26 juillet 2026 |

Ecrit par le 26 juillet 2026

Bonnieux, Château de Mille, l’art mémoire de la terre

Au Château de Mille, au cœur du Luberon et de ses ocres, l’exposition ‘La Poétique de la terre’, du 10 juillet au 9 octobre 2026, propose un dialogue sensible entre photographie et céramique. À travers le regard de Hans Silvester, notamment avec sa série ‘Les Poules des Bench’ et les œuvres de plusieurs céramistes installés ou nourris par le territoire, la terre apparaît au-delà du matériau, recouvrant une mémoire vivante, un lien entre le geste des hommes, les paysages, et modes de vie.

Au cœur du Pays d’Apt, le Château de Mille, plus ancien domaine viticole du Luberon, nourri de plusieurs siècles, résidence estivale des papes d’Avignon, travaille une viticulture régénérative en bio, respectueuse de la biodiversité. C’est dans cette continuité que se déploie ‘La Poétique de la terre’. L’exposition met en résonance paysage, mémoire et création, autour ‘d’Une terre relie’ : Les gestes, les territoires , les récits, les artisans et les vignerons d’un même langage, celui du sol.

Constance et Lawrence Slaughter, propriétaires du château de Mille et du domaine DR Artiste elle-même, Constance Slaughter a mené pendant plus de vingt ans un travail de peinture et de sculpture. Elle imagine, désormais le Château de Mille comme un lieu de dialogue entre art, nature et patrimoine

Hans Silvester : la photographie comme attention au vivant
A la photo ? Hans Silvester, artiste à l’œuvre patiente et immersive. Depuis plusieurs décennies, il construit une photographie attentive aux relations entre êtres humains, paysages et vivant, nourrie par une proximité systématique. Installé en Provence après la publication de Camargue avec Jean Giono, il a réalisé, pendant plusieurs années, des séries auprès de peuples de la vallée de l’Omo, en Éthiopie. 

Copyright Hans Silvester

‘Les Poules des Bench’
La série ‘Poule Bench’ – Hans Silvester est un grand amoureux des gallinacés- se concentre sur une relation quotidienne, presque discrète, mais essentielle : celle entre les habitants Bench et leurs poules. À plus de 500 km au sud d’Addis-Abeba, les Bench vivent dans des huttes en terre, peintes à l’aide de pigments naturels. Les poules y partagent le quotidien des familles : elles participent à l’équilibre domestique, contribuent à l’alimentation et, surtout, protègent les foyers. Hans Silvester décrit une scène où l’animal devient sentinelle : peu nourries, les poules sont en éveil, chassent les insectes et attirent l’attention en cas d’approche d’un danger. 

Copyright Hans Silvester

Les céramistes : la terre comme langage, pas comme décor
Face à cette photographie du vivant, les artistes céramistes se penchent, eux, sur le geste qui façonne matière, entre expérimentation et mémoire, où chaque pièce garde la trace du temps, du travail, du feu et de son territoire.

Amahiguere Dolo : mythes dogon et territoire habité
Né au pays Dogon au Mali, Amahiguere Dolo (1955–2022) s’est inspiré de la cosmogonie Dogon. Installé à Ségou, il travaille la matière comme une mémoire vivante traversée par les récits et les traditions. Dans l’exposition, ‘Villages’, œuvre prêtée par la Fondation Blachère, l’artiste évoque les communautés humaines et les liens invisibles, spirituels, qui unissent les êtres à leur territoire.

Oeuvre de Amahiguere Dolo. Prêt de la fondation Blachère DR

Camille Feveile & Alice de Tovar : terre-mémoire et formes du vivant
Installée dans le Luberon, Camille Feveile récolte argiles, graines et éléments naturels : elle compose avec la terre une mémoire faite de traces et de transmission. Alice Ravelo de Tovar, formée à l’architecture, observe, pour sa part, les paysages et les corps qui les habitent, traduisant ces relations par le dessin, la gravure ou la bande dessinée. Ensemble, elles développent une pratique à la fois organique et délicate, où émerge une ‘terre-mémoire’, sensible et sauvage, une continuité entre le réel et l’imaginaire.

Camille Feveile et Alice de Tovar DR

Annick Lestrohan : reliefs, ocres et lumière méditerranéenne
Avec Annick Lestrohan, la céramique bascule vers une écriture presque picturale. Ses œuvres, reliefs en terre travaillés sur toile, jouent des ocres, des blancs et des nuances minérales. Les traces du geste et de la cuisson composent, ainsi, des surfaces organiques, comme des paysages intérieurs inspirés de la Méditerranée, de la roche et de la lumière.

Annick Lestrohan DR

Terra Mea : lenteur du geste et argiles sauvages
Terra Mea, projet céramique né dans le Luberon, avec Neu Falguera et Jon Runsten, travaille à partir d’argiles sauvages récoltées sur place. Influencées par des traditions japonaises et scandinaves, les pièces privilégient la sobriété, la main et le temps. Chaque œuvre porte l’empreinte du territoire d’origine et prolonge une relation attentive à la terre, au rythme naturel et au vivant.

Neu Falguera et Jon Runsten DR

L’IrRégulière (Anna Vergnas) : faïence d’Apt et irrégularité assumée
Demeurant à Marseille, Anna Vergnas puise dans des souvenirs et dans l’héritage des savoir-faire du Luberon. Ses pièces s’inspirent de formes anciennes, de motifs floraux et de la tradition de la faïence d’Apt, jusqu’aux origines antiques de la ville. Son travail cherche l’équilibre fragile : l’irrégularité révélant une mémoire transmise. L’artiste explique avoir été inspirée, pour la confection d’un vase, d’une amphore grecque retrouvée lors de fouilles à Apt, objet qu’elle a réinterprété via des techniques de décors propres à la faïence.

Anna Vergnas Copyright Heinu Poura

Une exposition qui redonne une place au sensible
‘La Poétique de la terre’ relate une expérience de lecture du monde. C’est ainsi que la photographie de Hans Silvester révèle la continuité entre humains, animaux et habitat que la céramique des artistes invités transforme en traces, textures et présences. Au Château de Mille, planté dans ce paysage d’exception, on comprend alors que la terre que l’on foule, que l’on sculpte ou que l’on cultive est celle des gestes, des mémoires et des vivants.

Les infos pratiques
Exposition La Poétique de la terre. Du 10 juillet au 9 octobre 2026. Au Château de Mille, 2650 route de Bonnieux à Apt. Plus précisemment entre Apt et Bonnieux. : Du lundi au samedi : 10h30–12h30 et 14h30–18h. Juillet-août : 10h–19h. Parking sur place. Contact : 04 88 85 22 15 ; contact@chateaudemille.com
Mireille Hurlin


Bonnieux, Château de Mille, l’art mémoire de la terre

François Cance, président d’Artothèque à Cabrières d’Avignon organise depuis presque 30 ans des rencontres entre les artistes et les publics afin que l’art s’épanouisse sur le territoire. En ce mois d’Août on ira à la Maison Victoire à

Dimanche 27 août à Mane, dans les Alpes-de-Haute-Provence, à partir de 11 heures, les adhérents et amis de l’association Artothèque auront l’occasion de visiter l’atelier du peintre Dominique Paulin, dans l’ancienne maison de l’éditeur Robert Morel.
Il sera possible d’y pique-niquer.

DR Dominique Paulin

A voir actuellement
L’association culturelle Artothèque propose actuellement la découverte des œuvres d’Anne K, sculptrice et du peintre Kristian Desailly à la Maison Victoire.
La Librairie Le Bleuet, quant à elle expose actuellement les photos de Hans Silvester.
Et également les sculptures d’Elisabeth Von Wrede ainsi que des photos de Hans Silvester au Phébus à Joucas.

Dr Hans Silvester

Les infos pratiques
Maison Victoire. Place de l’Ancienne Mairie, à Cabrières-d’Avignon. Les visites ont lieu sur rendez-vous, après inscription au 04 90 05 01 54 ou par courriel client@maisonvictoire.com 

Les infos pratiques pour Mane le 27 août
Pour le 27 août, la visite de l’atelier du peintre Dominique Paulin, à Mane. A partir du village de Mane, prendre la nationale 100. Prendre direction ‘Prieuré de Salagon’ Dans la direction de la Maison des Produits du Pays Passer devant le Prieuré et continuer pendant un kilomètre. Un panneau à gauche indique la route des ‘Hautes Plaines’. Passez le petit pont, vous montez tout droit dans la colline, à flanc de garrigue…et malgré bosses et chemin de cailloux, n’allez ni à droite ni à gauche. Après quatre kilomètres, vous arriverez devant une barrière et un rocher blanc. C’est là.

En savoir plus sur Dominique Paulin
«Née dans une famille d’artistes, Dominique Paulin exerce le métier de peintre en parallèle de sa carrière de médecin. Ce n’est qu’en 2008 qu’elle dévoile au public les œuvres qu’elle peint depuis toujours.»

Matière et couleurs
«Haute en matières et admirable coloriste, elle joue les alchimistes mêlant huile, pastel et encre à des matériaux inattendus (brou de noix, cendres, micas,…). La matière travaillée donne corps à un monde en création, où le geste et la lumière structurent la toile. Elle parvient à capter l’infime, l’apprivoiser et finalement le révéler.»

Le devenir de l’homme
«La question que vient nous poser Dominique Paulin est celle du devenir de l’homme et de son espace : notre planète. Catastrophes naturelles, incertitudes, angoisse de l’inconnu, nourrissent son oeuvre qui appréhende l’art comme un moyen d’anticipation, d’exploration des issues possibles. Elle peint la série « Tsunami » quelques mois avant le tsunami qui a secoué le Japon en 2011, comme une prémonition, et dont « Tsunami et centrales » résonne puissamment.»
Extraits de ‘Dominique Paulin, un chant du Monde’ par Christian Burrus, Commissaire de l’exposition ‘Spacialités’, à l’espace Cardin.

DR Elisabeth Von Wrede

Bonnieux, Château de Mille, l’art mémoire de la terre

L’association Albert Kahn a honoré le photographe Hans Silvester pour sa délicatesse à raconter, pour la préserver, l’humanité et lui a remis le prix de la photographie.

Dr Hans Silvester

L’association « Planète Albert Kahn« , fondée et présidée par Jean-François Fortchantre, a créée en 2009 plusieurs prix qui ont pour vocation d’honorer les photographes qui s’engagent par l’image à raconter et préserver l’humanité, sur les pas d’Albert Khan, humaniste passionné de photographies.
 
Un prix pour récompenser 50 ans de travail mais surtout un regard
Mi-décembre l’association a attribué le prix de la photographie à Hans Silvester pour l’ensemble de son œuvre photographique, qui s’étend sur 50 ans de prises de vues et de voyages, honorant ainsi ses images et l’humanisme qu’elles reflètent. «Si les photographies de Hans Silvester sont si poignantes et ont fait le tour du monde, c’est grâce à son regard singulier. Echanger avec Hans Silvester, c’est embrasser l’humanité,» a souligné Jean-François Fortchantre.

DR Hans Silvester

 
Des images à partager

Les images de l’artiste seront exposées et ses livres photo de collection seront présentés. Des tirages ainsi que des éditions rares et limités, mais aussi des photos flash encadrées idéales pour des cadeaux, pour les collectionneurs et amateurs du monde.

Les infos pratiques
La galerie d’art et la boutique Retour De Voyage sont ouvertes du mercredi au samedi de 10h30 à 13h et de 15h30 à 19h le dimanche de 9h30 à 13h30 et de 14h à 17h Et sur rendez-vous au 06 87 32 58 58. Retour de voyage, la maison sur la Sorgue, Place Rose Goudard à l’isle-sur-la-Sorgue. contact@lamaisonsurlasorgue.com ; www.lamaisonsurlasorgue.com ; www.retourdevoyage.com

Les enfants berger, Hans Silvester, DR

Bonnieux, Château de Mille, l’art mémoire de la terre

Le chef Xavier Mathieu du Phébus à Joucas a invité Hans Silvester, photographe à la réputation mondiale, à exposer ses œuvres sur les poules, en ses murs, sur une initiative de François Cance le président d’Artothèque. L’exposition photographique s’y tient jusqu’au 17 octobre.

Pour l’occasion, le docteur Patrick Pageat, vétérinaire, éthologue et directeur de recherche a évoqué le gallinacé. Voici ce qu’il a dit, en substance :

Il y a 6 000 ans
«Il y a environ 6 000 ans, en Asie du Sud-Est, une espèce appelée ‘coq doré’ -Gallus gallus- commençait à vivre en association avec les populations humaines. Comme toutes les espèces animales chez lesquelles ce processus adaptatif particulier se nomme ‘domestication’, le coq doré a trouvé un avantage significatif dans cette association. Oiseau omnivore, habitué à chercher sa nourriture au sol, il sut profiter des restes et excédents alimentaires des humains tout en bénéficiant d’une excellent protection contre les prédateurs. Si ce confort aura valu la mort de certains de ses membres, l’association permit à l’espèce de prospérer, et de proliférer, se répandant sur l’ensemble de la terre, à l’exception des régions polaires. »

Copyright Hans Silvester

La sélection de l’homme
« L’homme a sélectionné, au gré de ses besoins et de sa fantaisie, des races de poules qui ont acquis des spécialisations, de l’ornementation à la défense contre les serpents, scorpions, rongeurs, mais aussi en production d’œufs et qualité de chair. Mieux encore, cette spécialisation s’est manifestée de façon différenciée pour chacune des tranches d’âges, tant et si bien que la poule, le poussin, le poulet et le coq apparaissent parfois comme des êtres différents. »

Une famille aviaire
« Cette famille aviaire a partagé la vie des humains, courant librement le jour, rentrant dans les maisons, souvent pour y quêter quelque nourriture, se réfugiant au poulailler le soir, peuplant la basse-cour et symbolisant un peu le foyer humain, qu’elle contribuait à nourrir mais aussi à protéger des nuisibles et des détritus. »

Une rupture contemporaine
« La période contemporaine a rompu cet équilibre. Nous avons délaissé les races aviaires pour créer des souches aux performances de production prévisibles et compatibles avec l’industrialisation agro-alimentaire. Ces oiseaux, un peu monstrueux, capables de peser 1,5kg en 5 semaines, ou produisant une quantité considérable d’œufs, ont été isolés dans des bâtiments aux conditions hyper-contrôlées. Le lien et le pacte domestique ont été rompus, tandis que la chair même de ces animaux et leurs œufs sont devenus une sorte de non-viande neutre et un produit standard, insipides mais néanmoins sanitairement suspects. »

Copyright Hans Silvester

Une exposition pour restaurer l’image du coq, de la poule et du poussin
« L’exposition proposée restaure cette tétralogie méconnue des contemporains, à travers les somptueux clichés photographiques d’Hans Silvester, dans sa beauté, sa diversité, son importance cruciale pour la qualité de l’environnement, pour notre santé et aussi pour ses inimitables qualités gastronomiques dévoilées par le chef Xavier Mathieu. La participation d’Alexandre Pons, éleveur à Eyragues, qui perpétue les méthodes d’élevage respectueuses des volailles et des races de tradition, permettra de confirmer qu’il est possible de bien produire. Nous vous invitions donc à une redécouverte de l’œuf et de la poule, avec toute leur famille. »

Une exposition pour les aimer jusqu’au 17 octobre
« Hans Silvester est un ancien grand reporter de l’agence Rapho. Il est aujourd’hui l’un des derniers grands photographes indépendants. Hans Silvester est né en 1938 à Lorräch, dans le sud de l’Allemagne et a découvert la Provence au début des années 1960, quand il photographie les chevaux de Camargue qui ont contribué à le rendre célèbre. Auteur de nombreux livres sur la Provence et l’Ethiopie, parmi ses thèmes de prédilection figurent l’écologie, la défense de la planète, les photographies des animaux et des objets simples du quotidien. Il est mondialement reconnu pour son travail de longue haleine auprès des tribus de sud de l’Ethiopie, les peuples de l’Omo, témoignant de leurs coutumes ancestrales juste avant que la civilisation ne les rattrape. »

Les infos pratiques
Le Phébus. Exposition de photographies de poules de Hans Silvester. 220, route de Murs à Joucas.

Copyright Hans Silvester

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