8 octobre 2026 |

Ecrit par le 8 octobre 2026

Prix Jacques Léon : Quand les Fontanille font rayonner le santon

Installées à quelques kilomètres d’Avignon, Isoline et Élisabeth Fontanille ont reçu le 29ᵉ Prix Jacques Léon, au musée Vouland. Leur travail, entièrement artisanal, réinvente la tradition des santons sans jamais en perdre l’âme.

Dans leurs ateliers de Pujaut, dans le Gard, Isoline et Élisabeth Fontanille façonnent une Provence miniature. La première crée des santons peints, de huit à neuf centimètres, expressifs et colorés. La seconde réalise des personnages habillés, souvent de près de trente centimètres, cousus dans des étoffes anciennes. Leur complémentarité vient d’être saluée par le Prix Jacques Léon ‘Tradition Provençale et Modernité’. La remise du prix s’est déroulée dans le jardin du musée Louis Vouland à Avignon, dans le cadre de la Semaine provençale organisée par la Ville.

Copyright Facebook Santons Isoline Fontanille à Pujaut

Un prix créé par la Fondation Louis Vouland
Créé en 1993 par la Fondation Louis Vouland, le prix distingue des initiatives qui conjuguent héritage régional et création contemporaine. Avant les Fontanille, il a récompensé des maisons aussi diverses que Souleiado, Fragonard, La Boule Bleue, la Scourtinerie de Nyons ou encore la Nougaterie Silvain. Chez Isoline Fontanille, chaque figurine est reprise après le moulage. L’argile encore souple est évidée, remodelée, animée. Une oreille d’âne, une posture, un regard : les détails donnent à chaque personnage sa singularité. Après plusieurs semaines de séchage, les pièces sont cuites à près de 980 °C, puis peintes à la gouache, à l’acrylique et avec des pigments naturels. Il faut compter environ deux heures et demie pour un santon. Jusqu’à huit heures pour une saynète. La production reste volontairement limitée, loin des séries standardisées. Élisabeth, elle, compose des santons habillés qui tiennent presque de la sculpture et de la couture. Les visages sont modelés puis patinés. Les costumes prennent vie dans des piqués anciens, des étoffes chinées, des passementeries et des accessoires récupérés. Une démarche de réemploi menée depuis plus de 35 ans, bien avant que l’économie circulaire ne devienne un mot d’ordre.

Une tradition populaire, pas une pièce de musée
L’histoire familiale remonte aux années 1960, lorsque Jean-Marie Fontanille rencontre le santonnier aixois Rodolphe Devouassoux. La passion se transmet ensuite à Isoline, qui devient santonnière en 1998 après des études d’arts plastiques, puis à Élisabeth, encouragée par son mari à créer sa propre collection. Leurs créations prolongent une pratique apparue en Provence au XIXᵉ siècle. Le santon, du provençal santoun, ‘petit saint’, peuple alors les crèches de bergers, de lavandières, de marchands et d’artisans, autrement dit toute une société rurale mise en scène autour de la Nativité. Les savoir-faire liés aux santons moulés, cuits et peints figurent depuis 2021 à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel du ministère de la Culture. Mais les Fontanille ne se contentent pas de reproduire un répertoire ancien. Isoline donne à ses bergères, ânes, chèvres et colporteurs des attitudes presque vivantes. Élisabeth habille ses personnages comme on raconterait une époque, avec des matières qui portent déjà une histoire.

Copyright Facebook Famille Fontanille

De Pujaut aux quatre coins du monde
Leurs santons ont rejoint des collections aux États-Unis, au Canada et en Allemagne. Élisabeth a également réalisé des crèches pour l’Hôtel d’Europe et La Mirande, à Avignon, ainsi que pour Baumanière, aux Baux-de-Provence. Le travail de la famille s’est même invité à Notre-Dame de Paris, où l’un des anges de la grande crèche créée par Jean-Marie Fontanille a trouvé place après la réouverture de la cathédrale. Le Prix Jacques Léon distingue donc bien davantage qu’un artisanat. Il récompense une manière de faire vivre la Provence : par la main, la patience et l’invention. À Pujaut, la tradition ne dort pas dans une vitrine. Elle marche, elle travaille, elle sourit et continue de voyager.
Mireille Hurlin


(Vidéo) Musée Vouland, nouveau Conseil d’administration

Le 13 février 2024, à l’aube de l’année du Dragon de Bois, le musée a rouvert après six semaines de fermeture annuelle et le nouveau conseil d’administration de la Fondation Louis Vouland a élu son bureau : Michel Silvestre au poste de Président ; Jean-Claude Delalondre à la Vice-Présidence ; Mario Moretti Trésorier ; Michèle Michelotte Secrétaire et aux postes d’aminitratrices : Dany Brémond, Dominique Ansidéi et Annie Montagard. Dans le détail, la Fondation comprend aussi les membres de droit qui sont un représentant du Ministère de l’Intérieur, de la Culture, du Conseil départemental de Vaucluse, de la Ville d’Avignon et de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Vaucluse.

Un musée dans un hôtel particulier
L’hôtel particulier, ancienne demeure du collectionneur Louis Vouland (Noves 1883 – Avignon 1973), s’inscrit dans un quartier urbanisé à la fin du XIXe siècle à l’Ouest d’Avignon intramuros, près du Rhône, sur l’emprise de l’ancien couvent des Dominicains ou des Frères Prêcheurs. Derrière des façades ordonnancées d’inspiration classique, le visiteur découvre la collection de Louis Vouland, au fil de salles de réception au rez-de-chaussée, puis de pièces plus intimes au premier étage. Préservant l’intimité, sa façade sud, à l’abri des regards, ouvre largement sur un agréable jardin ensoleillé. Le musée présente une collection permanente d’Arts Décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles. Il présente aussi des œuvres d’artistes provençaux des XIXe et XXe siècles du fonds du musée, lors d’expositions thématiques ou monographiques.

Une nouvelle exposition
Circuit court Avignon, Provence, Languedoc jusqu’au 31 décembre 2024.Une exposition sous le signe du local, et du mouvement. Paysages, scènes de la vie quotidienne, portraits et natures mortes, peintres des 19e et 20e siècles liés à Avignon ou sa région, œuvres issues de collections particulières des environs d’Avignon et du musée Vouland.  Redécouverte de Pierre Grivolas et Antoine Grivolas, Lina Bill, Charles Vionnet, Claude Firmin, Clément Brun, René Seyssaud, Eugène Martel, Alfred Lesbros, Paul Leschhorn, Auguste Roure, Louis Montagné, Alfred Bergier, Auguste Chabaud, Joseph Hurard, Paul Surtel, Paul-Étienne Saïn, Jean-Claude Imbert, Raymond Andrieu, Jean-Marie Fage et Gérard Delpuech.

Visuel de l’exposition : Alfred Lesbros (1873-1940), Le Pont Saint-Bénézet (détail),
sans date, pochoir huile sur carton, 38,5 x 53,5 cm [Musée Vouland] © F. Lepeltier

Visite accompagnée
Samedi 17 février à 14h30 La curiosité est-elle un défaut ? Découverte du musée, de l’exposition, du jardin  Pour tous, en famille, entre amis avec Odile Guichard, Conservatrice du musée Louis Vouland.

Conférence
Mercredi 21 février à 17h30 sur Marcel Roy (1914-1987), peintre et verrier, Joseph Pacini avec présentation du livre Marcel Roy, passeur de lumière proposée par les Amis du Musée Louis Vouland  au Théâtre de l’Entrepôt avec la Compagnie Mises en Scène. Y aller ? 1 ter boulevard de Champfleury – Avignon Réserver ? Helloasso AMLV.

Visite accompagnée Jeudi 29 février à 17h30,
Exposition circuit court pour tous, en famille, entre amis avec Odile Guichard.

Les infos pratiques
Musée Louis Vouland.
Musée, Exposition, Jardin : ouverts de 14h à 18h tous les jours sauf les lundis. Entrée de 4€ à 6€. Gratuit pour les – de 12 ans. + 2 €, visite accompagnée -limitée à 18 personnes. 17, rue Victor Hugo à Avignon. 04 90 86 03 79 ou mail
MH


(Vidéo) Adaïkalam l’aventure humaine tissée entre Avignon et Pondichéry et un déjeuner dans le jardin du Musée Vouland

Quel est le lien entre Le Musée Vouland, Adaïkalam et La Maison Agathe à Pondichéry ? La trajectoire d’un homme, Ranganathan Ariapouttry Ranganadane, professeur de Yoga à la tête du centre Atma d’Avignon, président de l’association Adaïkalam –qui signifie Refuge en Tamoul-, lui-même né à Pondichéry et vivant en famille à Avignon avec son épouse, médecin.

Le rapport avec le Musée Vouland et son magnifique jardin ? C’est là qu’on festoiera samedi 24 septembre d’un repas indien végétarien concocté par Ranga lui-même. Ce sera au profit de la Maison d’Agathe, l’orphelinat de Pondichéry. Pour y participer ? On réserve tout de suite ici. La bonne nouvelle ? C’est qu’après le déjeuner la visite du musée est gratuite. Quant à la belle histoire, elle se lit juste là.

Leçon de danse

2e édition du déjeuner indien
Pour la deuxième année, Frédéric Vouland, le Président de la Fondation Louis Vouland met le jardin du Musée à la disposition de l’association Adaikalam pour y organiser son déjeuner indien végétarien.

Les fonds récoltés
Les fonds récoltés grâce à la participation des convives au déjeuner sont destinés au financement de «La Maison d’Agathe» de Pondichéry en Inde –Agath Illam Orphanage- où vivent actuellement 19 fillettes et jeunes filles orphelines ou esseulées. Elles sont logées, nourries et accompagnées dans leurs études. Elles apprennent le français, participent à des cours de danse, de yoga, de musique indienne dispensé par Raja Mamcam de l’école ‘Agathe Vidhyalaya music & Dance school’.

Leçon de chant

Tendre la main
«Nous leur offrons une chance de réussir dans la vie, relate Ranga Ariapouttry. Il existe en France des ‘Maisons pour tous’, qui permettent aux gens du quartier et à toute personne le souhaitant de pratiquer des activités artistiques et sportives, offrant ainsi à tout le monde, une éducation et l’accès à la discipline, à la rigueur et une meilleure concentration. Je crois qu’avant d’attendre quelque chose de son pays, il faut se demander ce que nous pouvons lui apporter, c’est ce que je m’efforce de faire en aidant, à la hauteur de mes moyens, ma ville natale depuis 40 ans. La Maison d’Agathe aura vocation à nous survivre. C’est un lieu protégé et béni. Merci à tous ceux qui nous soutiennent.»

En détail
Le foyer pour petites filles et jeunes-filles a été créé pour recueillir les enfants et adolescentes abandonnés. Les encadrantes ont également vécu dans la précarité avant d’y trouver un emploi. Cette très belle initiative est l’œuvre du professeur de Yoga installé à Avignon et marié avec une médecin avignonnaise. La Maison d’Agathe fait référence à leur fille ainée, étudiante en psychologie, qui a tragiquement disparu dans sa vingtième année. En plus du foyer pouvant accueillir jusqu’à 30 pupilles, Ranga Ariapouttry a créé une école de danse et de musique, un peu à l’image de ‘La maison pour tous’ d’Avignon.

https://www.echodumardi.com/tag/fondation-louis-vouland/   1/1