19 mars 2026 |

Ecrit par le 19 mars 2026

Deux vigneronnes de Châteauneuf-du-Pape font la couverture de la revue de vins la plus réputée du monde

La maman et la fille, Isabel Ferrando et Guillemette Giraud Ferrando, sont en couverture de Wine Spectator, une référence sur papier glacé pour les vins de prestige et bien sûr les vigneron.n.e.s. qui les produisent. Un magazine américain reconnu pour son expertise en vins, publié à des millions d’exemplaires dans sa version papier et sa déclinaison digitale avec en titre « Châteauneuf’s Isabel Ferrando » parmi les meilleures Côtes du Rhône. 

« C’est une reconnaissance qui m’honore et m’émeut, reconnaît Isabel Ferrando. Je suis à la fois ravie et sidérée. Je ne saurais même pas expliquer ce succès. Peut-être parce que je suis moi-même et mon vin reflète ma personnalité, mes choix. Je me demande comment c’est arrivé. Quand j’ai débuté dans ce métier, je n’aurais même pensé en rêver, c’est dire. Parfois je m’interroge : c’est vraiment moi sur la photo? Je suis avant tout une ambassadrice de Châteauneuf-du-Pape, de son vin, de la Provence, de sa typicité, de sa gentillesse, de sa tolérance et quand je suis à l’étranger, dans les salons, je défends ma région, mon pays. »

La lettre que Wine Spectator lui a adressée en anglais précise : « Chère Isabel, Chère Ferrando Family, vous pouvez à juste titre être fière de ce résultat. Dans le Top 100 des meilleurs vins du monde, vous figurez parmi les 10 premiers au classement 2025. Or notre notation drastique vous a sélectionnée parmi 10 200 autres vins en dégustations à l’aveugle qui ont mis en évidence sa qualité gustative et le rôle majeur que vous jouez dans votre zone de production, les Côtes du Rhône. Notre revue est la plus lue de la planète sur tous les supports. vous pouvez donc être assurée que les authentiques amateurs de vins vont vous applaudir. Notre équipe aussi applaudit des deux mains la qualité de votre travail et de votre savoir-faire et nous saluons votre succès amplement mérité. »

Un changement de carrière professionnelle

« Je ne baisse jamais les bras, précise Isabel Ferrando. En 2019, j’ai perdu Germain Giraud, le père de ma fille et fin 2024, mon compagnon, Jérôme Malet, producteur de vin, miel, huile d’olive, truffe et lavande de Drôme provençale. Ce sont les deux hommes de ma vie, j’ai beaucoup appris avec eux et je suis leur exemple, leurs exigences de qualité. J’ai commencé ma vie professionnelle dans la banque et soudain, j’ai voulu bifurquer. Quand j’en ai parlé à mes parents, ils m’ont fait confiance, ils m’ont dit ‘vas-y, fonce, on croit en toi’. Les Américains aussi aiment cette foi en l’avenir, cet optimisme. Au lendemain du 11 septembre 2001 et de l’attaque des tours jumelles à Manhattan, ils ont relevé la tête, ils ne se sont pas laissé abattre. Moi non plus, l’adversité me galvanise, je me bats. »

Depuis la sortie de ce magazine, Isabel et sa fille reçoivent des tonnes de messages. Beaucoup de femmes qui les félicitent et leur demandent des conseils, les citent en exemples à suivre. Or la notoriété ne date pas d’hier. Déjà en 2003, Robert Parker avait titre « Une étoile est née » en mettant un 100/100 à l’une des premières cuvées d’Isabel Ferrando et du vin de Saint-Préfert. Plus tard, la Revue du Vin de France avait titré sur « La Papesse de Châteauneuf ». Puis l’Élysée a choisi de mettre son vin à la carte de la Présidence de la République Française pour les dîners de gala. Ensuite, Michelle et Barack Obama ont dîné un soir à Paris et goûté un vin Famille Ferrando. Du coup, ils en ont commandé des caisses entières pour la résidence officielle du président américain, la Maison-Blanche à Washington.

Une affaire qui mêle audace et transmission

« Cette récompense, c’est aussi un coup de pouce aux équipes qui me suivent depuis plus de 20 ans. C’est reconnaître que j’ai fait des choix audacieux mais assumés, comme investir en plein crise monétaire des subprimes en 2008 comme en plein Covid, de mettre 3M€ dans une nouvelle cave de vinification, de changer de nom en passant de « Saint-Préfert » à « Famille Ferrando » avec une montée en gamme de mes vins, mais aussi à l’arrivée de Guillemette dans la société. Or, ces changements ont été salués par les clients qui ont adhéré et par la critique qui me fait toujours confiance », ajoute la vigneronne.

Elle poursuit : « Il est rare qu’une femme soit en couverture de Wine Spectator. Quand elle l’est, c’est aux côtés de son mari vigneron. Mais c’est la 1re fois, qu’il y a deux femmes, une mère et sa fille. Or les Américains sont sensibles à la transmission, à l’esprit de famille. C’est aussi un atout commercial de taille. Or la crise viti-vinicole est là et depuis longtemps. Changement climatique, Brexit, guerres en Ukraine, au Moyen-Orient, maintenant dans les pays du Golfe Persique, déconsommation, taxes douanières, normes exponentielles, coût de l’énergie et des matières premières. En ce moment, d’après la SAFER il y a des vignobles à vendre à Châteauneuf, or ils ne trouvent pas d’acquéreur. Ils sont trop chers, la rentabilité espérée n’est pas à la hauteur des investissements. Donc on doit se battre à l’export avec un dollar 18% moins cher que l’euro, pareil pour le yen qui s’est effondré au Japon. »

Châteauneuf-du-Pape rayonne au-delà des frontières

Un espoir toutefois, les accords du Mercosur favorables à la viticulture, même si ce n’est pas le cas pour les secteurs de l’agriculture. « Guillemette vient de passer 3 mois aux États-Unis après l’Asie à l’automne. Là-bas, entre la Floride et la Californie, on lui a demandé de signer des autographes sur la couverture de Wine Spectator comme si c’était une rock star. Nous avons aussi embauché un commercial, César, qui va nous épauler dans ces recherches de marchés nouveaux. En Suisse, en Suède, mais aussi en Inde et en Chine », précise la vigneronne. Un horizon qui s’ouvre aussi au Mexique et au Brésil comme elles l’ont constaté lors du Wine Paris en début d’année.

Et comme la revue américaine les a invitées à présenter leurs vins sur la 5e Avenue en octobre prochain, Isabel et sa fille vont en profiter pour faire une  tournée Outre-Atlantique au Canada et aux USA, à la rencontre de clients. Elles seront aussi en décembre à ‘La Tablée de New-York’ pour une ‘Verticale’ d’une quinzaine de millésimes « grand format », c’est à dire jéroboams. Une ode à leur savoir-faire qui fait rayonner Châteauneuf-du-Pape, bien au-delà de ce village de 2050 âmes. 

Contact : contact@famille ferrando.com

Isabel Ferrando a reçu un prix lors des Trophées des entrepreneurs positifs 2025 de la CPME84

Deux vigneronnes de Châteauneuf-du-Pape font la couverture de la revue de vins la plus réputée du monde

À un parterre d’invités venus de toute la France, Isabel Ferrando a officiellement présenté sa fille Guillemette Giraud Ferrando qui va progressivement lui succéder à la tête du domaine qu’elle a créé en 2000. À l’époque, elle avait quitté le monde de la banque pour s’installer au Chemin Saint Préfert avec son mari, Germain Giraud, et Guillemette, alors âgée de 5 ans. Et elle a étudié les galets roulés, safres, sables ocres qui font la richesse des 32 hectares du sous-sol de sa propriété à Châteauneuf, mais aussi la vinification, l’élevage des vins et la magie des assemblages.

Depuis, Isabel Ferrando a travaillé, elle s’est battue bec et ongles. Sa devise : « Ardet in hostem » (le combat accroît mon ardeur). Elle a su s’imposer dans ce monde d’hommes, elle est plébiscitée par la critique et collectionne les récompenses. Dès 2003, Robert Parker, l’auteur du dictionnaire éponyme titrait : « A star is born » et en 2007 il attribuait la note maximale de 100/100 pour l’un de ses vins. À l’automne dernier, la Revue des Vins de France la mettait à la une en la surnommant « La Papesse de Châteauneuf-du-Pape. »

Elle qui élève ses vins en amphores de terre cuite, foudres de chêne et cuves béton, qui a investi plus de 3M€ pour une superbe cave de vinification bleue et acier, exporte 75% de ses 60 000 bouteilles dans 48 pays, sait que la consommation évolue. « Nous nous adaptons avec des rouges moins rustiques, plus frais et plus fruités. Et comme le blanc connaît un réel engouement, nous avons sorti un vin de France à 13° très prisé par les jeunes notamment et qui s’arrache (plus de 10 000 bouteilles vendues). Il s’appelle « Stella ducit », qui est la devise de la commune du Thor, d’où était originaire le papa de Guillemette et qui signifie ‘L’étoile nous guide’ en latin. »

Guillemette Giraud Ferrando, née à Carpentras il y a 26 ans, a grandi entre barriques et tonneaux, mais au départ, elle n’avait pas vraiment envie d’y passer sa vie. Partie à Paris-Dauphine pour faire ses études, hypokhâgne et khâgne, elle enchaînera avec Londres et Berlin pour peaufiner un master en management, puis un BTS de viti-œnologie à Beaune, au cœur de la Bourgogne, au pays des Brouilly et Romanée-Conti. Bardée de diplômes, elle parfait ses connaissances chez les vignerons de la Napa Valley en Californie et en Afrique du Sud où nos cépages (Chardonnay, Pinot, Cabernet-Sauvignon, Merlot) font de magnifiques vins.

Avec la crise sanitaire, confinement oblige, Guillemette est revenue à la maison, à Saint Préfert, a donné un coup de main, s’est finalement prise au jeu et a décidé de travailler avec sa maman, ce qui a forcément ravi Isabel Ferrando.

Du coup, la transmission s’est organisée en douceur. « Isabel atteignait les sommets, Guillemette va tutoyer les étoiles », a écrit un critique. Bon sang ne saurait mentir. Lors de la présentation de sa fille aux dizaines d’invités triés sur le volet, Isabel Ferrando a parlé de ses cuvées, ‘Colombis’, ‘Collection Charles Giraud’, ‘Clos Beatus’, ‘Cuvée spéciale Vieilles Clairettes’, qui vont de 30€ la bouteille jusqu’à 600€ pour la ‘F 601’, du numéro de la parcelle où poussent des vignes 100% Cinsault. « Je sais, c’est fou, c’est indécent », reconnaît Isabel Ferrando. « Mais quand on aime, on ne compte pas », a répondu dans l’assistance un fan venu de Nîmes. Il explique : « Je m’intéresse au Saint Préfert depuis qu’elle a commencé. Elle travaille merveilleusement ses vins, j’ai toute sa série depuis 2007 et je suis emballé, totalement conquis », confie-t-il. Du coup, il est même prêt à acheter un jéroboam (soit x4 bouteilles) à 2 400€.

Contact : contact@famille-ferrando.com /cave@famille-ferrando.com / 04 90 83 75 03


Deux vigneronnes de Châteauneuf-du-Pape font la couverture de la revue de vins la plus réputée du monde

Isabel Ferrando a acheté cette propriété de 32 hectares (21 en Châteauneuf du Pape, le reste en Côtes-du-Rhône) en 2003. Elle a peu de temps après décroché la note maximale et enviée de 100/100 dans le fameux Guide Robert Parker des meilleurs vins de la planète.

Chaque année, grâce à ce terroir de galets, de safres et de sable et à sa dizaine de salariés, sont commercialisées environ 60 000 bouteilles, 25% à destination du marché français, 75% à l’exportation, notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Europe.

Or, avec le Brexit et le Covid-19, le Domaine Saint-Préfert a été fortement impacté : -30% du chiffre d’affaires. « Avec les restaurants fermés à cause du confinement, nos ventes ont baissé évidemment, mais nos clients qui mangeaient à la maison ont fait le choix de se servir en bonnes bouteilles chez les cavistes, ce qui a limité la casse » précise Isabel Ferrando. « Malheureusement depuis ce 12 janvier est entrée en vigueur l’augmentation de 25% des droits de douane pour exporter du vin français aux Etats-Unis, ce qui n’arrange rien quand on sait que j’expédie 75% de ma production hors France, dont 15% là-bas » ajoute-t-elle.

« En Californie on m’a demandé de baisser les prix, pas à New-York. »

« Mais la situation n’est pas uniforme sur l’ensemble des Etats-Unis. En Californie, mes clients m’ont demandé de baisser les prix… je réfléchis… Tandis que sur la Côte Est, à New-York, les restaurateurs continuent à me faire confiance, ils n’ont pas fermé, ils ont installé leurs tables sur les terrasses chauffées à l’extérieur et ils ont besoin de nos cuvées haut de gamme pour satisfaire leur clientèle. »

« La filière viticole française est prise en otage pour un conflit entre Boeing et Airbus et ce sont nos concurrents espagnols et italiens qui en profitent », dénoncent à l’unisson les vignerons de l’hexagone pénalisés par cette mesure de rétorsion. Il faut savoir que les Etats-Unis sont le 1er consommateur de vin du monde avec 29 millions d’hectolitres mais aussi le 1er importateur de Côtes-du-Rhône (devant le Royaume-Uni et la Belgique) avec 17% de nos bouteilles, soit des retombées économiques de 108,8M€ pour 2019.

« Notre chance, c’est que le vin se bonifie avec le temps dans nos caveaux. »

Même si Isabel Ferrando accuse le coup, elle ne désespère pas. « Bien sûr, cette baisse des ventes, donc des marges, diminue nos capacités d’investissement, de développement des marchés à l’exportation puisque je ne peux plus prendre l’avion pour faire de la prospection avec dégustation à la clé à l’étranger. Mais notre chance, c’est que le vin se bonifie avec le temps dans nos caveaux, c’est une forme d‘ ‘art de vivre, de chic à la française’, il pèse plus d’un milliard d’euros dans la balance. Et notre richesse, en plus de la vigne, ce sont nos collaborateurs, j’en ai une dizaine à l’année, (trois sont en chômage partiel actuellement) et une trentaine de saisonniers en septembre pour les vendanges à la main. On fait le dos rond en attendant que ça reparte. »

Et pour 2021, en espérant que les vaccinations permettront un retour à la normale d’ici l’été ou l’automne, la patronne de Saint-Préfert compte se tourner vers l’Europe de l’Est pour retrouver de nouveaux débouchés, la Roumanie, la Pologne et surtout la Russie : « Je viens de recevoir chez moi une délégation de russes. Ils adorent la vodka, mais ils sont à la recherche d’autres saveurs, d’autres sensations et nos cépages de Grenache, Mourvèdre et de Cinsault constituent un accord parfait avec leurs mets ».

Isabel Ferrando, propriétaire du domaine Saint-Préfert à Châteauneuf-du-Pape / DR

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