16 janvier 2026 |

Ecrit par le 16 janvier 2026

Métamorphoses des villes jardins

Le changement climatique redessine déjà notre environnement : assèchement des sols, canicules plus fréquentes, rivière au faible débit… Dans les villes méditerranéennes comme Avignon, la sélection des essences végétales devient un enjeu central pour préserver des espaces urbains vivables et rafraîchis. Une nouvelle publication de l’Agence d’urbanisme de la région Avignon –AURAV– livre des pistes concrètes pour repenser l’urbanisme végétal face aux aléas climatiques.

Les projections climatiques les plus récentes indiquent un réchauffement marqué dans le sud de la France d’ici 2100, avec des étés nettement plus chauds et une pluviométrie estivale diminuée. Dans la vallée du Rhône et ses environs, cela se traduit par une multiplication des périodes de sécheresse et un stress hydrique accru pour les sols et les végétaux. Dans ce contexte, il est estimé qu’une grande majorité des essences actuellement plantées en milieu urbain seront sous pression, voire en risque, avec des impacts directs sur leur survie et les services qu’elles rendent comme l’ombrage et le rafraîchissement.

Des stratégies urbaines fondées sur la science
Les végétaux en ville ne sont pas un simple ornement : ils forment une infrastructure climatique. Ils modèrent la chaleur via l’ombrage et l’évapotranspiration, réduisent les îlots de chaleur urbains, facilitent la gestion de l’eau et améliorent la qualité de vie des habitants. Des projets comme InteGREEN se penchent précisément sur ces bénéfices, mais aussi leurs limites, pour conseiller les villes sur les espèces à planter et leur implantation. À Marseille, par exemple, un vaste plan de plantation d’arbres et de désimperméabilisation accompagne la création d’espaces plus frais et perméables, intégrant des solutions « naturelles » pour gérer l’eau et lutter contre la surchauffe des rues historiques.

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Choisir les bonnes essences : une révolution culturelle
Historiquement, les villes privilégiaient des arbres classiques comme les platanes ou les tilleuls. Mais ces choix esthétiques ne tiennent pas forcément compte des défis climatiques de demain : des programmes comme Avec (Adaptation du VEgétal au Climat de demain), portés par l’Adème, le Cerema et Plante & Cité, évaluent aujourd’hui plus de 1 300 essences (arbres, arbustes, plantes grimpantes) selon leur potentiel de rafraîchissement et leur capacité à résister à des conditions plus chaudes et sèches. Cette approche scientifique encourage une diversification des plantations plutôt que des alignements monospécifiques, ce qui augmente la résilience globale des milieux urbains et diminue les risques liés aux maladies ou aux chocs climatiques.

Des solutions concrètes pour demain
Quelques tendances fortes émergent des recommandations comme : Conserver et valoriser la végétation existante : protéger les arbres matures et les haies, intégrer les aménagements autour des plantations en place ; Diversifier les strates et les espèces : mélanger hautes et basses plantes, arbres, arbustes, plantes grimpantes, pour une meilleure adaptation et une biodiversité accrue ; Expérimenter et innover : des projets comme les forêts urbaines ‘Miyawaki‘ ou l’installation de fruitiers et de plantes indigènes enrichissent le paysage urbain tout en augmentant les services écologiques et Prendre soin des sols : la qualité des sols urbains, souvent compactés et pauvres, conditionne la réussite des plantations, alors leur renaturation et leur désimperméabilisation sont des leviers essentiels.

Des essences locales
Le choix d’essences locales adaptées au climat actuel et aussi la possibilité de tester des plantes plus résistantes à la chaleur inspirées de milieux secs voisins, sont au cœur des discussions professionnelles, sans solution unique mais avec un ensemble de pistes complémentaires à explorer.

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À Avignon, une intelligence collective au service de la nature en ville

Sur le Grand Avignon, la réflexion sur le végétal urbain s’organise de plus en plus de manière collective, associant collectivités, experts et acteurs de terrain. L’Aurav joue un rôle central d’animation et de production de connaissances, en mettant en réseau communes, services techniques et partenaires scientifiques autour des enjeux d’adaptation climatique. Les Parcs naturels régionaux du Luberon et du Mont-Ventoux constituent également des laboratoires à ciel ouvert : leurs équipes accompagnent les collectivités dans le choix d’essences adaptées aux sols calcaires, aux vents violents et à la raréfaction de l’eau, tout en favorisant les continuités écologiques entre espaces naturels et urbains.

La biodiversité en question
À l’échelle régionale, l’Arbe (Agence Régionale de la Biodiversité) Provence-Alpes-Côte d’Azur impulse une dynamique de partage de pratiques à travers des groupes de travail, des guides techniques et des retours d’expériences sur la végétalisation durable. Elle fédère élus, paysagistes, pépiniéristes et gestionnaires d’espaces verts autour d’une approche plus sobre et plus résiliente du végétal.

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Cruciale gestion de l’eau
Des structures comme Plante & Cité, l’Inrae ou encore les syndicats de rivières locaux (Sorgue, Rhône, Durance) contribuent également à cette réflexion, en croisant les enjeux de biodiversité, de gestion de l’eau et d’aménagement urbain.

Expérimentations
Enfin, certaines communes expérimentent des démarches exemplaires, à l’image de la Ville d’Avignon avec sa pépinière communale et ses partenariats avec des jardins botaniques méditerranéens. Ces initiatives locales illustrent une volonté partagée : sortir des recettes toutes faites pour bâtir, pas à pas, une culture du végétal adaptée au climat de demain, ancrée dans les réalités du territoire et nourrie par l’échange entre acteurs.

Anticiper les défis climatiques
Penser le végétal dans les villes, c’est anticiper les défis climatiques tout en améliorant la qualité de vie. Cela exige un changement de paradigme : de l’ornement à la stratégie climatique, de l’esthétique à la résilience écologique. En combinant savoirs scientifiques, choix d’essences adaptés, diversité végétale et soin des sols, les villes peuvent devenir des environnements durables, rafraîchis et vivables, même sous des climats plus chauds.

Toutes les infos
Toutes les infos sur ce sujet traité et produit par l’aurav ici. Echanges et collaborations : Grand Avignon avec Véronique Arfi, Nelly Guédon et Magali Chabrier ; Inrae d’Avignon avec Michel Valério, Etienne Klein et Bruno Fady ; La Ville d’Avignon, Le min d’Avignon, Pépinière Cérès Flore et le CAUE de Vaucluse.
Mireille Hurlin

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Métamorphoses des villes jardins

Face aux sécheresses répétées et aux tensions autour de l’eau, le cycle ‘Les pieds dans l’eau’ revient le 11 décembre à Caromb. Le chercheur Freddy Rey, figure majeure de l’ingénierie écologique, y dévoilera des pistes concrètes pour économiser l’eau… et valoriser celles et ceux qui font preuve de sobriété.

Après notre rencontre inspirante avec Charlène Descollonges à Mazan en septembre dernier, le média Sans Transition !  et le Parc naturel régional du Mont-Ventoux proposent une nouvelle conférence-débat : « Économies d’eau : comment récompenser la sobriété ? » L’invité, Freddy Rey, directeur de recherche à INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), est un spécialiste reconnu des solutions fondées sur la nature. Depuis plus de vingt ans, il explore comment la végétation, les paysages et le génie végétal permettent de mieux gérer l’eau et de réduire les risques en milieux sensibles.

Partage des travaux
Jeudi 11 décembre, il partagera ses travaux, ses expériences de terrain et surtout des solutions concrètes : techniques de sobriété, leviers d’action pour les territoires, dispositifs possibles pour récompenser les comportements responsables. L’entretien, mené par Julien Dezécot de Sans Transition !, sera suivi d’échanges avec entreprises, associations, collectivités et citoyens.

Soutenir les économies d’eau citoyennes
L’événement est gratuit, soutenu par le programme Leader Ventoux et inscrit dans le projet ‘Soutenir les économies d’eau citoyenne’ du Parc du Mont-Ventoux.

Sans Transition !, un média engagé et indépendant
Organisé par Sans Transition ! Magazine coopératif dédié aux transitions écologiques et sociales, ce cycle s’inscrit dans une ligne éditoriale exigeante : informer, inspirer, relier les acteurs de terrain et donner envie d’agir. Reportages, enquêtes, rencontres… le média s’attache depuis plus de dix ans à éclairer les mutations en cours sans catastrophisme, mais avec rigueur et engagement. À l’heure où l’eau devient un bien fragile, cette rencontre offre un espace rare : apprendre, débattre, repartir avec des idées neuves et l’envie d’agi

Les infos pratiques
‘Economie d’eau : Comment récompenser la sobriété ?’. Salle polyvalente, 200 avenue Jean Moulin à Caromb. 11 décembre de 18h30 à 20h. Entrée gratuite. Inscription obligatoire ici.
Mireille Hurlin


Métamorphoses des villes jardins

Entretien avec Étienne Klein, maire de Châteauneuf-de-Gadagne, qui a choisi de ne pas se représenter. Après six années passées à la tête de la mairie et 18 ans d’engagement dans la vie locale comme élu, Étienne Klein annonce qu’il ne sollicitera pas de nouveau mandat. Un choix mûrement réfléchi, au terme d’un exercice marqué par des crises successives.

«Ce mandat a été structurellement difficile, explique-t-il. Nous avons traversé la crise sanitaire, puis la crise énergétique et une longue période d’inflation. Peu s’en souviennent, mais en décembre 2021, nous devions préparer des scénarios de délestage électrique face au risque de pénuries. C’était lourd à gérer. »

Des budgets contraints et des équipes limitées
Comme beaucoup de communes, Châteauneuf-de-Gadagne fait face à la baisse continue des dotations de l’État. « Il y a vingt ans, les ressources publiques étaient plus conséquentes. Aujourd’hui, l’entretien de nos équipements est plus difficile, malgré le tissu économique solide du territoire — Orangina-Suntory, Aromazone, Provence-Comtat, et une zone d’activités dynamique. »

Avec environ 3 500 habitants et une cinquantaine d’agents municipaux,
la commune repose beaucoup sur l’implication des élus : «Notre taille intermédiaire engendre des particularités. Peu de cadres, peu de redondance. Quand un agent est absent, ce sont parfois les adjoints ou le maire qui doivent assurer le relais, y compris dans des tâches très concrètes comme servir à la cantine en urgence. Cela demande une réelle présence et beaucoup d’énergie. »

La qualité de vie des Castelnovins
Au-delà des difficultés administratives et budgétaires, Étienne Klein garde le souvenir d’une belle cohésion locale : « Les habitants tiennent à leur qualité de vie. Notre programme portait le nom ‘Vivons Village’, et cela dit tout : préserver notre identité, éviter l’étalement urbain, garantir le caractère agricole et rural tout en assurant des équipements adaptés et un sentiment de sécurité.» Avec une police municipale active forte de 3 agents assermentés et une ASVP (Agence de surveillance de la voie publique), un village soigné et une ambiance apaisée, Châteauneuf-de-Gadagne a su préserver son esprit villageois.

Etienne Klein Copyright MMH

Logement et services : répondre aux besoins d’aujourd’hui
Conscient des tensions sur le foncier, le maire a veillé à favoriser une offre de logement diversifiée, notamment avec le quartier du Nouveau-Chai avec ses 95 nouveaux logements et près de 40% de logements sociaux réalisés en partenariat avec Grand Delta Habitat.

Côté services, le développement de la santé a constitué un axe fort du mandat
« Nous avons choisi une démarche collective : la Maison de Santé Pluriprofessionnelle n’a pas été imposée par la mairie, mais coconstruite avec les médecins, infirmiers et professions médicales. Résultat : cinq nouveaux médecins généralistes, une dentiste et plusieurs paramédicaux, dont des kinés, sont venus s’installer.»

Préserver l’écrin naturel et penser la mobilité
Étienne Klein met également en avant l’action menée pour préserver l’environnement et limiter l’urbanisation : « Nous avons voulu concentrer l’habitat, protéger les terres agricoles, les vignes et les bords de Sorgue. Ce sont ces paysages qui font notre charme où les castelnovins aiment à se ressourcer.» Une attention particulière a aussi été portée aux mobilités : rénovation de la gare, parkings sécurisés pour voitures et vélos, développement de pistes cyclables et circuits de vélotourisme.

La suite d’un engagement
S’il quitte la mairie, Étienne Klein poursuit son engagement professionnel et citoyen :
«Je suis profondément attaché à mon métier, qui consiste aujourd’hui à accompagner les politiques publiques territoriales avec l’expertise de l’INRAE (Institut National de Recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). J’aide les collectivités à s’appuyer sur des connaissances solides en alimentation, environnement et agriculture. C’est une mission d’intérêt général qui prolonge naturellement mon action municipale, mais sous une autre forme. »

Le bilan
Bref, un bilan plutôt sportif en termes de défis et porteur d’avancées pour la vie locale. Étienne Klein, lui, s’apprête désormais à continuer à servir l’intérêt public… autrement, tout en continuant à rester fidèle à l’esprit du maire auquel il a succédé et auprès duquel il a travaillé durant deux mandats, Pierre Molland. Il souhaite pour Châteauneuf-de-Gadagne cette même continuité portée par ses adjoints actuels : Franck Aimadieu, Marielle Fabre. 14 membres de l’équipe municipale actuelle seront de l’aventure. Deux autres listes seraient en préparation pour contrer l’équipe municipale.

Les défis à venir
« Les futurs défis ? Gérer une commune comme la nôtre, avec 3 500 habitants, en essayant de tenir les finances, que ce soit sur la masse salariale ou sur les dépenses courantes, avec des problématiques d’entretien, de maintenance, de mise à tenir en bon état tous nos équipements, c’est quelque chose qui est quand même un challenge. Et cela demande, à mon sens, beaucoup d’expérience et de connaissance de ces domaines-là. Après, le grand chantier sera celui de l’urbanisme, qui est partagé par toutes les communes avec la loi zéro artificialisation nette, la loi SRU (Loi de solidarité et de renouvellement urbain). Il y aura tout un enjeu important de stratégie de développement de la commune, de maîtrise de son développement, avec l’objectif, à mon avis, conserver cet équilibre. J’espère que la prochaine équipe retenue par les Castelnovins saura garder cet équilibre.»

« Il n’y a pas un maire, mais une équipe»
« Le travail d’une équipe d’élus se fait avec énormément de partenaires et d’échanges.Je tenais à dire que j’ai beaucoup apprécié ce travail avec nos services, avec nos agents, et puis tous les partenaires extérieurs, la communauté de communes, l’État, afin de nouer de solides et respectueuses relations. C’est aussi entretenir et développer un écosystème avec les communes voisines, les associations, la gendarmerie, les pompiers. Un mandat, c’est vraiment loin d’être le travail d’un maire. Souvent, on met le maire en avant en disant que le maire s’arrête. Cependant le maire n’existe pas s’il n’y a pas tout cet écosystème autour. Je suis très fier et très satisfait du travail accompli avec les agents de l’intercommunalité sur la transition environnementale, la transition écologique et les déchets. Ça a été un travail efficace.»

En savoir plus
Etienne Klein, est le maire -apolitique- de Châteauneuf-de-Gadagne depuis 2020. Il est docteur en mathématiques appliquées et écologie, chercheur, chargé de mission pour l’appui en politique publiques territoriales à l’Inrae, mission de partage de connaissances et d’expertise sur les thèmes de l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Il a été conseiller municipal et conseiller communautaire de 2008 à 2014. Premier adjoint de Pierre Molland -qui a été maire de 1985 à 2020 – conseiller communautaire et vice-président du Sidomra (Syndicat Intercommunal pour la Destruction des Ordures Ménagères de la Région d’Avignon)  depuis 2020.


Métamorphoses des villes jardins

Ils sont chercheurs, spécialistes, experts dans leur domaine, travaillent à Aix-en-Provence, Montpellier, dans les nombreux centres de l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation, l’environnement) de France, dans des universités, au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), à l’Office Français de la Biodiversité ou encore à la Société du Canal de Provence du Tholonet, et ils ont mis en commun leurs cellules grises et leurs connaissances.

Dans cet ouvrage de 184 pages, en une dizaine de chapitres, ils posent des questions simples, mais dont les réponses sont plutôt complexes. Va-t-on réellement manquer d’eau ? Quelle quantité d’eau utilisons-nous ? Comment se partager l’eau comme bien commun ? Quelle sobriété en eau ? Quelle place pour les ouvrages de stockage ? 

Quelques idées-forces d’abord pour savoir d’où on part : la planète est recouverte de 72% d’eau qui est principalement stockée sous forme d’eau salée. Mais l’eau douce ne représente que 2,8%, qu’elle soit liquide, solide ou gazeuse. « En France, chaque année, un peu plus de 500 milliards de mètres cubes d’eau tombent du ciel (pluie et neige) et 60% de ce volume rejoint le sol puis s’évapore. Et l’eau est prélevée pour la production d’énergie, l’industrie, les usages domestiques, l’alimentation des canaux de navigation et la production animale et végétale. »

Statistiques que l’on peut retrouver dans le livre.

Mais cette eau peut être polluée par de la matière organique, comme les solvants, pesticides et métaux lourds, et par des bactéries. « C’est le cas des eaux industrielles, domestiques et agricoles », précisent les auteurs de cette étude collective.

Autre information : en 2020, en France hexagonale, on estime que 30,2Mrds m3 d’eau ont été prélevés. La production d’énergie en représente 45% destinés au refroidissement des centrales nucléaires (comme celle que nous avons à Tricastin, au bord du Rhône). Et 90% du volume prélevé pour l’agriculture est dédié à l’irrigation (surtout pour les légumes et les fruits).

Concernant le débit de l’eau, « on attend dans les décennies à venir, avec le changement climatique, des baisses d’étiage mais aussi de crûes extrêmes », avec alternance entre phénomènes de canicule et épisodes d’orages cévenols. Les besoins sont plus grands en été, haute saison du tourisme avec une sur-fréquentation des lieux de baignade, les besoins en eau pour les services d’incendie, l’agriculture, les campings, les espaces, vert. Avec conflits possibles entre les différents usagers. On se souvient de la sècheresse de 2022 en Vaucluse, quand il a fallu envoyer des citernes d’eau potable sur le Plateau de Sault. Et quand la production hydro-électrique a diminué en raison du niveau d’eau du barrage de Serre-Ponçon. 

Et le stockage de l’eau, avec par exemple « la retenue de Caussade », « Sainte-Soline » et les « mégabassines », a donné lieu à nombre heurts entre forces de l’ordre et population locale. La gestion de crise relève de la préfecture en période d’étiage sévère qui publie des arrêtés temporaires de restriction en fonction des nécessités (abreuver le bétail, irriguer les productions agricoles, refroidir le process industriel et les centrales nucléaires). Avec interdiction de laver les voitures, remplir les piscines et arroser pelouses et terrains de golf.

Dans ce livre, il est aussi question des progrès réalisés par les agriculteurs, au fil des ans, ils ont su s’adapter. Avec le goutte à goutte, les haies qui protègent les cultures du vent asséchant, les ombrières, les couverts végétaux comme le paillage entre les rangs de vignes, d’arbres et de cultures, l’apport de variétés résistantes au stress hydrique. Sans oublier « l’agroécologie qui représente une alternative à l’agriculture intensive, productiviste, basée sur l’artificialisation des cultures avec les engrais et intrants de synthèse et d’énergies fossiles. »

C’est dans la concertation et sur un diagnostic partagé que des solutions peuvent être définies pour avoir un accès équitable à l’eau, ce patrimoine naturel, ce bien commun et précieux. Pour gérer les eaux traitées dans les stations d’épuration, le besoin de leur désinfection et le suivi de leur qualité. Est citée également la valorisation des nutriments présents dans les eaux traitées pour en faire profiter les cultures. En conclusion, préconise ce collectif d’experts, « il faut mettre en place des outils de planification pour éviter d’aggraver les pénuries d’eau, créer des inégalités et engendrer des dépenses publiques non négligeables au service d’un petit nombre. »

©Éditions Quæ

Contact : Comment partager l’eau en France ? – Éditions Quæ – 28€


Métamorphoses des villes jardins

Lucien Stanzione, sénateur de Vaucluse, continue de mener ses actions en faveur de la ruralité. Lui et son groupe du Sénat interviennent pour le soutien aux viticulteurs, aux caves coopératives, à la lavande, au lavandin, à la cerise, au développement de la filière des plantes à parfum aromatiques et médicinales, au prélèvement du loup pour protéger les élevages, aux aides pour l’entretien des chemins de montagne…

La filière viticole
«La filière viticole traverse une crise durable et structurelle, expose Lucien Stanzione, sénateur de Vaucluse : aléas et changements climatiques, crises diplomatiques impactant nos exportations, crise économique et baisse de la consommation sur le marché français. Les caves coopératives sont mécaniquement impactées par ce contexte très défavorable.»

Sur le terrain
Selon les chiffres du Crédit Agricole : «En avril 2024, le Crédit Agricole faisait état d’une augmentation de 23,4% des taux de défaut et la Coopération agricole estime aujourd’hui à plus d’une centaine le nombre de caves en grande difficulté, soit plus de 20% des caves coopératives en France. Dans la vallée du Rhône, on dénombre 50% des caves en difficulté, 37% en Occitanie – Midi Pyrénées et 40% dans le Bordelais.»

Copyright Béatrice Saby

Accompagner les caves coopératives
Pour faire face à cette crise, dans la mesure où les caves coopératives ont besoin d’être accompagnées dans leur restructuration et dans leurs plans de fusion-absorption, j’avais proposé avec mon groupe du Sénat, à travers une enveloppe de 75M€ sur 3 ans, dont 25M€ en 2025, de les aider, dans le cadre du Projet de Loi de Finances pour 2025. L’amendement que nous avions proposé le 2 décembre 2024, travaillé avec la Coopération agricole, a pourtant été rejeté par le Gouvernement.»

Dans les faits
«En juillet, Annie Genevard, ministre de l’agriculture a rencontré les Vignerons Coopérateurs de France au sujet de l’aide de 10M€ promise par le Gouvernement qui se fait attendre alors que les dégâts vont être importants. Je dénonce cette nouvelle opération de communication du Gouvernement.»

Mieux défendre la montagne au plan national
En réaction à la loi Montagne II de 2016 applicable à 80%, «qui a permis des avancées pour les territoires de la montagne, j’ai organisé en avril dernier, une première réunion avec les élus de Montagne à la Mairie de Saint-Saturnin-lès-Apt, en présence d’une quinzaine de maires et adjoints concernés, afin de mieux identifier leurs besoins. Gilles Ripert, Président de la Communauté de Communes du Pays d’Apt Lubéron était également présent.

Les sujets abordés avec les élus
Les élus ont abordé : «Les crises subies par la lavande, la cerise, la viticulture ; La spécificité de l’agriculture méditerranéenne dans le cadre de la future Politique agricole commune (PAC) ; La protection des élevages : caprins, ovins, contre le loup, avec la demande de déclassement du canis lupus ; Une bonification de la Dotation globale de fonctionnement –DGF-, notamment pour l’entretien des chemins de montagne ; Le maintien des classes et des postes d’enseignants ; le maintien de la ressource en eau ; Des terrains à bâtir…»

Pour mémoire
En mars dernier, Lucien Stanzione avait rencontré la Ministre de l’agriculture évoquant les taxes Trump, l’importante baisse de la consommation de vins en France, la crise de la viticulture. Le sénateur avait demandé la protection des vins et spiritueux comme patrimoine, culture et mode de vie ; La promotion des grands crus vauclusiens : Baumes de Venise, Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Rasteau, Vacqueyras… ; La simplification de l’étiquetage, notamment au regard du QR code ; La simplification de la gestion administrative des exploitations via une fiche unique qui répondrait à toutes les obligations déclaratives administratives : déclarations de récolte, de production, d’inventaire, de stock, état récapitulatif de la TVA.

Annie Genevard ministre de l’agriculture et Lucien Stanzione Copyright Lucien Stanzione Communication

La fièvre catarrhale ovine
Pour Lucien Stanzione, la ministre de l’agriculture n’a pas répondu aux enjeux qui se jouent actuellement comme le manque de disponibilité de vaccins face à la mutation des fièvres catarrhales ovines –FCO-; Egalement, les dispositifs d’indemnisation des foyers FCO de 75M€ ne s’adresse qu’aux mortalités directes et omettent les pertes indirectes comme la baisse de fertilité ou les naissances non-viables.»

Visite de l’entreprise Elixens
En mai, Lucien Stanzione a visité l’entreprise Elixens France, au titre de la défense des productions méditerranéennes, et particulièrement de la lavande et du lavandin.
«Spécialisée dans la production, la transformation et la commercialisation des PPAM, principalement destinées aux marchés de la cosmétique, de l’aromathérapie, des compléments alimentaires, de l’herboristerie et de la parfumerie, c’est d’abord une entreprise ancrée dans son territoire, profondément liée à une cinquantaine d’agriculteurs en Dauphiné-Provence. Près de 60 variétés de Plantes à parfum, aromatiques et médicinales –PPAM- sur près de 400 hectares, sont cultivées entièrement en agriculture biologique et transformées grâce à son outil industriel de travail performant des plantes, son savoir-faire dans le travail des poudres, des tisanes. L’entreprise invite les agriculteurs à se diversifier dans la menthe, le thym…»

Les initiatives structurantes
Lucien Stanzione note une concrétisation de dynamique avec l’ouverture de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement –Inrae– à Avignon en 2020 ; La création de la Maison du Patrimoine Lavandicole de Provence et de son antenne à Sault le 15 novembre dernier et à Sahune dans la Drôme le 21 mars ; L’organisation du 1er colloque international de la lavande au Sénat en décembre dernier ; Enfin, le sénateur s’est félicité de la candidature pour l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco des paysages lavandicoles de Provence.

Lucien Stanzione et Maire-Pierre Monier sénatrice de la Drome, au centre, entourés des élus de la montagne pour mieux défendre la spécificité des territoires de la montagne au plan national

Métamorphoses des villes jardins

La 3e édition de la grande fête de l’environnement ‘Faites écho’, initiée par le Grand Avignon, aura lieu les jeudi 15, vendredi 16 et samedi 17 juin, au centre de loisirs de la Barthelasse, allée Antoine Pinay. Une invitation lancée aux habitants pour identifier les enjeux et solutions pratiques en s’exerçant à des activités créatives et ludiques. Plus de 3 500 visiteurs sont attendus.

L’alimentation durable, les ressources du territoire en eau, la biodiversité et les énergies renouvelables seront au cœur de ces trois jours de rencontres en lien avec des associations, entreprises, collectivités et artistes présents sur des stands, lors d’ateliers et de conférences.

Les nouveautés

Les nouveautés de cette 3e édition : Un village textile pour tout savoir sur le ré-emploi, la réparation et le recyclage des textiles ; le Village mobilité : tout savoir sur les déplacements durables dans le Grand Avignon et le Village des risques pour prévenir et échanger sur les risques majeurs du territoire : inondations, risques sismiques, incendies…

Deux pointures-stars
Il sera question de découvertes au gré d’un parcours informatif, récréatif et associatif avec, notamment deux personnalités ultra connues et reconnues comme le youtubeur et désormais expérimentateur d’une forêt comestible qu’il est en train de planter, Nicolas Meyrieux, humoriste, vidéaste et militant et le très sérieux et accessible François Gemenne, co-auteur du 6e rapport du GIEC (Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et conférencier.

Quand les rencontrer ?
Nicolas Meyrieux donnera son spectacle : ‘On ne sait pas !’ jeudi 15 mai de 17h à 20h. L’humoriste et vidéaste militant engagé en écologie et agriculture est connu pour son ton décalé, son humour acéré, son talent à aborder des sujets de société complexes restitués avec pédagogie et légèreté, permettant de sensibiliser son public aux enjeux environnementaux. François Gemènne, co-auteur du 6e rapport du Giec, spécialiste des questions de migration environnementales et climatiques interviendra en une conférence intelligent et intelligible en partenariat avec le magazine Sans transition ! Samedi 17 mai à 13h30. Son intervention sera suivie d’une table ronde sur l’éco-anxiété.

Plus de 50 animations
Plus de 50 animations seront proposées aux petits comme aux grands comme des démonstrations, des balades pédestres, en vélo et même en canoé, des jeux, des contes, des ateliers cuisine, couture, de spectacles, des animations musicales, des courses d’orientation, des expositions… En 2024, 3 500 visiteurs avaient été séduits par ce rendez-vous dont 1 500 scolaires.

Copyright Delestrade studio

2 874 élèves attendus
Cette année, près de2 874 élèves –issus de classes primaires du Grand Avignon et des lycées d’Avignon- seront accompagnés de 300 encadrants. Ils se familiariseront à la biodiversité, à l’énergie, à l’eau, au climat, à la mobilité et à l’enjeu de la consommation du textile. Grands et petits élèves découvriront également, via des expositions, le monde de la biodiversité, les fonds marins, les Sorgues et les chauves-souris. Au programme également, des quizz géants et interactifs, l’observation de l’écopâturage avec des chèvres et des brebis, du sport, de la grimpe, des jeux de tri sur les déchets, un escape game sur la thématique des arbres, un spectacle…

Les autres temps forts

La gratiferia
La gratiferia textile -qui veut dire marché gratuit- propose d’apporter -ou non- des vêtements et de repartir avec ce qui nous plaît, sans troc ni monnaie. Pas d’argent en jeu mais un geste écolo et un esprit communautaire retrouvé. Durant toute la durée de Faites écho.

A quoi rêve-t-on ?
A quoi rêve-t-on où comment l’art et la culture nous aident à imaginer de nouveaux récits. Il s’agit là d’imaginer collectivement le futur à travers la culture et l’engagement en tant qu’acteur de ce changement à travers des témoignages d’acteurs locaux, des projections d’interviews d’artistes engagés, de courts métrages et de spectacles vivants mettant en lumière de nouveaux récits et visions de l’avenir. Vendredi 16 mai à partir de 17h.

Copyright Delestrade Studio

Samedi 17 mai
A 11h et 14h30
challenges de draisiennes avec l’Espélido –Centre social et culturel de Montfavet-. De 11h à 12h Café débat sur ‘La biodiversité en ville à vous de jouer’ proposé par l’Aurav –Agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse- de la mise en œuvre de la sobriété foncière à l’échelle du grand territoire en passant par l’aménagement des espaces publics jusqu’à la conception et l’entretien de son jardin. De 12h à 13h Café débat proposé par l’Arbe Région Sud –Agence régionale de la biodiversité et de l’environnement- : Savoir concilier aménagement, biodiversité et urbanisme tout en s’adaptant au changement climatique. A 12h15 et 15h30, défilé de mode entre réemploi et recyclage. 16h45 Conférence sur la gestion des cours d’eau et de la vie aquatique avec le dispositif Gemapi et l’Inrae l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. 17h Spectacle ‘Pestos, pirate des campagnes par la Compagnie Pécable. Pestos le pirate des campagnes dépouille, arnaque, et vole sans scrupules toutes les personnes qu’il rencontre. Une seule d’entre-elle ose l’affronter : Miss Ecolo aidée de son acolyte Coxinette. Ensemble elles veulent lui faire cesser ses arnaques et récupérer le parchemin qu’il leur a dérobé. Elles croiseront Marga l’abeille, Camille la chenille et demanderont même de l’aide à l’esprit des insectes.’ De 19h à 22h30, ambiance musicale pour clôturer la fête avec les élèves musiciens du Conservatoire à rayonnement régional du Grand Avignon et le concert du groupe Ninetiz.


Métamorphoses des villes jardins

Inauguration du bâtiment Food’in, à la fois pôle d’excellence et force de frappe de l’agro-alimentaire de la Région Sud à Avignon.

D’habitude, pour lancer un chantier, on pose une première pierre ou un parpaing. Là, le 9 octobre 2023, truelle en main, les élus ont recouvert de ciment une brique en terre crue, symbole d’un futur bâtiment écologique, respectueux de l’environnement.

4 milliards d’euros de chiffre d’affaires

Ce site, Food’in, rassemble 3 composantes : l’ARIA (Association régionale des industries alimentaires), le CRITT (Centre régional de l’innovation et de transfert de technologie) et l’IDRIA (Institut de formation régional de l’industrie alimentaire) qui représentent à ce jour en Provence-Alpes-Côte d’Azur 215 entreprises, 9 500 salariés et un chiffre d’affaires de 4Mds€.
Sur ce même lieu, tout est concentré pour offrir une gamme complète de services, un réseau dynamique et innovant qui favorise la coopération et la mutualisation des actions dans le secteur agro-alimentaire. Un éco-système auquel collaborent notamment Vaucluse Provence Attractivité, la CCI 84, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Business France.

Performance, qualité des produits, recherche et développement, commercialisation, marketing, ressources humaines, dans cet immeuble, tout est pris en compte dans un esprit vertueux et respectueux de l’environnement et du personnel qui y travaille.
Au cours de la visite des 1 200m2 de ce bâtiment ‘Totem’ de l’agro-alimentaire, dans le Logistic Lab, on trouve un entrepôt logistique reconstitué qui va former les salariés, les demandeurs d’emplois et les jeunes à préparer les commandes, à gérer et fluidifier le flux des marchandises, à certifier la traçabilité des colis en temps réel. A côté, dans le Cook Lab sont installés robot-cuiseur, micro-ondes, autoclave, on contrôle la qualité de la nourriture et on certifie la sécurité alimentaire des produits. Pour l’accueil et les réunions, les noms n’ont pas été donnés au hasard, on est en Provence et les salles s’appellent ‘Ratatouille’, ‘Calisson’, ‘Pistou’, ‘Panisse’ et ‘Fougasse’.

Crédit photo: Grand Avignon

Pour l’architecture, c’est le cabinet ‘Ateliers A+’ basé à Nîmes et à Montpellier qui a été chargé du chantier. Clément Rabourdin a géré avec son équipe un BDM or (Bâtiment durable méditerranéen), label pour bâtiment de haute qualité, durable, économe où il n’y a pas de climatisation, où l’air circule, où l’utilisation de terre crue régule l’humidité sur les 3 étages. « Nous avons du béton ciré, du bois des Alpes, des abat-son en lin pour atténuer le bruit, un atrium avec un puits de lumière. Sur la façade côté nord, de petites fenêtres-meurtrières verticales pour limiter l’impact du mistral. En revanche, côté sud, on a installé de larges baies vitrées horizontales pour laisser entrer la lumière mais pas forcément le soleil, grâce à des ombrières. On a travaillé comme si c’était pour nous. Le parking avec des bornes de recharge pour véhicules électrique est arboré, on a planté des fruitiers mais aussi du thym, du romarin de la lavande. On a même créé des nichoirs à martinets et deux fois par jour un enregistrement est diffusé pour les attirer dans ces abris ». L’architecte conclut : « 2 100€ le m2, c’est une gageure pour un chantier de cette qualité ».

Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud. Crédit : Andrée Brunetti

Bénédicte Martin, qui représente la Région Sud évoque l’éco-système agro-alimentaire de cette terre de Vaucluse, avec ses lycées agricoles, ses chercheurs et scientifiques de l’Inrae, ses ingénieurs de l’Isema et de l’Isara, son Pôle Terralia. Tout concourt à ce que ce site agro-alimentaire soit un centre d’expertise et d’excellence.

La Caisse d’Epargne a consenti un prêt de 1,7M€, la Région a avancé 660 000€, le Grand Avignon 558 000€. Au-delà des clivages politiques, tous les partenaires ont financé un outil unique, destiné à booster l’agro-alimentaire, qui est l’un des atouts majeurs du Vaucluse.


Métamorphoses des villes jardins

Au cours du mois de novembre, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) a remis ses Lauriers qui mettent en lumière le travail de ceux qui soutiennent les missions de recherche de l’Institut. Pour cette 5ᵉ édition, six prix ont été attribués dont un à une chercheuse de l’INRAE PACA à Avignon.

Pour la 5ᵉ édition des Lauriers INRAE, c’est un jury international qui a attribué chaque prix. Ce jury était composé de Pr Philippe Gillet, président du conseil scientifique d’INRAE (président du Jury des Lauriers d’INRAE), Pr Deirdre Hennessy, de l’Université de Cork en Irlande, Pr Paul Leadley de l’Université Paris-Saclay en France, Pr Alan Matthews de Trinity College en Irlande, Pr Annick Mercenier de NutriLeads en Suisse, Pr Teresa Ferreira de l’Université de Lisbonne au Portugal, et de Pr Annapaola Rizzoli de la Fondation Edmund Mach en Italie.

Les dossiers des lauréats ont été évalués selon plusieurs critères tels que l’impact des travaux menés dans la thématique de recherche, la créativité, la collaboration interdisciplinaire et l’application pratique des résultats. En tout, ce sont six Lauriers qui ont été attribués : le Grand Prix, le Laurier collectif ‘Impact de la recherche’, le Laurier ‘Innovation pour la recherche’, le Laurier ‘Espoir scientifique’, le Laurier ‘Défi scientifique’, et le Laurier ‘Appui à la recherche’.

Les lauréats et les membres du jury. ©INRAE

Une chercheuse d’Avignon parmi les lauréats

Parmi les chercheurs récompensés, il y a Fanny Mondet, de l’Unité de recherche Abeilles et environnement à l’INRAE Provence-Alpes-Côte d’Azur à Avignon, qui est qualifié de ‘Médecin des abeilles’. « Fanny Mondet nous enthousiasme par sa connaissance des soins à apporter aux abeilles pollinisatrices si précieuses pour notre environnement », explique l’Institut.

La chercheuse a découvert une passion pour les abeilles lors d’un stage de master en biosciences en Nouvelle-Zélande. Elle leur a consacré sa thèse et a décidé de poursuivre ses recherches sur ces insectes à l’INRAE. Fanny cherche à comprendre le comportement collectif des abeilles en colonie, notamment face à leur premier ennemi, le Varroa, un petit acarien qui les vampirise et qui entraîne la perte de production et de groupes d’abeilles. Face à ce nusiible, les abeilles adoptent un comportement de défense méthodique, presque hygiénique. « Notre hypothèse est que les abeilles s’assurent en permanence de la bonne santé de la colonie », explique Fanny Mondet. Ainsi, le travail de la chercheuse repose sur une interrogation : pourquoi certaines colonies ont ce comportement et d’autres non ?

Ce travail de recherche fastidieux devrait permettre d’apporter des solutions innovantes pour les apiculteurs qui pourront alors sélectionner les futures colonies, basées sur leur capacité à se défendre. Ces recherches devraient aussi permettre l’élaboration de nouveaux médicaments pour les abeilles


Métamorphoses des villes jardins

Tous les acteurs des entreprises agro-alimentaires de la Région Sud se sont réunis en congrès annuel à Montfavet pour échanger sur les enjeux de cette filière d’excellence. Le réseau « Food’in » qui regroupe 230 entreprises de Provence-Alpes-Côte d’Azur est une véritable force de frappe entre l’ARIA (Association Régionale des industries Alimentaires), le CRITT (Centre Régional d’Innovation et de Transfert de Technologie) et l’IFRIA (Institut de Formation Régional de l’Industrie Alimentaire).

Cette offre commune de services est là pour aider les entreprises de cette filière (produits sucrés, salés, en grains, carnés, transformés, boissons, épicerie) à être encore plus performantes, innovantes dans un monde de concurrence toujours plus âpre. Preuve de cette synergie, le futur bâtiment « Food’in », lieu « Totem » au coeur d’Agroparc qui accueillera sur 1 100m2 les équipes de ses 3 composantes avec des bureaux partagés, un laboratoires de recherche et développement, des ateliers de logistique et un magasin de vente virtuel. D’un coût de 2M€, labellisé « Bâtiment Durable Méditerranéen », il est en cours de construction avec des matériaux bio-sourcés et il offrira à la fois un faible impact carbone et une forte inertie thermique. Il devrait être opérationnel début 2025 avec, pour l’architecte d’intérieur qui l’a conçu, une prise en compte maximale de la qualité de vie au travail.

Le président du Grand Avignon, Joël Guin a inisité sur la spécificité de l’éco-système avignonnais avec l’INRAE, l’Université, l’ISEMA, l’ISARA, le Pôle d’Excellence de la Naturalité et de l’Alimentation, la Chambre d’Agriculture, le lycée agricole François Pétrarque, la présence d’ entreprises agro-alimentaires et bientôt « Vitamin’A » un pool de formations de l’infra Bac Bac+5 pour plus de 5 700 étudiants d’ici 2030 avec 26 cursus tous’azimuts, « De la production au consommateur » (près de 10M€ subventionnés à 70% par l’Etat). De son côté Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud a rappelé que la filière agro-alimentaire ce sont 30 000 emplois, 9Mds€ de retombées économiques, des produits alimentaires sains, de la qualité, de la traçabilité et de l’exportation.

Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud

Plusieurs tables rondes se sont succédé pour valoriser le fruit du travail des entreprises agroalimentaires, vendre au meilleur prix, tester et se former aux pratiques de la mise en valeur des produits en rayon, aux techniques de vente, améliorer les flux logistiques entre l’entrepôt et le magasin. Un des participants a parlé des logiciels capables d’informatiser des informations complexes et qui font gagner du temps et d’experts-partenaires qui rédigent, à peu de frais, un cahier des charges selon un processus standard qui aide ceux qui aident les entrepreneurs. Une révolution 4.0 en somme.

Le président de l’IFRIA, Michel Dollé

La Recherche et le Développement aussi ont été abordés. La nouvelle présidente du CRITT, Charlotte Trossat qui dirige la conserverie « Local en bocal » a évoqué ses 1ers tests de recettes en cuisine, puis son évolution, sa montée en compétence, étude des barêmes de stérilisation, apport de protéines, goût des aliments, taille des portions, emballage, marketing et l’innovation qui font qu’un produit séduit et que l’ entreprise réussit à grandir. D’ailleurs, Caroline Rouveyrol experte en RD a insisté « Proposer de nouveaux produits n’est pas une option, c’est une nécessité absolue. Le consommateur change, nous devons évoluer avec lui et proposer autre chose tout en nous adaptant aux normes comme aux coûts de production ».

La nouvelle présidente du CRITT, Charlotte Trossat

Le directeur du CTCPA (Centre technique agro-alimentaire) basé près de l’aéroport dAvignon, Jean-Claude Dussaud a parlé de l’expertise de ses collaborateurs « Avec une centaine de professionnels et 6M€ de matériel, nous pouvons apporter, à moindre coût, au patron d’une petite entreprise qui n’a pas forcément beaucoup de moyens pour la développer, des solutions 100% sur-mesure pour son futur produit, le process de fabrication et de mise sur le marché. Tout en préservant la qualité gustative, l’apport nutritionnel et la sécurité alimentaire ».

Une autre table ronde s’est concentrée sur la réalité virtuelle. Loïc Lextrait, directeur général d’Evaveo à Lyon propose de former des équipes de façon ludique, en innovant sans manipuler les produits, sans gâcher la viande ou les légumes grâce à des simulateurs techniques. « L’apprenant est isolé dans une bulle avec son casque image & son et il mémorise très vite son apprentissage ». Sabrina Juillan (IFRIA) évoque des visites virtuelles en entreprise, comme chez « Charles & Alice », dans les ateliers de production et de maintenance, avec leurs règles de sécurité et d’hygiène drastiques qui dérangent moins en numérique qu’in situ.

Le président de l’ARIA, Sud, Martin Guinchard

De son côté, Sandrine Facon de la Conserverie provençale « Davin » à Carpentras, a expliqué comment, depuis 1988, l’entreprise a su élargir sa compétence et sa clientèle en misant sur les circuits courts et surtout en innovant. « Depuis 2016, elle s’est lancée dans la production de produits pour bébés. Pour sécuriser totalement cette Baby Food, ces purées de légumes, de viande et de fruits, nous avons acquis une machine à rayons X venue du Japon et qui détecte plastique, métal, éclats de verre, os, cartilage, bref tout corps étranger. Certes, à l’époque, elle nous avait coûté 75 000€ mais elle nous a permis de gagner nombre de parts de marchés à l’étranger. »

Une cérémonie de remise des « Prix Alim’Acteurs » a suivi avec 4 distinctions en matière de RH (ces Relations que l’on dit Humaines).

Pour la Santé et la Sécurité, c’est l’entreprise « Actimeat » (Manosque)spécialisée dans la découpe de carcasses de viande qui propose à ses salariés un « ergo-squelette » qui soulage leurs dos et fait notablement baisser les fameux TMS (troubles musculo-squelettiques). Les accidents du travail ont réduit de 80% et le taux d’absentésime de 20%.

« Terre d’Oc“, dans les Alpes-de-Haute Provence également, qui conçoit des produits pour le corps et le bien-être se préoccupe aussi du bien-être de ses salariés a reçu le Prix « Marque Employeur ». Laure Vincent, présidente de cette entreprise éco-responsable, éthique et solidaire précise « Nous avons très peu de turn-over, nous écoutons chacun de nos collaborateurs, nous prenons en compte ses suggestions, comme par exemple accorder 3 jours au parent d’un enfant malade ». Cette empathie, c’est notre colonne vertébrale ».

« Le Beau Geste« , biscuiterie du Thor créé et dirigé par Fleur Masson, a été distingué dans la catégorie « Formation » pour son aide à des personnes en insertion.

Enfin le 4ème prix et Coup de Coeur a été décerné à « Lökki » (sur le MIN de Cavaillon), qui se dit « éleveur de bulles » et qui fabrique depuis 10 ans des boissons fermentées et pétillantes. Avec une gamme originale de parfums (rose, hibiscus, gingembre, fraise-basilic, bergamotte). Et surtout, les jeunes patrons, Nina Lausecker et Sebastian Landaeus sont très impliqués dans la RSE (responsabilité sociale et environnementale) avec leur vingtaine de salariés. Ambiance solidaire et bienveillante lors de leurs séances de brain-storming, les « agoras », deux fois par an. C’est une forme de management collaboratif, horizontal, pas vertical à la Jupiter… Toute initiative est soumise à co-construction, en gouvernance partagée. Certains feraient bien de s’en inspirer!

Le congrès annuel a duré près de 4 heures avec, au programme de cette riche matinée, les Assemblées Générales ordinaires et extraordinaires des 3 composantes (ARIA, CRITT et IFRIA). Pour la prochaine fois et grâce aux votes des AGE, cette étape statutaire et donc obligatoire, le vote se déroulera en amont du congrès pour laisser encore plus de temps aux échanges.

Contact : www.foodinpaca.com

https://www.echodumardi.com/tag/inrae/   1/1