Au Théâtre du Chêne Noir, la programmation a déjà séduit 20 000 spectateurs qui ont réservé leur place avant que débute la nouvelle édition du Festival Off.
Et le patriarche, Gérard Gélas, qui fêtera ses 79 ans le 7 juillet prochain, reprend ‘Zadig’ de Voltaire à 14h50. « La philo, c’est mon socle, d’ailleurs j’avais eu 19,5/20 au baccalauréat, la meilleure note de France, moi qui étais élève au Lycée Mistral. On l’a vu avec le Bataclan, la tolérance, la lutte contre tous les fanatismes sont toujours d’actualité. Le ciselé de ce conte voltairien, drôle, décapant, sa profondeur m’ont convaincu de le ré-écrire, de le mettre en scène pour en faire une pièce de sorte que la jeunesse d’aujourd’hui puisse se rafraîchir à une pensée que n’asserviront jamais les algorithmes dans les portables. Eteignons-les, levons la tête et que le spectacle commence. »
Son fils Julien Gélas, qui lui a succédé, a alors présenté un à un les spectacles de cette 59e édition du Festival Off. « C’est émouvant de vous voir ici, dans cette ancienne chapelle. Même si la création en France est malmenée, si les subventions se raréfient, vous nous faites confiance les yeux fermés, déjà 20 000 billets prévendus, merci. La culture, ce n’est pas un luxe, c’est vital, c’est une liberté, c’est le bien-être de la société française. »
La programmation
‘Walt, la folie Disney’ est programmé à 10h Salle John Coltrane. « Ce génie était prêt à se mettre sur la paille pour vivre son art. Il a mis 4 ans pour sortir Blanche Neige au terme d’un long processus créatif à la fois douloureux et laborieux. À 12h15, ‘Tout le bleu du ciel’ de Mélissa Da Costa (best-seller aux 10 millions de lecteurs) sera mis en scène par Mikaël Chirinian dont le papa, ancien adjoint de Marie-Josée Roig était dans la salle lors de la conférence de presse.
Suivra à 14h15, ‘Ubu Roi’ d’après Alfred Jarry mis en scène par Jean-Marie Galey. « Avec sa casquette MAGA, il sature les réseaux sociaux de sa sottise sans limite et sa méchanceté décomplexée. Il sature l’égoût de l’information en continu, draine dans son sillage des millions de gogos écervelés et extasiés. » A 16h 15, ‘Carnets d’Ukraine’ de Michel Hazavanicius mis en scène par Julien Gélas. Portraits de femmes et d’hommes qui se battent pour leur liberté, leur terre, leur famille. L’art face à l’obscurantisme.
Place à ‘Antigone’ à 18h, le chef d’oeuvre de Jean Anouilh mis en scène par Andréa Bescond, auteure des ‘Chatouilles’ qui se se lève et se bat contre le patriarcat de Créon. A 20h, ‘L’harmonie des genres’ de Noémie Delattre. Entre hommes à la masculinité bienveillante et femmes fortes et épanouies.
Dans la Salle Léo Ferré, à 10h15, une fidèle du Chêne, Frédérique Lazarini metta en scène ‘L’école des femmes’. A 12h30, ‘Un conte d’hiver’ de Shakespeare, suivra à 17h, ‘L’avare’ repensé par Tigran Mekhitarian avec 8 comédiens. Puis place à la danse avec ‘Islands’ sur une chorégraphie de Carolyn Carlson à 19h 20. A 21h 15, ‘Intra Muros’ d’Alexis Mickalik.
Du 16 au 25 juillet, Thierry Lhermitte viendra pour ‘La rencontre’ de Charles Pépin à 19h 30, Andréa Bescond les 6 & 13 juillet pour ‘Les chatouilles ou la danse de la colère’, récompensées par le Molière 2016 du seul en scène et par deux César au cinéma. Enfin le 20 juillet Francis Huster célèbrera ‘Un cancre au paradis’.
Entre artistes et spectateurs, le Théâtre du Chêne Noir, et son équipe qui fêtera ses 60 ans en 2027, reste viscéralement un lieu de création et de dialogue malgré les fanatiques en tous genres, jusqu’à Poutine et Trump.












