29 juillet 2026 |

Ecrit par le 29 juillet 2026

Festival Off d’Avignon, les chiffres du géant culturel

A quelques jours de la clôture de sa 60e édition, le Festival Off d’Avignon demeure la première vitrine mondiale du spectacle vivant indépendant. Raymond Yana, Laurent Domingos et Harold David respectivement co-présidents du festival Off d’Avignon et directeur délégué d’Avignon festival et compagnies ont dévoilé les premiers chiffres de l’édition 2026. Avec 1 812 spectacles, 27 000 représentations, 1 600 compagnies (contre 1 400 en 2025), 141 théâtres, un taux moyen de remplissage de 54% et possiblement 2 millions de billets vendus (contre 1,6 million de billets vendus en 2025), plus qu’une accumulation de records, ce pré-bilan révèle surtout un festival qui se professionnalise, affine ses outils d’analyse et prépare déjà ses prochaines mutations. Le chiffre d’affaire global du festival Off d’Avignon est estimé à 22M€.

De gauche à droite Raymond Yana, Laurent Domingos co-présidents du Festival off d’Avignon et Harold David, directeur-délégué d’Avignon festival & compagnies Copyright Mireille Hurlin

Le Festival Off d’Avignon poursuit sa croissance sans céder à la surenchère. Avec 1 812 spectacles proposés cette année, contre 1 781 annoncés au printemps, et 1 500 compagnies réunies dans 141 théâtres, l’événement confirme sa stabilité tout en gagnant en densité. Les quelque 27 000 levers de rideau témoignent d’une programmation toujours aussi foisonnante, portée à 90% par des compagnies françaises et à 10% par des troupes étrangères.

Une édition anniversaire qui consolide les acquis
Par rapport à l’an dernier, l’évolution est mesurée mais significative : davantage de compagnies choisissent désormais de partager les créneaux de représentation, certaines ne jouant que lors de la relache des autres, plutôt que d’occuper une salle durant les trois semaines du festival. Une adaptation qui reflète autant les contraintes économiques que l’évolution des stratégies de diffusion.

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Des chiffres encore à venir
La principale nouveauté de cette édition réside dans la méthode d’observation. Pour la première fois, Avignon Festival & Compagnies dispose de données de billetterie couvrant 52% de la capacité totale du festival, grâce à la plateforme Ticket’off. Résultat : Le taux moyen de remplissage atteint 54%, un chiffre désormais fondé sur des ventes réelles et non plus sur des estimations déclaratives. Autre enseignement encourageant : la fréquentation ne s’est pas essoufflée durant la dernière semaine. Là où l’édition précédente avait connu un net ralentissement après le 14 juillet, le rythme des ventes demeure soutenu jusqu’aux derniers jours.

Ticket’Off s’impose comme un outil stratégique
La plateforme Ticket’Off poursuit son ascension. Les ventes de contre-marques progressent de plus de 15%, tandis que la Carte Off continue de fidéliser les spectateurs. Près de 86 000 Cartes Off devraient être vendues d’ici la fin du festival, contre 80 000 en 2025 et seulement 65 000 en 2024, illustrant une progression constante de la communauté des festivaliers. Les habitudes d’achat évoluent elles aussi. Un tiers des billets est désormais réservé avant l’ouverture du festival, tandis que les deux autres tiers sont acquis sur place, preuve que le bouche-à-oreille demeure l’un des moteurs essentiels du Off.

Les coups de cœur pour remplir plus vite les salles
Le nouveau dispositif des ‘Coups de cœur’, qui permet aux spectateurs de recommander les spectacles via Ticket’Off, fonctionne. Plus de 17 500 festivaliers y ont déjà participé, générant près de 75 000 recommandations, autant de signaux précieux pour les compagnies comme pour le public.

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Un festival très ancré
Contrairement à certaines idées reçues, le Festival Off reste avant tout un rendez-vous régional. Plus de 40% des acheteurs Ticket’Off proviennent du quart sud-est de la France, avec une forte représentation des Vauclusiens, des Bouches-du-Rhône, du Gard, de la Drôme ou encore du Var. Les Franciliens représentent, eux, 18% des acheteurs. Cette proximité territoriale confirme que le festival est un formidable levier d’accès au spectacle vivant pour les habitants de la région, bien au-delà de son rayonnement international.

Professionnels, médias et familles toujours plus présents
L’attractivité professionnelle ne faiblit pas. Le festival a accueilli 2 081 professionnels accrédités, dont près de 500 journalistes, tandis que les retombées médiatiques progressent de 20%, avec déjà 3 033 publications recensées, dont 85% sur le web. Le Village du Off confirme également son rôle de carrefour de la filière. Plus de 300 rencontres professionnelles y ont été organisées et près de 118 000 visiteurs y sont déjà passés.

Tadamm le village des petits festivaliers en famille
Même dynamique du côté de Tadamm, le village dédié aux familles. Après une première édition prometteuse en 2025, le dispositif change d’échelle avec près de 12 800 familles attendues d’ici la clôture du festival, 42 ateliers artistiques complets et un projet déjà à l’étude pour proposer, dès l’an prochain, un véritable accueil des enfants permettant aux parents d’assister aux spectacles en toute sérénité. Raymond Yana étudie une possible garde d’enfants de plusieurs heures afin de libérer les parents. Projet qui devrait voir le jour lors du festival off 2027.

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Les défis de la prochaine décennie
Derrière les chiffres flatteurs, les dirigeants d’Avignon Festival & Compagnies esquissent déjà les priorités des prochaines années. Le logement des compagnies, devenu de plus en plus coûteux, figure parmi les urgences, tout comme la création d’espaces de repos ‘une oasis’ pour les artistes harassés les scènes, le tractage et la canicule. L’association AF&C souhaite également repenser entièrement le programme papier, moderniser les outils numériques, développer une billetterie en temps réel, renforcer les résidences artistiques et créer un fonds de dotation afin de compenser la baisse annoncée des financements publics.

Les subventions des collectivités en berne
Près de 81% des spectacles programmés ne bénéficient d’aucune subvention des collectivités, contre 78% l’an dernier, la question du modèle économique devient plus que jamais centrale. Le Festival Off, devenu en 60 ans l’un des plus grands marchés internationaux du spectacle vivant, semble désormais entrer dans une nouvelle phase de son histoire : celle d’une croissance plus qualitative, fondée sur la professionnalisation de ses outils, la fidélisation de ses publics et la recherche d’un équilibre économique durable.

Le festival off en chiffres
Avec 27 000 levers de rideau, le Festival Off confirme son statut de plus grande scène de spectacle vivant au monde. Cette 60ᵉ édition représente un volume estimé de 1,41 million de billets vendus sur 2,6 millions de places proposées, pour un chiffre d’affaires de billetterie évalué à 22 millions d’euros TTC. La manifestation rassemble 1 812 spectacles, portés par environ 1 600 compagnies et structures de production, dans 141 théâtres. La Carte Off poursuit sa progression avec 84 000 exemplaires déjà vendus, une estimation de 86 000 étant attendue à la clôture du festival, tandis que 339 861 billets, soit 24 % des ventes, ont transité par Ticket’Off. Côté fréquentation, le Village du Off a accueilli près de 118 000 visiteurs, le Village TADAMM ! plus de 10 000, et 34 000 spectateurs ont assisté aux concerts du Son du Off. Enfin, la manifestation a généré 3 033 retombées presse, enregistré 1,5 million de visites sur son site internet, fédéré 83 000 abonnés sur les réseaux sociaux et réuni 2 080 professionnels accrédités, dont 500 journalistes, confirmant son rayonnement culturel et médiatique.
Mireille Hurlin

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Festival Off d’Avignon, les chiffres du géant culturel

À mi-parcours de sa 60ᵉ édition, le Festival Off d’Avignon confirme son attractivité. Les indicateurs de fréquentation progressent, avec 75 000 Cartes Off vendues (abonnement) et 279 000 contremarques Ticket’Off (plateforme de réservation de places de spectacles) enregistrées au 16 juillet, tandis que plus de 70 000 visiteurs ont déjà franchi les portes du Village du Off (maison commune qui rassemble le public, les artistes, les techniciens, les professionnels, le partenaires…). Le laboratoire du spectacle vivant ne s’est jamais aussi bien porté.

Au 16 juillet, 75 000 Cartes Off avaient été vendues, contre 69 700 à la même période en 2025. Plus révélatrice encore, la plateforme Ticket’Off recensait déjà 279 000 contremarques, en progression de près de 22% sur un an. Cette croissance s’accompagne d’une évolution des usages. Les « Coups de cœur » de Ticket’Off rencontrent un succès grandissant auprès des festivaliers. Basé sur un indice pondéré tenant compte des capacités d’accueil des salles, le système offre un repère réputé ‘équitable’ pour guider les choix du public.

L’accès à la culture pour tous
Egalement, le Festival Off poursuit son travail d’ouverture au plus grand nombre, via le dispositif ‘Le Chemin du spectateur’, développé avec Culture du Cœur Vaucluse. Plusieurs compagnies proposant 389 spectacles ont décidé d’offrir 14 682 places destinées aux publics éloignés de la culture. À la mi-juillet, 3 737 billets avaient été écoulés. Egalement, 80 sorties culturelles ont déjà été financées pour 730 bénéficiaires, auxquelles s’ajoutent des ateliers artistiques, des rencontres avec les compagnies et des actions de médiation destinées notamment aux familles et aux jeunes.

Le Wyppam, un incubateur de coopérations culturelles
Du 19 au 24 juillet, le festival accueille la 3e édition du World Young Professionals Performing Arts Meeting (WYPPAM). Plus d’une cinquantaine de jeunes professionnels venus de quatorze pays, de l’Arménie au Canada, du Kirghizstan à la Tunisie, participeront à ce programme immersif destiné à former la prochaine génération des acteurs de la diffusion internationale.

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Quand le spectacle vivant interpelle le politique
À moins d’un an de l’élection présidentielle, le Village du Off ouvre le débat. Après les passages de Xavier Bertrand, Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier, Clémentine Autain ou Delphine Batho, François Ruffin a lui aussi rencontré les responsables d’AF&C. D’autres personnalités sont attendues dans les prochains jours, parmi lesquelles Olivier Faure, demain 21 juillet à 11h30 et Dominique de Villepin le 23 juillet à 17h30. Mission ? Interroger les responsables politiques sur le financement de la création, de la diffusion des œuvres, de l’emploi artistique, de la liberté de création ou encore impact de l’intelligence artificielle sur les métiers du spectacle vivant.

70 000 visiteurs au Village du Off, cœur battant du festival
Plus de 70 000 visiteurs : Professionnels, compagnies, festivaliers et habitants se croisent au Village du Off autour de débats, de rencontres, d’ateliers ou de moments de convivialité. LesJournées des auteur·rices’, organisées avec le soutien de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques), ont mis en lumière la vitalité des écritures contemporaines. D’ailleurs, plus de 1 400 auteurs vivants sont représentés dans cette édition 2026, illustrant la diversité des formes et des esthétiques du spectacle vivant actuel. Le festival poursuivra également ses rencontres consacrées aux enjeux de diversité et d’inclusion avec les Queer Talks (communauté LGBTI+ Lesbiennes, homosexuels, bisexuels, transgenres et intersexués), tandis que plusieurs prix viendront distinguer spectacles et créations : Trophées Avignon & Moi, Prix du Club de la Presse, Prix Tournesol, Prix de la plus belle affiche ou encore Prix Milano Off.

Engagement citoyen
Jusqu’au 19 juillet, une collecte de denrées non périssables a été organisée au Village du Off au profit de la Banque alimentaire de Vaucluse, invitant festivaliers, compagnies et professionnels à contribuer à cette chaîne de solidarité.

Une mobilisation sociale toujours présente
Cette 60e édition du Festival Off se déroule néanmoins dans un contexte marqué par les inquiétudes du secteur culturel. Après la manifestation du 13 juillet, qui avait réuni près de 1 800 professionnels, les organisations syndicales poursuivent leur mobilisation. Une agora s’est tenue le 16 juillet devant le Palais des Papes et plusieurs actions sont annoncées tout au long de l’été, avant une journée nationale prévue le 26 septembre. Ainsi le Festival Off demeure à la fois une scène de création, un espace de dialogue et un observatoire des évolutions du monde culturel.
Mireille Hurlin


Festival Off d’Avignon, les chiffres du géant culturel

1 648 tonnes de denrées redistribuées, 63 365 bénéficiaires, 2,7 millions de repas servis en 2025 : la Banque Alimentaire de Vaucluse profite de la visibilité du Festival Off d’Avignon pour rappeler qu’en matière de précarité alimentaire, l’été n’est pas une parenthèse. Partenaire de la semaine écoresponsable d’Avignon Festival & Compagnies, elle a proposé des ateliers de sensibilisation et une collecte destinée à soutenir les plus fragiles.

Chaque mois de juillet, Avignon attire des centaines de milliers de festivaliers venus du monde entier. Derrière l’effervescence artistique se dessinent pourtant d’autres réalités, plus discrètes. Celle de milliers de familles qui continuent à dépendre de l’aide alimentaire, y compris pendant l’été. C’est précisément pour rapprocher ces deux univers que la Banque Alimentaire de Vaucluse s’est associe cette année à Avignon Festival & Compagnies (AF&C) dans le cadre de sa semaine écoresponsable. Une initiative qui s’inscrit dans la politique de responsabilité sociétale (RSE) de l’association organisatrice du Festival Off et qui entend faire de la culture un vecteur d’engagement citoyen. Présente dans les supports de communication du festival, la Banque Alimentaire a investi également le Village TADAMM afin de sensibiliser le public aux enjeux d’une alimentation saine, durable et accessible à tous.

Une collecte pour prolonger l’élan du festival
Pendant toute la durée de l’opération, les festivaliers sont invités à déposer des denrées alimentaires dans un caddie installé à l’entrée du Village du Off. Les dons recherchés répondent aux besoins actuels des associations d’aide alimentaire : conserves de poissons, légumineuses, lentilles, pois chiches ou haricots secs, autant de produits riches en protéines, faciles à conserver et particulièrement utiles dans la composition de repas équilibrés. Cette collecte illustre l’ambition du partenariat : transformer la fréquentation exceptionnelle du festival en un formidable élan de générosité.

Copyright Mireille Hurlin

Bien manger, un enjeu de santé publique
La Banque Alimentaire œuvre également à améliorer la qualité nutritionnelle des produits proposés aux bénéficiaires. En Vaucluse, cette démarche s’appuie sur le programme national « Bons gestes, Bonne Assiette », qui encourage une alimentation plus équilibrée auprès des personnes en situation de précarité. Elle bénéficie également du dispositif « Mieux Manger Pour Tous », permettant notamment la distribution de fruits et légumes biologiques issus de circuits courts. Ces actions rejoignent les objectifs du Programme national nutrition santé (PNNS), qui promeut une alimentation plus diversifiée, plus riche en produits frais et favorable à la prévention des maladies liées à la nutrition.

La précarité alimentaire est un phénomène durable
En 2025, la Banque Alimentaire de Vaucluse a redistribué 1 648 tonnes de denrées, soit l’équivalent de 2 707 000 repas, au bénéfice de 63 365 personnes, grâce au travail mené avec 66 associations partenaires réparties sur le territoire. Inflation, hausse du coût du logement, dépenses énergétiques ou difficultés d’accès à une alimentation de qualité fragilisent un nombre croissant de ménages. Les associations constatent par ailleurs une diversification des publics accueillis : étudiants, familles monoparentales, travailleurs précaires ou retraités figurent désormais parmi les bénéficiaires réguliers.
Mireille Hurlin


Festival Off d’Avignon, les chiffres du géant culturel

Ils ont fait vibrer des millions de téléspectateurs devant les plus grandes compétitions de patinage artistique. Jusqu’au 14 juillet Nelson Monfort et Philippe Candeloro troquent les cabines de commentaires pour les planches du Festival Off d’Avignon avec Ça patine à Tokyo, une comédie policière aussi décalée que réjouissante. Entre humour, complicité et nostalgie, le tandem emblématique s’offre une nouvelle pirouette, cette fois sous les projecteurs du théâtre du Rouge Gorge.

Pendant près de 20 ans, leurs échanges spontanés, leurs réparties complices et leurs commentaires passionnés ont accompagné les grands rendez-vous du patinage artistique sur France Télévisions. Nelson Monfort, journaliste à la voix si reconnaissable, et Philippe Candeloro, double médaillé olympique devenu consultant à la personnalité haute en couleur, et élu tout récemment président de la fédération des sports de glace, forment l’un des binômes les plus populaires du paysage audiovisuel français.

Quand le duo culte quitte la glace pour les planches
Le pari pouvait sembler improbable : les réunir dans une véritable pièce de théâtre. C’est pourtant le défi relevé par les auteurs Hugo Cremaschi et Julien Grange, qui imaginent une intrigue spécialement construite autour de leurs personnalités. Le résultat est une création originale qui joue habilement avec l’image publique des deux hommes sans jamais se contenter d’un simple enchaînement de clins d’œil. 

Un polar déjanté au cœur du Japon
L’histoire débute à Tokyo, où Nelson Monfort et Philippe Candeloro sont venus commenter les Championnats du monde de patinage artistique. Mais le séjour bascule lorsqu’un corps est découvert dans la salle de bain de la chambre de Philippe Candeloro. Contraints de suivre les mystérieuses consignes laissées par le meurtrier tout en assurant leur mission sportive, les deux hommes se retrouvent embarqués dans une succession de situations absurdes où l’enquête policière se mêle aux quiproquos, aux improvisations et aux échanges savoureux. Cette mécanique de comédie repose autant sur le suspense que sur la relation fraternelle qui unit les deux protagonistes.

Une alchimie retrouvée
Le spectacle s’amuse du caractère bien trempé des deux personnalités, détourne leurs codes médiatiques et révèle une réelle aisance scénique. Nelson Monfort s’autorise un registre burlesque inattendu, avec un clin d’œil à l’inspecteur Colombo, tandis que Philippe Candeloro retrouve sur scène l’énergie, l’autodérision et la spontanéité qui ont fait sa réputation. Et leur duo prend toute sa place dans un Festival Off d’Avignon qui, depuis 60 ans, fait dialoguer les univers artistiques les plus variés comme les créations contemporaines, les grands textes, les spectacles expérimentaux, et bien sûr, des propositions populaires, comme celle-ci, qui séduisent un très large public. 

Le plaisir de retrouver deux visages familiers
La pièce fonctionne grâce à la complicité de Nelson Monfort et Philippe Candeloro qui ont construit une relation de confiance, d’improvisation et de taquineries permanentes. Sur scène, cette connivence devient le moteur principal du spectacle et donne à chaque représentation une impression de fraîcheur, comme si une part de l’imprévu restait toujours possible. Cette création célèbre ce qui fait les grands duos une authentique sincérité et le plaisir évident d’être ensemble devant un public qui en redemande.

Les infos pratiques
Ça patine à Tokyo’. Festival Off d’Avignon. Théâtre Rouge Gorge. Salle 1, place de l’Amirande, AvignonJusqu’au 14 juillet 2026. 11h551h10Tout public à partir de 8 ansTarif plein : 27€. Les réservations ici. 04 84 51 24 34.
Mireille Hurlin

Copyright Neely Veiga

Festival Off d’Avignon, les chiffres du géant culturel

La belle histoire d’amitié entre Hélène Berr et Odile Neuburger et une plongée dans la guerre. Dans une mise en scène d’Eric Bouvron.

Elles font connaissance sur les bancs de l’école. Hélène et Odile s’écrivent, deviennent complices, plus que sœurs. Elles se confient tout ce qui leur arrive, les rencontres qui les touchent, leur éveil à l’amour. Quand la guerre va les séparer, leur correspondance les reliera et elles ne cesseront de se raconter. La légèreté et l’insouciance confisquées, mais l’âme libre.

La montée du nazisme
Nées de famille juive, elles verront avec révolte la montée du nazisme en 1938, alors qu’elles ont 17 ans. En 42 Odile fuit avec sa famille en zone libre. Hélène non. Pour elle rester c’est résister. Elle livre à son journal sa vie sous l’occupation.

Copyright Eric Bouvron

Un journal et des lettres
C’est à partir de ce journal et de la correspondance entre les deux amies qu’a été faite l’adaptation théâtrale. Sur la scène du Petit Louvre, un duo émouvant : Virginie Bienaimé comédienne et adaptatrice et Manon Leroy. Elles dialoguent et lisent tour à tour des extraits épistolaires. Elles incarnent les deux amies dont la jeunesse gaie va disparaitre face aux affres de la guerre. « Fini les frivolités ».

Conserver la mémoire des faits
Hélène, interprétée par Virginie Bienaimé, est obligée au port de l’Etoile jaune et subit la terreur. Elle note tout « pour ne pas oublier ». Arrestations, déportations, horreurs de l’occupation… « Preuves de l’inanité de notre prétendue civilisation » Et elle affirme « Chacun dans sa petite sphère peut faire quelque chose. Et s’il le peut, il le doit ». Odile, interprétée par Manon Leroy, fuit sans cesse. Chacune tente d’être utile et s’engage dans des associations. Elles ont peur pour leur amoureux. Elles se soutiennent et s’encouragent au fil de leurs lettres. Amitié indéfectible pour l’éternité…

Les infos pratiques
Pour l’éternité‘. Au Petit Louvre, 23 rue Saint Agricol, à 10 heures. Jusqu’au 25 juillet, relâche les 9,16 et 23 juillet. Réservations ici et 04 32 76 02 79.
Marie-Hélène Loubatié

Copyright Eric Bouvron

Festival Off d’Avignon, les chiffres du géant culturel

Trois pièces d’Alfred Alexandre sont présentées dans le Off, ‘Au bout du pays’ et ‘Un anniversaire’ à la Chapelle du Verbe Incarné et ‘Le Patron’ au théâtre du Balcon. Dans une mise en scène d’Ewlyne Guillaume.

Le premier volet de la trilogie, «Au bout du pays » est superbement interprété par Serge Abatucci. Seul en scène le grand comédien nous transporte dans un atelier de voiture Caribéen. Le mécanicien solitaire est amoureux de Lili qui rêve de quitter l’île. Pour lui « On a vite fait le tour des exils », mais il prendrait bien la mer avec elle. S’il a besoin d’elle pour exister, son amour ne récolte que mépris de Lili. Lorsqu’elle projette de partir avec deux cousins du patron de l’atelier, le mécanicien à la main trop large, trop lourde, fera tout pour l’en empêcher…

Copyright Marie-Hélène Loubatié

Résidences croisées
Le deuxième volet « Un anniversaire » est un spectacle de théâtre-clown. Il a été écrit et créé dans le cadre de résidences croisées entre le centre dramatique Kokolampoe en Guyane et le théâtre Rimpparemmi en Finlande. Joué avec dynamisme par les finlandaises Jenni Kallo et Niina Rinta-Opas, il montre deux sœurs jumelles, célibataires à la sombre vie, inventant une improbable cérémonie d’anniversaire. Les costumes de Léonor Gellibert apportent leur grain de saveur.

Copyright Mireille Hurlin

Les facettes diverses du centre dramatique guyanais
Avec le troisième volet « Le Patron », on retrouvera Serge Abatucci et l’intéressant travail de la compagnie guyanaise KS ans CO du centre dramatique Kokolampoe. A l’intérieur d’un bar vide, un soir de tempête, le face à face entre la patronne, interprétée par Odile Sankara, et son videur. Trois spectacles complétement différents, montrant la diversité des facettes du Kokolampoe.

Lectures et entretiens avec l’auteur
Figure de la génération post-créolité, Alfred Alexandre propose trois séries de lectures et d’entretiens autour de cette trilogie, à la Chartreuse de Villeneuve-Lez-Avignon, « Ecrire des bords des Empires, « Le Magico » et « Le Pari ».

Les infos pratiques
‘Au bout du pays’, jours pairs et ‘Un anniversaire’, jours impairs, à 14h20, jusqu’au 23 juillet. Relâche les vendredis 10 et 17 juillet. A la Chapelle du Verbe Incarné, 21 G rue des Lices en Avignon. ‘Le Patron’, du 15 au 25 juillet, à 20H35. Relâche les jeudis 16 et 23 juillet. Réservation ici. Au Théâtre du Balcon , 38 rue Guillaume Puy. ‘Ecrire des bords des Empires’ le 11 juillet à 19h30, ‘Le Magico’ le 12 à 19h30 et ‘Le Pari’ le 13 juillet à 19h30. A La Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon.
Marie-Hélène Loubatié 


Festival Off d’Avignon, les chiffres du géant culturel

Savez vous qui est Olympe Audouard ? Non, elle a été injustement oubliée. Comme souvent les femmes qui mériteraient pourtant la célébrité. Grâce à la pièce de François de Mazières, mise en scène par Martin Loizillon, on découvre que cette Olympe est la première femme journaliste.

Incarnée au Petit Louvre par la flamboyante Gwenaël Ravaux ce splendide personnage de femme attire l’admiration. Née en 1832, elle traversa en pionnière tout le 19e siècle. Figure du féminisme français, elle lutta pour sa liberté. Obtenant la séparation d’un mari volage, elle partit à Paris avec son fils pour y réaliser son rêve : fonder un journal qu’elle nomma Papillon. Bravant moqueries et interdits, elle y parvint avec l’appui de Théophile Gautier. Elle s’attira les amitiés de grands écrivains comme Victor Hugo et du se battre contre préfets et administration…

Copyright Mireille Hurlin

Une femme de lettres
Elle a connu les personnalités politiques, littéraires et artistiques de son temps. Elle participa à la Commune de Paris. Elle voyagea à travers le monde entier. Elle a écrit ses mémoires, parlant peu d’elle mais beaucoup des autres. Elle dresse le portrait de quelques catégories d’hommes avec beaucoup d’humour et de sens critique. Loin d’être une « bas bleu », c’est une femme intelligente, sensible, libre et indépendante et Gwenaël Ravaux lui restitue non seulement son côté revendicateur et militant, mais aussi son caractère drôle et vif. Nicolas Rigas lui donne la réplique avec beaucoup de naturel, se mettant dans la peau de plusieurs personnages, du père au Baron Haussmann. Alexandre Camerlo a signé la scénographie, avec un décor de boites en bois recréant une casse d’imprimeur.

Les infos pratiques
Olympe Audouard. Le Petit Louvre, Chapelle des Templiers, 3 rue Félix Gras, Avignon. Jusqu’au 25 juillet, 11h40. Relâche les jeudis. Réservation ici et au 04 32 76 02 79.
Marie Hélène Loubatié

Copyright Mireille Hurlin

Festival Off d’Avignon, les chiffres du géant culturel

Deux thèmes dans cette pièce de Catherine Verlaguet, les désirs d’adolescents et le traumatisme provoqué par un viol. Joséphine a quitté son île et enseigne le français à Marseille. Ses élèves sont à l’âge des désirs d’adolescents. Lors d’un de ses cours les échanges animés entre lycéens et lycéennes réveillent chez Joséphine des souvenirs enfouis qui l’ont traumatisée. A 15 ans alors qu’elle rentrait chez ses parents après une sortie à la plage elle avait été violée.

Dans une mise en scène de Philippe Baronnet, les deux interprètes Léone Louis et Manon Allouch interprètent à merveille plusieurs personnages : le professeur d’origine réunionnaise, sa mère qui vit dans l’île, les élèves. Scènes de classe, confidences entre jeunes avec leurs désirs, leurs interrogations, flash sur ce qui est arrivé dans l’île et ses conséquences depuis dans la vie de la victime. Qui s’efforce de protéger ses lycéennes en leur inculquant les notions de liberté, d’affirmation de soi, de consentement, en leur rappelant qu’elles peuvent toujours dire non.

Les infos pratiques
‘Sens la foudre sous ma peau‘. TOMA 26, Théâtre de la Chapelle du Verbe Incarné, 21G rue des Lices à Avignon. Compagnie Baba Sifon, du 4 au 23 juillet, à 12h35. Durée 80 minutes. Relâche les vendredis 10 et 17 juillet. 04 90 14 07 49.
Marie-Hélène Loubatié

Copyright Mireille Hurlin

Festival Off d’Avignon, les chiffres du géant culturel

Marion Schrotzenberger cumule les talents. Cette auteure, metteuse en scène, chorégraphe et interprète, seule sur la scène de la Chapelle du Verbe Incarné, se transforme en mère célibataire attendant une réponse du juge des affaires familiales. Elle aurait pu échapper aux affres judiciaires en partant avec ses deux filles, mais elle affronte ses galères.

Vêtue d’un vieux jean, d’un chemisier rouge et de bottes brillantes, elle alterne monologues et danses. Dans l’angoisse de la décision de justice, au volant de sa vieille voiture (unique et intéressant élément du décor), avec laquelle elle doit rouler dans la nuit entre travail et enfants, elle parle un peu de tout, souvent avec humour. Elle narre ses arrêts sur les aires d’autoroute, les stations-service, les vitrines éclairées des maisons closes qu’elle aperçoit sur son trajet. Elle dénonce l’injustice de la justice, les luttes que doivent mener les femmes seules.

Son corps avec ses longs cheveux ondulés dessine ses sentiments, appuie son discours. Et le public apprécie. La dramaturgie est de Céline Serrad et Ismaël Colombani, la scénographie et construction du décor d’Emmanuel Lorrin. Un beau spectacle du collectif Lookatmekid de la Réunion.

Les infos pratiques
Chapelle du Verbe Incarné, TOMA 26, 21G rue des Lices. Du 4 au 23 juillet à 12H35. Relâche les vendredis 10 et 17. Tout le programme ici.
Marie-Hélène Loubatié

Copyright Mireille Hurlin

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