchirées
«Le premier visage de cette sculpture évidée, c’était donc Cyrano. Je me suis dit : je vais lui couper le ventre, mais je garde au moins la tête, son chapeau, sa plume et ça a découlé… Sur quelque chose d’assez exceptionnel. Une représentation qui n’existait pas dans le monde de la sculpture. C’est lorsque vous vous démarquez des autres que le succès arrive. Après, je ne pouvais plus lâcher l’histoire. Quelque fois, je fais de nouveaux travaux.»

Entre la matière et immatérialité
«Et puis, vous savez, on possède deux cerveaux, un dans la tête et un dans le ventre. Et il y a ce lien entre eux. Le cerveau, il nous déconnecte, il est le lien avec l’immatériel. Le ventre représente la matérialité, les besoins primaires. Finalement, on peut tout mettre dans le vide, ce qui nous fragilise, que l’on veut cacher…L’art c’est un peu se prendre pour Dieu et Dieu est immortel. Vous vous sentez immortel ? A 30 ans oui, maintenant non. Quand l’âge approche on réfléchit autrement. Mais ma sculpture va devenir immortelle.»

Copyright Valentin Freland C-Jay Art

L’un dans l’autre
«Maintenant, j’incorpore, dans mes sculptures, un effet miroir. Parce que le bronze, quand on le polie, devient miroir. Et c’est assez intéressant parce que les gens s’approchent et regardent leur propre reflet dans la sculpture. J’aime bien aussi quand les gens s’approchent pour regarder ce qu’il se passe. Vous voyez ? Je mélange le miroir au voyage aussi.»

Vous sculptez des enfants ?
«Non.» On ne touche pas à l’enfant ? «Non, on ne le déchire pas..» Et les personnes âgées ? «Ça m’est arrivé. J’ai organisé un concours où les gens posaient. Je choisis les gens. Et là un homme et sa maman, malade, avançaient tous les deux, lui, lui tenant la main et une valise. J’ai sculpté sa maman parce que tous les deux m’avaient touché. » Pourquoi ? «C’est lui qui lui tenait la main alors, que bien des décennies avant, c’avait été elle.»

Bruno Catalano est issu d’une famille sicilienne installée au Maroc où il est né en 1960 et a vécu à Marseille. Il réside désormais à Crest et réalise 10 voyageurs par an, chacun en trois exemplaires : 45 cm –la taille de prédilection pour travailler le visage et la posture ; 1m ; puis à la grandeur nature de son modèle.

Les infos pratiques
Fragment(s) de Jade Janisset avec Ayoub Abekkane, Romane Bigey, Emilie Briaumont, Jade Janisset, Paco Lemoine, Camille Letullier, Inès Saidani, Oussama Elyousfi-Lemghari. A travers gestes et silences, Fragment(s) explore la construction de l’identité, le manque, la quête de soi, et la résilience. Festival Off d’Avignon. Jusqu’au 26 juillet. Relâche les 16 et 23 juillet. 20h30. Durée 1h05. Salle A. Espace Alya. 31 bis, rue Guillaume Puy à Avignon. Tout public. A partir de 7 ans. De 10€ à 20€. 04 90 85 13 08. Réservation ici.


Off Avignon : 60 ans d’audace en équilibre et une affiche qui l’indique

Harold David et Laurent Domingos, les deux co-présidents d’Avignon Festival & Compagnies –AF&C- du Festival Off d’Avignon et Sophie-Anne Lecesne, vice-présidente ont fait un point d’étape du festival qui se déroule aux mêmes dates que le Festival In du 5 au 26 juillet 2025 pour 21 jours de festival –relâches comprises-. Les premiers chiffres collectés, cinq jours après le début du off, sont excellents et promettent un festival exceptionnel.

Pour les deux présidents et la vice-présidente, le Festival off a démarré très fort, peut-être parce que les deux festivals -In et Off- sont organisés aux mêmes dates.

Laurent Domingos Copyright MMH

Ticket’off, l’ergonomie booste la fréquentation de la plateforme
«Nous vivons un festival extraordinaire avec des rues foisonnantes de monde, relate Laurent Domingos. Près de 137 000 contremarques Ticket Off ont été vendues au 10 juillet, ce qui est une hausse très nette par rapport à l’année dernière. En 2024, sur tout le festival nous étions à 200 000. Il est vrai que la plateforme s’améliore d’année en année et que le public commence à avoir l’habitude de s’y rendre pour commander ses places.»

Sophie-Anne Lecesne Copyright MMH

Les cartes du Off
«L’autre excellent indicateur est le nombre de cartes du off vendues : 51 600 à ce jour, alors qu’à la fin du festival, en 2024, il y en avait 62 898, donc presque 63 000, rappelle Sophie-Anne Lecesne. Cela démarre fort alors que, côté compagnies, nous parlions entre nous de semaine ‘modérée’ avant que la fréquentation des salles ne soit boostée autour du 14 juillet et ne retombe la dernière semaine.»  «Pour la première fois également, nous avons ouvert une boutique physique de vente de billets –au village du Off- ce qui rend la vente plus concrète, précise Laurent Domingos. Nous sommes également dans une année 2025 normale, où il n’y a pas d’événements géopolitiques majeurs, ni les Jeux Olympiques, également, le festival a commencé au début des vacances scolaires. Enfin, la météo est plutôt clémente. S’il est difficile de savoir aujourd’hui si l’élan va perdurer et si l’on est vraiment dans une dynamique très forte, on peut tout de même observer une anticipation plus importante de l’acte d’achat du public.»

Harold David Copyright MMH

Depuis 3 ans, Le chemin du spectateur avec Cultures du cœur
«Cultures du cœur est une billetterie solidaire qui permet de rapprocher les théâtres des publics du territoire, relate Harold David. Mission ? Offrir des places de spectacles aux publics éloignés de la culture. Près de 10 000 invitations sont ainsi distribuées. Le dispositif est financé par des fonds privés via la Fondation AF&C qui collecte les fonds de mécénat auprès des entreprises du territoire. En contrepartie les compagnies proposent un temps de dialogue et de médiations avec les publics. Le dispositif fonctionne bien puisque 900 billets ont été achetés, l’an passé, grâce à la dotation d’AF&C. Près de 84 sorties collectives ont été organisées par une quarantaine de structures maintenant liées au Festival pour favoriser l’accès à la culture.»

Les auteurs de l’ouvrage Le Souffle du Off sur Avignon Copyright MMH

Le souffle du Off sur Avignon
‘Le souffle du Off sur Avignon’ est un ouvrage collectif écrit par Emilie Pamart, Maud Pélissier-Thiériot et Paul Rasse, paru ce mois aux Éditions universitaires d’Avignon. L’ouvrage restitue les résultats d’une enquête collective menée pendant deux ans sur le festival Off d’Avignon. « Ce livre est né d’une volonté commune d’investir le terrain du Off durant deux années consécutives qui ont été l’occasion de rencontres denses, variées, dissonantes parfois, mais toutes riches d’enseignements qui nous ont amenés à voir dans le Off un miroir grossissant des enjeux, des mutations et des défis que traversent la filière du spectacle vivant dans un contexte de post-crise sanitaire et de transitions – environnementale, économique, numérique et sociale,» précise Maud Pélissier-Thiériot.

Collecte et analyse des données
«C’est un travail remarquable qui aborde beaucoup d’aspects du festival, très prudent, dans ses mutations, dans sa spécificité des publics, et qui met véritablement en lumière la manière dont l’offre est aujourd’hui en train de devenir une plateforme d’échanges pour la culture, la filière du spectacle vivant, et l’ensemble des acteurs qui participent, détaille Harold David. C’est vraiment un ouvrage de référence pour les années à venir et sur lequel, AFC va pouvoir s’appuyer pour pouvoir approfondir notre travail de compréhension et de réflexion sur le festival.»

Copyright Festival Off Communication

10 000 personnes entrent au Village du Off chaque jour
«Le village du Off est un lieu ressource où l’on peut trouver de l’info, reprend Laurent Domingos. On va essayer d’en décrypter la typologie. Le Village du off pour enfant de 0 à 14 ans –Tadamm, 1 rue des Ecoles à Avignon, Ecole Simone Veil- a connu un engouement presque immédiat depuis son ouverture le 7 juillet. Les enfants peuvent participer à des ateliers et les parents se poser un peu.» Au programme des ateliers artistiques, des scènes découvertes, des jeux, des rencontres, un coin lecture, un espace détente, pour y vivre le festival autrement.
«Lors d’une enquête nous avons demandé aux artistes et aux techniciens s’ils avaient renoncé au festival Off faute de mode de garde pour leur enfant, relève Sophie-Anne Lecesne. La réponse a été oui une fois sur deux. Nous allons travailler là-dessus : Créer un crèche pour les enfants de 0 à 3 ans, pour les travailleurs du Off.»

Tout le programme du Village du Off ici. Il s’y déroule plus de 300 événements.


Off Avignon : 60 ans d’audace en équilibre et une affiche qui l’indique

L’histoire avant l’histoire : L’auteure, Aude de Tocqueville, a été mandatée par une société d’HLM parisienne pour recueillir le témoignage de gardiens d’immeubles qu’elle a, ensuite, livré en un ouvrage ‘Eloges des loges’ co-écrit avec Jean-Michel Djian aux éditions Autrement en 2023.

Solitude d’un ange gardien
Cet ouvrage qui connaît un véritable succès, a ensuite donné lieu à la pièce de théâtre qui nous est offerte aujourd’hui ‘Solitude d’un ange gardien’. Le livre et la pièce ont été plébiscités et ‘mécénés’ par l’organisme HLM Régie immobilière de la Ville de Paris.

Et maintenant, l’histoire
Tony, -interprété par Pierre Forest- enfant extrait, avec sa famille, d’Afrique du nord lors des événements d’Algérie est, depuis 30 ans, gardien d’immeuble à Paris. Dans cet espace si singulier, il incarne l’alpha et l’oméga d’un éco-système complexe fait de tout ce que compte l’humanité : ceux qui font du bruit, ceux qui sont gentils, les discrets, les prolixes, les trafics en tout genre, la détresse, la folie, la gentillesse, la solidarité… Les descentes de Police, les problèmes de cafards…

Un ours mal léché
Cet ours mal léché, mais au grand cœur, est normalement le plus grand des taiseux. Mais les gens ‘de là-haut’ ont décidé qu’il était temps qu’il prenne sa retraite, remplacé par un nouveau, véritable force vive de la modernité. Cependant Tony ne l’entend pas de cette oreille et veut protéger ses ouailles, continuant à veiller sur cette micro-société dont il connait tous les secrets et les ressources.

Copyright Léonard Vincent

La nouveauté qui bouscule
Le danger ? La méconnaissance, l’innocence, l’immaturité, le jugement de personnes extérieures peu enclines à comprendre les enjeux des vies qui grouillent entre des murs aussi fins que du papier à cigarettes. Dans le cœur de Tony ? Les clefs de la sérénité qu’il ne veut pas voir s’envoler.

Donner corps au texte
Un spectacle écrit avec la grâce de la bienveillance envers nos failles, nos maigres réussites ou celles, invisibles, qui rendent l’humain plus acceptable, même en temps de bourrasques. On a adoré le jeu à la fois fort et doux, pantagruélique de Pierre Forest qui donne toute son énergie, toute son âme, à défendre le texte qui s’efface devant la force de son jeu où se mêlent les petites histoires dans la grande. On aime cette humanité multiculturelle, égratignée, malmenée, parfois sectaire, rude mais si profonde. Un merveilleux spectacle qui extirpe le beau dans le laid.

Les infos pratiques
Solitude d’un ange gardien. Théâtre de l’Oriflamme. 3-5, Portail Matheron à Avignon. Jusqu’au 26 juillet. 13h. Durée 1h10. Relâche les 9,16 et 23 juillet. Réservation : 04 88 61 17 75.

https://www.echodumardi.com/tag/festival-off-davignon/   1/1