2 octobre 2026 |

Ecrit par le 2 octobre 2026

« Entreprendre, c’est composer », André Manoukian invité d’honneur du Réseau Entreprendre Rhône-Durance

Même Jean-François Nardot-Peyrille, le Président de la Fédération Nationale des Réseaux Entreprendre était venu au Confidentiel pour cette 3e Fête de l’Entrepreneur organisée par Brigitte Borel et son équipe du Réseau Entreprendre Rhône-Durance. « Depuis 1986, avec enthousiasme, nous qui sommes tous bénévoles, nous avons essaimé. Il y a aujourd’hui 65 associations dans l’Hexagone, 140 implantations dans 10 pays, 15 000 membres pour soutenir les territoires, créer et pérenniser des emplois. On n’a rien à gagner, on paie même une cotisation et on donne de notre temps et de notre expérience aux autres, pour les aider, pour leur donner l’envie d’entreprendre ou leur sortir la tête de l’eau. Quel beau modèle de solidarité générationnelle ! »

Joël de Bellis, l’ancien patron du Novotel d’Avignon-Nord l’a rappelé : « Entreprendre, c’est une belle aventure humaine, c’est composer mais on n’est jamais sûr du succès. On est le chef d’un orchestre, mais il faut aussi de bons musiciens, qui jouent la même partition, sans fausse note. »

Arrivé sur scène, André Manoukian fait des parallèles entre musique et entreprise. « On cherche des notes qui donnent un accord parfait, une harmonie, une concorde, on capte l’air du temps, le sens des affaires. On a de l’empathie pour les collaborateurs puisqu’on les a choisis, salariés ou musiciens. On est à l’écoute du guitariste puis on rebondit sur le batteur, la sauce prend, on a les oreilles grandes ouvertes pour leurs suggestions, une énergie circule dans le groupe, on avance tous ensemble ».

Il évoque alors deux chefs d’orchestre charismatiques. « Leonard Bernstein avait un langage métaphorique, il utilisait des images pour se faire comprendre des musiciens du Philharmonique de New-York. Il s’émancipait d’un certain académisme, passait d’un style à l’autre, du jazz au blues avec éclectisme. Il a fait une cinquantaine d’émission TV pour éveiller les jeunes à la musique et à toutes les musiques, avec passion et humour. Alors que le chef Herbert Von Karajan lui, a signé 600 enregistrements centrés sur un répertoire européen de Bäch à Bartok, de Beethoven à Brahms, de Vivaldi à Verdi, de Mahler à Wagner était autoritaire, exigeant. » Il a même été qualifié de génie et de tyran.

Brigitte Borel, la directrice du Réseau Rhône-Durance a rappelé que 550 000€ de prêts d’honneur à taux zéro avaient été accordés à des lauréats à la création ou à la reprise d’entreprises l’an dernier. Véronique Constantin et Olivier Coupaye, les deux co-présidents qui ont succédé à Emmanuel Sertain ont insisté sur les 1 257 emplois créés ou sauvegardés et sur les valeurs cardinales qui prévalent dans cette association : bienveillance, gratuité, solidarité, générosité, confiance, engagement, partage d’expérience, aventure humaine.

Parmi les lauréats promus récemment, André Manoukian a été carrément « emballé » par l’entreprise Facilembal installée à Avignon-Fontcouverte qui offre des solutions pour transporter tous les colis, quelle que soit leur taille, pour la SNCF, EDF ou Airbus « au millimètre et au centime près. » Et quand les deux associés, Vincent Ducourtial et Sébastien Ripert ont appris que l’invité d’honneur était André Manoukian, leur ingénieux collaborateur Célestin Fournier-Mathieu a conçu un piano à queue en carton. Si, si. 100% carton, avec uniquement du carton pour les 53 touches blanches et les 35 noires qui ont émerveillé le compositeur. « Si vous mettez un vrai clavier, je jouerai dessus », a promis André Manoukian, dans un large sourire.


À Avignon, le Réseau entreprendre joue collectif

Le 17 septembre, le Réseau Entreprendre Rhône-Durance réunira plusieurs centaines de dirigeants au Confidentiel-Novotel Avignon Nord pour la 3e Fête de l’Entrepreneur. Au programme : rencontres avec les jeunes entreprises du territoire et conférence d’André Manoukian, autour d’une idée simple : entreprendre ressemble parfois beaucoup à composer.

Pour sa troisième édition de la ‘Fête de l’entrepreneur’, le rendez-vous organisé par Réseau Entreprendre Rhône-Durance mettra en lumière les entrepreneurs accompagnés par l’association, lors d’un ‘Village des Entrepreneurs-Lauréats’. L’occasion de découvrir des entreprises encore jeunes, mais déjà engagées dans leur développement, puis d’échanger de manière plus informelle autour d’un cocktail dînatoire.

Mission ?
Rompre la solitude du dirigeant. Implanté en Vaucluse, dans le nord des Bouches-du-Rhône et l’est du Gard rhodanien, le Réseau Entreprendre Rhône-Durance s’appuie sur plus d’une centaine de chefs d’entreprise bénévoles et indique avoir accompagné plus de 200 lauréats depuis 2003. 

Se lancer en étant bien accompagné
Les lauréats bénéficient d’un accompagnement pendant deux à trois ans ainsi que d’un prêt d’honneur sans intérêt ni garantie, généralement compris entre 15 000 et 50 000 €, et pouvant atteindre 70 000 € pour certains projets de reprise ou d’innovation. En 2024, l’antenne Rhône-Durance a prêté 448 000 € et contribué à créer ou sauvegarder 102 emplois. 

André Manoukian, ou l’entreprise comme partition
Cette année, André Manoukian sera la tête d’affiche. Musicien et compositeur, mais également entrepreneur, il développera une conférence intitulée ‘Entreprendre, c’est composer !’ Monter une entreprise suppose, comme en musique, d’écouter, d’improviser, de trouver le bon tempo et parfois de changer de partition en cours de route. En clair ? Comment aborder la prise de risque, l’adaptation et la capacité à rebondir. Après Philippe Croizon pour la première édition et Edgar Grospiron pour la deuxième, André Manoukian prendra donc le relais devant un public avide de construire demain.

Les infos pratiques
Fête de l’Entrepreneur 2026. Organisé par le Réseau Entreprendre Rhône-Durance. Jeudi 17 septembre 2026, de 18h à 23h, au Confidentiel. Novotel Avignon Nord. 135, avenue Louis Pasteur à Avignon. Tarifs : 45€ pour les membres de Réseau Entreprendre et 65€ pour les non-membres.
Mireille Hurlin


Edgar Grospiron un « bosseur » hors norme, invité de la Fête de l’Entrepreneur à Avignon

À 56 ans, il a toujours sa petite houpette, une silhouette mince et un large sourire. Triple médaille d’or aux championnats du monde de ski bosses (1989, 1991, 1995), double champion olympique à Albertville (1992) et Lillehammer (1994), le champion savoyard Edgar Grospiron est venu dire aux membres du Réseau entreprendre Rhône-Durance que « Entreprendre, c’est du sport ! »

Edgar Grospiron, qui a quitté l’école à 16 ans, « vu mes carnets de notes », pour intégrer l’équipe de France de ski, a fait le parallèle entre les deux mondes, celui du sport et celui de l’entreprise. « Rester au sommet, ce n’est pas rien », résume-t-il, avant de lister les qualités nécessaires. « Un jeune athlète ne peut s’accomplir sans être aidé, conseillé, soutenu, accompagné par un manager, un entraîneur expérimenté et compétent. Moi, c’était Nano Pourtier, un leader charismatique, pour gagner, je lui ai confié ma vie. Il m’avait prévenu ‘Gagner ne suffit pas, il faut réussir, une victoire c’est un jour, la réussite c’est toujours. Ce n’est pas parce que tu gagnes une fois que tu es un grand champion et a contrario, ce n’est pas parce que tu perds que tu es un moins que rien’.« 

Edgar Grospiron cite des anecdotes de sa vie, explique comment ses parents lui ont inculqué de vraies valeurs. « Un jour, je suis revenu à la maison avec ma médaille d’or autour du cou, j’ai jeté mon sac de sport par terre et j’ai demandé ce qu’on allait manger. Ma mère, même si elle était fière de mon titre, m’a dit d’aller d’abord ranger mes affaires et de mettre la table. Il y a des règles. »

« Ce sport te flingue le squelette, mais malgré les blessures, je skie encore à mon âge ». Il est vrai que dévaler à tout berzingue une descente parsemée de bosses et absorber tous ces chocs, toutes ces trépidations, peut provoquer lésions des ménisques, tendinites, arthroses et ruptures des ligaments. Mais ce ‘Zébulon’ est monté sur ressort et fonce, rien ne l’arrête malgré de nombreux séjours à l’hôpital.

Champion et entrepreneur

Il continue : « Être champion, c’est d’abord un état d’esprit avant d’être un job. Le projet, c’est de voir son rêve se réaliser, se donner les moyens de l’atteindre, c’est une vision mais aussi une manière de faire. On crée sa boîte, on la développe, mais passer de 10 à 100 salariés, manager le personnel, gérer, ce n’est pas le même métier. Et si tu es nul en comptabilité, laisse tomber, confie-la à quelqu’un de qualifié, délègue. »

Pour lui, « il faut embarquer son manager dans son projet, communiquer avec les médias pour se faire connaître et attirer des sponsors prêts à miser sur vous. Donc en plus du travail, du talent, il faut une méthode et de la motivation, ce n’est pas forcément le plus fort qui gagne, mais le plus motivé et la chance ne suffit pas ». Edgar Grospiron ajoute : « Il faut savoir pourquoi on se lève le matin, quelle trace on a envie de laisser à sa femme, ses enfants, ses proches et ses collaborateurs. Il faut donner du sens à son engagement. On a besoin d’énergie, d’ambition, or elles fluctuent. On doit avoir des exigences et les mettre au service de nos points forts, nos forces, nos qualités, nous demander comment aller plus haut mais pas nous la péter, nous reposer sur nos lauriers, rester humbles. »

« C’est un travail constant. On ne naît pas champion olympique, on le devient. Entrepreneur, c’est pareil. Nous devons nous remettre en question, respecter des valeurs, progresser, nous améliorer, mettre la barre toujours plus haut. Gagner, c’est bien, réussir c’est mieux », conclut le champion qui, depuis le début de l’année, préside le Comité des Jeux Olympiques et Paralympiques des Alpes Françaises en 2030, chez nous, de Serre-Chevalier à Isola 2 000 et Montgenèvre, mais aussi Courchevel et Val d’Isère.

Une soirée du Réseau Entreprendre Rhône-Durance

Au cours de la soirée au Confidentiel d’Avignon-Nord, le président du Réseau Entreprendre Rhône-Durance, Emmanuel Sertain a précisé que c’était la dernière année de son mandat et a rappelé l’ADN de cette association qui rassemble une centaine de patrons : aider et soutenir avec bienveillance les repreneurs et créateurs d’entreprises, les faire bénéficier de leur expérience et de leur carnet d’adresses, les accompagner pour obtenir un prêt d’honneur à taux zéro pour se développer et créer des emplois. Brigitte Borel, la directrice, a longuement remercié les partenaires et mécènes. Parmi les lauréats 2025, Amandine Revelin et Sébastien Montaud, producteurs artisanaux de lavande, savons, huiles essentielles à Vaison-la-Romaine et Laetitia et Laurent Desbordes qui ont repris AMC, une entreprise spécialisée dans l’aménagement d’espaces pro en menuiserie à Sarrians.

Contact : rhone-durance@reseau-entreprendre.org / 04 90 86 45 59


Tout schuss pour la Fête de l’Entrepreneur à Avignon avec l’ancien champion de ski acrobatique Edgar Grospiron 

« Le boss des bosses » comme certains l’ont surnommé après son titre aux Jeux Olympiques de 1992 à Alberville en ski acrobatique, le triple champion du monde (1989-91-95) Edgar Grospiron animera la soirée au Confidentiel du Novotel d’Avignon Nord le mercredi 17 septembre.

En présence de plus de 300 patrons du territoire, il démontrera en quoi « Entreprendre, c’est du sport ! » Et les obstacles, les difficultés, il sait comment les affronter et les vaincre, lui qui depuis février dernier est président du COJOP (Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques) de 2030 dans les Alpes Françaises.

C’est le Réseau Entreprendre-Rhône Durance qui a eu l’idée de l’inviter cette année après Philippe Crozon en 2024. Cette association forte de 93 membres actifs, des chefs d’entreprise en activité ou à la retraite qui donnent de leur temps (1630 heures de bénévolat par an) pour tendre la main à des jeunes qui créent leur société ou en reprennent une, les conseillent, les soutiennent, les guident, les aident à monter leur projet, à obtenir un prêt d’honneur à taux zéro et les accompagnent pour, à terme, créer 5 emplois dans un délai de 3 ans. Et les chiffres parlent pour eux : en tout, 102 emplois ont été créés ou sauvegardés en 2024 par des membres de l’association qui paient une cotisation de 1 750€ par an.

Les valeurs-clés du Réseau Entreprendre, on les connaît et on les voit mises en oeuvre, année après année depuis sa création en 2003 en Vaucluse : bienveillance, engagement, solidarité, confiance, gratuité et réciprocité pusique nombre d’anciens lauréats ont, à leur tour, renvoyé l’ascensur social et sont devenus parrains ou tuteurs de futurs patrons.

Alors, en piste pour la Fête de l’Entrepreneur le 17 septembre autour d’Emmanuel Sertain, Brigitte Borel et Edgar Grospiron à partir de 18h au Confidentiel.

Contact : rhône-durance@reseau-entreprendre.org / 04 90 86 45 59

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