20 juin 2026 |

Ecrit par le 20 juin 2026

C’est reparti pour Roberty : 1re réunion hippique le 1er avril après une année d’interruption

Certains parlent d’une « année blanche », d’autres la qualifient de « noire » puisque, pour la 1re fois depuis l’ouverture de l’hippodrome du Pontet en 1868, la saison 2025 a dû être annulée l’an dernier. La piste enherbée avait été défoncée par des sangliers qui avaient fait des trous et l’avaient rendue dangereuse pour les purs-sangs.

Depuis, tous se sont retroussés les manches : les bénévoles, pour la plupart des retraités qui n’ont pas lésiné sur les heures passées à bichonner l’hippodrome, le propriétaire, Roberty Invest, qui a sorti le chéquier pour faire refaire la toiture, rénover la tribune, et qui a également fait abattre une dizaine de platanes frappés par la maladie du chancre coloré, ce qui lui a coûté autour de 60 000€. Sans oublier la Fédération Nationale des Courses Hippiques, qui elle, a géré la piste, posé 1500 mètres de grillage pour barrer la route des sangliers et fait remettre aux normes le système électrique, le tout pour une facture de 25 000€.

« Dès le 29 mars, un vide-grenier sera organisé sur le parking, a annoncé le président de la Société Hippique d’Avignon le Pontet. Et dès mercredi prochain 1er avril à partir de 13h30, premier rendez-vous de la saison avec 6 courses au programme. »

Christian Atanian, président de la Fédération Régionale du Sud-Est, se félicite de cette réouverture, d’autant que la tendance est à l’économie. « On nous demande de faire mieux avec moins. À L’Isle-sur-la Sorgue, l’hippodrome Saint-Gervais a été rayé de la carte par la mairie qui a choisi de faire place à une plaine sportive avec terrains de foot et courts de tennis. Du coups les réunions hippiques qui s’y déroulaient ont été dispatchées en partie sur Roberty et sur Nîmes. »

Avec les paris sur internet, les turfistes regardent Equidia pour voir les arrivées du PMU. Mais malgré cette désaffection, la filière hippique en France, ce sont 235 hippodromes qui ont accueilli 2,6 millions de visiteurs, plus de 9 000 propriétaires de chevaux de courses, 30 000 purs-sangs et 18 000 courses. Ce sont les jockeys, les palefreniers, les maréchaux-ferrant, les entraîneurs, les soigneurs, les vétérinaires, les moniteurs des centres équestres, soit près de 70 000 emplois. Elle génère 2,3Mds€ et un excédent commercial de 770M€.

« Aidez-vous et le ciel vous aidera », répète Christian Atanian aux responsables de Roberty, mais aussi à Joëlle Conti qui s’occupe de l’hippodrome de Bollène et à André Boyer longtemps président de celui de Sault. 

Au Pontet, sept rendez-vous sont prévus cette année. Les 1er et 18 avril, le 14 mai avec un focus sur « le bien-être équin », le 14 mai ce sera la Fête de l’Hippodrome, et le 21 juin la Fête des Enfants avec des ateliers maquillage et de magie. Les deux dernières réunions sont prévues les 4 et 26 juillet. L’entrée est de 5€, gratuite pour les moins de 18 ans.

« L’important, c’est de tenir le cap, le coup, a insisté le Président régional. Roberty a failli fermer et on est toujours là. Alors restons optimistes, faisons en sorte de pérenniser ce site exceptionnel, ce poumon vert de plus de 100 hectares. »

Les tribunes de l’hippodrome, classées au titre de Monument historique. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

C’est reparti pour Roberty : 1re réunion hippique le 1er avril après une année d’interruption

Grandeur et décadence. Chef-d’œuvre en péril. Implanté au cœur d’un écrin vert de 125 hectares, cet hippodrome créé par les frères Thomas, des industriels du XIXᵉ siècle amateurs de pur-sangs, a ouvert en 1868. Il a même accueilli les réunions des Alpes-Maritimes avant que ne soit construit l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer.  

Classé en 1972 au titre des Sites naturels en ‘zone verte’ et comme Monument historique en 1993, ce qui le rend inconstructible, cet espace a longtemps appartenu à la famille d’Edmonde Charles-Roux-Defferre. Son descendant, le Prince Rodolfo Del Drago, qui l’a porté à bout de bras pendant des années avec le château éponyme, l’a mis en vente. En 2014, un groupe d’investisseurs l’a acquis pour réhabiliter le château et ses dépendances, mais pas le champ de courses et les 58 hectares de prés et de bois qui l’entourent ainsi que les parkings attenants. Un projet de création d’ »École de Trot du Sud-Est » a même été évoqué, soutenu par la Fédération et Le Cheval Français. Avec à la clé des emplois de selliers, palefreniers, entraîneurs, fournisseurs de fourrage, soigneurs et maréchaux-ferrants.

Ce feuilleton dure depuis des années et pendant ce temps-là les tribunes en bois se délitent, les haras se détériorent, la piste est envahie de hautes herbes et le mistral fait tomber nombre de branches de platanes centenaires malades. Même si les bénévoles de la Société Hippique d’Avignon se décarcassent, ce sont tous des retraités qui ne roulent pas sur l’or et qui n’ont ni la force ni les moyens d’entretenir ce site patrimonial et cette piste enherbée de 1500 mètres.

Quel avenir pour l’hippodrome Roberty ?

Une réunion — à laquelle la presse n’était pas conviée — s’est tenue lundi 18 novembre pour évoquer l’avenir de Roberty. Selon nos informations, plusieurs sujets ont été abordés. À commencer par la convention qui liait la Société Hippique aux propriétaires, mais qui n’a pas été signée depuis des mois. Sans parler des lieux qui sont insécures, voire dangereux et qu’aucun assureur ne veut prendre en charge tant que tout ne se sera pas aux normes pour accueillir du public. Ce qui coûterait une fortune.  

Autres interrogations, pourquoi des investisseurs ont-ils acheté ce site en 2014, n’y ont encore rien entrepris depuis et ne l’entretiennent pas ? Pour défiscaliser ? Pour spéculer en le revendant plus cher ? Pour attendre qu’il devienne constructible et y édifier une résidence immobilière de luxe au cœur de cet écrin naturel ?

Certains proposent que la valeur de Roberty et de ses dépendances soit expertisée par la SAFER pour le vendre au prix de 2€ le m² agricole, et que la Ville du Pontet d’un côté et la Fédération du Sud-Est avec la Société de Trot de l’autre, l’achètent moitié-moitié. La commune en disposant tout au long de l’année pour les enfants des écoles et les clubs sportifs et la Fédération y organisant cinq réunions hippiques par an avec le PMU.

Apparemment, un accord a été trouvé pour qu’une nouvelle convention de trois ans soit rédigée par la Société Hippique d’Avignon et signée par les propriétaires. Mais cela ne préjuge en rien des travaux de sécurisation absolument nécessaires à tout accès du public dans les lieux. Du coup, la mairie qui va célébrer le 17 janvier 2025 les 100 ans de la commune du Pontet (qui jusqu’en 1924 était un quartier d’Avignon et qui a souhaité davantage d’autonomie, devenant ainsi la 151ᵉ et plus jeune commune de Vaucluse) avait l’intention d’organiser un ‘Grand Prix Hippique du Centenaire’ pour Pentecôte à Roberty. Mais rien n’est moins sûr.

Avis aux généreux mécènes et donateurs : si vous voulez sauver ce site remarquable de Vaucluse, ce poumon vert du Grand Avignon avant que la tribune de bois ne tombe en ruines, c’est-à-dire en sciure, foncez !  Mais en ces temps de crise, d’inflation, de déficit abyssal des comptes publics et de drastique coup de rabot sur les finances des collectivités locales, on ne va pas forcément trouver l’argent nécessaire à la remise en état de Roberty sous le sabot d’un cheval.

https://www.echodumardi.com/tag/hippodrome-roberty/   1/1