Vols en Vaucluse : les chantiers sous protection renforcée
Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, les organisations professionnelles du bâtiment, la police et la gendarmerie ont signé, à Avignon, une convention pour mieux lutter contre les vols sur les chantiers. Mission ? Sécuriser les entreprises qui restent exposées à des pertes qui désorganisent leur activité et alourdissent la facture des travaux.
Le chantier situé à proximité de la préfecture, de nouveau victime de vols lors des émeutes du 17 octobre, en a récemment fourni une illustration. Pour mieux protéger ces sites vulnérables, l’État, la Fédération du BTP de Vaucluse, la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment de Vaucluse), la Police nationale et la Gendarmerie ont signé une nouvelle convention dans le quartier Saint-Jean, à Avignon. L’accord renouvelle un partenariat engagé en 2009 et élargit le cercle des signataires, avec notamment l’implication du bailleur social Grand Delta Habitat. Objectif ? Prévenir les intrusions, faciliter les interventions des forces de l’ordre et limiter les conséquences de ces délits sur l’activité des entreprises.
Une menace persistante En zone gendarmerie, 75 vols sur des chantiers ont été constatés en 2025, contre 94 en 2024, soit une baisse de 20 %. Mais la compagnie de Pertuis enregistre, à l’inverse, une hausse de 12 %. Du côté de la police, 28 faits ont été recensés au cours des neuf premiers mois de 2026, contre 55 sur la même période en 2025. Engins, carburants, outillage et matériaux restent des cibles de choix, notamment lorsque les sites sont inoccupés ou insuffisamment protégés. Egalement, l’engin ou l’outil manquant ou détérioré immobilise une équipe et retarde une opération entière. À ces pertes s’ajoutent les frais de remplacement, les réparations et les perturbations du calendrier des travaux. Au plan national, la Fédération française du bâtiment estime que les vols et dégradations sur les chantiers représentent plus d’un milliard d’euros de pertes annuelles pour la profession.
A droite Daniel Léonard président de la fédé BTP 84, le préfet Thierry Suquet et au centre Xavier Sordelet, directeur général de Grand delta Habitat Copyright Préfecture de Vaucluse
Des mesures concrètes, avant et après les vols Un référent sûreté, interlocuteur privilégié désigné au sein de la police et de la gendarmerie sera l’interlocuteur des entreprises. Celles-ci pourront être accompagnées dans l’évaluation des risques et dans le choix de protections adaptées : vidéosurveillance, gardiennage, sécurisation des accès ou encore amélioration de la traçabilité des matériels et des engins. Les fédérations professionnelles auront également un rôle de sensibilisation auprès de leurs adhérents. L’assurance devra, elle aussi, être adaptée aux risques propres à chaque chantier. Le dispositif prévoit par ailleurs une meilleure prise en compte des opérations les plus importantes dans les patrouilles des forces de l’ordre. Les signalements et appels au 17 devront être traités avec davantage de réactivité, et les investigations engagées dans les meilleurs délais. Les entreprises victimes pourront solliciter un rendez-vous pour déposer plainte.
La sécurité, un investissement à part entière Ces mesures rejoignent les recommandations de la Fédération française du bâtiment, qui préconise, notamment, de contrôler les accès, de sécuriser les équipements coûteux et de conserver les références permettant d’identifier le matériel volé. Son outil de prévention ‘Ras le vol’ aide les entreprises à évaluer les vulnérabilités de leurs chantiers et à déterminer les protections nécessaires. Pour les entreprises du bâtiment, sécuriser un chantier, c’est aussi protéger leurs équipes, leurs délais et la continuité de leur activité. Pour mémoire, en septembre, le chantier du barrage de Bonpas, à Caumont-dur-Durance, géré par EDF, avait fait l’objet d’un vol de machines électroportatives pourtant stockées en container, d’une valeur d’environ 40 000€. Mireille Hurlin
Logement social : la demande reste insatisfaite en Vaucluse
Alors que les prix immobiliers et la précarité fragilisent l’accès au logement, le parc social ne répond qu’imparfaitement aux besoins des ménages. Selon une étude de l’Insee, publiée ce mois, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur compte 287 200 ménages logés dans le parc social, soit 12,3 % des ménages. Les attributions restent rares, les délais d’attente s’allongent et les petits logements manquent particulièrement. En Vaucluse, où la pauvreté est plus prégnante que dans les Bouches-du-Rhône, la question demeure : Comment loger durablement ceux qui ne peuvent accéder au marché privé ?
Le logement social, pour nombre de ménages modestes, la condition d’un parcours résidentiel stable, dans un département où les situations de précarité rendent parfois l’accès au parc privé difficile, malgré des loyers plus abordables que sur le littoral régional. Cette étude de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) met en évidence un paradoxe vauclusien. La pauvreté y est plus présente que dans les Bouches-du-Rhône, mais la part des ménages logés dans le parc social y est inférieure. Les différences de prix immobiliers, le degré d’urbanisation et les obligations imposées aux communes par la loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU) contribuent à expliquer ces écarts.
Programme Grand delta Habitat Copyright Mireille Hurlin
En Vaucluse, des besoins que le marché ne suffit pas à satisfaire Le Vaucluse compte environ 37 334 logements sociaux en Vaucluse au 1er janvier 2025. Le parc est très majoritairement composé d’appartements : environ 84 % des logements sociaux relèvent du collectif, contre 16 % de maisons individuelles. Grand Delta habitat est l’acteur majeur du Vaucluse qui gère plus de 42 000 logements sur l’ensemble de ses territoires d’intervention. Près de 15 000 foyers vauclusiens attendraient un logement social dans le département et le délai moyen d’attribution avoisinerait 12 mois. Le décalage est d’autant plus significatif qu’environ 70 % de la population vauclusienne serait éligible à un logement HLM.
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Le Vaucluse cumule deux fragilités Le Vaucluse cumule deux fragilités : 19,9 % de sa population vit sous le seuil de pauvreté, le taux le plus élevé de la région, alors que les logements sociaux représentent 12,6 % du parc de résidences principales. Cette proportion dépasse légèrement la moyenne régionale, mais ne suffit pas à répondre aux besoins d’un territoire particulièrement exposé à la précarité. Avec 12,6 % de logements sociaux, le Vaucluse se situe au-dessus de la moyenne de Provence-Alpes-Côte d’Azur (12,3 %). Il reste toutefois loin des Bouches-du-Rhône, où cette part atteint 16,3 %. Ce département affiche un taux de pauvreté de 18,5 %, inférieur de 1,4 point à celui du Vaucluse. Ailleurs dans la région, les écarts sont également révélateurs. Les Alpes-de-Haute-Provence comptent 8,2 % de logements sociaux pour un taux de pauvreté de 17,1 %. Dans le Var, ces proportions s’établissent respectivement à 9,3 % et 15,6 %. Les Hautes-Alpes présentent le taux de pauvreté le plus faible de la région (14,7 %), avec 10,2 % de logements sociaux. Dans le Vaucluse, où près d’un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, la pression sur le logement abordable constitue un enjeu majeur.
Programme Grand Delta Habitat Copyright Mireille Hurlin
Des disparités entre communes L’offre est également inégalement répartie sur le territoire. Avignon figure parmi les communes les mieux dotées, avec un taux de logements HLM estimé à 19,24 %. Le défi consiste donc à construire de nouveaux logements là où la demande est forte, tout en mobilisant le parc existant et en favorisant une répartition plus équilibrée entre les communes. .
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, un parc insuffisant face aux besoins En Paca, 287 200 ménages, représentant 675 200 personnes, occupaient un logement social au 1er janvier 2022. Cela correspond à 12,3% des ménages, contre 15,4% en France métropolitaine. La région se classe ainsi parmi celles où le parc social occupe une place relativement faible, alors même que les difficultés d’accès au logement y sont particulièrement marquées. Les prix immobiliers, parmi les plus élevés de France hors Île-de-France, pèsent lourdement sur les possibilités d’installation. La présence importante de résidences secondaires contribue également à limiter l’offre disponible pour les habitants permanents. À cela s’ajoute un taux de pauvreté supérieur de deux points à la moyenne métropolitaine. La répartition du logement social demeure très inégale entre les départements. Les Bouches-du-Rhône affichent la proportion la plus élevée de la région, avec 16 % des ménages concernés. À l’autre extrémité, les Alpes-de-Haute-Provence se situent à 8 %. Le Vaucluse se trouve entre ces deux niveaux, sans que sa situation sociale se traduise par une présence équivalente de logements à loyers modérés. Cette géographie rappelle que les besoins ne se répartissent pas uniformément. Les grands pôles urbains concentrent une partie des tensions, mais les territoires moins denses peuvent eux aussi connaître des difficultés, notamment lorsque l’offre disponible est éloignée des emplois ou des équipements indispensables.
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Un logement pour 8 demandes : le goulot d’étranglement des attributions Un logement pour huit demandes, voilà l’ampleur du problème. En 2022, la région enregistrait plus de 206 000 demandes actives de logement social. Parmi elles, 151 000 émanaient de ménages qui ne résidaient pas déjà dans le parc social. Pour ces demandeurs, une attribution seulement intervenait pour huit demandes, contre une pour cinq en moyenne nationale. Le délai moyen d’attente atteignait 22 mois, contre 16 mois en France métropolitaine. Derrière ces chiffres ? Une séparation qui oblige à trouver rapidement un nouveau logement, une perte d’emploi qui réduit les ressources, une famille qui s’agrandit ou une personne âgée qui ne peut plus vivre dans un appartement devenu inadapté. La pression se révèle encore plus forte pour les petites surfaces. En 2022, on comptait une attribution pour 18 demandes de studios et de T1, et une pour 9 demandes de T2. Les personnes seules représentaient 43 % des demandeurs, les couples sans enfant 21 %. Ces chiffres mettent au jour un décalage entre la composition des ménages et les logements auxquels ils peuvent prétendre. Le manque de petites surfaces ne constitue donc pas un problème secondaire. Il conditionne l’accès au logement des jeunes adultes, des personnes seules, des ménages séparés et de nombreux seniors. Pour une population vieillissante, la disponibilité d’appartements de taille modeste, accessibles et bien situés devient le graal.
Réhabilitation Grand Delta Habitat Copyright Mireille Hurlin
Des locataires plus âgés, des familles davantage exposées à la pauvreté Le parc social accueille des ménages dont les profils diffèrent nettement de ceux du secteur locatif privé. Le revenu constitue l’un des premiers marqueurs de cette distinction. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la moitié des ménages locataires du parc social disposent d’un niveau de vie inférieur à 1 300€/mois et par unité de consommation. Cette mesure tient compte de la composition du foyer et permet de comparer les ressources de ménages de tailles différentes. À titre de comparaison, le niveau de vie médian atteint 1 600€ dans le parc locatif privé et 2 200€ chez les propriétaires occupants. La pauvreté touche ainsi 37 % des ménages du parc social, contre 24 % des locataires du privé. Les familles monoparentales sont particulièrement concernées. Elles représentent 21 % des ménages du parc social, contre 13 % dans le parc locatif privé. Parmi celles qui vivent dans un logement social, 42 % sont pauvres. Les couples avec enfants sont eux aussi plus présents dans le parc social que dans le parc privé : ils représentent respectivement 22 % et 15 % des ménages. Les familles de trois enfants ou plus y sont également surreprésentées. Le parc social remplit donc une fonction essentielle de protection pour des foyers qui doivent assumer seuls un loyer, les dépenses courantes et, parfois, la garde des enfants. Mais les ménages modestes ne sont pas les seuls à y vivre. Les personnes âgées y occupent une place importante, ce qui pose d’autres questions : adaptation du logement, proximité des soins et maintien de l’autonomie. L’âge médian de la personne de référence du ménage atteint 56 ans dans le parc social régional, contre 48 ans dans le parc locatif privé. Les ménages dont la personne de référence a 65 ans ou plus représentent 41 % des occupants du parc social, contre 30 % dans le privé. À l’inverse, les moins de 40 ans y sont moins nombreux : 18 %, contre 36 %.
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Quand les locataires restent, les logements tournent moins Le logement social a une particularité : on le quitte moins souvent que le parc privé. En 2022, 93 % des ménages qui y vivaient occupaient déjà le même logement un an auparavant. Dans le secteur locatif privé, cette proportion tombait à 83 %. La stabilité constitue une qualité indéniable. Elle permet aux familles de conserver leurs repères, aux enfants de rester dans leur établissement scolaire et aux locataires de préserver leurs liens de proximité. Mais elle réduit aussi le nombre de logements remis sur le marché chaque année, alors que les demandes continuent d’affluer. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 35 % des ménages du parc social occupaient leur logement depuis plus de dix ans. Dans le parc privé, cette ancienneté ne concernait que 12 % des ménages. Les évolutions familiales ne se traduisent pas nécessairement par un déménagement : des enfants quittent le foyer, un couple se sépare ou un conjoint décède, tandis que le logement demeure inchangé. Cette situation favorise la sous-occupation. Ainsi, 46 % des personnes seules et 70 % des couples sans enfant vivant dans le parc social occupaient un logement de trois pièces ou plus. Dans le parc privé, ces proportions étaient respectivement de 25 % et 49 %. Il ne s’agit pas pour autant d’une mauvaise répartition des logements. Certains locataires âgés souhaitent demeurer dans un quartier où ils ont leurs habitudes ; d’autres peuvent avoir besoin d’une chambre supplémentaire pour accueillir leurs proches ou faire face à une perte d’autonomie. Le défi consiste à proposer des logements plus adaptés sans contraindre les habitants à renoncer à leur cadre de vie.
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Changer de logement sans quitter le parc social La mobilité interne offre une partie de la réponse. Elle permet à un ménage déjà logé dans le parc social de déménager vers un appartement mieux adapté à sa situation : plus petit après le départ des enfants, plus grand à l’arrivée d’un nouvel enfant, plus proche d’un emploi ou doté d’un ascenseur lorsque les déplacements deviennent difficiles. Ces changements représentent plus d’un tiers des mouvements observés dans le parc social régional. Ils peuvent libérer des logements familiaux pour des ménages qui en ont besoin, tout en permettant à d’autres locataires de conserver un loyer compatible avec leurs ressources. Les entrées dans le parc social répondent souvent à une rupture. La moitié des nouveaux occupants avaient connu une baisse de leur niveau de vie au cours de l’année précédant leur emménagement. Leur âge médian était de 40 ans, et les familles monoparentales représentaient 26 % des entrants, contre 21 % de l’ensemble des locataires déjà installés. À l’inverse, les sorties restent relativement rares. Lorsqu’un ménage quitte le parc social, il accède fréquemment à la propriété : c’était le cas de 41 % des sortants en 2022. Leur niveau de vie médian atteignait alors 2 000€ par mois, contre 1 300€ pour les ménages qui demeuraient dans le parc social. Le logement social joue donc aussi un rôle de tremplin pour certains foyers dont la situation financière s’améliore.
Programme Grand Delta Habitat Copyright Mireille Hurlin
Construire davantage, mais surtout construire juste L’étude de l’Insee met en évidence une difficulté à ‘plusieurs tiroirs’. Le nombre de logements disponibles ne suffit pas à expliquer les tensions : leur taille, leur localisation, leur accessibilité et la faible rotation du parc pèsent également sur les possibilités d’attribution. En Vaucluse comme en Paca, la réponse ne peut donc se limiter à augmenter le nombre de logements sociaux, ceux-ci devant avant tout à mieux faire correspondre l’offre dans la diversité des besoins : petits appartements accessibles aux séniors pour les personnes seules, logements familiaux pour les foyers avec enfants et solutions proches des transports et des bassins d’emploi. Les données publiées en octobre 2026 portent sur la situation de 2022. Elles ne mesurent pas, à elles seules, l’évolution récente de la demande vauclusienne mais dessinent cependant, un constat durable : dans une région où la pauvreté et les prix immobiliers se conjuguent, le logement social reste une ressource indispensable, mais trop rare pour répondre à l’ensemble des besoins. Il est désormais désormais nécessaire de construire une offre plus abondante, mieux adaptée et réellement accessible. Source : Etude Insee de Benjamin Méreau ‘Dans le parc social, les ménages âgés et les familles sont les plus nombreux. Analyses Paca N°162 parue le 13 10 26. La totalité de l’étude ici.
En résumé Globalement, en Paca, d’après l’étude de Benjamin Méreau de l’Insee : Immobilier aux prix élevés et pauvreté accentuent les besoins en logement social. Près de 12% des ménages vivent dans un logement social. La pauvreté est plus présente dans le parc social. Le profil des habitants traduit la vocation sociale de ces logements. Le parc social accueille des ménages plus âgés que le parc privé. La faible rotation du parc social favorise la sous-occupation des logements. Un tiers des mobilités sont internes au parc social. Peu de demandes sont satisfaites et les petits logements sont très recherchés. Mireille Hurlin
Anru, Avignon verrouille sa mue urbaine
Le Grand Avignon a stabilisé son projet de renouvellement urbain, doté de 461,3M€. Saint-Chamand rejoint les opérations confirmées, tandis que les quartiers Nord-Est et Olivades voient leur programme ajusté. Une candidature au futur dispositif ‘Anru 360’ (Agence nationale pour le renouvellement urbain) est déjà en préparation.
Réuni à la mi-septembre, sous la présidence d’Olivier Galzi, le comité de pilotage du projet national de renouvellement urbain a arrêté la version définitive du programme, signé en 2020. La réunion était coprésidée par le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, en présence de l’Anru, d’Action Logement Services et des bailleurs Grand Delta Habitat et Erilia.
Un accord décisif pour les quartiers Objectif ? Sécuriser les engagements avant la clôture du programme national, prévue en 2027, et adapter les opérations aux besoins désormais exprimés sur le terrain. Le quartier Saint-Chamand bénéficiera ainsi d’un programme de rénovation confirmé. Dans les quartiers Nord-Est et aux Olivades, plusieurs ajustements doivent améliorer le cadre de vie, renforcer l’attractivité et poursuivre le désenclavement. La transition écologique reste également au cœur du projet.
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Plus de logements, des espaces mieux partagés Le plan prévoit la construction de logements neufs, plus qualitatifs, dans les quartiers concernés et à leurs abords. Un partenariat renforcé avec Grand Delta Habitat doit accompagner cette nouvelle phase. Autre avancée ? Certains espaces situés au pied des immeubles pourront être privatisés au bénéfice des locataires. Une mesure très concrète, appelée à améliorer la gestion, la tranquillité et l’usage quotidien des abords résidentiels. Le projet comprend aussi des démolitions, des réhabilitations et la requalification d’équipements et d’espaces publics. Il concerne près de 30 000 habitants répartis entre les quartiers Sud, Champfleury, Monclar, Rocade, Croix des Oiseaux et Barbière, Saint-Chamand, ainsi que les secteurs Nord-Est, Reine Jeanne, la Grange d’Orel et les Neuf Peyres.
Un chantier à 461M€ L’investissement global atteint 461,3M€. Le Grand Avignon y contribue à hauteur de 18,7M€, tandis que l’Agence nationale pour la rénovation urbaine apporte 110M€. Créée en 2003, l’Anru finance les opérations destinées à transformer durablement les quartiers prioritaires : habitat, voirie, équipements publics, espaces verts et mobilités. Le Npnru (Nouveau programme national de renouvellement urbain), lancé en 2014, a précisément voulu dépasser la seule réhabilitation des immeubles pour agir sur l’ensemble du cadre urbain. À Avignon, l’enjeu est de reconnecter les quartiers à la ville autant que de rénover les bâtiments. Une transformation qui se mesure dans les rues, les logements et les services de proximité.
Déjà la suite en ligne de mire Le comité de pilotage a enfin posé les bases d’une candidature du Grand Avignon à ‘Anru360’. Annoncé par le Premier ministre en avril, ce futur programme doit prendre le relais du Npnru entre 2030 et 2040.Avignon entend y prolonger, mais aussi accélérer, la dynamique engagée. La première étape consiste désormais à transformer les accords administratifs en réalisations visibles. C’est là que se jouera la réussite du projet : dans la capacité à faire sentir rapidement les effets de cette rénovation aux habitants. Mireille Hurlin
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À L’Isle-sur-la-Sorgue, six villas de Grand Delta Habitat anticipent l’avenir et raflent le prix de l’innovation
Livré en 2025 à L’Isle-sur-la-Sorgue, le programme expérimental Seul sur Mars a reçu deux distinctions lors du 86ᵉ Congrès Hlm de Bordeaux. Porté par Grand Delta Habitat, il teste des réponses concrètes au réchauffement climatique et à la hausse des charges.
À L’Isle-sur-la-Sorgue, six maisons ne ressemblent à aucune autre. Réunies sous le nom de ‘Seul sur Mars’ elles viennent de décrocher le Trophée de l’Innovation Hlm 2026 dans la catégorie ‘Adaptation au changement climatique’. Quelques heures auparavant, elles avaient aussi obtenu le Prix du public des Opérations remarquables de la Fédération des Coop’Hlm. Le principe ? Construire des logements capables de mieux supporter les fortes chaleurs, de produire une partie de leur énergie et de contenir les dépenses des habitants.
La Tour des ventsCopyright Mireille Hurlin
Six maisons, six pistes Le programme fonctionne comme un laboratoire à taille humaine. La ‘Tour des Vents’, maison verticale coiffée d’une éolienne, côtoie Sol 21, une villa semi-enterrée. Deux maisons à ossature bois, baptisées Les Marsupiennes, disposent de toitures végétalisées. Les deux dernières, L’Isle Solaire, sont bâties sur pilotis et équipées de panneaux photovoltaïques. Ici, aucune solution n’est imposée comme modèle unique. C’est précisément l’intérêt de l’opération : observer, en conditions réelles, les performances de dispositifs très différents et mesurer leur pertinence pour le logement social de demain. Grâce à l’autoconsommation collective, l’électricité produite est utilisée en priorité par les six logements. L’objectif est double : tendre vers une plus grande autonomie énergétique et réduire les charges, tout en améliorant le confort d’été. Un enjeu désormais très présent dans les logements, alors que les épisodes de chaleur se multiplient et que la climatisation pèse lourd sur les factures.
L’innovation au service des habitants Le trophée est assorti d’une dotation de 5 000€, qui sera reversée aux Petits Débrouillards Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’association sensibilise les jeunes aux sciences et aux enjeux climatiques, pour mieux appréhender l’innovation ainsi que la compréhension des usages. «Ce trophée national est la juste récompense du professionnalisme de nos équipes», estime Michel Gontard, président de Grand Delta Habitat, qui met également en avant le confort des locataires et la réduction de leurs charges.
L’Isle solaire Copyright Mireille Hurlin
Une stratégie qui dépasse L’Isle-sur-la-Sorgue Grand Delta Habitat a profité du Congrès Hlm pour nouer plusieurs partenariats. Avec Kocliko, la coopérative veut mieux piloter le chauffage collectif et répartir plus équitablement les frais entre les locataires. Une convention signée avec Grdf doit également permettre d’étudier des solutions de chauffage hybride pour les rénovations, avec l’objectif de consommer moins et d’émettre moins de CO₂.
La Seyne-sur-Mer À La Seyne-sur-Mer, un contrat de réservation prévoit l’acquisition de 31 logements. Au Thor, l’opération Les Angevines ajoutera trente logements avec le concours de l’Établissement public foncier Provence-Alpes-Côte d’Azur. Depuis 15 ans, Grand Delta Habitat multiplie les expérimentations : villas bois basse consommation à Monteux en 2010, premier bâtiment à énergie positive du logement social en région Provence-Alpes-Côte d’Azur à Jonquières en 2012. Avec près de 43 000 logements répartis dans 208 communes de Provence-Alpes-Côte d’Azur et d’Occitanie, la coopérative veut transformer ces essais en solutions reproductibles. À L’Isle-sur-la-Sorgue, les six villas de Seul sur Mars ne prétendent pas avoir réponse à tout. Elles posent mieux les questions. Et, dans le logement social, c’est déjà une avancée décisive. Mireille Hurlin
Premier pas sur Mars Copyright Grand Delta Habitat
Grand Delta Habitat, toujours plus haut
Le bailleur social avignonnais Grand Delta Habitat accélère la rénovation de son patrimoine et prépare déjà les prochaines étapes de l’ANRU 3 (Agence nationale pour le renouvellement urbain). De la résidentialisation des quartiers à l’ouverture vers les Bouches-du-Rhône, la plus importante coopérative du logement en France, œuvre à la transformation urbaine, à la qualité de vie et au développement territorial.
La réhabilitation avance vite. La démolition aussi. Mais, à Avignon, Grand Delta Habitat identifie désormais un chantier plus discret, presque aussi décisif : la résidentialisation des espaces extérieurs.
Une dernière étape à franchir « Le logement est un espace privé. L’environnement en bas d’immeuble, un espace semi-privé », résume Xavier Sordelet, directeur général de la coopérative. L’enjeu consiste à mieux distinguer ces usages, sans enfermer les résidences derrière des grilles systématiquement. Petits murets, plantations, cheminements apaisés, espaces réservés aux habitants : la démarche vise à redonner une identité aux pieds d’immeuble et à améliorer le confort quotidien. Egalement, la végétalisation contribue à lutter contre les fortes chaleurs, comme le long épisode caniculaire que les avignonnais, et nombre de communes ont vécu de juin à fin septembre, et qui pèse de plus en plus sur les habitants et les bâtiments.
Xavier Sordelet a évoqué la genèse des opérations menées par GDH, et particulièrement, celles liées à la Visite de patrimoine 2026. Ici, visite de l’écoquartier Le Galoubet à Rochefort du Gard. Copyright Mireille Hurlin
La Reine Jeanne, vitrine du renouvellement urbain Grand Delta Habitat a démoli 66 logements et réhabilité les 145 logements conservés quartier de la Reine Jeanne. Isolation extérieure, menuiseries neuves, chauffage collectif, rénovation des parties communes, sécurisation des halls et préparation au futur réseau de chaleur urbain : l’investissement dépasse 11,5M€. Pour autant, la transformation ne s’est pas arrêtée aux façades. Elle a touché à tous les usages, comme les circulations et l’image du quartier. La résidentialisation des espaces extérieurs doit encore parachever l’opération.
La résidence privée et mal aimée du Clos des fontaines À proximité, la copropriété privée du Clos des Fontaines (Place du Viguier et rue des Catalans) préoccupe les acteurs locaux. Dégradée, confrontée à des problèmes de tranquillité publique et à une baisse continue de sa valeur, elle fragilise l’ensemble du secteur. Grand Delta Habitat n’en est pas propriétaire. Mais le bailleur estime avoir intérêt à agir avec la Ville, le Grand Avignon et les services de l’État. « Nous n’avons aucun intérêt sur cette copropriété, mais c’est une verrue sur Avignon, » reconnaît Xavier Sordelet. Le logement social ne peut pas tout régler, notamment les trafics. Il peut toutefois contribuer à redresser un quartier par la rénovation, la gestion et la qualité résidentielle.
Le Clos des fontaines, résidence privée délaissée sur laquelle GDH voudrait intervenir afin de requalifier le quartier. Copyright Mireille Hurlin
Le calendrier ANRU (Agence nationale pour le renouvellement urbain) se précise Sur le programme de renouvellement urbain, Grand Delta Habitat se dit en avance, à l’exception de la résidentialisation. La démolition de la résidence du Ponant, soit 28 logements, est annoncée pour 2026. Le relogement des habitants des deux immeubles de La Bise, qui représentent plus d’une centaine de logements face à la plaine des sports, doit commencer prochainement. Leur démolition pourrait intervenir fin 2027 ou en 2028. Le bailleur ambitionne déjà la suite. Le futur dispositif, présenté comme ‘l’ANRU 360‘, devrait concerner un nombre plus limité de quartiers et disposer de moyens inférieurs. Avignon devra donc cibler ses priorités : la cité Louis-Gros, construite au début des années 1930, ‘Les Broquetons’, récemment classés quartier prioritaire, ou encore les secteurs situés le long de la Rocade. À Bel Air et à Confluence, Grand Delta Habitat se tient également prêt à accompagner les projets municipaux, notamment sur l’accession sociale à la propriété. Près de la gare TGV, le bailleur pourrait ainsi jouer un rôle dans la diversification de l’habitat.
Une journée pour sortir des dossiers Le 1er octobre, la coopérative a organisé sa traditionnelle visite du patrimoine. Un rendez-vous destiné aux administrateurs, aux partenaires financiers, aux élus, mais aussi, lors d’une visite précédente, à 50 collaborateurs (les premiers inscrits). Ils ont pris place dans le bus cette année. Beaucoup travaillent au quotidien sur des factures, des commandes ou des dossiers locataires. La visite leur permet de mesurer concrètement l’impact de leur activité : logements livrés, immeubles réhabilités, espaces publics réaménagés.
La résidence de la Reine Jeanne revue par GDH Copyright Mireille Hurlin
Cette année Le parcours relie plusieurs opérations : l’écoquartier du Galoubet, à Rochefort-du-Gard, la Reine Jeanne à Avignon, Les Oliviers à Morières-lès-Avignon et La Combe à Fontaine-de-Vaucluse. Une manière de rappeler que le logement social ne se résume pas à la gestion administrative d’un parc immobilier. Du Galoubet à Rognes, une même logique de proximité. À Rochefort-du-Gard, le Galoubet associe logements locatifs, accession à la propriété, habitat senior et équipements communaux. La résidence dédiée aux personnes âgées compte 20 logements dans une ‘Maison en partage’, avec salle de convivialité, accompagnement du CCAS (Centre communal d’action sociale) et services destinés à préserver l’autonomie. À Morières-lès-Avignon, l’écoquartier Les Oliviers mêle location, accession sociale, villas et terrains à bâtir. Une forêt comestible doit y être plantée à partir de septembre 2026. Arbres fruitiers, plantes aromatiques, prairie et cheminements accessibles composeront un espace à la fois écologique et convivial.
La résidence le Fontenille À Rognes, dans les Bouches-du-Rhône, la résidence Le Fontenille traduit la même volonté de diversité. Inaugurée le 29 septembre, elle propose 47 logements dans une pinède, dont 19 logements locatifs sociaux et 28 logements intermédiaires. Les appartements disposent de balcons, certains atteignant 21 m², tandis que la résidence compte 58 places de stationnement et trois locaux vélos. Le programme, réalisé avec Cogedim, représente près de 11M€. Les garanties d’emprunt ont été apportées à parts égales par la commune et la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une illustration du rôle croissant joué par Grand Delta Habitat hors de son berceau vauclusien.
L’Ecoquartier les Oliviers à Morières les Avignon Copyright Mireille Hurlin
Plus de 400M€ investis La coopérative revendique désormais 42 430 logements répartis dans 208 communes, sept départements et trois régions. Elle loge plus de 103 000 personnes et s’appuie sur environ 650 salariés. En 2025, 415 millions d’euros ont été investis dans la construction, l’acquisition et la réhabilitation. Grand Delta Habitat gère plus de 5 000 logements dans les Bouches-du-Rhône et prévoit de poursuivre son développement à Trets, Marseille et La Ciotat. Une agence doit également ouvrir à Toulon en 2027. Pour Xavier Sordelet, la mission de la coopérative demeure la même : construire, réhabiliter, gérer, mais aussi accompagner les communes dans leurs projets. « Je préfère parler de mission d’intérêt général plutôt que de service public », affirme-t-il. L’esprit reste pragmatique. Face à la crise du logement, aux copropriétés fragiles et aux réticences croissantes à accueillir de nouveaux voisins, le bailleur veut démontrer qu’un programme immobilier peut être davantage qu’une addition de bâtiments. À condition de penser aussi les espaces communs, les usages et la vie qui s’y installe harmonieusement. Tout savoir sur la Visite du patrimoine du 1er octobre 2026 de Grand Delta Habitat : l’Ecoquartier du Galoubet à Rochefort du Gard, La Reine Jeanne à Avignon, L’écoquartier les Oliviers à Morières-lès-Avignon, et La Combe à Fontaine de Vaucluse, ici. Mireille Hurlin
La Combe, à Fontaine de Vaucluse
Paul des Longchamps élu président de Territoires Sud Habitat
Près de 48 000 logements, plus de 110 000 habitants logés, quatre bailleurs sociaux réunis sur trois régions et huit départements : Territoires Sud Habitat change de présidence. Élu par le conseil d’administration le 30 juin, Paul des Lonchamps succède à Sylvie Nicolle avec l’ambition de renforcer la coopération entre les membres de cette société de coordination créée par la loi ELAN (Loi pour l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique).
Paul des Longchamps DR
Réuni le 30 juin, le conseil d’administration de Territoires Sud Habitat a nommé président Paul des Lonchamps, déjà administrateur d’Axédia. Il succède à Sylvie Nicolle, saluée pour son engagement depuis la création de cette société de coordination, devenue en quelques années un outil stratégique de coopération entre plusieurs bailleurs sociaux. Le nouveau président entend consolider les synergies entre les quatre organismes fondateurs : Axédia, Grand Delta Habitat, Ouest Provence Habitat et Semiga.
Mutualiser sans effacer les identités Créée dans le prolongement de la loi ELAN de 2018, Territoires Sud Habitat repose sur l’union des compétences pour gagner en efficacité tout en préservant l’autonomie de chaque bailleur. Concrètement, cette coopération permet de mutualiser expertises, achats, innovations ou encore réflexions stratégiques, sans remettre en cause les spécificités locales des organismes membres.
Une union efficace face à la complexité de la conjoncture économique Un équilibre précieux au moment où les bailleurs ploient sous les contraintes financières, la rénovation énergétique du parc immobilier, l’adaptation des logements au vieillissement de la population et la nécessité de produire de nouveaux logements accessibles. Aujourd’hui, l’ensemble représente près de 48 000 logements et plus de 110 000 personnes logées sur un territoire couvrant trois régions et huit départements.
Renforcer les partenariats pour maintenir l’offre locative Cette approche répond aux profondes mutations que traverse le logement social avec la hausse des coûts de construction, les exigences des réglementations environnementales, le devoir de sobriété énergétique, ainsi que l’évolution des besoins des locataires. Mireille Hurlin
Michel Gontard à la tête du mouvement Hlm régional
Président de Grand Delta Habitat, première Coopérative Hlm de France basée à Avignon, Michel Gontard vient d’être porté à la tête de l’Association Régionale Hlm Provence-Alpes-Côte d’Azur & Corse. Il est élu pour un mandat d’une durée de 3 ans. « Mon mandat sera celui du collectif, du faire ensemble », explique le nouveau président dont la coopérative Grand Delta Habitat accompagne aujourd’hui 208 communes sur l’ensemble de l’arc méditerranéen. Cette élection intervient dans un contexte où les enjeux liés au logement sont particulièrement forts : hausse continue de la demande, raréfaction du foncier, augmentation des coûts de construction, instabilité réglementaire ou difficultés à produire de nouveaux logements fragilisent durablement le secteur…
Lutter contre les idées reçues sur le logement social Son action entend s’articuler autour de deux priorités. La première consiste à renforcer la reconnaissance du rôle des organismes Hlm auprès des élus et du grand public. « Convaincu que le logement social souffre encore d’idées reçues, Michel Gontard souhaite mieux faire connaître les réalités du secteur, valoriser le travail mené par les organismes Hlm et rappeler leur contribution à la cohésion sociale, à la transition écologique et au développement des territoires », précise le communiqué d’annonce de sa nomination
Une coopération plus étroite avec les pouvoirs publics La seconde priorité est de renforcer les alliances entre tous les acteurs du logement (collectivités, entreprises, partenaires institutionnels, acteurs économiques ou associatifs…). Face à l’ampleur de la crise, il entend ainsi favoriser une coopération plus étroite afin de construire des réponses partagées et de porter une voix commune auprès des pouvoirs publics. Au-delà des financements, il souhaite également défendre les conditions indispensables à une politique du logement ambitieuse : une réglementation plus lisible, une meilleure mobilisation du foncier et un engagement durable de l’ensemble des partenaires publics et privés.
Avec des loyers qui franchissent pour la première fois le seuil des 200M€, un autofinancement en bond de 85% et plus de 415M€ investis en 2025, Grand Delta Habitat confirme sa montée en puissance. Dans un secteur du logement social encore fragilisé, la première coopérative HLM de France revendique un modèle robuste, fondé sur une discipline financière serrée, une stratégie d’acquisitions opportuniste et une relation bancaire érigée en levier de croissance.
En 2025, la coopérative a porté son chiffre d’affaires à 271,5M€, en progression de 12% sur un an, pour 217,6M€ de loyers hors charges. Un seuil symbolique, presque psychologique, pour un bailleur social qui a longtemps avancé par paliers et franchit désormais un cap : La barre des 200M€ de loyers est tombée ; Celle des 100M€ de marge brute aussi.
Maisons individuelles GDH en location Copyright MMH
Une coopérative devenue poids lourd Cette dynamique n’a rien d’anecdotique. Elle consacre la mue d’un acteur régional devenu, en 60 ans, un groupe structurant du logement social dans le quart sud-est. Créée en 1966, la coopérative -première Coop’HLM de France- gère aujourd’hui 42 430 logements, répartis sur trois régions, sept départements et 208 communes. Elle loge plus de 103 000 personnes, avec 15 agences de proximité et un ancrage particulièrement dense en Provence-Alpes-Côte d’Azur, où elle est le premier bailleur social du Vaucluse et le deuxième de la région.
L’année du basculement Le millésime 2025 marque un changement d’échelle. Grand Delta Habitat a dégagé 43,6M€ d’autofinancement net HLM, contre 23,6M€ un an plus tôt. Une hausse de 85%, spectaculaire dans un secteur où la moindre marge de manœuvre se conquiert à l’euro près. Rapporté aux produits, cet autofinancement atteint 18,4%, loin au-dessus du seuil d’alerte réglementaire fixé à 3%.
Une combinaison de paramètres La progression repose sur plusieurs ressorts conjoints : hausse des loyers portée par l’IRL (Indice de référence des loyers), recul de la Réduction de loyer de solidarité (RLS), ralentissement des coûts de construction, baisse du taux du Livret A et montée en régime des opérations d’accession. À cela s’ajoute un pilotage rigoureux des charges, avec un signal particulièrement scruté par les partenaires financiers : malgré 3 055 logements supplémentaires en deux ans, la masse salariale recule par rapport à 2023. Le mot d’ordre ? Produire davantage mais sans gonfler la structure.
Batiment GDH réhabilité Copyright MMH
Casser les plafonds Grand Delta Habitat résume cette séquence en une formule athlétique : casser les plafonds. L’image n’est pas fortuite. En interne, 2025 est présentée comme l’année où la coopérative a ‘franchi le mur’ des 100M€ de marges brutes et ‘cassé le plafond’ des 200M€ de loyers. Une rhétorique de la performance, assumée, qui dit aussi combien la question financière est devenue centrale dans le pilotage du logement social.
Le pari des volumes La croissance de Grand Delta Habitat ne repose pas uniquement sur la construction neuve. Elle tient, de plus en plus, à une stratégie de diversification des modes de production. En 2025, la coopérative a mis en chantier 871 logements, obtenu 986 agréments, engagé 869 réhabilitations et, surtout, acquis 1 561 logements. Sur deux ans, plus de 3 000 logements ont ainsi été rachetés à d’autres bailleurs sociaux, qui eux souhaitaient surtout refaire leur trésorerie.
Le temps de la croissance externe Ce choix est loin d’être marginal. Il reflète une lecture lucide du marché : Dans un environnement où le neuf reste contraint, où les coûts de sortie pèsent encore lourdement sur les bilans et où certains opérateurs arbitrent leur patrimoine, le rachat devient un outil de croissance à part entière. Grand Delta Habitat s’en sert pour maintenir ses volumes, sécuriser ses objectifs et accélérer son changement d’échelle.
Habitat intergénérationnel GDH Copyright MMH
Construction et réhabilitation Au total, 278M€ ont été engagés dans la construction et la réhabilitation, auxquels s’ajoutent 137M€ consacrés aux acquisitions patrimoniales. Soit plus de 415M€ injectés en 2025 dans l’économie des territoires. À l’échelle d’un bailleur social, l’effort est considérable. À l’échelle locale, il fait de la coopérative un investisseur de premier rang.
La banque comme infrastructure invisible C’est tout l’objet du ‘Delt’Apéro Transparence bancaire’, rendez-vous désormais bien installé dans la gouvernance de Grand Delta Habitat, pour faire de la pédagogie financière un outil de crédibilité. Le principe ? Exposer aux banques, sans fard, les résultats, les fragilités, les hypothèses et les arbitrages. Un acte de transparence qui n’est pas un exercice de communication mais un mécanisme de sécurisation ; «Aborder la transparence bancaire, c’est confirmer que la confiance n’est pas un mot mais une action », souligne Michel Gontard, président de Grand Delta Habitat, reprenant : « La confiance réciproque constitue l’élément majeur sans lequel aucun de nos projets ne pourraient aboutir. » Dans le logement social, où le temps long impose des montages complexes et des horizons d’amortissement étendus, la relation bancaire est, finalement, une infrastructure invisible qui conditionne la dette, donc la capacité à bâtir, réhabiliter, acquérir et arbitrer. Grand Delta Habitat en a fait un actif stratégique.
Une signature financière solide Cet équilibre est conforté par un signal rare dans le monde du logement social : La confirmation, en janvier 2026, de la notation S&P Global Ratings à A+ pour le long terme, avec perspective stable, et A1 pour le court terme. Pour un bailleur, cette notation vaut davantage qu’un label. Elle conditionne la qualité de la signature, rassure les financeurs, fluidifie l’accès au crédit et crédibilise les ambitions d’investissement. En clair ? Elle abaisse le coût du capital et élargit les marges de manœuvre.« À quoi s’ajoute la notation de solidité annuelle délivrée par Standard & Poor’s, renouvelée à A+ long terme et A1 court terme, renforcée par une perspective stable», souligne Michel Gontard, qui y voit moins un satisfecit qu’un outil de continuité.
Quelques-uns des futurs projets GDH
Croître, sans se disperser Grand Delta Habitat avance avec pour ambition de se développer, oui, mais sans se diluer. La coopérative promeut un développement de proximité, adossé à des outils de diversification ciblés : Bail Réel Solidaire (BRS), PSLA (Prêt social location-accession), accession sociale via sa filiale Axédia, foncière coopérative, redynamisation de centres-villes avec Sud Attractivité. Une galaxie d’outils pensée non pour diversifier l’image, mais pour sécuriser les modèles.
Le logement locatif en zone tendue Plus de 3 300 logements locatifs sont déjà en développement, principalement dans le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, là où la pression résidentielle reste la plus forte. Objectif ? Poursuivre la croissance, maintenir le volume, absorber les chocs, sans renoncer à la vocation sociale. En creux ? L’ADN de Grand Delta Habitat : faire d’un bailleur social un opérateur capable d’industrialiser sa croissance sans perdre sa légitimité territoriale. En 2025, la coopérative a démontré qu’elle savait changer d’échelle ; Reste désormais à conserver le rythme. Mireille Hurlin
Quelques-uns des futurs projets GDH
La Fondation Grand Delta Habitat, levier discret du lien social
Réunis au siège de Grand Delta Habitat par son président Michel Gontard, partenaires associatifs, équipes de proximité et administrateurs ont mis à l’honneur la Fondation de la coopérative HLM dirigée par Jean-Jacques Oddo. Unique en France dans son modèle pour une coopérative, elle soutient chaque année des dizaines d’initiatives locales visant à renforcer le lien social, l’insertion et la qualité de vie dans les quartiers.
Au siège de Grand Delta Habitat, à Avignon, le dernier Delt’Apéro a mis en lumière une facette moins visible mais centrale de l’action de la coopérative : sa Fondation. Si la mission première de Grand Delta Habitat demeure la construction et la gestion de logements sociaux, l’organisme revendique une approche plus globale du logement, intégrant pleinement les enjeux sociaux, culturels et territoriaux.
Un bailleur social qui revendique une mission élargie Présidée par Michel Gontard, la coopérative pèse aujourd’hui dans le paysage du logement social : 42 340 logements répartis sur trois régions, sept départements et 208 communes, accueillant plus de 103 000 habitants. En 2025, 415M€ ont été investis, tandis que 650 collaborateurs, dont une majorité sur le terrain, assurent la gestion et l’accompagnement des locataires. Mais au-delà de son rôle d’aménageur et de bailleur social, l’organisme revendique une responsabilité plus large : contribuer au ‘mieux vivre ensemble’ dans les quartiers.
Copyright GDH Communication
Un modèle coopératif fondé sur la proximité Dans le secteur du logement social français, qui compte près de 4,7 millions de logements HLM pour environ 10 millions de personnes logées, la question du lien social et de la cohésion territoriale est devenue centrale. De nombreux bailleurs développent aujourd’hui des programmes d’accompagnement social pour prévenir les difficultés économiques, favoriser l’insertion ou soutenir les dynamiques locales.
Des dispositifs concrets Grand Delta Habitat s’inscrit dans cette logique de proximité. L’organisme déploie plusieurs dispositifs concrets : accompagnement par des conseillères en économie sociale et familiale, soutien aux ménages confrontés à des difficultés financières, services adaptés aux personnes âgées ou en situation de handicap, logement de personnels essentiels tels que soignants, policiers ou pompiers. Cette approche sociale du logement s’appuie notamment sur un outil singulier : la Fondation Grand Delta Habitat.
Une fondation unique dans le monde des coopératives HLM Créée il y a plus de quinze ans, la Fondation serait, selon la coopérative, la seule fondation autonome portée par une coopérative HLM en France. Dotée d’un budget annuel de 150 000 €, elle dispose de sa propre gouvernance et d’un conseil d’administration composé de neuf administrateurs bénévoles, qui se réunissent quatre fois par an pour examiner les projets.
Achat du container pour Job Appart Copyright GDH Communication
Financer des projets Son principe est clair, comme l’a rappelé son président Jean-Jacques Oddo lors de la soirée : « Nous ne finançons pas de l’exploitation, nous finançons des projets. » L’objectif est de soutenir des initiatives concrètes, directement utiles aux habitants des quartiers.
28 projets soutenus en 2025 En 2025, près de 40 dossiers ont été étudiés, dont 28 projets finalement soutenus, avec l’ambition d’atteindre à terme 35 projets accompagnés chaque année.Les initiatives retenues s’inscrivent dans cinq axes majeurs :amélioration du cadre de vie,accès à la culture et à l’éducation,développement d’activités sportives et conviviales,insertion sociale et professionnelle,transition écologique et développement durable.
Avignon, Cavaillon, Carpentras, Orange et Sorgues Dans les quartiers d’Avignon, Cavaillon, Carpentras, Orange ou encore Sorgues, ces actions prennent des formes variées : jardins solidaires, festivals scientifiques pour les jeunes, ateliers linguistiques, projets sportifs inclusifs ou dispositifs d’aide à l’emploi.
Espace social Villemarie Copyright GDH Communication
Un maillage associatif au cœur des quartiers Parmi les projets soutenus, plusieurs initiatives illustrent la diversité des actions menées sur le territoire. À Avignon, l’association Label Épique a fédéré habitants et partenaires autour du projet « Vivement qu’on sème ! », mêlant alimentation durable, créativité et rencontres de voisinage. Toujours dans la cité des papes, Les Petits Débrouillards ont organisé leur festival scientifique Embarquement immédiat, tandis que le programme Démos Avignon-Provence permet à plus de 200 enfants d’apprendre la musique et de se produire en concert.
Des événements festifs, du sport, des jardins, des jobs À Cavaillon, les Rendez-vous de la Bastide du centre social ont rassemblé plusieurs centaines d’habitants lors d’événements festifs. À Carpentras, l’Espace social Villemarie a aménagé un nouvel espace extérieur pour ses 1 200 adhérents. Le sport constitue également un vecteur important de cohésion : rugby au Racing Club XIII du Comtat, basket inclusif à l’USAP, ou encore apprentissage du vélo pour les femmes avec l’initiative « Toutes en Selles ». D’autres projets ciblent l’insertion sociale et professionnelle, à l’image des jardins solidaires de Job Appart’ à L’Isle-sur-la-Sorgue ou des actions menées par Amidon 84 et Chez Babel pour favoriser le retour à l’emploi.
Une fondation tournée vers le terrain L’un des messages forts de la soirée ? Ancrer davantage la fondation dans la réalité des quartiers. Les administrateurs multiplient désormais les visites sur le terrain aux côtés des équipes de proximité de Grand Delta Habitat. Une démarche qui vise à mieux comprendre les besoins locaux, dialoguer avec les associations et accompagner les initiatives au plus près des habitants. « Ce n’est pas nous qui sommes en lumière, ce sont les associations. Nous sommes là pour vous accompagner », a résumé Jean-Jacques Oddo. Au-delà du financement, la Fondation est un facilitateur d’initiatives locales, contribuant à structurer un écosystème solidaire réunissant habitants, associations et acteurs du territoire. Mireille Hurlin