31 octobre 2026 |

Ecrit par le 31 octobre 2026

Repenser notre alimentation d’ici 2050 : un débat dans la cadre de « Bien Bon » du Grand Avignon

Du sol à l’assiette, de la fourche à la fourchette, l’alimentation est au coeur des préoccupations face aux aléas climatiques, à la transition écologique, au développement durable et à la survie des paysans.

Sur le site Agroparc de l’Isara-Isema, Christian Couturier, un ingénieur toulousain qui a créé le pôle « Solagro » une association qui soutient les agriculteurs, insiste sur la nécessaire évolution des pratiques en matière d’environnement, de gestion des ressources, d’économie solidaire. « Ce que nous mangeons a un impact sur notre santé, nous devons réduire pesticides et effets de serre par 4 », martèle-t-il, « Cela préservera la biodiversité, la ressource en eau, la fertilité des sols, tout en équilibrant nos besoins en alimentation ».

© ISEMA

Avec « Afterres« , il a aussi initié une démarche pour que l’agriculture et la forêt à cet horizon 2050 nourrissent 71 millions de Françai, mais aussi les cheptels de bétail et de volailles sans affecter la biodiversité. « Avec plus d’agriculture bio, nous devons aussi consommer davantage de fruits et légumes, moins de viande, de sucre et de lait. Faire tourner les productions céréales, fruitiers, réduire l’élevage extensif au bénéfice de l’agropastoralisme, agrandir les surface en haies, prairies, bocages, couvert végétal, bandes enherbées entre les cultures, zones humides et enfin, favoriser la production de biomasse à destination de la chimie verte ».

Il est revenu sur la série d’épisodes caniculaires de cet été qui n’est pas encore fini :  » Dans les Pyrénées, des éleveurs ont été douloureusement impactés par ces températures de plus de 40°, leurs bêtes aussi qui n’avaient plus que de l’herbe sèche à disposition, certaines n’ont pas survécu. Nous devons aussi stopper les mauvaises pratiques comme l’ alimentation excessive du bétail avec des tourteaux de soja ».

© ISEMA

Christian Couturier ai évoqué « le coût caché de l’alimentation », un scandale de santé publique à l’échelle planétaire. C’est la quadrature du cercle, on est écartelé entre demander des prix plus élevés pour rémunérer dignement les paysans et « en même temps » exiger des prix plus bas, accessibles aux plus démunis. Entre les aléas climatiques, la situation internationale anxiogène, la hausse du prix de l’énergie, l’inflation, la tendance ne risque pas de s’infléchir. « D’après la FAO, l’Organisation des Nations-Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation, ces coûts représentent 10% du PIB mondial, soi 9 300 Mds€ ». Cette malnutrition affecte surtout les plus pauvres, elle représente par exemple 59% du PIB à Madagascar. Avec d’un côté un agriculteur qui ne s’en sort pas, s’épuise à la tâche pour un revenu de misère et de l’autre, des milliers de personnes précaires qui sautent un repas par jour. Et entre eux, des géants de l’agroalimentaire qui font la pluie et le beau temps, fixent des prix qui s’envolent pour implacablement améliorer leurs marges.

© ISEMA

Inervention également lors de ce débat de Joséphine Peigné, une chercheuse en agronomie de l’Isara d’Avignon. Elle a évoqué des pistes d’amélioration de notre alimentation avec les légumineuses, haricots, lentilles et pois chiches qui rendent service à la nature en fabricant de l’azote quand elles poussent et en apportent aux vivants leurs besoins en apport nutritionnel. Autre invité, Eric Gauthier de la « CLAC », Caisse Locale Alimentaire de Cadenet, une association populaire qui promeut par exemple les conserves de tomates en provenance de potagers du village plutôt que les conserve de coulis chinois qu’on voit dans les supermarchés. Ou encore la réappropriation, du côté de Mérindol, de friches abandonnées pour, à terme y installer une ferme communale. Des initiatives qui peuvent se multiplier pour à la fois valoriser le travail des agriculteurs, nourrir sainement la population et respecter durablement l’environnement.

Andrée Brunetti


Avignon : le festival Bien Bon nous invite à repenser notre alimentation

Dans le cadre du festival Bien Bon du Grand Avignon, le campus avignonnais Isara-Isema organise une table ronde sur le thème ‘Repenser notre alimentation du sol à l’assiette’.

Ce mercredi 16 septembre, le campus avignonnais regroupant l’école d’ingénieurs agronomes Isara et l’école de commerce Isema invite le public à en apprendre davantage sur les défis et les solutions pour concilier agriculture durable, alimentation de qualité, santé et justice sociale au travers de la table ronde ‘Repenser notre alimentation du sol à l’assiette’.

Organisé à l’occasion du festival Bien Bon, cet événement réunira chercheurs, experts, entreprises et acteurs engagés qui évoqueront les enjeux du système alimentaire actuel et discuterons autour d’un scénario prospectif de système alimentaire durable en 2050. Cette soirée sera également l’occasion de mettre en lumière les initiatives locales qui participent au changement du système.

Il est encore temps de s’inscrire en cliquant ici.
Mercredi 16 septembre. 18h. Gratuit. Isara-Isema. 105 Rue Pierre Bayle. Avignon.


Jérôme Zlatoff est le nouveau directeur général d’Agrivia, qui réunit les écoles Isema et Isara

Agrivia, l’union de l’école d’ingénieurs agronomes Isara et Isema business school agri-agro, deux écoles implantées à Avignon, annonce la nomination de Jérôme Zlatoff au poste de directeur général.

Pascal Desamais étant parti à la retraite, c’est Jérôme Zlatoff qui lui succède au poste de directeur général d’Agrivia. Cette nomination incarne une nouvelle étape de la trajectoire de l’union des écoles Isara et Isema, celle de « former et accompagner une nouvelle génération de talents prêts à oser, inventer et agir durablement, en conscience, pour transformer les systèmes agricoles et alimentaires », annonce Agrivia.

Ingénieur agronome et entrepreneur, Jérôme Zlatoff est considéré comme une figure incontournable de l’écosystème agri-agro, notamment grâce à la création d’un incubateur et un accélérateur en faveur des startups agroalimentaires, il a piloté la communauté d’entreprises ICI AGRIFOOD, qui fédère plus de nombreuses startups autour de l’innovation à impact, et il a accompagné de grands groupes, PME et startups dans leurs stratégies d’innovation.

Il a aussi déjà occupé plusieurs postes au sein d’Agrivia comme directeur général délégué du Pôle professionnel en charge des relations avec les milieux professionnels, directeur Entrepreneuriat et Innovation de l’ISARA, ou encore référent thématique ICI AGRIFOOD. « Former des talents, ce n’est pas seulement transmettre des savoirs : c’est leur donner une trajectoire, déclare Jérôme Zlatoff. Dans un monde en pleine mutation, chaque talent formé à AGRIVIA doit devenir un acteur de changement. Ce sont leurs trajectoires qui dessineront l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation. »

https://www.echodumardi.com/tag/isema-isara-2/   1/1