31 octobre 2026 |

Ecrit par le 31 octobre 2026

Une start-up de Pertuis donne une deuxième vie au bois de vigne

Florian Marc, petit-fils de viticulteurs vauclusiens, installé dans la pépinière d’entreprises à Pertuis, a développé un éco-matériaux utilisant les bois issus des tailles et de l’arrachage des vignes. Une démarche écoresponsable qui donne une deuxième vie à ce qui était considéré jusqu’alors comme de simples déchets.

Chaque année, en France, c’est plus de 2 millions de tonnes de déchets de bois de vigne qui sont produits. Issus des tailles annuelles, de l’arrachage des vignes pour leurs renouvellements ou l’arrêt définitif de leur culture, ces bois de vigne sont estimés dans le Vaucluse à 100 000 tonnes par an, soit environ le double de la production forestière traditionnelle du département. A part leur destruction ou leur utilisation comme simple bois de chauffage aucune solution de valorisation n’existait vraiment jusqu’à ce jour. Florian Marc, un jeune entrepreneur ayant fait ses armes dans les univers scientifiques et informatiques, en quête d’un projet personnel faisant sens, a eu l’intuition qu’on devait pouvoir valoriser ces bois de vigne. Ses ancêtres viticulteurs installés depuis plusieurs générations dans l’enclave des papes, du côté de Valréas et de Visan n’ont sans doute pas été totalement étranger à cette prise de conscience. Florian se souvient avoir assister, dans son enfance, à l’arrachage d’une parcelle de vigne plantée par son arrière-grand-père, « ce fût, pour moi, un moment d’émotion assez fort » se souvient-il.

« C’est un matériaux noble qui mérite mieux que de terminer en bois de chauffage, voir en tire-bouchon… »

Florian Marc

Le bois de la vigne n’est pas un bois comme les autres. « C’est un matériaux noble qui mérite mieux que de terminer en bois de chauffage, voir en tire-bouchon… » affirme Florian. Ces bois sont la mémoire des terroirs et des hommes qui pendant des décennies ont travaillé la vigne pour y produire du vin. C’est ainsi que l’idée d’utiliser ces sarments pour élaborer un matériaux qui se veut tout aussi noble est née. Une société est créé en 2024 et une marque « Les Princes Sarments » en est l’étendard.

Aidé par Stéphane Gullo, un maitre Terrazzo (un des rares en France ), il met au point un matériaux composite utilisant ces bois de vigne et de la poudre de marbre recyclée. Aucun additif issu de la pétrochimie, comme les résines, n’est utilisé. Le tout est naturel et provenant de la région. A la différence du terrazzo traditionnel les fragments de pierre ou de marbre associé au mortier ont été ici remplacés par du bois minéralisé. La pierre et le bois sont ainsi mâtinés dans un accord délicat. Ce nouveaux matériaux baptisé « terrazzo de bois de vigne » a fait l’objet de longs mois de développement et de recherche avec à la clé le dépôt d’un brevet.

« Une vingtaine de projets sont à l’étude »

Florian Marc

Ce terrazzo de bois de vigne, produit à l’unité et en fonction des besoins, est utilisé pour la confection de meubles, de plans de travail, de sols, de parements de murs, d’objets de décoration… Une alternative écoresponsable aux matériaux traditionnels employés pour les aménagements haut de gamme. Si la mise au point de ce matériaux est récente les premières commandes affluent déjà. « Une vingtaine de projets sont à l’étude » confie Florian. Les clients naturels des Princes Sarments sont les architectes d’intérieurs. Toujours à la recherche de matériaux nouveaux et innovants, ces prescripteurs sont aussi engagés dans des démarches écoresponsables. A ce jour plusieurs domaines viticoles, une grande banque, des yachts de luxe ou des restaurants étoilés ont fait le choix de ce nouveau matériaux. « C’est aussi un support de communication qui raconte une histoire » explique Florian. Les princes sarments proposent également une traçabilité numérique de chacune des pièces produites. En effet, chacune des pièces confectionnées peut être équipée d’une puce RFID qui permet de connaître l’origine du bois utilisé, la provenance de la vigne, le domaine viticole d’origine, le bilan carbone, jusqu’à l’emplacement précis de la parcelle dont il est issu…

Florian Marc ne compte pas s’arrêter là. Il travaille déjà sur un matériaux qui sera 100 % bois. Son objectif est de valoriser d’avantage de bois de vigne et de faire baisser les coûts de production pour rendre ce produit plus accessible. Il escompte développer une vraie filière de valorisation pour donner à ces bois nobles un futur qui lui soit à leur hauteur.

www.lesprincessarments.fr


Apt : l’IRSEA récompensé pour sa gamme ‘Secure’ dédiée à l’apaisement des animaux

Signs Labs, filiale du groupe IRSEA, basé à Apt et spécialisé dans l’étude du comportement des animaux et de l’homme, de leurs interactions et particulièrement de leur communication chimique, s’est vue remettre un Trophée de l’Innovation par Promojardin-Promanimal.

Cette année, l’association professionnelle pour la promotion des univers des métiers du jardin et de l’animal de compagnie Promojardin-Promanimal a organisé la 2e édition de ses Trophées de l’innovation pour distinguer les initiatives ambitieuses dans ces deux milieux.

Le laboratoire aptésien lauréat des Trophées de l’innovation

Parmi les 12 lauréats, il y a le laboratoire Signs Labs, qui dans la catégorie ‘Innovation Animal’ a remporté le Trophée ‘Produit Innovant Hygiène & Soins’ pour sa gamme ‘Secure’. Élaboré par Dr Patrick Pageat, fondateur du groupe IRSEA, et ses équipes, cette gamme comprend des produits visant à apaiser les chiens, les chats et les lapins en cas de situation stressante comme un transport, une visite chez le vétérinaires, une période de séparation, etc. Ces produits disponibles auprès des vétérinaires et sur les principales boutiques en ligne spécialisées dans les produits pour animaux de compagnie.

©Signs Labs – IRSEA

Des solutions respectueuses du bien-être animal

Depuis plus de 30 ans, le travail du groupe IRSEA repose sur le bien-être animal. Cette gamme se base sur les phéromones des trois espèces, avec des formulations principalement à base d’eau et qui excluent les silicones, PEG, huiles minérales, microplastiques, dérivés pétrochimiques ainsi que les ingrédients d’origine animale. « Les systèmes de diffusion brevetés ont été conçus pour proposer des solutions douces, efficaces et durables », explique Signs Labs.


Des collégiens de Valréas remporte le prix national CGénial

Le collège Vallis Aéria de Valréas a décroché le Prix des partenaires, offert par le groupe chimique Dow lors de la finale nationale de la 19e édition Concours CGénial organisée le 28 mai 2026 à Orsay. Ils ont été récompensés pour avoir inventé une remorque à vélo autonome en énergie.

C’est à la faculté des sciences de l’université Paris-Saclay qu’une équipe de collégiens vauclusiens a su tirer son épingle du jeu. Parmi 49 projets en compétition venus de toute la France, métropole et outre-mer, les élèves du collège Vallis Aéria de Valréas ont convaincu un jury de 63 professionnels avec un concept aussi concret qu’ambitieux : une remorque à vélo capable de produire et de gérer sa propre énergie, sans solliciter le véhicule tracteur permettant ainsi des déplacements sans effort supplémentaire.
Cette remorque répond à une problématique concrète : celle des déplacements doux en zone peu dense. De plus, ce prototype s’inscrit dans un marché en pleine expansion : celui du vélo cargo et de la micro-mobilité électrique.

Sur la cinquantaine de projets, 18 ont été distingués par les membres du jury, issus de l’éducation nationale, de la recherche, de l’entreprise et de la médiation scientifique. Ces derniers ont évalué les projets selon des critères stricts : « originalité, innovation, intérêt sociétal ou local, rigueur scientifique, qualité de la présentation et partenariats. »
Le jury a ainsi salué « l’ambition et la rigueur » du projet et « l’esprit ingénieur remarquable » dont ont fait preuve ses concepteurs. C’est ce travail qui leur a valu le Prix des partenaires remis par Dow, multinationale américaine spécialisée dans les matériaux et la chimie, présente en tant qu’entreprise partenaire du concours.

L’équipe vainqueur du collège Vallis Aéria. Crédit ; DR

Valorisation des enseignements scientifiques
Né en 2007, le Concours CGénial  est le fruit d’un partenariat entre le dispositif ministériel Sciences à l’École et la Fondation CGénial. Il valorise l’enseignement des sciences, des technologies et du numérique. Les prix décernés par les entreprises partenaires offrent aux lauréats des visites de sites industriels et de recherche, ainsi qu’un abonnement annuel au magazine Science & Vie Junior, pour les participants finalistes.
Les Prix Génialissimes, quant à eux, récompensent deux équipes de lycéens qui auront l’honneur de représenter la France en septembre prochain au prestigieux concours européen scientifique EUCYS.

En dix-neuf ans, le concours a réuni plus de 118 000 élèves autour de 5 700 projets. Derrière ces chiffres se trouvent peut-être les ingénieurs, techniciens et chercheurs de demain. Des profils que les entreprises partenaires ont tout intérêt à ne pas ignorer.
Séverine Martrenchard, présidente du comité scientifique et physicienne au CNRS, a souligné lors de la cérémonie la portée de tels événements pour l’orientation des jeunes : « Pour beaucoup, c’est l’occasion de se projeter vers des études scientifiques ou techniques. »

Zélie Bienaimé (stagiaire info com Avignon université)


La French Tech Grande Provence entend renforcer l’accompagnement des projets innovants

La French Tech Grande Provence, outil de développement économique dédié à l’innovation et au service du territoire à destination des entrepreneurs du Vaucluse et du Pays d’Arles, a tenu son assemblée générale ce mardi 9 juin. L’occasion de faire le bilan de l’année 2025 et d’établir les ambitions pour l’avenir.

La French Tech Grande Provence a vu ses équipes renouvelées dernièrement, avec notamment l’arrivée de Benoit Fahy en tant que directeur des opérations. Son assemblée générale ce 9 juin a aussi été l’occasion de renouveler le mandat du secrétaire générale Anthony Poirier. Trois nouveaux administrateurs ont également rejoint l’association : Sandra Vauthier, consultante en Stratégie et Développement à l’International, François-Xavier Beillon, directeur de l’École Supérieure d’Informatique CODA, et Thierry Boisnon, président fondateur de ConnecTheDots.

Une année marquée par des difficultés RH

La French Tech Grande Provence a rencontré plusieurs difficultés RH en 2025, palliées par une implication plus forte du Conseil d’Administration pour maintenir l’activité, et notamment le fonctionnement de l’incubateur Start Tech qui accompagne les porteurs de projet au stade de l’idéation. Ce dernier a tout de même fait preuve d’une forte attractivité et a poursuivi ses missions auprès des entrepreneurs du territoire.

« Dans ce contexte difficile, les partenaires, les adhérents et les mentors sont restés mobilisés », affirme l’association dont la situation financière s’est nettement améliorée au terme de cette année périlleuse.

En route vers de nouveaux projets innovants

Suite à ces difficultés puis à sa remise en forme, la French Tech Grande Provence a réaffirmé ses objectifs de favoriser l’émergence de startups et la création d’activité et d’emplois sur le territoire. Elle a notamment renforcé sa présence au coeur des territoires, surtout dans le Grand Avignon, la COVE et Terre de Provence avec des permanences mises en place pour aller à la rencontre des porteurs de projet.

Pour la suite, l’association aimerait doubler le nombre de sessions d’incubations chaque année, mettre en place des plateformes de mise en relation entre startups et mentors, et également de matching entre associés afin de permettre aux ‘solopreneurs’ de constituer rapidement une équipe. De nombreux événements seront prévus dans les prochains mois et prochaines années pour informer les adhérents, créer du réseau, etc.


Deux dirigeantes vauclusiennes distinguées lors du concours Graines de Boss

La Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Vaucluse a accueilli début juin la finale départementale du concours Graines de Boss, qui récompense l’innovation entrepreneuriale.

C’est la 3e année, que la CCI de Vaucluse organise le concours Graines de Boss à l’échelle départementale en partenariat avec des structures locales comme la French Tech Grande Provence, Grand Delta Angels, le Réseau Entreprendre Rhône-Durance, Les Entrep’ Vaucluse et le groupe NRJ.

Ce concours national, lancé en 2004, est ouvert à tous les créateurs d’entreprises de moins de 5 ans ou aux porteurs de projets, quel que soit leur secteur d’activité. Il permet de mettre en avant l’innovation entrepreneuriale et fait bénéficier aux lauréats d’une campagne de visibilité locale offerte par la CCI.

Cinq candidats

Cette année, cinq candidats ont été retenus sur 20 candidatures envoyés :

  • Choco’Fiesta, une boisson chocolatée bio, végétale, gourmande et saine, créée par Laetitia Schouteten à Avignon ;
  • La distillerie Les Chineurs de Malt, dirigée par Loïc Puviland au Thor, produit du whisky français ;
  • High Love, une marque-communauté qui allie bien-être, sensualité positive et digital en proposant des soirées entre filles animées par des ambassadrices autour de la découverte du bien-être intime et de la confiance en soi, créée par Héléna Ruiz à Althen-des-Paluds ;
  • Ohié, une conciergerie d’entreprise dirigée par Magali Pelletier à Jonquières ;
  • Savistas, une plateforme pédagogique intelligente et inclusive en ligne créée par Nour Ounissi à Avignon.

Chaque candidat a eu 5 minutes pour pitcher leur projet entrepreneuriale et 4 minutes d’échanges avec le jury composé de Cédric Ribeiro, membre de la Commission d’Administration Provisoire de la CCI, Arnaud Fichot, membre de Grand Delta Angels, Brigitte Borel, directrice du Réseau Entreprendre Rhône-Durance, Claire Vanni, conseillère création d’entreprise à la CCI, Olivier Le Floch, administrateur de la French Tech Grande Provence, Stéfan Ré, président des Entrep’ Vaucluse, et Simon Lillamand, lauréat Graines de Boss 84 en 2025 et médaille d’or au Concours Lépine 2026.

Les lauréates

Après Simon Lillamand pour la colonne de douche anti-gaspi Opty-O et Jean-Baptiste Petricoul et son casque Virgomove en 2025, ce sont deux femmes dirigeantes qui ont été distinguées cette année en Vaucluse.

Laetitia Schouteten, avec sa boisson Choco’Fiesta, s’est vue remettre le Prix du public. Héléna Ruiz, fondatrice de High Love, quant à elle, a remporté le Grand prix Graines de Boss, et ira donc à la finale nationale à Paris le 23 juin prochain.


L’entreprise provençale Qista sélectionnée pour participer aux journées Choose France organisées par l’Élysée

En amont du Sommet International Choose France, dont la vocation est de promouvoir l’attractivité économique auprès d’investisseurs internationaux, organisé à Versailles le 1er juin, la présidence de la République et le gouvernement ont organisé les premières journées Choose France.

Sur le modèle des Journées du patrimoine, cette initiative met à l’honneur des entreprises françaises et étrangères investissant et innovant en France, à travers des ouvertures exceptionnelles au public. L’entreprise Qista installée à Sénas (Bouches-du-Rhône) ayant été sélectionnée elle a exceptionnellement ouvert ses portes au public le 29 mai dernier. 

Cette journée a permis au grand public de découvrir les coulisses d’une PME industrielle française devenue une référence dans la lutte écologique contre les moustiques, grâce à une technologie brevetée de biomimétisme aujourd’hui déployée dans près de 150 municipalités réparties dans 37 territoires dans le monde. Une visite des ateliers de production, une immersion dans le laboratoire d’entomologie intégré Qista Lab, et des démonstrations des bornes anti-moustiques étaient proposées. Les visiteurs ont pu échanger avec les équipes de Qista et son fondateur Pierre Bellagambi.


Médaille d’or pour l’avignonnais Opty-O au concours Lépine 2026

La colonne de douche Opty-O, qui permet de réaliser des économies d’eau et d’énergie, vient de se voir décerner la médaille d’or lors du concours Lépine 2026. L’invention vauclusienne a été récompensée du prix de la mairie de Paris dans la catégorie ‘Quotidien et Art de vivre’ du célèbre concours d’innovation initié en 1901 par Louis Lépine.
C’est Simon Lillamand, PDG et fondateur d’Opty-O fin 2024, qui a reçu le prix en main propre (voir photo principale).

L’équivalent d’une petite piscine
Le principe de la colonne de douche Opty-O est simple : récupérer l’eau froide qui s’écoule habituellement dans les canalisations avant l’arrivée de l’eau chaude et la réinjecter dans le circuit d’eau froide.
Résultat : moins d’eau gaspillée et une douche plus responsable puisque l’économie est comprise entre 3 à 10 litres par jour. Pour une famille de 4 personnes cela équivaudrait chaque année au remplissage d’une petite piscine de 2,5m x 3,5m, soit une économie sur la facture entre 160€ et 320€.
Pouvant être facilement posée soi-même, cette solution intègre un système lumineux pédagogique qui sensibilise les utilisateurs à leur consommation en temps réel afin de les inciter à raccourcir la durée des douches de manière progressive.

Objectif : 1 000 vente d’ici la fin de l’année
Déjà récompensé en juin dernier par le prix du jury organisé par Graines de Boss et la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Vaucluse, Opty-O assure désormais l’assemblage de ses colonnes dans ses locaux dans la zone d’activité d’Agroparc à Avignon.
Ce choix d’industrialisation locale traduit la volonté de son fondateur de maîtriser sa production, de réduire son empreinte carbone et de valoriser un savoir-faire industriel français.

Crédit : Opty-O/DR

Après cette première année, la jeune entreprise poursuit le développement de son réseau de distribution auprès d’une double cible : les particuliers, mais aussi les professionnels, notamment les établissements de tourisme indépendant engagés dans une démarche de consommation plus responsable. L’objectif sera de réaliser 1 000 ventes auprès des particuliers et de contractualiser 50 partenariats avec les professionnels du tourisme d’ici la fin de l’année 2026.

« La prochaine étape est d’accélérer fortement la distribution. »

Simon Lillamand, PDG et fondateur d’Opty-O

« L’objectif de la première année était simple : prouver que le produit fonctionne et qu’il trouve son marché, rappelle Simon Lillamand. Aujourd’hui, nous avons des colonnes installées, des retours utilisateurs très positifs et une production désormais intégrée à Avignon. La prochaine étape est d’accélérer fortement la distribution. »

L.G.


L’innovation au cœur du nouveau Laboratoire d’analyses œnologiques Dubernet Rhône Sud à Courthézon

« Au départ, il y a plus de 30 ans, Dubernet, dont le siège est implanté en Occitanie dans les Corbières, a créé un site à Orange dans l’ancien laboratoire d’Inter Rhône », explique Nicolas Constantin, actuel directeur délégué de l’entreprise en Vaucluse.

« Mais en 2023, un incendie d’origine électrique a réduit en cendres les installations, on a d’abord déménagé près de la caserne des pompiers mais l’accès n’était pas idéal. Finalement, on a investi dans la zone de la Grange Blanche à Courthézon où on a de la place et où on peut accueillir nos clients, majoritairement des vignerons. » Et ce site a été inauguré il y a quelques jours par le président Matthieu Dubernet, ingénieur agronome et 3e génération du groupe familial éponyme.

Son but ? Rendre visible la richesse de la terre, du sous-sol pour la transformer en valeur économique. Ces analyses servent à comprendre la nature des sols, sa capacité à nourrir la vigne voire à retenir l’eau malgré le changement climatique et la hausse  régulière des températures, chaque été. « La vigne est une caisse de résonance climatique extraordinaire. En quelques années on a vu le degré alcoolique grimper de 11° à 14° », prédisait Matthieu Dubernet au début des années 2020. 

Un laboratoire à la pointe de l’innovation

De son côté, Nicolas Constantin poursuit : « Ce laboratoire leader en Europe fait des prélèvements de la terre, la tamise et analyse les micro-organismes, champignons, bactéries, taux de carbone, de pollution, de calcium, de potassium, de fertilité de la parcelle de vignes. Nos clients sont installés en Vaucluse, mais aussi dans le Gard et le sud de la Drôme et de l’Ardèche. Grâce à la cytométrie 3D, exclusive et labellisée, un rayon laser effectue un tri de l’échantillon de terre, de ses organismes vivants, de ses cellules, par fluorescence colorée en temps réel. Du coup nous maillons les résultats aux vignerons dans la journée, alors qu’avant, dans les labos on utilisait les ‘boîtes de Petri’ pour faire la culture des cellules et ça prenait des jours et des jours pour constater leur évolution, leur croissance. »

Le Laboratoire Dubernet Rhône Sud analyse et conseille du cep à la mise en bouteille. Sélection des variétés de cépages, contrôle de maturité des grains de raisin, élevage des vins en cuves ou barriques, fermentation, stabilisation, analyses certifiantes, utilisation de gomme arabique en œnologie, conditionnement, étiquetage, choix des bouchons.

Lors de l’inauguration en présence du maire de Courthézon Nicolas Paget, qui préside désormais aux destinées du Pays d’Orange en Provence, le président Matthieu Dubernet a mis en valeur la compétence de ses collaborateurs et leur expertise ainsi que la qualité des équipements de pointe du laboratoire. Et l’innovation avec la Cyto3D son laser et ses rayons ultra-violets, le piégeage d’atmosphère avec le système Dynamic Air Diagnostic. Il a confirmé son « engagement durable et sa volonté de contribuer activement au dynamisme économique local. »


Innovation & souveraineté, thème des 3èmes Journées de la Naturalité à Avignon

« Plus de 200 invités, experts, chercheurs, industriels, tous acteurs de la filière du végétal, ont répondu à notre invitation. » Ainsi commence le mot d’accueil de Jean-François Gonidec, président d’Innov’Alliance, organisateur de ces Journées de la Naturalité. « Elles sont un espace où les enjeux climatiques deviennent des opportunités d’innovation et de compétitivité. »

Parmi les partenaires, le Département de Vaucluse, la Ville d’Avignon, le Grand Avignon, la Région Sud dont la vice-présidente Bénédicte Martin a insisté sur la nécessité de souveraineté avec une réduction des intrants et un droit de manger sain. « Entre la raréfaction des ressources, les tensions du marché, les impératifs de survie écologique comme économique s’imposent à nous, dans le respect de la biodiversité. La naturalité n’est pas une option mais un impératif », a ajouté Jean-François Gonidec.

Invités également l’INRAE, Vaucluse Provence Attractivité, Arko Pharma, le Natura Parc d’Entraigues, Aroma-Zone de Cabrières d’Avignon, les hauts-alpins Acanthis et OvinAlp et l’entreprise de cosmétique L’Occitane, basée à Manosque depuis exactement 50 ans (1976). 

La France, 1er pays agricole d’Europe

Et c’est Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’économie, entrepreneur engagé pour la souveraineté industrielle, qui a lancé ces Journées de la Naturalité. Après avoir fait son miel dans l’entreprise Bleu Blanc Ruche, il s’est investi dans la création de la Compagnie des Amandes qu’il préside.

Il a regretté que la France ne mette pas assez en valeur ses innovations que nous envie le monde entier. « Il faut absolument protéger nos intérêts, c’est fondamental. Nous sommes le 1er pays agricole d’Europe, retirons-en la plus-value. Nous devons nous imposer et choisir nos dépendances au lieu de les subir. Il y a 10 ans, notre balance commerciale était excédentaire avec 10Mds, aujourd’hui elle est en déficit. On est leader des céréales, on les exporte en Italie qui nous revend les pâtes à prix d’or. Pareil pour les pommes de terre produites dans le Nord de la France que nous achète à bas prix la Belgique à qui on achète cher frites et chips. »

« Nous devons reconquérir des milliers d’hectares pour retrouver notre indépendance alimentaire. »

Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg a aussi dénoncé l’abandon des terres en friches. « Nous devons reconquérir des milliers d’hectares, les remettre en culture pour retrouver notre indépendance alimentaire. Pourquoi je me suis lancé dans l’amande? Ce n’est pas une idée farfelue. On en importe 90% pour répondre à nos besoins estimés à 49 000 tonnes en France. Nous avons commencé par planter 230 hectares dans l’est varois. Six ans plus tard, nous en sommes à 7 000 hectares que nous fédérons avec des petits producteurs indépendants qui travaillent avec nous. C’est pareil pour les filières de l’huile d’olive, du houblon, des plantes aromatiques et médicinales que nous pouvons relancer chez nous. Le problème c’est par exemple pour la bière que l’Allemagne peut utiliser des molécules qui sont interdites en France, il faut changer la loi. J’ai aussi rencontré à Avignon le DG de McCormick, Arnaud Ronssin pour les herbes Ducros. Nous recherchons des opérateurs pour planter 600 ha. En horticulture aussi, nous avons nombre de serristes qui souffrent du coût de l’énergie gazière, mais pourquoi ne pas investir dans la géothermie ? »

Arnaud Montebourg. ©Innov’Alliance

Une absence de stratégie en France ?

Il poursuit : « Le problème c’est que la France fait du zèle avec une surreprésentation des normes qui joue contre notre développement économique, sans parler du lobbying de certains, de l’absence de stratégie. Il faut ‘débureaucratiser l’administration’  sans porter atteinte à la santé humaine. Que la molécule contre le rongeur ne tue pas l’abeille. » Alors qu’il y a plus de 700 chercheurs de l’INRAE en Vaucluse, l’ancien ministre rappelle qu’il n’y a pas assez de recherche sur de nouvelles variétés qui résistent à la canicule, à la maladie, qui sont économes en eau. « On ne répond pas assez aux besoins de l’économie agricole. Il est impérieux de remettre en marche l’innovation ».

« Il est nécessaire de faire bouger les lignes. Ensemble, on peut déplacer des montagnes. »

Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg ne mâche pas ses mots sur les financeurs frileux. « Ce sont des ‘tableurs Excel sur pattes’. Ils ne s’intéressent qu’au retour sur investissement à court terme. Nous avons mis plusieurs années pour sortir la tête de l’eau avec les amandes, maintenant, ça roule. Nous allons sans doute relancer la framboise. La France est lanterne rouge dans le peloton européen (4 500 tonnes sur 600 ha), alors que la consommation explose. Ce n’est pas une lubie, il est nécessaire de faire bouger les lignes, ensemble, on peut déplacer des montagnes. La France est son propre procureur, elle doit devenir son laudateur, croire en elle, son talent, sa force d’innovation et avancer ».

3e édition des Journées de la Naturalité

Le programme est copieux pendant ces Journées de la Naturalité. Avec des tables rondes sur ‘Le biomimétisme et l’Intelligence du vivant’, ‘La Bio-inspiration »avec une chimie verte, inspirée de la nature, de la mémoire des savoirs anciens’, mais aussi ‘La fermentation’.

Tout cela pour relier l’innovation scientifique, la performance économique et la résilience des filières végétales face au changement climatique, la raréfaction des ressources et la souveraineté alimentaire.

©Innov’Alliance

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