16 août 2026 |

Ecrit par le 16 août 2026

Avignon, Musée Angladon ‘Vers l’infini et au-delà’

Avec 25 000 visiteurs par an, dont 70% d’étrangers, le Musée Angladon-Collection Jacques Doucet demeure l’un des joyaux culturels d’Avignon. À l’approche de ses 30 ans, l’institution accélère sa transformation : soutien des Pouvoirs publics, partenariat envisagé avec le Musée d’Orsay, modernisation de son fonctionnement et ambition d’obtenir le prestigieux label ‘Musée de France’. Une feuille de route destinée à assurer l’avenir d’une collection exceptionnelle, malgré un équilibre financier devenu fragile.

Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, a été accueilli au Musée Angladon-Collection Jacques Doucet par Gilles Muller, président de la Fondation Angladon-Dubrujeaud, Me Alain Graugnard, président honoraire, et l’équipe du musée. Mission ? Prendre la mesure d’un établissement engagé dans une profonde réflexion sur son avenir. Pour l’occasion, le représentant de l’Etat a visité l’exposition temporaire ‘Un compagnonnage artistique’. Jean Angladon et Paulette Martin, qui met en lumière le dialogue artistique et amoureux entre les deux peintres, dans leur ancienne demeure, offrant une lecture plus intime de la collection permanente.

Une maison-musée unique en Provence
Créée selon les volontés de Jean Angladon et Paulette Martin, héritiers du grand couturier et collectionneur Jacques Doucet, la Fondation célèbre cette année ses trente ans. Son identité ? Une maison-musée installée dans un hôtel particulier du 18e siècle, où les œuvres rythment les lieux comme si leurs propriétaires venaient tout juste de les quitter. Le musée accueille environ 25 000 visiteurs chaque année, dont près de 70% viennent de l’étranger. Une fréquentation en progression qui témoigne de l’aura internationale de cette collection, considérée comme l’un des plus beaux ensembles privés d’art moderne en France. Parmi ses trésors figurent notamment ‘La Blouse rose’ d’Amedeo Modigliani et ‘Wagons de chemin de fer à Arles’ de Vincent Van Gogh, seule œuvre du peintre hollandais conservée en Provence.

Des difficultés financières, mais une stratégie de rebond

Comme de nombreuses institutions culturelles, le musée doit cependant composer avec une équation économique délicate. Son fonctionnement demeure déficitaire, ce qui fragilise progressivement la dotation financière léguée par ses fondateurs et pour une partie placée en Bourse. Une situation qui a conduit la Fondation à saisir le tribunal judiciaire d’Avignon afin d’obtenir une évolution des dispositions testamentaires encadrant sa gestion.

Pour une réorganisation plus ambitieuse
Parmi les premières mesures figurent un alignement progressif de la politique tarifaire sur celle des autres musées avignonnais, désormais payants pour les visiteurs extérieurs à la ville, la refonte du site internet, la mise en place d’une billetterie en ligne, le développement de nouveaux services et un renforcement de la présence numérique. Une réorganisation interne devrait également permettre de mieux distinguer les missions administratives des activités scientifiques et culturelles.

Le pari d’un grand musée d’art moderne en région Sud
Egalement, depuis plusieurs années, la Fondation travaille avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) à un rapprochement avec le Musée d’Orsay. L’objectif est de faire émerger, en Avignon, un pôle majeur consacré à l’art moderne, à l’image des coopérations déjà engagées entre le Louvre et le Petit Palais. Dans cette perspective, les responsables du musée souhaitent fédérer l’ensemble des acteurs culturels du territoire, des collectivités locales à l’agglomération du Grand Avignon, afin de construire une stratégie commune de rayonnement. L’enjeu ? Renforcer l’attractivité culturelle d’Avignon tout au long de l’année, au-delà de la seule période des Festivals In et Off, en s’appuyant sur un patrimoine couvrant près de huit siècles de création artistique, de la première Renaissance à l’art contemporain.

Objectif ‘Musée de France’ en ligne de mire
Grâce à la qualité exceptionnelle de ses collections, le Musée Angladon nourrit désormais l’espoir d’obtenir l’appellation Musée de France, distinction qui renforcerait encore sa visibilité, faciliterait les partenariats scientifiques et conforterait sa mission de conservation. La visite du préfet apparaît ainsi comme une étape importante dans ce processus. Entre exigences économiques, attractivité touristique et transmission culturelle, le Musée Angladon doit répondre aux exigences de son temps pour ambitionner demain
Mireille Hurlin


Avignon, Musée Angladon ‘Vers l’infini et au-delà’

Après plusieurs mois de transition, la Fondation Angladon-Dubrujeaud ouvre un nouveau chapitre. Gilles Muller succède à Philippe Lechat -président depuis juillet 2025- à la présidence de l’institution avignonnaise. Sa feuille de route ? Renforcer le rayonnement du musée privé et conserver sa place d’acteur majeur de l’attractivité culturelle d’Avignon. Une nomination qui intervient alors que le musée célèbre ses trente ans et poursuit sa réflexion sur son avenir. La nouvelle direction du musée Angladon-Collection Jacques Doucet n’a cependant pas encore été nommée.

Réuni en conseil d’administration, la Fondation Angladon-Dubrujeaud a élu Gilles Muller à sa présidence. Il succède à Philippe Lechat, dont le mandat aura accompagné une période charnière marquée par des interrogations sur le modèle économique de l’établissement, le départ de sa directrice historique Lauren Laz, depuis mai 2015 et directrice du département des oeuvres des beaux-Arts de Paris depuis avril 2026, puis la volonté affirmée de redonner un nouvel élan au musée. 

Un professionnel de la culture et des relations publiques
Installé en Provence depuis une quinzaine d’années et Avignonnais depuis sept ans, Gilles Muller est très présent dans le milieu culturel. Diplômé de Sciences Po, il a dirigé plusieurs fédérations professionnelles liées à l’art de vivre avant de créer sa propre agence de relations publiques. Son parcours l’a conduit à accompagner des institutions culturelles françaises et à lancer des opérations de promotion internationale comme ‘Paris, Capitale de la Création’. Il a également présidé l’Association Museum et Industries, où il a développé une réflexion sur les liens entre patrimoine, innovation et attractivité territoriale.

Un musée qui veut changer d’échelle
Le nouveau président souhaite renforcer la visibilité nationale et internationale du musée en s’appuyant sur le travail collectif de ses équipes, des partenaires publics et du tissu culturel local. L’objectif dépasse les murs de l’hôtel de Massilian : faire du musée un des leviers du rayonnement d’Avignon, ville de patrimoine et de festivals. Ainsi, le Musée Angladon, en plus de conserver sa collection, entend multiplier les collaborations, développer des expositions originales et attirer de nouveaux publics tout au long de l’année.

Un trésor culturel encore méconnu
Créée en 1993 et reconnue d’utilité publique, la Fondation Angladon-Dubrujeaud est née de la volonté de Jean Angladon et Paulette Martin de transmettre au public l’héritage artistique reçu du grand couturier et collectionneur Jacques Doucet. Le musée ouvre finalement ses portes en novembre 1993 dans l’ancien hôtel de Massilian, ancienne demeure d’habitation du couple d’héritiers et d’artistes, au cœur de l’intramuros d’Avignon. Ses salles, réaménagéers pour recevoir le public, réunissent quelques-uns des plus grands noms de l’histoire de l’art : Van Gogh, Picasso, Modigliani, Degas, Manet, Cézanne, Sisley ou Vuillard côtoient des œuvres de la Renaissance, des arts décoratifs du XVIIIᵉ siècle et les précieux souvenirs de Jacques Doucet, grand couturier et l’un des plus grands collectionneurs français du début du XXᵉ siècle. Peu de musées de cette taille peuvent revendiquer une telle concentration de chefs-d’œuvre.

Après les turbulences, le temps des projets
Ces derniers mois, le Musée Angladon a connu plusieurs évolutions importantes. Le départ de Lauren Laz, qui avait profondément marqué le développement scientifique et culturel de l’institution, a ouvert une période de transition. Dans le même temps, la Fondation a réaffirmé sa volonté de poursuivre les investissements nécessaires pour assurer la pérennité de ce patrimoine exceptionnel et renforcer son attractivité.
Mireille Hurlin

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