3 avril 2026 |

Ecrit par le 3 avril 2026

Sans Transition ! à Malaucène, Quand l’eau se fait démocratie

Après plusieurs rencontres organisées en Vaucluse, le cycle porté par le média engagé Sans Transition ! se poursuit avec un 3e opus consacré à la ‘démocratie de l’eau’. Une réflexion de fond, portée notamment par son directeur de publication Julien Dezécot, qui interroge la gouvernance d’une ressource devenue critique. Il s’agit du projet « Les pieds dans l’eau », une conférence-débat avec Sophie Gosselin, Docteure en philosophie, se tiendra le 17 avril à 18h à Malaucène, intitulée : « Construire la démocratie de l’eau ». Un temps fort offert grâce au soutien du Programme Leader, en partenariat avec le Parc Naturel régional du Mont-Ventoux, la Ville de Malaucène et la Fondation Macif. Infos et réservation ici.

Comment partager une ressource vitale sous tension ? C’est la question au cœur de la rencontre « Construire la démocratie de l’eau », nouvelle étape d’un cycle engagé sur le territoire. L’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large portée par le média Sans transition !, qui milite pour une approche territoriale et participative des grandes transitions.

L’eau, enjeu démocratique
Derrière le concept, une idée forte : faire de l’eau un bien commun réellement débattu, partagé et gouverné collectivement. Une nécessité dans un contexte de tensions croissantes entre usages agricoles, industriels et domestiques, exacerbées par le changement climatique. Cette rencontre, avec Sophie Gosselin, prolonge une série d’événements déjà ancrés dans le territoire vauclusien. À Mazan notamment, un colloque d’envergure avait réuni scientifiques, élus et acteurs locaux autour d’un constat sans appel : « le système de l’eau est en crise », entre raréfaction des ressources et dégradation de leur qualité.  Dans un autre temps fort, la question de la sobriété hydrique avait également été mise au cœur des échanges, soulignant la nécessité de repenser en profondeur les usages et les modèles de gestion. 

Du constat à la participation citoyenne
Cette demande d’associer le citoyen aux décisions portant sur la sauvegarde et la distribution de l’eau rejoint des réflexions plus larges sur la gouvernance de l’eau en France, où les dispositifs existent mais peinent parfois à équilibrer les intérêts entre acteurs économiques, collectivités et société civile. L’enjeu ? Il est de mieux répartir une ressource de plus en plus rare et de redonner une légitimité démocratique aux arbitrages. Dans cette perspective, la notion de « démocratie de l’eau » fait des territoires des lieux d’expérimentation collective, où les solutions émergent au plus près des réalités locales.

Un territoire observé par les experts et scientifiques
Le Vaucluse, marqué par des épisodes de sécheresse récurrents et une pression accrue sur les nappes phréatiques, apparaît comme un terrain particulièrement révélateur. Longtemps considérée comme abondante, la ressource s’avère aujourd’hui fragile, obligeant à repenser les équilibres. L’eau n’est plus seulement une question technique ou environnementale, mais un sujet profondément politique et sociétal.

Une pédagogie du débat
À travers ces rencontres, Sans transition ! joue un rôle de médiateur entre savoirs scientifiques, décisions publiques et attentes citoyennes. Une ligne éditoriale fidèle à l’ADN du média, qui se définit comme un acteur du débat territorial, « du local au global ».  L’ensemble de ces études et réflexions entrepreneuriale et citoyennes oeuvrent à éviter que la crise de l’eau ne se transforme en crise sociale. L’eau n’est plus une ressource stable. Elle devenue un facteur de tension, d’adaptation et de transformation des territoires. En Vaucluse comme ailleurs, la question n’est plus de savoir si la gestion de l’eau doit évoluer, mais comment, sur quels critères et avec qui.

Les chiffres de l’eau en Vaucluse
Près de 171 millions de m³ : volume total d’eau prélevé en 2021 dans le Vaucluse (79 millions dans les nappes, 92 millions dans les cours d’eau) 
86%, c’est la part de ces prélèvements destinée à l’agriculture, loin devant l’industrie (13%) et les usages domestiques (1%).
De –10 à –30 %, c’est la baisse attendue des ressources en eau d’ici 2050 sous l’effet du changement climatique.
Les nappes sont souvent basses : notamment dans des secteurs comme Cavaillon ou la moyenne Durance, régulièrement en déficit.
L’eau, une ressource contrastée : abondante en apparence avec le Rhône, la Durance et la Sorgues, mais très dépendante des cycles climatiques et des prélèvements.
Des sécheresses récurrentes rythmées par des épisodes de chaleur et de déficit de pluie marqués à l’exception, bien entendue, de cette année qui s’est révélée particulièrement pluvieuse. 
Le Vaucluse n’est pas un territoire ‘sans eau’, mais un territoire où la pression sur la ressource devient structurelle, entre agriculture intensive, croissance démographique et changement climatique.

Les infos pratiques
Troisième opus du projet « Les pieds dans l’eau », après les rencontres avec Charlène Descollonges puis Freddy Rey, cette nouvelle conférence-débat avec Sophie Gosselin, Docteure en philosophie et autrice, est proposée le vendredi 17 avril à 18h à Malaucène. Intitulée : Construire la démocratie de l’eau, Sophie Gosselin sera interviewée par Sans transition! lors d’un grand entretien, suivi d’échanges avec les entreprises, associations, collectivités et citoyens du territoire. Parmi lesquels : Jacques V. Paget, représentant de France Nature Environnement Vaucluse à la commission consultative des usagers  du syndicat Rhône Ventoux, Magali Jameux, chargée de mission eaux et rivières au Parc du Luberon et animatrice du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) du Calavon-Coulon, ainsi que le collectif citoyen de l’eau d’Avignon. Inscription ici.
Mireille Hurlin

https://www.echodumardi.com/tag/fondation-macif/   1/1