5 juillet 2026 |

Ecrit par le 5 juillet 2026

Le Théâtre du Chêne Noir signe sa 59e participation au Festival Off d’Avignon

Au Théâtre du Chêne Noir, la programmation a déjà séduit 20 000 spectateurs qui ont réservé leur place avant que débute la nouvelle édition du Festival Off.

Et le patriarche, Gérard Gélas, qui fêtera ses 79 ans le 7 juillet prochain, reprend ‘Zadig’ de Voltaire à 14h50. « La philo, c’est mon socle, d’ailleurs j’avais eu 19,5/20 au baccalauréat, la meilleure note de France, moi qui étais élève au Lycée Mistral. On l’a vu avec le Bataclan, la tolérance, la lutte contre tous les fanatismes sont toujours d’actualité. Le ciselé de ce conte voltairien, drôle, décapant, sa profondeur m’ont convaincu de le ré-écrire, de le mettre en scène pour en faire une pièce de sorte que la jeunesse d’aujourd’hui puisse se rafraîchir à une pensée que n’asserviront jamais les algorithmes dans les portables. Eteignons-les, levons la tête et que le spectacle commence. »

Son fils Julien Gélas, qui lui a succédé, a alors présenté un à un les spectacles de cette 59e édition du Festival Off. « C’est émouvant de vous voir ici, dans cette ancienne chapelle. Même si la création en France est malmenée, si les subventions se raréfient, vous nous faites confiance les yeux fermés, déjà 20 000 billets prévendus, merci. La culture, ce n’est pas un luxe, c’est vital, c’est une liberté, c’est le bien-être de la société française. »

La programmation

‘Walt, la folie Disney’ est programmé à 10h Salle John Coltrane. « Ce génie était prêt à se mettre sur la paille pour vivre son art. Il a mis 4 ans pour sortir Blanche Neige au terme d’un long processus créatif à la fois douloureux et laborieux. À 12h15, ‘Tout le bleu du ciel’ de Mélissa Da Costa (best-seller aux 10 millions de lecteurs) sera mis en scène par Mikaël Chirinian dont le papa, ancien adjoint de Marie-Josée Roig était dans la salle lors de la conférence de presse.

Suivra à 14h15, ‘Ubu Roi’ d’après Alfred Jarry mis en scène par Jean-Marie Galey. « Avec sa casquette MAGA, il sature les réseaux sociaux de sa sottise sans limite et sa méchanceté décomplexée. Il sature l’égoût de l’information en continu, draine dans son sillage des millions de gogos écervelés et extasiés. » A 16h 15, ‘Carnets d’Ukraine’ de Michel Hazavanicius mis en scène par Julien Gélas. Portraits de femmes et d’hommes qui se battent pour leur liberté, leur terre, leur famille. L’art face à l’obscurantisme. 

Place à ‘Antigone’ à 18h, le chef d’oeuvre de Jean Anouilh mis en scène par Andréa Bescond, auteure des ‘Chatouilles’ qui se se lève et se bat contre le patriarcat de Créon. A 20h, ‘L’harmonie des genres’ de Noémie Delattre. Entre hommes à la masculinité bienveillante et femmes fortes et épanouies.

Dans la Salle Léo Ferré, à 10h15, une fidèle du Chêne, Frédérique Lazarini metta en scène ‘L’école des femmes’. A 12h30, ‘Un conte d’hiver’ de Shakespeare, suivra à 17h, ‘L’avare’ repensé par Tigran Mekhitarian avec 8 comédiens. Puis place à la danse avec ‘Islands’ sur une chorégraphie de Carolyn Carlson à 19h 20. A 21h 15, ‘Intra Muros’ d’Alexis Mickalik.

Du 16 au 25 juillet, Thierry Lhermitte viendra pour ‘La rencontre’ de Charles Pépin à 19h 30, Andréa Bescond les 6 & 13 juillet pour ‘Les chatouilles ou la danse de la colère’, récompensées par le Molière 2016 du seul en scène et par deux César au cinéma. Enfin le 20 juillet Francis Huster célèbrera ‘Un cancre au paradis’.

Entre artistes et spectateurs, le Théâtre du Chêne Noir, et son équipe qui fêtera ses 60 ans en 2027, reste viscéralement un lieu de création et de dialogue malgré les fanatiques en tous genres, jusqu’à Poutine et Trump.


Le Théâtre du Chêne Noir signe sa 59e participation au Festival Off d’Avignon

Depuis 21 ans, la Cour des notaires d’Avignon est devenue l’un des rendez-vous les plus courus du Festival Off d’Avignon. Pendant sept soirées gratuites, les notaires de la Chambre interdépartementale Cévennes Provence offrent leur cour aux compagnies du Festival Off d’Avignon pour présenter des extraits de spectacles de dix minutes. Une initiative culturelle originale qui aide les festivaliers à faire leur choix parmi les milliers de propositions du Off tout en soutenant concrètement la création artistique. 

Dans une ville où près de 1 700 spectacles se jouent chaque jour durant le Festival Off, choisir peut vite devenir un casse-tête. Depuis 2005, à l’initiative de Jean-Pierre Clavel et Pierre Gautier respectivement Président et vice-président de la chambre des notaires de Vaucluse et d’une journaliste, la Cour des notaires apporte une réponse aussi simple qu’efficace : permettre au public de découvrir, gratuitement, une sélection d’extraits de spectacles avant de réserver ses soirées.

Un écrin confidentiel devenu une institution du Festival Off
Nichée au 23 bis rue Thiers, à quelques pas de l’effervescence des rues avignonnaises, la cour arborée des notaires se transforme chaque été en une scène à ciel ouvert où se succèdent théâtre, humour, musique, danse, cirque, improvisation ou encore arts pluridisciplinaires. Pendant deux heures, une dizaine de compagnies disposent chacune de dix minutes pour convaincre le public. Un concept qui reste aujourd’hui unique dans le paysage du Festival Off et qui s’est progressivement imposé comme l’un des lieux de repérage les plus appréciés des festivaliers.

Copyright Anne-Marie Constantin

Une initiative culturelle portée par les notaires de quatre départements
Derrière cette manifestation ? La Chambre interdépartementale des notaires Cévennes Provence, qui rassemble les notaires du Gard, de l’Ardèche, de la Lozère et du Vaucluse. Présidée par Jean-Baptiste Borel, notaire à Orange, elle poursuit ainsi une tradition d’ouverture culturelle qui dépasse les seules missions juridiques de la profession.

Contribuer au dynamisme du territoire
Au-delà de leur rôle de conseil auprès des particuliers, des entreprises et des collectivités, les notaires souhaitent également contribuer au dynamisme de leur territoire. Les Éclats de scène illustrent cette volonté en offrant gratuitement aux compagnies un véritable outil de promotion et au public un moment privilégié de découverte.  

Le meilleur moyen de choisir son Festival Off
Le Festival Off est aujourd’hui l’un des plus grands marchés internationaux du spectacle vivant. Chaque été, il attire des milliers de professionnels, programmateurs et spectateurs venus découvrir les créations de centaines de compagnies. Dans cette abondance artistique, les Éclats de scène jouent un rôle de véritable boussole culturelle. Les spectateurs découvrent une sélection représentative des différentes disciplines, échangent avec les artistes et repartent avec le programme de chaque compagnie, ses horaires et son lieu de représentation. Une formule appréciée qui transforme la simple curiosité en choix éclairé, tout en offrant aux artistes une visibilité supplémentaire auprès d’un public déjà passionné de spectacle vivant.  

Copyright Anne-Marie Constantin

21 ans d’engagement au service des artistes
Créée en 2005 à l’initiative de Jean-Pierre Clavel et Pierre Gautier, alors président et vice-président de la Chambre des notaires de Vaucluse, cette manifestation a largement dépassé le stade de l’expérience. En 20 éditions, plus de 1 200 extraits de spectacles ont été présentés devant près de 15 000 spectateurs. La seule édition 2025 a accueilli 52 compagnies et plus de 840 festivaliers lors de soirées entièrement gratuites pour les artistes comme pour le public. Ces chiffres traduisent la fidélité d’un public qui revient chaque année découvrir les futures révélations du Festival Off.

Quand les futurs grands noms passent par la Cour des notaires
L’histoire des Éclats de scène est aussi jalonnée de belles réussites artistiques. Avant de remplir les plus grandes salles françaises, Jarry, Jeanfi Janssens ou encore Élodie Poux ont présenté leurs premiers spectacles dans la Cour des notaires. D’autres artistes sont revenus partager leurs récompenses, à l’image de Jeanne Arènes, plusieurs fois distinguée aux Molières, ou du metteur en scène Éric Bouvron, de grands artistes comme Sapho, Caroline Loeb, Eric Antoine… ont fréquenté ces mêmes planches. Pour certaines compagnies, cette visibilité a constitué un véritable tournant, leur permettant de rencontrer enfin leur public et d’amorcer leur succès durant le Festival.

Une organisation pensée pour les compagnies
Si la convivialité est la signature des Éclats de scène, l’organisation n’en demeure pas moins particulièrement rigoureuse grâce aux talents d’Anne-Marie Constantin et Marie Morier en lien avec Eva S, la responsable des lieux et membre de l’équipe notariale. C’est ainsi que les compagnies disposent d’une scène équipée, d’une régie professionnelle, de loges, d’un espace d’accueil et d’une équipe technique capable d’assurer des changements de plateau rapides afin de maintenir un rythme soutenu pendant toute la soirée. Chaque date propose une programmation différente, soigneusement équilibrée entre les genres afin d’offrir un panorama fidèle de la richesse du Festival Off.  

Copyright Anne-Marie Constantin

Une autre manière de vivre le Festival
Au fil des années, la Cour des notaires est devenue bien davantage qu’un simple lieu de promotion artistique. Elle constitue un espace de rencontre où compagnies, spectateurs, professionnels du spectacle et notaires échangent dans une atmosphère conviviale, loin de l’agitation des files d’attente et des distributions de tracts qui caractérisent le Festival Off. Ainsi, les Éclats de scène rappellent qu’un festival se construit aussi grâce à ces lieux où naissent de très belles découvertes.

Les infos pratiques 
Les Éclats de scène. 21e édition. Les mardi 7, mercredi 8, jeudi 9, lundi 13, mercredi 15, jeudi 16 et lundi 20 juillet 2026. Accueil à partir de 19h30. Durée environ 2 heures. La Cour des Notaires, 23 bis rue Thiers à Avignon. Gratuit uniquement sur réservation dans la limite des places disponibles : courdesnotaires84@gmail.com & www.lacourdesnotaires.org
Mireille Hurlin


Le Théâtre du Chêne Noir signe sa 59e participation au Festival Off d’Avignon

Si le(s) Festival(s) d’Avignon commence(nt) le 4 juillet, les théâtres, les compagnies et le public n’ont pas attendu pour investir la ville dès le mois de mai.

Au Théâtre Artéphile, le festival a commencé début juin

Depuis 9 ans déjà, Anne Cabarbaye et Alexandre Mange proposent en avant-première les créations de leur programmation de l’été.  Une programmation choisie et assumée pour satisfaire tous les publics autour des écritures contemporaines, présentée dans un élégant livret. Sur 14 spectacles dans les 2 salles d’Artéphile, 11 sont des créations que le public local a pu voir en juin à des tarifs très abordables, loin de la foule de juillet et avec un accueil « maison » idyllique pour se poser, discuter après le spectacle et même rencontrer les artistes. Ce n’est pas un thème qui a imposé la programmation mais de fait, c’est l’espoir (et Hope! ) qui en est – involontairement — le fil rouge. Les femmes, qu’elles soient interprètes ou metteuses en scène occupent également une place de choix, « accompagnées » souvent musicalement par un homme.

Deux grands textes ouvrent la matinée avec une adaptation de Jeanne d’Arc de Joseph Delteil et ‘Rêver de bout’ de Lydie Salvayre. Deux personnages de femmes volontaires, insoumises et en colère qui  livrent leur propre guerre. Dans un aurte genre ‘Mata hari titre provisoire’ tente de réhabiliter le mythe de l’espionne sulfureuse. À la mi journée, ‘Lichen’ mise sur la résistance à la modernité programmée tandis que Barbara Lambert dans ‘Algorythme’ essaie de survivre sans repères numériques. Quatre succès au OFF 2025 reviennent à Artéphile : ‘Avec plaisirs’, ‘Toutes les autres’ et ‘Le Choeur des femmes’ : le couple, le corps des femmes, la sexualité, autant de thèmes traités délicatement mais non sans humour, et ‘Rip’, ovni collectif adapté d’une nouvelle de Tolstoï. Encore deux face à face à la même heure : ‘La fileuse de nuit’ qui nous embarque dans les vertiges du non-dit pour réveiller les fantômes du passé tandis que ‘Les Gestes d’après’ les combattent pour mieux revivre. De même Séphanie Manus dans ‘Le cordon’ explore notre héritage transgénérationnel. Pour finir la soirée, ‘Et vivre était sublime’ adapté librement de Belle du Seigneur d’Albert  Cohen nous offre encore de beaux portraits de femmes en devenir tandis que ‘Sissi Von Hart’ nous plonge dans un huis clos bouleversant. 

Aux hasards des sorties de résidence ou des avant-premières

‘Discours aux animaux’ : Vu un soir de printemps dans les jardins du Carmel, ce spectacle est repris pour deux matinées et deux soirées seulement. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas Valère Valerina, écrivain dramaturge récemment décédé, la pièce a de quoi déconcerter. A l’originalité, à la singularité de la langue de Valère Valerina s’ajoute une mise en scène audacieuse car en plein air et en déambulation dans le magnifique espace du Carmel de la Respelido. Le public (jauge réduite nécessaire) va déambuler sur trois espaces en suivant l’étonnant Yannick Gonzalez dans les 11 promenades qui constituent cette adresse aux animaux c’est-à-dire à des êtres qui ne peuvent pas nous répondre. Un moment hors du temps assuré.
Vendredi 10 et 17 juillet. 8h20. 19H40. Le Train Bleu-Jardin du carmel.

‘Ma nuit à Beyrouth’ : Née de l’amitié entre le performeur Nadim Bahsoun et l’autrice et metteuse en scène Mona El Yafi, ‘Ma nuit à Beyrouth’, vu en 2024, prend encore plus de sens aujourd’hui : un danseur doit renouveler son passeport dans un Liban ravagé et une ville plongée dans le noir. L’une parle, l’autre danse face à un mur mais comment rester debout dans un pays détruit, comment rester digne face à des situations administratives kafkaïenne. Cette danse de l’attente qui explore un pays meurtri nous rassemble dans une quête malgré tout touchante et poétique.
Au 11. 19h15. Boulevard Raspail.

‘Treize’ : Voici un chouette spectacle qui aborde d’une manière originale et efficace les relations mère/enfant. La comédienne Juliette Lapeyre, formée au théâtre du mouvement déploie des trésors d’ingéniosité pour dompter son fils, adolescent récalcitrant incarné par une marionnette. L’intensité et la fragilité de cette période de la vie sont mis en espace dans des acrobaties et des mouvements ayant pour seul appui une table rectangulaire aux pieds solides bien qu’un défaillant mais qui se stabilise un moment… Une belle mise en forme d’un sujet de fond.
Du 5 au 25 juillet. Jours impairs. 10 et 15€. Théâtre Isle 80. 18 Place des 3 Pilats. 06 42 69 00 26.

‘Warriors’ : Il sont sept sur scène et vont nous embarquer dans l’histoire de la guerre des gangs, de West Side Story aux Guerriers de la nuit. Sur un hip hop très narratif, puissant, énergique et inventif, la solidarité finit par triompher, l’adversité laisse place à la danse de la délivrance. Une chorégraphie d’enfer qui laisse pantois !
Du 4 au 25 juillet. Relâche les 9, 16 et 23. 12 à 24€. La Factory/Théâtre de l’Oulle. Rue de la Plaisance. 09 74 74 64 90.

À suivre…..

Festival Avignon Off. Du 4 au 25 juillet. Village du Off. 6 rue Pourquery Boisserin. Avignon.


Le Théâtre du Chêne Noir signe sa 59e participation au Festival Off d’Avignon

Les six scènes permanentes d’Avignon — le Balcon, les Halles, le Chêne Noir, Transversal, les Carmes et le Chien qui fume — n’ont pas attendu le Festival et pour cause : elles sont présentes toutes l’année, ont une programmation régulière et nous régalent de leurs créations que nous avons eu la chance de découvrir en exclusivité

Sur les neux spectacles qui seront présentés au Théâtre du Balcon, nous avons pu voir et apprécier les deux dernières  créations de la Compagnie Barbuscia : ‘Le syndrome d’Ulysse‘ créé par Serge Barbuscia  qui donne une belle version contemporaine de ce mythique voyageur et nous livre ici un magnifique traité d’humanité qui efface les blessures de l’exil. Avec ‘L’étrangère‘, Jean-Baptiste Barbuscia. propose une relecture féministe du chef-d’œuvre de Camus dans un huis clos alerte et sensible. Le Théâtre du Chêne Noir présente deux créations parmi 18 spectacles programmés: ‘Zadig’ réécrit et mis en scène par Gérard Gelas mise sur le rire pour pourfendre l’intolérance et le fanatisme dénoncé en son temps par Voltaire tandis que Julien Gelas signe la mise en scène et la musique de ‘Carnets d’Ukraine’. Au Théâtre du Chien qui fume, sur les 14 spectacle présentés (dont le  théâtre du Petit Chien), nous avons vu ‘Vagabond‘, la dernière création de Gérard Vantoggioli qui est une totale réussite et qui nous plonge dans une humanité retrouvée. Au Théâtre des Carmes, pas de création, mais la reprise formidable de ‘Parler Pointu‘ et ‘Crash’. Belle aventure que ce ‘Thelma, Louise et Nous‘ porté par Anna Pabst et Nolwenn Le Doth du Collectif Le Bleu d’Armand dont nous avons suivi les étapes de création et qui se produira au Théâtre des Halles. On retrouvera la directrice du théâtre Transversal, Laetitia Mazzoleni, dans la lecture de Minable Umain de Romane Nicolas à l’occasion des lectures du Souffle d’Avignon et les 16 spectacles programmés font la part belle à l’écriture contemporaine. 

Le Souffle d’Avignon 2026, la 7e édition

Initié en 2020 par Serge Barbuscia et le Théâtre du Balcon, porté par les six Scènes permanentes d’Avignon et le Festival d’Avignon, le Souffle d’Avignon est rejoint cette année par le Centre des Auteurs dramatiques du Québec. En 2020, il s’agissait d’affirmer que l’Art ne pouvait être confiné, c’était un acte de résistance face à la crise sanitaire. Gageons qu’en 2026, à l’heure des restrictions budgétaires et des attaques ou censures de tous ordres, ce Souffle est encore plus essentiel. Ce cycle de lectures met en lumière les voix contemporaines du théâtre. Ces lectures de textes inédits en présence des autrices et auteurs invitent à découvrir des écritures actuelles dans un cadre historique et symbolique du jardin du Palais des papes. 

Le Souffle d’Avignon 2026. Du 8 au 19 juillet. 19h. Jardins du Palais des Papes. Rue des Escaliers Sainte-Anne en face du cinéma Utopia Manutention. Les billets seront à retirer sur place 30 minutes avant le début de la lecture. Entrée libre (dans la limite des places disponibles). Réservations par mail uniquement : scenesdavignon@gmail.com


Le Théâtre du Chêne Noir signe sa 59e participation au Festival Off d’Avignon

En 2026, on retiendra une édition stabilisée et structurée quant au nombre de spectacles et au projet associatif d’Avignon Festival et Compagnie (AF&C). L’inquiétude demeure cependant face à la crise du secteur culturel qui fragilise les compagnies et les structures de productions

60 ans, ça se fête et ça se commémore. L’occasion, comme l’a rappelé un des coprésident du Off, Raymond Yana, de relater quelques moments clés : l’acte fondateur du Off posé par le regretté André Benedetto en 1966, un programme et une carte Off initiés dès 1982 par le directeur Alain Léonard, arrive 2003 avec « la grève, l’annulation du festival, le Off qui se débat comme il peut, avec pour la première fois des commerçants qui considèrent que c’est peut-être bien de soutenir le Off aussi. » Puis une crise entre 2004 et 2006 où deux associations coexistent au grand désarroi des compagnies et du public : il y avait en effet deux programmes, deux cartes Off. 

En 2006, sortie de crise avec la création de l ‘association Avignon Festival et Compagnies (AF&C) avec  André Benedetto à la présidence fédératrice, épaulé par le vice-président Greg Germain qui prendra la présidence à la mort soudaine d’André Benedetto le 14 juillet 2009. Depuis 60 ans les statuts de l’association ont évolué, avec un collège des compagnies et un collège des théâtres, « les deux étant indissociables », le projet associatif se renforce et le soutien à la création artistique se structure. Depuis, ce festival n’en finit pas de grossir. De la quarantaine de spectacles dans les années 70, on atteint en 2026  près de 1 780 spectacles portés par 1 432 compagnies dans 141 théâtres de la ville. 

©Michèle Périn / L’Echo du Mardi

Une édition sans surprise mais qui se veut cependant OFFensive

Une édition sans surprise car pour la deuxième année, les dates s’alignent sur le Festival d’Avignon (In),  c’est toujours le premier festival de spectacles vivants en France et le « plus grand théâtre du monde. » Les chiffres donnent le tournis et appellent toujours aux mêmes commentaires quand ce n’est pas à un appel à un contrôle quantitatif et qualitatif mais là aussi, l’édition 2026 se stabilise et le festival atteint un point d’équilibre aux dires des administrateurs et de leur nouveau directeur délégué Harold David. Le festival reste majoritairement francophone tout en renforçant son ouverture à l’international, la diversité géographique des Compagnies est stable, le théâtre occupe toujours avec près de 58% une place prépondérante et la diversité des disciplines ( musique, cirque, danse..) demeure.

Le Village du Off avec près de 400 rencontres prévues s’affirme toujours comme le lieu incontournable de débats et de rencontres. Le Son du Off entame sa 4e édition de musiques actuelles en accueillant pas moins d’une soixantaine d’artistes de 23h30 à 1h du matin pour le bonheur des jeunes pour qui ce sera peut-être le premier pas d’entrée vers le Off.

Le traditionnel invité d’honneur sera cette année La Méditerranée autour du projet « Lumière. » L’affichage restera maîtrisé car encadré, les dispositifs – lutte contre toutes les formes de violences à la prévention des risques, Off les Murs, Off sur de bon rails, Label Off, gestion des déchets – perdurent et se renforcent.

L’affiche créée par l’artiste avignonnais Jérôme Cosh fait sens – on est loin de l’incompréhension des tongs de 2023 ou du poisson de 2024 – avec la volonté de symboliser l’élan , l’audace et la persévérance des artistes et l’optimisme coloré, dans la même dynamique que 2025. La journée du 14 juillet sera exclusivement consacrée à célébrer les 60 ans du festival, celui-ci étant mis à l’honneur pendant trois semaines avec le concours de la Maison Jean Vilar et de la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

L’affiche de l’édition 2026.

Côté artiste, volonté de renforcer le soutien à la création et diffusion

Laurent Domingos lance l’alerte quant au désengagement de l’Etat avec la suppression en janvier 2026, sans concertation, du Fonpeps, un dispositif national qui favorisait l’embauche des artistes en aidant les employeurs à payer les charges des artistes. « Ce dispositif a permis au fil des années à beaucoup de compagnies d’émerger et de proposer des spectacles plus solides,plus pérennes et surtout à payer au juste prix les artistes. Cette soudaine suppression met en péril la liberté de création artistique. »

En solidarité, AF&C, à l’occasion des 60 ans du Festival Off a choisi d’augmenter de 60 000€ son propre fonds ‘Émergence & Création’ afin de pouvoir redistribuer en 2026,  310 000€ soit 10% du budget du Off pour la rémunération des artistes aux spectacles éligibles à ce fonds de soutien.

Un nouveau temps fort : les Assises de la diffusion du spectacle vivant les 7, 9 et 10 juillet

Partant du constat, suite à une rapide enquête que 80% des compagnies ont vendu moins de 5 dates de tournées après leur venue au Off, il s’agit de trouver des solutions, de débloquer cette situation qui n’est pas viable. L’aide à la création et à la production existe mais le bât blesse pour la diffusion.

Pendant trois jours, le Village du Off réunira les acteurs de la filière concernée autour de différents formats : ateliers participatifs débat public et forum participatif afin de réfléchir aux réalités économiques et aux métiers de la diffusion et avec quelles politiques publiques. 

Une commission de médiation renforcée

Face à l’urgence de certaines situations dramatiques vécues par des compagnies ou des théâtres, une commission de médiation  composée de professionnels et de bénévoles se met en place en 2026 afin de rechercher une solution sans attendre les réponses judiciaires. 

La plateforme Ticket’Off

Le co-président Laurent Domingos a rappelé l’importance de commander les places de spectacles sur Ticket’Off car en dehors du côté pratique – acheter dans le même panier la carte de réduction et les billets quels que soient les théâtres – il s’agit de financer indirectement le fonds de soutien ‘Émergence & Création’ grâce aux frais de gestion collectés en ligne.

Ces frais ont d’ailleurs été revus afin d’être proportionnels au prix du panier afin de ne pas pénaliser par exemple les spectacles enfants à 6€ qui étaient impactés de la même commission qu’un billet à 24€. Une nouveauté cette année avec la possibilité de laisser des commentaires et pour les programmateurs  de découvrir les fiches pratiques des compagnies. 

Tadamm , le village des enfants et des familles

Projet cher au co-président Raymond Yana, le Village Tadamm, créé en 2025 et fort de son succès, ouvrira ses portes dès 10h en 2026, toujours rue des Écoles (ancien lieu du Village du Off) avec présentation d’extraits de spectacles, bibliothèque, aire de jeux et de repos, buvette et petite restauration. Les enfants ont aussi une carte Off Tadamm au prix de 6€. Cette carte permet à deux adultes accompagnants de bénéficier d’1€ de réduction . 

En pratique

Festival Off d’Avignon. Du 4 au 25 juillet 2026.

Village du Off. 6 Rue Pourquery de Boisserin – Avignon. Du 4 au 25 juillet, de 9h30 à 2h du matin. Fermeture à 19h30 les mercredis 8, 15, 22 et le 25 juillet.

Village TADAMM ! 1 Rue des Écoles – Avignon. Du 6 au 25 juillet, de 10h à 18h. Fermeture les jeudis 9, 16 et 23 juillet. 

La carte d’abonnement et les supports du festival (dont le programme) seront disponibles dans les points d’accueil et de vente du festival à partir du mois de juillet.


Le Théâtre du Chêne Noir signe sa 59e participation au Festival Off d’Avignon

Ébranlé par les crises du spectacle vivant, le Festival Off d’Avignon affiche pourtant en 2025 des chiffres historiques : plus de 1 700 spectacles, 80 000 cartes vendues, et une billetterie en plein essor. Mais alors que la mairie, l’État et les compagnies misent sur ces ressources, interrogations et risques planent, notamment autour des loyers des logements pour les artistes techniciens et professionnels de la diffusion, des créations et de l’avenir du modèle économique du Off.

Le Festival Off d’Avignon, ce mastodonte du spectacle vivant, semble se porter paradoxalement bien : en pleine crise d’une filière frappée par la baisse des subventions et l’incertitude économique, il enregistre en 2025, pour sa 59e édition, une augmentation notable de sa fréquentation et de ses recettes. Harold David, directeur délégué d’AF&C (Avignon Festival & Compagnies), en esquisse les enjeux dans une interview révélatrice, entre fierté, responsabilité et inquiétudes.

Une croissance fulgurante… et fragile
Selon Harold David, « plus c’est la crise dans le monde du spectacle vivant … plus le Off se porte bien aujourd’hui ». Cette surprenante corrélation traduit un paradoxe : alors que les compagnies peinent à faire tourner leurs spectacles hors festival, elles affluent à Avignon, considérant le Off comme une ultime planche de salut et, surtout, un lieu de visibilité nationale et internationale. Résultat : une demande de participation record.

Harold Ddavid Copyright Violaine Plagne

Les chiffres
Les chiffres récents confirment cette dynamique. En 2025, le Off propose 1 724 spectacles dans 139 lieux et 241 salles. La billetterie est à l’image de cette explosion : plus de 80 000 cartes vendues, un bond notable par rapport aux éditions précédentes, d’après Harold David, puisque l’augmentation est de 27 % en un an. Ces résultats illustrent un regain de vitalité : en 15 ans, jamais le nombre de cartes n’avait dépassé les 60-65 000. Mais cette croissance porte un visage double. En 2023, une étude interne menée par AF&C révèlait que 80% des compagnies obtenaient moins de 5 dates de tournée après le festival, ce qui suggère que malgré l’engouement du public, la diffusion restait largement concentrée. D’après Harold David, seules 20% des compagnies et structures de production réussissaient à tirer leur épingle du jeu en termes de redéploiement des spectacles après leur participation au festival.

Capitaliser pour redistribuer
Face à ce constat, AF&C entend jouer un rôle de régulateur et de soutien : « cette situation paradoxale … nous amène effectivement à être pourvus de ressources et de moyens nouveaux dont ne disposait pas AF&C précédemment », explique Harold David. Ces moyens ont vocation à être redistribués vers les compagnies, notamment via des dispositifs de soutiens, ceux-ci permettant de modifier structurellement le modèle économique du Off. 

Des loyers estivaux qui explosent
À l’heure actuelle, les loyers estivaux explosent, particulièrement pour les compagnies qui cherchent à se loger en intramuros -le graal- ou au plus proche des remparts historiques de la ville : « on a atteint des niveaux délirants de loyers, proches de ceux de la Côte d’Azur en pleine saison», déplore le directeur. Sans régulation municipale, la pression immobilière et touristique menace l’équilibre économique de nombreux artistes.

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Un modèle économique audacieux
Pour stabiliser ses finances et renforcer son indépendance, AF&C mise sur Ticket’Off, sa propre plateforme de billetterie. En 2025, Ticket’Off a connu une croissance spectaculaire : de moins de 100 000 billets vendus en 2022, on passe à presque 300 000 cette année, via la plateforme. Ce développement permet non seulement de réduire la dépendance vis-à-vis des plateformes privées, mais aussi d’alimenter un fonds de soutien aux compagnies : 250 000€ ont ainsi été redistribués cette saison. Harold David évoque un horizon stratégique inédit : si cette trajectoire se poursuit, AF&C pourrait entamer différemment ses relations auprès des pouvoirs publics. « Quand le Festival Off s’autonomise, ce n’est pas la même chose que quand vous arrivez devant d’éventuels partenaires financiers publics ou professionnels en disant : “on a besoin de votre aide” », affirme-t-il.

Vers plus de reconnaissance politique et internationale
Cette montée en puissance s’accompagne d’une ambition politique. Pour Harold David, le Off ne doit plus rester un ‘impensé politique’ selon la formule de Pierre Beyffette (Président du festival off de novembre 2016 à décembre 2020) : il faut en faire un projet volontaire, incarné dans une vision retenue, et non subie proposée par le Conseil d’administration d’AF&C et validé par les adhérents de l’association. Il souhaite plus de diversité dans la programmation des compagnies, notamment internationales : la prochaine édition mettra l’accent sur la Méditerranée avec, notamment, des artistes algériens, marocains, tunisiens, égyptiens, libanais… L’objectif est clair : inscrire Avignon comme une place de marché théâtrale globalement reconnue au niveau international.

Des théâtres labellisés
Par ailleurs, AF&C a créé un label professionnel, le Label’Off, qui rassemble aujourd’hui 70 salles certifiées. Ce standard vise à garantir des conditions d’accueil équitables pour les compagnies et le public, et à renforcer la légitimité professionnelle des théâtres hors sélection artistique. Harold David espère que les théâtres vont s’emparer massivement de ce nouveau dispositif.

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Le spectre de l’effondrement
Pourtant, cette belle mécanique comporte des fragilités sévères. Plusieurs dramatiques menaces planent : la fin de la convention de l’intermittence, prévue pour fin 2026, coïncidera avec des élections présidentielles. Harold David redoute qu’un changement de gouvernement ne bouleverse l’équilibre actuel : « ça pourrait complètement remettre en cause les équilibres du Off ».

La montée en puissance de Ticket’Off
Par ailleurs, si Ticket’Off marche, sa montée en puissance pourrait susciter des résistances, notamment de la part de structures qui craignent de perdre leur autonomie en la matière ou leur modèle de billetterie. Sans parler du risque d’’effondrement de la bulle’ : rien ne garantit que cet afflux de public perdurera si les conditions politiques, économiques ou climatiques changent.

Une histoire à préserver & 60 ans à fêter
Enfin, le directeur délégué d’AF&C rappelle que le Off ne peut avancer sans se souvenir de ses racines. Il évoque les trois grandes périodes historiques du festival — de 1966 à 1982, puis jusqu’en 2006, puis de 2006 à 2020, qu’il estime trop peu documentées. Pour lui, valoriser cette mémoire est essentiel : «on sait où l’on va quand on sait d’où l’on vient ». Il évoque, pour l’édition 2026 et la 60e édition du Festival Off une parade à la dimension plus créative, des concerts sortant de l’ordinaire, des événements symboliques autour des lieux patrimoniaux, l’invitation de figures emblématiques du festival qu’elles soient encore vivantes ou honorées par la mémoire, afin d’ancrer une vision à la fois historique et prospective.

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Le colosse aux pieds d’argile
Le Festival Off d’Avignon, tel un colosse aux pieds d’argile, déploie aujourd’hui des forces inédites : une fréquentation record, un élan économique, une structuration plus stratégique, mais il reste fragile : dépendant des politiques publiques, exposé à la flambée des loyers et vulnérable aux chocs institutionnels. Harold David, comme le souhaite le Conseil d’administration d’AF&C, tente de transformer cette puissance en levier systémique : soutenir financièrement les compagnies et les structures de production, stabiliser les salles, diversifier l’offre aussi bien géographiquement qu’artistiquement. Le pari est audacieux : faire du Off non seulement un marché, mais aussi et surtout un événement porteur d’une vision politique du théâtre, un projet durable tout autant qu’un espace de transmission. Une chose est sûre, l’avenir du festival Off Avignon reste intimement lié à sa capacité à préserver son âme.
Mireille Hurlin


Le Théâtre du Chêne Noir signe sa 59e participation au Festival Off d’Avignon

Il fallait bien 2 monstres sacrés de la scène, Denis Lavant et Jacques Bonnafé pour interpréter un autre sommet de la littérature : ‘En attendant Godot’ de Samuel Beckett.

Rarement joué dans le Off vu sa longueur (plus de 2h), le théâtre des Halles reçoit de nouveau une création de Jacques Osinski — celui-ci ayant déjà mis en scène en juillet 2022,  fin de partie de Samuel Beckett. Il s’attaque en création « mondiale » à la plus connue des pièces de Beckett en choisissant d’adapter la version de San Quentin, version à laquelle Beckett participa et qu’il valida en 1984 pour une mise en scène de Walter Asmus.

Un décor épuré pour une histoire apparemment simple

Deux clochards, deux vagabonds au pied d’un arbre. Ils attendent,Godot. Qui est Godot ? Pourquoi l’attendre ? On ne le saura jamais….et eux non plus. Cette attente paraît vaine mais elle nous permet toutes les métaphores : attente d’un Sauveur, espoir d’une autre vie, voyage imaginaire, échappée onirique? Le tableau de Caspar David Friedrich, ‘Deux hommes contemplant la lune’, avait été la source d’inspiration de Godot. Le metteur en scène Jacques Osinski reprend sur le plateau les principaux éléments : un arbre noueux, un rocher,  une lune marqueur de temps, deux vagabonds, une route en fond de scène traversée par de drôles de personnages. Absurde et dérision, dialogues ciselés, interprétation magistrale feront le reste.

Un concentré d’humanité

Denis Lavant est Estragon. Jacques Bonnaffé est Vladimir. Aurélien Recoing est Pozzo et Jean-François Lapalus est Lucky. Et tous les quatre sont formidables. Comme dans l’histoire de Godot, on ne peut déceler qui a le plus besoin de l’Autre, qui prend le plus soin de l’Autre. A la fin du spectacle, on ne peut imaginer Denis Lavant et Jacques Bonnaffé regagnant chacun leur hôtel. Ils sont tellement incroyables pendant plus de 2h dans leur jeu, leurs regards complices, leur agacement respectif, leur tendresse ! Entre Gogo et Didi , c’est à la vie, à la mort. Même si on ne sait toujours pas pour quoi.

Du 25 mars au 3 mai 2026 au Théâtre de l’Atelier à Paris, puis en tournée dans toute la France.


Le Théâtre du Chêne Noir signe sa 59e participation au Festival Off d’Avignon

Si l’édition 2025 du festival Off collectionne les records : nombre de spectacles, de créations originales, de compagnies représentées, de billets vendus, l’euphorie n’est pas de mise pour tout le monde et en particulier pour les petites compagnies, qui ont de plus en plus de mal à boucler leur budget pour venir à Avignon. 

Entre les salaires, la location d’un créneau dans une salle, les hébergements, les transports, les tracts, les affiches… Il faut à une compagnie de 4 personnes débourser au minimum 30 000 € pour venir jouer à Avignon. Selon les mêmes sources syndicales, les recettes de billets s’élèvent en moyenne à 12 000 €. A cela on peut ajouter l’apport de 3 000 € du FONPEPS (Dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique de spectacles vivants diffusés dans des salles de petites jauges), il reste à trouver 15 000 €.

« Il ne faut pas confondre le succès du Off et celui des compagnies qui font le Off »

Beaucoup de compagnies ne se rémunèrent pas et font appel au bénévolat. Tous estiment qu’il est essentiel, pour ne pas dire vital, d’être présent sur le plus important marché du théâtre privé francophone. 1 700 programmateurs ont fait le déplacement à Avignon, cette année. C’est une opportunité d’être remarqué, d’être programmé et de voir son spectacle tourner. Mais il y a beaucoup de candidats et assez peu d’élus. « Il ne faut pas confondre le succès du Off et celui des compagnies qui font le Off », affirment de concert Harold David et Laurent Domingos, les deux coprésidents d’Avignon Festival et Compagnie. En effet, il est constaté que l’abondance de spectacles (1 724 en 2025) a plutôt tendance à laisser de côté l’émergence et à profiter aux plus gros, aux plus connus… L’essentiel des regards sont naturellement portés sur les programmations de la dizaine des salles les plus importantes en taille ou en notoriété.  

Mais sans le soutien de la puissance publique et en particulier des collectivités, le spectacle vivant n’aurait pas la place qu’il occupe aujourd’hui

Avignon est un investissement peu rentable pour beaucoup de compagnies qui voient cependant dans ce festival une opportunité unique de se faire connaître. C’est tout le paradoxe de la situation.  

Mais sans le soutien de la puissance publique et en particulier des collectivités le spectacle vivant n’aurait pas la place qu’il occupe aujourd’hui. De nombreuses régions apportent leur soutien à des compagnies. Elles les accompagnent dans leur venue à Avignon (sauf les Pays de Loire). Mais c’est aussi toutes ces salles gérées ou financées par les collectivités qui accueillent des spectacles. Elles sont essentielles à la vie culturelle. Certaines d’entre elles sont même des lieux de création ou de résidence. Mais aujourd’hui, avec les restrictions budgétaires attendues il y a fort à parier qu’il sera bien difficile de conserver les niveaux de financement actuels. Un autre combat à mener… 


Le Théâtre du Chêne Noir signe sa 59e participation au Festival Off d’Avignon

« Le festival d’Avignon s’est achevé dimanche après trois semaines d’une incroyable effervescence créative et artistique et d’une fréquentation exceptionnelle, s’est enthousiasmé Cécile Helle, maire d’Avignon. Comment ne pas se réjouir de cette très belle édition 2025 en cette année où nous avons souhaité réaffirmer depuis le week-end de lancement d’Avignon Terre de culture 2025,Curiosité(s), combien la culture est essentielle à notre ville et à nos vies.

Et puisque nous en sommes à l’heure des bilans, je souhaitais adresser au nom de toutes les Avignonnaises et de tous les Avignonnais un immense merci à Tiago Rodrigues, directeur du festival In, à Harold David et Laurent Domingos, co-Présidents d’Avignon Festival et Compagnies, ainsi qu’à leurs équipes qui ont beaucoup œuvré pour que se correspondent, enfin, les calendriers des festival In et Off au grand bonheur du public. Ainsi cette année et pour la première fois, In et Off ont fait battre le cœur d’Avignon du 5 au 26 juillet, démarrant cette fantastique fête du spectacle vivant en même temps que les vacances d’été.

Les festivaliers étaient au rendez-vous avec des records de fréquentations dans tous les lieux de spectacle et des retombées économiques très importantes pour les acteurs locaux de l’hôtellerie restauration : hôtels, chambres d’hôtes, hébergements touristiques, restaurants, cafés, comme pour les commerçants de l’ensemble du centre-ville, alors que partout ailleurs en France, la période des soldes a été morose.

En cette année de grande fragilité et de grandes inquiétudes pour le monde culturel, il est également important pour moi, en tant que Maire d’Avignon, de remercier tout particulièrement les artistes, les compagnies, les acteurs culturels venus des quatre coins de France, des quatre coins du monde qui continuent malgré ce contexte anxiogène, de faire le pari d’Avignon. Se faisant ils continuent de nous offrir du rêve, des émotions, des instants de contemplation, de sidération voire de grande perplexité ; ils continuent tout simplement de nous offrir ce qui fait le sens et l’essence même de nos vies. »
MMH

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