Immobilier en Vaucluse : Avignon au cœur d’une reprise timide mais contrastée
À l’occasion des 7ᵉ Assises de l’Immobilier du Vaucluse tenues à Avignon, Jonathan Le Corronc Clady, président de la FNAIM 84, a livré un bilan prudent de l’année 2025 et esquissé les perspectives pour 2026. Entre signaux positifs de reprise et fragilités persistantes, le marché immobilier local reflète une dynamique contrastée, étroitement liée aux conditions de crédit, aux règles politiques et à l’attractivité territoriale du Vaucluse.
Jonathan Le Corronc Clady Copyright MMH
Après trois années de contraction, le marché immobilier, et plus particulièrement celui du Vaucluse, montre des signes de reprise. Nationalement, les notaires estiment que le volume des transactions devrait s’établir entre 925 000 et 945 000 ventes en 2025, soit une progression sensible par rapport à 2024.
2025 : une reprise lente mais perceptible En Vaucluse, cette reprise s’illustre notamment par une hausse du volume de compromis signés, en progression d’environ +8% à +14% sur les premiers trimestres de 2025, tandis que l’offre de biens à vendre se contracte légèrement, signe d’un marché qui s’échauffe doucement.
Avignon : prix stables mais attractivité renforcée À Avignon, les prix immobiliers restent en mouvement modéré, reflétant à la fois l’attractivité de la cité papale et la prudence des acteurs. Selon plusieurs estimations récentes, le prix moyen des biens anciens se situe autour de 2 400 à 2 500 €/m², avec des variations importantes, comme de coutume, selon les quartiers et les typologies.
En intramuros Sur certains segments, comme l’Intra-Muros historique, les valeurs peuvent atteindre 2 700 à 3 500 €/m², notamment pour des logements de caractère ou rénovés. Ces niveaux restent inférieurs à la moyenne nationale (environ 3 200 €/m²), mais reflètent une demande constante dans une ville qui séduit tant les primo-accédants que les investisseurs locatifs.
Dynamique locale : une demande forte face à une offre limitée Le marché immobilier du Vaucluse, et d’Avignon en particulier, conserve une tension notable. Dans la cité des Papes, le nombre d’acheteurs dépasse régulièrement l’offre disponible, ce qui crée une pression sur les prix et raccourcit les délais de vente. Cette situation est renforcée par la forte part de locataires dans le parc résidentiel (plus de 60%), limitant le vivier d’acheteurs propriétaires et accentuant la concurrence sur les biens disponibles.
Financement : une stabilisation surveillée La question du financement reste déterminante. Les taux de crédit immobilier, qui avaient reculé en 2024-2025, se stabilisent au début de 2026 autour de 3,1% à 3,35% selon la durée et le profil des emprunteurs, mais une remontée est anticipée par plusieurs observatoires, relève Jonathan Le Corronc Clady. Cette remontée possible des taux constitue un frein potentiel à l’accession, notamment pour les primo-accédants et les ménages les plus fragiles, exacerbant les difficultés d’accès au logement dans un marché déjà tendu.
Perspectives 2026 : prudence et enjeux locaux Pour 2026, les projections restent prudentes : une légère augmentation des transactions et une hausse modérée des prix sont envisagées, mais sans envol spectaculaire. Dans ce contexte, la Fnaim 84 insiste sur la fragilité de la reprise, qui dépendra largement des choix politiques nationaux, de l’accès au crédit et du soutien à la construction neuve, notamment dans des zones comme Avignon et son aire urbaine. À l’échelle départementale, l’enjeu est aussi de favoriser l’offre de logements pour réduire la pression sur les prix tout en répondant aux besoins de croissance démographique et d’attractivité économique du territoire.
Enjeux politiques et structurels Plusieurs freins structurels persistent : l’accès au crédit reste compliqué pour une part significative des ménages, l’investissement locatif est en retrait et l’ascenseur résidentiel demeure bloqué, comme le souligne le président de la Fnaim Vaucluse. Le contexte électoral national et local (municipales puis présidentielles) alimente un climat d’attentisme, reportant certaines décisions cruciales en matière de logement.
Initiatives et innovations professionnelles Dans un contexte fragile, la Fnaim Région Sud affirme son rôle en développant de nouveaux outils pour les professionnels, comme une centrale d’achat de diffusion d’annonces immobilières, visant à renforcer la visibilité des biens et la mise en marché via une quinzaine de portails majeurs sans engagement contractuel classique.
Jean-Pierre Messin et Michel Santamaria Copyright MMH
Signature de Convention Jonathan Le Corronc Clady, président de la Fnaim 84 a signé une convention avec Jean-Pierre Messin, ingénieur spécialisé dans les télécom, président Vaucluse de la Société des membres de la Légion d’honneur et Michel Santamaria, lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers, ancien chef de centre de secours principal d’Avignon et président de l’association nationale des membres de l’Ordre national du mérite. Les deux hommes sont intervenus devant les élus et les professionnels de l’immobilier et de l’acte de bâtir pour faire la promotion de l’accompagnement des jeunes lors de leurs études et de leurs premiers pas, souvent à l’occasion de stages, dans la vie active. « Une façon, pour nous de rendre ce que nous avons reçu, » ont-ils souligné. Sources : Fnaim Vaucluse et discours ; Données prix immobilier ; Tendances marché immobilier en Vaucluse Écho du Mardi ; Tendances immobilières régionales. Mireille Hurlin
Plus de 200 personnes se sont rendues aux Assises de l’immobilier de la Fnaim 84 Copyright MMH
Immobilier en Vaucluse : Avignon au cœur d’une reprise timide mais contrastée
L’IA (l’intelligence artificielle) fascine autant qu’elle effraie, pour approcher cette technologie qui fait déjà partie de notre quotidien, la CCI de Vaucluse a accueilli, sur son campus à Avignon, une conférence organisée par la Société des membres de la Légion d’honneur de Vaucluse (SMLH) donnée par deux esprits aiguisés : Jérôme Ribeiro président-fondateur de Human IA et Pierre Corvol, professeur du Collège de France avec pour modérateur Jean-Pierre Messin, président de l’association SMLH, ingénieur général des corps des Mines.
Le 1er, Jérôme Ribeiro, est né à Avignon, et a été formé par l’IFC et le Conservatoire des Arts et Métiers avant de devenir ingénieur en télécoms. Et il a l’opportunité de croiser la vie de Marco Landi, ancien Président monde d’Apple Computer, lui qui a ramené Steve Jobs au bercail, excusez du peu. Egalement Directeur de l’Institut Europ IA, il nomme Jérôme Ribeiro Vice-président pour l’Afrique (39 pays dont le Togo, la Côte d’Ivoire, le Benin, le Ghana, le Congo Kinshasa) mais aussi pour les USA, le Canada, la Chine (Pékin & Shenzhen) et la Corée du Sud. En 2020, ils créent ensemble la 1ère « Maison de l’IA » à Sophia Antipolis puis, pas loin sur la Riviera le plus grand « Salon de l’IA » au Palais des Festivals, sur la Croisette à Cannes et notre avignonnais fonde ensuite l’organisation « Human IA » dont le but est « d’acculturer, vulgariser, éduquer et sensibiliser à l’intelligence artificielle ».
De son côté Pierre Corvol, né à Paris mais souvent présent dans le Vaucluse où sa belle famille a une maison dans le Pays d’Apt-Sault, est un chercheur-médecin avec un CV impressionnant. Professeur agrégé à l’Hôpital Broussais et à l’Hôpital Européen Georges-Pompidou, Directeur du Service de pathologie vasculaire et endocrinologie rénale, Directeur de l’Inserm, Docteur « honoris causa » des hôpitaux de Genève et Lausanne, pionnier de l’hypertension artérielle, membre de l’Académie de Médecine, de l’Académie des Scienes, du Comité Consultatif d’Ethique, Cet octogénaire dynamique par ailleurs Grand Officier de l’Ordre National du Mérite et Commandeur de la Légion d’Honneur fait partie de la SMLH 84. C’est la raison pour laquelle il a répondu favorablement à l’invitation de Jean-Pierre Messin, son président pour échanger avec Jérôme Ribeiro, dans l’amphithéâtre de la CCI aux Fenaisons.
Jean-Pierre Messin était le modérateur de la soirée Copyright MMH
Jérôme Ribeiro prend la parole pour évoquer l’IA, « Cet outil de progrès au service de l’humanité. Une révolution de l’espoir, de l’ingéniosité, qui n’est pas un substitut à la créativité. Qui a la capacité d’analyser des tonnes de données, d’identifier des tendances, de faire gagner du temps, d’accélérer le processus mais pas de le remplacer, simplement de le compléter ». Il poursuit « C’est un levier, pas une contrainte qui facilite l’innovation tout en répondant à des enjeux éthiques ». Se définissant comme un « acteur engagé de l’IA », il revient sur les dernières années qui ont vu émerger l’IA. « Vous vous souvenez du Covid, du confinement, à l’époque, 90% de ce qui était digitalisé a été transformé en code binaire 1- 0, une façon de représenter l’information avec ces 2 chiffres ».
Jérôme Ribeiro prononce alors le fameux mot « algorithme » et évoque les travaux de Cédric Villany, mathématicien, vulgarisateur scientifique qui a fait de l’IA un de ses sujets de prédilection. Titulaire de la prestigieuse « Médaille Fields » depuis 2010, l’ancien député qui portait toujours une broche en forme d’arraignée, avait rendu en 2018 un rapport dans lequel il préconisait de créer un réseau interdisciplinaire d’IA. « C’est en 2023 qu’apparaît au grand public ChatGPT, ajoute Jérôme Ribeiro. « La plus connue de l’IA générative mais qui ne représente que 0,1% de tout ce qui existe, un système qui fascine autant qu’il effraie. Il répond à toutes nos questions dans l’instant. Mais quels sont les risques d’accéder à toutes nos données, sur notre smart-phone ou sur notre ordinateur? Quels sont les dangers? Les plagiats possibles de notre production intellectuelle? ».
Le fondateur de « Human AI » évoque alors les missions dont il s’occupe en Afrique et au Maroc. « L’accès à l’eau est un souci majeur pour le monde entier. Avant le changement climatique, au Sahara il fallait creuser à 7 mètres pour en trouver, maintenant c’est à 100m. Nous avons, grâce à l’IA, évalué les besoins des parcelles avec des agronomes en fonction du sol, du soleil, du vent pour des oliveraies. Au bout de 6 mois de travail avec un chercheur sénégalais, nous avons digitalisé les données, cartographié les terres et réussi à économiser 92,5% d’eau. Pareil pour les maladies, en analysant le sous-sol, l’éventuelle présence de champignons on a pu éviter les mycoses végétales. Les drones aussi sont utiles pour survoler les cultures, localiser les plantes malades, les éradiquer. On a réussi à optimiser le rendement à l’hectare en le multipliant par 3 ».
Jérome Ribeiro, Copyright MMH
Autre exemple concernant le Togo où travaille souvent Jérôme Ribeiro. « Avec l’IA on a mis au point une ‘Pension Card’ qui permet de verser les pensions et les retraites après avoir vérifié que les titulaires sont toujours vivants. Près de 38 000 fraudeurs ont ainsi été sortis des fichiers. On pourrait faire pareil en France où l’on sait de source sûre que 13 milliards d’euros sont détournés chaque années via de fausses cartes Vitale. Pour revenir au Togo, les 6 millions d’habitants sont couverts par une Assurance Maladie Universelle, les hôpitaux sont flambant-neufs, automatisés, c’est un robot qui vous reçoit en salle d’attente, tout est désinfecté, tous les dossiers sont confidentiels, on connaît les maladies, donc les besoins de chaque patient ».
Il cite des exemples concrets au Bénin, au Ghana, au Burkina-Faso, au Congo Kinshasa. « Là existent peu de routes et elles sont souvent, durant la saison des pluies, inondées, donc impossible de faire rouler un camion de livraison. En cas d’urgence, les médicaments sont apportés par drones et la télé-médecine est très développée, ce qui permet de rayer de la carte les fameux déserts médicaux ».
Il insiste « L’important est d’éduquer à l’IA, de former les formateurs, les instituteurs, les professeurs, les chefs d’entreprises pour qu’ils utilisent cet outil, l’assimilent tout en gardant leur libre-arbitre. Certes des métiers vont disparaitre, mais des nouveaux vont apparaître. ‘Apprendre à apprendre’, c’est un livre d’André Giordan, une méthode infaillible pour retenir 27 fois plus vite, en 3 mois plus qu’en 6 ans. C’est un changement radical de paradigme, une révolution, il faut s’y mettre. Soit on maîtrise l’IA soit on la subit ». Et il cite en exemple le Roi du Maroc, Mohammed VI : « Il ne va pas être confronté à une élection, il a toute la vie devant lui pour faire des projets à long terme, sans risque d’être interrompu dans son échéancier, c’est la plus longue monarchie du monde après celle du Royaume Uni » où la Reine Elizabeth II est restée sur le trône plus de 70 ans entre 1952 et 2022. »
Pierre Corvol Copyright MMH
Au bout d’une heure d’intervention, place au professeur émérite du Collège de France, Pierre Corvol. D’entrée de jeu, il prévient « L’IA ne se préoccupe pas d’éthique, elle est là pour proposer une solution. En médecine, que ce soit dans le diagnostic, l’imagerie, l’anatomie-pathologie, le pronostic, la thérapeutique, ça bouge tous les jours chez nous. Dr House raisonne par déduction quand Dr IA a des millions de données, de probabilités à sa disposition et ils arrivent à une même proposition, mais par des chemins différents. L’un détecte une tumeur, l’autre de tout petits kystes, mais chaque fois on a besoin de la validation humaine ».
Quand on parle éthique, il est évidemment question de « secret médical » mais, « Attention surprise », prévient le médecin, « Tout, les ordonnances, les radios, les compte-rendus de prises de sang, tout est récupéré – à l’insu de notre plein gré si j’ose dire – dans un entrepôt, le Sniiram, soit 1,5 milliards de feuilles de soin par an pour les bénéficiaires du régime d’assurance-maladie. Ce qui a permis, par exemple de remarquer qu’un médicament contre le diabète avait des effets secondaires et provoquait un cancer de la vessie ».
Le professeur Corvol évoque aussi un exemple en dermatologie. Nevus, carcinomes, mélanome, qu’est-ce qui est bénin, qu’est-ce qui est malin? Entre les photos et les coupes des tissus en laboratoires d’histologie, pour 2 000 dermatologues on a eu 130 000 images, c’est dire si le champ est large et permet d’avoir une base fiable. Mais le problème c’est qu’on a pris des photos sur des patients à la peau blanche. Sur une peau noire, un nevus n’est pas forcément visible. Il faudrait donc élargir l’enquête pour ne pas faire de ségrégation, pour qu’il y ait une équité scientifique pour toute la patientèle, quelle que soit sa couleur ».
Copyright Human IA – MMH
Parmi les interrogations du médecin, les droits d’auteurs, « Tous les articles dans les revues scientifiques, les millions de documents dans lesquels on peut puiser. « Il faut préciser dans chaque tribune, chaque thèse ce qui provient d’un travail effectif de l’auteur et d’un emprunt. Les risques de falsification et de manquements graves à l’intégrité ont pu exister parfois. Nous devons faire très attention à ceux qui pourraient inventer, fabriquer des données. Que ce soit au CNRS ou à l’INSERM, des chartes de bonne conduite ont été édictées, la transparence est obligatoire ».
Jérôme Ribeiro reprend la parole pour évoquer de l’IA sur les terres rares et l’environnement. « Avec Google, on a multiplié la consommation d’énergie par 10, avec l’IA d’ici 2026 on va passer de 30% à 130% et à + 48% pour les gaz à effet de serre… Alors qu’on préconise de ne pas laisser couler l’eau du robinet pendant qu’on se lave les dents, ça me dépasse! ».
Il insiste » Ce n’est pas tout ou rien, il faut réguler, respecter les principes de dignité humaine. Face aux GAFAM (Google, Apple, Facebook,Twitter – devenu X – Amazon & Microsoft), les européens ont mis au point l’ European Intelligence Act » qui réglemente sans trop brider comme pour le respect de la vie privée. » Pierre Corvol, en vieux cardiologue qu’il est, évoque le stéthoscope qui permet d’écouter les battements des artères et le bruit du souffle dans les poumons du patient pour savoir si tout va bien. Je l’ai fait pendant des décennies, puis l’échographie est arrivée, l’ imagerie à ultrasons, du coup je n’ai plus jamais utilisé mon stéthoscope, fini d’ausculter ». Il a fait sourire l’auditoire en disant qu’il avait vérifié son propre CV sur internet et que le nom de sa propre épouse était faux, « Figurait un nom que je ne connaissais même pas, donc j’ai la preuve que tout n’est pas avéré ».
Copyright Human IA -MMH
A deux voix, les experts invités ont échangé à tour de rôle avec la salle. « L’humain doit rester au centre. C’est lui, au bout du compte qui décide. Face aux fake-news, il faut ne pas tout prendre au premier degré mais décoder au-delà des apparences. Ne pas nous laisser gouverner par la peur, ne pas nous faire manipuler. Il n’y a que 17% de contenus authentiques sur internet, tout le reste ce sont des données IA ».
Le dernier conseil que donne Jérôme Riberiro, qui est un véritable globe-trotter au service d’une IA humaine, qui quadrille l’Afrique et la Chine, c’est qu’elle soit enseignée à l’école dès le plus jeune âge. « A Shenzhen, ça débute pour les petits à 6 ans, à 9 ans ils savent coder et à 14 ils pourraient lancer des cyber-attaques. Tout passe par l’éducation très tôt. Les plus grandes puissances politiques dominent les réseaux. Si on ne prend pas notre destin en main, on va être dépassés et dépendants. Sous Emmanuel Macron on a vu défiler Blanquer, Ndiaye, Attal, Oudéa-Castera, Belloubet, Borne et aujourd’hui Geffray, soit 8 ministres de l’Education Nationale, il n’y a ni stratégie, ni continuité dans la durée ».
Conclusion : il faut aller de l’avant sans frilosité extrême, faire le point entre bénéfice et risque, oser l’IA qui facilite la vie mais sans perdre ni esprit critique, ni créativité. » C’est une boussole sur la voie du progrès » comme l’a écrit Jérôme Ribeiro. Contact : www.ai4human.net Andrée Brunetti