23 juillet 2026 |

Ecrit par le 23 juillet 2026

Grand Prix de la SMLH 84 : des raisons d’espérer avec les jeunes qui sont la fierté des aînés

C’est à l’Auditorium Jean-Moulin du Thor, mis à disposition par la Présidente de l’exécutif vauclusien Dominique Santoni, que s’est déroulée la cérémonie annuelle de la Société des Membres de la Légion d’Honneur samedi après-midi. Une salle créée en 1984 par l’ancien Président du Conseil Général, Jean Garcin en pleine nature. Là où depuis de sont succédés Montserrat Caballe, Barbara Hendricks, Fanny Ardant, Louis Chédid, André Dussolier, Charélie Couture, Pierre Perret, Catherine Lara, Michèle Torr et Agnès Jaoui, réalisatrice de L’objet du délit. Bernard Pivot y était même venu pour une « Dictée » !

Dans cette salle de 592 places fort heureusement climatisée, le Président de la SMLH 84 Jean-Pierre Messin a rappelé que le Prix des Apprentis avait été créé en 2007. « Depuis, près de 700 jeunes ont été récompensés, avec 3 grades, prix d’Honneur (200€), du Mérite (300€) et d’Excellence (500€), plus  médaille et diplôme, sans oublier le coup de pouce de leur ‘parrain’ de la SMLH, de ses conseils et de son carnet d’adresses. » Et cette année, en plus, un ordinateur a été remis aux 25 lauréats grâce à la Fondation Crédit Agricole présidée par Franck Alexandre

Ces jeunes ont d’abord été sélectionnés par leur professeur ou maître de stage des centres de formation de tous les métiers. Florentin Mouret à Avignon pour le BTP, le Conservatoire du Grand Avignon pour les musiciens, l’Académie Vaucluse-Provence de la CCI pour la restauration et l’hôtellerie, le Centre de la Bastide-des-Jourdans pour les filières de la forêt, du paysage et du bûcheronnage, le Campus Provence-Ventoux au Lycée Louis Giraud de Carpentras pour l’agriculture et l’horticulture, le Campus Vincent de Paul d’Avignon pour la gestion, le commerce et la vente, l’IFRIA pour les filières alimentaires à Agroparc, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat pour la mécanique, l’électricité, la plomberie, les métiers de bouche, les boulangers ou bouchers, le GRETA-CFA pour le secteur large de la santé, l’informatique, la chimie, la robotique et la comptabilité et enfin le Lycée viticole d’Orange

Mais c’est d’abord au maire du Thor qu’est revenu le mot d’accueil. Yves Bayon de Noyer, réélu avec 57,37% des suffrages en mars dernier, a fait ses études à la Fac de Droit d’Aix-en-Provence avant de devenir journaliste au Provençal, au service des sports dirigé par Jean-Louis Levreau qui devint ensuite bras droit de Bernard Tapie à la tête de l’OM. Yves Bayon de Noyer, c’est avant tout un entrepreneur, qui a créé en 1986 à Châteauneuf-de-Gadagne, Agis, une société spécialisée dans les plats cuisinés de qualité. Avec notamment une longue collaboration aux côtés du regretté chef étoilé Bernard Loiseau. Mais le succès l’a amené à s’agrandir et à s’installer en 2000 en Courtine où l’usine a été inaugurée notamment par Elisabeth Guigou, alors Garde des Sceaux. Aujourd’hui, Agis emploie 700 salariés. Mais Yves Bayon de Noyer a aussi à son actif la fondation de l’IFRIA, dont certains apprentis sont distingués aujourd’hui, également le  Pôle de Compétitivité Fruits et Légumes à l’époque où Marie-Josée Roig était maire d’Avignon, maintenant, il est maire à temps complet.

Les Prix Inter-Générationnels

Avant le Grand Prix des Apprentis, ont été remis les Prix Inter-Générationnels (créés il y a 2 ans) à destination des séniors bénévoles qui donnent de leur temps et de leur savoir aux plus jeunes. Comme Alain Parent et Cédric Lefebvre pour l’association ‘L’outil en main‘ qui les initient aux métiers manuels tous les mercredis, Olivier Gautherot du club de basket USAP Avignon-Le Pontet, qui soutient les enfants hospitalisés, Sylvie Marchal présidente de Zou Vaï, une entreprise à but d’emploi créée dans le cadre du dispositif zéro chômeur de longue durée, ou Philippe Herzog, qui accompagne les jeunes artisans. Et parmi les jeunes distingués, Ylona de Andrade qui est à la fois sapeure-pompier 1re classe et porte-drapeau lors des cérémonies du souvenir, 8 mai, 14 juillet, Libération ou 11 novembre. Mais aussi le jeune Victor Seigner-Bacquet, passionné d’histoire qui a réalisé, grâce à des archives et l’interview de René Lambert, un ancien résistant du Maquis Vasio, un film qui sera projeté dans l’ensemble des établissements scolaires du Rectorat d’Aix-Marseille pour initier tous les jeunes au devoir de mémoire de ceux qui se sont battus, parfois au péril de leur vie, pour que nous vivions libres.

Les lauréats des Prix Inter-Générationnels. ©Alain Quesada

Les Prix des Apprentis

Place ensuite à la remise des prix aux Apprentis, méritants et motivés qui, malgré les aléas de la vie, ont fait preuve de courage, de détermination, ont avancé, sans baisser les bras. Sans les citer tous (ils étaient 25), Louise Colvine du CFA Florentin Mouret, a passé son bac ingénierie, puis la crise sanitaire l’a amenée à partir pour l’Australie. Et soudain s’est révélé son goût pour le métier de la menuiserie qu’exerçait son grand-père. Lou-Ann Houchine, élève en management à l’Ecole hôtelière des Fenaisons est en alternance à l’Oustalet, établissement étoilé de Gigondas. À la rentrée, elle intègrera le 5 étoiles Plaza à Paris où vous imaginez bien que le prix du loyer n’est pas le même qu’en Vaucluse. Autre lauréate, une élève du Conservatoire de musique, dans la classe du professeur de cor Eric Sombret. Elle souhaite devenir musicienne professionnelle et, pendant une pause, elle a interprété une page de musique contemporaine du compositeur Gaston Barboteu qui avait créé l’ensemble de cuivres ‘Ars Nova’. 

Autre primée, Léa Pecher, qui pilote un bolide de 650cm2 de cylindrée et souhaite créer son propre garage de mécanique moto. Elle a l’audace de foncer dans un monde plutôt masculin. Elève du Lycée viticole du Château Mongin, Quentin Bayeux, 19 ans, lui a l’intention de reprendre les terres de ses grands -parents. En formation à l’IFRIA, Marcelo Franco est né en Bolivie, est allé ensuite travailler en Irlande pour gagner sa vie, et à 29 ans, il est aujourd’hui engagé dans la filière de bio-qualité chez Liebig. De son côté Anne-Licia Asencio fait des études en entreprise hippique pour ouvrir un jour son propre centre équestre.

Médailles et ordinateurs ont été offerts aux 25 apprentis lauréats du Prix de la SMLH 2026. ©Alain Quesada

Le Prix Excellence

Enfin est venu le moment de la remise du Prix Excellence à un jeune homme de 21 ans en formation de monteur en installations thermiques, Naël Saïd, papa d’une petite fille de 2 ans, qu’il élève seul, qu’il amène à la crèche avant d’aller au boulot. Heureusement, depuis peu, ses parents qui habitaient Mayotte sont venus le rejoindre à Avignon. Et son souhait, c’est de repartir sur l’île de ses ancêtres, à 8 000 km et 13h d’avion de la métropole pour y monter son entreprise. Nul doute qu’avec ce prix et le coup de pouce de Thierry Suquet qui était Préfet de Mayotte avant d’arriver dans la Cité des Papes, il réalisera son rêve bientôt. C’est d’ailleurs ce que lui a souhaité sa maman présente au Thor qui a dit à quel point elle était fière de son jeune fiston.

Naël Saïd a reçu le Prix Excellence. ©Alain Quesada

« Vous avez été choisis parce que vous avez su démontrer vos qualités dans un parcours de vie souvent cabossé et chaotique. »

Franck Alexandre

Après une nouvelle pause musicale avec le violoniste de 17 ans Sacha Méry, auréolé d’un Prix d’Honneur qui a interprété L’hiver des 4 Saisons de Vivaldi, Franck Alexandre, le président de la Caisse Régionale Alpes Provence du Crédit Agricole, a remis 25 ordinateurs aux lauréats et s’est adressé à tous ces jeunes qui font la fierté des adultes. « Vous avez été choisis parce que vous avez su démontrer vos qualités dans un parcours de vie souvent cabossé et chaotique. Vous avez montré votre courage, votre résilience, votre capacité à vous reconstruire, à aller de l’avant malgré l’adversité, quel exemple pour nous tous ! C’est grâce à vos professeurs qui ont détecté vos talents et votre pugnacité que nous avons pu vous rencontrer. Saluons le travail qu’ils font au quotidien. Nous croyons en vous et en votre capacité de trouver votre voie et être utiles à la société. »

L’apprentissage mis en lumière

Après avoir rendu hommage à tous les partenaires qui aident, accompagnent et financent ces Grand Prix de la SMLH 84 (BTP, CCI Vaucluse, Medef, Chambre d’Agriculture, Conseil départemental de Vaucluse, Fondation du Crédit Agricole, Préfecture, sociétaires de la Légion d’Honneur qui cotisent), Valérie Coissieux a signé une convention de partenariat. Elle a donné un coup de chapeau à Paul Gilles, un de ses prédécesseurs, boulanger devenu président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat qui était à l’origine de ces Prix de la SMLH avec le colonel Michel Grange. Chaque année ce sont 1400 apprentis qui sont formés par 75 professeurs et qui trouvent immédiatement un emploi dans la vie active. Ces métiers longtemps méprisés par ceux qui entraient à l’université pour y faire des études longues, on s’est enfin rendu enfin compte de leur incontournable utilité dans la vie de tous les jours. Que ce soient les plombiers, peintres, carrossiers, cuisiniers, coiffeurs, maçons, pâtissiers, ébénistes, mécaniciens, charpentiers, bijoutiers ou fleuristes. 

L’Association de danse ‘Up’N dance‘ de Monteux, multi-championne du monde de hip-hop a fait une démonstration sur la scène, avec en filigrane la voix du pasteur Martin Luther King, quand il avait prononcé son fameux discours « I have a dream » en 1963. Après avoir reçu le Prix Nobel de la Paix pour sa lutte non-violente contre le racisme, il avait été assassiné en 1968, à l’âge de 39 ans.

Au bout de deux heures, la cérémonie a été conclue par les deux invités d’honneur. L’Amiral Alain Coldefy, ancien ‘pacha’ du porte-avions Clémenceau et longtemps président de la SMLH puis le Préfet de Vaucluse. Il est vrai que depuis des années, entre les épisodes « Gilets » jaunes », « Crise du Covid », et l’épisode embrasement des banlieues, les préfets successifs n’avaient pas pu participer à cette remise de prix. Thierry Suquet comme Alain Coldefy ont rendu hommage à « tous ces jeunes qui sont l’honneur de la République, qui incarnent un avenir humain, responsable, engagé, citoyen, altruiste, généreux, à l’écoute des autres, malgré un monde agressif, égoïste, belliqueux où la force prime de plus en plus le droit. » En 2027, le Grand Prix de la SMLH aura 20 ans.


Grand Prix de la SMLH 84 : des raisons d’espérer avec les jeunes qui sont la fierté des aînés

En 1984 il avait embarqué sur le Foch, en 1992, il avait commandé Clémenceau. C’était l’époque où la France avait deux porte-avions. Professeur à l’École supérieure de guerre, Alain Coldefy est promu amiral en 2005 et depuis 2018, il préside la SMLH, Société des Membres de la Légion d’honneur.

En Vaucluse, la SMLH compte 293 membres, dans les cinq comités (Apt, Avignon, Carpentras, Cavaillon et Orange) qui incarnent la solidarité intergénérationnelle, la préservation du lien social et qui soutient l’apprentissage.

Temps fort de ce coup de pouce, le Prix des Apprentis qui s’est tenu le samedi 15 juin au Domaine de Mousquety à l’Isle-sur-la-Sorgue. Il favorise l’égalité des chances en valorisant l’apprentissage de métiers manuels et l’insertion dans le monde du travail. Ce prix, qui a aidé plus de 600 apprentis depuis qu’il existe, a été lancé en 2007 par un boulanger, Paul Gilles, ancien président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de Vaucluse. Le colonel Michel Grange lui a rendu un hommage appuyé en remettant la médaille de la SMLH 84 qu’il préside à sa veuve, en présence de ses enfants et petits enfants.

De gauche à droite : Jean-Pierre Messin, nouveau président dela SMLH 84, l’amiral Alain Coldefy, président national de la SMLH, et Michel Grange, président sortant de la SMLH 84.

33 lauréats
Au cours de la cérémonie, 33 lauréats ont été récompensés, par 15 Prix d’Honneur (300€ chacun), 17 Prix du Mérite (500€) et un Prix d’Excellence (800€). Tous ces jeunes sont issus d’un centre de formation professionnelle de l’Artisanat, des Pompiers et du Conservatoire d’Avignon qui forme des futurs comédiens et musiciens. Tout à tour, jardinier-paysagiste, contrôleuse qualité de l’alimentation, major en management, carreleur, maçonne, spécialiste de cybersécurité, menuisier en reconversion, conducteur d’engins, comptabilité, chef de chantier, boulangerie, ingénieur en génie industriel, technicien en maintenance ont été récompensés.

Pendant l’année scolaire, leurs professeurs ont détecté les élèves les plus méritants, ceux issus de milieux défavorisés, ceux qui avaient des problèmes de santé (autiste Aperger, handicapé, dyslexique) et proposé leurs noms aux membres de la SMLH 84. À leur tour, ils ont épluché le cursus de chacun, évalué son courage, sa pugnacité, sa détermination pour s’en sortir dans la vie professionnelle. En provenance d’une dizaine d’établissements (Centre Forestier de la Bastide des Jourdans, IFRIA – Métiers de l’agro-alimentaire – Nextech, CFA BTP Florentin-Mouret, Vincent-de-Paul, CCI Avignon Fenaisons, Campus Provence-Ventoux Louis Giraud, Conservatoire, Caserne des Pompiers).

Les candidats primés et les membres de la SLMH84.

Nombre d’invités, Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d’Agriculture de VaucluseFranck Alexandre, président de la Fondation Crédit Agricole, Tomas Redondo, directeur général des services de la Chambre de commerce et d’industrie sont montés sur scène pour leur remettre médailles, diplômes et chèques aux vainqueurs.

Des apprentis qui sortent du lot

Avec des moments d’émotion par exemple quand le jeune apprenti comédien, Léo Bacle a expliqué qu’il n’aimait pas l’école, qu’il n’avait que des mauvaises notes et que sa maman lui a dit : « Fais du théâtre, c’est ton destin. » Cet été, il a déjà plein de rendez-vous au Festival d’Avignon. Autre moment suspendu, quand Thomas Ranocchi, à peine 16 ans, pianiste, a joué ‘La Campanella’ de Liszt, une œuvre qui demande d’immenses qualités de virtuose et surtout quand il a pris une baguette et dirigé avec maestria une vingtaine de ses camarades du Conservatoire de la Place Pie à Avignon dans un ‘Prélude’ de Rachmaninov qu’il avait retranscrit pour cordes, saxophone, trombone à coulisse et cors.

Mais le summum de l’intensité a été atteint quand est arrivé sur scène Léo Esteves, 17 ans qui est en Bac Pro Cuisine à la CCI Avignon. Victime pendant son enfance d’un accident de voiture, il a perdu une main et une partie des phalanges de l’autre. Malgré tout, il arrive à ciseler ail, oignon, persil, basilic et ciboulette. Un exploit salué par une ovation du public dans l’amphithéâtre de Mousquety. En plus, les membres du jury de la SMLH 84, lui ont fait une autre surprise, ils lui ont payé un voyage pour le restaurant lyonnais où officie son mentor, le chef Grégory Cuilleron, dépourvu d’avant-bras gauche.

Le prix de l’excellence remis à Léo Esteves par Franck Alexandre, président de la fondation Crédit Agricole.

Frank Alexandre, récemment promu par la Légion d’Honneur, dans son intervention, a expliqué qu’il était orphelin de père autodidacte, sans diplôme, mais élevé avec amour par sa maman. « Avec du travail, de la passion, on arrive à faire de grandes choses. Vous êtes méritants, vous avez choisi le chemin de l’excellence, croyez en vous. »

Légion d’honneur, plus haute distinction en France

L’amiral Alain Coldefy a conclu la cérémonie en rappelant que c’est Napoléon Bonaparte qui avait créé cet ordre en 1802 pour « réconcilier les Français, tous les Français. Hommes et femmes, riches ou pas, civils et militaires. » C’est la plus haute distinction en France, elle récompense ceux qui rendent des services à la République. Un Français sur mille l’arbore à la boutonnière. La recevoir, c’est bien, mais renvoyer l’ascenseur, c’est mieux, c’est-à-dire rendre cet honneur en donnant un coup de pouce à ceux qui en ont besoin. Cette marque de prestige a ses corolaires Honneur – Patrie – Solidarité et nous avons un programme tourné vers la jeunesse pour créer un lien social entre les générations. On a vu ce que vous êtes capables de faire, vous nous préparez vraiment une belle France ».

Quant au Colonel Michel Grange, qui présidait la SMLH 84 depuis 2016, il a tiré sa révérence avec des sanglots dans la voix en rendant hommage à son équipe et à sa femme Jeannine qui l’a soutenu discrètement pendant toutes ces années de mandat, dans l’ombre, comme secrétaire bénévole. Jean-Pierre Messin, actuel président du Comité d’Apt succède à Michel Grange.

Les drapeaux des 5 comités de la SMLH 84.

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