17 août 2026 |

Ecrit par le 17 août 2026

Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Carpentras, vendredi 12 juin. Ce vendredi après-midi, plusieurs groupes de visiteurs se succèdent à la bibliothèque-musée L’Inguimbertine. Certains ont fait plusieurs heures de route depuis Cannes, Aix-en-Provence… Tous ont une chose en commun : ils connaissaient déjà Ernest Pignon-Ernest, et ont tenu à voir cette exposition.

Une immersion
Dès la première salle, le ton est donné. Les murs sont peints en rouge bordeaux, les dessins de Pignon-Ernest s’affichent en grand format.
Philippe, venu d’Aix-en-Provence explique qu’après avoir traversé les salles permanentes, il a senti un certain basculement : « Ces salles sont absolument incroyables, lumineuses, accueillantes et d’un seul coup on rentre dans un ventre. On rentre dans un intérieur. »

La scénographie joue sur les contrastes. Des panneaux disposés en dédale obligent le visiteur à zigzaguer, à voir les œuvres de près puis de loin. « Tu l’as vu de loin et puis tu l’as de près, ça restitue vraiment les proportions, tu te rends donc mieux compte de l’effet produit dans les rues de Naples », explique une autre visiteuse, Michèle, qui avait déjà découvert le travail de Pignon-Ernest dans des magazines d’art, mais également lors de la présentation avignonnaise au Palais des Papes de 2019 à 2020 (Exposition ‘Ecce homo’). Par ailleurs une seconde exposition de mai à septembre 2020 à l’Église des Célestins avait été organisée (Exposition ‘Extases’).

Crédit : Zélie Bienaimé

« Toutes ces œuvres parlent de violence, de douleur »

Michèle

Pourquoi le rouge ?
Le choix de la couleur rouge revient dans toutes les conversations. Pour certains, c’est une évidence. « Au vu du thème, c’est obligé, toutes ces œuvres parlent de violence, de douleur », a dit Michèle. Martine, venue spécialement depuis Cannes, fait des photos et nous confie : « Le bleu est froid et le rouge est une couleur chaude. Je fais des expos photos et je mets mes photos en noir et blanc sur fond rouge… ça marche très bien ensemble. »

Comparaison qui fait débat
Michèle nous parle de l’arrivée d’Ernest Pignon-Ernest dans le milieu de l’art de rue : « Je me souviens de l’effet que ça avait fait de voir ses dessins dans les rues, on voit les gens qui passent, qui observent, c’est l’art dans la rue, ça ne se faisait pas avant. 
Et en même temps, je pense qu’il y avait une sorte de respect vis-à-vis de des choses qu’il créé, ce n’était pas des tags, c’était autre chose. »

Crédit : Zélie Bienaimé

« J’ai pensé à Banksy… »

Martine

La question du street art ne tarde pas à arriver dans chacun des discours. Martine nous fait part du lien spontané qu’elle a vu avec Banksy : « Et c’est vrai que tout de suite j’ai fait un rapprochement avant même de voir l’exposition, j’ai pensé à Banksy… Il y a une certaine filiation. » Mais Philippe n’est pas d’accord : « Le street art, c’est une étiquette un peu facile que l’on colle sur Pignon-Ernest. Lui, a une démarche souvent politique, religieuse, il y a beaucoup de métaphores, il y a des convictions très fortes derrière. Cette association, pour moi, est un peu dévoyée. 
Et évidemment, l’artiste demeure pour moi aujourd’hui un artiste contemporain français majeur. »

Naples vue depuis Carpentras
Beaucoup de visiteurs connaissent Naples en touristes, mais pas sous l’angle que montre l’exposition. « On ne fréquentait pas forcément toutes ces petites ruelles, ce côté populaire et religieux, c’était pas vraiment mon abord », admet Martine. L’exposition montre une ville de Naples plus sombre : les quartiers pauvres, les croyances mélangées, la mort omniprésente. « Il y a un côté populaire à Naples qui est bien rendu dans toute cette représentation. »

Michèle, très tôt, a fait le rapprochement avec Caravage, peintre napolitain du XVIIe siècle connu pour ses scènes violentes, ses personnages du peuple décrit par Michèle comme quelqu’un de ‘torturé’. Avant même de constater que l’artiste est effectivement cité dans le parcours de l’exposition. « Il y a une espèce de tragédie autour de Naples, dit-elle. Caravage, Pasolini… »

Crédit : Zélie Bienaimé

« L’artiste ne ment pas. »

Philippe

Ce qu’ils retiennent de Pignon-Ernest
Ce qui marque le plus les visiteurs, c’est la force du dessin. « Il y a une puissance dans le trait qui est remarquable », dit Martine. Philippe, lui, parle de sincérité : « Chacun va y trouver, je dirais non pas une part de lui-même, mais de ce qu’il recherche dans l’artiste. Et l’artiste ne ment pas. Donc tout ce qu’on voit ici n’est qu’une réalité, une interprétation. C’est extrêmement audacieux et surtout c’est la vérité, la vérité du trait de l’artiste. »
Enfin Michèle nous rappelle que ses créations ont « chamboulé le monde de l’art parce que nous n’étions plus dans l’abstrait, nous étions dans le concret. Ses œuvres parlaient de souffrance et de rédemption. »
Ernest Pignon-Ernest sera à nouveau présent à Carpentras pour rencontrer le public le 26 septembre à 15h.

Zélie Bienaimé (stagiaire info com Avignon université)

Exposition « Ombres de Naples », Ernest Pignon-Ernest, L’Inguimbertine à Carpentras. Jusqu’au 1er novembre 2026.


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Un ciel blanchâtre dû aux incendies sévissant au Canada voilait le Ventoux, invisible depuis l’accueil de la Bibliothèque-Musée Inguimbertine. L’accueil de ce merveilleux édifice est normalement aux premières loges pour admirer le ‘Géant de Provence’. Qu’importe, les journalistes locaux et parisiens étaient spécialement présents pour admirer en avant-première les œuvres d’un autre géant, souvent dénommé ‘le Van Dyck de la France’ : le portraitiste JS Duplessis, né à Carpentras en 1725.

La première bibliothèque-musée de France
En donnant un destin artistique à l’Ancien Hôtel Dieu,la mairie de Carpentras avait fait un choix audacieux. Comme le précise Serge Andrieu, maire de Carpentras « nous aurions pu transférer des services administratifs, nous avons choisi malgré le coût de donner une deuxième vie à cet Hôtel Dieu en le transformant en Musée-Bibliothèque, en transférant les trésors de l’Inguimbertine. C’est ainsi que ce lieu a été inauguré en 2024, fierté de Carpentras pour les joyaux qu’il recèle sur les 1 800m2 du bâtiment. Un effort amplement récompensé puisque Xavier Salmon, directeur des arts graphiques au musée du Louvre ne s’est point fait prier pour accepter d’être le commissaire scientifique de cette exposition inédite.

Crédit : DR

300e anniversaire de la naissance du ‘Van Dyck’ français
‘L’art de peindre la vie’ est la première exposition rétrospective sur le portraitiste Joseph-Siffred Duplessis à l’occasion du 300e anniversaire de sa naissance à Carpentras. Cet événement temporaire est la première exposition rétrospective sur le portraitiste Joseph-Siffred Duplessis (1725-1802) avec 60 œuvres pour la plupart inédites. Le commissaire de l’exposition, Xavier Salmon est intarissable quand il parle de ce qui est sa spécialité, l’Art au XVIIIe siècle. On sent toute la passion et l’excitation du chercheur, de l’artiste, du commissaire scientifique à ‘traquer’ les œuvres de Duplessis à travers les collections privées et les musées nationaux et internationaux et à valider les différentes versions – à l’époque on dupliquait les tableaux. Le musée de Carpentras était propriétaire d’une vingtaine d’œuvres. De surprises en découvertes, au final, après 3 ans de recherches, c’est près de 60 tableaux qui sont exposés. L’exposition est conçue comme une déambulation selon les temps forts de la carrière de l’artiste, l’actualité du moment (la révolution française), les cercles qu’il fréquente, Paris ou la Province et bien sûr l’époque de sa consécration quand il devient le portraitiste officiel du roi Louis XVI.

Crédit : DR

Il force l’admiration de Diderot
Après sa période comtadine consacrée plutôt à des thèmes religieux ou à la mythologie antique, Duplessis part à Lyon en 1751 puis débarque à Paris en 1752. Inconnu des cercles parisiens jusqu’ alors, il force l’admiration de Diderot à la grande exposition du Salon en 1769 et devient indétrônable pendant près de 20 ans. Portraitiste du roi Louis XVI, il peint un majestueux portrait du monarque, de Marie-Antoinette -cependant difficile à contenter-, de Benjamin Franklin parmi les plus renommés. Le buste de Benjamin Franklin par Duplessis est sur les billets de cent dollars américains depuis 1928 !

« Le buste de Benjamin Franklin par Duplessis est sur les billets de cent dollars américains depuis 1928 ! »

Au cours de l’exposition on pourra également jouer au jeu des 7 erreurs avec les 3 tableaux représentant le médecin Joseph Marie François de Lassone, découvrir le couple Necker sans concession et sourire de quelques notables joufflus de province.
On peut admirer cette façon de traduire la matière, pas seulement dans le rendu des tissus ou des accessoires mais la carnation de ses sujets, la chair et ses reflets et même leursimperfections. On pourra apprécier lors de l’exposition le confort de la visite, happé par un regard narquois ou bienveillant, étonné de tant de beauté au-delà de celle du sujet, frappé par la perfection qui semble se dégager.

Le petit plus
Pour accéder à l’exposition temporaire, il faut traverser les galeries du musée, l’occasion de déambuler parmi ses trésors artistiques, les manuscrits anciens, les incunables, les œuvres d’art emblématiques. Quand on arrive à l’exposition de Duplessis, on a déjà les sens en éveil, la curiosité émoussée. Celle-ci démarre par un autoportrait comme une invitation à percer le mystère de ce talentueux portraitiste et se termine sur un autre auto-portrait où la sérénité affichée ne masque pas pour autant le poids des ans.

Exposition ‘L’Art de peindre la vie’. Du 14 juin au 28 septembre. 10h à 18h. Fermé le lundi. L’Inguimbertine. 180, Place Aristide Briand. Carpentras.


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

En 2023, ils ont été 135 196 à franchir les portes de la bibliothèque-musée l’Inguimbertine à Carpentras. C’est 14% de plus que l’année précédente.

Ouverte du mardi au dimanche, l’Inguimbertine a organisé de nombreux événements toute l’année 2023 comme des lectures de contes, un concours de dessin, une démonstration de tai-chi, des ateliers récréatifs pour les petits et les grands, ou encore des conférences. C’est sans compter les diverses visites guidées qui ont lieu tout au long de l’année. 2023 a également été marquée par l’installation des livres anciens des collections personnelles de l’ancien évêque de Carpentras Joseph-Dominique D’Inguimbert et du docteur Casimir Barjavel au sein de la bibliothèque-musée.

L’agenda de l’Inguimbertine est déjà bien rempli pour le mois de février. Pour découvrir les événements à venir, cliquez ici.

V.A.


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Dans le cadre des Rencontres musicales des Pays du Ventoux et Comtat Venaissin qui ont lieu jusqu’au dimanche 20 août, la bibliothèque-musée Inguimbertine à Carpentras va accueillir un concert ce samedi 19 août. Ce concert clôturera une résidence de l’Ensemble Intercolor, formation invitée des Rencontres musicales 2023

Ce concert proposera un mariage étonnant entre les cordes du cymbalum joué par Aleksandra Dzenisenia, le timbre chaleureux de l’alto joué par Emma Errera, et une voix lumineuse de Sara Taboada qui alternera avec les couleurs sombres de la clarinette basse. Durant une heure, le trio vous emmènera à la découverte de compositrices du Moyen-Âge à l’ère baroque.

Samedi 19 août. 16h30. Entrée libre. Inguimbertine. Hôtel Dieu. 180 Place Aristide Briand. Carpentras.

V.A.


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Dans le cadre des Rencontres musicales des Pays du Ventoux et Comtat Venaissin qui ont lieu jusqu’au dimanche 20 août, la bibliothèque-musée Inguimbertine à Carpentras va accueillir un concert ce vendredi 11 août.

Un quatuor à cordes se prêtera aux confidences musicales dans l’espace intimiste forum de la bibliothèque. Il y aura Juliette Shenton et Emma Errera aux violons, Sven Boyny à l’alto et David Poro au violoncelle. Pendant 50 minutes, ils vous proposeront un programme qui alliera romantisme et modernité et où la musique se fait journal intime.

Vendredi 11 août. 17h. Entrée libre. Inguimbertine. Hôtel-Dieu. 180 Place Aristide Briand. Carpentras.

V.A.


Ce que les visiteurs emportent de l’expo Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Le cabinet Ab Antiquo, spécialisé dans la conservation préventive et curative du Patrimoine écrit et documentaire, et le transporteur Groupe Bovis, spécialiste du déménagement des musées et de leurs objets précieux, sont en train d’installer les livres anciens des collections personnelles de l’ancien évêque de Carpentras Joseph-Dominique D’Inguimbert et du docteur Casimir Barjavel au sein de la bilbiothèque-musée Inguimbertine.

Leurs tableaux et le mobilier de leur cabinet sont également en train d’être déplacés afin que les futurs visiteurs puissent être complètement immergés dans les univers des deux Carpentrassiens.

V.A.

https://www.echodumardi.com/tag/inguimbertine/   1/1