20 octobre 2026 |

Ecrit par le 20 octobre 2026

Industrie de la défense : pourquoi le PDG a claqué la porte du vauclusien Eurenco

Le départ de Thierry Francou de la tête du leader européen des poudres et explosifs basé à Sorgues sonne comme un désaveu pour l’Elysée qui venait de le reconduire dans ses fonctions. Il met surtout en lumière le rôle incontournable de Bercy.

L’annonce aussi hâtive qu’inattendue de son départ avait surpris tout le secteur de l’industrie hexagonale de la défense. Après 8 ans à la tête du groupe Eurenco, un communiqué nous apprenait fin septembre que Thierry Francou allait quitter, à sa demande, ses fonctions de PDG de l’entreprise spécialisée dans les poudres et les explosifs dont le siège social se situe à Sorgues depuis 2023. Commune vauclusienne où se trouve également l’un des principaux sites de production du groupe. Le PDG d’Eurenco devant officiellement abandonner son poste le 31 décembre prochain.

Coup de tonnerre dans la BITD hexagonale
Un véritable coup de tonnerre au sein de la BITD (Base industrielle et technologique de défense) française avec le départ de celui qui a été l’artisan du redressement du leader européen des explosifs.
A tel point que certains, vu la soudaineté de l’annonce, avaient même craint que ce soit un problème de santé qui ait pu éloigner son PDG de la direction d’Eurenco. Fort heureusement, il n’en serait rien puisque selon nos confrères de Challenges c’est un désaccord profond sur la stratégie et l’avenir du groupe qui en serait la cause.
Le patron vauclusien aurait été particulièrement exaspéré par les blocages de l’Agence des participations de l’État (APE) concernant ses projets de croissance et d’acquisitions. La goutte d’eau de trop ? Les ‘costumes slim’ de Bercy se seraient montrés extrêmement frileux à l’achat d’Explosia, une société en cours de privatisation en République tchèque.

Un CA multiplié par 3 et des effectifs doublés
Thierry Francou semble pourtant savoir ce qu’il fait. Depuis sa prise de fonction en 2019, Eurenco a multiplié par trois son chiffre d’affaires (570M€ en 2025). Sous son impulsion, les effectifs du groupe sont passés dans le même temps de 900 salariés à 1750 salariés aujourd’hui.
Entre 2025 et 2030, Eurenco visait un doublement de son chiffre d’affaires et un doublement de ses capacités industrielles d’ici 2027.

C’est également lui qui avait rapatrié en 2023, depuis Massy en région parisienne, le siège social du groupe en Vaucluse, juste en face du site industriel historique de Sorgues.

Entretemps, il a aussi supervisé les acquisitions des français Thiot Ingénierie et Manuco.
Il a également multiplié les accords de partenariat avec les acteurs de la défense européenne comme le géant français Thales, le suédois Saab, l’italien Beretta, le tchèque Sellier & Bellot ou bien encore les polonais Mesko et Polska Grupa Zbrojeniowa (PGZ)…
Objectif :  investir en France et en Europe afin d’accroître les capacités de production, sécuriser les approvisionnements et répondre aux enjeux de souveraineté industrielle.

Localement, cet ancien élu de la mandature Gilbert Marcelli à la CCI de Vaucluse avait notamment soutenu la création du Campus Pyro, structure dédiée au développement de compétences pyrotechniques à l’aide de formations initiales et continues, au sein du Campus de la chambre consulaire. Il apparaît aussi dans le top 10 régional des leaders de l’innovation 2024 du journal Les Echos. Côté ressources humaines il a obtenu avec Marc Goussal, le Prix Coup de Cœur du jury 2025 du binôme DG-DRH Grand Sud.

Un camouflet pour l’Elysée, une victoire pour Bercy ?
Au final, sous sa présidence Eurenco visait 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028 et 1,5 milliard en 2030. Au moment où l’usine de poudre et d’explosifs de Sorgues lance la production de munitions pour les drones, Thierry Francou claque donc la porte avec pertes et fracas alors qu’il quitte ses fonctions avec un carnet de commandes de 3 milliards d’euros, soit plus de 4 années d’activités.
Un véritable camouflet pour l’Elysée puisque son mandat venait à peine d’être reconduit par le Président de la République et son premier ministre en juillet dernier car l’Etat est 100% actionnaire d’Eurenco.
Et pour bien signifier que ce ne sont bel et bien pas des problèmes personnels qui ont initié son départ, Thierry Francou va prendre la tête, à partir du 1er janvier 2017, de Mecachrome, équipementier aéronautique basé à Blagnac près de Toulouse où il succèdera à Christian Cornille.

« Notre ambition sera d’accélérer le développement du Groupe. »

Thierry Francou, futur président de Mecachrome

« Je suis très heureux de rejoindre Mecachrome, groupe industriel de référence aux savoir-faire, aux talents et aux positions de marché remarquables, explique Thierry Francou. Dans un contexte marqué par les enjeux de souveraineté, de réindustrialisation et de montée en cadence, notre ambition sera d’accélérer le développement du groupe, notamment dans la défense et le spatial, tout en poursuivant l’excellence opérationnelle au service de nos clients. »

Pour Mecachrome, qui emploie 5 000 personnes sur 24 sites répartis dans 5 pays pour un chiffre d’affaires 2025 de 670M€, la nomination de Thierry Francou s’inscrit dans l’ambition du groupe « de consolider ses positions dans la mécanique de haute précision et les assemblages complexes tout en poursuivant l’excellence opérationnelle au service de ses clients ».

Outre la poursuite du développement des activités de Mecachrome dans l’aéronautique civile, Thierry Francou aura aussi pour mission d’accélérer la croissance du groupe dans la défense et le spatial. A 58 ans, son expérience de dirigeant industriel au sein d’ArianeGroup, Safran et désormais Eurenco, devrait lui être grandement utile pour atteindre ces objectifs.

Laurent Garcia


Novacier : du sur-mesure pour l’industrie

A l’heure de la désindustrialisation et de la délocalisation certaines entreprises font figure de villages gaulois. Elles résistent et font tous les efforts pour se développer et faire perdurer leurs savoir-faire. L’entreprise Novacier, installée à Cheval-Blanc, appartient à cette catégorie. Crée en 2013, par Patrick Genova, cette société, qui conçoit et réalise des ouvrages métalliques, a fait de la modernisation de bâtiments existants une de ses spécialités.

Ancien atelier mécanique de la SNCF Arles ©DR

Ancien directeur de production chez Theus industries, Patrick Genova a repris la serrurerie Robernar & Honorat de Cheval-Blanc en 2013. Cette petite entreprise réalisait à l’époque des escaliers, des portes, des garde-corps… Patrick Genova lui a donné une nouvelle impulsion en proposant de la construction métallique pour des bâtiments industriels ou tertiaires, des constructions anciennes ou des projets architecturaux complexes. Novacier réalise des « clos couvert » comme appelé dans le métier. Il s’agit de la réalisation de bâtiments dont l’enveloppe — murs, toiture et menuiseries extérieures — le protège des intempéries. Novacier s’adresse aujourd’hui aux industriels, aux collectivités, voire aux particuliers qui veulent construire, agrandir ou rénover.

« C’est tout l’intérêt du métal, qui offre une grande liberté pour faire évoluer un bâtiment sans dénaturer son identité. »

Patrick Genova

L’entreprise a fait de la réhabilitation d’anciens bâtiments un de ses domaines d’intervention privilégiés. « Restaurer, ce n’est pas figer un bâtiment dans le passé. Il faut comprendre ce qui fait sa valeur, préserver ce qui peut l’être, mais aussi composer avec les contraintes de l’existant. Il n’y a pas toujours de solution standard : il faut parfois renforcer une structure, adapter un ouvrage ou recréer une pièce unique. C’est tout l’intérêt du métal, qui offre une grande liberté pour faire évoluer un bâtiment sans dénaturer son identité », explique Patrick Genova.

« Un seul interlocuteur du premier appel au PV de réception. »

Patrick Genova

Chez Novacier il n’y a pas de sous-traitants ou d’intervenants extérieurs. L’entreprise propose un service qui va de la conception à la pose, en passant bien entendu par la fabrication. Le tout est réalisé dans les 1 600 M2 des ateliers de l’entreprise installée à Cheval-Blanc. La société s’est dotée dès son lancement de son propre bureau d’étude avec plusieurs ingénieurs, dont Patrick Geneva lui-même. Son crédo est simple : « un seul interlocuteur du premier appel au PV de réception ».

C’est ce modèle qui a permis à Novacier de bâtir sa réputation. Elle le doit pour part importante à la personnalité de son dirigent fondateur.

« On a des commandes mais aujourd’hui c’est difficile, beaucoup de nos concurrents cassent les prix pour subsister. »

Patrick Genova

Novacier est une PME de 18 salariées qui réalise un CA de 3,8 M€, essentiellement dans le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Elle a construit sa notoriété autour de son savoir-faire et de son approche industrielle où elle maitrise toutes les phases de la production. Mais aujourd’hui le marché est tendu reconnaît le PDG de l’entreprise. « On a des commandes mais avec la crise actuelle c’est difficile, beaucoup de nos concurrents cassent les prix. Pour subsister nous devons nous adapter et réfléchir à de nouvelles façons de nous organiser » explique Patrick Genova.

L’atelier ©DR

Si l’entreprise est intervenue sur de nombres sites industriels traditionnels elle a réalisé des chantiers plus en vue comme à la Fondation Luma à Arles, au domaine de la Coquillade à Gargas, ou encore à Arles avec la réhabilitation d’une ancienne clinique en logements. Novacier a également conçu et réalisé un bâtiment à vocation culturelle à Lacoste, la construction d’une maison tout en métal pour un particulier à Apt, la nouvelle billetterie du théâtre antique d’Orange… On l’aura compris Novacier aime les défis et les projets qui sortent de sentiers battus…

Pour en savoir plus : www.novacier.fr


Sorgues : Thierry Francou va quitter la direction d’Eurenco

Thierry Francou va quitter ses fonctions de PDG d’Eurenco,. Après 8 ans à la tête du groupe dont le siège social est implanté à Sorgues depuis 2023, il quittera à sa demande la société le 31 décembre prochain.

En conséquence, l’actionnaire et la gouvernance du groupe spécialisé dans l’industrie de la défense et plus particulièrement les poudres et les explosifs a entamé le processus de désignation de son successeur « afin d’assurer la continuité et poursuivre le développement d’Eurenco »

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Un chiffre d’affaires multiplié par trois
Le Conseil d’administration « salue l’action déterminante de Thierry Francou à la tête d’Eurenco. Sous son impulsion, la société multiplié par trois son chiffre d’affaires et s’est profondément transformé. Cette stratégie, pleinement soutenue et financée par l’actionnaire, a notamment permis de doubler les capacités de productions du groupe en France, Suède et Belgique en réimplantant notamment une production de poudre de gros calibre sur le territoire national. Les différents partenariats de long-terme engagés permettront également d’étendre ses opérations en Europe. »

Depuis l’arrivée de Thierry Francou en 2019, le groupe est passé d’un peu moins de 200M€ à 560M€ l’an dernier. Dans le même temps, les effectifs sont passés de 900 salariés à 1 700 salariés aujourd’hui, dont près de 450 sur Sorgues.
Le PDG démissionnaire, ancien d’Ariane group et également ancien élu de la CCI de Vaucluse, visait 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028, avec l’objectif d’atteindre environ 1,5 milliard à l’horizon 2030. Pour cela, Eurenco peut notamment s’appuyer sur carnet de commandes s’élevant à ce jour à 3 milliards d’euros.

De nombreuses applications militaires
Leader européen des matériaux énergétiques, Eurenco propose une gamme complète de poudres, d’explosifs et d’objets combustibles destinés aux marchés de la défense, de la sécurité, de l’espace et des applications civiles de haute performance.
« Nos poudres, explosifs et sous-systèmes de pointe, comme les charges modulaires d’artillerie ou les dispositifs d’accroissement de portée, sont des composants essentiels à la mission pour tous les types de munitions », précise le groupe.
Les applications militaires d’Eurenco couvrent notamment les munitions de petit, moyen ou gros calibres, mortiers, roquettes, bombes, missiles, torpilles et drones.


Fibre excellence à Tarascon : l’État ‘liquide’ le liquidateur

Placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse depuis le 29 juillet dernier, le site de fabrication de pâte à papier de Fibre excellence à Tarascon présente de forts risques pour l’environnement. L’État s’en inquiète car pour lui le liquidateur ne remplit pas sa mission. Heureusement d’anciens salariés sont venus remettre bénévolement en fonction certains équipements critiques.

Face à la défaillance des liquidateurs de Fibre excellence et au vu de la situation du site de Tarascon, classé Seveso, l’État a décidé de faire intervenir l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie désormais appelée Agence de la transition écologique) en urgence impérieuse afin de prévenir les risques d’incendie, de déversement de produits dangereux et de pollution du Rhône.

En effet, depuis l’arrêt de l’activité et la mise en liquidation de l’usine Fibre excellence Provence d’importants volumes de bois et de produits chimiques demeurent stockés à proximité immédiate du Rhône. En conséquence, les services de l’État ont pris des arrêtés de mesure d’urgence suivi de mise en demeure et de réquisition sans obtenir, à ce jour, l’exécution des prescriptions imposées aux liquidateurs (remise en service de la station d’épuration et du réseau de lutte contre les incendies notamment).

Dans la foulée, une visite conjointe de l’inspection des installations classées et de l’Ademe a été réalisée le 15 septembre 2026. À cette occasion, il a été constaté la présence de bois, de produits dangereux et de déchets répartis sur l’ensemble du site, dont des déchets dangereux liquides. Une situation appelant notamment la remise en service rapide du réseau de lutte contre les incendies.

« Depuis des semaines, l’incurie des liquidateurs fait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés de mesures d’urgence. »

Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique

Dans la foulée, Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, a donné la semaine dernière son accord au préfet des Bouches-du-Rhône pour que l’Ademe conduise la réalisation d’opérations de mise en sécurité, afin de protéger les populations, et l’environnement.
« La situation n’a que trop duré ; tranche le ministre. Depuis des semaines, l’incurie des liquidateurs fait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés de mesures d’urgence puis de mise en demeure et de réquisition. Dès lors qu’il s’agit d’un site industriel sensible, avec des utilités à l’arrêt, des déchets dangereux et un risque de pollution du Rhône, l’État agit pour protéger les personnes et l’environnement. Notre priorité est la protection des personnes et de la nature. La décision d’engager l’Ademe dans le cadre d’une urgence impérieuse répond à cet impératif. Le montant de la facture sera évidemment adressé aux liquidateurs. »

Difficultés récurrentes et inquiétude de la filière sylvicole
Jusqu’alors l’un des principaux sites industriels du Pays d’Arles, cette usine de fabrication de pâte à papier et d’électricité employait près de 270 salariés. Cela faisait des années que ‘la cellulose du Rhône’, l’ancien nom du site rencontrait des difficultés ainsi qu’une forte opposition des associations de protections de l’environnement ainsi que des riverains.
Dernier épisode en date : début juillet, l’homme d’affaires Mathieu Pigasse, avait déposé une offre de reprise globale du groupe, avec des projets de diversification de la production. Sans succès. En attendant, les désormais ‘anciens’ salariés de Fibre excellence, soutenues par les syndicats, ont pris la décision de redémarrer la station d’épuration et des pompes afin de sécuriser les populations alentours.
Figurant parmi les derniers fabricants de pâte à papier en France, le groupe Fibre excellence consommait jusqu’à 2 millions de tonnes de bois par an. Une demande qui permettait notamment de trouver des débouchés afin d’entretenir la forêt hexagonale. Une situation qui inquiète maintenant l’ensemble de la filière sylvicole.


Défense : le vauclusien Eurenco change de dimension

À l’occasion de l’édition 2026 du salon international Eurosatory, le groupe vauclusien Eurenco, leader européen des matériaux énergétiques de défense, a multiplié les accords de partenariat. Une dynamique qui confirme l’accélération du plan de développement stratégique de cette pépite de la ‘Base industrielle et technologique de défense européenne’ qui espère atteindre un chiffre d’affaires de un milliard d’euros en 2028.

Pour la société Eurenco dont le siège social se trouve à Sorgues depuis 2023, l’édition 2026 du salon mondial de la défense et de la sécurité Eurosatory marque la confirmation du changement d’échelle du groupe vauclusien.
En février dernier le fabricant d’explosifs et d’additifs pour carburants destinés aux marchés civils et de la défense que les Vauclusiens connaissent historiquement sous le nom SNPE (Société nationale des poudres et des explosifs) avait déjà levé 300M€ pour accélérer son expansion industrielle en Europe.

« Dans un contexte de très forte demande, ces ressources vont soutenir et accélérer la croissance internationale d’Eurenco pour répondre aux besoins de ses clients, et aux enjeux de sécurité et de défense du continent », expliquait alors le groupe aujourd’hui leader continental dans le secteur des matériaux énergétiques.

« Nous franchissons un cap industriel majeur permettant de consolider notre position de leader européen et garantir l’autonomie stratégique de l’Europe. »

Thierry Francou, PDG d’Eurenco

« Ce financement, sans précédent pour un acteur de la BITDE (Base industrielle et technologique de défense européenne), témoigne de la reconnaissance de notre rôle stratégique au profit de l’ensemble de la filière munitions, confirmait dans le même temps Thierry Francou, PDG de la société. Avec le soutien de ce pool bancaire européen, nous franchissons un cap industriel majeur permettant de consolider notre position de leader européen et garantir l’autonomie stratégique de l’Europe. »

Multiplication d’accords stratégique
Cette dynamique c’est ainsi traduite par la multiplication des partenariats durant cette édition 2026 d’Eurosatory qui s’est tenue au parc des expositions de Paris-Villepinte.
Pour commencer ce salon, Eurenco a signé un accord d’actionnaires stratégique avec Polska Grupa Zbrojeniowa (PGZ) pour la création d’une coentreprise franco-polonaise.
Cette étape fait suite aux accords stratégiques initiaux signés le 23 octobre 2025, visant à créer une coentreprise entre Eurenco et Mesko, filiale de PGZ, afin de produire des propulseurs d’artillerie de 155 mm et des systèmes de charge bimodulaires dans le cadre de la stratégie d’autonomie de la Pologne. Cet accord va notamment permettre le transfert de la technologie de pointe d’Eurenco vers la Pologne afin de fabriquer des charges modulaires à base de nitrocellulose énergétique à partir de l’été 2028

L’accord entre Eurenco et PGZ a été signé en présence de Konrad Gołota, ministre polonais des Biens d’État, d’André Denk, PDG de l’Agence Européenne de Défense, et d’une délégation de la Direction générale de l’armement (DGA).Crédit : DR/Eurenco

« La signature de cet accord et la création d’une coentreprise avec nos partenaires d’Eurenco marquent le passage à la phase pratique de la mise en place des capacités de PGZ pour produire des propergols modernes directement en Pologne », précise Adam Leszkiewicz, PDG de PGZ. De cette manière, nous ajoutons un élément supplémentaire pour renforcer notre souveraineté en matière de production de munitions de 155mm afin d’améliorer la sécurité stratégique de la Pologne et du flanc oriental de l’Otan. »
« La collaboration avec Eurenco est le fruit de nombreuses années d’engagement visant à garantir une source d’approvisionnement constante et autonome, ainsi qu’un véritable renforcement de la sécurité de l’industrie européenne de la défense, complète Renata Gruszczyńska, présidente du conseil d’administration de Mesko. Cela permettra un démarrage plus rapide de la production à l’usine de Pionki en tirant parti des capacités acquises. »

De son côté, Thierry Francou rappelle que « cette signature, en présence des plus hautes autorités de défense de nos deux pays et de l’Union européenne, souligne l’importance stratégique de ce partenariat. Elle marque une nouvelle étape majeure pour nos projets d’expansion en Europe de l’Est et constitue une pierre angulaire de la croissance continue d’Eurenco ».

« Cette dynamique collective constitue un véritable atout pour relever les défis de demain. »

Yves Traissac, PDG Eurenco Engineering

Thiot Ingénierie devient Eurenco Engineering
Le même jour, Eurenco a aussi profité du salon pour annoncer officiellement le changement de nom de sa filiale Thiot Ingénierie, qui devient Eurenco Engineering. Repris fin 2024, Thiot Ingénierie est spécialisée dans les technologies d’impact, les essais balistiques et l’ingénierie des matériaux. Si l’identité visuelle évolue, l’ADN de l’entreprise historique basée à Puybrun dans le Lot est appelé à rester intact. L’objectif d’Eurenco est de valoriser à une plus grande échelle le savoir-faire unique de cette filiale qui réalise 70% de son chiffre d’affaires à l’export et trois quarts de son activité dans le domaine de la Défense.

« Ce changement de nom marque une nouvelle étape dans notre histoire, souligne Yves Traissac, PDG Eurenco Engineering. Il reflète notre volonté de mettre en commun nos expertises avec celles des autres entités du groupe Eurenco afin de proposer une offre plus large et plus performante. Cette dynamique collective constitue un véritable atout pour relever les défis de demain, poursuivre notre développement et doubler notre volume d’activités d’ici 2030. »

Le stand d’Eurenco Engineering lors de la dernière édition d’Eurosatory. Crédit : DR/Eurenco

« Avec Eurenco Engineering, notre groupe élargit son offre et se positionne comme un acteur clé de la chaine munitionnaire, constate pour sa part Thierry Francou. En combinant l’expertise du fonctionnement des poudres et explosifs avec ceux de la dynamique rapide des matériaux sous sollicitations extrêmes, Eurenco dispose d’un ensemble unique de compétences. Celles-ci couvrent le fonctionnement des têtes militaires et des tubes de canons depuis la simulation, les essais et la métrologie ultrarapide de classe mondiale. Notre ambition est d’augmenter significativement la performance des systèmes et leur durée de vie. »

Game of drones en Europe
Eurosatory a ensuite été pour Eurenco l’occasion de signer un protocole d’accord avec Helsing, une société allemande qui développe notamment des systèmes autonomes, renforcés par l’intelligence artificielle. Ce partenariat a pour objectif de développer des têtes militaires souveraines européennes pour le HX-2, le drone de frappe IA de Helsing.
Helsing apporte le drone de frappe IA, conçu pour répondre aux exigences des champs de bataille modernes (voler en essaim, capacité de vol de nuit ou dans des environnements dégradés, sans système de positionnement par satellites, sans communications…) alors qu’Eurenco apporte la tête militaire explosive modulaire haute performance, simple à mettre en œuvre et spécifiquement adaptée à la mission drone. Conçue pour les armées européennes, cette capacité sera développée en priorité pour répondre aux exigences opérationnelles françaises.



Pour Frank Dirksen, directeur commercial de Helsing : « les forces armées ne peuvent pas dépendre de plateformes dont elles ne maîtrisent pas les chaînes d’approvisionnement, Avec Eurenco, nous offrons aux clients français une capacité de frappe qu’ils peuvent acquérir, entretenir et développer – sans dépendre de fournisseurs extérieurs à l’Europe. C’est cela, la souveraineté capacitaire dans les faits. »
Dans un secteur où les chaînes d’approvisionnement mondiales en explosifs subissent de fortes tensions, avec des délais désormais compris entre 12 et 24 mois, le but est donc de bâtir des chaînes d’approvisionnement résilientes à travers l’Europe afin de réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs non européens. Mais réarmer l’Europe sans coordination industrielle risque de déboucher sur la production de systèmes incompatibles, des chaînes d’approvisionnement redondantes et des plateformes incapables d’opérer ensemble. Helsing et Eurenco entendent donc relever directement ce défi.

Le drone HX-2 de Helsing. Crédit : DR/Helsing

« Offrir à nos armées un avantage décisif et fiable. »

« Une véritable capacité de frappe souveraine suppose de maîtriser à la fois le domaine numérique et le domaine physique, assure Thierry Francou qui a reçu le prix coup de cœur (en compagnie de Marc Goussa)du binôme DG-DRH Grand Sud 2025. En combinant l’intelligence artificielle de pointe de Helsing et l’expertise stratégique d’Eurenco dans les matières énergétiques, nous sécurisons l’ensemble de la chaîne de valeur. Ce partenariat démontre notre capacité à livrer rapidement une solution entièrement intégrée, fabriquée en Europe, qui offre à nos armées un avantage décisif et fiable. »
Le résultat : un système de frappe éprouvé et évolutif que les armées européennes peuvent acquérir, opérer et maintenir en condition – conçu en Europe, pour l’Europe.

Eurenco fait parler la poudre avec le Brésil
Enfin, pour clôturer ce marathon des partenariats durant ce mondial de la défense qui s’est achevé ce vendredi 19 juin, l’entreprise vauclusienne désignée leader régional de l’innovation 2024 a signé un contrat à long terme avec le brésilien CBC (Companhia Brasileira de Cartuchos),

Cet accord de 5 ans avec leader mondial des munitions petit calibre (et l’un des principaux fournisseurs de l’Otan), porte sur la fourniture de poudres de petit calibre fabriqué dans l’usine d’Eurenco située sur son site de Clermont en Belgique afin de répondre aux besoins de CBC.

Lors de la signature ntre Eurenco et CBC. Crédit : DR/Eurenco

« Du point de vue de CBC, cet accord reflète l’orientation stratégique de CBC visant à établir des collaborations à long terme avec des fournisseurs mondiaux clés afin de soutenir ses opérations internationales en pleine expansion. Grâce à cet accord, CBC renforce encore sa position de partenaire de confiance et évolutif au sein de l’industrie mondiale de la défense », se félicité Fabio Luiz Munhoz, PDG de CBC.

« Ces succès confortent notre trajectoire de croissance. »

Objectif : 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028
Cet événement vient ponctuer une année exceptionnelle, jalonnée de contrats à long terme pour Eurenco. Depuis un an, le groupe a en effet scellé plusieurs partenariats importants avec des acteurs de premier plan tels que Saab, BAE Systems, CSG, FN Herstal, Beretta Holding, Sellier & Bellot et Fiocch…

« Ces succès commerciaux et industriels témoignent de la confiance de nos partenaires et de notre capacité à nous transformer de manière agile et durablement pour mieux répondre aux défis de nos clients », constate le groupe qui ambitionne d’atteindre 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028 après avoir réalisé un CA de 560M€ en 2025 (+17% par rapport à 2024).

« La densité et la qualité des échanges lors de cette semaine d’exposition au plus grand salon internationale de la défense terrestre valident notre modèle stratégique, conclue le PDG d’Eurenco. C’est précisément la force de notre ADN de pure player – notre concentration absolue sur notre cœur de métier – qui nous permet de nouer des partenariats industriels d’une telle envergure. Ces succès confortent notre trajectoire de croissance et assoient notre position de leader européen incontesté des matériaux énergétiques. »

Laurent Garcia


Sans Transition ! à Malaucène, Quand l’eau se fait démocratie

Après plusieurs rencontres organisées en Vaucluse, le cycle porté par le média engagé Sans Transition ! se poursuit avec un 3e opus consacré à la ‘démocratie de l’eau’. Une réflexion de fond, portée notamment par son directeur de publication Julien Dezécot, qui interroge la gouvernance d’une ressource devenue critique. Il s’agit du projet « Les pieds dans l’eau », une conférence-débat avec Sophie Gosselin, Docteure en philosophie, se tiendra le 17 avril à 18h à Malaucène, intitulée : « Construire la démocratie de l’eau ». Un temps fort offert grâce au soutien du Programme Leader, en partenariat avec le Parc Naturel régional du Mont-Ventoux, la Ville de Malaucène et la Fondation Macif. Infos et réservation ici.

Comment partager une ressource vitale sous tension ? C’est la question au cœur de la rencontre « Construire la démocratie de l’eau », nouvelle étape d’un cycle engagé sur le territoire. L’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large portée par le média Sans transition !, qui milite pour une approche territoriale et participative des grandes transitions.

L’eau, enjeu démocratique
Derrière le concept, une idée forte : faire de l’eau un bien commun réellement débattu, partagé et gouverné collectivement. Une nécessité dans un contexte de tensions croissantes entre usages agricoles, industriels et domestiques, exacerbées par le changement climatique. Cette rencontre, avec Sophie Gosselin, prolonge une série d’événements déjà ancrés dans le territoire vauclusien. À Mazan notamment, un colloque d’envergure avait réuni scientifiques, élus et acteurs locaux autour d’un constat sans appel : « le système de l’eau est en crise », entre raréfaction des ressources et dégradation de leur qualité.  Dans un autre temps fort, la question de la sobriété hydrique avait également été mise au cœur des échanges, soulignant la nécessité de repenser en profondeur les usages et les modèles de gestion. 

Du constat à la participation citoyenne
Cette demande d’associer le citoyen aux décisions portant sur la sauvegarde et la distribution de l’eau rejoint des réflexions plus larges sur la gouvernance de l’eau en France, où les dispositifs existent mais peinent parfois à équilibrer les intérêts entre acteurs économiques, collectivités et société civile. L’enjeu ? Il est de mieux répartir une ressource de plus en plus rare et de redonner une légitimité démocratique aux arbitrages. Dans cette perspective, la notion de « démocratie de l’eau » fait des territoires des lieux d’expérimentation collective, où les solutions émergent au plus près des réalités locales.

Un territoire observé par les experts et scientifiques
Le Vaucluse, marqué par des épisodes de sécheresse récurrents et une pression accrue sur les nappes phréatiques, apparaît comme un terrain particulièrement révélateur. Longtemps considérée comme abondante, la ressource s’avère aujourd’hui fragile, obligeant à repenser les équilibres. L’eau n’est plus seulement une question technique ou environnementale, mais un sujet profondément politique et sociétal.

Une pédagogie du débat
À travers ces rencontres, Sans transition ! joue un rôle de médiateur entre savoirs scientifiques, décisions publiques et attentes citoyennes. Une ligne éditoriale fidèle à l’ADN du média, qui se définit comme un acteur du débat territorial, « du local au global ».  L’ensemble de ces études et réflexions entrepreneuriale et citoyennes oeuvrent à éviter que la crise de l’eau ne se transforme en crise sociale. L’eau n’est plus une ressource stable. Elle devenue un facteur de tension, d’adaptation et de transformation des territoires. En Vaucluse comme ailleurs, la question n’est plus de savoir si la gestion de l’eau doit évoluer, mais comment, sur quels critères et avec qui.

Les chiffres de l’eau en Vaucluse
Près de 171 millions de m³ : volume total d’eau prélevé en 2021 dans le Vaucluse (79 millions dans les nappes, 92 millions dans les cours d’eau) ; 
86%, c’est la part de ces prélèvements destinée à l’agriculture, loin devant l’industrie (13%) et les usages domestiques (1%).
De –10 à –30 %, c’est la baisse attendue des ressources en eau d’ici 2050 sous l’effet du changement climatique.
Les nappes sont souvent basses : notamment dans des secteurs comme Cavaillon ou la moyenne Durance, régulièrement en déficit.
L’eau, une ressource contrastée : abondante en apparence avec le Rhône, la Durance et la Sorgues, mais très dépendante des cycles climatiques et des prélèvements.
Des sécheresses récurrentes rythmées par des épisodes de chaleur et de déficit de pluie marqués à l’exception, bien entendue, de cette année qui s’est révélée particulièrement pluvieuse. 
Le Vaucluse n’est pas un territoire ‘sans eau’, mais un territoire où la pression sur la ressource devient structurelle, entre agriculture intensive, croissance démographique et changement climatique.

Les infos pratiques
Troisième opus du projet « Les pieds dans l’eau », après les rencontres avec Charlène Descollonges puis Freddy Rey, cette nouvelle conférence-débat avec Sophie Gosselin, Docteure en philosophie et autrice, est proposée le vendredi 17 avril à 18h à Malaucène. Intitulée : Construire la démocratie de l’eau, Sophie Gosselin sera interviewée par Sans transition! lors d’un grand entretien, suivi d’échanges avec les entreprises, associations, collectivités et citoyens du territoire. Parmi lesquels : Jacques V. Paget, représentant de France Nature Environnement Vaucluse à la commission consultative des usagers  du syndicat Rhône Ventoux, Magali Jameux, chargée de mission eaux et rivières au Parc du Luberon et animatrice du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) du Calavon-Coulon, ainsi que le collectif citoyen de l’eau d’Avignon. Inscription ici.
Mireille Hurlin


Tricastin et Richel serres de France portes ouvertes sur un monde en mutation

Les 20 et 21 mars 2026, les Journées Usines Ouvertes reviennent partout en France pour une deuxième édition ambitieuse. Objectif ? Faire tomber les clichés sur l’industrie, valoriser ses métiers et susciter des vocations, notamment chez les jeunes. En Vaucluse, plusieurs sites, dont le CNPE Tricastin et Richel Serres de France participent à cette opération nationale.

L’industrie française est innovante, technologique et engagée dans les transitions environnementales. Mais comme nous sommes peu à le savoir les Journées Usines Ouvertes, portées notamment par la Société des ingénieurs Arts et Métiers, invitent le grand public à franchir des portes habituellement closes.

Ouvrir les portes… et les regards
Pendant deux jours, des centaines de sites industriels à travers le pays accueilleront visiteurs, scolaires et demandeurs d’emploi. Une immersion concrète dans les chaînes de production, les métiers techniques et les savoir-faire, à rebours des représentations souvent figées. En France, l’industrie représente environ 10% du PIB (produit intérieur brut) et plus de 3 millions d’emplois directs, auxquels s’ajoutent de nombreux emplois indirects. Mais le secteur peine encore à recruter, notamment sur des profils techniques.

Des métiers inconnus
D’où l’importance de ces journées : rendre visibles des métiers souvent méconnus, et montrer qu’ils s’inscrivent désormais dans des environnements modernisés, automatisés et de plus en plus tournés vers la décarbonation. Transition énergétique, relocalisation, souveraineté industrielle : autant d’enjeux que les visiteurs pourront appréhender de manière concrète.

20 000 visiteurs dans toute la France pour la 1re édition
Lors de la première édition, en 2025, plus de 20 000 visiteurs avaient répondu présent, dont près de la moitié issus du milieu scolaire. Un succès qui conforte les organisateurs dans leur ambition de changer le regard porté sur l’industrie. L’ambition 2026 ? Franchir un cap avec plus de 500 usines participantes et 50 000 visiteurs attendus.

Le Vaucluse dans la dynamique nationale
À l’échelle locale, plusieurs sites emblématiques participent à l’opération. Le CNPE du Tricastin (), acteur majeur de la production d’électricité nucléaire en France, ouvrira ses portes au public, offrant un aperçu rare d’un site stratégique pour l’approvisionnement énergétique du pays. À Eygalières, Richel Serres de France illustrera une autre facette de l’industrie : celle d’une filière agricole et horticole modernisée, à la croisée de l’innovation technologique et des enjeux environnementaux. Deux exemples qui témoignent de la diversité du tissu industriel, y compris dans un territoire souvent associé à l’agriculture et au tourisme.

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Deux visages de l’industrie en Vaucluse
À cheval entre la Drôme et le Vaucluse, le site du Tricastin constitue l’un des plus vastes complexes nucléaires d’Europe, regroupant production d’électricité et activités liées au cycle du combustible.  La centrale EDF emploie environ 1 470 à 1 500 salariés, auxquels s’ajoutent de nombreux sous-traitants, générant un volume d’emplois indirects significatif pour tout le bassin de vie. Le site incarne une industrie de pointe, fortement qualifiée, au cœur des enjeux de souveraineté énergétique et de transition bas carbone.

Richel Serres de France à Eygalières, l’innovation agricole industrialisée
À Eygalières, Richel illustre une autre facette du tissu industriel local : une industrie au service de l’agriculture. Spécialisée dans la conception de serres et d’équipements horticoles, l’entreprise exporte son savoir-faire à l’international. Le groupe représente environ 300 emplois et s’appuie sur une activité tournée vers l’innovation : serres bioclimatiques, gestion de l’eau et de l’énergie, à la croisée des enjeux agricoles et environnementaux.

L’industrie vauclusienne en chiffres
L’industrie en Vaucluse représente plus de 3 600 établissements industriels ; 19 000 emplois dans le secteur ; 14,1% de l’emploi total du département ; 17% du chiffre d’affaires économique local. Longtemps centrée sur l’agroalimentaire, l’industrie vauclusienne s’est progressivement diversifiée. Elle repose aujourd’hui sur un tissu de PME (Petites et moyennes entreprises) complété par quelques sites majeurs, entre industrie lourde stratégique (énergie, chimie) et industries spécialisées à forte valeur ajoutée, souvent liées aux ressources agricoles du territoire.

La Société des ingénieurs arts et métiers
Fondée en 1846, la Société des ingénieurs Arts et Métiers représente 62 000 Ingénieurs « Gadzarts » dont 31 000 membres, diplômés de l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers (Ensam). Elle anime un réseau de professionnels investis dans la transition environnementale, sociétale, industrielle et numérique en France, autour d’une vision partagée avec l’École et l’Union des élèves Arts & Métiers : ‘Leaders des industries responsables’.

Une industrie plus proche, plus lisible
L’événement vise également à recréer du lien entre les entreprises et leur territoire. Montrer les coulisses, valoriser les équipes, expliquer les métiers : autant de leviers pour renforcer l’ancrage local des industries et nourrir une nouvelle relation avec les habitants. Car derrière chaque objet du quotidien se tissent une chaîne de production, des compétences et des innovations souvent invisibles, que justement, les Journées Usines Ouvertes entendent dévoiler aux yeux de tous.

Les infos pratiques
Journées Usines Ouvertes. 2ᵉ édition. Partout en France et Samedi 21 mars 2026, au CNPE du Tricastin (Centrale nucléaire de production d’électricité), entre Drôme et Vaucluse et Vendredi 20 mars chez Richel Serres de France à Eygalières. Inscriptions obligatoires : journees-usines-ouvertes.fr
Mireille Hurlin


Réindustrialisation : 1 milliard d’euros d’investissement dans le Gard Rhodanien

La communauté d’agglomération du Gard Rhodanien a acté la reconversion industrielle de l’ancien site sidérurgique de l’Ardoise à Laudun-l’Ardoise. Le projet lauréat à 1Mrd€ est porté par l’entreprise MGH Energy.

Anciennement dédié aux activités sidérurgiques stoppées il y a 20 ans, le site de 35ha de l’Ardoise est devenu une friche industrielle qui aujourd’hui, renait de ses cendres grâce à un appel à projet remporté par la compagnie maritime MGH Energy, suite à l’obtention pour le site du label ‘Site clé en main – France 2030’.

Cette labellisation s’inscrit dans une stratégie plus globale de réindustrialisation du pays et affirme la position du Gard Rhodanien, aussi considéré et appelé ‘Gard Avignonnais’ par beaucoup, comme deuxième pôle industriel de la région Occitanie après Toulouse. L’Agglomération a notamment obtenu le label ‘Territoire d’Industrie’ pour 2023-2027 et vise la neutralité carbone à l’horizon 2050.

« Nous avons pris nos responsabilités, avec une volonté claire : réintroduire une activité innovante, créer de l’emploi pour nos jeunes et impulser une dynamique économique au service de tout notre territoire », affirme Yves Cazorla, maire de Laudun-l’Ardoise.

Un appel à projet

C’est en ce sens que le Gard Rhodanien et la commune de Laudun-l’Ardoise ont lancé un appel à projet afin d’avoir un pouvoir de décision sur le futur projet pour sécuriser la vocation industrielle du site via un bail emphytéotique. L’appel à projet s’est basé sur les énergies décarbonées et a reçu 10 candidatures au cours de l’été 2025. Les trois projets les plus pertinents ont été auditionnés par le Comité de pilotage composé de l’État, la Région, la commune, la Banque des territoires, l’Établissement Public Foncier d’Occitanie et la Compagnie Nationale du Rhône.

Un projet a donc tiré son épingle du jeu. Il s’agit de l’usine de production de carburants de synthèse pour les transports aérien et maritime de l’entreprise MGH Energy. Le projet a su répondre à tous les critères requis, à savoir les orientations stratégiques, la robustesse technique et opérationnelle, les retombées socio-économiques, l’intégration sur le site, ainsi que l’innovation et la gestion des flux.

« La réussite du projet de carburants de synthèse de l’Ardoise incarne une ambition partagée : celle d’un territoire qui transforme son histoire industrielle en nouvel élan, qui s’engage pleinement dans la transition énergétique et qui renforce sa souveraineté économique », ajoute l’Agglomération.

Un projet tourné vers la transition énergétique

MGH Energy souhaite donc implanter une usine qui produira du e-kérosène pour l’aviation commerciale et du e-méthanol pour le transport maritime. Ces carburants sont destinés à remplacer les carburants fossiles, qui sont, eux, fortement carbonés. Ils seront élaborés à partir d’hydrogène vert issu d’électricité renouvelable et de dioxyde de carbone capté localement auprès d’industries du territoire.

« Ce projet associe innovation technologique, souveraineté énergétique et ancrage territorial fort. »

Jean-Christian Rey, président de la communauté d’agglomération du Gard Rhodanien.

Après avoir identifié le potentiel du site de L’Ardoise en 2023, l’entreprise a finalement obtenu une durée d’exploitation initiale de 30 ans et lancera la construction de l’usine en 2028 après des études détaillées, l’obtention des autorisations réglementaires et des phases de concertation. La mise en service de cette future unité de production, qui représente un investissement d’1Mrd€, devrait se faire en 2031 et prévoit la création de 400 emplois directs durant la phase de construction et environ 200 emplois permanents durant la phase d’exploitation. L’usine devrait pouvoir produire jusqu’à 70 000 tonnes par an de e-kérosène et 50 000 tonnes par an de e-méthanol.

L’Agglomération a acté la reconversion industrielle du site de l’Ardoise ce lundi 9 février. ©Gard Rhodanien

Vaucluse, un laboratoire industriel en pleine transformation

Labellisé Territoire d’industrie pour 2023-2027, le Vaucluse réaffirme son rôle industriel en Provence-Alpes-Côte d’Azur grâce à un tissu diversifié d’entreprises et à une dynamique entrepreneuriale notable. Avec près de 4 400 établissements industriels, plus de 17 500 salariés dans le secteur et des filières structurantes comme l’agroalimentaire, chimie et transformation des matériaux, le département conjugue héritage et défis d’avenir.

Dans un département qui compte plus de 50 000 établissements tous secteurs confondus, l’industrie représente environ 9% des unités économiques et 16% des salariés présents sur le registre du commerce en Vaucluse au 1er janvier 2024. Cela se traduit par 4 363 établissements industriels employeurs et 17 570 salariés actifs dans l’industrie — une croissance de +774 établissements et +1 166 emplois en deux ans.

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Un territoire industriel dynamique
L’observatoire industriel de l’Aurav souligne également que, dans l’ensemble de la région Sud, le secteur industriel employait en 2024 près de 170 000 salariés pour plus de 10 500 établissements, avec 13% des emplois industriels régionaux localisés en Vaucluse.

Des filières qui pèsent
L’agroalimentaire demeure la première filière du territoire : dans le Territoire d’industrie, ce secteur comprend 284 établissements d’au moins trois salariés, faisant de lui le pilier de l’activité industrielle locale. Le développement de cette filière se retrouve également dans le poids du département au niveau régional : les industries alimentaires représentent environ 25% des emplois industriels vauclusiens et près de 10 % du chiffre d’affaires industriel, avec quelque 240 entreprises et plus de 8 000 salariés permanents dédiés au secteur.

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D’autres segments stratégiques
Outre l’agroalimentaire, d’autres segments jouent un rôle stratégique comme la Chimie et les matériaux : 79 établissements d’au moins trois salariés, concentrant 1 820 emplois et générant un chiffre d’affaires majeur grâce à une forte valeur ajoutée. La Transformation et la valorisation (de la gestion des déchets et des matériaux) : 94 établissements structurés autour de PME locales (Petites et moyennes entreprises). Mines et métallurgie, construction, mode et luxe complètent ce paysage multi-sectoriel.

Une dynamique entrepreneuriale soutenue
Le tissu industriel vauclusien se caractérise par une prédominance très marquée des petites structures : 96% des unités industrielles ont moins de 10 salariés, ce qui souligne l’importance des TPE et PME dans l’écosystème local.

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La création d’entreprise
Cette dynamique se reflète aussi dans la création d’entreprises : selon l’Insee, 701 nouvelles sociétés industrielles ont été créées en 2024 dans le département, et le nombre total d’entreprises nouvelles s’élève à 10 716, toutes activités confondues.

Défis structurels et trajectoires d’avenir
Malgré ces signaux positifs, l’industrie vauclusienne fait face à des défis classiques : l’attractivité des emplois industriels dans un marché du travail tendu, la modernisation des sites et l’adaptation des compétences aux technologies émergentes. L’implantation industrielle reste par ailleurs fortement dépendante des zones d’activités, avec des densités variables et un besoin constant de foncier adapté. L’attractivité globale du territoire repose sur une combinaison d’infrastructures, de formation et d’innovation, autant de leviers à renforcer pour soutenir la réindustrialisation engagée.

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Pour faire court
Les chiffres confirment que le Vaucluse n’est pas qu’un département rural : il est un acteur industriel tangible de la région Sud, avec des milliers d’emplois, un maillage d’entreprises diversifié et une capacité à créer de nouvelles activités. Le label Territoire d’industrie constitue, en cela, un levier stratégique pour faire dialoguer innovations, formations et projets territoriaux. Reste à transformer cette dynamique en gains durables, à la croisée de la transition écologique, de l’attractivité des métiers industriels et d’une gouvernance territoriale renforcée.
Mireille Hurlin

Sources : CCI Vaucluse, Chiffres clés de l’économie, répartition sectorielle et place de l’industrie (2024) ; Aurav Territoires d’industrie Vaucluse (Mars 2025) ; ANCT.
Mireille Hurlin

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